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03/09/2010

Ch. 28 a - Crépuscule serein avec le blé qui lève

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 28 a - Crépuscule serein avec le blé qui lève.

 

 

{1} Quand, après ce long jour que fut l’existence, le soir commencera à tomber sur des épaules lourdes de combats souvent inutiles et que la fatigue pèsera sur des corps que diminue l’âge, les yeux brillants des petits-enfants estomperont lassitudes et harassements.

 

Cette levée de petits moineaux turbulents nous rajeunira du tintement clair de leurs rires, du rose délicat de leurs joues et de la joie qui allume leur regard … tandis que s’imposera en nous ce sentiment de renouveau printanier qu’ils apporteront avec la fraîcheur et la grâce naïve de leurs babils et pépiements.

 

Être grands-parents, sentiment ineffable de richesse et de prolongement… Seconder ses enfants-parents dans une complémentarité complice et utile tout en s’enrichissant encore d’expériences nouvelles, apporter la détente, la patience de l’âge et la disponibilité de la retraite, ce sont là des démarches d’une qualité rare quand elles sont réalisées dans un souci intelligent de favoriser la croissance heureuse de ce « blé qui lève ».

 

Le conflit des générations n’est pas une vaine assertion. Plus que jamais, notre époque capricieuse nous y confronte, tellement nos modes de vie ont diamétralement changé. Ce rapport parents, grands-parents est donc difficile à établir sans un très gros effort de dialogue, d’information et de compromis.

 

Notre microcosme familial fut épargné de ce souci-là parce que depuis toujours, nous abordons avec franchise et ouverture ce phénomène de changement des mœurs et des conceptions philosophiques dans un souci du bien de nos jeunes, confrontés maintenant à un contexte environnemental tellement compliqué et révolutionnaire qu’il est difficile à gérer pour tout le monde.

 

L’opposition de traditions et de méthodes existant nécessairement entre deux civilisations aussi éloignées l’une de l’autre que ne le sont l’occidentale chrétienne et l’orientale bouddhiste-animiste, compliquée de sa spécificité  nippone, viendra rendre nos problèmes d’autant plus aigus qu’ils devront s’accommoder des compromis établis pour en tenir compte.

 

A l’époque où j’écrivais ces lignes, cette génération montante était composée de trois petits-enfants délicieusement eurasiens : chez Patrick et Michiko, une fillette belle comme une fleur, intelligente et studieuse, ainsi qu’un petit garçon timide, délicat comme une porcelaine, féru d’informatique en digne émule de son père et, chez Béatrice et son « beau prince », un petit bout déluré, spontané et rieur, adorable petite fille qui nous étonne tous par la précocité de son intelligence.

 

Depuis, une seconde petite fille, adorable et primesautière, est venue s’ajouter chez notre fille aînée le 1 février 1971.

 

Notre fils Benoit, quant à lui, s’est épris d’une charmante personne qu’il a épousée le 28 août 2010, agrandissant le cercle de notre famille avec ses deux adolescents chaleureux, studieux et très éveillés.

 

C’est dire la composante merveilleuse d’une levée « exotique » de cette moisson que nous avons le plaisir de voir grandir et embellir au fil des jours, et qui nous environne d’une telle aura de plénitude qu’elle constitue à elle seule la plus grande source de l’authentique bonheur.

 

Les moulins des Bonzes

Et les chapelets des nones

Ont empli les cathédrales du ciel

De douces mélopées

Que nos petits enfants miels

Ont repris en chœur.

 

La chanson des rizières,

Le soupir des blés d’or

Se mêlent en leur âme

Pour renaître en mystères

Que cachent leurs yeux longs.

 

Quels grands moments précieux que sont ces parties d’école que l’institutrice-Leïna jouera avec son grand-père, élève indiscipliné et fantasque qui ne comprend jamais rien et que le professeur devra sanctionner en lui faisant recopier des dizaines de fois les erreurs corrigées,…. Le pauvre grand-père en passera la langue de concentration…. pendant que le « prof » se tordra de rire…

 

Et tous ces travaux d’aiguille, de cuisine, de tissage, de dessins et peintures avec une grand-mère si adroite et merveilleuse magicienne qu’elle transformait les plus misérables loques en vêtements de poupée somptueux, les plus minables pâtons en gâteaux dorés et brillants, les pelotes de laines en pièce de tissus aux dessins savants, et qui, en outre, croquait sur un papier toile des paysages ou sujets féeriques qu’une petite fille emmenait peupler ses songes.

 

Il y eut aussi les rêves d’un petit garçon plein d’imagination qui matérialisait ses appétits d’exploits dans des batailles épiques que livraient ses figurines de chevaliers et sarrasins des croisades, anachroniques sur camions, tanks et missiles derniers cris. Le grand-père en adjoint efficace avait fort à faire pour redresser hommes en armures, chevaux, barricades et canons, sans arrêt bousculés dans de violentes bagarres.

 

Et puis encore ces merveilleuses séances de sorcellerie dans le mystère du jardin, plein de caches fleuries et d’insectes bourdonnants dans les lourdes senteurs chaudes de la végétation ensoleillée…. Leïna, magicienne, étendait des bras incantatoires sur ses compagnons qu’elle transformait en animaux-assistants, grâce à une potion magique faite d’eau putride récoltée des jarres décoratives dans laquelle elle faisait macérer des pétales de fleurs cueillies dans les parterres et les buissons.

 

Les buissons ont levé

Des joues de pommes rouges,

Les insectes bruissaient

Des chants de fol été.

 

Les pommes de rose-bonheur

Se sont ornées de rires,

De cascades de perles

Dans des frimousses-fleurs.

 

Des yeux de douce joie-belle

Se sont allumés de ciels,

Se sont parés de longs cils

Comme les oiseaux des îles.

 

 

Adolescents tous les deux maintenant, ils sont studieux, brillants dans les études, frais et spontanés, étudient et pratiquent tous les deux le japonais avec leur maman et une école japonaise ... Léina, joue du violon, est performante en danse classique qu'elle pratique depuis toute petite, tandis que Kenzo, très fort en informatique rivalise avec son père dans le domaine, tout en se détendant physiquement dans un mouvement de jeunesse.

 

Et enfin l’exaltante satisfaction de recommencer tout cela avec la plus petite, Marie-Ambre, celle qui nous rappelle tellement sa mère, celle qui ouvre des yeux en amande étonnés mais ravis sur tout, avide de savoir et de connaître, celle qui fut tout de suite une adorable petite fille, surprenante de fraîcheur et d’intelligence qui se love d’instinct dans les méandres compliqués de notre monde super-technique pour s’y adapter et s’en servir avec un à propos révélateur de grandes facultés d’adaptation.

 

Quel plaisir pour les grands-parents d’alimenter ce cerveau-buvard qui veut apprendre, qui enregistre avec une fidélité surprenante tout ce qu’on lui donne pour approvisionner cette fringale de savoir. Et quel plaisir de taquiner ce petit bout rieur qui ne demande que ça …. Et qui répond avec malice…

 

L’ivresse du bonheur s’empare aussi de nos cœurs quand deux petits bras de chaleur veloutée viennent spontanément nous étreindre et qu’une bouche fruitée nous picore de baisers-fleurs… ; une tête délicatement tiède d’enfant heureux se glisse ensuite dans le creux d’un cou qui a vraiment été placé là pour le ravissement des deux.

 

Une bouche pour une fleur

Des étoiles dans les yeux

La fraîcheur d’une source

Le murmure des clochettes

Le babil de l’enfant clair,

C’est tout cela qu’elle offre

Quand elle ouvre les bras.

 

Un duvet de velours

En baisers rouges-rosés

Réchauffe nos cœurs usés,

Fatigués de leur long jour.

 

Un petit enfant sage

Caresse de vieux visages,

Ensuite un angelot

Se blottit sans un mot

Tout au creux d’une épaule.

 

Deux vies de longue présence

Lèvent au ciel un front ridé

Pour un merci adressé

Vers les dieux de l’innocence.

 


J’ai écrit ces lignes, il y a quelques années, tellement je voulais éterniser des moments ineffables de bonheur, un sentiment de douceur infinie qui m’envahissait quand mon « petit soleil » dans l’attente de son deuxième bébé, … (une petite sœur pour sa première merveille), … venait se reposer chez nous … se détendre, … retrouver le giron maternel … les yeux brillants de profonde félicité …

 

Ah ! Les yeux, ces fenêtres du cœur qui s’ouvrent sur des espaces qui s’étendent bien loin dans l’infini de l’amour … les yeux, ces portes de l’âme que l’on pousse pour accueillir les convives au repas du bonheur … les yeux, ces oiseaux de doux messages qui s’envolent en colombes de quiétude.

 

Ces yeux de partage et d’invite, ce sont ceux-là que notre fille nous offre quand nous l’écoutions parler de cette vie qu’elle porte en elle.

 

Ces yeux du bonheur dans l’attente prénatale, ils ont réveillé en nous le doux souvenir des sentiments qui ont précédé la venue de nos quatre enfants.

 

Quelle aura précieuse illumine alors le papa et la maman …, elle qui tient bien au chaud dans son corps ou tendrement contre son cœur, quand elle ne l’a pas porté, cette nouvelle vie … qu’ils vont ensemble entourer d’amour et d’espoir.

 

Elle portera le doux nom de Laure-Élise et découvrira pour la première fois le tendre sourire de sa maman le 3 juin 2005.

 

Lever les yeux de l’attente,

Voir le ciel d’un sourire,

Y guetter la source d’un rire,

Rêver d’un minois rose.

 

Imaginer des cascades

De bouches babillant,

S’assoupir aux clochettes

De campanules d’enfant.

 

Caresser du regard

Un ventre arrondi

Ou trouer l’azur

De l’oiseau d’argent.

 

Voir se lever la nuit

De l’attente,

La tendre nuit de l’espoir,

La lente nuit

De l’aube claire

Des poupon s qui naissent

En découvrant

Les yeux de leur maman.

 

Elle a cinq ans maintenant. Elle vient souvent maintenant trottiner près de son grand-père, malicieuse et volontaire, sachant si bien se faire comprendre, fidèle alliée de sa grande sœur qu’elle copie en tous points

 

Très personnelle et indépendante, elle aime s’opposer à ceux qui la contrarient, sans baisser les yeux, avec une ténacité déconcertante. Cette petite personnalité volontaire est surprenante et désarmante. Ses yeux, inquisiteur cherchent dans les vôtres la petite défaillance qui annonce la reddition.

 

On ne peut s’empêcher de camoufler un sourire amusé tout en soutenant un regard déterminé à vous faire lâcher. Heureusement, bons éducateurs, ses parents canalisent habilement cette personnalité naissante pour en sortir le meilleur profit possible.

 

Sa grande sœur, d’une maturité étonnante (elle a sauté une année scolaire) l’entoure beaucoup et contribue à l’éveil d’une petite intelligence que nous avons la joie de voir s’épanouir.

 

Deux petits bras

Serrent très fort

Et une joue si douce,

Frôle un vieux visage.

 

C’est le ciel et les étoiles

C’est la fraîcheur

De l’eau vive,

C’est la douceur

Des duvets de fleurs,

C’est la tiédeur

De la fin du jour.

 

Des petits yeux

De velours sombre

Qui nous affrontent

Avec un minois charmeur,

C’est un éclair

Par une nuit

De douce chaleur.

 

A cette palette exotique de sombres prunelles de velours et de joues de miel piquées d’or, viendront s’enrichir des yeux malicieux et des pommettes vives des deux enfants de l’épouse de Benoit (ils viennent de se marier le 28 août 2010) qu’il a adopté dans son cœur comme il l’avait fait pour ses sœurs.

 

Quelle heureuse complémentarité à notre histoire, notre si fantasque puîné viendra-t-il y apporter en introduisant Annick et ses deux enfants,  lui qui avait enfin trouvé celle qu’il espérait depuis toujours et qu’il recherchait en vain !

 

Qu’il est attendrissant de les voir se regarder tous les deux avec tant de ferveur dans les yeux, tant de tendresse dans le regard !

 

Pour nous parents, quel couronnement à une vie réussie que ce constat d’amour réciproque traduit par les yeux de nos enfants et beaux-enfants.

 

Et enfin, pour terminer tout cela en apothéose, il y a la découverte de ces deux « beaux gosses » qui sont venus compléter avec bonheur notre composante familiale :

 

Une jolie fille, adorable par sa spontanéité déconcertante, adolescente avec toute la richesse et la complexité que cela peut comporter. Son intelligence est brillante, mais elle s’en sert avec une telle acuité qu’il faut la canaliser.

 

Elle adore les enfants qui le lui rendent bien. Quel bonheur de la voir s’occuper des plus petits avec une tendresse vraiment maternelle. Ils sont pendus à ses lèvres quand elle leur raconte de jolies histoires sorties de son imagination débordante.

 

Et puis, il y a aussi son frère, ce beau garçon au profil d’adonis, cheveux naturellement et harmonieusement bouclés, gentil et spontané dont l’intelligence discrète ne demande qu’à s’épanouir.

 

Il est le fils qui manquait à Benoit, lui qui a tant de talents pour s’occuper des jeunes, et leur faire profiter de sa générosité naturelle et de son expérience.

 

Quand nous les retrouvons avec les autres dans nos réunions festives, nous constatons avec bonheur qu’ils ont tellement intégré harmonieusement notre composante familiale qu’ils donnent l’impression d’en faire partie depuis toujours.

 

Le grand aigle des cimes n’avait pas de compagne

Il l’avait cherchée dans les prés et les roseaux

Par grands ciels et vallons, cols, sentes et montagnes

Par forêts chaudes et folles îles aux oiseaux.

 

Elle vint à lui avec deux gentils oisillons,

C’était enfin celle qu’il avait tant cherchée,

Et qui le regardait avec ses yeux de fée,

Son cœur tendre et ses joues roses de passion.

 

Il l’aimera toujours en gentil tourtereau,

Ecrira son nom en le gravant dans le marbre,

Et construira pour elle un grand nid dans un arbre

Très doux et très chaud pour y loger ses perdreaux.

 

 

Le bonheur y fixa un rendez-vous de ciel

A tous les habitants de ce lieu féerique

Aux lapereaux graciles, aux oiseaux exotiques

Multicolores et beaux comme un grand arc-en-ciel.

 

 

°°°°°°

 

 

 

 

09/03/2010

Ch. 22a - La Corée (LES AMIS D'AILLEURS)

&

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)

 

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour  : {22.2} La Corée du Sud (nos amis Agnès et Michel Lee) -

 

 

Chap. 22a - LES AMIS D’AILLEURS : La Corée du Sud.

 

Mon pays est un village

Et la terre est ma patrie

Disait le poète.

 

Mon frère habite ma rue,

Mais aussi la ville voisine

Et encore bien plus loin,

Tellement loin

Que c’est trop loin

Pour y aller.

 

Cependant,

Quand j’entends le vent,

C’est son chant qu’il m’apporte,

Et la nuit,

C’est sur les mêmes étoiles

Que nos yeux vont se chercher.

 

Mon frère est si loin

Que c’est trop loin pour y aller.

 

Mais, lui, peut-être, un jour,

Il sera devant ma porte,

Fatigué du long voyage.

Mais peut-être qu’alors, en lui

Je ne verrai qu’un « étranger ».

 

 

{1} Ainsi qu’évoqué plus avant, dans le cadre d’une action d’ouverture à d’autres cultures, nous avions proposé à la paroisse de nous charger de l’organisation de réunions de quartier centrées sur l’accueil des réfugiés qui s’y établissent en leur donnant l’occasion de parler de leur pays et de leur culture.

 

La rencontre merveilleuse de Noël tombait à pic. Non seulement nous avions une première famille à faire connaître et à intégrer dans nos quartiers, mais aussi c’était une raison supplémentaire de nous en rapprocher.

 

Aussi le 28 janvier 1983, nous inaugurerons dans la salle paroissiale une rencontre « inter-culture » qui sera la première d’une série d’une petite vingtaine d’autres qui s’échelonneront tout au long des années 1983 à 1986.

 

Nous serons forcés de les interrompre à la suite d’ennuis de santé provoqués par le stress de ma profession, mais aussi d’infirmité visuelle et problèmes cérébraux me contraignant à suspendre mes activités professionnelles et faire opérer un cœur défaillant, ainsi qu’abondamment décrit par ailleurs. Malgré tous nos efforts, nous n’arriverons jamais à transmettre le flambeau, faute de relais sérieux.

 

Une feuille d’invitation attrayante intitulée : « Des habitants du quartier présentent leur pays » annonçait nos séances. Nous la distribuions dans la plupart des boîtes aux lettres de la région, tandis que la feuille paroissiale, de son côté, l’évoquait dans son édition mensuelle.

 

Il m’a semblé utile dans l’intérêt de ces pays de mettre à jour la partie historique des textes qui relatent ces rencontres en puisant aux meilleures sources : Encyclopédia Universalis, Wikipédia (après vérifications logiques), Jacques Leclerc, Encarta et les sites des ambassades. Les références de ces sources seront reprises en appendice alphabétique du livre.

 

Si cette initiative pouvait amener un regard intéressé sur ces populations malmenées, nous en serions ravis, mon épouse et moi, prolongeant dans le temps une action que nous n’avons pu continuer.

 

Cette actualisation fut un travail considérable de recherches, consultations et rédaction pour fournir la relation la plus objective, la plus complète tout en la faisant succincte, de la destinée douloureuse de ces pays que nos civilisations ont sacrifiés sur l’autel de leur confort et de leur progrès depuis toujours.

 

Il y en a d’autres dont Israël que nous avions préparé et que les circonstances évoquées plus avant ne nous ont pas per mis de présenter (Je terminerai cependant ce chapitre par une étude-plaidoyer en faveur de ce peuple, à l’origine de nos civilisations, afin de contrecarrer tant d’idées préconçues) ainsi que tous ceux d’Afrique, d’Amérique Centrale et du Sud (sauf la Bolivie et Haïti) ou d’ailleurs…..

 

Nous nous efforcerons dans ces rencontres de ne blesser personne et d’observer une neutralité politique et religieuse rigoureuse. En accord avec les autorités de la paroisse qui mettait à notre disposition son infrastructure (salle, secrétariat, feuille paroissiale mensuelle de contact…) ces rencontres devaient être une ouverture vers les autres venant « d’ailleurs » dans un grand esprit de fraternité en dehors de toute démarche de récupération religieuse.

 

Ce fut une grande aventure qui nous mobilisa tous : mon épouse prenait les contacts, rassemblait le matériel, organisait la réception de fin de séance, préparant et fournissant souvent les boissons et accompagnements du « drink », et terminait la séance avec quelques mots de clôture et d’invite à la dégustations des mets et boissons (préparations du pays concerné)  ; mes fils Patrick et Benoit s’occupaient d’organiser la salle, se chargeaient des projections (matériel loué, souvent difficile à adapter et dont l’utilisation tenait de l’aventure) ; nos filles en hôtesses souriantes et affables se chargeaient de l’accueil et faisaient équipe avec mon épouse ; quant à moi je préparais les textes, la feuille d’invitation ainsi qu’une courte introduction et animais ou suscitais les questions des débats (Patrick me remplaça quelques fois surtout lors de l’accident cérébral qui m’handicapa momentanément).

 

{2} Au programme de la première séance réservée à la Corée du Sud, terre de nos amis avec la projection de trois films, un sur le pays moderne et industrielle qu’il est devenu, un autre sur ses traditions et un troisième sur les religions qui y sont pratiquées (Chamanisme, Bouddhisme et Christianisme).

 

Avant d’en parler, je tiens à donner un bref aperçu de l’histoire tourmentée de ce peuple, brimé d’abord par ses grands voisins la Chine et le Japon et ensuite victime de l’affrontement est-ouest entre le communisme et le capitalisme qui caractérisa la seconde moitié du vingtième siècle. Nous nous garderons bien d’en toucher mot dans nos séances publiques pour éviter à nos amis des problèmes auprès de leurs autorités consulaires.

 

Aussi, maintenant que j’écris ces « mémoires », je me sens un devoir de faire justice à ce petit peuple intelligent (dont, rappelons-le, proviennent nos deux filles) qui fut toujours victime de ses grands voisins, la Chine et le Japon et qui fut sacrifié, après la guerre de 40-45, sur l’autel de l’entente américano-soviétique qui reniera les accords pris au Caire en novembre 1943, par Roosevelt, Churchill et Tchiang Kai-Chek (Chine Nationaliste) de créer enfin une Corée libre et indépendante.

 

Malheureusement les événements qui suivirent se passèrent à son détriment quand à Yalta, en février 1945, les quatre grandes puissances ( les Etats-Unis, l’Angleterre, la Russie et la Chine de Tchiang Kai-Check) décidèrent que la Corée (possession japonaise depuis 1910) serait partagée en deux zones d’occupation situées de part et d’autre du 38e parallèle, dévolues aux USA pour la partie sud et à la Russie pour la partie nord.

 

Finalement en 1948, après de nombreuses altercations et confrontations entre le bloc communiste et les pays « libres », les deux Corées se donnèrent des constitutions, sous l’appellation de République Populaire Démocratique de Corée (R.P.D.C.) d’un côté et de République de Corée de l’autre, ce qui amena les Américains et les Russes à évacuer leur zone d’occupation en 1949.

 

C’est ainsi que ce petit pays qui avait souffert depuis toujours des grands conflits internationaux fut entraîné malgré lui dans les camps opposés du communisme et du capitalisme, pour subir le paroxysme de la haine et de l’agressivité lors des douloureux affrontements de juin 1950 à juillet 1953 qui opposèrent aux pays occidentaux la Corée du Nord, armée par les Russes puis appuyée par la Chine communiste.

 

En effet, le 25 juin 1950, la Corée du Nord envahira le sud avec dix divisions de soldats équipés par les Russes en chars et avions. Le sud, avec ses huit divisions mal armées sans appui terrestre lourd, ni matériel aérien, s’écroula et se trouva rapidement envahie, au bord de la défaite.

 

Le 27 juin, l’ONU fut saisie de l’affaire et vota (sans l’URSS mais avec la Chine nationaliste de Formose, la Chine communiste de Pékin n’étant pas reconnue par les occidentaux)


Le 16 juillet, fut constituée une armée à laquelle participèrent seize nations : c’est-à-dire, outre les Sud-Coréens, les contingents australiens, belges, luxembourgeois, canadiens, colombiens, éthiopiens, français, britanniques, grecs, hollandais, néo-zélandais, philippins, sud-africains, thaïlandais et turcs plus les unités médicales danoises, indiennes et suédoises. Leur commandant était l’américain Douglas Mac Arthur.

 

Le 15 septembre, les armées de l’ONU débarquent près de Séoul, la libèrent le 28 et les Sud-coréens envahissent le nord le 30, appuyés par l’ONU le 7 octobre.

 

Les Chinois se prétendent menacés et envoient le 25 octobre une armée, dite de volontaires, forte de 850.000 hommes d’où renversement de la situation et repli des forces coalisées. Séoul est repris le 4 janvier 1951 par les communistes. Le Président américain Truman annonce que le recours à la bombe atomique est à l’étude.

 

Après une difficile contre-offensive des troupes de l’ONU et de la Corée du sud qui essuient de lourdes pertes, les coalisés reprennent Séoul le 14 mars 1951 et franchissent à nouveau le 38ème parallèle. Le général américain Mac Arthur qui commande les troupes veut continuer jusqu’en Mandchourie, mais le président Truman s’y oppose et lui enlève le commandement (Ce fut peut-être l’erreur qui empêchera la réunification de la Corée….)

 

Le conflit s’éternisera jusqu’au 27 juillet 1953, avec quelques escarmouches sur un front stabilisé au 38ème parallèle. Les pertes en vies humaines dans ce conflit furent considérables : 2.415.600 suivant l’ONU dont deux tiers de civils.

 

Finalement, les accords de Genève de 1954 couperont définitivement le pays en deux nations situées de part et d’autre du 38ème parallèle. On sait qu’actuellement, la Corée du Nord est toujours sous dictature communiste avec un « potentat » cruel, tandis que la Corée du Sud jouit des avantages de notre « système capitaliste».

 

La Corée fut toujours dominée par ses voisins chinois et japonais qui ne cessèrent de l’envahir et de se la disputer, comme la Belgique le fut par ses voisins français, hollandais et allemands. Cette similitude de situation historique fut un facteur supplémentaire d’affinité et de sensibilité nous rapprochant de nos amis coréens.

 

De tout temps, les Coréens serviront de plaque tournante assurant le relais des cultures et des techniques entre le Japon, la Chine et la Mandchourie que celles-ci proviennent des Chinois de l’époque des Hans (IVe s. av. J.C.) et ensuite des Mongols et Mandchous jusqu’au XVIIe siècle ou encore à la suite d’incursions de barbares venus par la mer.

 

Dès 1592, les Japonais s’attaqueront à la Chine en passant par la Corée mais seront repoussés grâce aux combats héroïques que leur livrèrent les Coréens aidés des Chinois. Ces incursions dont celle de 1636 qui réduisit le prince héritier coréen à la vassalité envers l’empereur nippon, permirent aux Japonais de profiter des techniques avancées de la Corée dont celle, dont ils furent les inventeurs, de l’imprimerie avec caractères mobiles.

 

Très éclectiques, les érudits coréens s’intéressèrent aux connaissances de leur voisin chinois (école Kao-tcheng-hio) et un certain nombre se convertit même au catholicisme pour mieux approcher les sciences occidentales jusqu’à ce qu’ils furent persécutés et interdits par le pouvoir japonais en 1786.

 

En 1813, la famine atteignit deux millions et demi de paysans coréens (un tiers de la population) avec soulèvement et appel à l’étranger (à la France en premier lieu) ce qui poussa le Japon qui se sentait menacé à s’isoler et conclure des traités d’amitié avec les occidentaux.

 

La Chine, le Japon et la Russie se disputèrent l’hégémonie de ce malheureux petit pays, pendant tout le 19ème siècle. Le Japon, puissant guerrier, remporta la guerre sino-japonaise de 1894-1895 et se défit des Russes lors du conflit de 1904-1905.

 

Le 29 août 1910, le peuple coréen fut envahi et brimé par les Japonais : interdiction d’association, de réunion, recensement des terres et distribution de celles dont la propriété n’avait pu être prouvée, notamment celles de l’ancienne royauté, à des colons japonais ou à des « locataires » coréens.

 

De 1937 à 1940, les Coréens furent vraiment asservis. Le mot n’est pas trop fort : les Japonais imposèrent aux écoliers coréens leur langue et leur histoire en s’efforçant de faire disparaître toute trace du passé ; livres, revues et journaux coréens furent interdits ; leur identité fut bafouée en les forçant à porter des noms japonais ; ils furent obligés de vénérer les kamis ou divinités du Shintoïsme, croyance animiste du Japon, ce qui les ulcéra profondément ; des jeunes coréens furent engagés de force dans l’armée japonaise et près de cent mille très jeunes filles des écoles secondaires durent servir de « femme à soldat » pour les militaires japonais en guerre.

 

Toutes les grandes nations qui ont « construit » l’histoire du monde, ont été un jour dominées par des bourreaux  impitoyables qui  martyrisèrent, écrasèrent, réduisirent ceux qu’ils voulaient soumettre ; toutes ces nations se sont enrichies du savoir et des biens qu’ils leur volaient pour finalement, outrecuidance suprême, transformer en pages de gloire, écrites cependant en lettres de sang, un passé de conquête réalisé à force de pillage, brimade, avilissement et esclavage de ceux qu’ils avaient vaincus.

 

Que ce soit chez nous, en Europe - depuis l’agressive Albion asservissant les nations du Dominion (un tiers du monde sous Victoria), la France napoléonienne, l’Allemagne des deux guerres mondiales, l’Espagne des Conquistadors, l’Italie des empereurs jusqu’à nos voisins bataves, oppresseurs des Indes Néerlandaises et nous-mêmes, cruels négriers, sous Léopold II, et tous les conquérants qui de tout temps, ailleurs dans le monde, se sont rendus coupables des mêmes impitoyables exactions.

 

Ce fut la raison pour laquelle, lors de notre séance du 28 janvier 1983, nous n’effleurerons pas ces sujets pénibles par souci de ménager les sensibilités politiques. Positivement, nous nous efforcerons de démontrer à un public vraiment conquis toute la richesse culturelle de ce valeureux pays, traversé d’un courant permanent de savoir et de traditions, construisant malgré les épreuves sa propre culture originale avec sa langue et son écriture.

 

Aussi l’écran de notre salle nous révéla-t-il toute la beauté naturelle d’un pays riche en paysages d’une grande finesse de lignes et de couleurs aux versants ensoleillés où des chercheurs de Ginseng (racines aux vertus médicinales et aphrodisiaques) dénichent très difficilement leur récolte. On la cultive maintenant cette racine qui épuise tellement le sol qu’il faut vingt ans de mise en jachères avant de la replanter.

 

Beauté également des paysages, la caméra s’attardant longuement sur des printemps aux collines parées d’azalées en fleurs, sur les ciels lourds de la paresse des automnes fruités et sur l’éclat des hivers tout en neige vaporeuse sur fond de métal bleu dur.

 

Révélation aussi du génie d’un peuple méconnu fécond en découvertes que s’approprieront les voisins, conquérants sans scrupules. On nous enseigne que c’est Gutenberg qui inventa les caractères typographiques mobiles et l’imprimerie (entre 1397 et 1400) alors qu’il est certain que les Coréens avaient fabriqué des planches gravées près de deux cents ans avant lui (nous en avons détenu au début de notre commerce d’antiquités coréennes de très belles, sans doute moins anciennes), de même que les caractères interchangeables en métal.

 

il est aussi prouvé que sous le règne du roi coréen Taï-Djong (au 14 ème siècle) non seulement fut utilisée l’imprimerie à caractères mobiles mais également l’alphabet coréen qui simplifiait l’enseignement de la langue et son impression en remplaçant les difficiles écritures idéographiques chinoises ou japonaises.

 

L’alphabet coréen ou Hangul, 19 consonnes et 21 voyelles, peut être considéré comme un des systèmes d’écriture les plus rationnels qui soit et qui sert à toute la population (99 %) .

 

Cette homogénéité de l’écriture utilisée, simple et rationnelle, contribua à élever le pays au rang des nations les plus alphabétisées (presque 100 %) avec le coréen comme langue véhiculaire et, dès l’age de 12 ans, l’anglais comme langue secondaire (six à sept heures par semaine, quasi au même rang que la langue nationale et les mathématiques) et, à partir du lycée (les trois dernières anées du secondaire chez nous), le choix d’une troisième langue, le chinois, le japonais, le français, l’allemand ou l’espagnol.

 

Ces langues supplémentaires seront approfondies parallèlement aux études supérieures (4 ans et un doctorat) dans des écoles privées qui foisonnent et pour lesquelles sont recrutés des autochtones étrangers. Ce sera la première activité que notre amie Agnès créera à son retour d’Europe et dans laquelle elle embrigada notre fils aîné Patrick.

 

Autre trouvaille, le céladon, cette merveille de la poterie d’art que des artisans coréens poussèrent au summum de sa perfection en glacis vert-eau et dont les Chinois jalousaient déjà la facture au début du douzième siècle. Nous en avons également vendu de très beaux pas aussi vieux, ni aussi précieux.

 

Ingéniosité aussi de cette race subtile qui inventa le chauffage par conduction en installant dans le sol des gaines en briques qui transmettaient la chaleur d’un foyer creusé en dessous, alimenté en combustible difficile à utiliser directement, comme la tourbe, le brai de houille ou autres se trouvant en abondance dans le pays.

 

Une particularité typique de ces gens, rappelant ceux du midi de la France, est la forte odeur d’ail provoquée par la consommation abondante de « Kimchi », préparation condimentaire qui accompagne tous leurs repas.

 

Il s’agit d’une mixture à base de légumes (surtout des choux-chinois passés un quart d’heure à l’eau bouillante), champignons, huîtres (elles sont aussi abondantes que les moules chez nous) et herbes diverses où l’ail domine (il y a autant de recettes que de familles, chacun trouvant la sienne en fonction des opportunités légumières du moment ou de la région).

 

Les divers composants sont tassés dans des jarres de terre cuite par couches successives des ingrédients emballés dans des feuilles de choux-chinois largement farcies de pili-pili.

 

Le tout est ensuite couvert d’un gros poids afin de bien le comprimer et enterré à ras du sol pour y subir les gelées des hivers coréens rigoureux (15 à 20 degrés en dessous de zéro).

 

Le mélange est détonant ; nous l’avons « dégusté » souvent, il accompagne admirablement la cuisine coréenne où les légumes presque crus et les lanières de viandes cuites à la flamme au travers d’un « wok » (sorte de cône métallique à petits trous) dominent. On transpire abondamment, on s’éponge, mais on ingurgite et on ingurgite sans discontinuer tous les plats, au travers d’un estomac « troué » en « s’arrosant » de rosé bien frais ou de soju apaisant (thé coréen d’orge torréfié).

 

Mes fils et mon filleul Bruno finirent par se mesurer en joutes « kimchïennes » avec notre ami coréen Michel, pourtant recordman en la matière. Pendant les cinq ans que dura le séjour de nos amis, en avons-nous apprécié de ces repas joyeux, chaleureux de grande amitié dans lesquelles nos épouses se surpassèrent en préparations et qui nous lieront tellement fort que ces ripailles mémorables rivaliseront avec nos plus chaudes retrouvailles familiales.

 

Nous terminerons cette première réunion de « quartier » en offrant des kimbabs, amuse-bouche fait de riz collant, farci de lamelles d’œufs durs, carottes et légumes verts, puis coupés en tronçons de deux à trois centimètres, après avoir été entourés de feuilles d’algue cueillies au fond de la mer par des plongeuses coréennes spécialisées.

 

Disposés en pyramide sur un plat, c’est très joli : les feuilles d’algue conservées sous vide qu’on se procure aisément maintenant, enveloppent d’un noir brillant de jolis cylindres de riz asiatique, avec en leur centre le bouquet coloré rouge et vert des légumes ainsi que le blanc et jaune des œufs durs. Accompagnés du thé soju ou de rosé, c’est très agréable à l’apéritif en « amuse-gueule ». (La mode d'en consommer s'implante chez nous depuis quelques temps).

 

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