Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

05/09/2015

Le bonheur ça s'apprend

L’art de vivre heureux malgré les vicissitudes de la vie.

Étude approfondie des sujets.

 -

Le bonheur ça s’apprend

 

Le Grands Robert renseigne qu’une définition ancienne se réfère à l’étymologie du mot « bonne heure » c’est-à-dire chance, événement heureux, …mais que depuis le XVème siècle il a pris le sens  de l’état de la conscience  pleinement satisfaite (Béatitude, bien-être, félicité, plaisir, prospérité, contentement, enchantement, euphorie, extase, joie, satisfaction etc..

Le bonheur est un état subtil et inconstant. … A sa naissance, le nouveau-né et la maman souffrent énormément. … Vous enfanterez dans la douleur dit l’ancien testament. … Le bébé pleure pour manifester son inconfort, c’est son seul moyen de communiquer avec le monde extérieur. … Cette souffrance-inconfort cessera quand il sera nourri ou dans les bras de sa maman. … Peut-on appeler ça le bonheur ? … il s’agit plutôt d’un sentiment furtif de satisfaction. …

L’enfant est constamment contrarié, il a cependant  des périodes de joies dans ses jeux, ou aussi lorsqu’il reçoit un cadeau et mange des friandises. … Peut-on appeler ça le bonheur ? …  il s’agit plutôt d’un sentiment furtif de satisfaction. …

Le jeune enfant et l’adolescent subissent les contraintes de leur éducation. … S’ils sont collectifs, avec  la rivalité et l’échec, les périodes de jeux sont également génératrices de beaucoup de moments  de déception, … Ils y trouvent cependant les joies de la camaraderie, de l’amitié et de l’émerveillement. … Peut-on appeler ça le bonheur ?...  il s’agit plutôt d’un sentiment furtif de satisfaction.

L’adulte, quand il est jeune, doit faire face aux contraintes de la rivalité, de l’incertitude de l’avenir et de la déception amoureuse. … Quand, à la trentaine, il atteint le confort de la sécurité et de la réussite, il ressent les aléas de l’emploi tout en se réjouissant de s’y maintenir … A la quarantaine et à la cinquantaine, il endurera la contrainte des problèmes de la famille, de l’éducation et de l’avenir de sa descendance. .. Cependant il se réjouira, si c’est le cas, de la réussite de celle-ci et de celle des siens. …  A la soixantaine et septantaine, il aura atteint l’âge de la retraite avec le  vieillissement de son état physique et les problèmes de santé y inhérents. Cependant, il se réjouira de l’abondance de ses loisirs et sa disponibilité. … A la fin de sa vie, que les progrès de la médecine rendent de plus en plus longue, Il ressentira l’angoisse d’un avenir incertain dans le temps, marqué par les infirmités de la vieillesse et le deuil des êtres chers. … Cependant, il aura le plaisir de choyer ses enfants et petits-enfants et d’atteindre la philosophie que lui a procurée une longue existence … aussi aura-t-il la lucidité, en retournant dans son passé d’en déduire, que son bonheur fut futil et artificiel et que les souvenirs qui lui en restent ont été embellis par son imagination.

Ce long préambule veut mettre en exergue, le caractère très aléatoire de l’existence de l’être vivant qui a développé un cerveau jusqu’à l’intelligence, … cette faculté lui permet de ressentir les joies et les souffrances et de les exprimer avec le langage très élaboré que la sélection des meilleurs et des plus adaptés a créée.

L’évolution du langage jusqu’à nous, fut une très longue histoire. … Il fut d’abord limité aux nécessités de notre adaptation au milieu. … Quant aux animaux, ils n’ont développé qu’une intelligence conditionnée par leur habitat et leur reproduction …

Les facultés de certains furent performantes,  (Le flair du chien, le chant des oiseaux, l’intelligence collective de certains insectes et animaux, le vol ailé et le déplacement dans les milieux marins, les performances de la vue et de l’ouïe etc.)

L’intelligence des humains fut une très longue histoire. … Les prédécesseurs de l’homo sapiens poussaient des cris comme tous les animaux évolués ou se manifestaient par certaines attitudes. … Une mutation de l’homo sapiens vers l’homo sapiens sapiens le rendit capable de penser. … La pensée évolua  vers le langage, d’abord sommaire ensuite de plus en plus élaboré …

Le langage favorisa la communication et le cerveau développa la mémoire intelligente, celle qui permet de déduire et de créer des concepts. … Quant aux autres êtres vivants, ils développèrent la mémoire génétique qui est indispensable à leur adaptation à leur milieu. …

Ce long préambule était nécessaire pour bien situer ce sentiment furtif du bonheur propre à l’homme intelligent qui ne peut s’acquérir et se développer qu’en dominant l’instinct de souffrance physique ou morale qui conditionne l’existence des êtres vivants …

Cette attitude à acquérir ne peut s’obtenir qu’en s’appliquant à adopter une attitude positive dans toutes les difficultés de la vie. … Je peux affirmer que je suis arrivé à ce « nirvana » prétendument utopique.

Je signale que ce travail me fut demandé par ma fille, infirmière psychiatrique, dont la profession est précisément l’adaptation des étrangers en souffrance mentale résultant de leur situation précaire ou de leurs difficultés à s’intégrer dans un milieu  déconcertant et souvent hostile.

Je réalise que cette démarche est d’autant plus difficile que ce groupe social subit les plus grandes difficultés morales dues à la précarité de leur situation matérielle. … Cependant, une gestion positive du psychique leur permettra d’être plus performant dans la recherche d’un emploi et d’y demeurer.

Pour conclure d’une manière imagée : Le bonheur se construit briques après briques … A la naissance  nous n’avons que les quelques briques que nous apportent nos parents, … Tout au long de la vie, nous ramassons par-ci, par là quelques briques pour bâtir l’édifice du bonheur, souvent branlant et qui se construit mal. … Nous le détruisons ou il se fait détruire par les conséquences aléatoires de la vie ou par la méchanceté des autres et ce qu’il en reste est branlant et difforme … Il arrive parfois, que découragés ou défaitistes, nous ne le reconstruisons plus et rejoignons la horde des aigris. … A la fin de notre existence, notre bonheur sera beau ou minable, branlant ou solide tel que nous l’aurons construit ou reconstruit au fil de notre vie  …

Aussi, ce travail n’a-t-il pas d’autres prétentions que de fournir les conclusions d’une étude dictée par l’expérience et la réflexion de son auteur.

 

-----

 

Les contraintes physiques.

1.  La nourriture et les régimes alimentaires

 

Le régime alimentaire est une contrainte que subissent beaucoup de monde, forcés de modifier leurs habitudes alimentaires. … Quand il est prescrit pour soigner, il ne faut pas se lamenter. … Au contraire, on doit, positivement, se documenter sur la manière de le subir avec plaisir. …

Oui, avec plaisir, …car la nourriture dépend du milieu dans lequel on évolue. … Dès l’enfance, nos éducateurs s’efforcent à nous habituer à consommer les mets de leur milieu … Certains mangent de tout, d’autres restent difficiles. …

Il est important de signaler que le choix de la nourriture est dépendant du milieu dans lequel on évolue … Ce comportement est donc très aléatoire et subjectif. …

De par le monde, les menus les plus divers et les plus rebutants existent … En voici quelques exemples :

Biscuit de guêpes (Omachi – Japon) – Œufs de fourmis (aspect riz – Laos) – Poissons séchés traités à la lessive (Lutfisk – Norvège) – Filets de hareng avariés puants (Alaska) – Embryons de canard bouilli vivant (Baut – Philippine) – Fromage avec asticots vivants (Casu Marzu – Italie) – Œufs bouillis dans de l’urine de garçon de moins de dix ans (Zong Zi Dan – Chine) viande de chat (Chine, Pérou et Suisse – transformée en boulettes et servie avec une soupe de Chat) – Soupe de scorpions (Chine – coloro)

Et j’en passe, il y en a plus de cent différents. …

Dans cette liste figure des mets considéré comme répugnants dans le monde, mais un délice pour nous. … Ainsi le steak tartare, appelé en Belgique « américain » (pourquoi ce nom) dont  personne n’ignore que les américains en  particulier ont horreur de manger de la viande crue. … les huitres, les fruits de mer et les moules ne sont dégustés qu’en France et Belgique et un peu en Hollande. … Les escargots de Bourgogne et autres ne sont appréciés qu’en France et Belgique, pourtant leur bave est dégoutante, aussi la camoufle-t-on  avec du beurre aux fines herbes … Aux alentours de la Grand place de Bruxelles, les escargots sont cuits par des marchandes ambulantes les présentant dans un bouillon de légumes et d’herbes les aromatisant. …

Cette longue démonstration référencée veut confirmer notre assertion que l’alimentation des humains dépend du milieu et  s’éduque dés la naissance. … Le bébé n’aime que le lait de sa mère. … Toutes les femelles mammifères du règne animal nourrissent leurs petits du lait qu’elles produisent. … Par la suite, elles s’efforcent d’éduquer leur progéniture à consommer une nourriture propre à leur milieu … Chez les humains, les mamans s’efforcent avec beaucoup de patience et d’amour à apprendre à leurs petits enfants « à manger de tout»

Cette alimentation  traditionnelle est souvent contrariée par les régimes imposés. … Ainsi, dans mon enfance, perturbée par une maladie du foie, je lorgnais avec envie les assiettes de mes voisins baignant dans la sauce. …

Comme je ne cesse de le répéter, pour atteindre cette aura du bonheur permanent à laquelle je suis arrivé,  il est nécessaire d’éloigner tout ce qui le contrarie, ce qui n’est pas aisé. …

Pour l’atteindre, il faut pratiquer ce que j’appelle le réflexe du positif. … Prendre l’habitude d’ignorer le négatif … et se brancher immédiatement sur les aspects positifs de la situation. … Il y en a toujours, mais il faut les mettre en évidence,  et même s’ils ne sont pas immédiats, il faut les espérer en imaginant le bonheur qu’il va nous procurer …

Certains événements de la vie sont durs et cruels, tels les souffrances graves, souvent à la limite du supportable,  des proches ou leur décès. … Le dernier chapitre s’efforcera de positiver quand même la situation en insistant sur le rôle utile de celui qui accompagne et ne sera efficace que s’il possède l’entièreté de ses moyens d’assistance. …

J’aimerais terminer ce chapitre en relatant une expérience personnelle. … Ma situation cardiaque m’imposait un régime alimentaire sans sel et sans sauce. … Je me suis efforcé  de rechercher dans la nourriture naturelle, à peu près telle qu’elle sort de l’étal des commerçants,  la saveur propre à chaque aliment avant sa préparation … Ce fut une expérience gustative passionnante et enrichissante. …

Cependant, je me délecte toujours des bons plats et me permet d’y toucher régulièrement avec plaisir. … C’est une excellente « vaccination » qui habitue l’organisme aux écarts mesurés et réguliers. … Cette « violation du régime » doit toujours se faire avec l’accord de son médecin quant à la fréquence et le contenu de l’assiette, … au début en tous cas, pour arriver à ce que l’organisme en supporte les excès. … Cette manière de gérer son « régime » me permet de répondre sans contraintes aux invitations et de les apprécier. …

 

 -----

 

 

16/11/2010

Ch. 29.4c - De l'illusion à l'abstraction de la pensée.

 

Symphonie de l'Harmonieux - Mélodie de l'existence

-

Carnet de notes de cinquante années de réflexions sur

la motivation d'exister et la valeur de nos croyances

-

Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l'appel de s'(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de  « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l'appel que j'ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l'obscurité que maudire l'obscurité » disait Confucius, aussi appelons l'action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d'une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d'Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

-------

Propos d'un octogénaire provenant

d'un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s'écouler à

s'interroger sur les motivations d'exister

et la valeur des croyances.

Il s'avoue agnostique par loyauté de pensée

avec l'athéisme comme hypothèse de réflexion.

-------

Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l'obtenir immédiatement

 

-----

 

Ch. 29.4c - De l'illusion à l'abstraction de la pensée.


 

A propos de l'illusion, rappelons l'énoncé du  cybernéticien Heinz von Foerster (1911-2002) cité dans la partie 4 de mon exposé :

« Notre faculté de voir dépend de la rétine qui absorbe la lumière du monde extérieur, puis transmet des signaux au cerveau.  Ce même schéma s'applique d'ailleurs à toutes nos perceptions sensorielles. La rétine ne perçoit pas la couleur, elle est  aveugle à la qualité de la stimulation et n'est sensible qu'à sa quantité. Cela ne devrait  pas constituer une surprise, ajoute Von Foerster, car en fait il n'y a ni lumière ni couleur en soi : il y a seulement des ondes électromagnétiques.  De  même, il n'y a ni sons ni musique : seulement des variations momentanées de la pression de l'air sur nos tympans.  Il n'y a pas de chaud, pas de froid : seulement des molécules en mouvement avec plus ou moins d'énergie cinétique, et ainsi de suite. »

En réalité ce que l'on croit être là, n'est véritablement pas là

°Tiré de J.Guitton, I&G.Bogdanov - Dieu et la science - p.179/180°

 

MELODIE DE L'ILLUSION.

Le réel est en conflit

Dans son duel de l'espace

Avec celui de son lit

Qui lui cédera sa place.

 

Le réel épris de temps

S'est bercé d'émotion

A la faveur du printemps

Qui portait son action.

 

Le réel n'est pas fidèle,

C'est l'amant aux fleurs fanées

Recueilli devant la stèle

Des passions délaissées.

 

Le réel se joue de nous,

Car il nous promet le ciel

Quand nous sommes à genoux,

Attendant son arc-en-ciel.


Le réel c'est l'illusion

Qui nous trompe depuis toujours

Quand on fait miroiter l'amour,

En fruit de nos évasions.

 

Le réel c'est l'illusion

Des âmes tronquées d'espoir

Qui épient dans un miroir

Leur ferveur en éclosion.


°°°°°°°°

Qu'est-ce qu'une illusion ?

L'interprétation erronée d'une donnée sensorielle. (Larousse) ; erreur qui semble se jouer de nos sens, les tromper. (Littré) ; erreur de perception causée par une fausse apparence (Robert) ; perception erronée due à une apparence trompeuse (Hachette).

Nos sens nous permettent de percevoir toutes les données de notre environnement.

Le crayon que je tiens dans ma main et que j'ai posé sur sa pointe existe parce que mes doigts par le toucher en perçoive la forme et le volume et que mes yeux envoient à mon cerveau son image et en décodant la lumière que le soleil (ou une source électrique lumineuse) transmet à mon œil en enregistrant sa longueur d'onde exprimée en nanomètres (milliardième partie du mètres) tout en véhiculant l'énergie particulière de sa couleur, ce qui me permet de distinguer la nuance voulue par son fabricant.

En effet, c'est depuis 1920 qu'on sait que la lumière est une particule qu'on a appelée photon et que la différence entre les couleurs provient de la quantité d'énergie que celui-ci véhicule.

Cette énergie s'exprime par une onde dont la longueur peut se mesurer en nanomètres (la milliardième partie du mètre).  Ainsi le rouge, au haut de cette échelle, mesure 700 nanomètres et le bleu, au bas,  480.

Nos yeux, par l'apprentissage qui augmente les fonctions cérébrales surtout pendant les vingt à vingt-cinq premières années de la vie, sont capables de distinguer  une dizaine de millions de nuances...( sic !)

Cette faculté est un des avantages de l'homme civilisé qui a développé au maximum les nuances grâce à ses progrès dans la chimie des couleurs et dans le domaine des spectrographes - appareil servant à étudier la décomposition (spectre) d'un rayonnement.

-----

Revenons-en à mon crayon, sa fonction consiste à servir d'intermédiaire par le tracé de l'écriture entre ma pensée et un support papier qui va la recevoir.

L'écriture est conventionnellement formée de signes imaginés par l'être humain pour traduire son langage et garder ou capter sa pensée.

Notre ancêtre des cavernes, bien repu et à l'abri des fauves, s'est mis à émettre des cris, puis des sons pour exprimer sa joie, les sons se sont modulés en chant, son cerveau, à l'aube de la pensée, s'est éclairé de la parole et  la voix sortie d'un larynx évolué s'est adaptée à la complexité du langage et du vocabulaire.

C'est la parole qui a nécessité des signes que l'homme a gravés sur des supports permanents, comme la pierre, l'écorce, les peaux de bêtes, le parchemin et le papier pour transmettre des messages  ou les conserver.

L'entité indépendante, qu'est l'être humain, va créer des «textes» qui seront éventuellement transmis et qui peut-être persisteront dans le temps.

Des bibliothèques se sont établies pour vulgariser le savoir, le garder, l'améliorer, le transmettre et depuis peu se sont complétées des moyens prodigieux  de vulgarisation par voie hertzienne et spatiale.

L'essai que j'écris, quant à lui, fait appel à des concepts immatériels de pensée qui sont purement cérébraux puisqu'ils proviennent de supputations personnelles, elle-même inspirées de notes ou connaissances antérieures.

Cependant sa pérennité est subordonnée à la durée d'une part de son support matériel (le papier) ou peut-être d'une volonté de divulgation plus large par reproduction (journal, revues, livres, supports magnétiques, la toile d'Internet etc.)

J'ai ainsi tracé l'historique d'une évolution qui a amené « l'homo sapiens » à créer un savoir écrit et transmis ou conservés dans les archives, les bibliothèques et maintenant sur « la toile ».

Ces références éparses, mais de plus en plus accessibles permettent  d'alimenter les « nouveaux découvreurs », surtout maintenant que l'accès, le stockage et le triage en sont facilités par des outils performant à la portée des spécialistes et même d'à peu prés tout le monde.

Ce long préambule pour en arriver à bien décrire le processus qui a contribué à développer une faculté cérébrale présente chez tous les êtres vivants évolués.

Cette faculté, chez  un primate a été favorisée par un accident climatique qui l'a isolé progressivement de son habitat d'arboricole et l'a forcé de s'adapter à un nouveau biotope.

Ce primate, dans des conditions de survie difficile, fut contraint :

1. à adopter la position debout pour surveiller les carnassiers dans les savanes qui s'étaient substituées aux forêts.    2. privés de son alimentation de frugivore-insectivore, à se nourrir des restes qu'il chapardait aux charognards 3. à privilégier l'association en petites bandes pour traquer le gibier jeune, malade ou affaibli.

La position debout, la nourriture carnée et l'associativité ont favorisé le développement des zones du cerveau qui traitent le raisonnement et la mémoire, elle libérait les bras et les mains pour emporter les restes disputés, favorisait  la marche, la course et la bipédie, mais surtout permettait le développement du larynx, de la voix, de la parole ... et plus tard de la pensée.

La parole s'est associée à la pensée pour produire l'intelligence qui est une faculté développée par l'homo pour s'adapter à son biotope.  Cette faculté lui a permis de dominer la matière et la vie jusqu'à se menacer lui-même par saturation du milieu.

L'intelligence est donc une faculté « animale » développée par nos ancêtres pour s'adapter et survivre.  Il est certain que dans l'histoire de "l'homo" une mutation a dû se produire chez un descendant privilégié « l'homo sapiens » dont proviennent au haut de l'échelle nos savants et au bas les bochimans (peuple chasseur-cueilleur d'Afrique).  Quant à l'homo non muté, il s'est éteint.

Entre les deux, il y a tout la gamme des autres qui font notre monde civilisé ou non avec l'explosion  exponentielle des découvertes et de la science.

L'association en « petites bandes » fut le départ des clans, peuple et nations avec des meneurs, des dictateurs et des chefs qui ont organisé la vie en société.

----

Maintenant, avec réalisme, considérons ce que nous sommes et nos moyens d'exprimer l'intelligence.

Nous sommes un produit du cycle du carbone et rien d'autre. Nous sommes le résultat d'un processus commencé il  y a quelques millions d'années.

Une roche de 70 kilos a exactement le même nombre de particules qu'un homme du même poids, leur différence provient uniquement de la manière dont celles-ci sont agencées.

La roche est le résultat d'une évolution primaire, alors que nous sommes l'aboutissement d'un long processus biologique aux branches multiples.

Nos 70 kilos de particules bien agencées font de nous un être bénéficiant d'une certaine indépendance, capable seul ou collectivement de créer, d'inventer, de découvrir mais surtout de maîtriser son environnement planétaire actuellement, mais peut-être de plus en plus spatial dans le futur.

Ces  70 kilos de particules réalisent ces performances grâce à une intelligence contenue dans environ 1500 grammes de matière cérébrale avec l'assistance essentielle de moyens visuels, auditifs, sensitifs, tactiles, moteurs, énergétiques et autres dont est dotée l'entité humaine.

On pourrait supposer que cette intelligence résultant de l'aventure humaine se trouve en puissance dans chaque particule de l'univers, rejoignant en cela Teilhard de Chardin. Mais c'est une autre théorie ... !

Il est possible que des manifestations intelligentes puissent  se produire partout dans l'univers, étant donné son immensité et la multiplicité de systèmes solaires et de planètes possibles.

Cependant, ces « mondes » ne sont sans doute pas structurés comme nous, d'où l'impossibilité de communiquer.  La complexité des combinaisons qui font ce que nous sommes et les différents « avatars » qui ont menacé la vie (disparitions des dinosaures entre autres), laissent peu de place à l'hypothèse d'une répétition de cet « accident planétaire ».

D'autre part, peut-on concevoir une présence intelligente en dehors de l'espace-temps ?  Cette présence intelligente, forcément statique, a-t-elle sa raison d'être ?  Nos connaissances et les questions que nous nous posons, résultent de processus de réflexions inconcevables en dehors du temps et même de l'espace.

Si on admet l'existence d'un Dieu suprême, on le situe à l'origine de tout, voire la raison de tout : l'intelligence supérieure.  Il a la connaissance suprême.

La connaissance suprême de quoi ?  La connaissance de ce que nous ignorons en dehors de l'espace-temps, à condition de découvrir tout ce qui s'y trouve.

Cette connaissance suprême à laquelle nous accéderions devrait nous introduire dans la félicité du savoir « infini », ce qui devrait nous apporter la félicité « infinie » qui nous placerait dans des conditions de bonheur « infini »

Les philosophes religieux prétendront qu'il s'agit d'un état subtil qui apporte à l'être « pensant » la plénitude de la connaissance et que cet état « privilégié» lui reviendrait après son existence temporelle,  le replaçant dans l'espace-temps puisque ce bonheur éternel devrait être personnel, individuel, débutant depuis sa naissance et se perpétuant après son existence terrestre.

C'est le rêve anthropomorphique  de l'immortalité ? Est-il concevable que cet état soit une copie conforme de notre existence terrestre, sans la souffrance et le malheur ... ?

D'autre part quelle raison supérieure motiverait l'Être Suprême qui n'a pas besoin de nous pour être complet.

Dans le prochain « billet », je présenterai ma vision de ce que je crois fondamental pour analyser et cerner cette faculté de l'intelligence que « l'homo sapiens » a développée jusqu'à saturer et modifier son propre biotope et le mettre en danger d'anéantissement.

 

-----

 

 

 

28/05/2010

Ch. 24 d - La rage de revenir

&g

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

__

Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

-------

 

Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

-------

Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) du site (e-monsite ) que j’ai créé permettant de consulter les sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

-----

 

Ch. 24 d - La rage de revenir

 

 

Je me suis assez étendu sur l’infirmité qui a diminué mon champs visuel et perturbé la locomotion, les mouvements et la lecture pour m’attarder davantage sur un phénomène d’adaptation qui nous permet à nous, les victimes d’altérations cérébrales, de reconstruire certaines fonctions à partir de cellules inemployées. C’est à cela que s’emploient les kinésithérapeutes quand ils rééduquent les paralysés moteurs.

 

L’ensemble des cellules qui se chargent de régir la mémoire immédiate ou la mémoire qui préside aux besoins de la vie courante, comporte une zone importante où sont mémorisées les données destinées à alimenter nos réflexes.

 

C’est dans cette zone que se trouvent « stockés » l’adresse, le numéro de téléphone, date de naissance, les prénoms et noms des personnes de notre entourage, les places de chaque chose utile ainsi que des tas de renseignements réflexes qui nous servent dans la vie courante. C’est notre outil de fonctionnement, un peu comme la mémoire vive en informatique.

 

Après avoir subi ce que les médecins ont aussi appelé un «ictus cérébral », quand on me demandait mon adresse, je donnais celle (très lointaine) de notre bonbonnière près de la forêt de Soignes : les autres avaient totalement disparu. Il en allait de même pour toutes les données provenant des deux, trois années précédentes.

 

Avec la patience et l’aide obstinée d’une persévérante épouse, pendant les trois mois qui précédèrent ma reprise du travail qui se situaient heureusement pendant la période des « grandes vacances scolaires » et du ralentissement saisonnier de l’activité des sociétés, je dus donc reconstruire dans une nouvelle zone vierge de mon cerveau la plus grosse partie des données que j’avais perdues.

 

Cependant, problème de taille dans cette reconstruction mentale, les cellules nouvelles utilisées n’avaient pas la rapidité de routine des anciennes, d’où conflits et incertitudes dans mon choix de réponse qui se traduisaient par une lenteur de réaction qui irritait mes interlocuteurs.

 

Maintenant encore, je dois m’efforcer d’occulter la première réponse qui s’impose à moi pour privilégier la seconde qui a été mise à jour, mais qui, je le rappelle, reste peu performante, voire même hésitante.

 

Si je dois faire appel à des souvenirs ou données récentes, la réponse n’est pas spontanée : elle me semble apparaître lentement comme provenant d’un gouffre nébuleux d’où elle finit par se détacher et s’imposer lentement avec clarté.

 

Dans la vie quotidienne, j’ai perdu une partie des réflexes de localisation des objets utilisés dans la vie courante. Je dois faire un effort constant d’attention pour retrouver tout, que ce soit dans le bureau ou le ménage.

 

Quand je dois saisir un objet familier dans mon environnement habituel, je me dirige comme le distrait vers un endroit opposé à son emplacement normal. Pendant quelques instants, mon cerveau est dans le noir… Le réflexe de localisation qui me permet de trouver la place de l’objet monte ensuite lentement, comme s’il provenait d’un fond lointain. Je n’ai une vie normale qu’au prix d’une concentration cérébrale constante.

 

Un autre écueil sera celui que constitue le conflit entre l’ancienne et la nouvelle mémoire dans des domaines plus intellectuels tels le vocabulaire, le cheminement d’un raisonnement, le cours d’une conversation. J’ai facilement des trous que je peux maintenant attribuer à l’âge.

 

Il y a aussi le problème de la mise à jour des données anciennes qui ont la fâcheuse tendance, lorsqu’elles sont sollicitées, de supplanter les nouvelles.

 

Mon épouse dit toujours que je dois utiliser un mécanisme qui semble se mettre en place, privilégiant la donnée réflexe en ignorant celle qui veut imposer la qualité puissante de son antériorité de près d’un demi-siècle, c’est vrai, mais ça demande une gymnastique cérébrale que je ne parviens pas à acquérir.

 

Pour pallier tous ces handicaps, j’ai pris l’habitude de préparer avec soin toutes mes interventions en m’aidant de tableaux et condensés ingénieux qui me permettent de me raccrocher à une logique qui s’est avérée souvent très utile à confondre mes détracteurs.

 

Je m’équipais (et je le fais toujours) d’un agenda et de fiches qui bourrent mes poches. Je les appelle mes mémoires « de papier ». Mon agenda devint célèbre, je l’avais choisi journalier, long et étroit, ce qui permettait d’y noter une quantité incroyable de renseignements.

 

Je m’étais entraîné à miniaturiser mes notes que je griffonnais avec les moyens d’écriture les plus fins existant sur le marché. Je devins tellement performant dans cette technique que je servais souvent d’aide-mémoire à mes patrons qui m’y faisaient noter beaucoup de choses. Nous l'appelions "la mémoire de papier".  Quel renversement de situation pour moi et quelle victoire sur le sort !

 

Cette époque de ma vie restera pourtant trop dure et trop difficile. Nuit et jour, je restais inquiet, malheureux, fragilisé par des infirmités qui m’amoindrissaient, blessé de propos que j’imaginais, complexé à l’extrême…

 

J’ai l’âme écorchée :

Une pantelante friperie

Et d’inquiétants mannequins

S’agitent en pantins

Autour de ma solitude.

 

Quelle est-elle

Ma crainte des jours ?

Quelle est-elle

Ma soif des autres ?

 

Quel est-il

Ce poids des rires ?

Quel est-il

Ce coin des regards  ?

 

Des histrions sonnent le glas,

Des mages se mettent à plat

Les rois n’ont plus de couronne :

C’est la foule qui bourdonne.

 

Le ciel se couvre de mers,

La mer se couvre de plages,

Sans calmer mon âme en rage,

Torturée d’anges amers.

 

Je n’en peux plus

De jours d’enfer,

Je n’en peux plus

De ma misère.

 

{7} Ainsi que je l’évoquai plus haut, la lutte syndicale prit des allures de batailles épiques avec confrontations solennelles en réunions « extraordinaires » avec un conciliateur social dépêché par l’inspection du travail.

 

Avec le recul du temps et l’analyse à froid de cette période brûlante, il faut reconnaître que nous fûmes tous gagnés, y compris l’inspecteur social, par un lyrisme de haute qualité que développait un des principaux acteurs.

 

C’était un technicien-chimiste, passionné de langue française (que faisait-il dans un laboratoire ?). Grand, le front large, la voix chaude, il avait tout du tribun.

 

Quand il dressait sa haute stature… quand il toisait son auditoire, un silence de considération le respectait. Venait alors, non pas la diatribe habituelle des délégués syndicaux, mais une majestueuse démonstration de l’exposé clair, enrichi d’une dialectique raffinée.

 

C’était un régal ! Les débats, grâce à lui, atteignirent un niveau de qualité qui gagna les participants, tous pris d’un délire intellectuel semblable à celui du potache qui découvre les catilinaires de Cicéron.

 

Tout était fait pour nous plonger dans un romantisme de combat social cher à Zola : réunions dans des arrière-salles obscures de café où nous nous retrouvions, à l’insu de tous, en conspirateurs-manipulateurs à la recherche d’un terrain d’entente acceptable par toutes les parties.

 

Je risquais gros, mes patrons n’auraient pas apprécié cette « quasi-trahison ». C’était arrivé pourtant en toute bonne foi et presque inévitablement.

 

Après les réunions, nous avions pris l’habitude téléphonique, mon « tribun » et moi, de partager nos impressions en toute franchise et conviction.

 

Devant la tournure inextricable que prenaient certains problèmes sensibles, du fait des positions tranchées qu’adoptaient des antagonistes rocailleux, nous en arrivions à trouver un terrain d’entente de bon sens qui contenterait tout le monde.

 

En avons-nous passé des heures de communications téléphoniques pendant lesquelles nous analysions, compulsions des textes et recherchions la formule miracle !

 

Encore fallait-il la faire partager ! C’est ainsi qu’insensiblement, de chaque côté de la barrière, nous nous employâmes à arrondir les angles et finalement, nous réunir « clandestinement » pour préparer nos compromis.

 

De mon côté, je profitais de la bonne audience que j’avais auprès du grand patron de Feluy pour lui faire accepter des solutions que je savais déjà acquises d’avance.

 

Il m’en fut reconnaissant et je devinais dans ses petits yeux malins qu’il n’était pas dupe de mes tractations clandestines qui l’arrangeaient fort bien.

 

On sauvait la face et les réunions épiques qui suivirent pour entériner ce qui avait été acquis sous cape, tenait plus de la commedia dell’arte que du combat social, avec des acteurs pris à leur propre jeu, cependant peu conscients qu’ils écrivaient une des pages les plus désopilantes de la société.

 

Aussi mon fier « tribun » fut-il vite écœuré de cette duplicité qui ne convenait guère à son naturel loyal et se retirant, il jouera les seconds rôles.

 

Il fut remplacé par un bonhomme décidé qui se sentit grandir, lui le sans grade, qui affrontait d’un regard dur ces potentats de la fonction qu’étaient les chefs de Feluy, avec, tout au fond des yeux, cette imperceptible flamme tremblante d’une panique qu’il n’arrivait pas à camoufler.

 

Je le vois encore, fier de son arrogance, un jour en plein conseil, provoquant le « potentat » d’un regard qu’il voulait dur.

 

Devant lui, de l’autre côté de la table, à la gauche du grand patron, j’étais idéalement placé pour apprécier ces yeux en fond de panique qui se forçaient à défier un chef dur avec le risque de détruire à jamais sa carrière parce qu’il avait osé se mesurer à l’autorité en place.

 

J’ai admiré et respecté le courage de ces « humbles combattants » sortis de la masse lâche des autres, eux qui pourtant ne s’étaient pas retrouvés là dans un climat de lutte des classes qui n’avait pas existé jusqu’alors dans notre société bon enfant, mais poussés par quelques collègues moins courageux qui préféraient agir et les exciter dans l’anonymat de l’ombre, parfois pour assouvir des rancunes personnelles.

 

Le peuple les avait élus,

Quand il voulait l’égalité.

Ils étaient petits, sans fierté,

Pas de grande gloire non plus.

 

Les grands loups des ciels durs et rouges

Attiraient au fond de leur bouge

Des gazelles candides et tendres,

Inattentives à se faire prendre.

 

Le chevalier des mots

Débita sa tirade,

Réveillant les échos

De sa sublime aubade.

 

Les loups repus se sont calmés

Et les échos ont proclamé

La grande gloire du tribun

Et la paix au cœur de chacun.

 

----------

 

{8} L’histoire qui va suivre traîne au fond de ma conscience avec un relent de lâcheté qui me poursuivra toujours.

 

On se souviendra de mon voisin de table, père de cet enfant aveugle-né, victime de la « polio » contractée par sa mère pendant sa grossesse.

 

Il était le responsable d’un service important qui mettait au point des graisses industrielles ou en développait de nouvelles applications.

 

Le malheureux, sans doute soucieux de constituer un capital important qui aiderait son fils infirme, se laissa gagner par un concurrent qui avait connaissance d’un procédé que mon commensal avait personnellement mis au point, et qui n’avait intéressé personne jusqu’alors.

 

Une de nos sociétés fut mise au courant de la tractation et l’affaire prit les proportions qu’exigeaient, à titre d’exemple, les responsables de cette société-sœur.

 

Situation cornélienne pour moi, mon patron et le directeur responsable de mon pauvre commensal et ami me chargèrent de son « exécution » : c’était mon boulot et je ne pouvais m’y soustraire.

 

La sanction sera dure. Il traînera toujours au fond de ma conscience un puissant relent de lâcheté, avec peut-être la piètre excuse que je pensais ne plus avoir auprès des patrons de l’époque une audience suffisante pour le défendre.

 

Je fus chargé de « l’exécuter »,… de pousser sur le bouton de sa « chaise électrique » : le renvoi sur l’heure et sans préavis… avec la perte prévue par le contrat d’emploi de tous les capitaux extra-légaux constitués pour lui en vue de sa retraite, ce qui représentait un montant considérable en raison de l’importance de son salaire de cadre et de son ancienneté.

 

Je retrouvai le pauvre homme chez moi où je l’avais convié dans notre petit bureau étroit aménagé pour tenir des comptabilités.

 

Je n’oublierai jamais ses traits durs de torturé de l’existence, les mâchoires serrées, le front sec, sillonné des rides de la révolte, les yeux amers… j’entendrai toujours cette voix sourde, lasse de la fatigue des nuits de cauchemars ou des veilles sans trêves…

 

Assis devant moi, dans l’espace étroit que nous laissait notre table de travail et les rayonnages de dossiers, à la place qu’occupait habituellement mon épouse, il me disait son histoire,… il me racontait ce que je considérais comme un plaidoyer mais que ce flamand rugueux relatait sèchement et sans vaines complaisances, ni défense des faits qui lui étaient reprochés.

 

C’était un révolté contre l’injustice du sort mais qui comprenait la dimension immorale de son geste ;… il était le joueur qui avait perdu et qui n’avançait pas l’excuse de sa détresse…

 

Paradoxalement, je ne pouvais m’empêcher d’avoir du respect pour lui, je ne pouvais me départir d’un sentiment de grande considération pour sa dignité et sa misère… et d’une grande compréhension de son acte.

 

Quant à nous, à l’analyse, pouvions-nous faire autrement ! Juridiquement, la propriété industrielle des découvertes scientifiques des chercheurs appartient à la société qui les emploie, même s’il les a faites seul, avec ses propres moyens, de sa propre initiative, peut-être même en dehors de son contrat d’emploi.

 

En le licenciant pour faute grave, c’est-à-dire sans préavis, nous lui évitions cependant la poursuite pénale que nous étions en droit d’entamer. Bien entendu, notre département juridique s’était chargé de restaurer les droits de propriété mis en péril par l’action débutée par mon pauvre voisin de table.

 

L’affaire a-t-elle pris des proportions qu’elle ne méritait pas ? Je me le demanderai toujours. Peut-être avons-nous manqué d’humanité et nous sommes-nous tous laissé gagner par une coupable indifférence au sort d’un homme et d’une famille et au drame que, pour ma part, je pressentais mieux que quiconque et que je n’ai pas assez souligné avec véhémence !

 

Toi qui regardes ton ciel

Père malheureux,

Ton ciel qui fut si bleu.

 

Toi qui pleures des yeux morts,

Des yeux de soir noir,

Des yeux de vide.

 

Ô ami,

Coupable du destin,

Ton cœur est amer,

Tes yeux sont durs.

 

Vomis-la ta révolte !

Crache-la ta souffrance

A ce monde qui te rejette.

 

Hurle-la ta colère

A l'indifférence

Des marchands du temple,

A l’indifférence

Du col blanc des affaires,

A l’indifférence

Des durs bourreaux

Toujours goinfrés de lois !

 

-----

 

{9} Ce long chapitre sur « la conscience » de l’homo sapiens me conduit à une réflexion plus profonde sur ce phénomène étonnant qui ne cesse de perturber l’être humain, que l’intelligence a produit lentement et qui deviendra le censeur de ses actions.

 

C’est ainsi que je me sentis forcé de porter ma réflexion plus en profondeur pour en étudier valablement tous les tenants et aboutissants. Ce travail me prit beaucoup de temps et me confronta à d’insurmontables difficultés.

 

Je ne m’en sortis que difficilement, aussi je demanderai à mon patient lecteur beaucoup d’indulgence pour une modeste approche d’un problème fondamental qui hantera plus que jamais tout homme préoccupé de sa destinée terrestre, prolongée dans un éventuel « au-delà » et davantage encore depuis que la connaissance s’est ouverte plus en profondeur sur les sciences et la cosmologie.

 

Aussi trouvai-je important d’y consacrer le prochain chapitre tout entier pour lui apporter l’honneur et le soin qu’il mérite en prélude aux chapitres sur le milieu, le bonheur et la sérénité qui seront l’avant-propos d’une conclusion enthousiaste sur la valeur de l’existence de l’être humain qui s’efforce d’élever ses fonctions intellectuelles au sublime de l’idéal.

 

 

 

----------------

 

 

21/05/2010

Ch. 24 b - Cerveau perturbé

 

 

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

__

Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère au début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

-------

 

Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

-------

Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) du site (e-monsite ) que j’ai créé permettant de consulter les sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)  Cliquer sur le dossier recherché pour l’obtenir immédiatement

 

 

Ch. 24 b - Cerveau perturbé

 

{3} Comme si ce n’était pas suffisant, l’accident cérébral avait atteint une autre région importante du cerveau d’un homme normalement cultivé : celle qui mémorise les événements immédiats ou récents. C’est en quelque sorte la mémoire vive de notre ordinateur-cerveau.

 

C’est terrible et affolant. Heureusement, avec la volonté et l’exercice, ces zones de mémoire se reconstituent assez rapidement, bien qu’imparfaitement. Cependant, devenues complémentaires, elles restent lentes et peu performantes, comme celles du paralysé moteur qui récupère difficilement sa mobilité.

 

Je me trouvai ainsi, au lendemain de cet accident qui a bouleversé ma vie, complètement désemparé, conscient de moi-même, mais isolé comme dans un immense hall de gare à la Delvaux, à l’écho douloureusement sonore.

 

Je regardais les gens, les reconnaissais dans un lointain vague, les écoutais parler un langage que j’entendais mais déchiffrais à peine : juste pour dire oui ou non, ou pour demander à boire ou manger.

 

J’entrai dans un monde absurde, incohérent…, avec des personnages glacés, impersonnels…, toujours Delvaux,… comme ses femmes froides et nues… immobiles…

 

Ces creux dans les tempes

Ces échos dans les yeux

La douleur des sons.


La douleur sous les cils,

Le mal dans les yeux.


Longueur infinie des halls,

Les êtres n’ont plus de chair,

La vie est immobile.


Le bruit énorme

Qu’on n’entend pas

Fait trop mal.


Le vide reste le vide,

L’angoisse craint le vide,

Le ventre aspire le vide,

La gorge rejette le vide,

Le vide appelle

Le vide.

 

Mon cerveau enregistrait mais ne décodait pas. J’essayais de lire,… je voyais les mots, les reconnaissais comme familiers, comme connus, mais ne leur trouvais plus de sens…. Cet hébétement dura quelques jours, je crois… mais sans doute quelques semaines, d’après mon entourage… je ne sais plus… Le temps aussi avait perdu sa valeur…

 

Pourtant je restais conscient de ce que j’étais, de mon identité, de mon passé… Orgueilleux, je refusais la déchéance intellectuelle que mes proches pourtant constataient avec douleur…

 

Ce fut un long calvaire pendant lequel je réalisai l’étendue des dégâts qu’aggravait l’hémianopsie qui perturbait la lecture à un point tel que je n’arrivais plus à déchiffrer le moindre texte.

 

Mon médecin, qui ne savait plus à quel saint se vouer, m’envoya une logopédiste (spécialiste du traitement des difficultés de lecture ou de langage surtout chez les enfants) qui s’efforça de m’aider avec des exercices et des moyens primaires qui m’excédaient et m’humiliaient.

 

Elle abandonna honnêtement, constatant que j’avais trouvé par moi-même des trucs et procédés de fortune pour m’en sortir, ce qui contrariait son intervention.

 

Ô mes amis perdus :

Les livres qui ne parlent plus,

Les pages que je ne vois plus,

Les mots que je n’entends plus,

Les lettres qui font peur.


Le long cortège des lignes,

Ces lignes à bout d’angoisse.

Le long cortège des sons,

Ces sons qui n’ont plus de sens.


Ô mes amis perdus :

Mes livres étrangers,

Aux pages abîmées,

Aux mots engloutis,

Aux lettres délavées.


Un long tunnel noir

A creusé sa galerie

Dans la nuit de ma mémoire

Pour mes mots orphelins

Qui ont perdu leur père.

 

Lentement, patiemment, je reconstruisis mes mécanismes immédiats de perception des choses et de la reconnaissance des signes graphiques qui constituent les éléments d’un texte.

 

Le plus étonnant, c’est que l’écriture ne posa jamais de problèmes, comme si elle s’était dissociée de la lecture. J’écrivais les mots à la dictée correctement, mais sans comprendre leur sens. Il faut croire que la conjugaison des différentes infirmités créa dans mon mécanisme cérébral des phénomènes anarchiques difficilement explicables.

 

Seule donc pouvait me sauver une lente détermination à tout réorganiser, avec lenteur d’abord, sans rien précipiter, découragé parfois mais jamais longtemps, obstiné, rageur,… humilié par le regard des autres … des amis… des miens, … de mes enfants surtout…

 

L’infirmité visuelle me rendait maladroit : je cognais, bousculais tout et tout le monde. Je m’excusais, me confondais en humiliantes explications… Je me fracassais sur des portes à moitié ouvertes que je ne voyais pas… j’en restais quasi assommé, le front saignant, les lunettes tordues…

 

Pour m’aider à mieux explorer cette moitié droite que je ne voyais plus qu’à coups de brusques éclairs d’un furtif mouvement de l’œil dans son orbite, je complétais l’exploration de ce monde extérieur devenu hostile, en m’aidant de la main droite qui se baladait partout, parfois malencontreusement aux risques de réprobations scandalisées.

 

Bien qu’imparfaitement, je domine beaucoup mieux tout ça maintenant. J’ai acquis une grande habileté de manœuvre et j’ai retrouvé une vie normale.

 

Avec l’aide de ma sublime épouse, compagne discrète, héroïque et tenace, je reconstruisis lentement mon univers professionnel. Elle tenait des comptabilités dont j’assurais les bilans et déclarations fiscales.

 

 

Dans notre maison de campagne où nous nous étions réfugiés (et cachés) pendant les grandes vacances de juillet-août, (c’était arrivé en juin) patiemment, elle me soutint, vérifiant mes travaux, les corrigeant sans cesse. Au début, ils se limitaient aux longues et fastidieuses additions. A l’époque, l’informatique comptable n’était pas encore venue les éliminer.

 

C’était infernal, moi qui avais toujours été performant dans cet exercice, je n’arrivais plus à aligner une série de chiffres correctement. Maintenant encore, je suis obligé de me vérifier : seule une grande concentration me permet de reproduire correctement un chiffre. Je ne sais quelle aberration mentale me fait encore lire un chiffre et en inscrire un autre…

 

Instinctivement, je me forçai à ce que j’appelai « le double contrôle » qui consiste d’abord à lire et inscrire le nombre et ensuite de le vérifier dans une seconde lecture-contrôle.

 

L’avènement des programmes informatiques comptables qui apparurent sur le marché peu de temps après, en supprimant les additions, ces abrutissantes et fastidieuses corvées de notre métier, tomba bien à pic pour moi. Tout le monde sait que c’est un des nombreux avantages que cette nouvelle technique apporta comme je le soulignai plus avant.

 

Cet intermède dramatique de rééducation dura trois mois. J’avais retrouvé une partie de mes moyens et avec grande appréhension me lançai, fragile et amoindri, dans la bagarre de la reconquête de mon milieu professionnel.

 

{4} Ce fut cauchemardesque au début. D’abord, je dus dominer ma terreur de conduire un véhicule. La demi-vision me donnait un sentiment angoissant d’insécurité. Cette moitié droite que je n’explorais qu’à coup d’éclairs d’images furtives m’obsédait de l’éventuelle apparition de véhicules prioritaires surgissant impérieusement à ma droite.

 

J’avais pris la sage précaution d’avertir mon assureur qui, assez inconscient d’une infirmité peu courante (si ce n’est chez des individus séniles qui ne conduisent plus), m’autorisa la conduite d’une voiture sous condition suspensive de revoir sa position en cas d’accident à mes torts.

 

Moi qui n’avais connu que de rares accrochages, je me rattrapai mais toujours en plein droit de priorité de droite. Le « topo » était toujours le même : la « queue de poisson » que des effrontés n’hésitaient pas à risquer, habitués à ce que les conducteurs s’inclinassent devant leur arrogance.

 

Je freinais souvent à la dernière minute en évitant l’accrochage. Un jour un collègue facétieux, peu conscient de mon handicap ou ne l’ayant pas compris, se permit par blague gamine, de me couper, alors que nous roulions à très vive allure en pleine autoroute.

 

Comment en sortîmes-nous vivants, tous les trois, car il avait un passager. Allah (pour ne pas toujours se référer au même) seul le sait ! Son passager me rapporta après qu’ils en sont restés tous les deux malades et pâlots toute la journée.

 

Comme je l’appréhendais, les premiers mois pendant lesquels je m’efforçai de réintégrer mon milieu professionnel furent atroces. Aucune pitié, ni considération : j’étais l’imbécile qui avait fait le « con ».

 

Malgré ma demi-vue, j’avais suffisamment de subtilité visuelle pour saisir les sourires moqueurs et les gestes peu amènes qu’ils faisaient en aparté ou dans mon dos.

 

Dans ma nuit de misère,

J’ai entendu ricaner les chacals,

L’appel long des hyènes


J’ai vu voler les vampires,

J’ai connu le froid des regards

J’ai perçu la lueur de l’ironie,

Si lointaine, perdue

Au fond de petits yeux mous.


J’ai connu la blessure

Que torture la bête cruelle.

J’ai vu l’âme sale

Des anges noirs,

Les longs ricanements

Des anges fourbes.

 

Mon patron lui-même, le joyeux Français de Rennes, que j’avais servi avec dévouement et tant de fidélité, fut dans un premier temps impitoyable, convaincu que le meilleur service qu’il pouvait me rendre était de me décourager et me renvoyer chez moi avec un statut favorable qu’il était prêt à défendre auprès des maîtres de notre groupe.

 

C’était sans compter avec le tempérament que la vie m’avait donné en me poussant à toujours me relever quand j’avais un « genou à terre », même si, ce qui fut le cas, je devais m’y reprendre avec une obstination de brute.

 

Le prochain "billet" sera consacré aux difficultés que j'ai rencontrées pour reconquérir mon milieu social et professionnel, dans un  dur combat inégal dans un entourage méprisant (j'étais l'imbécile qui avait fait "le con"), soutenu cependant par certains alliés (amitié, foi en mes facultés de récupération ou opportunité)

 

-----