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12/02/2012

Ch. 00.09 - Le genre homo menace l'avenir de la planète

00.09 – Le genre homo menace l’avenir de la planète.

 

Dans quelques décennies nous atteindrons le point de saturation de l’espèce humaine sur notre planète … Il devient grand temps que les meneurs influents des organisations  morales et politiques de la Terre se livrent à  des actions de réflexion et d’interrogation sur cette situation ... et surtout qu'ils prenent conscience de l'avenir que pourrait attendre nos descendants s'ils laissent aller les choses et des reproches que ceux-ci seraient en droit de nous faire de ne pas avoir agi à temps ...

Soyons réalistes,  les forces morales du monde sont entre les mains des « religieux » … Les états, même les plus laïques comme la France, sont majoritairement « croyants » …  La masse populaire, dans le monde, reste attachée à ses croyances en « l’au-delà », dans l’espoir d’une vie future meilleure …

Il en va de même pour beaucoup d’intellectuels qui se torturent les méninges pour trouver des justifications aux options philosophiques et religieuses qu’ils soutiennent malgré de grandes difficultés d’argumentations… plus spécieuses que valables …

Même s’ils s’en défendent, les dirigeants du monde et les personnalités les plus marquantes adoptent par atavisme des comportements d’influence religieuse, que ce soit par conviction personnelle ou opportunisme  … L’exemple le plus frappant est celui des États-Unis,  tous les présidents ne manquant pas d’invoquer Dieu dans leurs discours …

Ce préambule pour démontrer la difficulté qu’il y aura de faire accepter par le monde civilisé, à défaut des autres, une nouvelle philosophie,  axée sur une gestion mondiale des produits de la planète et sur une maîtrise de sa population, comme le propose le professeur de Duve, … ce qui suppose des compromis de fond  avec les religions …

En outre, comme il le rappelle, il faudra modifier totalement un reflexe atavique d’esprit de clan qui date des premiers humanoïdes  qui a favorisé l’expansion exponentielle de notre espèce, en provoquant la compétitivité entre clans, source de conflitset la multiplication de leurs composants pour augmenter leur puissance  …

Reprenons, une fois de plus, l’essentiel des propos du grand savant …

Le professeur de Duve se réfère aux sages du passé et surtout à Jésus, celui qui est à la base de notre morale occidentale, si on la décante des ajouts que les évangélistes ont apporté pour donner à ce Jésus la qualité de « Messie » attendu par la Bible des Juifs …

Pour le professeur, la tache originelle de la rivalité entre clans est imprimée dans nos gènes par la sélection naturelle et nous devons nous en libérer.

Aussi, le célèbre prix Nobel lance-t-il un appel vibrant aux « clercs et laïcs, croyant et libres-penseurs de toutes obédiences pour qu’ils cherchent ensemble, au-delà de ce qui les divise et avec le concours du plus grand nombre possible de philosophes, de moralistes, de scientifiques et d’autres penseurs unis par l’honnêteté intellectuelle, un énoncé du message de Jésus adapté aux conditions actuelles »

En se référant aux « Guides » de l’histoire, cet appel prend une autre dimension : en  citant Jésus, Bouddha, Confucius, Lao-Tseu et les autres dont les sages de l’Inde … tout en mettant particulièrement  en avant  Jésus qui sous-tend la construction de notre civilisation occidentale chrétienne …   à condition de la débarrasser des croisades, de l’inquisition, des persécutions, du pouvoir dictatorial, de l’égoïsme des classes et du capitalisme.

C’est surtout le Jésus de l’amour : « aimez-vous les uns les autres » dit-il en s’adressant à l’humanité toute entière … C’est le Jésus du pardon « Si l’on vous frappe sur la joue gauche, présentez la droite » c'est-à-dire, ne le rendez pas, mais faites confiance à l’autre en l’amenant à  la réconciliation… C’est le Jésus des pécheurs (ceux qui font le mal) convertissez-les en les persuadant de s’améliorer …

C’est le Jésus qui s’élève contre les « marchands du temple », contre l’âpreté au gain, la poursuite égoïste du profit au détriment de ceux qui manquent du nécessaire … C’est aussi le Jésus qui réprouve les rejets, le dogmatisme, les exclusions en accueillant la Samaritaine, Marie-Madeleine, la femme adultère … C’est le Jésus qui s’élève contre la place subalterne réservée aux femmes et la notion d’impureté liée à la féminité dans la société de son époque …

C’est ce Jésus proche qui se proclame notre frère qui « en dénonçant les prêtres et les pharisiens, réprouve l’orgueil, la suffisance, l’hypocrisie et l’autoritarisme de certains dirigeants religieux, ainsi que les abus de toutes sortes que nombre d’entre eux ont commis au nom de leur certitudes et, trop souvent, pour leur propre bénéfice » …

C’est le Jésus de la paix qui désarme Pierre « celui qui vit par le glaive périra par le glaive » dira-t-il, s’élevant ainsi contre l’hostilité entre groupes … et les conflits armés …

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D’autre part, Il faut surtout rappeler que ce sont les premiers chrétiens et plus particulièrement Saint Paul  et les Évangélistes, qui ont donné à Jésus la qualité de celui qu’attendent les Juifs :  le « Messie », l’envoyé de Dieu, mais en lui prêtant la valeur divine d’en être la deuxième personne, son fils … le Saint-Esprit ou Esprit Saint en étant la  troisième d’une «Sainte Trinité » … constituant le  « mystère » d’un Dieu en trois personnes  …

Cette notion de Trinité n’a été formulée  que progressivement à partir du premier concile de Nicée  convoqué en 325 par l’empereur Constantin pour rétablir la paix religieuse et construire l’unité d’une Église divisée par des courants contradictoires, …et aussi, afin de renforcer un pouvoir que l’empereur romain voulait établir à son profit avec l’appui de certaines autorités de la nouvelle Église …

Quant à Israël, (c’est-à-dire les douze tribus dont descend l’ensemble du peuple juif) il attend toujours ce Messie qui, suivant les « Écritures », devait en être le libérateur, le rédempteur des péchés, envoyé par Dieu pour établir son royaume sur terre. … Le règne de ce « sauveur » est attendu et prévu à la fin des temps par l’ensemble des religions abrahamiques … Cependant, pour les Juifs, le messie n’est qu’un « envoyé de Dieu » et ne participe pas à sa divinité … Il faut signaler  qu’en Occident,  la haine des juifs qui a connu son paroxysme à la dernière guerre mondiale, vient surtout d’un sentiment atavique de rejet de ceux qui n’ont pas reconnu en Jésus, le messie des écritures et qui ont été jusqu’à le bafouer et le crucifier …

 Si l’Islam accorde à Jésus la qualité de « Messie » c’est en tant que prophète et messager parmi les cinq plus grands avec Noé,  Abraham, Moïse et Mahomet) … Pour les musulmans, Jésus n’est pas le fils de Dieu qui est unique suivant les révélations de  Mahomet, prophète lui-même …

Pour être complet, je me permets de rappeler que de nombreuses études existent sur ce que certains appellent le « mythe de Jésus » et les croyances Voir mes travaux sur ces sujets en consultant les chapitres suivants (voir les dossiers dans la colonne de droite sinon notez phmailleux e-monsite dans n'importe quel moteur de recherches  / ouvrir et cliquez à gauche sur le dossier recherché) : … 25.a – A la recherche de l’origine des croyances …  25.b – Histoire des croyances … 25.c – Appolonius de Thiane, une hypothèse sur l’origine du christianisme … 25.d – Apparitions de la Vierge … 25.e – Apparitions (suite) … 25.f – Christian de Duve, Paul Damblon et Jean d’Ormesson, mes maîtres à penser … 25.g - Elle m'a porté ... et aussi  … 22.r1 – Juifs et Chrétiens … 22.r2 – La Bible … 22.r3 – Diaspora et Israël … et encore : 04.4 – apparitions à Beauraing … et 04.3  -  Olivier Saint Hubert, curé d’un village voisin de Beauraing (Le frère aîné de ma mère, dont je détiens les mémoires et écrits, qui a bien connu deux des voyantes ses paroissiennes)

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Quant à la morale sexuelle stricte des trois religions de la Bible ou du Livre, la juive, la chrétienne et l’islamique,  elle est basée sur le récit de la Genèse qui fit du sexe, un organe tabou qu’il fallait dissimuler … Adam et Ève vivait nu au paradis terrestre, sans se faire « mutuellement honte » … Quand ils eurent croqué le fruit défendu, en devenant mortels ils constatèrent qu’ils étaient nus et se cachèrent …

Je vais m’autoriser à développer particulièrement ce passage de la Bible, en décrivant bien les circonstances qui ont amené les adeptes du « Livre » et les civilisations qui les sous-tendent,  à accorder au sexe une importance démesurée en créant le sentiment propre et exacerbé de la pudeur.

Je citerai, pour ce faire, les passages de la TOB (traduction oecuménique de la Bible) ouvrage reconnu par les Chrétiens et les Juifs pour l'ancien testament ...

Si on se penche sur la place du couple dans les religions du Livre, fondement de la morale occidentale et méditerranéenne, il convient de relever le passage  suivant de la Bible, qui relate la création de l’homme et de la femme, le sixième jour : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu, il le créa ; mâle et femelle il les créa … (TOB – Genèse 1. 27) » … La Bible dit que Dieu créa l’homme à son image en soulignant bien qu’il le créa à son image, celle de Dieu … D’autre part, en précisant « mâle et femelle, il les créa » la Bible se met en contradiction avec le chapitre suivant sur le paradis terrestre où Dieu voulut rompre la solitude de l’homme en « fabricant » la femme à partir d’une de ses côtes,  qu’il lui tira de ses entrailles  … Les deux chapitres ont dû être écrits par des auteurs différents à des époques différentes …

Quant au « croissez et multipliez-vous » des « Histoires Saintes » de notre jeunesse, il  vient du même passage de la Bible :   « Dieu les bénit  et leur dit : Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-là (TOB – Genèse 1.28) » …  

En ce qui concerne la création de la femme, en contradiction avec le premier chapitre, le deuxième  précisera que l’homme ne se suffisant pas des animaux que Dieu lui créait comme compagnons ou comme aides,  l’endormit,  lui prit une de ses côtes et après avoir remis les chairs à leur place (sic), il en fit une femme … et l’homme s’écria : « Voici cette fois l’os de mes os et la chair de ma chair  … (TOB –Genèse 2.23) » …

Dans le paradis terrestre, la pudeur n’existait pas :  « Tout deux étaient nus, l’homme et sa femme, sans se faire mutuellement honte … (TOB – Genèse 2.25)

On connait la suite …Dieu voulait leur bonheur au paradis terrestre, tout en leur donnant la liberté d’enfreindre sa loi de ne pas goûter au fruit défendu situé au centre du paradis … Le serpent, personnifiant le mal, parvint à convaincre Ève, la femme, d’en manger pour qu’elle soit comme les dieux « possédant la connaissance du bonheur et du malheur » …  Ève se laissa tenter et mangea le fruit … ensuite, elle en donna à son mari, Adam, qui en mangea lui aussi … et alors : « Leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils surent qu’ils étaient nus, ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des pagnes » (TOB – Genèse 3.7)   Naïvement, la Bible raconte que, très paternel, Dieu se chargea lui-même « … de confectionner des tuniques de peau  dont il les revêtit » (TOB – Genèse 3.21)

Il faut s’arrêter particulièrement à ce passage des religions du Livre, car il est essentiel « Adam et Ève surent qu’ils étaient nus »  … c’est l’origine du sentiment de pudeur , propre surtout  aux mœurs occidentales et méditerranéennes …

Définition du Grand Robert  de la  Pudeur : Sentiment de honte, de gêne qu’une personne éprouve à faire, à envisager ou être témoin des choses de nature sexuelle ; disposition permanente à éprouver un tel sentiment.

Si je vais me permettre, ci-après, de développer dans les détails le processus qui a amené les êtres vivants aux mammifères,  sommet de leur évolution, c’est que je tiens à mieux en analyser le mécanisme afin de le ramener à ses justes proportions de valeurs morales.

Par simplification , l’évolution a privilégié, chez les êtres vivants supérieurs, une organisation interne à sens unique avec, par l’entrée buccale, l’ingestion de matières solides et liquides et, par l’entrée nasale, l’absorption de matières gazeuses contenues dans l’air … Ces deux fonctions alimentent  un système respiratoire et digestif dont le contenu se transforme par la voie intestinale en flux sanguin alimentaire destiné à entretenir les cellules, les développer  si nécessaire et les maintenir en vie …

Dans un premier stade, surtout aquatique, la nature a progressivement  sélectionné ce système à sens unique de fonctions d’absorption, de transformation des matières  et d’élimination  des déchets en utilisant la voie terminale anale,  non seulement pour l’élimination des déchets,  mais aussi pour la reproduction … Les femelles des poissons, de certains batraciens et animaux aquatiques utilisent cette voie anale  pour pondre leurs œufs non fécondés dans l’élément liquide de leur habitat, le mâle se chargeant ensuite  de la fécondation en projetant sa semence sur ceux-ci  … Quant aux insectes et oiseaux, ce sont eux qui les premiers, dans une union intime, ont utilisé la voie anale ... une partie intérieure du cloaque du mâle qui transmet la semence, se prolongeant légèrement dans celui de la femelle …

Tandis que les mammifères ( les porteurs de mamelles), classe à laquelle nous appartenons, ils mettent au monde des petits immatures qu’ils nourrissent à la mamelle jusqu’au stade de leur autonomie … Leurs organes excréteurs sont séparés, l’un servant à l’élimination des déchets solides par l’anus …  l’autre qui rejette les déchets liquides, étant associé, dans les deux sexes,  à celui qui est conçu pour assurer les fonctions reproductrices … les deux organes étant formés de manière à ce que l'un pénètre dans l'autre pour accomplir son rôle fécondateur ...

Si je me suis permis de développer, dans les détails , ces processus que l’évolution a mis lentement au point, c’est que je tenais à insister sur la réelle valeur de fonction organique dont les morales judéo-chrétiennes et islamiques ont faussé les manifestations en leur accordant une importance religieuse et morale exacerbée …

Comme je  viens de le démontrer ce sont les religions du Livre qui ont inventé le sentiment de pudeur, consistant  à ignorer le sexe et les seins féminins ainsi toutes les manifestations qui se rapportent à ces organes, en dehors de la procréation…  La morale des autres entités du monde qu’elle soit religieuse ou traditionnelle, ne s’est pas embarrassée de telles contraintes … le sexe n’étant couvert et dissimulé chez les plus évolués que par commodité et protection … Il suffit de se référer à leur littérature, leur sculpture, leurs arts graphiques et traditions  pour se convaincre de leur grande liberté dans le domaine qui peut aller jusqu’aux extrêmes que se permet l'imagination.

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Pour être complet et alimenter un débat qui se veut objectif et particulièrement actuel, il convient maintenant de le centrer  sur  1. la position que l’Église catholique romaine prend en matière de contraception et de pilule abortive … 2. Sur le symposium sur la pédophilie ecclésiale qui vient de se clôturer à Rome et  3. sur la création, en Belgique, d’un tribunal arbitral de réparation pour les victimes d’abus sexuels au sein de l’Église (en application le 1er février 2012) … (J’ai retiré mes informations des excellents articles du journaliste Christian Laporte dans la Libre Belgique)

1. Position de l’Église catholique romaine en matière de contraception et pilule abortive

La presse rapporte que  « le torchon brûle entre le Vatican et l’administration Obama.  En pleine campagne électorale des U.S.A.,  le pape Benoît XVI a fustigé les plans du président américain  de rembourser la contraception et la pilule abortive, appelant les catholiques à se mobiliser contre eux ».

 Ce fut devant quinze évêques américains, représentant  70 millions de fidèles, réunis pour une réunion de travail le19 janvier, que le pape a tenu des propos sévères sur les « pratiques intrinsèquement mauvaises » imposées à la  société et les « dangers » pesant sur « le don de Dieu de la vie » …

Le pape faisait référence, implicitement, aux nouvelles règles en matière de couvertures santé américaines qui, à partir du 1er août 2012,  devraient permettre aux femmes d’avoir accès  à toutes les formes de contraception approuvées par la FDA (Food and Drug Administration – en français,  Agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux, organisme qui a, entre autres, le mandat d’autoriser la commercialisation des médicaments sur le territoire des États-Unis).

Les employeurs qui, sur la base de leurs croyances religieuses ne fournissent pas cette couverture devront se mettre en règle pour la date de la mise en application de la loi  (1er août 2012)… Cette couverture supplémentaire entraînera, évidemment, un surcroit de primes … C’est une des raisons pour lesquelles, l’Église s’élève avec force contre ce « sécularisme radical »  qui s’exprime dans les « sphères politiques et culturelles », en raison de « puissants courants » « de plus en plus hostiles au christianisme »

Benoît XVI regrette la position des pouvoirs qui s’efforcent de « refuser  aux catholiques et aux institutions catholiques leur droit à l’objection de conscience » …

« La séparation légitime de l’Église et de l’État ne peut signifier que l’Église reste silencieuse sur certaines question » a déclaré avec force le pape, critiquant le fait que les sociétés occidentales souhaitent limiter la religion à la sphère privée …

« Un monde de laïcs bien formés, engagés et organisés avec un fort sens critique à l’égard de la culture dominante »  est nécessaire s’est-il exclamé avec vigueur, en reprochant aux  catholiques libéraux des États-Unis de ne pas contrer un sécularisme réducteur …

L’Église américaine, qui est très engagée sur les plans sociaux et éducatifs, est  traversée par de nombreux courants dont certains défendent des réformes trop libérales pour le candidat républicains catholique Rick Santorum … Or, 54 % des catholiques américains avaient voté démocrates et Barac Obama  en 2008 …   Il devient évident que le Saint-Siège, malgré une sympathie réelle pour l’actuel président des États-Unis, trouve les républicains plus sûr en raison de leurs positions conservatrices sur le droit à la vie …

Je ne peux m’empêcher d’éprouver une réelle sympathie et beaucoup de compassion pour les papes depuis Vatican II, ainsi que pour les actuels leaders du clergé et en particulier les belges qui  sont confrontés à des dilemmes difficiles de gestion, de responsabilité morale et de foi dans le contexte actuel de la libéralisation  des mœurs et des avancées scientifiques …

Ces hommes sont généreux et sincères, ils font partie de l’élite supérieure de l’humanité … Dans le contexte actuel des découvertes scientifiques, qui sont souvent en contradiction avec les éléments de leur foi, le doute doit souvent les envahir et laisser des traces cruelles … Leur seule refuge alors reste la prière qui les élève vers celui en lequel ils continuent de croire, envers et contre tout …

2. Symposium au Vatican sur la pédophilie ecclésiale au sein de l’église.

Il vient de se terminer à Rome un important symposium  organisé par la Grégorienne (université romaine dirigée par les jésuite) et par la congrégation pour la doctrine de la foi  ou l’ancien Saint Office qui fut présidé de 1981 à 2005 par l’actuel pape, alors cardinal Ratzinger …

Cette importante rencontre de réorganisation de l’Église, à laquelle participaient les principaux grands penseurs et théologiens de sa hiérarchie, avait pour objectif de redorer le blason de l’institution fortement terni par les scandales pédophiles provoqués par des abuseurs ecclésiastiques

Il faut surtout retenir comme prise de position marquante, celle du procureur du Vatican, Monseigneur Charles Sclicluna, qui a déclaré avec force que  « se rendre coupable de négligence face à un cas de pédophilie était un crime aux termes du droit canon » … « Nous ne pouvons refuser à une victime que son cas soit examiné en justice, en nous abritant derrière des complexités techniques de la loi »

On ne peut être plus clair à Rome en insistant  sur le rôle des évêques dans la lutte contre la pédophilie et en précisant qu’ils doivent être rendus coupables aussi de l’impunité des abuseurs … …

Malheureusement, ces prises de positions ne sont pas encore celles de tous les évêques du monde   …N’oublions pas que le pouvoir ecclésial effectif, en tant que successeur des apôtres, appartient aux seuls évêques  pour le territoire qu’ils administrent,  …

Certains de ces évêques,  sont réticents en ce qui concerne l’obligation de dénoncer  leurs « prêtres coupables », un père doit-il dénoncer son fils ? disent-ils … préférant se charger eux-mêmes discrètement de prendre les mesures sévères et radicales qui s’imposent …   Il y a là un  problème évident de morale et de société quant à la réserve en matière de mœurs, à ne pas sous estimer …     

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3. Création, en Belgique, d’un tribunal arbitral pour la réparation des abus sexuels au sein de l’Église

Depuis ce mardi 7 février, en Belgique, les victimes d’abus sexuels au sein de l’Église peuvent obtenir réparation auprès d’un Tribunal arbitral … Toute la publicité sera faite pour l’introduction des dossiers,  avant le 31 octobre 2012, un site Web étant ouvert  (E-mail : info@centre-arbitrage-abus.be   Tel. 02.549.02.14, aux heures de bureau -  Site :  www.centre-arbitrage-abus.be)

La démarche est gratuite et sans limite de délai, à condition qu'il soit raisonnable … le formulaire de requête peut être téléchargé sur le site du centre et disponible auprès des associations d’aides aux victimes et dans les Maisons de Justice.

Une commission présidée par Karine Lalieux (Parti Socialiste) a mis sur pied un tribunal arbitral, totalement indépendant, pour les victimes d’abus sexuels dont les faits sont prescrits …  signalons aussi que le délai de prescription a été porté à quinze ans … et que les conditions de levée du secret professionnel et du champ d’incrimination de la pédopornographie à la consultation des sites Internet  sont d’application et traduits en lois depuis le 1er  février 2012 …

Un  Centre d’arbitrage a aussi été créé pour ouvrir la voie à différentes formes de demande de réparation qui vont de l’indemnisation financière à la demande de pardon ou à la reconnaissance des faits et d’une responsabilité morale …

Mgr Harpigny, évêque référendaire francophone à la commission Lalieux, dans un entretien avec le journaliste, Guy Duplat, se plaint de ce qu’il y a encore beaucoup de problèmes sur certains continents … et surtout ne cache pas un certain désappointement  face à des amalgames qui hantent certains esprits dans l’Église « La pédophilie n’est évidemment pas l’homosexualité et il est tout aussi audacieux d’affirmer comme on l’a entendu que les homosexuels sont d’anciens enfants abusés … »   

L’évêque de Tournai est également satisfait de l’insistance qui a été manifestée de promouvoir la formation affective des candidats au sacerdoce, mieux suivie dans celle-ci mais aussi par la suite …

Mais surtout, Mgr Harpigny s’est réjoui que l’Église ait solennellement demandé pardon lors d’une célébration  pénitentielle de haut niveau en l’église Saint-Ignace, à Rome, sous la présidence du cardinal Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques …                   

Malheureusement, dans ces milieux  très conservateurs, il n’est pas question d’évoquer  le délicat problème du célibat des prêtres et de l’accès des femmes au sacerdoce … Il semble cependant que ce serait une manière de contrer la plupart  des problèmes évoqués dans les lignes qui précèdent …

Le célibat des prêtres est une tradition qui est au cœur de beaucoup de débats théologiques … Que disent, à ce sujet, les évangiles dans un passage très délicat :  … après avoir cité les eunuques de naissance et ceux qui le sont par la volonté des hommes, Jésus, ( TOB - Mathieu 19,12), dira « il y en a qui se sont eux-mêmes rendus eunuques à cause du Royaume des cieux » et Jésus conclura « Comprenne qui peut comprendre » en laissant planer là une certaine possibilité d’interprétation quant au fond …

Historiquement, le célibat s’est imposé avec la pratique journalière de la messe impliquant la consommation des « Saintes Espèces » par un célébrant « pur », c’est-à-dire  qui n’avait pas eu de rapport sexuel la veille … l’origine de cette tradition remonterait à l’Ancien Testament … par respect d’un acte sacré, la fonction sexuelle et l’absorption de nourriture étant considérés comme une fonction animale, donc non sacrée …

Dans cette optique de « pureté »,  la célébration journalière de la messe,  imposée aux prêtres, avec abstinence sexuelle la veille ou les jours précédents, suivant la tradition hébraïque,  ne pouvait trouver d’autres solutions que dans le célibat des officiants consommant les « Saintes Espèces » …

Le concile provincial  d’Elvire, en 305, qui n’avait qu’une portée limitée à la région hispanique, décréta l’abstinence sexuelle des prêtres ainsi que le mariage avec des non chrétiens, de même qu’interdire l’étroite fréquentation des israélites et aux femmes chrétiennes d’épouser  des juifs non convertis …

Les différents conciles « œcuméniques » qui suivirent dont le très célèbre de Nicée, convoqué par l’empereur Constantin en 325, et les nombreux auteurs qualifiés qui abordèrent souvent le sujet, avaient laissé planer une certaine imprécision en ce qui concernait les prêtres mariés avant leur ordination ...  avec la seule évidence que l’état de chasteté soit bien respecté dans leur vie sacerdotale … D’après certains auteurs, le célibat obligatoire n’aurait réellement été appliqué avec rigueur qu’en 1013

Il faut signaler aussi que l’actuel pape Benoît XVI, le 9 février 1970, lors d’un mémorandum adressé aux évêques d’Allemagne, signé par 9 théologiens allemands, dont lui-même, alors cardinal Ratzinger, avait recommandé à l’Église d’examiner la question du célibat  des prêtres sous un jour critique pour l’Église latine en Allemagne et dans le monde … et la réelle nécessité de cette règle de discipline … Cette ouverture de l’actuel chef de l’Église romaine autorise tous les espoirs en de radicaux mais lents changements dans le futur …

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Importante nouvelle pour ceux qui s’intéressent aux études sur le Cosmos

Des découvertes récentes présentées le 23/9/2011 lors d’un séminaire du Cern et retransmis sur Internet (http :/webcast.cern.ch) fait état des résultats d’expériences faites avec un faisceau neutrino de 730 km entre les gigantesques accélérateurs du Cern à Genève et les récepteurs souterrains de Gran Sasso en Italie, surprenant les chercheurs qui ont constaté que le trajet est parcouru par les neutrinos avec une avance de 60 nanosecondes sur les 2,4 millisecondes que la lumière met à effectuer la même distance, remettant en question le fond de la formule d’Einstein … (affaire à suivre cependant, la plupart des chercheurs restant prudents)

MISE A JOUR :

Site internet du 24 février 2012 de la revue « Sciences » :

La revue américaine, qui cite sans les nommer des sources proches de l’expérience, annonce que ce serait une mauvaise connexion entre un GPS et un ordinateur qui serait sans doute à l’origine de l’erreur … cela évitera, entre autres, au professeur de physique Jim Al-Khalili Saltzberg, de manger son caleçon en direct, comme il l’avait promis, si la nouvelle était prouvée … Cela m'arrange, également, parce que cela m'évitera de remettre en question une bonne partie des théories que je soutiens ...

 

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Pour terminer et pour promouvoir l’action du Professeur de Duve, je me permets de recommander à ceux qui me font l’honneur de me lire, de soutenir l’action que je mène, depuis de nombreux mois, en faveur de son appel à un changement fondamental de nos comportements sociaux afin de préserver l’avenir de notre descendance … (Voir aussi mes chapitres précédents, 00.05 – 00.07  et 00.08 – cliquez à droite « dossiers »)

Je suggère à ceux qui me lisent, de profiter de l'ampleur d'audience que constitue les blogs de la « Libre » pour provoquer un effet « boule de neige » en transmettant le message par un simple « copier-coller » de l'appel du professeur, reproduit ci-dessous :

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« Bandeaux » que le professeur de Duve a mis en exergue dans son livre «Génétique du péché originel  -  le poids du passé sur l'avenir de la vie » (édition Odile Jacob)

« Tirant parti des pouvoirs de leur cerveau, les humains ont proliféré au-delà de toute mesure et exploité à leur profit une part importante des ressources de la planète. »

 « L'histoire de l'humanité est une succession perpétuelle de guerres et de conflit »

 « Le succès évolutif démesuré de l’espèce humaine a été acquis au prix d’une sévère détérioration des conditions de vie sur Terre.

 « Si elle continue dans la même direction, l'humanité va au -devant d'épreuves épouvantables, sinon de sa propre perte. »

« La sélection naturelle a privilégié indistinctement toutes les qualités personnelles susceptibles de contribuer au succès immédiat des individus. »

 « La sélection naturelle a privilégié les traits favorisant la cohésion à l'intérieur des groupes et l'hostilité entre groupes différents. »

 « La sélection naturelle n'a pas privilégié la prévoyance et la sagesse nécessaires pour sacrifier des avantages immédiats aux exigences de l'avenir. »

 « Le péché originel n'est autre que la faille inscrite dans les gènes humains par la sélection naturelle. »

« La seule possibilité de rédemption à l'égard du péché originel génétique vient du pouvoir humain unique d'agir contre la sélection naturelle. »

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Autrement dit pour simplifier et dans les principales lignes, afin de livrer l'essentiel des recommandations du professeur (quatrième partie de son livre), il est urgent pour sauvegarder l'avenir de l'humanité, d'adopter une politique contraignante de limitation des naissances et d'une juste répartition du potentiel des « ressources » de notre planète ... au détriment d'un confort à rééduquer ...

Solennellement et étant donné l'audience essentielle qu'elles ont sur l'humanité, il fait appel aux religions et plus particulièrement à celles du « livre » pour qu'elles revoient leur enseignement dans un sens plus conforme aux réalités futures afin  d'éviter « une sélection naturelle de groupes », ce que le professeur nomme le « péché originel génétique» par le massacre des plus vulnérables ...

PRÉOCCUPONS-NOUS DE L'AVENIR DE NOTRE DESCENDANCE... ELLE EST EN GRAND DANGER ... !!!

Il n'est pas trop tard, mais il est temps ... disait déjà Paul-Henri Spaak à la tribune des Nations-Unies, le 28 septembre 1948, en terminant son fameux « discours de la peur » devant les risques d'une guerre mondiale entre l'Est et l'Ouest qui aurait entraîné une extermination d'une partie de l'humanité.

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Voir aussi l'article du journal La Libre Belgique, de  Agathe Mahuet mis en ligne le 1 mars, intitulé « Population mondiale : la régulation ou l'explosion »  donnant l'essentiel d'un rapport de l'ONU, insistant sur la nécessité de réduire les niveaux de fécondité ... lien ci-après http://www.lalibre.be/actu/international/article/64...

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Pour terminer, je recommande à ceux qui me lisent de se procurer l’intéressant dernier livre de Christian de Duve qui expose le problème et nous met face à nos responsabilités de lutter contre un grégarisme atavique ... : un petit ouvrage de 92 pages, écrit dans un style clair à portée de tous intitulé : « De Jésus à Jésus en passant par Darwin » qui vient de paraître chez Odile Jacob au prix de 9,45 euros …  et pour ceux qui voudraient pousser davantage leur investigation, je conseille ses autres ouvrages, chez le même éditeur : Génétique du péché originel : le poids du passé sur l’avenir de la vie (2009, nouvelle édition 2010) - Singularités.  Jalons sur les chemins de la vie (2005) – A l’écoute du vivant (2002).

Pour m’atteindre : ( Tel :  02 736 43 97 )  phmailleux@skynet.be
BLOG: http://philippemailleux.blogs.lalibre.be
Avec un moteur de recherche : PROPOS D’UN OCTOGÉNAIRE 
SITE: http://phmailleux.e-monsite.com         

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11/06/2010

Ch. 25 d - Apparitions (Beauraing)

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite)que j'ai créé dans le site (e-monsite ) qui permet de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)que j'ai créé dans le site (e-monsite ) qui permet de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 25 d - Apparitions ?

 

{20} Pour être complet et objectif, il me reste cependant à ce stade-ci de mes confidences, le nécessaire devoir de livrer à mes contradicteurs les réflexions et considérations sur le surnaturel apparent et ses phénomènes inexplicables dans l’état actuel de la science, faisant suite à la relation du témoignage bouleversant autant qu’interpellant de mon oncle-curé sur les apparitions de Beauraing (du 29/11/1932 au 3/1/1933), transcrit dans un grand registre d’une écriture ferme et calligraphiée et que j’ai résumée avec le plus d’honnêteté possible aux pages 20 à 24 du chapitre 4 .

 

J’ai lu, étudié attentivement et réfléchi longuement à cet important manuscrit : ça m’a pris de nombreux jours ! Une quarantaine de pages, écrites par un homme sérieux, honnête, consciencieux, qui dans sa relation s’efforce d’être le plus objectif possible.

 

Le milieu chrétien dans lequel j’ai vécu et dans lequel je baigne toujours est très imprégné du culte de la Vierge renforcé par ses apparitions. En dehors de Beauraing, proche des berceaux de nos familles, nos églises et nos maisons étaient abondamment pourvues de reproductions ou statues des Vierges se manifestant dans la chrétienté belge ou limitrophe, tels outre Beauraing  :

 

Lourdes : dans les Pyrénées, voyante Bernadette Soubirous (née en 1844, décédée en 1879) - 18 apparitions à l’âge de 14 ans du 11/2/1858 au 16/7/1858.

Fatima : d’avril à octobre 1915 au Portugal : trois voyants ; François Marto 7 ans (né en 1908 décédé en 1919 de la grippe dite espagnole – déclaré Bienheureux par le pape Jean-Paul II en 2000) ; Jacinthe Marto, (5 ans (née en 1910, décédée en 1920, également de la grippe espagnole - déclarée Bienheureuse avec son frère par Jean-Paul II en 2000) ; Lucia Dos Santos, 8 ans, leur cousine (née en 1907, décédée au Carmel en 2005). L’Église détient la révélation d’un secret qui a été communiqué récemment précautionneusement entouré de commentaires.

Banneux : Du 15/1/1933 au 2/3/1933, (soit 12 jours après la dernière apparition de Beauraing) 8 apparitions à Banneux près de Verviers en Belgique à Mariette Béco, 12 ans, (née le 25/3/1921) qui vit toujours, retirée non loin de là. Sa vie ne fut pas plus que pour ceux de Beauraing marquée par une existence particulièrement remarquable du point de vue religieux. A ma connaissance, elle a tenu un débit de boisson et de vente de souvenirs pour les pèlerins près du lieu des apparitions avant sa retraite.

 

{21} J’ai relevé sur le site « spiritualité-chrétienne.com », de l’Église catholique romaine, les informations intéressantes suivantes :

 

Qu’est-ce qu’une apparition ? La réponse donnée se réfère d’abord à l’Ancien Testament - prophète Joël 3-1  : « Je répandrai mon esprit sur toute chair. Vos fils et vos filles prophétiseront, vos anciens auront des songes, vos jeunes gens, des visions. »

 

D’autre part, ce site de l’Église reprend de l’Encyclopédie catholique de M. Centini le passage suivant : « Étant donné que la vue et le toucher sont les deux sens qui rendent compte de la façon la plus directe de la réalité objective, il se produit, dans l’apparition ce que les théologiens appellent « le sentiment de la présence ». En fait, la personne témoin d’une apparition est convaincue d’être en contact immédiat avec l’objet qui est manifesté à elle, et non pas d’en subir une influence quelconque ou de se trouver face à une image, à une reproduction de cet objet »

 

Plus loin l’Église relate un avis autorisé de Benoit XV, pape de 1914 à 1922 : « Il faut savoir que l’approbation par l’Église à une révélation privée n’est pas autre chose que la permission accordée, après examen attentif, de faire connaître cette révélation pour instruction et le bien des fidèles. A de telles révélations, même approuvées par l’Église, on ne doit pas et on ne peut pas accorder un assentiment de foi ; il faut seulement, selon les lois de la prudence, leur donner l’assentiment de la croyance humaine, pour autant que de telles révélations soient probables et croyables pour la piété [….] ».

 

Ce qui veut bien dire que l’Église, elle-même, ne reconnaît pas les apparitions comme manifestation réelle de Jésus-Christ, de la Vierge ou des saints.

 

Toujours selon les mêmes sources (spiritualité-chrétienne.com), les experts de la 42ème semaine mariale à Saragosse en 1986 ont dénombré au moins 21.000 apparitions mariales depuis l’an 1000, mais l’Église n’en a authentifié officiellement qu’une quinzaine (dont Lourdes, Fatima, Beauraing et Banneux, reconnus par les Évêques des diocèses concernés)

 

Il est important aussi de signaler que la reconnaissance par l’Église d’une apparition comme digne de culte est de l’autorité de l’évêque du lieu en vertu de sa mission de chef de l’Église locale.

 

{22} En ce qui concerne les apparitions de Beauraing, j’ai cherché à trouver le maximum de réponses aux éléments qui m’ont interpellé lorsque j’ai pris connaissance des écrits de l’oncle de Vonêche. J’ai analysé particulièrement les premières pages de son livre, celles qui décrivent le début des « apparitions »

 

Le premier jour, la vision est aperçue au-dessus d’une grotte artificielle reproduisant celle de Lourdes que les sœurs ont fait construire dans le talus qui soutient une voie de communication qui en enjambe une autre pour permettre aux réseaux routiers et ferroviaires de se croiser sans passage à niveau, la voie de chemin de fer surplombant l’autre.

 

Les enseignantes de l’institut que fréquente une des voyantes, Gilberte Voisin, appartiennent à l’ordre des Sœurs de la Doctrine Chrétienne de Nancy,  fondée en 1716, par le chanoine Jean-Baptiste Vatelot pour scolariser les filles des campagnes. Ces religieuses ont une formation spécifique d’institutrice de village en vue d’éduquer les mères de famille du milieu agricole aux fonctions ménagères.

 

C’est le gar çon de 11 ans qui signale aux autres qu’il aperçoit la Vierge de la grotte qui bouge (il y a plusieurs versions, mais je retiens celle de l’oncle dont la source est Madame Degeimbre, ancienne paroissienne et mère de deux voyants) ; la sœur du gamin voit à son tour quelque chose, en sortant du pensionnat, et s’exclame : « Qu’est-ce que c’est çà là-bas ». D’autres versions selon l’oncle rapportent que la petite n’aurait rien dit alors.

 

Effrayés, les enfants se sauvent sans se retourner sauf, peut-être suivant certaines sources fiables, deux d’entre eux qui voient encore une forme lumineuse qui se déplace sur le pont et qui a l’apparence d’une dame.

 

Les enfants, c’est-à-dire, outre le garçon Albert Voisin (11 ans), ses sœurs Fernande (15 ans) et Gilberte (13 ans) ainsi que leurs amies Andrée Degeimbre (14 ans) et sa sœur Gilberte (9 ans) sont effrayés.

 

Il est probable que la forme humaine qu’ils ont cru voir alors, fut la transposition d’une source lumineuse allant et venant le long de la voie ferrée sur le pont du chemin de fer.

 

Peut-être un véhicule de service ou plutôt un ouvrier avec une « lanterne- tempête » comme on en utilisait alors à la recherche d’une anomalie urgente à contrôler…. ou réparer …?

 

De l’endroit où les enfants ont aperçu cette forme lumineuse, il se pourrait qu’au travers des branches, elle ait donné l’impression qu’il s’agissait d’une forme humaine qui dans le contexte de piété du moment (proximité du 8 décembre fête de l’Immaculée Conception et de la Noël) se soit transposée en Vierge de la grotte se déplaçant suivant les mouvements d’allées et venues de quelque chose sur le pont.

 

D’ailleurs, l’oncle mentionne plus loin dans son livre que la sœur portière lui avait rapporté que les enfants affirmaient avoir vu la Vierge de la grotte marcher sur le pont et qu’elle les avait traités de petits sots.

 

Plus loin dans son récit (noté à la date de juillet 1933), l’oncle signale qu’ayant interrogé les voyants à cette époque-là pour obtenir certaines précisions, il aurait reçu la réponse suivante : « Le premier jour, nous avons bien vu l’apparition, de forme humaine, mais pas les rayons, ni les reflets. C’est le jeudi, près du houx que nous l’avons vue avec des rayons et reflets bleus sur sa robe ».

 

Le lendemain à la même heure vers 18 heures trente, les enfants retournent « à la grotte », naïvement persuadés que c’est l’heure de prédilection de la vision ; ils sont effrayés et se cachent les yeux. Quand ils en reviennent, excités, ils racontent qu’une « dame » leur était apparue au même endroit que la veille : elle a les mains jointes et semble se promener dans l’espace au-dessus de la grotte. Les parents les grondent et ne veulent rien entendre de leurs « sottises ».

 

Il est probable que c’est pendant ces deux jours que le phénomène de transposition du réel au surnaturel s’est installé dans le cerveau et le subconscient des « voyants ». Ils vont se convaincre mutuellement d’avoir vu la Vierge, préparés mentalement par leurs enseignants qui ne vont pas manquer de leur parler de la fête de l’Immaculée Conception toute proche.

 

Les voyants vivent dans un environnement scolaire de piété, renforcé par l’approche de la Noël et de la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre. Ce dogme, décrété par Pie IX, le 8 décembre 1854, signifie que Marie, mère de Jésus-Christ, fut conçue exempte du péché originel. (Faute d’orgueil du premier homme dans le paradis terrestre qui, pour un chrétien, est effacée par le baptême).

 

Ce culte marial frappa les esprits de l’époque, rappelons que la vision de Lourdes se passa quatre ans après la proclamation de ce dogme, en 1858 et que Bernadette Soubirous, qualifia celle qui lui était apparue d’Immaculée Conception, appellation reprise également par Lucia Dos Santos la voyante de Fatima, ceux de Beauraing la simplifieront dans le vocable de « Vierge Immaculée » qui provient peut-être du vocabulaire utilisé par leurs enseignants.

 

Les visionnaires de Beauraing, se trouvaient vraisemblablement placés dans un contexte favorable au déclenchement du phénomène : les écoles catholiques et plus particulièrement celle que fréquente la petite Gilberte de 13 ans sont très préoccupées d’inculquer le culte marial à leurs élèves, concrétisé d’ailleurs par la représentation de la grotte de Lourdes dans leur propriété.

 

Le 1er décembre, troisième jour des apparitions, Madame Degeimbre et cinq personnes de son entourage accompagnent les enfants pour mettre les choses au clair. Madame Degeimbre s’est munie d’un bâton « à vache » pour casser la « gueule » au mauvais plaisant. La vision apparaît aux enfants partis en avant, non loin de la grille, alors que le groupe n’avait même pas atteint la grotte et l’aubépine qui la surmonte. La dame aurait frôlé le sol pas loin d’eux, souri, joint les mains et ouvert les bras avant de disparaître.

 

Ce jour-là, vers vingt heures, suivant le livre de l’oncle, madame Degeimbre décide de retourner « à la grotte » avec quelques amis et seulement trois des « voyants », les deux « Gilberte » ayant été trop impressionnées. Les adultes vont en avant et recommandent aux enfants de ne pas crier et de dire plutôt une prière qui les protégera.

 

Le groupe approchait de la grille quand soudain les enfants s’écrient « La voilà », ils tombent à genoux et récitent des «ave Maria » (courte prière à la Vierge). Madame Degeimbre se porte en avant pour fouiller les buissons avec sa lampe de poche et son bâton, quand Andrée s’écrie : « Arrête, Maman, tu es dessus ».

 

Les adultes inspectent encore les lieux sans rien trouver et décident d’aviser le Doyen qui les reçoit avec sagesse et bonhomie, mais sceptique, leur recommande de rester discret et que si c’est la Vierge, rien ne leur arrivera de fâcheux.

 

Dès le 2 décembre, les sœurs ferment les grilles de leur établissement le soir et lâchent deux chiens. Cependant les cinq enfants voient « l’apparition » au travers de la grille et tombent simultanément à genoux. Ce sera à partir de ce jour que les voyants se précipiteront ensemble sur les genoux et réciteront des « ave maria » pendant l’apparition.

 

Des témoins crédibles racontent que les enfants tombent simultanément au moment de l’événement, sans se blesser et sans connivence possible surtout quand ils sont séparés et contrôlés par des adultes ayant autorité sur eux. Á peu de choses près, ils semblent bénéficier d’une vision identique.

 

Ce phénomène de comportement collectif (même réduit à cinq personnes) est à rapprocher de celui que l’on constate chez les êtres vivants grégaires, comme les poissons en bancs, les criquets, les moutons… les étourneaux et autres lemmings…

 

Quant à la communication entre des êtres vivants quelle que soit la distance qui les sépare, on peut citer le phénomène du pigeon voyageur qui retrouve le colombier de son couple après avoir parcouru de très grandes distances (Il y a des lâchers de Barcelone à Bruxelles).

 

Les célèbres artistes de music hall, Myr et Myroska, Édouard et Sarah, ont-ils un truc ou n’est-ce tout simplement qu’un phénomène de transmission de pensée ou de vision ? (Ils parviennent à se communiquer des détails aussi difficiles à transmettre que des renseignements précis figurant sur des documents sortis d’un portefeuille…ou inconnus du comparse, mais révélés en pensée par le cerveau du propriétaire interrogé.)

 

Il y a également les « hallucinations collectives » qui se produisent chez les humains lors de manifestations politiques ou religieuses, lorsqu’ils sont placés dans un contexte d’exaltation des masses en « transes ». (manifestations politiques violentes de tous genres au mépris de la mort et des suites catastrophiques ; manifestations idolâtres pour des vedettes ; exaltations religieuses envers des symboles pieux ; débordements de ferveur dans des lieux sacrés comme La Mecque et Rome – j’en fus moi-même acteur et témoin - Voir chapitre sur Rome et Florence : canonisation de Nicolas de Flue.

 

Tout observateur attentif aux comportements de ces groupes doit constater que le cerveau de chaque individu est « télécommandé» extérieurement par les circonstances ou la proximité d’un danger. Ainsi j’ai pu constater à la vision d’un reportage sur le dressage de chien de troupeau que l’important groupe de moutons réagissait simultanément et unanimement aux menaces des chiens. Il semble donc qu’il y ait une inter-communicabilité extérieure qui se manifeste dans ces groupes les faisant agir comme une individualité, comme le ferait un banc de poissons.

 

Chez les humains interviendront aussi la parole et la pensée : ainsi pour Beauraing, ce sera la première fois, le troisième jour, que les enfants interrogeront l’apparition et qu’ils recevront des réponses, approximativement ceci : « Etes-vous la Vierge Immaculée », réponse par un signe de tête affirmatif « Que nous voulez-vous ? » réponse : « d’être bien sage »

 

Les questions ont été posées par le garçon et entendues par tous y compris les réponses fournies par la vision. Il est peut-être intéressant de noter que, dans le premier temps, c’est toujours le garçon qui prend les initiatives. (C’est lui qui est à l’origine de l’événement).

 

Un témoin suggère d’envoyer son garçon de onze ans qui n’a pas assisté aux apparitions en espérant qu’il verrait lui aussi. Ils y retournent tous et la vision réapparaît, mais pas au petit de onze ans. Il est évident qu’il n’avait pas la préparation psychologique des autres.

 

A ce stade-ci de nos constatations, on doit reconnaître qu’il se produit les phénomènes suivants qui posent question :

 

- Les enfants ont simultanément une vision identique de l’apparition et entendent dans presque tous les cas les mêmes paroles. Il y a donc interconnexion extérieure des cerveaux, un « cerveau-maître », au début celui du garçon conduisant les autres.

- L’apparition se déplace, agit en ouvrant les bras, lève les yeux et entretient avec les enfants une conversation logique dans le contexte du moment et de l’état d’esprit religieux des « voyants ».

- Le « cerveau-maître » inconsciemment transmet sa vision et son dialogue aux autres qui vraisemblablement construisent avec lui, intervenant pour apporter des particularités propres à leur personnalité.

 

Le samedi 3 décembre, les parents parvinrent à empêcher les voyants de se rendre « à la grotte », la petite Gilberte étant reconduite à son domicile par une religieuse (il y avait école le samedi à cette époque).

 

Le dimanche 4 décembre, vers 19 heures, les enfants reviennent à la grotte, emmenant avec eux un petit ami paralytique de 9 ans et un aveugle de 30 ans, oncle de Gilberte et Andrée. Albert, toujours lui, demande à la vision de les guérir. La dame sourit et ne répond pas ; Albert continue : « Quel jour faudra-t-il venir ? » réponse : « Le jour de L’Immaculée Conception ». Fernande alors demandera : « Faut-il vous construire une chapelle » à la suite de sa réponse affirmative, la vision disparaît.

 

L’oncle aveugle de Gilberte Voisin prétendra avoir « vu » quelque chose, la description qu’il donne rappelle Notre Dame de Lourdes.

 

Le 5 décembre, poussé par sa mère, Albert demande à la vision qu’elle fasse tous les miracles qu’elle peut en plein jour, pour prouver qui elle est : pas de réponse puis elle disparaît pour revenir plus tard… Je suppose que leur subconscient réaliste recule devant l’énormité de tel événement….

 

Voici la description de la vision rapportée entre guillemets par l’oncle, sans doute rédigée par un adulte sur instructions des enfants ; cette image s’est installée progressivement dans leur petit cerveau à partir du 5 décembre, jour où la vision s’est imposée dans leur subconscient pour se préciser sans doute davantage par la suite :

 

« La dame est blanche et brille comme le soleil, mais d’une lumière qui ne fait pas mal. Des rayons d’or, en nombre infini, entourent la tête d’une teinte indescriptible. Les yeux sont bleus et lumineux, les lèvres rouges, le teint rosé. Un voile blanc couvre le front, encadre le visage, cache le sommet des épaules et retombe derrière les coudes. La robe est droite avec de nombreux plis de haut en bas, et des reflets obliques bleus partent de l’épaule gauche. Les pieds et le bas de la robe sont enveloppés d’un nuage qui festonne le bas du vêtement et sur lequel la vision semble se tenir. Les mains sont jointes et reposent sur la poitrine. La dame est plutôt petite de la taille des enfants ; elle regarde tantôt le ciel, tantôt les enfants à qui parfois elle sourit. »

 

Il est surtout intéressant de rapprocher cette description de celle rapportée par l’oncle et qu’il a entendue avec l’abbé Pestiaux, curé du village voisin, qui l’avait accompagné (Je l'ai bien connu, il était mon confesseur car je ne tenais pas à raconter mes "méfaits" à l'oncle qui, à l'inverse de lui, était un homme jovial, au rire sonore violant les murs). En voici la relation in extenso :

 

« Mardi 6 décembre, je me suis rendu en voiture avec L’abbé Pestiaux, curé de Froidfontaine, nous avons rendu visite à Madame Degeimbre et j’ai eu l’avantage de voir et interroger Gilberte, sa fille cadette (9 ans), Andrée sa sœur aînée était chez son oncle pour faire diversion. Gilberte vient de rentrer de classe : elle est en petites bottes et bonnet de laine. Avec aisance et sans hésitation, Gilberte nous raconte les premières apparitions.

 

« Qu’as-tu vu dans la cour des religieuses ? » « La vierge Immaculée »

« Comment est-elle ? » (Je résume la réponse de l ‘enfant) « Elle est belle – jeune – plutôt petite ( 1m25 à 1m50). Elle est vêtue d’une robe blanche avec des reflets bleus qui obliquent de gauche à droite. La tête est entourée de rayons dorés. Les pieds et le bas de robe sont cachés par une sorte de nuage qui forme des festons. Elle a un voile sur la tête ; il descend derrière les épaules. Les mains sont jointes et s’ouvrent quand la Vierge disparaît »

« Gilberte unit le geste à la parole – « Est-il vrai que l’apparition a promis un miracle le jour de sa fête » « Oh ! la sainte Vierge n’a pas dit ça, nous avons demandé de guérir notre petit camarade Degourdenne et mon oncle (l’aveugle) » ; elle n’a pas répondu et elle a dit « Venez le jour de l’Immaculée Conception ».

 

« Nous avons aussi demandé « Faites tous les miracles que vous pourrez en plein jour (pour qu’on les voie bien) ajouta l’enfant » - elle n’a pas répondu. Puis nous avons dit quand alors, réponse : « Le soir ».

 

« La fillette nous raconte ensuite que les deux premiers jours, ils l’avaient vue au-dessus de la grotte ; le troisième jour du côté du nouveau bâtiment « On aurait dit qu’elle se promenait en nous attendant. »

 

Par la suite, mais bien plus tard, certains voyants ajouteront à la description deux éléments importants : un cœur d’or au milieu de la poitrine et un chapelet pendu au bras qui n’a semble-t-il pas de crucifix, à moins qu’il ne soit caché par les plis de la robe.

 

Si je me suis permis cette relation détaillée des premiers jours, c’est que je tenais à bien transcrire les éléments essentiels que j’ai tirés du récit de l’oncle, que je considère comme absolument véridiques et non tendancieux en raison d’une honnêteté intellectuelle que son entourage ne lui contestera jamais.

 

Comme dans les apparitions de Lourdes et Fatima, vénérées par les Belges chrétiens, la mystérieuse dame confie aux voyants un ou plusieurs secrets.

 

En ce qui concerne les révélations confidentielles faites à Beauraing, les avis divergent notamment dans leur évocation par le site de la ville elle-même et du clergé qui parle de trois voyants qui en auraient bénéficié, alors que l’oncle dans son manuscrit est convaincu qu’ils en sont tous détenteurs.

 

Lui qui a entendu les voyants après les révélations du dernier jour, relate dans son « cahier-registre » que son beau-frère (un autre oncle), Georges Hubert, instituteur de Mesnil-Église (village voisin), a posé quelques questions devant lui aux enfants au sujet de ces fameux secrets.

 

Voici la transcription fidèle du récit de cet interrogatoire rapporté par l’oncle curé :

 

L’instituteur pose alors quelques questions. A Albert : « Ton secret est-il triste ou gai » « Pas triste pour moi mais pour mes parents… ». A Gilberte Voisin, même question, réponse : « Ni triste, ni gai ». A Gilberte Degeimbre, même question, Gilberte reste muette, Monsieur Hubert dit alors à Gilberte Degeimbre : « Si ton secret était le même pour Albert et Gilberte Voisin, serais-tu contente ? » Gilberte sursaute et dit « Oh, oui très contente ». Le curé de Vonêche alors, gêné de cet interrogatoire inquisiteur, l’arrêta.

 

S’entretenant entre eux, les enfants se mirent chacun à compter les mots qui composaient leur secret et en révélèrent le nombre aux quelques personnes présentes, mais aucune ne se souviendra des chiffres et l’oncle qui les avait notés ne les retrouvera plus.

 

Á la lecture de ce qui précède, on constate que tous les enfants ont retenu quelque chose de particulier qui ne devait pas être bien long puisqu’ils en comptaient les mots de mémoire, mais qui les troublait cependant. Il se peut qu’avec l’âge, ils ont réalisé le caractère enfantin et naïf de leur contenu. On ne sait si Jean-Paul II qui a entendu en privé trois des voyants a eu révélation de ces fameux secrets.

 

L’oncle relate aussi que, ce soir-là, Madame Degeimbre aurait dit subitement à sa fille Gilberte : « Quand tu seras couchée, tu me diras ton secret ? » (Elle dormait avec sa mère). La petite se serait redressée et aurait répliqué : « Pas même au Pape »….

 

Questions qu’on peut se poser ? Pourquoi le privilège d’un secret confié à des enfants qui ne peut être révélé « même pas au Pape »… ?

 

Quant aux paroles essentielles de la Vierge de Beauraing, elles sont inspirées de celles que les enfants ont entendues dans leurs écoles pendant cette période intense de culte marial précédent le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception.

 

D’ailleurs, ce jour-là, suivant les témoins, les enfants tombent « en extase » un quart d’heure, la vision leur paraissant plus belle que jamais. Il y avait une foule immense, la nouvelle s’étend répandue qu’un miracle serait peut-être accompli.

 

A cette époque, le culte marial était très fervent et les religieuses n’ont certainement pas manqué de préparer leurs élèves à cette fête importante pour elles en insistant sur certaines phrases propres à cette dévotion.

 

Ces phrases vont se retrouver parmi celles que les enfants ont cru entendre :

Le 2 décembre : « être bien sage » ; le 17, elle demande une chapelle, comme dans les apparitions de Lourdes et Fatima ; le 21, à la question : « Dites-nous qui vous êtes », elle répond : « Je suis la Vierge Immaculée » sans doute «l’ Immaculée Conception » de Lourdes tronqué ; Les phrases des 30 décembre et trois janvier sont typiques de l’enseignement religieux et marial : « Priez beaucoup, priez toujours » ; « Je convertirai les pécheurs » ; « Je suis la Mère de Dieu, la Reine des cieux » ; « Aimez-vous mon fils, m’aimez-vous » ; « Sacrifiez-vous pour moi ».

 

Je reste convaincu que les enfants sont sincères : ils ont vu et entendu ensemble ce qu’ils rapportent, ils n’inventent rien : ils répètent ce que leur subconscient leur dicte. Dans un contexte d’époque, de lieux et de circonstances (des « ave Maria » dans des nuits glacées de décembre repris par une foule de plus en plus dense et fervente), ils se sont trouvés en état de transe avec simultanéité de mouvement, de pensée, de vision dans un bain progressif de foi collective apportée par des croyants fervents de plus en plus nombreux.

 

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