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03/12/2010

Ch. 29.7 - De l'intelligence à la pensée

 

 

Symphonie de l'Harmonieux - Mélodie de l'existence

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Carnet de notes de cinquante années de réflexions sur

la motivation d'exister et la valeur de nos croyances

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l'appel de s'(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de  « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l'appel que j'ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l'obscurité que maudire l'obscurité » disait Confucius, aussi appelons l'action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d'une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d'Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d'un octogénaire provenant

d'un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s'écouler à

s'interroger sur les motivations d'exister

et la valeur des croyances.

Il s'avoue agnostique par loyauté de pensée

avec l'athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l'obtenir immédiatement

 

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Ch. 29.7  -  De l'intelligence à la pensée.

 

Avant de remonter aux sources de ce long processus qui a fait de nous un être intelligent, il est utile que nous analysions le centre du mécanisme cérébral qui à la suite des mutations et adaptations est devenu cet outil performant de l'intelligence humaine.

Le cerveaux est construit avec des neurones : Le système nerveux est constitué par l'assemblage d'un nombre considérable de cellules d'un type particulier appelées neurones. On estime, chez l'homme, que leur nombre est de l'ordre de 15 milliards; rien que dans le cerveau on en compterait 9 milliards. Leur corps protoplasmique est de forme irrégulièrement étoilée, mais ce qui les caractérise, surtout, c'est la présence de très nombreux prolongements. Ces prolongements, très fins, sont tous terminés par une petite arborisation. Ils sont fonctionnellement différents, et l'on doit distinguer les dendrites et l'axone. (R. Fabre et G. Rougier, Physiologie médicale, p. 377)

Tiré de « Génétique du péché originel » Christian de Duve - pages 136-138 ( Génétique du péché originel - Odile Jacob - édition améliorée février 2010)

Le cerveau est construit avec des neurones  ... Le cortex cérébral est le siège mystérieux de la conscience ... l'événement crucial de l'histoire de la conscience fut le développement du cortex cérébral, une fine structure en forme de feuillet, d'environ 2 mm d'épaisseur, qui enveloppe la totalité du cerveau chez les animaux supérieurs et les humains.  Typiquement formé de six couches superposées de neurones, le cortex est le siège de la conscience.

En deçà de cette frontière, l'assemblage complexe de centres nerveux et de fibres qui constitue le corps du cerveau et le restant du système nerveux central reçoit et traite d'innombrables signaux entrants et envoie d'innombrables ordres sortants.   La presque totalité de cette activité a lieu sans que nous en soyons conscients, réglant les battements du cœur, la tension sanguine, la digestion, les mouvements des yeux, l'équilibre et quantité d'autres phénomènes physiologiques.

Certains signaux cérébraux traversent la frontière et passent par le cortex cérébral. Ceux-là suscitent la conscience, les sentiments, les émotions, les impressions, les pensées, les rêves, les imaginations, les raisonnements, , les décisions, soit toute la gamme des phénomènes mentaux qui remplissent nos têtes.

Après cette mise au point du Professeur, analysons le processus qui a amené l'être humain à devenir intelligent ... et remontons aux sources  ...

Cela a dû commencer quand le premier primate (ou son ancêtre) s'est servi de ses pattes avant pour cueillir un fruit au lieu de le ramasser ou de l'attraper avec la gueule.

Ses descendants ont perfectionné le système en développant leurs doigts pour en faire des outils préhensiles, et puis de mutation en mutation sont devenus d'agiles escaladeurs  de grands arbres.  Ils ont développé de grands et longs bras, des mains et des doigts puissants et habiles : ils se préparaient  à devenir les ancêtres des humains.

Rappelons nos propos précédents : les grands changements climatiques dus à la fracture du Rift Valley, la désertification des forêts sahariennes et autres misères dont furent gratifiés nos ancêtres arboricoles ont complètement modifié leur biotope :  les arbres sont devenus rares et la savane s'est développée, les laissant à la merci des grands fauves. (Voir plus loin théorie contestée, mais valable en ce qui concerne le principe de l'adaptation au biotope modifié accidentellement ou progressivement)

Modification aussi des habitudes alimentaires : de frugivores ils deviennent  carnivores, disons plutôt charognards car ils furent d'abord incapables de chasser et de tuer.  Les malheureux  se contentaient des restes abandonnés par les fauves, du moins dans un premier temps ;   par la suite, les plus évolués se sont groupés en bandes d'un certain nombre d'individus, pas plus de vingt à trente pour être efficace.  Ces groupes ont commencé à chasser, les animaux blessés ou les jeunes d'abord et puis ceux qu'ils attrapaient par ruse et par traque.

Il est donc certain que ce phénomène d'associativité en petits groupes a  été essentiel à son émergence, les solitaires ont disparu ...

C'est donc ce groupe de misérables qui s'est trouvé séparé de son milieu  normal qui deviendra  l'ancêtre probable du  maître absolu de sa planète parce que les circonstances l'ont poussé à l'adaptation pour survivre.

L'ancêtre de l'homme a probablement adopté la position debout parce qu'il avait besoin de ses membres avant pour transporter les morceaux qu'il dérobait aux charognards, mieux outillés  (crocs ou becs et serres) que lui pour arracher les morceaux aux nombreux concurrents qui lui disputaient les restes. Certains auteurs pensent aussi que la position debout met davantage le corps à l'abri des rayons du soleil.

La position debout et l'utilisation des bras fut pour l'être humain le début de son évolution vers l'intelligence.  L'étape suivante fut l'association des individus pour traquer les animaux blessés.

Les bras, les mains et les doigts devinrent des auxiliaires précieux que les hommes perfectionnèrent de génération en génération.  Le développement de l'intelligence allait de pair avec l'habileté manuelle.

L'être humain était tellement fragile que ce fut vraiment par miracle qu'il put résister à un environnement aussi hostile. Il n'en fallut sans doute que quelques-uns qui se cachèrent et vécurent misérablement, adaptant leur digestion et leur organisme aux nourritures les plus diverses et les plus difficiles.  Ce long calvaire fut la meilleure école de l'homme qui n'avait que sa ruse naissante comme seule arme.

Les solitaires, même les plus forts, disparurent vraisemblablement. Seules les bandes qui s'organisèrent furent mieux armées pour affronter les aléas d'un milieu particulièrement inadapté à leur condition. Difficilement, ces bandes affrontèrent les innombrables dangers qui les environnaient et les guettaient.  Plus que jamais, l'homme utilisait ses deux bras qui devenaient les outils indispensables à sa survie.

La première manifestation intelligente de l'homme fut sans doute l'utilisation d'un auxiliaire matériel : d'abord un bout de bois pour prolonger le bras.  Comme dans toutes les évolutions de la vie, tout se passa avec lenteur, patiemment, difficilement.  Le geste fut d'abord accidentel, puis se répandit de groupe en groupe, de génération en génération.

Ces premiers balbutiements de l'intelligence furent sans doute suivis d'autres qui apportèrent à l'homme les moyens de compenser sa vulnérabilité.  Cet animal au corps fragile, sans aucune défense, sans armes ni protections naturelles, vécut un pénible et long parcours, se cachant le jour, dérobant quelques piètres nourritures la nuit.

Si je me suis étendu si longuement au risque de lasser,  c'est dans le but intentionnel de marquer et d'insister sur la longue, l'impitoyable et patiente persévérance du temps qui applique sa loi : perdre et disparaître ou gagner et subsister voire muter.

D'autre part, il est important de signaler que la théorie que je viens de développer a été remise en question par la découverte en 2002 de Toumaï (antérieur à Rift Valley) 2500 km. à l'ouest du Rift, dans le désert du Djourab au Tchad. Cependant, le modèle que je me suis plu à développer en m'inspirant de la théorie défendue par Yves Coppens reste valable quant aux effets de l'isolement de petits groupes et l'apparition de la bipédie.

Je reste donc persuadé que la théorie de Coppens est la seule valable dans les grandes lignes, les autres « hominiens » antérieurs se sont trouvés sans doute dans des conditions analogues pour adopter la bipédie et l'utilisation des mains.

Ce qu'il est surtout important de souligner c'est l'événement essentiel que fut, pour nous, cette mutation du quadrupède frugivore arboricole au bipède omnivore intelligent que nous sommes devenus.

Les survivants de ce long calvaire ne durent leur salut qu'au développement d'une adresse manuelle et une utilisation cérébrale que leur intelligence naissante rendait toujours plus efficace.

C'est  ici qu'il faut introduire l'événement le plus important qui s'est produit sur notre planète après la vie, il y a probablement plusieurs centaines de milliers d'années : l'émergence de l'intelligence raisonnée,  mais surtout de la pensée.

Cette faculté fut d'abord cérébrale, pensée en image.  Elle fut ensuite traduite en parole grâce à la précision d'un vocabulaire qui se créa dans les groupes pour transmettre des informations, mais aussi des concepts, primaires d'abord, de plus en plus évolués ensuite.   Ces « trouvailles » transmises entre individus favoriseront le dialogue et la contestation, facteurs du progrès.

Il est important aussi de souligner que l'homme est avant tout solidaire.  Si la déduction fut d'abord le fait d'un penseur qui agira seul d'une manière  raisonnée, il transmettra ensuite son savoir à des disciples, des écoles, voire maintenant à l'humanité entière par la voie des publications, les chaires des universités et même vulgarisée par transmission hertzienne ou câblée (radio-télévision-internet).

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21/10/2009

Ch. 1 - Introduction

 

 

RÉCIT DÉTAILLÉ D'UN LONG CHEMINEMENT

DE RECHERCHE D'UNE VÉRITÉ

SUR LA MOTIVATION D'EXISTER

ET LA VALEUR DE NOS CROYANCES.

 

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PROPOS D'UN OCTOGÉNAIRE PROVENANT D'UN MILIEU FONCIÈREMENT CHRÉTIEN,

ÉLEVÉ DANS CETTE FOI ET EN AYANT BÉNÉFICIÉ DE

TOUS LES AVANTAGES, MAIS SUBI LES CONTRAINTES,

ET QUI A CONSACRÉ LES DIX DERNIÈRES ANNÉES QUI VIENNENT DE S'ÉCOULER Á

S'INTERROGER SUR LES MOTIVATIONS D'EXISTER.

 

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LES 850 PAGES DE L'OUVRAGE SERONT PUBLIÉS

PAR BLOG D'ENVIRON 25 PAGES,

DEUX FOIS PAR SEMAINE.

 

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Tirage d’essai pour vérification avant parution imprimée.

Avec reconnaissance et remerciements à ceux qui voudront bien le lire

et faire part de leurs avis et critiques en « cliquant » sur « commentaires »,

en bas du texte, après  « Publié dans ».

 


 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion,  ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont  « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir,  en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante du rêve qui a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et  difficile. D’autre part, cette « impudeur »  des sentiments lui a cependant été imposée par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 


Nota Bene : Les mots figurant en italique, soulignés et en lettres grasses avec numéro-repère entre astérisques sont complétés d’un commentaire détaillé qui est repris à la fin du chapitre.

Une documentation photographique se référant à ces repères sera publiée par ailleurs dans un fascicule tiré à part.

 

Chap. 1 - INTRODUCTION.


En avant-propos, il est essentiel que j’expose les motivations d’une démarche qui peut paraître prétentieuse et ostentatoire : raconter sa vie !

Aussi me permettrai-je de défendre plusieurs raisons :

Un accident cérébral m’ayant troublé la mémoire et fait perdre la moitié de la vision, je me suis trouvé, il y a vingt-six ans, dans une situation désespérée :

Comme le paralysé moteur qui doit rééduquer ses mouvements, j’ai dû et dois toujours reconstruire certains réflexes intellectuels mémorisés et surtout m’adapter à une perception visuelle tronquée de sa partie droite.

Cette infirmité, appelée hémianopsie absolue droite*1*, est lourde à porter pour le lecteur occidental, parce que déchiffrant un texte de gauche à droite, il perd son positionnement automatique de fin de ligne lui permettant de retrouver la suivante : comme un enfant qui apprend à lire, il doit suivre un texte avec le doigt. Dans la conduite d’un véhicule, la surveillance de la priorité de droite pose également de gros problèmes, à tel point que j’ai dû renoncer à conduire.

Quant à la détérioration de certains réflexes intellectuels, je signalerai l’inversion de la droite et de la gauche et une importante altération de la mémoire immédiate. Ce sont des handicaps que je dois corriger constamment par toutes sortes de moyens astucieux.

La lecture devenue éprouvante pour moi, je me suis réfugié dans l’écriture qui estompait mon handicap. Mon portable s’est révélé le meilleur ami, un allié et mon confident. Avec lui et grâce à lui, je passe des heures merveilleuses où nous retrouvons ensemble mon passé, mes rêves et ma perception idéale de l’existence que j’ai traduite dans cet essai à connotation poétique.

Dans les moments les plus difficiles de ma vie, le rêve et la poésie m’ont toujours servi de refuge pour m’évader d’un avenir de misère auquel me livraient de graves ennuis de santé :  (tuberculose à quinze ans, à une époque où elle n’était que rarement guérie, problèmes cardiaques graves avec cinq pontages de secours, hémianopsie et altération de la mémoire )

Aussi c’est à ces « exutoires dans l’imaginaire » que je demanderai l’inspiration pour magnifier l’existence envers et contre tout, en me positionnant résolument à contre-courant d’un défaitisme désabusé de mode et d’une littérature qui recherche son inspiration dans le scandale, le sensationnel morbide ou sous la ceinture.

C’est ainsi que j’ai trouvé essentiel de glisser dans le texte des poèmes alertes et légers avec audaces littéraires de bon ou mauvais aloi, dans un genre parfois surréaliste.

Cela me permet de partager avec le lecteur certains états d’âme en l’invitant à se laisser impressionner autant par le chant des mots et des vers que par leur sens. Mes écrits poétiques *2* ont l’intention de faire vibrer dans le subconscient de celui qui y est sensible, des cordes intimes en faisant appel à ses sentiments esthétiques profonds, qu’ils soient d’ordre musical (le vers est un chant) ou suscités par le pouvoir évocateur de ses composants.

Que le lecteur attentif et averti en versification *2* ne réprouve pas les libertés que j’ai prises avec les règles classiques en cette matière, notamment quant au nombre de pieds, la richesse des rimes ou leur alternance masculine et féminine. Je versifie à l’oreille et parfois je mets beaucoup de temps à affiner la qualité musicale d’un vers et à trouver le mot coloré qui me permet d’atteindre l’effet recherché. Cependant, dans beaucoup de poèmes, j’ai tenu à respecter strictement les règles en usage.*2*

D’autre part, les aléas du destin m’ayant plongé au cœur de certains problèmes, autant comme témoin que comme acteur, j’éprouve le besoin, après quatre-vingt années d’une vie enrichie d’expériences diverses, d’apporter mon témoignage et mon sentiment sur l’existence de l’homme civilisé contemporain, ses attaches au passé et la charpente morale la mieux adaptée à son épanouissement futur.

Notre époque remet tout en question, ce qui est sain, à condition de ne pas tomber dans un négativisme outrancier. Aussi est-il important que des voix s’élèvent pour défendre la bonne foi et le courage de beaucoup de promoteurs d’idéaux religieux ou autres et leurs résultats positifs.< /p>

Ce sera la toile de fond de la première partie de mon propos : une nécessaire et vibrante défense d’un milieu si décrié aujourd’hui, celui d’un certain clergé catholique idéaliste *3* confronté aux exigences surhumaines d’un célibat irrévocable leur imposant une longue et dure discipline.

Viendra ensuite une partie délicate que j’aborderai, avec discrétion, sur la pointe des pieds : les chants d’amour et de bonheur d’un couple, le mien, avec son épanouissement dans les joies d’une grande famille enrichie de l’expérience de sa diversité : ils sont tous nés dans notre cœur, s’ils ne proviennent pas tous de notre sang … !

J’ajouterai enfin qu’ayant eu l’insigne privilège en tant que pionnier de « la première heure » de PétroFina*4*, devenu un des cadres supérieurs de son centre de recherches, d’avoir été un témoin actif de sa renaissance après la guerre et de son expansion.

Cette société deviendra la plus importante de Belgique avant d’être absorbée par l’entité TotalFinaElf *4* actuellement un des groupes pétroliers les plus importants au monde. (Devenu l’arrogant Total, absorbeur sans vergogne, faisant fi de la mémoire de ses glorieux « absorbés »).

Je tenterai d’apporter mon timide, mais chaleureux témoignage du dur, enthousiasmant et long chemin de victoire d’une société qui renaîtra des cendres qui lui étaient restées de la guerre 40-45. (Séquestre pour collaboration « économique » de certains de ses dirigeants, flotte coulée, raffineries détruites, toutes ses sources d’approvisionnement dans les pays de l’Est confisquées par les régimes communistes)

Il y aura aussi en appendice-conclusions de cet ouvrage, une réflexion à connotation pseudo-scientifique intitulée d’abord « Considérations fondamentales sur l’existence » puis devenue modestement « La symphonie de l’harmonieux – propos métaphysiques d’un poète apprenti-penseur sous forme de confidences à son carnet de notes. »

Il s’agit d’une somme de mes réflexions sur le sujet que j’ai rédigée tout au long de ma vie, en la modifiant, la corrigeant ou la transformant au fil de l’évolution de mes convictions personnelles. Il y sera souvent fait référence, surtout dans la seconde partie du livre.

Il y aura surtout, en filigrane du récit, la réponse dynamique aux épreuves tant morales que physiques, évoquée dans le titre que l'ouvrage a porté un certain temps, « Un genou à terre pour mieux se relever » comme le lutteur qui a la volonté de ne jamais se retrouver « les épaules au tapis », soutenu par l’apport indispensable et précieux du rire, du véritable et profond rire intérieur qui dynamise le cœur dans son appétit de bonheur, mais qui s’affiche avec la discrétion et la chaleur du sourire.

Cette démarche que je vais tenter avec une bonne volonté et une inexpérience de « scribouilleur » débutant, je la livre à la critique de mes proches ou de tout lecteur intéressé par cet essai. De toute manière, il m’aura permis de bien m’amuser, de faire le point, de mettre de l’ordre dans mes souvenirs et d’y voir plus clair, mais surtout de témoigner ma reconnaissance à certains, surtout George et Christian qui m’ont formé.

Voilà pour le fond. Pour la forme, j’aimerais apporter les commentaires suivants :

J’ai toujours été très interpellé par le succès de la bande dessinée.*5* Comme tous les petits belges de mon époque (j’avais onze ans en 40), j’ai vécu l’engouement pour celles qui étaient publiées dans des journaux pour gosses et adolescents : Spirou, le Petit Belge et plus tard Tintin.

Pendant la guerre, mon frère et moi attendions avec impatience la bédé journalière, publiée en feuilletons, narrant les aventures du héros de Hergé qu’un voisin complaisant nous découpait journellement dans le journal « Le Soir », paraissant sous le contrôle de l’occupant.

Les éducateurs, à l’époque, ne voyaient pas d’un très bon œil cet emballement des jeunes pour une lecture qu’ils estimaient futile et peu éducative, en les éloignant des ouvrages littéraires que de très bons et talentueux auteurs leur réservaient.

Dès la fin de la guerre cependant, la bande dessinée, ayant acquis ses lettres de noblesse, devint une discipline artistique appréciée et reconnue (le 9ème art) avec ses maîtres, ses styles, ses techniques, ses critiques, ses musées et ses collectionneurs.

Aussi, quand je me suis mis à écrire, je me suis demandé si je ne m’inspirerais pas des techniques de ce nouvel art pour construire mon récit. J’ai recherché un compromis dans lequel le style et l’écriture seraient ramassés tout en étant bien aérés, suggestifs, et concis comme le sont les quelques coups de crayon de certains auteurs de bédés.

Dans la première partie, celle de ma jeunesse, associant l’imaginaire au réel avec intermèdes inattendus, j’ai pris plaisir à imaginer des situations fantastiques ou humoristiques, dans des décors invraisemblables, peuplés de héros ou d’acteurs sortant tout droit du rêve et de la fantaisie. Ce sont là des atouts dont ne se prive certes pas le nouvel art.

Au risque de voir mon style taxé de redondant, j’ai pris le plus grand plaisir à m’enivrer avec délectation de la magie des mots, en usant et abusant pour mieux les contempler dans leur grandeur, les écoutant chanter, jouissant du confort des phrases dans lesquelles ils se prélassent, tout en admirant la beauté de l’agencement graphique de certains.

Pour mieux exprimer ma reconnaissance à la vie et à ceux qui m’ont aidé à la conserver et l’exalter, j’ai chanté en poèmes lyriques « des hymnes » auxquels je souhaiterais qu’on destine symboliquement une place de choix en leur honneur au cœur de cet ouvrage.

Enfin, je terminerai en soulignant le caractère fantaisiste et sans prétention d’un genre qui associe tout à la fois récit, conte, poésie et autobiographie avec l’intention d’exprime r le merveilleux de l’existence.

Ce merveilleux, c’est le petit coin de ciel bleu qui finira toujours par percer des nuages noirs. Ce merveilleux, c’est l’espoir de le voir poindre. Ce merveilleux, c’est le rêve qui permet de l’imaginer. Ce merveilleux, c’est aussi le courageux sourire du déshérité physique ou économique et le rire franc de sa bonne humeur. Mais, ce merveilleux, c’est surtout la beauté et la grandeur de l’existence qui estompent tout le reste aussi négatif soit-il.

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HYMNE A L’EXISTENCE

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Merci à l’existence d’avoir été.

Merci à la matière de nous avoir précédé.

Merci à la lagune qui a favorisé la vie.

Merci à la vie d’avoir évolué.

Merci à l’évolution

D’être parvenue jusqu’à nous.

 

Merci à nos ancêtres,

Les primates du Rift Valley*6*

D’avoir mangé de la charogne,

Au lieu des beaux fruits de leur palais,

Rougis du soleil qui cogne

Dans leur grande forêt natale,

Alanguie de touffeur équatoriale.


Merci d’avoir crié

Merci d’avoir parlé.

Merci d’avoir pensé.

Merci d’avoir évolué

Et d’avoir gravé

Et dessiné dans les cavernes.


Merci à ceux qui ont écrit.

Merci à ceux qui ont compté.

Merci aux écrivains et poètes

Et à ceux qui ont imaginé.

Merci à ceux qui ont composé

La musique et les chansons.

 

Merci aux peintres

Pour les bleus, les verts et les rouges.

Qu’ils ont mélangés

 

Merci aux sculpteurs

Pour le bois, la terre, la pierre

Qu’ils ont façonnés.

 

Merci au forgeron et au tailleur,

Au chasseur et au pêcheur,

Au maçon et au menuisier,

Au semeur et au berger.

 

Merci au couple

Qui m’a donné vie.

Merci aux maîtres

Qui m’ont formé.

Merci au destin

Qui m’a réalisé.

 

Merci à George et Christian*7*

Qui m’ont révélé.

Merci à ceux qui se sont dit

Mes amis

Mais le sont restés.

 

Merci surtout

Et avant tout

A celle que j’aime

Et qui m’aime

Depuis toujours.

 

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*1.1* Hémianopsie absolue droite

Trouble du champ visuel dans lequel le sujet ne perçoit qu’une moitié du champ visuel de chaque œil. Il s’agit donc de la perte totale de la vision droite. Si je regarde un texte, je ne vois que sa partie gauche. Au bout d’une ligne de lecture, je dois repérer celle-ci avec le doigt d’une main et trouver l’autre ligne avec un doigt de l’autre main, ce qui rend la lecture très éprouvante.

Il en existe d’autres : binasale, bitemporale, hétéronyme, homonyme, nasale ou temporale qui sont moins graves et dans certains cas peuvent se corriger. L’hémianopsie absolue dont je suis atteint est irréversible car elle est due à une altération cellulaire du cerveau tellement microscopique qu’elle est irréparable.

 

*1.2* Ecrits poétiques, versification, règles

La poésie moderne utilise beaucoup le vers libre, c’est-à-dire celui qui ne s’embarrasse ni des mètres, des rimes, des strophes ou des pieds.

Suivant Wikipédia, la première utilisation de l’appellation « vers libres » a été faite par Blaise de Vigenère (1523-1596), secrétaire de Henri III, traducteur et alchimiste. La Fontaine dans ses fables s’autorisait des libertés.

La versification s’est assouplie avec Victor Hugo, Mérimée, cependant le vers libre tel qu’on l’entend au sens moderne du terme prend racine avec Charles Baudelaire (1821-1867) et surtout avec son poème inachevé en vers libre qui ne paraitra pas. Mais ce fut surtout Rimbaud (1854-1891) qui fit de la prose poétique et deux poèmes en vers libre.

Se laissèrent aussi tenter par le vers libre : Gustave Kahn (1859-1936), Marie Krysinska (1864-1908) Francis Vielé-Griffin (1864-1937), Léon Bloy (1846-1917), Saint-John Perse (1887-1975), André Salm (1881-1969), Emile Verhaeren (1855-1916), Paul Claudel (1868-1955), Guillaume Apollinaire (1880-1918), Henri Michaux (1899-1984), Louis Aragon (1897-1982), René Char (1907-1988), Yves Bonnefoy (1923) et beaucoup d’autres.

 

*1.3* Clergé catholique idéaliste :

J’ai été élevé dans un environnement particulièrement croyant et pratiquant. Nous remplissions avec ferveur tous nos devoirs religieux aussi bien à l’extérieur que chez nous : Le chef de famille (mon père) récitait le « Bénédicité » avant chaque repas et la prière du soir (dont les litanies à la Vierge), à genoux sur le sol, les coudes sur une chaise. Je ne vous dis pas les fredaines que cette position, camouflée par le dossier, occasionnait. Le dimanche était lourd de devoirs religieux : messe basse et grand-messe le matin, vêpres et salut l’après-midi et la semaine office du matin avant l’école, prières avant chaque cours, confession obligatoire le samedi (terreur des adolescents qui n’aimaient pas raconter leurs pensées « osées »).

Il y avait un prêtre dans chaque famille : le curé du village de Vonêche, frère-aîné de ma mère et le père Paul, missionnaire spiritain, frère de mon père. Je manquerai de peu d’être moi-même missionnaire spiritain dans la congrégation de mon oncle où j’ai débuté mes études dans leur petit séminaire, si les aléas de la vie n’en avaient décidé autrement.

 

*1.4* PetroFina et Total :

J’ai eu la chance d’entrer dans la maison-mère de ce groupe, à l’âge de 23 ans, en 1952, au tout début de sa renaissance et en 1956, j’ai été transféré comme comptable de sa filiale Labofina, centre de recherches du groupe qui venait d’être créé.

Le 25 février 1920, un groupe d’investisseurs anversois fonde la Compagnie financière belge des pétroles – qui prend rapidement le nom de son adresse télégraphique, PetroFina : son activité : explorer, produire et raffiner en Roumanie via la société Concordia créée à cet effet. En mai 1920, PetroFina et la Pure Oil of Delaware fondent Purfina, chargée de la distribution en Belgique et en Hollande de leurs produits En 1923, Purfina devient filiale à 100% de PetroFina et achète une petite raffinerie à Ertvelde, près de Gand. La part la plus importante du marché de Purfina sera la distribution, à partir de charrettes-citernes tirées par un cheval, de pétrole lampant destiné aux lampes et réchauds à pétrole, qui était distribué dans les épiceries. Un bateau, le « Président Franqui », amarré au dépôt pour produits finis de Neder-Over-Hembeek, assurait les liaisons avec les sources d’approvisionnement.

Ce bateau sera coulé, pendant la guerre, le 29 décembre 1942 ainsi que toute la flotte de Petrofina qui sera détruite à l’exception du « Laurent Meeus » qui évita miraculeusement les mines et sous-marins allemands (l’histoire de ce navire est incroyable - voir texte de Gérard Locquet : users.skynet.be/saintmard/index.html ».

Principales dates de l’histoire de Petrofina :

Fondation, en 1920, de la société Concordia pour reprendre les activités de quatre compagnies pétrolières roumaines reprises aux allemands après la première guerre mondiale et commercialisation des produits par la société Purfina à Anvers qui les distribuera en Europe occidentale. En 1923, la B.U.P. (Banque de l’Union Parisienne) devient un gros actionnaire qui est intéressé pour une diversification de ses sources d’approvisionnement (USA) vers les pays de l’Est. La crise de 1930 n’affectera pas trop les activités du groupe, si ce ne sont les nouvelles dispositions belges de la loi de 1935,  obligeant les sociétés bancaires à transférer leurs activités industrielles dans des sociétés indépendantes de la finance. La seconde guerre mondiale fut catastrophique pour les avoirs de la société (confiscation des sources pétrolières et des points de vente de Hongrie et Bulgarie par les régimes communistes - raffineries, camions-citernes détruits et flotte anéantie en dehors du « Laurent Meeus - il ne restera comme valeur active que quelques points de vente).

Comble de malheur pour la société, ses principaux dirigeants furent accusés de « collaboration économique » avec l’ennemi. La direction qui tentait de sauver ce qu’elle pouvait dans la débâcle de cette « drôle de guerre » fut condamnée d’une manière excessive. L’un des fondateurs, Hector Carlier, se suicida pour éviter la honte d’un jugement et ses descendants se sont terrés dans leur propriété du Boterberg à Kalmthout. Les autres, son frère Fernand, Laurent Meeus et Albéric Maistriau furent condamnés à sept ans de prison (1). La « vindicte déraisonnable » des vainqueurs de l’époque a condamné des hommes de grandes valeurs qui n’avaient causé la mort de personne et avaient seulement tenté de sauver un patrimoine belge …

Laurent Wolters, chef d’un groupe de résistants et son trésorier, Maurice Clément, tous deux employés de la société pendant la guerre, purent exercer leur activité clandestine sous le couvert (probablement complice) de leurs patrons (2). Pour se dédouaner, le nouveau conseil d’administration choisira ces deux résistants pour conduire la société lorsqu’elle obtint la levée du séquestre vers 1950. Laurent Wolters en devint le président et Maurice Clément, le directeur financier.

Ce sont ces deux là qui m’ont engagé le 20 octobre 1952 pour occuper le poste de comptable en charge des écritures diverses. A l’époque, la comptabilité de Petrofina n’employait que cinq comptables. J’y ai exercé ce métier pendant quatre ans et ce fut pendant cette période que Petrofina acquerra ses plus beaux fleurons, tout en rajeunissant ses anciennes installations : réseau de distributions plus avenant, trois navires flambant neufs, restructuration des réseaux français, anglais, hollandais, congolais, modernisation de la raffinerie d’Anvers (une des plus grandes au monde), alliance aussi avec BP (British Pétroléun) avant la nationalisation, en 1979, de leurs avoirs en Iran par l’ayatollah Khomeiny.

Pendant cette période de quatre ans, je fus chargé de finaliser les acquisitions prestigieuses du groupe aux USA et au Canada (cette dernière par souscription à une augmentation de capital donnant droit à des titres « Petrocan »).

Je garderai « éternellement » le souvenir des nuits de cauchemar que cette difficile opération me fit endurer, tellement « l’imbroglio » des opérations dans toutes les devises du monde fut « inextricables » (Il ne faut pas oublier que l’informatique n’existait pas et que nos moyens étaient archaïques) et je n’en serais jamais sorti si mon collègue,  le génial Léon Jaumotte, avec son cerveau d’ordinateur, qui s’occupait des comptes de notre mission d’exploration pétrolière en Angola,  ne m’avait sauvé … Je lui en serai « éternellement » reconnaissant …

Par la suite, vinrent s’ajouter les réseaux de distribution en Allemagne, Italie, Suède, Norvège, Tunisie, Suisse. La fermeture du canal de Suez en 1956 provoqua la mise en chantier de supertankers et Petrofina fut à la pointe du mouvement en s’équipant prématurément.

Avant la guerre, Petrofina avait créé une filiale Palmafina qui commercialisait et fabriquait des margarines et des huiles comestibles ainsi que des savons qui furent les bienvenus pendant la guerre. Ensuite, cette activité fut développée pour répondre à une demande accrue par les besoins nouveaux des ménages de l’après guerre, ce qui incita le groupe à s’investir dans le domaine des acides gras et glycérines à l’usine d’Ertvelde.

En 1954, le groupe s’intéressa à la pétrochimie avec l’américain Philips Pétroléum pour devenir un des leaders mondiaux dans le domaine avec pipeline acheminant les produits des raffineries aux centres de production de produits finis, situés à l’intérieur du pays, à Feluy en Belgique. Aux USA, il en sera de même chez Cosden à Big Spring.

En 1969, associé à Philips Pétroléum, Petrofina découvre un gisement important en Mer du Nord (Ekofisk). Ses réserves de pétrole et de gaz naturel, grâce à la mise en place d’une récupération par injection d’eau permettra de prolonger la durée de l’exploitation à 2050, en portant la récupération du pétrole en place à 50% au lieu de 17%. Ce fut le départ d’une expansion mondiale gigantesque amenant la société à se placer parmi les grands d’Europe et la première société de Belgique. D’importantes mesures de rationalisation furent également entreprises dans tous les secteurs pour réduire le nombre de sites de fabrication et de raffinage.

En 1970, Laurent Wolters, atteint par la limite d’âge, se retire et cède la place à Jacques Meeus, le neveu de Laurent Meeus, qui sera lui-même remplacé, en 1975, par Adolphe Demeure de Lespaul, que j’ai très bien connus à ses débuts, car nous étions voisins de bureau, en 1953, quand il était stagiaire.

Un long pipeline sous-marin relia Ekofisk à une station d’épuration à Emden en Allemagne pour alimenter la France, la Hollande et la Belgique et la mise en place, en Belgique à partir de 1972, d’un vaste programme de rationalisation « verticale » pour amener les produits par pipeline depuis Anvers (Petrochim alimenté par la raffinerie SIBP) jusqu’à Feluy (Belgochim) pour la matière première et (Synfina) pour le produit fini. C’est à cette époque, que le groupe consolide les installations de peinture de Sygma Coatings qui contrôle 20 usines de peinture et fusionne Oléochim et Palmafina (huiles ménagères et savons).

En 1977, PetroFina et l’italien Montedison créent Montefina avec intégration de Belgochim et construction d’un laboratoire de recherches moderne sur le même site (Fina Research). Aux USA, Hercofina devient un très gros producteur de styrène et polystyrène.

En 1980, à Ekofisk, on injecte de l’eau pour accroître les réserves récupérables et en 1986, augmentation importante des réserves par l’acquisition des champs de Maureen au large de l’Écosse ainsi que de nombreux autre champs dans le monde. C’est en 1980 aussi, que Petrofina Canada est racheté par la Compagnie Pétrolière Nationale du Canada par décision canadienne de nationalisation.

En 1988, rachat des parts de BP (50%) de la raffinerie SIBP à Anvers qui devient une des plus performante au monde surtout en production d’essence sans plomb et de cracking et par la suite, avec les filiales d’Anvers du groupe, se place comme un des plus gros producteurs européens de polyéthylène haute densité et l’achat d’une usine de polypropylène au Texas, en 1984, lui permet de produire neuf pour cent de la production annuelle des USA.

La dernière décade du deuxième millénaire fut difficile suite à la chute des prix en produits chimiques et aux excédents de raffinage, mais compensée cependant par une meilleure rentabilité de ses champs pétroliers.

Adolphe Demeure de Lespaul décédera en 1985 des suites d’un cancer. Pour son personnel, il sera un exemple de courage et d’abnégation remarquable, se dévouant pour sa société jusqu’au dernier jour. Il fut remplacé par Jean-Pierre Amory pendant cinq ans, jusqu’à ce que le principal actionnaire de PetroFina, le Holding Bruxelles-Lambert mené par Albert Frère, porta celui-ci à la présidence du groupe en 1990. Les vice-présidents en seront Etienne Davignon, président de la Société Générale de Belgique, deuxième actionnaire et François Cornelis, en tant que « patron exécutif ».

A partir de 1990, la société connut une période de développement considérable, malgré les difficultés rencontrées dans le secteur  (problèmes avec le gouvernement norvégien - abandon de certains sites de production en raison de l’instabilité politique : Angola, Congo, Gabon, Burundi, Rwanda). Mais ce fut l’époque du développement d’énormes nouveaux champs : en Italie, en mer Caspienne, en Azerbaïdjan et en Alaska et en chimie : le contrôle complet de Montefina, devenu Fina Chemicals, partenariat avec BASF, accord avec Solvay dans le domaine des polyéthylènes hautes densités, fusion de Sigma avec Lafarge.

En 1997, PetroFina lance une vaste opération de rachat des actions Fina en bourse américaine, renforçant ainsi sa présence aux USA avec introduction au NYSE (New York Stock Exchange), devenant ainsi la première société belge à y figurer.

Enfin, fin de l’année 1998, tombe l’annonce de la reprise de PetroFina par le français Total, au nez et à la barbe du français Elf Aquitaine et de l’italien ENI. Peu de temps après Elf se fit également absorber par Total qui devint ainsi, dans un classement par chiffre d’affaires de 2008, le quatrième au monde après Exxon Mobil (USA), Royal Dutch Shell (Pays-Bas et Royaume-Uni, BP (Royaume-Uni) ; les suivants étant dans l’ordre Chevron (USA), Amoco Phillips (USA), Sinopec (Chine), China National Petroleum, corp (Chine), ENI (Italie), Valero Energy (USA)

Notes  :

(1) Voir à ce sujet l’article paru dans le Soir du 16/5/2008 signalant le décès de Marie-Antoinette Carlier, dernier enfant d’Hector Carlier, un des fondateurs de PetroFina. p;nbsp; Celui-ci s’était suicidé en 1986 et avait laissé son immense fortune à ses enfants restés depuis sans descendance.

Il est important de signaler que la fortune des héritiers d’Hector Carlier était devenue considérable parce qu’elle était constituée surtout des titres Petrofina que le fondateur de la société possédait depuis l’origine et que ses héritiers avaient respectueusement conservés.  Avec le temps et les opérations d’échange, de bonification et de rachat, ces actions avaient pris une valeur estimée à 0,5 % du capital de la société Total lorsqu’elle avait absorbé Petrofina.

Suivant l'article du Soir,  la dernière des héritières, décédée en octobre 2007, aurait légué ses biens, estimés, après paiement des droits de succession et affectation à des legs privés, à une trentaine de millions d’euros,  à la fondation Roi Baudouin avec mission de s’en servir pour développer des projets en Afrique dans le domaine de l’approvisionnement en eau et de l'éducation. En 1988, le « condottiere » Carlo de Benedetti aurait approché Madame Marie-Antoinette Carlier pour lui racheter ses actions pour un montant considérable. Elle refusa par fidélité à la mémoire de son père.

Je viens de découvrir avec étonnement des articles de la « Dernière Heure » qui relate une version surprenante de la fin d’Hector Carlier qui « serait mort deux fois », due à l’historien-journaliste Guy Van den Broek. Selon lui, les obsèques se seraient déroulées devant un cercueil vide lesté de pavés, avec la complicité d’un médecin et d’un fonctionnaire de l’état civil. Hector Carlier se serait réfugié au Brésil jusqu’à sa véritable mort, 10 ans après, à l’âge de 72 ans. Ce rebondissement s’il s’avère exact, n’enlève rien à l’estime que je porte à un homme dont l’existence antérieure aux faits était remarquable tant par la probité que par la noblesse des sentiments et la qualité de sa gestion.

D’autre part, une branche brésilienne des descendants du frère (réfugié au brésil après avoir purgé sa peine) se serait manifestée et aurait confié la défense de ses droits de succession à un avocat mais semble-t-il sans grandes chances s’il s’avère que la prescription est établie.

 

(2) J’ai eu le privilège de connaître deux témoins important de cette époque tumultueuse : Léon Wolters, le frère du grand patron qui avait son bureau à côté du mien quand nous nous occupions tous les deux de la filiale Plycol-Fina, qui fabriquait des colles et adhésifs.

Après sa journée, il lui arrivait souvent de venir bavarder avec moi. C’est ainsi qu’il m’a souvent parlé de son frère qu’il voyait toutes les semaines au château du Bisdom ; cependant, autant il était disert sur la plus grosse partie de son existence passée, autant il devenait rêveur et secret sur certaines époques, comme s’il partageait les regrets de son frère de n’avoir pu intervenir pour sauver de la honte ces personnages de grande valeur, victimes des aléas de l’histoire.

L’autre témoin de cette époque douloureuse, fut notre chef–comptable, Robert Cirquin, vieux serviteur de la société, qui par ses fonctions de comptable de la maison-mère, était bien placé pour en connaître tous les « dessous ». Il fut transféré avec moi, en 1956, pour gérer administrativement Labofina, centre de recherches qui venait d’être créé pour appuyer les nouvelles extensions du groupe. Nous nous sommes connus une dizaine d’années et il me parlait souvent de son passé. C’est ainsi qu’il me confia son sentiment sur le comportement de la direction de PetroFina pendant la guerre, convaincu que ceux qui furent condamnés pour collaboration financière, n’ignoraient pas les activités clandestines de deux de leurs employés-cadre : Laurent Wolters et Maurice Clément, et « fermaient les yeux », comme s’ils les approuvaient. Il me révéla avoir lui-même participé indirectement à certaines actions sans beaucoup se cacher.

Ce vieux bonhomme qui connaissait beaucoup de choses était particulièrement protégé par Maurice Clément, qui a toujours été son chef direct, sans doute reconnaissant des services passés et de sa discrétion.

Je tiens, quant à moi, puisque je reste un des derniers témoins d’une époque sombre et malheureuse, marquée par les excès vindicatifs de certains vainqueurs, à rendre justice à la mémoire de victimes qui furent sacrifiées à l’intérêt supérieur d’une grande société qui voulut occulter certaines périodes troubles de son passé.


*1.5* La Bande  dessinée :

La « BD » est maintenant admise comme le 9ème art et un concept de cet art. Elle fut longtemps considérée comme un simple outil de divertissement pour la jeunesse. Les auteurs belges publiés dans les journaux hebdomadaires pour jeunes, Spirou et Tintin, ne se prenant pas eux-mêmes au sérieux, contribuèrent beaucoup à la déconsidération de cette production par les intellectuels.

Ce sentiment a fort évolué de nos jours pour devenir un art à part entière avec ses critiques, sa littérature, son histoire et ses collectionneurs. Malgré des tentatives d’adaptation des techniques les plus avancées en utilisation de moyens pointus en matière de travail de l’image, cet art reste individuel au dessinateur qui garde la liberté d’y manifester toute sa fantaisie et sa créativité. Il reste maître de l’espace qui lui est réservé que ce soit par cadrage, originalité de la bulle, texte dessiné ou utilisation fantaisiste de l’espace. Cette liberté a ouvert un champ énorme de possibilités aux artistes qui ne manqueront pas d’y étaler leurs talents voire leur génie.

Cet art de la représentation graphique d’une histoire par dessins suggestifs date de la préhistoire quand l’homme des cavernes racontait ses exploits de chasseur en les gravant sur les parois des grottes. Il est vraisemblable que la raison de cette démarche était plus incantatoire que narrative. De tous temps, les hommes ont raconté leurs exploits sur divers supports : monuments, stèles, colonnes, murs, peaux de bêtes, parchemins, tissus et enfin sur parchemins, papier ou toile.

Les plus anciennes bandes dessinées qui racontent une histoire en plusieurs dessins, publiée en plusieurs exemplaires, pourraient dater de l’époque des images d’Épinal dans les Vosges, vers 1796, qui étaient tirées en plusieurs exemplaires au moyen de presse à bras qui comprimaient sur une feuille de papier une planche de bois gravée (Xylographie) qu’un coloriste complétait au moyen de pochoirs pour les différentes couleurs.

Avant la BD franco-belge, qui reste la plus féconde et la plus renommée dans le monde, on signalera surtout les « comics », principalement américains.

Quand j’étais gamin, avant la guerre, je me souviens qu’entre copains d’école nous nous passions ou nous nous échangions des babioles contre des « bandes dessinées » ou « comics », tels (entre parenthèses année de leur première parution)  : La famille Fenouillard (1890), Pim,Pam,Poum, (1897) ; Les Pieds Nickelés (1908) ; Winnie l’ourson (1926) ; Bécassine (1905) ; Popeye (1929) ; Tarzan (d’abord publiés sous forme de roman en 1929) ; Superman et Batman (1930) Dick Tracy (1934) ; et celles en provenance du cinéma : Mikey (1928), les trois petits cochon (1933), Donald Duck (1934), Blanche neige et les 7 nains (1937), Bambi (1942), Fantasia (1941) … ;

 

*1.6*Rift Valley

Cette vallée, surnommée aussi « berceau de l’humanité » tellement on y a découvert de fossiles de l’homme n’est plus considérée comme tel depuis que les scientifiques ont procédé à des fouilles plus profondes permettant de découvrir des restes humains plus anciens, en Tanzanie et dans des grottes d’Afrique du Sud ainsi que dans la partie humide et boisée du Tchad, à 2500 km du rift.

La théorie de L’East Side Story, popularisée par Yves Coppens, avançait que la formation du rift aurait conduit à une différenciation climatique et environnementale majeure entre la région de l’ouest, humide et boisée et celle de l’est, qui par accident climatique était devenue plus sèche et de ce fait envahie par les hautes herbes de la savane.

Les singes qui s’y sont trouvés, privés de leur alimentation d’arboricole, se seraient adaptés à la bipédie pour dominer les hautes herbes et à la nourriture carnée chapardée aux grands fauves et aux charognards en remplacement de leur alimentation de frugivore-insectivores.

La théorie de la bipédie qui aurait donné l’avantage à nos ancêtres de se libérer les mains et de se redresser pour repérer les prédateurs ou les sources d’aliments, ainsi que la théorie de l’associativité par petits groupes de 25 à 30 avec un meneur pour traquer des proies vivantes, prémice de l’instinct de collectivité, restent cependant celles que les anthropologues retiennent le plus souvent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

07/01/2009

Darwin - Cohérence et déduction

Modeste Toulemonde cherche à comprendre : Partie 6 :  Darwin - Cohérence et Déduction.  Parties précédentes :  (1) E=mc²  (2) D’où vient la vie ?  (3) Infini et  Éternité  (4) Les grands Initiés et le fondamental  (5)  Illusion et  Intelligence.

 

Dans la partie précédente, nous avons abordé ce « long  calvaire des êtres vivants » pour en arriver à ces quelques descendants de « l’homo sapiens »  bénéficiant des avantages des «privilégiés» de civilisations avancées que nous sommes.

 

Nous avons disserté sur « la pensée ».  Comment s’est-elle laborieusement développée chez l’homme pour aboutir aux prouesses intellectuelles des grands penseurs, découvreurs et autres génies du genre humain ?

 

.Une fois de plus, nous nous sommes interrogés sur l’origine de ce processus de construction intellectuelle :  est-elle d’origine divine , « l’Être Supérieur » que révèle toutes les religions ou tout simplement une faculté dominante développée par l’être humain ?

 

Nous allons célébrer le 12 février 2009 la date anniversaire de la naissance, il y a deux cents ans, du génial Darwin.  A cette occasion, le monde intellectuel va s’interroger sur la portée de ses découvertes qui ont apporté une réponse scientifique indiscutable quant aux origines de la vie sur notre planète.

 

Darwin vécut dans un environnement scientifique privilégié :  père médecin intelligent et grand père naturaliste.  D’abord croyant, bien que d’un milieu en majorité non conformiste (père, grand-père et frère libre-penseur) il ne doutait pas de la vérité littérale de la Bible et commencera la théologie anglicane à Cambridge.

 

Cependant, ce furent les observations retirées de son célèbre voyage de cinq ans sur le « Beagle », parti pour cartographier la côte d’Amérique du sud, qui révolutionnèrent ses conceptions philosophiques.

 

Ce voyage lui permit d’étudier les fossiles et la faune de ces régions, notamment ceux des grands tatous (diminution de la taille de l’espèce, première hypothèse évolutionniste).  Ensuite en 1835, aux îles Galapagos, il constatera que plusieurs espèces présentaient des différences importantes suivant leur lieu d’habitat comme la forme du bec des pinsons adaptée à la nourriture suivant le type de graine trouvé, plus tendre ou plus dure.

 

Revenu au pays en 1836, Darwin devint une célébrité scientifique grâce surtout à son père qui rassembla les fonds lui permettant de devenir un homme de science indépendant.  Pendant cette période précédant la publication de son célèbre ouvrage « Origine des espèces », il rassembla une abondante documentation et des arguments scientifiquement probants étayant sa thèse, bouleversant celles des créationnistes majoritaires à l’époque.

 

 Les milieux religieux s’élevant avec vigueur contre ses théories, il subira avec courage leurs sarcasmes et les caricatures de la presse qui le présentaient sous la forme d’un singe. Il était cependant soutenu par les milieux scientifiques.  Tolérant, il laissera à sa propre épouse, anglicane très croyante,  la liberté de ses choix philosophiques. 

 

Darwin exposera dans l’introduction de son fameux livre « Origine des espèces », publié le 22 novembre 1859 une longue argumentation défendant sa théorie de l’évolution.  Prudent, étant donné le « tollé » que sa théorie suscitait dans les milieux croyants,  il évita d’utiliser le mot « évolution » dans son texte de présentation qu’il rédigea habilement comme suit :

 

« Comme il naît beaucoup plus d'individus de chaque espèce qu'il n'en peut survivre, et que, par conséquent, il se produit souvent une lutte pour la vie, il s'ensuit que tout être, s'il varie, même légèrement, d'une manière qui lui est profitable, dans les conditions complexes et quelquefois variables de la vie, aura une meilleure chance pour survivre et ainsi se retrouvera choisi d'une façon naturelle. En raison du principe dominant de l'hérédité, toute variété ainsi choisie aura tendance à se multiplier sous sa forme nouvelle et modifiée. »

 

A titre documentaire, voici quelques exemples d’indices morphologiques de parenté entre les espèces (extrait de Wikipédia - évolution) :

 

- Les baleines, animaux adaptés à la vie aquatique gardent une trace de leurs ancêtres quadrupèdes par la présence d'os vestigials correspondant au bassin(ceinture pelvienne) ;

- Il y a des vestiges de pattes chez certains serpents (boas);

- En observant l'aile d'un oiseau ou d'une chauve-souris, on retrouve aisément la structure osseuse du membre antérieur de tout tétrapode ;

- les défenses à croissance continue des éléphants sont en fait homologues des incisives des autres mammifères, dont l'homme ;

- les appendices masticateurs des arthropodes sont à l'origine des appendices locomoteurs réduits (il en va de même apparemment pour les Onychophores) ;

-  les membres des tétrapodes proviennent des nageoires de poissons ;

- dans le monde végétal, la présence d'une double membrane autour des plastes et la présence d'un ADN circulaire à l'intérieur de ceux ci trahissent une origine endosymbiotique procaryote.

 

Il est intéressant aussi de reproduire un exemple d’évolution à l’échelle du temps humain que des scientifiques ont permis de réaliser : le lézard Podarcis sicula. (extrait de Wikipédia - évolution)

 

Introduit en 1971 par l'équipe du professeur Eviatar Nevo sur l'île dalmate de Prod Mrcaru en mer Adriatique, le lézard Podarcis sicula connu en France sous le nom de « lézard des ruines », y a été abandonné à lui-même durant près de quatre décennies, l'accès à l'île ayant été interdit par les autorités yougoslaves, puis par les conflits liés à l'éclatement de ce pays. En 2004, une équipe scientifique dirigée par Duncan Irschick et Anthony Herrel put revenir sur l'île et découvrit que Podarcis sicula avait évolué en 36 ans, soit environ trente générations, de façon très significative. Le lézard a grandi, sa mâchoire est devenue plus puissante, et surtout il a changé de régime alimentaire : d'insectivore il est devenu herbivore, et des valves sécales sont apparues au niveau des intestins, ce qui lui permet de digérer les herbes... Cette découverte confirme, s'il en était encore besoin, que l'évolution n'est pas une théorie parmi d'autres, mais un phénomène biologique concrètement observable, et pas seulement chez les virus, les bactéries ou les espèces domestiquées.

 

Voir aussi sur la toile : TPE : la théorie de l’évolution, synthèse intelligemment construite par des élèves d’un établissement de Bordeaux, donnant une vue radiographique, spectaculaire et convaincante, de la ressemblance d’un membre antérieur de mammifères aussi différents que ne le sont l’humain, le chat, la baleine (membre inutilisé) ou la chauve-souris.

 

D’autre part, ces mêmes auteurs signalent que Darwin a choisi d’invoquer la sélection artificielle pour illustrer la puissance de la sélection en tant que force évolutive, c’est-à-dire l’élevage par les Humains. Au fil des générations, les Humains ont modifié certaines espèces en sélectionnant des géniteurs ayant  les caractères souhaités. Les plantes et les animaux dont nous nous servons pour nous nourrir n’ont que très peu de ressemblances avec leurs ancêtres sauvages. Les animaux de compagnie montrent particulièrement bien les effets de la sélection naturelle, en effet ceux-ci ayant été élevés pour des raisons plus proches de la fantaisie que de l’utilité. (Darwin lui-même consacra la première partie d’un grand livre – deux volumes publiés – non terminé, cette première partie étant consacrée à « La variation des animaux et des plantes sous l’action de la domestication »)

 

S’avançant plus loin dans ses conclusions, il développa des idées selon lesquelles chez l’homme l’esprit et les cultures ont été élaborés  par la sélection naturelle et sexuelle

 

Aujourd’hui, le darwinisme est admis par toute la communauté scientifique, même si certains détails de la sélection naturelle font encore l’objet de débats. Depuis Darwin, les découvertes en biologie moléculaire ou embryologie ont totalement corroboré les intuitions géniales de Darwin. °Guy Duplat – Libre Belgique du 27/28 décembre 2008°

 

Il y a trente ans, Jacques Monod, en écrivant  « Le hasard et la nécessité » expliquait par les dernières découvertes de la biologie moléculaire l’évolution des espèces et le rôle du hasard dans leurs transformations. °ibidem°

 

Suivant le mot de Laplace, la science n’avait pas besoin de l’hypothèse de Dieu pour expliquer la variété du vivant, y compris l’homme.  °ibidem°

 

Presque chaque jour, on peut voir une des preuves du darwinisme dans la manière avec laquelle les virus et les microbes mutant au hasard, s’adaptent pour mieux résister aux antibiotiques. °ibidem° (surtout dans les hôpitaux).

 

Teilhard de Chardin dont on ne peut douter de la foi chrétienne profonde disait à propos de la théorie de l’évolution qu’elle n’est pas un système  ou une hypothèse mais elle est  « bien plus que cela, une condition générale à la quelle doivent se plier et satisfaire désormais, pour être pensables et vrais, toutes les théories, toutes les hypothèses, tous les systèmes » (rapporté par Guy Duplat de La Libre Belgique tiré d’un entretien avec Jacques Reisse professeur émérite de l’Université libre de Bruxelles et membre de l’Académie Royale de Belgique).

 

On ne peut s’empêcher de noter l’embarras des scientifiques chrétiens et notamment de Bernard Feltz, biologiste, docteur en philosophie et doyen de la faculté de philosophie à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve qui lors d’un entretien avec Guy Duplat de la Libre Belgique plaidait  que

 « l’athéisme méthodologique de la démarche scientifique est parfaitement compatible avec une position théiste éventuelle sur le plan des significations. On peut être scientifique et croyant pour peu qu’on respecte la frontière entre le registre du savoir et celui des significations. »

 

Pour le « Monsieur Toulemonde » que je suis, qui ne s’embarrasse pas de ces subtilités « jésuitiques », les évidences multiples dont je n’ai fait qu’évoquer certains aspects, me suffisent pour affirmer  un athéisme de conviction.

 

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Nous avons vu que « l’être humain », péniblement de génération en génération, a amélioré son intelligence jusqu’à atteindre les performances de ses cerveaux les plus brillants.

 

L’intelligence a franchi des étapes longues et ardues avant de se développer et de parvenir à des niveaux insoupçonnés surtout depuis que les découvreurs n’agissent plus seuls et sont en permanence en contact les uns avec les autres par tous les moyens de transmission dont Internet et la toile.

 

Il est vraisemblable qu’un phénomène de mutation (vraisemblablement accidentel par la voie du hasard) a eu lieu, il y a peut-être plusieurs centaines de milliers d’années, apportant à l’homme en puissance la possibilité de développer son cerveau.

 

Cet accident aussi aléatoire que ne le fut la vie a donné à l’être humain existant actuellement sur notre planète, le potentiel cérébral nécessaire pour atteindre, en tous cas dans sa descendances, les plus hautes performances cérébrales.

 

Le Boshiman est un chasseur-ceuilleur qui est quasiment resté au stade primitif des premiers humanoïdes.  Transféré dans un milieu jouissant de la culture d’une civilisation avancée, il développera tôt ou tard par nécessité le potentiel d’intelligence, non utilisé dans son environnement antérieur.

 

Cette faculté semble tellement inhérente à notre entité humaine, que nous en oublions le « lent et accidentel processus d’évolution » qui a amené certains humains à développer l’outil précieux de l’intelligence dont les limites sont incommensurables.

 

Dans le chant qui suit, j’ai tenu à marquer un  temps d’arrêt pour mieux souligner cette importante faculté de cohérence et de déduction que tout homme cultivé utilise instinctivement d’une manière performante dès qu’il se trouve face à un problème quelconque, sans réaliser la prouesse cérébrale qu’il accomplit.

 

 

HARMONIE DE LA COHERENCE ET DE LA DEDUCTION.

 

Des brumes lourdes noyant ta pensée

Surgissent les timides lucioles

De tes premiers chants et de tes paroles

Que tu lançais le soir, à la veillée.

 

A la gloire des dieux que tu implores,

Tu créeras des tracés bénéfiques

Pour te garder du prédit maléfique

Qui annonçait ton destin et ta mort.

 

Tes refrains se sont alanguis au cœur

Des poètes pour bien chanter l’amour.

Ta raison, chaleureuse douce sœur

Des âmes tristes, s’est bercée de jour.

 

Du grand livre des mondes infinis

Une page de temps s’est échappée

En gémissant sa triste mélopée

D’invocations pour cœurs démunis.

 

Lancinant murmure de la logique,

Lente incantation mathématique,

Ballet des formes et projections,

Refrain de signes et des relations

 

 

°°°°°°°°°

 

 

La cohérence est par définition le rapport logique entre des idées.  Il ne suffit donc pas que l’intelligence émette des idées, crée des concepts,  il faut encore que ceux-ci provoquent un développement logique. D’où l’importance de la cohérence dans une construction qui se veut progressive.

 

Pour être cohérente, une pensée doit être le résultat d’un processus résultant de la connaissance.  Cette connaissance comporte un apprentissage antérieur aboutissant au langage, transmis ensuite par l’écriture. 

 

De rudimentaire, celui-ci devient très élaboré afin d’exprimer des nuances qui permettront de pousser au plus loin une faculté qui s’est particulièrement développée chez l’être intellectuel : le raisonnement.

 

Le raisonnement doit être bien structuré pour être cohérent.  Il s’agit d’un mécanisme mis en place par l’éducation, l’instruction et l’expérience.  L’être humain a généralement besoin d’une petite vingtaine d’années pour maîtriser valablement cette faculté.

 

La déduction est une fonction de l’intelligence.  La déduction déclenche le raisonnement et le raisonnement déclenche la déduction.  Le raisonnement est un processus complexe de l’intelligence qui cherche à construire par la pensée la solution à un problème posé.

 

Comment la déduction et le raisonnement se sont-ils développés dans le cerveau humain ?  On peut affirmer que les plantes ne raisonnent pas et  les animaux non plus. Ils posent cependant des actes et se comportent comme des êtres intelligents.

 

On pourrait dire qu’ils déduisent mécaniquement comme un ordinateur programmé : ils n’inventent pas individuellement comme l’homme. S’ils le font, c’est par accident fortuit qui peut s’inscrire dans leur mémoire génétique et celle de leurs descendants et avec la patience du temps être à la base d’une modification de comportement ou préparer une mutation.

 

Certains animaux placés dans des contextes particuliers ont des comportements intelligents.  Les animaux domestiques, surtout ceux qui vivent en symbiose avec l’être humain, comme le cheval, le chien et le chat ont des comportements dit intelligents : ils arrivent à déduire, à prendre des options « intelligentes » ou « embryonnairement  intelligentes ».  Tout observateur attentif du comportement des animaux domestiques a pu vérifier par lui-même ce phénomène.

 

Que penser de tout cela ?  Nous nous permettrons de développer une théorie en portant notre réflexion sur le long processus de développement du cerveau humain vers l’intelligence qui nous amènera à conclure que l’intelligence est un aboutissement logique du phénomène évolutif de l’ « homo sapiens » placé dans son contexte environnemental. 

 

Elle est en puissance dans la matière comme la cellule, l’atome, les quarks et l’énergie, comme est présente également la vie.  Mais ce n’est pas parce qu’elle est en puissance qu’immanquablement elle se manifestera car l’éclosion de l’intelligence est soumise à  des conditions aussi ténues que celles qui ont présidé à l’éclosion de la vie. 

 

Comment l’être humain est-il devenu intelligent ?  Essayons de remonter aux sources de ce long processus.  Cela a dû commencer quand le premier primate (ou son ancêtre) s’est servi de ses pattes avant pour cueillir un fruit au lieu de le ramasser ou de l’attraper avec la gueule. 

 

Ses descendants ont perfectionné le système en développant leurs doigts pour en faire des outils préhensiles, et puis de mutation en mutation sont devenus d’agiles escaladeurs  de grands arbres.  Ils ont développé de grands et longs bras, des mains et des doigts puissants et habiles :  ils se préparaient  à devenir les ancêtres des humains. 

 

Rappelons nos propos précédents : les grands changements climatiques dus à la fracture du Rift Valley, la désertification des forêts sahariennes et autres misères dont furent gratifiés nos ancêtres arboricoles ont complètement modifié leur biotope :  les arbres sont devenus rares et la savane s’est développée,  les laissant à la merci des grands fauves. (Voir plus loin théorie contestée)

 

Modification aussi des habitudes alimentaires : de frugivores ils deviennent  carnivores, disons plutôt charognards car ils furent d’abord incapables de chasser et de tuer.  Les malheureux  se contentaient des restes abandonnés par les fauves, du moins dans un premier temps ;   par la suite, les plus évolués se sont groupés en bandes d’un certain nombre d’individus, pas plus de vingt à trente pour être efficace.  Ces groupes ont commencé à chasser, les animaux blessés ou les jeunes d’abord  et puis ceux qu’ils attrapaient par ruse et par traque. 

 

C’est donc ce groupe de misérables qui s’est trouvé séparé de son milieu  normal qui deviendra  l’ancêtre probable du  maître absolu de sa planète parce que les circonstances l’ont poussé à l’adaptation pour survivre. 

 

L’ancêtre de l’homme a probablement adopté la position debout parce qu’il avait besoin de ses membres avant pour transporter les morceaux qu’il dérobait aux charognards, mieux outillés  (crocs ou becs et serres) que lui pour arracher les morceaux aux nombreux concurrents qui lui disputaient les restes.

 

La position debout et l’utilisation des bras fut pour l’être humain le début de son évolution vers l’intelligence.  L’étape suivante fut l’association des individus pour traquer les animaux blessés. Certains auteurs pensent aussi que la position debout met davantage le corps à l’abri des rayons du soleil.

 

Les bras, les mains et les doigts devinrent des auxiliaires précieux que les hommes perfectionnèrent de génération en génération.  Le développement de l’intelligence allait de pair avec l’habileté manuelle.

 

L’être humain était tellement fragile que ce fut vraiment par miracle qu’il put résister à un environnement aussi hostile. Il n’en fallut sans doute que quelques-uns qui se cachèrent et vécurent misérablement, adaptant leur digestion et leur organisme aux nourritures les plus diverses et les plus difficiles.  Ce long calvaire fut la meilleure école de l’homme qui n’avait que sa ruse naissante comme seule arme.

 

Les solitaires, même les plus forts, disparurent vraisemblablement.  Seules les bandes qui s’organisèrent furent mieux armées pour affronter les aléas d’un milieu particulièrement inadapté à leur condition. Difficilement, ces bandes affrontèrent les innombrables dangers qui les environnaient et les guettaient.  Plus que jamais, l’homme utilisait ses deux bras qui devenaient les outils indispensables à sa survie.

 

La première manifestation intelligente de l’homme fut sans doute l’utilisation d’un auxiliaire matériel : d’abord un bout de bois pour prolonger le bras.  Comme dans toutes les évolutions de la vie, tout se passa avec lenteur, patiemment, difficilement.  Le geste fut d’abord accidentel, puis se répandit de groupe en groupe, de génération en génération. 

 

Ces premiers balbutiements de l’intelligence furent sans doute suivis d’autres qui apportèrent à l’homme les moyens de compenser sa vulnérabilité.  Cet animal au corps fragile, sans aucune défense, sans armes ni protections naturelles, vécut un pénible et long parcours, se cachant le jour, dérobant quelques piètres nourritures la nuit.

 

Si je me suis étendu si longuement au risque de lasser,  c’est dans le but intentionnel de marquer et d’insister sur la longue, l’impitoyable et indomptable persévérance du temps grâce à laquelle nous sommes là. 

 

 

D’autre part, il est important de signaler que la théorie que je viens de développer a été mise à mal par la découverte en 2002 de Toumaï à 2500 km. à l’ouest du Rift, dans le désert du Djourab au Tchad.  Cependant, le modèle que je me suis plu à développer en m’inspirant de la théorie défendue par Yves Coppens reste valable quant aux effets de l’isolement de petits groupes et l’apparition de la bipédie.

 

Que mon patient lecteur m’excuse de ces détours et redites,  mais je tenais à souligner l’événement important que fut, pour nous, cette mutation du quadrupède frugivore arboricole au bipède omnivore intelligent que nous sommes devenus.

 

Les survivants de ce long calvaire ne durent leur salut qu’au développement d’une adresse manuelle que leur intelligence naissante rendait toujours plus efficace. 

 

C’est ici qu’il faut introduire l’événement le plus important qui s’est produit sur notre planète après la vie, il y a probablement plusieurs centaines de milliers d’années : l’émergence de l’intelligence raisonnée.

 

Cette faculté fut d’abord cérébrale, pensée en image.  Elle fut ensuite traduite en parole grâce à la précision d’un vocabulaire qui se créa dans les groupes pour transmettre des informations, mais aussi des concepts, primaires d’abord, de plus en plus évolués ensuite.   Ces « trouvailles » transmises entre individus favoriseront le dialogue et la contestation, facteurs du progrès.

 

Il est important aussi de souligner que l’homme est avant tout solidaire.  Si la déduction fut d’abord le fait d’un penseur qui agira seul d’une manière  raisonnée, il transmettra ensuite son savoir à des disciples, des écoles, voire maintenant à l’humanité entière par la voie des publications, les chaires des universités et même vulgarisée par transmission hertzienne ou câblée (radio-télévision-internet) .

 

 

 

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21/12/2008

Illusion et Intelligence

 

 

 

Modeste Toulemonde cherche à comprendre : Partie 5 : Illusion et Intelligence.

Parties précédentes : (1) E=mc²  (2) D’où vient la vie ?  (3) Infini et Eternité  (4) Les grands initiés et le fondamental

 

A propos de l’illusion, rappelons l’énoncé du  cybernéticien Heinz von Foerster  (1911-2002) cité dans la partie 4 de mon exposé :

 

« Notre faculté de voir dépend de la rétine qui absorbe la lumière du monde extérieur, puis transmet des signaux au cerveau.  Ce même schéma s’applique d’ailleurs à toutes nos perceptions sensorielles. La rétine ne perçoit pas la couleur, elle est  aveugle à la qualité de la stimulation et n’est sensible qu’à sa quantité. Cela ne devrait  pas constituer une surprise, ajoute Von Foerster, car en fait il n’y a ni lumière ni couleur en soi : il y a seulement des ondes électromagnétiques.  De  même, il n’y a ni sons ni musique : seulement des variations momentanées de la pression de l’air sur nos tympans.  Il n’y a pas de chaud, pas de froid : seulement des molécules en mouvement avec plus ou moins d’énergie cinétique, et ainsi de suite. »

 

En réalité ce que l’on croit être là, n’est véritablement pas là

°Tiré de J.Guitton, I&G.Bogdanov – Dieu et la science – p.179/180° 

 

 

MELODIE DE L’ILLUSION.

 

Le réel est en conflit

Dans son duel de l’espace

Avec celui de son lit

Qui lui cédera sa place.

 

Le réel épris de temps

S’est bercé d’émotion

A la faveur du printemps

Qui portait son action.

 

Le réel n’est pas fidèle,

C’est l’amant aux fleurs fanées

Recueilli devant la stèle

Des passions délaissées.

 

Le réel se joue de nous,

Car il nous promet le ciel

Quand nous sommes à genoux,

Attendant son arc-en-ciel.

 

Le réel c’est l’illusion

Qui nous trompe depuis toujours

Quand on fait miroiter l’amour,

En fruit de nos évasions.

 

Le réel c’est l’illusion

Des âmes tronquées d’espoir

Qui épient dans un miroir

Leur ferveur en éclosion.

 

°°°°°°°°

 

Qu'est-ce qu'une illusion ?

 

L'interprétation erronée d'une donnée sensorielle. (Larousse) ; erreur qui semble se jouer de nos sens, les tromper. (Littré) ; erreur de perception causée par une fausse apparence (Robert) ; perception erronée due à une apparence trompeuse (Hachette).

 

Nos sens nous permettent de percevoir toutes les données de notre environnement.

 

Le crayon que je tiens dans ma main et que j’ai posé sur sa pointe existe parce que mes doigts par le toucher en perçoive la forme et le volume et que mes yeux transmettent à mon cerveau son image et en décodant la longueur d’onde exprimée en nanomètres (milliardième partie du mètres) véhiculant l’énergie particulière d’une couleur, me permet de distinguer la nuance voulue par son fabricant .

 

En effet, c’est depuis 1920 qu’on sait que la lumière est une particule qu’on a appelée photon et que la différence entre les couleurs provient de la quantité d’énergie que celui-ci véhicule.

 

Cette énergie s’exprime par une onde dont la longueur peut se mesurer en nanomètres (la milliardième partie du mètre).  Ainsi le rouge mesure 700 nanomètres et le bleu au bas de l’échelle 480.

 

Nos yeux, par l’apprentissage qui augmente les fonctions cérébrales surtout pendant les vingt à vingt-cinq premières années de la vie, sont capables de distinguer  une dizaine de millions de nuances…( sic !)

 

Cette faculté est un des avantages de l’homme civilisé qui a développé au maximum les nuances grâce à ses progrès dans la chimie des couleurs et dans le domaine des spectrographes - appareil servant à étudier la décomposition (spectre) d’un rayonnement.

 

Mais revenons-en à mon crayon, sa fonction consiste à servir d'intermédiaire par le tracé de l’écriture entre ma pensée et un support papier qui va la recevoir.

 

L'écriture est conventionnellement formée de signes imaginés par l'être humain pour traduire son langage et garder ou capter sa pensée.

 

Mon entité indépendante va créer des «textes» qui seront éventuellement transmis et qui peut-être persisteront dans le temps.

 

L’essai que j’écris, quant à lui, fait appel à des concepts immatériels de pensée qui sont purement cérébraux puisqu’ils proviennent de supputations personnelles, elle-même inspirées de notes ou connaissances antérieures.

 

Cependant sa pérennité est subordonnée à la durée d’une part de son support matériel (le papier) ou peut-être d’une volonté de divulgation plus large par reproduction (journal, revues, livres, supports magnétiques, la toile d’Internet etc.)

 

Si je me suis permis cette analyse d’un acte de création de « pensées » individuelles, c’est pour mieux remonter aux sources d’une évolution qui a amené « l’homo sapiens » à créer un savoir écrit et transmis ou conservés dans les archives, les bibliothèques et maintenant sur « la toile ».

 

Ces références éparses, mais de plus en plus accessibles permettent  d’alimenter les « nouveaux découvreurs », surtout maintenant que l’accès, le stockage et le triage en sont facilités par des outils performant à la portée des spécialistes et même d’à peu prés tout le monde.

 

Maintenant, avec réalisme, considérons ce que nous sommes et nos moyens d’exprimer l’intelligence.

 

Nous sommes un produit du cycle du carbone et rien d’autre. Nous sommes le résultat d’un processus commencé il  y a quelques millions d’années.

 

Une roche de 70 kilos a exactement le même nombre de particules qu’un homme du même poids, leur différence provient uniquement de la manière dont leurs particules sont agencées.

 

La roche est le résultat d’une évolution primaire, alors que nous sommes l’aboutissement d’un long processus biologique aux branches multiples.

 

Nos 70 kilos de particules bien agencées font de nous un être bénéficiant d’une certaine indépendance, capable seul ou collectivement de créer, d’inventer, de découvrir mais surtout de maîtriser son environnement planétaire actuellement, mais peut-être de plus en plus spatial dans le futur.

 

Ces  70 kilos de particules réalisent ces performances grâce à une intelligence contenue dans environ 1500 grammes de matière cérébrale avec l’assistance essentielle de moyens visuels, auditifs, sensitifs, tactiles, moteurs, énergétiques et autres dont est dotée l’entité humaine.

 

On pourrait supposer que cette intelligence résultant de l’aventure humaine se trouve en puissance dans chaque particule de l’univers, rejoignant en cela Teilhard de Chardin.

 

Des manifestations intelligentes peuvent donc se produire partout dans l’univers.

 

Cependant, elles ne sont sans doute pas structurées comme nous, d’où l’impossibilité de communiquer.  La complexité des combinaisons qui font ce que nous sommes, laisse peu de place à l’hypothèse d’une répétition de cet « accident ».

 

Avec beaucoup d’humilité, je m’alignerai aussi sur les conclusions du prix Nobel de médecine Christian de Duve quand il pense que nous ne sommes qu’une des innombrables possibilités de manifestations intelligentes qui existent dans l’univers (mais qui ne se réalisent qu’exceptionnellement), ces manifestations intelligentes étant toujours l’aboutissement d’un processus évolutif étroit qui mène à la vie et peut-être à l’intelligence. 

 

Peut-on concevoir une présence intelligente en dehors de l’espace-temps ?  Cette présence intelligente, forcément statique, a-t-elle sa raison d’être ?  Nos connaissances et les questions que nous nous posons, résultent de processus de réflexion inconcevables en dehors du temps et même de l’espace.

 

Si on admet l’existence d’un Dieu suprême, on le situe à l’origine de tout, voire la raison de tout : l’intelligence supérieure.  Il a la connaissance suprême. 

 

La connaissance suprême de quoi ?  La connaissance de ce que nous ignorons en dehors de l’espace-temps, à condition de découvrir tout ce qui s’y trouve.

 

Les philosophes religieux prétendront qu’il s’agit d’un état subtil qui apporte à l’être « pensée » la plénitude de la connaissance et que cet état « privilégié» nous reviendrait après notre existence temporelle,  nous replaçant dans l’espace-temps puisque ce bonheur éternel devrait être personnel, individuel, débutant depuis notre naissance et se perpétuant après notre existence terrestre. 

 

L’univers est comme un cœur qui bat avec ses flux et reflux.  Acceptons l’insignifiance de notre petite centaine d’années de vie en regard des milliards d’années que dure l’univers que nous connaissons et qui est lui-même insignifiant, par rapport à l’infini.  C’est en méditant cette évidence que nous nous mettons à douter de sa vraisemblance !  Est-ce aussi un réflexe anthropocentrique ?

 

Notre intelligence n’est que référentielle, c’est important de le souligner! 

 

Notre type d’existence est basé sur un mécanisme de sélection par élimination des moins adaptés et des plus faibles. L’espace (terrestre) étant limité, toute prolifération doit être soit  contenue par un prédateur local, soit exporté dans les limites terrestres ou éventuellement, pourquoi pas, extra terrestres pour les  humains.  

 

Comment et quand survient ce prédateur, par quelle mutation ? 

 

Ainsi que nous l’avons évoqué plus avant, par prolifération, une espèce sature à un moment donné un espace limité, d’où élimination des plus faibles, les plus forts résistent, s’adaptent et continuent à se multiplier jusqu’à nouvelle saturation. 

 

Une mutation lente et progressive se produit : l’herbivore digère d’abord la charogne en temps de sécheresse pour devenir ensuite carnassier.  Par mutation et  avec la patience du temps, il deviendra un carnivore performant.

 

La fonction crée l’organe, disait Lamarck et le milieu modifie le patrimoine génétique.  Ces mutations peuvent prendre des centaines de milliers d’années, voire des millions d’années. Il faut dire, également, que les mutations importantes sont le résultat « d’accidents » rares mais aux conséquences fondamentales (la plante mutant vers l’herbivore et celui-ci vers le carnivore par passage obligé ou non dans le milieu marin).

 

Ces mutations longues, impitoyables et cruelles aboutissent à des nouveaux êtres vivants adaptés aux problèmes spécifiques de surpopulation. Il est à remarquer que ces phénomènes d’adaptation sont d’abord locaux, en vase clos, puis se répandent, à la faveur d’événements climatiques, sismiques, océanographiques ou autres. 

 

C’est ainsi qu’aux transformateurs de sels minéraux, de photons et d’énergie qu’étaient les premiers unicellulaires, ont succédé les transformateurs de ceux-ci jusqu’à une algue ou un végétal marin qui a dissocié l’oxygène de l’eau et ensuite ceux qui lui ont succédé jusqu’aux transformateurs de planctons et de végétaux que sont les poissons non piscivores suivis de leurs propres prédateurs et enfin les herbivores terrestres, eux-mêmes consommés et assimilés en bout de chaîne par les carnivores.

 

 

Cantate de l’illusoire

(Notre part de rêves)

 

Illusion,… illusion

Tout n’est-il qu’illusion ?

Temps et espace

Quelle est votre place ?

 

Les dieux du hasard

Ont jetés les dés,

Les dés des avatars

D’un monde organisé.

 

Cogito ergo sum

Je pense, donc je suis.

Mais aussi :

Je pense parce que je suis.

Et puis

Être ou ne pas être,

Là est la question.

 

Obsédantes mélopées

Aux frontières du réel ;

Primauté de l’être

Dans l’infini de l’existant.

 

Angoisse de l’esprit

Qui se sait seul,

Qui cherche des dieux,

Qu’il ne voit plus

Qui cherche des raisons,

De se trouver là,

Qui cherche son âme

Et qui ne trouve que fiel

Alors qu’il cherche le ciel.

 

°°°°°°°

 

 

Au lecteur qui me suit encore, je vais me hasarder maintenant à lui livrer mes cogitations (mot un tantinet péjoratif qui me rappelle cependant le « cogito ergo sum » de Descartes)  :

 

Le mot réel désigne ce qui existe vraiment par rapport à l'irréel qui lui serait illusoire parce qu’il appartient à l’inexplicable, provenant de l’illusion qui découle de l’amalgame de deux mondes incompatibles.

 

Notre réel est constitué des événements qui nous font prendre conscience de notre existence.  Poser un crayon sur sa pointe est un acte humain qui a deux sens :  celui qui résulte de l’acte physique et l’autre, intentionnel, qui déclenche une réflexion, en me situant dans l’espace et dans le temps.

 

Cette démarche fait démarrer un processus de pensée raisonnée provoqué par une recherche intellectuelle sur le sens de l’existence de l’être intelligent que nous sommes devenus. 

 

Serait-ce une péripétie des êtres vivants comme le fut celle des dinosaures ?  La pérennité de notre espèce est certes aussi fragile et aléatoire. 

 

A ce propos, il est intéressant de parler ici de ce que j’appelle le grand « SI » :

Si un astéroïde énorme n’était pas tombé sur la terre, il y a environ soixante millions d’années, provoquant le nuage opaque qui plongea celle-ci dans  la quasi-obscurité et le froid, les dinosaures et la végétation primaire qui les nourrissait auraient continué à évoluer dans leur démesure, poursuivant une évolution antérieure de cent cinquante millions d’années et nous ne serions pas là.  C’est trois fois plus que la durée actuelle des mammifères et que sont à cet égard les quelques milliers d’années de l’émergence de nos ancêtres qui en proviennent ?  °tiré du livre de Gordon Kane intitulé Super-symétrie - page 232                     

 

Qu’est-ce que notre réel ?   Il n’a de sens que parce qu’il est situé dans l’espace et dans le temps.  Hors de ce contexte-là, il n’existe pas.  Nous devons en tenir compte dans une réflexion plus poussée dans laquelle nous ignorerions le réel :  il n’existerait pas hors de l’espace-temps. On pourrait en déduire logiquement que le réel est alors illusoire dans ce contexte général.

 

Partant de ce postulat, nous pourrions avancer que notre évolution dans le contexte espace-temps a deux dimensions :  une dimension fixe et immuable qui serait  fondamentale et réelle (exister) et une dimension évolutive qui serait du domaine de « l’illusoire » dans l’absolu parce que nous appartiendrions à un mécanisme de « forces » qui régit tout l’univers (ou un univers-bourgeon dans l’hypothèse d’un univers-total – voir in fine partie 1 ).

 

Cette théorie donne à l'espace-temps une dimension différente de celle que notre intelligence conçoit et perçoit parce que cette dimension est située dans un contexte d’espace qui n’a rien à voir avec le nôtre.

 

Il est donc souhaitable qu'on fasse l'effort intellectuel de s’en débarrasser, et de tenter la restructuration des données que l'on va traiter non plus dans leur contexte habituel mais dans un contexte ex-anthropique et hors espace-temps.

 

L'hypothèse la plus valable est que l'infini n'existe pas dans l’absolu.  Si nous supposons qu'il existe, c'est parce que nous nous trouvons dans ce contexte de limite et d'origine, ce qui nous amène à penser qu'en dehors de lui, on ne peut trouver que l'infini soumis lui aussi à l’espace et au temps, alors que c’est impossible. Einstein l’avait bien compris lui qui inventa le concept d’espace-temps.

 

Probablement qu'il s'agit là d’anthropomorphisme, d’une erreur de l’homme confiné dans son univers étroit.  Nous devons donc nous écarter de ces notions d'infini pour nous en tenir aux éléments de notre environnement que nous allons tenter d’approfondir.

 

Si nous cherchons le sens de l’existence, nous ne pourrons le faire qu’en utilisant l’outil de base qu’est la pensée, elle-même étant l'expression des phénomènes suscités par ce que nous appelons l'intelligence.

 

Ceci étant dit, nous sommes forcés de nous interroger sur cette faculté qui nous singularise des autres êtres vivants : le développement de l’intelligence suscitant la pensée, laquelle se prolonge dans la cohérence et la déduction pour s’épanouir dans les  créations cérébrales de l’invention et de l’imagination.

 

Afin d’en arriver à une conclusion, je crois nécessaire de procéder à une étude systématique du matériel dont nous disposons et de son fonctionnement, tout en laissant au lecteur le soin de disserter sur  la logique de son développement.

 

Je vais m’efforcer d’évoquer ce matériel en mélodies qui se succéderont dans une structure progressive en abordant les sujets suivants :

 

1. La pensée est l’aboutissement du travail cérébral de l’animal intelligent qu’est devenu l’être humain.

 

2. La cohérence (rapport logique entre des idées) est la charpente d’une réflexion intelligemment élaborée par cet être humain et la déduction en découle et lui est concomitante.

 

3. La création cérébrale  en est le produit. 

 

Elle-même exaltée par 4. le sublime qui résulte de l’élévation de la pensée construite en dehors du matériel.

 

L’ensemble de ces démarches provoquant 5. l'évolution exponentielle, résultant des actions posées dans l’infini futur de l’évolution exponentielle.

 

En guise de 6. conclusion, je me permettrai de disserter sur le sens de la pensée humaine : est-elle un mécanisme dû au développement cérébral ou est-elle le support d’un message à décrypter ?

 

 

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MELODIE DE LA PENSEE.

 

Rogue est le cri des mâles

Dans les herbes des savanes,

Long est leur chant de traque

Leur appel au gibier.

 

Un  grognement glauque

 de ventres repus

Se mêle aux voix rauques

Des chants de grâce

Aux dieux de la chasse 

 

La parole leur est venue

Pour moduler les sons.

La parole leur est venue

En si belle chanson.

 

Le mot s’est aligné

Dans son besoin de superbe

Le mot s’est aligné

Pour  la grande gloire du verbe.

 

 Du ciel, la pensée est venue

Donner au cœur ses vagues azurs.

Le rêve s’est envolé aux  nues

Pour murmurer à l’âme

Ses secrets de mélodie pure.

 

°°°°°°°°°

 

 

Définir la pensée n’est pas chose facile… !

 

Jusqu’à preuve du contraire, nous pouvons tout au plus affirmer qu’il s’agit d’une faculté propre à l’être humain, les autres êtres vivants n’en étant  pas ou à peine pourvus.  Cette faculté n’est pour eux qu’accessoire alors que chez l’homme elle est essentielle et indispensable.

 

Si nous remontons à l’australopithèque, nous retrouverons vraisemblablement l’origine d’un processus  qui a amené l’espèce humaine à développer une qualité qui lui a permis de survivre. 

 

Rappelons encore cette implacable sélection qui l’a placée devant des choix de survie successifs.  Les forêts tropicales étaient son milieu naturel.  Des bouleversements climatiques, en Afrique vraisemblablement (fracture du Rift Valley, entre autres) a placé ses descendants devant des choix de survie qui par adaptation et mutation les ont transformés en bipèdes d’abord et omnivores ensuite (principalement carnassiers-charognards).

 

Dans un processus de  sélection, la tribu d’une trentaine d’individus a réussi, là où le solitaire ou le grand troupeau ont échoué.  Contrairement aux herbivores, nos ancêtres étaient de piètres coureurs, comme les gazelles et autres antilopes et n’étaient pas protégés par un cuir de pachyderme.

 

L’extrême vulnérabilité de cet être frêle et sans défense l’a forcé à développer une faculté en puissance chez tout être vivant : l’intelligence.   Acculé, ce qui fut sa faiblesse devint sa force.  L’intelligence se développa dans le plus misérable et le plus inadapté des quadrupèdes et le sauva ; mais combien a-t-il fallu de déviations stériles pour aboutir à ce que nous sommes ?

 

Quand nous considérons n’importe quel survivant actuel de cette « implacable sélection », nous constatons que l’homme est celui qui s’est le mieux adapté en améliorant son intelligence naissante.  Les autres survivants ont développé d’autres qualités spécifiques suffisantes pour survivre mais non pas pour régner en maître, dominant ou éliminant les autres espèces, contrôlant et modifiant la planète.

 

Cette « implacable sélection » au bénéfice des facultés intelligentes, jouera aussi entre les humains par prédominance des races intellectuelles au détriment des autres qui seront asservies et dépendantes (les sous-développés de nos jours).

 

Pour mieux sensibiliser celui qui me suit, je reviens avec beaucoup d’émotion sur cette passionnante aventure des humanoïdes :

 

A la lumière des connaissances actuelles sur nos origines, nous savons que les descendants ou cousins de l’australopithèque se sont trouvés atrocement démunis et terriblement vulnérables lors du grand chambardement climatique de refroidissement qui s’est produit dont, entre autres, celui résultant de l’effondrement géologique du Rift Valley africain, il y a, parait-il,  sept millions d’années. 

 

 

Cette théorie a été mise à mal par la découverte en 2002 de de Toumaï à 2500 km. à l’ouest du Rift, dans le désert du Djourab au Tchad. Cependant, le modèle que je me suis plu à développer en m’inspirant de la théorie défendue par Yves Coppens jusqu’à la découverte de Toumaî, reste valable quant aux effets de l’isolement de petits groupes et l’apparition de la bipédie.

 

Pour logique et attachante que soit cette version contestée, à juste titre, elle n’en reste pas moins probable pour ceux du Rift et si d’autres de nos ancêtres reconnus ont vécu des histoires différentes, ils n’en n’ont pas moins subi des conditions analogues pour parvenir jusqu’à nous.

 

Mais revenons à ceux du Rift. Le biotope général s’est profondément modifié.  Aux forêts luxuriantes dans lesquelles se prélassaient nos ancêtres arboricoles, ont succédé des savanes aux herbes hautes avec quelques arbres qui ont péniblement résisté à ce brutal changement.

 

Notre ancêtre commun remonterait même à neuf millions d’années suivant le Professeur Yves Coppens, théorie qu'il a revu avec le paléoanthropologue Pascal Picq pour celle, dite buissonnante :  de nombreuses branches d’ancêtres parties dans tous les sens, évoluant indépendamment les unes des autres, la plus connue de ces branches stériles étant celle de l’homme de Neandertal.  Il serait donc vain de rechercher un chemin dans ce labyrinthe.

 

Quoi qu’il en soit, la dure loi de la sélection et la chance des survivants se sont employées à imposer un tri implacable à ce fouillis, éliminant tous ceux qui ne s’adaptaient pas, tout en favorisant les autres. 

 

Les singes et autres frugivores et herbivores étaient une proie facile pour les carnivores qui se sont multipliés pour ensuite disparaître, faute de cette nourriture facile.  Seuls ont résisté les « grands singes » cousins du chimpanzé qui se sont adaptés à de nouveaux biotopes.

 

Déjà quand ils vivaient dans les immenses forêts telles qu’il en existe encore dans les régions tropicales ou équatoriales, ils se servaient de leurs mains plus adroites pour attraper leur nourriture et pour tenir la branche à laquelle ils se pendaient. Mains et bras se sont allongés et leur queue a disparu.

 

Dans la savane « les nouveaux primates » vécurent un long calvaire d’adaptation : leur nourriture se modifia ; de frugivores-insectivores, ils devinrent charognards.  On peut supposer que c’est ce qui les força à adopter la position debout qui leur permettait de garder dans les bras, en s’enfuyant, les morceaux qu’ils chapardaient aux grands carnassiers qu’ils surveillaient en tendant le cou au-dessus des hautes herbes des savanes.

 

Que ce soit pour cette raison ou pour une autre, cette modification de la position qui fut certainement longue et difficile et la nourriture carnée apportant l’avantage d’une digestion plus rapide et une plus grande activité, fut un grand pas vers l’intelligence. 

 

La sélection favorisa ceux qui en se groupant privilégièrent la chasse par traque des proies jeunes, faibles ou malades qui procurait une alimentation moins dépendante  et plus sûre (Il ne fallait pas la disputer aux autres prédateurs).

 

Les « grands singes » n’étaient pas adaptés à la chasse : pas de crocs acérés, pas de griffes, pas de vitesse à la course…  Cet handicap fut compensé par la ruse et la solidarité, d’où émergence de l’intelligence et de l’associativité. 

 

Celui que l’on a appelé l’homo sapiens-sapiens est finalement sorti de toutes ces tentatives d’adaptation et de survie qui est la caractéristique de l’évolution des espèces. 

 

L’homo a perfectionné le seul outil que sa condition misérable lui avait laissé : l’intelligence 

 

Grâce à elle, non seulement il a conquis sa place parmi les espèces survivantes, mais les a progressivement dominées, domestiquées et transformées, contrôlées et même exterminées.  Maître de la nature, avec laquelle il joue dangereusement, il s’en prend maintenant à la matière qu’il manipule audacieusement avec tous les risques d’endommager son propre biotope.

 

L’intelligence est le support de la pensée.  L’intelligence est une faculté propre à l’être humain.  Larousse la définit ainsi : Ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle.  Quant au Petit Robert : faculté de connaître, de comprendre. La pensée est le fruit ou la production de l’intelligence.

 

On peut prétendre qu’il y a deux types de pensée : la pensée concrète et la pensée abstraite.

 

La pensée concrète serait celle qui permet de réaliser, de mettre au point, de créer des choses concrètes qui donneront aux hommes  la possibilité d’augmenter leur pouvoir sur la vie et la matière. 

 

La pensée abstraite serait l’apanage des écrivains littéraires, des penseurs et  philosophes, des  poètes, artistes.  Elle fait appel à l’imagination,  aux jeux de l’esprit sans résultat matériel concret immédiat.

 

L’homme s’est découvert cette faculté dans les cavernes quand il s’est mis à graver ou tracer le récit de ses chasses sans doute dans un but incantatoire d’appel à des forces surnaturelles pour lui.  Il a ainsi pris conscience d’événements inexplicables pour son entendement et de l’existence possible de puissances occultes qu’il a placées dans un « au-delà ».  Il a divinisé ces forces et leur a attribué des pouvoirs : c’est ainsi qu’est née la pensée religieuse.

 

Dés qu’un individu émet une pensée abstraite, produit de ses fonctions mentales, il crée un concept nouveau qui portera en lui des possibilités de développement infinies.

 

La grande question est de savoir si cette création intelligente sert à autre chose qu’éventuellement demeurer dans la mémoire des hommes. 

 

Cette pensée produit d’une intelligence développée n’est-elle que l’aboutissement des performances d’un cerveau développé ou est-elle de nature « divine », l’intelligence étant l’apanage d’un être supérieur ce qui donne un sens religieux à  l’existence :  l’être supérieur étant l’auteur et le maître de l’existence et de la connaissance. 

 

 

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