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12/03/2016

0Z.19 Rome et Florence

George était mon modèle et mon maître. … Idéaliste, il m’entraînait dans des projets démesurés, … Audacieux jusqu’à l’inconscience, il consacra toute sa vie à s’occuper de jeunes malades ou infirmes, négligeant le portefeuille d’assurances qu’il constituait et faisait vivre sa famille nombreuse.

Dans les billets précédents, j’ai relaté notre existence d’exclu en sanatorium. … En 1947, nous avons réalisé le rêve que nous avions imaginé dans nos chaises-longues de malade … Aller à Rome, la ville de notre civilisation et de notre histoire de chrétien. …

A force d’y penser, nous avons voulu le réaliser et nous projetâmes de réaliser le voyage, dès que nous aurions l’autorisation de rentrer en Belgique. …

Pour réaliser cette aventure au sortir de la guerre, nous n’avions que de petits moyens, chacun un billet de mille francs, demi salaire d’un petit employé de l’époque…. Nous comptions profiter du change des francs suisses en lires et des achats « en noir » à des ambulants. …

Notre escapade dura un mois, tellement nos tirâmes sur toutes « les ficelles ». … Notre uniforme de scout nous permettait de trouver à loger dans des locaux de réunions sur des paillasses de paille. …

Nous nous promenâmes sur le fameux toit du Duomo de Milan. … Nous restâmes une semaine à Florence, ce qui nous permis de nous émerveiller de ce joyau de l’histoire et de son fameux musée de peinture et de sculpture. …

Cette ville restera gravée dans nos souvenirs, tellement nous fûmes émus et impressionnés par ce joyau grandiose et sublime de notre civilisation que nous avons parcouru le cœur serré d’émotion. …

Le souffle coupé, nous avons religieusement visité ces œuvres du génie et de la création artistique humaine : le Baptistère de Saint Jean Baptiste, la cathédrale Santa Maria del fiore, le campanile de Giotto, la loge du Bigallo et l’églises Sainte Marie Nouvelle, la Galerie des offices, le Vieux pont, le musée Saint Marc, l’église de l’Annonciation, le palais Pitti, la Galerie Palatine et les jardins de Boboli,   pour ne citer que les plus importants lieux d’art et d’histoire. …

Cependant, c'était surtout Rome que nous voulions atteindre, la ville des contrastes, la ville de notre histoire, la ville-berceau de notre civilisation, la ville tourmentée de son humanité trouble faite de vices et vertus... Rome que nous voulions respirer et que nous voulions aimer ou haïr tout à la fois.

Rome, dans nos fièvres,
Ville de nos cieux,
Cœur au bord des lèvres,
Fièvre dans nos yeux.

Nous tenons ton âme
Captive de ton feu.
Ta louve se couche
Sur ton marbre blanc.

Ta ville est de sang,
Ta ville est de joie,
Ta ville est de meurtre,
Ta ville est de rire.

Ton cœur est de crimes.
Ton cœur est de saints.
Ton cœur est de papes
Et de martyrs et de bourreaux.

Rome, perfide Rome,
Aux relents d'arènes,
De Titus et Néron,
D'Octave et Cléopâtre,
De Lucrèce, la diablesse
Et des Borgia goutteux.

Rome, grande Rome,
D'Auguste et César,
De Pierre et Paul,
De Michel-Ange et Botticelli,
Rome des belles martyres
Qui s'offrent à leur Dieu
Dans des arènes brûlantes
Du sang et du cri
Des agneaux saignés.

C’est intentionnellement que je donne à la publication de mes poèmes un ordre d’importance dicté par mon ambition de communiquer l’émotion que je ressens au souvenir des moments sublimes de ce voyage. …

Dans le même esprit, voici celui qui contribua à l’évolution de ma sexualité étouffée par mon éducation …

J'ai caressé tes cheveux roux,
J'ai mis mon front sur ton cœur
Et affolé de nacre
J'ai baisé tes genoux.

Pensant t'y trouver.
J'ai remué toute la terre,
En secret, jamais apaisé.
J'ai craché sur mes yeux ;
J'avais des mains de sorcière
Qui ne pouvaient plus te toucher
Et j'ai pleuré de rage.

J'ai arraché ton voile
Pour mieux te regarder,
Mais j'ai pleuré de rage
De ne pas te voir
De ne pas te trouver.

Ta torture est si douce
Que je ne peux plus m'en passer.
Mon angoisse est si chaude
Qu'elle brûle mon corps de fièvre,
Tandis que mon âme se réclame
D'anciens jours de calme.

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Cette toile marquera toute ma vie. … Ce fut elle qui me révéla la beauté sublime du corps de la femme et contribua à l’élévation de ma sexualité. … Le poème révèle le tourment intime douloureux d’un jeune chrétien de l’époque. …

Idéalistes, fervents chrétiens jusqu’au sacerdoce, nous ne manquerons pas de suivre toutes les manifestations religieuses de Rome. … Nous eûmes la chance d’assister à la canonisation de Nicolas de Flue, premier saint suisse. … George parvint à nous faire reconnaître comme délégué scout de la Belgique, ce qui nous valut une très belle place. … Le poème qui suit est un rappel de grands moments de la Bible, fondement de la foi chrétienne. …

Bible sacrée, en lettres noires,
Gravée en bronze, perdant l'or,
Nos yeux, nos âmes guettent encor
La vraie raison de ton histoire.

Livre sacré d'Eve et d'Adam,
Du coupable péché des hommes
D'avoir déjà croqué la pomme
En condamnant leurs descendants.

Bible sacrée d' Esaü,
Du fier Jacob et Rébecca,
Du vieux Noé qui a trop bu,
De Moïse devant ses lois.

Livre sacré de Josué
En conquête de Jéricho,
Clamant au ciel, à tous échos
La mort de ceux qu'il va tuer.

Livre sacré de notre enfance
Créant en nous le merveilleux,
Mais aussi rêves de souffrance
Au tendre cœur de petits gueux.

Livre sacré des saints de Dieu
Clamant leur foi à tous les cieux,
Chantant Sa gloire avec les anges
Tout en proclamant Ses louanges.michel

 

 Michel-Ange, nous impressionna par son immense génie qui le conduisit à la réalisation de ses œuvres. … Que ce soit à Rome ou Florence, ses sculptures et le plafond de la chapelle Sixtine d’une beauté à couper le souffle resteront toujours comme le summum du génie humain …

Très grand Michel-Ange,
Puissant dans les cieux,
De glaise et de fange
Tu feras des dieux.

Tes doigts noueux ont caressé
Des corps de pierre et de lumière,
Qui étaient perdus dans la terre
Dont tes bras s'étaient enlacés.

Fier géant sorti de l'Olympe,
Tordant les bras du Laocoon,
Tes dures mains de ciel se nimbent
Faisant fi des ignares abscons.

Tes Christs et tes belles Madones
Sont des songes que tu nous donnes
Quand nous contemplons, à genoux
Leurs sereins visages si doux.

Ô, Divin Michel-Ange,
Bien plus haut que les anges
Tu atteins tous les cieux,
Grand génie des dieux.

 

George et moi restâmes rêveur devant « L’annonciation » de Léonard de Vinci. … Ce tableau était d’une perfection troublante même dérangeante. … Trente ans après, nous avons effectué un voyage culturel avec ma famille et visité le manoir de Clos Lucé dans lequel Léonard de Vinci avait passé ses dernières années. … A l’époque ce personnage avait la réputation d’être homosexuel ce je n’admettais pas, j’ai évolué depuis comme tout le monde. … Léonard de Vinci était assurément un génie qui a atteint les sommets de l’intelligence humaine. … Sa célébrité est devenue mondiale même chez les « non avertis » depuis que le tableau de Mona Lisa est exposé et blindé dans une salle qui lui est réservée au musée du Louvres. … Le poème veut exprimer mon désarroi et le mépris que j’ai de ses faux admirateurs qui viennent voir l’œuvre en s’extasiant sur la soi-disant mobilité de son regard. …

Je crains tes yeux, je crains tes mains
Je suis ton antre.
J'ai le cœur odieux, l'âme triste
Suis-je ton chantre ?

Mes violons longs tout au fond
De mon lac aux larmes s'en vont.
Je les vois toujours au coucher du soir
S'endormir au bord de mes étangs noirs.

Tout au loin sonne le cor :
J'ai des arbres dans le corps
Et un faux cœur qui respire
Dans mon bois des faux soupirs.

Mona Lisa, ma si douce Joconde
Écarte de moi toute la faconde
De ces ignares bavards aux yeux mous
Qui sur toi soutiennent des propos fous.

La vague creuse ses flots aguichés
Par la caresse de tes chauds rivages,
Bordant la mer de ta Vierge aux rochers
En se perdant tout au long de tes plages.

Ô savant ermite de Clos Lucé,
Ecrivain, poète et ingénieur,
De la Renaissance, tu es seigneur
Et très grande figure du passé.

Je réserverai l’étude suivante à la partie manifestation et à la visite des catacombes

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15/04/2011

Ch. 29.10a - Les plaisirs de l'existence : le 1er enivrant, l'hydromel.

Symphonie de l'Harmonieux - Mélodie de l'existence.

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Carnet de notes de cinquante années de réflexions sur

la motivation d'exister et la valeur de nos croyances.

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Avant d'aborder l'essentiel de mon propos de ce jour, je tiens à relayer l' appel angoissé du professeur Christian de Duve, prix Nobel de médecine, lancé dans les colonnes du journal la Libre Belgique, ce 20 février 2011 en appui de celui du 21 mars 2010 et de son dernier livre, pour une prise de conscience par les autorités de notre planète du danger que représente la prolifération de l'espèce humaine ... en péril d'autodestruction ...

Je suggère à ceux qui me font l'honneur de me lire, de profiter de l'ampleur d'audience que constitue les blogs de la « Libre » pour provoquer un effet « boule de neige » en transmettant le message par un simple « copier-coller » de l'appel du professeur, reproduit ci-dessous :

« Bandeaux » que le professeur de Duve a mis en exergue dans son livre «Génétique du péché originel  -  le poids du passé sur l'avenir de la vie »

« Tirant parti des pouvoirs de leur cerveau, les humains ont proliféré au-delà de toute mesure et exploité à leur profit une part importante des ressources de la planète. »

« L'histoire de l'humanité est une succession perpétuelle de guerres et de conflit »

« Si elle continue dans la même direction, l'humanité va au -devant d'épreuves épouvantables, sinon de sa propre perte. »

« La sélection naturelle a privilégié indistinctement toutes les qualités personnelles susceptibles de contribuer au succès immédiat des individus. »

« La sélection naturelle a privilégié les traits favorisant la cohésion à l'intérieur des groupes et l'hostilité entre groupes différents. »

« La sélection naturelle n'a pas privilégié la prévoyance et la sagesse nécessaires pour sacrifier des avantages immédiats aux exigences de l'avenir. »

« Le péché originel n'est autre que la faille inscrite dans les gènes humains  par la sélection naturelle. »

« La seule possibilité de rédemption à l'égard du péché originel génétique vient du pouvoir humain unique d'agir contre la sélection naturelle. »

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Autrement dit pour simplifier et dans les principales lignes, afin de livrer l'essentiel des recommandations du professeur (quatrième partie de son livre), il est urgent pour sauvegarder l'avenir de l'humanité, d'adopter une politique contraignante de limitation des naissances et d'une juste répartition du potentiel des « ressources » de notre planète ... au détriment d'un confort à rééduquer ...

Solennellement et étant donné l'audience essentielle qu'elles ont sur l'humanité, il fait appel aux religions et plus particulièrement à celles du « livre » pour qu'elles revoient « leur fonds de commerce » dans un sens plus conforme aux réalités futures afin d'éviter « une sélection naturelle » par le massacre des plus faibles ...

PRÉOCCUPONS-NOUS DE L'AVENIR DE NOTRE DESCENDANCE... ELLE EST EN GRAND DANGER ... !!!

Il n'est pas trop tard, mais il est temps ... disait déjà Paul-Henri Spaak à la tribune des Nations-Unies, le 28 septembre 1948, en terminant son fameux « discours de la peur » devant les risques d'une guerre mondiale entre l'Est et l'Ouest qui aurait entraîné une extermination d'une partie de l'humanité.

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Voir aussi l'article du journal La Libre Belgique, de  Agathe Mahuet mis en ligne le 1 mars, intitulé « Population mondiale : la régulation ou l'explosion »  donnant l'essentiel d'un rapport de l'ONU, insistant sur la nécessité de réduire les niveaux de fécondité ... lien ci-après  : http://www.lalibre.be/actu/international/article/645934/p...

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Propos d'un octogénaire provenant

d'un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s'écouler à

s'interroger sur les motivations d'exister

et la valeur des croyances.

Il s'avoue agnostique par loyauté de pensée

avec l'athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Publication tous les vendredis à 9 heures 15

Les matières publiées sont reprises dans la liste des DOSSIERS (à droite)

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Ch. 29.10a - Les plaisirs de l’existence : le premier enivrant, l’hydromel.

Nous avons, précédemment, évoqué les différentes facultés dont les êtres vivants se sont dotés progressivement pour réaliser les performances que nous, les humains, situés en bout de chaîne, réalisons jusqu’à en arriver à dominer et transformer la matière, au risque de n’être plus capable de maîtriser un emballement qui pourrait la détruire ...

Nous nous sommes aussi intéressés à notre environnement immédiat, que nous avons soumis à nos exigences de confort et à la réalisation de nos projets d’exploration de l’espace ainsi qu’à l’augmentation de nos connaissances …

Comme chez tous les êtres vivants, la sélection développa les organes assurant les fonctions vitales pour se maintenir un certain temps ainsi que celles de la reproduction pour se perpétuer ... La sélection favorisa les performances d'adaptation aux exigences du milieu, avec la particularité qu'en bout de chaîne cette nécessité physique fut supplantée par le cérébral chez l'humain ... avec le développement de la pensée et ses caractérisques agéables que nous définirons sous le vocable générique du plaisir, qu'il soit affectif, physique ou cérébral ...

Nous réserverons la sexualité pour la fin de notre étude dans l’intention d’en faire l’essentiel de nos conclusions … parce qu’elle est le rouage fondamental de la vie, la raison de ce que nous sommes devenus et pour laquelle nous, les humains intellectuels civilisés, avons créé le beau concept de l’amour dans toute ses grandioses dimensions … : sensuelles, imaginaires, poétiques, et … spirituelles …

Les premiers humanoïdes, dans les brumes de leur intelligence naissante, ont découvert le plaisir par l’exercice de leurs fonctions vitales : manger, boire, dormir, se reproduire … Vraisemblablement par accident, en absorbant une boisson oubliée qui s’était mise à fermenter, ils ont découvert l’ivresse qu’ ils ont cherché à retrouver en reproduisant ce breuvage fermenté qui les plongeait dans une agréable euphorie … La potion, plus drogue que saine boisson les mettaient souvent en danger de mort … Aussi, leurs sorciers ne manquaient-ils pas de s’en servir pour augmenter leur pouvoir, tout en se protégeant avec des plantes vomitives prises après leur démonstration …

La plus vieille boisson alcoolisée, avant que l’homme n’ait découvert la bière et le vin, fut, sans conteste, l’hydromel produit à partir de miel, ce nectar sucré des fleurs, récolté par les abeilles. … Allongé d’eau et abandonné à l’air, les sucres du miel se transforment en alcool … Nos premiers ancêtres en ont fait une boisson incantatoire venue des dieux qui les mettaient en état de transes …

On retrouve mention de cette boisson « divine » dans les mythologies anciennes … La Babylone antique du troisième millénaire avant notre ère la fabriquait déjà … C’était la boisson des habitants de l’Olympe en Grèce … que les Grecs appelaient la « boisson des dieux », favorable à leurs ébats amoureux … Breuvage sacré aussi dans la mythologie germanique … Les Celtes et les Francs buvaient de l’hydromel … les druides en faisaient leur boisson de cérémonie incantatoire … Les Vikings en parlent dans leur « sagas » et en boivent dans des crânes de leurs ennemis …

Un papyrus de l’Égypte antique, remontant au 17ème siècle avant Jésus-Christ, déchiffré par l’Anglais Edwin Smith, préconisait l’emploi de miel et de pain moisi contre les infections (était-ce déjà une utilisation de la moisissure provenant d’un champignon Penicillium notatum dont on sort la pénicilline ?) … La traduction de ce papyrus nous révèle les connaissances en médecine et pharmacopée de l’Égypte antique qui suppose un savoir étonnant pour l’époque : … en anatomie, traitement des traumatismes et de nombreuses affections médicales … mention également d'actes chirurgicaux comme la suture des plaies thoraciques, … connaissances importantes dans des domaines divers comme l'étude des méninges, des os du crâne, de la surface externe du cortex cérébral, du liquide céphalo-rachidien et de la pulsation intracrânienne … sont traités aussi : le cœur (liaison avec les vaisseaux sanguins), le système digestif (rate, foie, …) et le système diurétique (reins, uretères, vessie) …

En Bretagne, on boit encore le « Chouchen » ou « mez » fabriqué à partir de miel de sarrasin, à la couleur très foncée et au goût prononcé … la fermentation est déclenchée avec du jus de pomme ou de la levure de bière … Cette boisson titre environ 14° … et est comparable à l’hydromel … On boit le Chouchen bien frais mais sans glaçons en apéritif avec le melon et avec le foie gras, … et en hiver comme un vin cuit … On le trouve en Bretagne dans toutes les grandes surfaces …

En dehors de l’hydromel, d’appellation contrôlée, qui ne peut être fabriqué qu’à partir de miel et d’eau, il existe une variété importante de boissons à base de miel : Braggot (bière de miel brassée avec du miel et du houblon ou du malt ; Black mead (bière noire, miel et cassis) ; Morat (miel et mures) ; Mulsum (miel et vin fort alcoolisé) ; Omphacomel (miel et verjus, jus de raisin n’ayant pas muri) ; Oxymel (miel et vinaigre de vin) ; Neu Met (hydromel pétillant et acidulé

Quant à l’origine : le Mjöd est scandinave (parfumé à la reine des près) ; les polonais l’appellent Czworniak, Trójniak, Dwójniak ou Póltorak, suivant le dosage de miel et d’eau ; le Chufere est breton et brassé à partir de miel et de cidre ; le Sima est finlandais, agrémenté de citron ; le T’edj est éthiopien ; le Gverc est croate et corsé d’épices ; Le Medica est slovène ; Le Medovina est tchèque, serbe, croate, bulgare et slovaque ; le Medovukka est une variante slave.

L’expression « Lune de miel », traduite de l’anglais « honneymoon » aurait pour origine une ancienne tradition germanique, dont l’origine serait babylonienne, qui imposerait aux jeunes mariés l’obligation de ne boire que de l’hydromel dans les 30 jours suivant la cérémonie de mariage …

Le miel est une substance produite par l’abeille qui la stocke dans sa ruche en provision pour l’hiver ou en période de sècheresse … mais surtout pour alimenter ses larves … Cette matière ou nectar est récoltée par les abeilles butineuses qui la prélève sur les plantes à fleurs (angiospermes) et la conserve provisoirement dans leur jabot, pendant leur retour à la ruche, ces ouvrières fabriquent une enzyme qui produit une réaction chimique transformant le nectar en glucose et fructose … … Dans la ruche, une ouvrière qui a une fonction de « receveuse » régurgitera et ré-ingurgitera cette matière riche en eau, en la mêlant à de la salive et à des sucs digestifs, ce qui a pour effet de transformer les sucres qui sont alors stockés dans les alvéoles hexagonales de la ruche que des ouvrières ventileuses déshydrateront pour en obtenir une matière onctueuse et épaisse dont la teneur en eau tombe à moins de 18 % …

Quant au miellat, c’est un liquide épais et visqueux, constitué par les excréments liquides, riches en sucre et acides aminés des pucerons ou des cochenilles, … les abeilles et les fourmis le récoltent en flattant les pucerons avec leurs antennes ce qui a pour effet de leur faire produire des excréments riches en sucre, que les abeilles recueillent et transfèrent dans leur jabot … Ne soyons nullement dégoutés à la pensée que ce miel est produit avec des excréments de pucerons, transformés par les abeilles après plusieurs déglutitions, les imprégnant de salive et de sucs digestifs …. Les anglo-saxons en sont très friands et l’appellent « honeydew » ou rosée de miel … (plus poétique qu’excrément de pucerons)

Un scientifique, Bern Heinrich, a calculé que pour produire 500 grammes de miel, les abeilles effectuent plus de 17.000 voyages, visitent 8.700.000 fleurs, représentant 7.000 heures de travail …

L’apiculture est l’art d’élever les abeilles pour en récolter le miel … Très tôt, les hommes ont capturé des essaims pour les loger dans des ruches de paille … Le miel était consommé avec la cire ou était récolté par pressage des alvéoles pour en retirer une matière grossière… Ce n’est qu’aux environs de 1800 que François Huber mit au point une ruche avec cadres mobiles et, en 1858, que Mehring créa les cellules hexagonales de feuilles gaufrées qui sont mises à la disposition des abeilles dans les ruches artificielles … En 1865, Hruschka inventa l’extracteur centrifuge, permettant l’extraction parfaite d’un miel pur et la récupération des cadres …

Jaques Brel a célébré l’hydromel dans sa chanson « Jacky » :

Même si je me soûle à l’hydromel

Pour mieux parler de virilité

A des mémères décorées

Comme des arbres de Noël.

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Pour terminer cette étude sur les premières boissons d'ivresse qui ont mis de la joie dans le cœur des hommes, je vais appeler à la « barre » ses plus fervents défenseurs qui ne manqueront pas de célébrer ses vertus euphoriques ... et louanger ce nectar des fleurs que récoltent les abeilles ...

L’effet de l’ivresse est d’abord d’abolir les scrupules du sentiment. (Alain)

Allons ! Vive l’amour que l’ivresse accompagne ! (Alfred de Musset)

L’ivresse est la seule forme sous laquelle les hommes sans culture peuvent concevoir l’idéal. (Ernest Renan)

Il y a l’amertume du bonheur comme il y a l’ivresse de la souffrance. (Alfred Capus)

L’ivresse, c’est le dérèglement de tous les sens. (Arthur Rimbaud)

La question est de savoir si nous devons garder plus de rancune aux femmes des peines qu’elles nous auront faites ou plus de reconnaissance des ivresses qu’elles nous aurons prodiguées. (Georges Courteline)

L’horreur de l’homme pour la réalité lui a fait trouver ces trois échappatoires : l’ivresse, l’amour, le travail. (Edmond et Jules de Goncourt)

La jeunesse est une ivresse sans vin et la vieillesse un vin sans ivresse. (Proverbe persan)

Il faut être toujours ivre. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules, il faut s’enivrer sans trêve. Du vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous ! (Charles Baudelaire)

Si la vérité ne vous enivre pas, n’en parlez point. (Julien Green)

Nous sommes les abeilles de l’Univers. Nous butinons éperdument le miel du visible pour l’accumuler dans la grande ruche de l’invisible. (Rainer Maria Rilke)

La lune de miel est finie quand le mari cesse d’aider sa femme à faire la vaisselle et qu’il la fait tout seul. (Robert Rocca)

La vertu accouplée à la beauté, c’est le miel servant de sauce au sucre. (William Shakespeare)

La vie est une fleur. L’amour en est le miel. (Victor Hugo)

Quand tu lances la flèche de la vérité trempe la pointe dans du miel (Proverbe arabe)

Les mots sont comme les abeilles : ils ont le miel et l’aiguillon. (Proverbe suisse)

Bouche de miel, cœur de fiel. (Proverbe touareg)

Pourquoi le poison quand on peut tuer avec du miel. (Proverbe serbo-croate)

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Je tiens aussi, comme je le fais chaque semaine, à soutenir une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour lancer un appel de s'(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contactez votre organisme financier) « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l'obscurité que maudire l'obscurité » disait Confucius, aussi appelons l'action « chandelle ».

L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes.

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d'une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d'Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

 

 

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24/09/2010

Ch. 28 e - Jean-Paul II, controversé.

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Ch. 28 e - Jean-Paul II, controversé.

 

{12} Pendant que j'écrivais les lignes qui vont suivre, le hasard avait voulu que Jean-Paul II s'éteigne au Vatican, le 3 mars 2005,  après un pontificat d'un peu plus de vingt-six années.

 

Pendant les trois jours que durèrent sa fin de vie, je n'ai pas manqué de suivre attentivement les émissions télévisées que nous fournissaient abondamment les nombreuses chaînes qui rivalisaient de moyens pour bien nous pénétrer de l'événement.

 

Comme tout le monde j'ai appris beaucoup de choses sur lui et sur la part morale de son action pour un monde plus humain et plus solidaire.  Les commentateurs ont été jusqu'à prétendre qu'il avait été un acteur prépondérant dans la chute du communisme.

 

Une sorte d'engouement général s'est installé partout et surtout dans les médias qui, entraînés par l'indécence calculée de l'entourage papal brandissant, en se camouflant à peine sous une fenêtre du Vatican, un moribond sublime de courage, se sont trouvés finalement « plus catholiques que le pape » pour le glorifier et le « sanctifier » avant l'heure.

 

Cette déraison dans l'excessif fut stigmatisée à la surprise de tous lors d'un débat télévisé d'une chaîne belge qui réunissait les grands représentants des religions occidentales actuelles mais aussi un des ténors de la laïcité.

 

Le début de l'émission fut dithyrambique à souhait dans une unanimité qui remplissait d'aise les délégués du monde catholique, jusqu'à ce que la parole fut donnée à celui qui défendait l'action laïque.

 

Il remit les pendules à l'heure, comme on dit maintenant, en stigmatisant les prises de position « inhumaines » et archaïques de celui qui avait  condamné obstinément les moyens de contraception les plus élémentaires comme la pilule et le préservatif qui auraient pourtant évité au monde tant et tant de souffrance et de misère.

 

Peut-être trop radical et dur, à contre-courant d'une retenue que justifiait la proximité de l'événement, il condamna avec véhémence toute l'action du défunt en stigmatisant une vision trop rétrograde sur tous les plans.

 

Cette prise de position acerbe glaça tous les participants, représentants des  religions occidentales qui, entraînés par les médias en pleine folie du « béni-oui-oui » général, n'avaient cessé jusqu'à ce moment de glorifier le pape disparu.

 

Au silence stupéfait de chacun, succéda un retour en arrière général (back-track selon le vocabulaire anglicisé de mode) à commencer par le journaliste de la «Libre Belgique », quotidien censé représenter la pensée chrétienne qui, afin de ménager les lecteurs non croyants ou non papistes de son journal, s'empressa de préciser que, dans une édition spéciale de l'événement, une large part serait donnée aux positions défendues par les adversaires du disparu.

 

Il est incontestable que le personnage, aussi auguste soit-il, est déconcertant, tant sa démarche et ses prises de positions sont contradictoires. Si on analyse son histoire on ne peut que s'étonner de voir des actions aussi « rétrogrades » et peu sérieuses que le culte des « apparitions de la Vierge » avoisiner des avancées fondamentales intelligentes en matière de philosophie chrétienne et de comportement moral.

 

On ne peut également qu'être bouleversé et admiratif devant cette démarche, aussi surprenante par son humilité et son souci de justice, qui lui fit demander pardon à la communauté juive au nom de tous les chrétiens pour les crimes du passé et qu'il écrivit sur un bout de papier pour le glisser humblement dans une fente du Mur des Lamentations.

 

L'image de ce vieil homme, au dos rond et la main tremblante, au visage grave du repentir pour les siens et à la marche hésitante car il avait confié sa canne d'infirme à un suivant,  me hantera toujours.

 

Pourtant cette vision forte dans sa symbolique se superposera automatiquement à une autre, terrible jusqu'à l'angoisse, en réflexe incontrôlé de mon subconscient, d'un Jean-Paul II, intransigeant et dur du haut de sa forte taille, condamnant sans pitié ce poignant prêtre-ouvrier, élu député marxiste d'Amérique latine, adepte de la théologie de la libération, à genoux,  effondré et minable, les bras tendus, implorant la compréhension d'un pape inflexible, d'une dureté surprenante de la part de celui qui pouvait pourtant comprendre, tolérer et se pencher avec bonhomie et douceur sur ceux qui le contestaient, comme il le fit pourtant avec cette jeune déléguée belge qui avait critiqué ses prises de position sévères en matière de sacerdoce des femmes et de contraception.


Ambiguïté aussi de nombreuses actions, telles ses multiples compromissions avec ce communisme qu'il abhorrait (voyage officiel en 1998 dans la Cuba de Fidel Castro...)  ou en 1987 au Chili avec une dictature aussi répugnante que celle de Pinochet, ou encore avec des régimes aussi controversés et antisociaux de la plupart des pays de l'Amérique du Sud : tels la Colombie (1986), le Brésil (1981-82-91-97), le Paraguay,  l'Uruguay, la Bolivie (1988), l'Argentine (1982-87) et en 1983 et 1996, au Salvador et au Nicaragua, lors de ses déplacements en Amérique centrale.

 

A contre-courant d'un mouvement né de Vatican II, qui avait donné plus d'autonomie aux clergés locaux, ce pape polonais, anticommuniste invétéré, fustigea, combattit avec la plus persévérante énergie tous ces mouvements gauchisants, justifiés pourtant par l'extrême misère, la profonde injustice et l'inégalité sociale qui écrasaient ces régions.

 

Inflexible et patient, il réforma ou affaiblit des institutions péniblement et dangereusement mises en place par des Don Helder Camara (Brésil), des Silva Henriquez (Chili), des Arnulfo Roméro  (Salvador) et autres Ernesto Cardenal (Nicaragua).

 

Que conclure de tout cela   ?

 

{13} Dans ma grande incompétence à porter un jugement valable, je ne peux que laisser la parole à l'abbé Gabriel Ringlet, ancien pro-recteur et professeur à l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve qui a si bien nuancé les résultats de l'action du pape lors d'une interview qu'il accorda au journal « La Libre Belgique »  :

 

« Les jeunes : oui, il les a galvanisés ; mais sauf exception, quand ils rejoignent leur quotidien, ils n'appliquent rien de ses discours.»

 

« Sa dénonciation de toute une série d'injustices : oui, il a été très net ; mais quand des chrétiens d'Amérique latine veulent mettre cela en pratique à travers une théologie originale qui emprunte bien sûr des éléments au marxisme tout en restant très proche d'une lecture exigeante de l'Evangile, le Pape ne suit plus. »

 

« Les femmes : il a écrit des pages admirables sur leur dignité, mais pas au point de leur conférer de vraies responsabilités dans son église. »

 

Plus loin, j'ai relevé les passages intéressants suivants :

 

« Les vrais savants de l'Académie Pontificale des Sciences se sont retirés sur la pointe des pieds tant on leur a mis dans l'oreille ce qu'ils devaient penser.  Il y a une fuite des cerveaux dans l'Eglise ! »

 

A la question qui lui était posée sur le nouveau pape souhaité, le pro-recteur de notre « Alma Mater » répondit :

 

« Un pape qui serait plus évoquant que confessant.  Il y a un temps pour confesser sa foi, entre croyants.   Quand on se trouve dans l'espace public, par définition pluraliste, évoquer sa foi, c'est trouver une tonalité juste qui fait qu'on en dit assez mais qu'on n'en dit pas de trop...un pape plus allusif, marquerait fortement l'opinion.... Un pape à la parole désintéressée.  Un pape qui dise : « venez et voyez, soyez libres d'entrer et de sortir »  Un pape qui ose le débat, qui n'a pas peur de ce qui peut en surgir »

 

Le brillant penseur terminera par ces conclusions sur la capacité de débat de l'Église :

 

« Il est urgentissime d'y retrouver une activité de débat digne de ce nom.  Je citerai trois autres exigences et urgences : réinvestir dans la création littéraire et artistique ;  repenser la relation au temps, car les temporalités entre nos contemporains et l'Église ne se rencontrent plus ;  et évidemment modifier le mode de gouvernement de l'Église : davantage d'autonomies locales et de collégialité, un pontificat qui ne soit plus à vie, et...de l'imagination  -  ainsi, pourquoi pas une femme cardinale, puisque rien ne doit lier gouvernance et sacerdoce ? »

 

{14} Cette petite « perche tendue » à ceux qui prônent une justice des sexes me permet de « rompre une lance » en faveur d'une féminisation de l'Eglise commencée par les églises réformées mais repoussée avec véhémence par les autres religions.

 

En cette période de crise des vocations,  en ouvrant aux femmes les portes du sacerdoce et de son hiérarchie ecclésiale, un sang neuf de grande qualité par sa disponibilité, son sens maternel de l'abnégation, sa modestie et son dynamisme pourrait revitaliser une Église qui se meurt.

 

De plus, en offrant aux femmes la possibilité d'être la compagne d'un prêtre, on donnerait à de nombreux couples une raison de sublimer leur union dans une optique altruiste.

 

{15} D'autre part on ne peut qu'approuver ceux qui critiquent la politique africaine du pontife disparu en matière de lutte contre le sida qui ronge impitoyablement des populations incultes sans défense contre un ennemi sournois que seule, à ce jour, une protection par préservatif peut combattre mais que le pape n'a pas hésité à proscrire avec une rare et incompréhensible violence comme il s'élèvera contre toute action de libération sexuelle des couples en condamnant la programmation chimique de l'ovulation au moyen de la  « pilule ».

 

Sa responsabilité est grande dans la souffrance et la déchéance d'une humanité misérable non seulement noire que son intransigeance dessert et abandonne en freinant l'action de ceux qui militent en faveur de la liberté de la sexualité et du couple.

 

Qu'on le veuille ou non, l'Église reste celle de Rome, des blancs de l'occident et des civilisations européennes émigrées aux Amériques et en Australie.  Ailleurs l'Église y est plus symbolique que présente si ce n'est aux Philippines. Quant à l'Église des africains noirs, elle est l'œuvre des missionnaires qui leur ont imposé une philosophie occidentale de blancs.

 

C'est donc dire combien un pape de tradition chrétienne polonaise, résistant de la première heure au communisme athée, intellectuel mystique en situation de combat quand il était sur place, n'a pas pu ou n'a pas voulu adapter sa vision supérieure intransigeante de la morale à celle essentiellement primaire de populations à peine sorties d'une existence quotidienne axée sur la survie.

 

Comment faire comprendre à des gens que décime le sida que seule la continence peut les sauver d'une mort certaine, alors qu'ils violent tous leurs femmes qui subissent l'accouplement comme du bétail.

 

Aussi, on ne peut que rejoindre ses adversaires quand ils disent que Jean-Paul II a failli à son devoir de premier moraliste du monde en n'adaptant pas son enseignement aux réalités dramatiques de la conséquence des maux qui accablent l'humanité actuelle.

 

Lui qui s'est révélé homme de compromis, de dialogue, d'ouverture à toutes les idéologies, n'a pas aligné son message au domaine sexuel, vraisemblablement par pudibonderie sacerdotale atavique de célibataire remontant peut-être à certaines sources du décalogue qui limitent cette fonction à sa finalité reproductrice en dehors de la jouissance.

 

{16} Certains hommes de terrain comme le très vieux chanoine de Locht, que nous avons beaucoup suivi et admiré, il y a près de trente ans,  n'a pas hésité à avouer en pleine émission télévisée son incompétence de célibataire quand ses ouailles venaient lui parler de problèmes parentaux pour lesquels il estimait ne pas avoir la qualité de répondre par loyauté de pensée en raison de son inexpérience personnelle.

 

Que dire alors de la compétence des théologiens moralistes ayant fait vœu de chasteté quand ils doivent débattre des problèmes sexuels qui leur sont soumis.

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18/09/2010

Défense d'un système bafoué.

Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer des conclusions personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Défense d'un système bafoué.

 

L'actualité belge me force à intervenir pour apporter ma petite contribution à la constitution d'un dossier dont l'ampleur sera gigantesque autant par le fond historique et social que par sa forme controversée.

 

L'Église catholique, apostolique et romaine de Belgique subit depuis quelques temps la plus dure épreuve de son histoire.  Près de cinq cents cas de pédophilie viennent de faire l'objet d'un rapport suscité par les instances judiciaires et religieuses du pays.

 

Le rapporteur a démis sionné devant l'ampleur et la gravité des faits qu'il a recueillis, laissant aux autorités religieuses et judiciaires le devoir de prendre les mesures qui s'imposent.  Le pays est sous le choc et l'Église aussi, d'autant plus qu'un évêque est lui-même coupable et a avoué les faits.

 

Maintenant que l'opprobre s'abat sur le peuple chrétien avec les excès que ne méritent que les seuls coupables directs ou indirects, je me sens le devoir de prendre la défense de ceux pour lesquels j'ai eu et j'ai toujours la plus grande admiration et la plus grande considération, moi qui fut un chrétien convaincu pendant près de septante ans.

 

Depuis une dizaine d'année, mes loisirs de pensionné m'ont permis d'affiner et d'approfondir ma réflexion sur l'existence avec la conséquence d'une option philosophique  agnostique, avec l'athéisme comme première hypothèse de réflexion. Je publie deux fois par semaine sur le blog "culture" l'ensemble de ce travail avec mon existence comme charpente de ces considérations, afin de leur donner le poids de l'expérience vécue.

 

Le sens du devoir et de l'abnégation de la majorité des hommes d'Église est remarquable. « L'amour du prochain » n'est pas une vaine assertion qu'ils proclament puisqu'ils le mettent en pratique dans leur ministère.  Ce sont eux qui m'ont enseigné l'idéal de l'élévation de ce sentiment jusqu'au sublime du sacrifice de sa personne ...

 

Je reste convaincu que cette morale est la meilleure qui soit depuis qu'en 1891, Léon XIII dans son encyclique  « Rerum novarum » a planté les premiers jalons de la démocratisation de l'Église et que Jean XXIII et ses successeurs ont poursuivi ce mouvement dans de grandes réformes.  On ne peut leur reprocher qu'une trop grande « frilosité » devant les problèmes de l'heure ainsi qu'un dogmatisme paralysant.

 

Dans ma jeunesse de guerre, j'ai cru réaliser cet idéal d'abnégation en fréquentant un internat de futurs missionnaires d'Afrique, dirigé par un frère de mon père.  La tuberculose, contractée à la suite des privations de l'occupation allemande, m'en a empêché et m'a contraint à me faire soigner pendant deux ans en Suisse.

 

Mes compagnons de collège de l'époque devinrent missionnaires et trois de mes anciens condisciples furent massacrés avec sept de leurs confrères à Kongolo par une soldatesque ivre : j'aurais pu être parmi eux si je n'avais pas été malade. Un mémorial leur a été élevé dans l'enceinte du collège à Gentinnes dans le Brabant wallon.

 

Pendant mon séjour dans un sanatorium que l'ordre de mon oncle avait construit à Montana, dans les montagnes suisses du Valais, pour soigner les ecclésiastiques malades, je me suis trouvé dans un environnement de religieux, prêtres et séminaristes en provenance de toute l'Europe occidentale.

 

Dans ce « microcosme » très particulier, j'ai côtoyé le sublime, la souffrance et la mort, mais aussi les débordements du vice, trois « clercs » me poursuivant de leurs assiduités vicieuses. Je parvins cependant à leur échapper grâce à un « scout idéaliste », mon aîné de quelques années, qui me protégea et devint un ami fidèle pendant près de soixante ans.

 

Revenu en Belgique à 18 ans, pas bien guéri, puisqu'atteint à l'autre poumon deux ans après, je rechutai. Grâce à la découverte d'un nouveau médicament, j'eus l'avantage d'être soigné chez moi et, pendant ces époques, je bénéficiai de l'aide bénévole de quelques professeurs d'un institut de ma région bruxelloise qui m'aidèrent à préparer le jury central des études secondaires.

 

Ces prêtres, dont un préfet, furent magnifiques de patience et de dévouement. Je pense souvent avec reconnaissance à tous ces profs qui m'ont tant aidé en Suisse et en Belgique.  Ce sont eux qui ont réservé leurs heures de loisirs à enseigner le pauvre gosse malingre et souffreteux que j'étais, sans se préoccuper de la destinée d'une minable et hypothétique recrue, avec le risque pour leur organisation de devoir assumer dans le futur une charge d'hospitalisation coûteuse,  longue et définitive.

 

C'est dire que dans un tel contexte,  je me sentais lié à l'Église et dans l'obligation de me montrer reconnaissant en répondant à son appel. Pourtant, de plus en plus, je me sentais avide d'une présence féminine à mes côtés pour continuer ma vie.

 

Ma mère à qui j'avais fait part de mes doutes quand à la  valeur de ma vocation, sans lui parler des approches vicieuses de certains, tellement je craignais de la faire souffrir dans sa foi profonde, se confia à son frère qui était curé d'un petit village ardennais.  L'autre oncle, le préfet de mon collège, était très malade et avait de gros problèmes de vision.  (Il finira par perdre la vue).

 

L'oncle des Ardennes vint tout de suite à Bruxelles pour m'interroger et dans mes confidences, je lui fis part des problèmes que j'avais rencontrés avec des prêtres et séminaristes vicieux en Suisse, ce qui avait fortement ébranlé ma foi. Conscient d'une responsabilité qu'il ne se sentait pas la qualité d'assumer, et ne connaissant personne à  Bruxelles, il s'adressa à l'hiérarchie supérieure de la ville, son doyen Monseigneur Boone qui me convoqua lui-même.

 

Je dois le bonheur et ma vie réussie à ce petit homme, souriant, affable, très dynamique ...  Il m'accueillait chaleureusement en me serrant la main des deux siennes avec grande amitié ... Ses yeux malicieux pétillaient de bonté ...

 

A la première entrevue, après une longue conversation, il n'hésita pas à  me dédouaner de mes scrupules...,  il me reçu ensuite pratiquement tous les mois pendant plus de trois ans.

 

Nous avions des conversations très intéressantes et il m'a appris beaucoup de choses. Nous parlions de tout,  de la foi, des religions, de philosophie, d'art et de poésie ... Il m'envoya même chez un de ses amis, prêtre et poète qui lut mes poèmes à voix haute avec beaucoup de talent en me conseillant de continuer et de publier.

 

J'ai finalement, après une longue et patiente investigation, eu le bonheur de lui présenter celle qui me cherchait et qui sera toujours à mes côtés pour construire, pendant plus de cinquante ans,  un foyer accueillant, lumineux de la joie de tous ceux qui s'y trouvèrent de passage ou pour partager notre vie : nos quatre enfants, un neveu qui avait perdu son père, ma mère et aussi les beaux-parents, parents, amis ou malheureux en quête de toit ou d'affection.

 

Nos espaces étaient aussi larges que nos cœurs et se prolongèrent dans une fermette de la région namuroise au milieu des champs, des prairies et des bois, ouverte à tous dans de joyeuses et chaleureuses agapes avec, dans le ciel, le chant des alouettes éperdues.

 

Actif dans notre environnement paroissial, nous avons côtoyé un clergé et des gens merveilleux d'idéal et de fraternité, animés d'un grand souci de partage des valeurs humaines sans arrière-pensée de récupération et plus particulièrement le curé Rabau, homme merveilleux de bonté, de dévouement et de disponibilité à tous.

 

Enfin dans ce contexte de défense d'un milieu clérical maintenant décrié, je tiens surtout à parler de mes deux oncles prêtres, qui ont eu des existences difficiles de solitude, de devoir, de partage et d'abnégation,  l'un dans son presbytère, l'autre dans son couvent.

 

Celui qui était destiné aux missions d'Afrique n'y ira jamais, sa congrégation préférant utiliser ses qualités d'enseignant et de « bâtisseur » à des fonctions nécessaires à son établissement belge.

 

Malheureusement, lui aussi fut amoindri par la maladie et me rejoindra en Suisse les quelques mois qui furent nécessaires à son rétablissement.  Mais le mal empira et lui fit finalement perdre la vue. Je crois que personne ne réalisera jamais ce que furent cette longue descente dans l'enfer de la cécité.  J'ai souvent été témoin de son courage mais aussi confident de son désespoir d'homme d'action devenu inutile et dépendant.

 

Cet homme dynamique soulevait les montagnes. Il parvint à réunir des fonds suffisants pour créer le mémorial Kongolo dans l'enceinte du couvent de Gentinnes et y construire une magnifique et spacieuse chapelle à la mémoire de tous les missionnaires tués à cette époque, dite de décolonisation.

 

J'ai eu l'occasion de recueillir ses confidences, la maladie nous ayant rapproché ... J'ai ressenti combien la solitude de ces hommes seuls sans famille est une souffrance ... que seuls l'action et le travail peuvent en partie compenser  ...

 

Quand les autorités de l'Église romaine, actuellement en plein désarroi, comprendront-elles cela et  autoriseront le mariage des prêtres ? Leur frilosité dans des réformes fondamentales causera l'effondrement de l'institution ... et pourtant l'humanité a tant besoin d'un message d'amour comme celui de leur enseignement !

 

L'autre de mes oncles, respectable curé d'un petit village près de Beauraing, lieu des apparitions de la Vierge  (il fut le confident d'une voyante, ancienne élève du catéchisme de sa paroisse - voir dossier 04.4),  a lui aussi souffert de son isolement affectif avec un stoïcisme remarquable.

 

Quand nous lui demandâmes, un jour, pourquoi il n'avait pas de poste de télévision, il nous répondit avec hauteur et détermination : « Je n'en veux pas ... Je ne tiens pas à réveiller des instincts que j'ai refoulé à coup de cravache »

 

Cette simple phrase est bouleversante et résume très bien le long et difficile combat, de ces hommes à qui on a imposé inutilement le célibat et qui, dans l'emportement idéaliste de leur jeunesse,  n'ont pas mesuré l'importance du sacrifice contre nature qu'on leur imposait.

 

Un devoir de vérité et de justice m'anime, une fois de plus,  pour défendre un milieu qui n'est plus le mien et que les médias jettent trop facilement au mépris de l'opinion publique.

 

Il n'en reste pas moins pourtant, que tout l'héroïsme et l'abnégation de ces «idéalistes » de notre société, ne font pas le poids face aux cinq cents dossiers surgis du passé nébuleux de nos institutions.

 

Ceux-ci, pourtant, ne constituent qu'une petite page du martyrologe abominable des nombreuses victimes d'individus qu'on a trop longtemps tardé à soigner ou condamner et que, dans un souci de maintien de l'intégrité d'une institution, on n'a pas ou insuffisamment sanctionnés, livrés à la justice ou aux psychiatres.

 

J'ai vécu ces époques de déviances de la  morale fondamentale dans toutes nos institutions occidentales.  Je reste horrifié à la pensée de l'inconscience coupable de nos éducateurs face à l'abomination des actes pédophiles.

 

Ce que l'on considère maintenant comme la plus répugnante des actions n'était jugée, dans un passé pas bien lointain, que comme une erreur ou une faute qu'on sanctionnait uniquement par l'éloignement du coupable ... ou un simple, cependant sévère, avertissement ... j'ai connu ça en Suisse.

 

On ne réalisait pas à ces époques la gravité d'actes abominables qui salissaient l'innocence et détruisait sa morale et son avenir. Il me revient une phrase qui remonte de mon passé chrétien et qui convient à cette situation : «c'est un crime qui crie vengeance au ciel».

 

Dans un débat beaucoup plus large quant au fond,  notre société occidentale doit se pencher sur la base d'un enseignement religieux qui nous vient du « Livre » et d'une interprétation des tables de la loi que Moïse a reçu de Yahvé.  Les moralistes chrétiens y ont remplacé les sixième et neuvième commandements, plus spécifiques à la pratique juive, par des prescrits rigoristes concernant la sexualité qui ne peut être réservée qu'à la seule procréation en dehors du plaisir.

 

Il est indispensable que les courants religieux modernes adaptent les prescrits de leur enseignement en définissant les limites acceptables de la fonction du plaisir, sexuel ou autre, qui reste essentielle et fondamentale à l'épanouissement de la personne humaine.

 

 

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17/09/2010

Défense d'un système bafoué.

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Défense d'un système bafoué.

 

Avant d'entreprendre mes considérations sur la fin d'exister annoncées dans le texte précédent, l'actualité belge me force à intervenir pour apporter ma petite contribution à la constitution d'un dossier dont l'ampleur sera gigantesque autant par le fond historique et social que par sa forme controversée.

 

L'Église catholique, apostolique et romaine de Belgique subit depuis quelques temps la plus dure épreuve de son histoire.  Près de cinq cents cas de pédophilie viennent de faire l'objet d'un rapport suscité par les instances judiciaires et religieuses du pays.

 

Le rapporteur a démissionné devant l'ampleur et la gravité des faits qu'il a recueillis, laissant aux autorités religieuses et judiciaires le devoir de prendre les mesures qui s'imposent.  Le pays est sous le choc et l'Église aussi, d'autant plus qu'un évêque est lui-même coupable et a avoué les faits.

 

Maintenant que l'opprobre s'abat sur le peuple chrétien avec les excès que ne méritent que les seuls coupables directs ou indirects, je me sens le devoir de prendre la défense de ceux pour lesquels j'ai eu et j'ai toujours la plus grande admiration et la plus grande considération, moi qui fut un chrétien convaincu pendant près de septante ans.

 

Depuis une dizaine d'année, mes loisirs de pensionné m'ont permis d'affiner et d'approfondir ma réflexion sur l'existence avec la conséquence d'une option philosophique  agnostique, avec l'athéisme comme première hypothèse de réflexion. Je publie deux fois par semaine sur ce blog l'ensemble de ce travail avec mon existence comme charpente de ces considérations, afin de leur donner le poids de l'expérience vécue.

 

Le sens du devoir et de l'abnégation de la majorité des hommes d'Église est remarquable. « L'amour du prochain » n'est pas une vaine assertion qu'ils proclament puisqu'ils le mettent en pratique dans leur ministère.  Ce sont eux qui m'ont enseigné l'idéal de l'élévation de ce sentiment jusqu'au sublime du sacrifice de sa personne ...

 

Je reste convaincu que cette morale est la meilleure qui soit depuis qu'en 1891, Léon XIII dans son encyclique  « Rerum novarum » a planté les premiers jalons de la démocratisation de l'Église et que Jean XXIII et ses successeurs ont poursuivi ce mouvement dans de gra ndes réformes.  On ne peut leur reprocher qu'une trop grande « frilosité » devant les problèmes de l'heure ainsi qu'un dogmatisme paralysant.

 

Dans ma jeunesse de guerre, j'ai cru réaliser cet idéal d'abnégation en fréquentant un internat de futurs missionnaires d'Afrique, dirigé par un frère de mon père.  La tuberculose, contractée à la suite des privations de l'occupation allemande, m'en a empêché et m'a contraint à me faire soigner pendant deux ans en Suisse.

 

Mes compagnons de collège de l'époque devinrent missionnaires et trois de mes anciens condisciples furent massacrés avec sept de leurs confrères à Kongolo par une soldatesque ivre : j'aurais pu être parmi eux si je n'avais pas été malade. Un mémorial leur a été élevé dans l'enceinte du collège à Gentinnes dans le Brabant wallon.

 

Pendant mon séjour dans un sanatorium que l'ordre de mon oncle avait construit à Montana, dans les montagnes suisses du Valais, pour soigner les ecclésiastiques malades, je me suis trouvé dans un environnement de religieux, prêtres et séminaristes en provenance de toute l'Europe occidentale.

 

Dans ce « microcosme » très particulier, j'ai côtoyé le sublime, la souffrance et la mort, mais aussi les débordements du vice, trois « clercs » me poursuivant de leurs assiduités vicieuses. Je parvins cependant à leur échapper grâce à un « scout idéaliste », mon aîné de quelques années, qui me protégea et devint un ami fidèle pendant près de soixante ans.

 

Revenu en Belgique à 18 ans, pas bien guéri, puisqu'atteint à l'autre poumon deux ans après, je rechutai. Grâce à la découverte d'un nouveau médicament, j'eus l'avantage d'être soigné chez moi et, pendant ces époques, je bénéficiai de l'aide bénévole de quelques professeurs d'un institut de ma région bruxelloise qui m'aidèrent à préparer le jury central des études secondaires.

 

Ces prêtres, dont un préfet, furent magnifiques de patience et de dévouement. Je pense souvent avec reconnaissance à tous ces profs qui m'ont tant aidé en Suisse et en Belgique.  Ce sont eux qui ont réservé leurs heures de loisirs à enseigner le pauvre gosse malingre et souffreteux que j'étais, sans se préoccuper de la destinée d'une minable et hypothétique recrue, avec le risque pour leur organisation de devoir assumer dans le futur une charge d'hospitalisation coûteuse,  longue et définitive.

 

C'est dire que dans un tel contexte,  je me sentais lié à l'Église et dans l'obligation de me montrer reconnaissant en répondant à son appel. Pourtant, de plus en plus, je me sentais avide d'une présence féminine à mes côtés pour continuer ma vie.

 

Ma mère à qui j'avais fait part de mes doutes quand à la  valeur de ma vocation, sans lui parler des approches vicieuses de certains, tellement je craignais de la faire souffrir dans sa foi profonde, se confia à son frère qui était curé d'un petit village ardennais.  L'autre oncle, le préfet de mon collège, était très malade et avait de gros problèmes de vision.  (Il finira par perdre la vue).

 

L'oncle des Ardennes vint tout de suite à Bruxelles pour m'interroger et dans mes confidences, je lui fis part des problèmes que j'avais rencontrés avec des prêtres et séminaristes vicieux en Suisse, ce qui avait fortement ébranlé ma foi. Conscient d'une responsabilité qu'il ne se sentait pas la qualité d'assumer, et ne connaissant personne à  Bruxelles, il s'adressa à l'hiérarchie supérieure de la ville, son doyen Monseigneur Boone qui me convoqua lui-même.

 

Je dois le bonheur et ma vie réussie à ce petit homme, souriant, affable, très dynamique ...  Il m'accueillait chaleureusement en me serrant la main des deux siennes avec grande amitié ... Ses yeux malicieux pétillaient de bonté ...

 

A la première entrevue, après une longue conversation, il n'hésita pas à  me dédouaner de mes scrupules...,  il me reçu ensuite pratiquement tous les mois pendant plus de trois ans.

 

Nous avions des conversations très intéressantes et il m'a appris beaucoup de choses. Nous parlions de tout,  de la foi, des religions, de philosophie, d'art et de poésie ... Il m'envoya même chez un de ses amis, prêtre et poète qui lut mes poèmes à voix haute avec beaucoup de talent en me conseillant de continuer et de publier.

 

J'ai finalement, après une longue et patiente investigation, eu le bonheur de lui présenter celle qui me cherchait et qui sera toujours à mes côtés pour construire, pendant plus de cinquante ans,  un foyer accueillant, lumineux de la joie de tous ceux qui s'y trouvèrent de passage ou pour partager notre vie : nos quatre enfants, un neveu qui avait perdu son père, ma mère et aussi les beaux-parents, parents, amis ou malheureux en quête de toit ou d'affection.

 

Nos espaces étaient aussi larges que nos cœurs et se prolongèrent dans une fermette de la région namuroise au milieu des champs, des prairies et des bois, ouverte à tous dans de joyeuses et chaleureuses agapes avec, dans le ciel, le chant des alouettes éperdues.

 

Actif dans notre environnement paroissial, nous avons côtoyé un clergé et des gens merveilleux d'idéal et de fraternité, animés d'un grand souci de partage des valeurs humaines sans arrière-pensée de récupération et plus particulièrement le curé Rabau, homme merveilleux de bonté, de dévouement et de disponibilité à tous.

 

Enfin dans ce contexte de défense d'un milieu clérical maintenant décrié, je tiens surtout à parler de mes deux oncles prêtres, qui ont eu des existences difficiles de solitude, de devoir, de partage et d'abnégation,  l'un dans son presbytère, l'autre dans son couvent.

 

Celui qui était destiné aux missions d'Afrique n'y ira jamais, sa congrégation préférant utiliser ses qualités d'enseignant et de « bâtisseur » à des fonctions nécessaires à son établissement belge.

 

Malheureusement, lui aussi fut amoindri par la maladie et me rejoindra en Suisse les quelques mois qui furent nécessaires à son rétablissement.  Mais le mal empira et lui fit finalement perdre la vue. Je crois que personne ne réalisera jamais ce que furent cette longue descente dans l'enfer de la cécité.  J'ai souvent été témoin de son courage mais aussi confident de son désespoir d'homme d'action devenu inutile et dépendant.

 

Cet homme dynamique soulevait les montagnes. Il parvint à réunir des fonds suffisants pour créer le mémorial Kongolo dans l'enceinte du couvent de Gentinnes et y construire une magnifique et spacieuse chapelle à la mémoire de tous les missionnaires tués à cette époque, dite de décolonisation.

 

J'ai eu l'occasion de recueillir ses confidences, la maladie nous ayant rapproché ... J'ai ressenti combien la solitude de ces hommes seuls sans famille est une souffrance ... que seuls l'action et le travail peuvent en partie compenser  ...

 

Quand les autorités de l'Église romaine, actuellement en plein désarroi, comprendront-elles cela et  autoriseront le mariage des prêtres ? Leur frilosité dans des réformes fondamentales causera l'effondrement de l'institution ... et pourtant l'humanité a tant besoin d'un message d'amour comme celui de leur enseignement !

 

L'autre de mes oncles, respectable curé d'un petit village près de Beauraing, lieu des apparitions de la Vierge  (il fut le confident d'une voyante, ancienne élève du catéchisme de sa paroisse - voir dossier 04.4),  a lui aussi souffert de son isolement affectif avec un stoïcisme remarquable.

 

Quand nous lui demandâmes, un jour, pourquoi il n'avait pas de poste de télévision, il nous répondit avec hauteur et détermination : « Je n'en veux pas ... Je ne tiens pas à réveiller des instincts que j'ai refoulé à coup de cravache »

 

Cette simple phrase est bouleversante et résume très bien le long et difficile combat, de ces hommes à qui on a imposé inutilement le célibat et qui, dans l'emportement idéaliste de leur jeunesse,  n'ont pas mesuré l'importance du sacrifice contre nature qu'on leur imposait.

 

Un devoir de vérité et de justice m'anime, une fois de plus,  pour défendre un milieu qui n'est plus le mien et que les médias jettent trop facilement au mépris de l'opinion publique.

 

Il n'en reste pas moins pourtant, que tout l'héroïsme et l'abnégation de ces «idéalistes » de notre société, ne font pas le poids face aux cinq cents dossiers surgis du passé nébuleux de nos institutions.

 

Ceux-ci, pourtant, ne constituent qu'une petite page du martyrologe abominable des nombreuses victimes d'individus qu'on a trop longtemps tardé à soigner ou condamner et que, dans un souci de maintien de l'intégrité d'une institution, on n'a pas ou insuffisamment sanctionnés, livrés à la justice ou aux psychiatres.

 

J'ai vécu ces époques de déviances de la  morale fondamentale dans toutes nos institutions occidentales.  Je reste horrifié à la pensée de l'inconscience coupable de nos éducateurs face à l'abomination des actes pédophiles.

 

Ce que l'on considère maintenant comme la plus répugnante des actions n'était jugée, dans un passé pas bien lointain, que comme une erreur ou une faute qu'on sanctionnait uniquement par l'éloignement du coupable ... ou un simple, cependant sévère, avertissement ... j'ai connu ça en Suisse.

 

On ne réalisait pas à ces époques la gravité d'actes abominables qui salissaient l'innocence et détruisait sa morale et son avenir. Il me revient une phrase qui remonte de mon passé chrétien et qui convient à cette situation : «c'est un crime qui crie vengeance au ciel».

 

Dans un débat beaucoup plus large quant au fond,  notre société occidentale doit se pencher sur la base d'un enseignement religieux qui nous vient du « Livre » et d'une interprétation des tables de la loi que Moïse a reçu de Yahvé.  Les moralistes chrétiens y ont remplacé les sixième et neuvième commandements, plus spécifiques à la pratique juive, par des prescrits rigoristes concernant la sexualité qui ne peut être réservée qu'à la seule procréation en dehors du plaisir.

 

Il est indispensable que les courants religieux modernes adaptent les prescrits de leur enseignement en définissant les limites acceptables de la fonction du plaisir, sexuel ou autre, qui reste essentielle et fondamentale à l'épanouissement de la personne humaine.

 

 

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