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24/08/2010

Ch. 27 n - Us et coutumes du Japon insolite

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 27 n - Le Japon insolite - us et coutumes.

 

Ce soir-là, nous errions très détendus après une journée fatigante mais agréable, repus de temples et bouddhas de tous genres aussi déconcertants qu’étranges.

 

Avec mon épouse, nous nous étions légèrement éloignés de notre hôtel. Notre promenade nous avait conduits dans le vieux Kyoto fait de ruelles enserrées dans des petites maisons vieillottes avec court auvent de tuile, au charme certain, discrètement éclairées de l’intérieur par des lanternes de papier-parchemin plissé.

 

Chose étonnante pour ce quartier surpeuplé dans une ville qui l’était tout autant, grouillant d’humanité interlope, ce soir-là, l’endroit était calme et désert.

 

Nous descendions la voie qui s’ouvrait devant nous, attentifs au charme exotique que révélait chaque maison, chaque fenêtre entr’ouverte sur de tout petits intérieurs, étonnamment sereins et paisibles comme si ce havre avait été épargné du vacarme ambiant.

 

Dans ce silence religieux, peut-être bordé du lointain bourdonnement du brouhaha de Kyoto, le son clair des socques de bois typiques de ceux que portent les geishas se mit à tinter dans cette atmosphère feutrée de fin de jour.

 

C’était  une maiko ou une apprentie-geisha (traduction de geisha : personne cultivée) à laquelle on exigera de passer de longues années à se pénétrer du raffinement de l’accueil dans la cérémonie du thé, l’art floral, la danse, le chant… et l’art de la conversation distinguée… même si elle devient osée quand elle sera attablée avec des convives-clients éméchés.

 

Le bruit de ses pas nous rejoignit, de plus en plus clair, de plus en plus sonore… Nous la saluâmes et elle nous répondit d’une légère inclinaison de la tête avec une grâce exquise.

 

Elle poursuivit son chemin, descendant la ruelle pour s’estomper sous l’auvent d’une maison « close ».

 

Elle était vêtue d’une robe d’un rouge éclatant. Son visage était maquillé de blanc et les lèvres vermillon ; sa coiffure était une œuvre d’art, piquée de peignes et épingles dorées et elle s’enveloppait d’une sorte d’étole de velours noir laissant apparaître sur le dos la traditionnelle large ceinture nouée très haut et retombant très bas, lui donnant cette silhouette typique que révèlent abondamment les ouvrages sur le Japon.

 

Cette apparition fugace, dans la ruelle-oasis de cet univers coloré et trépidant de Kyoto, fut comme un baume apaisant notre mental agressé depuis quelques jours par la promiscuité d’une humanité surpeuplée, pourtant si bien organisée et disciplinée.

 

{17} C’est bien cela le paradoxe de cette civilisation nouvelle, greffée d’américanisme, économiquement fort par la productivité et l’ingéniosité de ses travailleurs et chercheurs. Nous l’avons mieux réalisé lorsque nous fûmes écrasés par le gigantisme de Kobe, ville portuaire d’industrie et de chantiers navals que nous visiterons le lendemain.

 

{18} Déconcertant, ce Japon nouveau, américanisé dans l’artificiel et le gigantisme, superficiel dans ses immenses salles de « patchinko » jeu d’adresse et de hasard où des billes en dégringolant dans des chicanes déclenchent parfois des cascades de jetons monnayables ou naïf et enfantin dans ses démonstrations de « karaokés » grâce auquel chacun peut se croire la révélation du moment en s’enregistrant devant une caméra avec accompagnements et effets sonores camouflant habilement les « couacs » de l’incompétence.

 

Pourtant, sourdent doucement d’un passé grandiose mais sévère, le moindre geste, la moindre attitude reste pénétrée de cette finesse d’accueil et de déférence qui caractérisera toujours ce peuple étonnant.

 

Nostalgique de son histoire prestigieuse, empreinte de grande philosophie et de raffinement, les Japonais demeurent viscéralement attachés à leur passé bi-culturel de grandeur, de traditions et de religiosité bouddhiste-animiste.


Nous ressentirons tout cela au cours de notre voyage, affinant et amplifiant des sentiments qui étaient déjà les nôtres, en participant d’une manière habituelle à la vie de notre fils Patrick et de son épouse japonaise et en les épaulant dans leur commerce de vieilles choses et de meubles anciens qu’ils ramènent du Japon et de la Corée.

 

Nous invitons ceux qui nous lisent à visiter (sans engagement) notre magasin qui est un vrai musée de vieilles choses rapportées du Japon exposée dans un cadre vaste et original (200 m²). adresse : Schelma, chaussée de Waterloo 417 à 1050 Etterbeek - Tel : 02 346 06 40. (www.schelma.com)

Cette assistance nécessite de notre part un important effort d’étude et de documentation sur l’antiquité extrême-orientale ainsi qu’une approche sérieuse de la culture et de l’histoire de ces régions.

 

C’est bien pénétrés de cet esprit que nous nous sommes efforcés de saisir toute l’intériorité et la profondeur que ce peuple sait donner à tous ses actes, non seulement dans sa vie de tous les jours, mais aussi dans les moments qu’il réserve à la contemplation et à la prière accomplis dans la simplicité fondamentale des monastères bouddhistes. Si on n’a pas saisi ça, on n’a rien compris de ce monde aussi étrange qu’interpellant.

 

{19} Ainsi, la cérémonie du thé ou chanoyu est fondamentalement profonde dans sa simplicité et sa sérénité recueillie : c’est un partage de sentiments intérieurs avec d’autres… dans la détente de l’esprit et l’élévation simple et cordiale de la pensée en dehors d’une quelconque démarche intellectuelle ou philosophique.

 

Ce « rite » deviendra la plus ancestrale, la plus répandue et la plus traditionnelle des manifestations de l’univers non seulement nippon mais aussi coréen et chinois avec ses règles, ses maisons, son vocabulaire, sa philosophie du geste qui doit être simple et beau, sobre…empreint de chaleur accueillante…

 

Il doit créer chez les participants un climat d’accueil et de détachement des soucis quotidiens. La conversation sera brève, discrète et ne portera que sur des sujets anodins. Cette manifestation peut être suivie d’un repas de riz, de soupe, légumes, poissons… et « arrosée » d’un peu de saké chaud.

 

La préparation du thé est elle-même tout un art qui a ses maîtres et ses écoles. Il doit être battu avec un fouet en bambou jusqu’à former une surface écumeuse. Il sera crémeux et amer (koicha) ou léger (usucha). La tradition la plus répandue est celle transmise par le maître Seno Rikyû (1522-1591) qui prônera l’idéal du « wabi ».

 

Le chanoyu (cérémonie du thé) peut être considéré comme le pôle philosophique central de la culture japonaise sur lequel vinrent se greffer les autres formes de l’esthétisme tels l’art des jardins que j’ai déjà évoqué, celui de l’ikebana qui consiste à réaliser des arrangements floraux très simples mais d’une très grande valeur esthétique, la calligraphie qui a ses maîtres, ses écoles, ses techniques, sa profonde histoire qui remonte au premier millénaire, la poterie et la céramique dont la tradition est vieille de 10.000 ans et qui subira les influences des trouvailles coréennes (cuisson à grand feu) et chinoises (au plomb) pour en arriver aux techniques les plus fines du vernissage et de la peinture.

 

Ce souci de raffinement dans le geste simple, médité même, se traduira dans tous les actes de la vie courante des Japonais, ainsi lemballage des achats qui sera tout un art long à apprendre exercé par de jeunes femmes (étudiantes) à côté des caissières, rivalisant de finesse et d’adresse dans la présentation de l’objet qui vient d’être acquis.

 

Cette tradition de la présentation raffinée était une obsession dans le passé (avant l’apparition des supermarchés) à tel point que la moindre marchandise de consommation courante était toujours emballée avec art et goût et ornementée d’accessoires naturels divers : feuilles, branches, feuillage, paille…

 

C’est dans le même esprit de spiritualité animiste-bouddhiste dans la considération des choses simples qu’il faut ranger le respect du papier que l’on évitera de couper, qui est fait pour être plié suivant les règles et traditions de l’origami.

 

Dans une démarche voisine, il faut sans doute comprendre l’art patient et subtil de la teinture à la pâte des kimonos qui permet d’obtenir les plus riches couleurs. C’est un travail de longue patience effectué par des artistes talentueux comme Kako Moriguchi, pour lequel la confection d’un kimono peut prendre six mois.

 

Objet d’art, celui-là, le netsuke : le vêtement masculin ne comportant pas de poches, les objets usuels tels pipes, blagues à tabac, sceau de la signature ou boîtes à médecine (médicaments) étaient attaché à la ceinture (obi) et retenus par une sorte de bouton (netsuke en japonais). Ils devinrent vite des objets de décoration, recherchés les collectionneurs du monde entier, taillés souvent dans l’ivoire ou dans un bois précieux.

 

Raffinement aussi dans la préparation des mets fins en cuisine que notre belle-fille nous avait déjà fait apprécier, mais que nous dégusterons sur place, tels  les célèbres sushis, faits de poisson cru très frais artistement confectionné par des cuisiniers spécialisés ou les fins sashimis coupé sur le dos du poisson et présentés dans un cérémonial particulier appelé shikibocho.

 

Dans les grandes villes, nous nous étonnerons des repas au comptoir entourant un « maître-queux » de l’endroit, opérant avec art et habileté tout en veillant à ce que chacun soit continuellement approvisionné.


Nous ne dédaignerons cependant pas le bol démocratique de nouilles servi « à la sauvette » au comptoir dans une ambiance de populace pressée et interlope ou à la table de petits restaurants démocratiques paisibles et discrets.

 

{20} Avec nos compagnons de voyage, nous ne manquerons pas de participer aux festivités et attractions que le Japon offre en abondance aux touristes aussi bien folkloriques que locales.


Aussi, musique, théâtre, poésie seront aux nombreux rendez-vous que nous ménageait une ville de tradition et d’histoire tel Kyoto. Nous fûmes interloqués, décontenancés même, cependant ravis de découvrir les théâtres kabuki et nô, dépaysant par la couleur, les grondements gutturaux, les gestes démesurés et les décors simplifiés.

 

Le genre nô, plus raffiné et moins populaire déconcerte par de longues tirades, ponctuées de roulements de tambour et battements de pieds des acteurs. Les masques qu’ils portent sont des œuvres d’art et le spectacle est étrange mais envoûtant ; le sera également, celui du Bunraku (théâtre de marionnettes) où les longues envolées dramatiques accompagnées par un chœur de chanteur donnent le frisson de l’étrange.

 

Reçus abrupts et agressant, ces sons caractéristiques de l’univers sonore nippon, en s’atténuant, se convertiront en accents familiers pour s’installer en arrière-plan de mon subconscient en fond pour instruments à cordes pincées tel le koto qui est très simple : une caisse de résonance et 13 cordes en fil de soie ou nylon.


Il est long de deux mètres environ et se joue posé sur le sol, la musicienne assise en tailleur derrière. Notre belle-fille s’en sert très bien, ses parents lui ayant fait donner des cours, un peu comme chez nous le piano était enseigné aux demoiselles de bonne famille.


 

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20/08/2010

Ch. 27 m - Envoûtant Japon ancien.

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

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Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

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Ch. 27 m - Envoûtant Japon ancien.

 

 

{12} Après le Japon mystique, nous subîmes l’envoutement d’une culture ancienne que nous les occidentaux ne connaissons que par son caractère insolite voire folklorique … Il est nécessaire de se débarrasser de nos préjugés pour en apprécier toute la richesse et la profondeur essentiellement philosophique et religieuse … en quelque sorte, il faut changer de planète …

 

Kinkaku-ji, le pavillon d’or édifié à la fin du XIVème siècle pour le shogun Ashikaga Yoshimitsu, a brûlé en 1950, a été entièrement reconstruit identique à l’original en 1955 et redoré à la feuille d’or en 1988.  Il se miroite idéalement dans l’immense pièce d’eau qui l’entoure.

 

En fin de journée, c’est un régal de couleur quand il apparaît dans la douceur du soir, serti dans son écrin d’arbres taillés avec la délicatesse de ces orfèvres du feuillage que sont les jardiniers du site, tout en se reproduisant en frémissements vieil or à peine sensibles, sur la surface d’une eau sombre.

 

Mais que dire alors des jardins du palais Katsura, un des plus beaux endroits du monde dans la perfection des formes, dans l’harmonie des teintes (et nous n’avons pas connu les délires de l’automne) et dans les jeux qui mettent aux prises ces jongleurs de lumières, ces magiciens de l’ombre, et ces dieux du feuillage que sont ses jardiniers, merveilleux prêtres officiant sur l’autel de la beauté pure.

 

Au bord d’une étendue d’eau moirée de jade qui reflète les ombres pastel des arbres ciselés en plateaux de feuillage légèrement bombés, des lanternes de granit coiffées de leur dôme à quatre faces se terminant en boule, posées sur un socle prolongé d’un pied, s’avancent religieusement dans l’eau noire de l’étang, soutenues par quelques roches polies, dans un ballet de pierres rondes.

 

Des îles d’arbustes, façonnés en coupes d’offrandes aux dieux, découpent le bleu du ciel de taches olivâtres.

 

Les grands arbres, comme de beaux oiseaux-voiliers, étendent leurs ailes de branches taillées en symphonie vert-azur comme une invocation de moines, les mains ouvertes vers le ciel.

 

Des voiles de jardins d’or

S’ouvrent dans l’azur brillant

Des soirs clairs de ciels légers.

 

Des dentelles de soie lourde

S’allongent en nappes d’eau noire,

Des lanternes de prières

S’avancent en phares d’étangs,

Et des galets gorgés d’eau

Scintillent au soleil.

 

Des soieries jade et ombre

Se mirent dans l’eau vert sombre

Comme un manteau princier

Qu’on étend sous les pieds.

 

{13} Nara, à une demi-heure en train de Kyoto, nous faisait découvrir l’ancienne capitale du Japon avant Kyoto, et l’origine historique du bouddhisme au Japon où se retrouvent de nombreux temples et Bouddhas dont le fameux « Daibutsu » en bronze recouvert d’or (le plus grand du monde – 16,2 mètres de haut et 452 tonnes). L’empereur Shômu qui la fit ériger en 752, exigea de tous les Japonais de lui fournir tout le cuivre et l’or du pays pour sa confection.

 

Cette statue (appelée Bouddha Vairochana) trône dans le très grand Todaî-ji (traduction : grand monastère de l’est), le plus important des monastères provinciaux, datant du huitième siècle, mais souvent détruit avec sa statue et reconstruit depuis, à tel point que bien peu de choses subsistent de ces époques si ce n’est la ferveur religieuse de tout un peuple qui n’a cessé de le reconstruire.

 

La plus spectaculaire de ces interventions fut, à l’époque Kamakura (1185-1533), celle du shôgun Yoritomo qui l’avait rasé et qui ordonna au moine Chôgen de récolter les moyens de sa reconstruction en 1180 dans un style inspiré de l’Inde et de la Chine.

 

{14} Pour mieux nous pénétrer de la complexité de la religiosité japonaise, nous n’avons pas manqué de visiter le « Kasuga shrine », sanctuaire animiste familial des Fujiwara et ses innombrables lanternes de fer (pas très anciennes) mais très importantes dans la culture animiste.

 

L’ambiguité de la bi-culture nippone mérite le rappel de quelques éclaircissements. Pour des raisons philosophiques de non-violence, les bouddhistes qui se sont « insérés » très délicatement dans le tissu religieux foncièrement animiste de l’époque, ont prôné la complémentarité des deux croyances, soucieux de ce que l’une prolongeât l’autre.

 

{15} Les kamis devinrent ainsi les « protecteurs » du bouddhisme. Au départ, les temples se sont établis en prolongement des sanctuaires animistes. Certains historiens ou maîtres du shinto iront même jusqu’à prétendre que les bouddhas ne seraient finalement que la transposition, l’émanation ou même le complément des kamis.

 

Cependant, plus intellectuel, le bouddhisme devint le fondement philosophique de la pensée nippone grâce surtout au travail profond mais très altruiste et pas du tout « évangélisateur » des moines bouddhistes qui seront toujours des modèles de ce qu’il y a de plus haut dans l’idéal humain d’élévation personnelle de l’âme, sans arrière-pensée de « récupération ».

 

{16} Après 1868, le gouvernement Meiji promulgua la séparation du shintoïsme et du bouddhisme et imposa la croyance en la divinité de l’empereur. En 1871, le shintô devint religion d’état et le bouddhisme toléré comme complément à la spiritualité de chacun.

 

Il fut de plus décrété que les sanctuaires et rites nationaux seraient officialisés, que les prêtres animistes deviendraient des agents de l’état et que chaque citoyen devrait se faire enregistrer dans les sanctuaires animistes locaux comme nous le faisions par le passé dans nos paroisses.

 

Bien entendu, avec la décléricalisation, comme chez nous, ces pratiques seront remplacées, depuis la fin de la dernière guerre, par une officialisation à la commune.

 

Nous qui avons pénétré cette « bi-culture » et qui la vivons au quotidien avec la famille de notre fils aîné, en ressentons toute la valeur, la richesse et la faculté d’apporter non seulement des réponses animistes aux problèmes de la vie de tous les jours, mais également des solutions bouddhiques aux interrogations plus intellectuelles suscitées par les grands problèmes de l’existence.

 

C’est dans cet esprit que dans les foyers ont lieu les grandes réjouissances de la naissance et du mariage qui se font suivant le rite animiste alors que pour le décès, on fera appel aux bouddhistes plus compétents dans leur démarche intellectuelle de l’approche de l’au-delà.

 

Nous avons compris et vécu cela au mariage de notre fils qui, célébré suivant le rite animiste, nous a profondément marqué par sa profonde valeur symbolique, comme le seront toujours les cérémonies religieuses occidentales.

 

Les lourds jardins shintos

Se sont engrossés de fruits,

De fleurs, d’arbres en feuilles

Et de mimosas jaunes.

 

Les ventripotents kamis

De terre rouge et vernis blancs

Se sont groupés en chœur

De potiches flammées.

 

De longs oiseaux de ciel

Se sont allongés bleus

Sur l’eau de soie noire.

 

Des nuages de pivoines roses

Se sont gorgés de pulpe d’eau,

Pour abreuver les kamis-dieux.

 

 

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17/08/2010

Ch. 27 l - Kyoto, le Japon mystique

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

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Ch. 27 l - Kyoto, le Japon mystique.

 

{9} Après le « pèlerinage » à un des deux chancres ouverts de de l’inconscience humaine dont il est impératif de tirer des leçons, nous nous efforcerons de pénétrer en profondeur la culture nippone pour mieux nous assimiler à notre belle-fille japonaise, ses proches et nos futurs petits-enfants.

 

Kyôto, anciennement Heian-Kyô (traduction : capitale de paix et tranquillité), ville historique-musée, haut-lieu du bouddhisme nous marquera tous de son empreinte de particulière grandeur qu’un passé de plus de mille ans (794 à 1868) de piété et ferveur bouddhique a gravée dans la matière de ses temples et statues, sous l’autorité éclairée mais absolue de l’empereur, divinité consacrée par le shintoïsme.

 

C ette dualité de croyance n’est pas facile à saisir par nos civilisations chrétiennes, cependant, il faut essayer de se pénétrer de la théologie asiatique et surtout japonaise.

 

Le Dieu unique de la Bible et du Coran à l’origine de tout, à la base de nos civilisations occidentales, provient d’une conception religieuse qui a débuté dans les populations nomades des déserts du nord-est africains, lieux tellement propice à la méditation et à un ascétisme libérateur de la pensée intérieure et profonde.

 

La pensée religieuse japonaise est davantage orientée vers l’élévation personnelle parallèlement à la vénération de forces dont il n’est pas important d’en trouver la raison si ce n’est qu’elles viennent d’un « cosmos déifié » coiffé par un empereur divinisé.

 

On comprend mieux alors la complémentarité de deux philosophies au Japon, l’une, le shintoïsme, basée sur les forces naturelles qui sont l’émanation ou le fruit de puissances inconnues et l’autre, le bouddhisme où la vénération et le culte de Bouddha, l’ex-richissime prince Siddhârta Gautama devenu mendiant à 29 ans qui a découvert le nirvana ou la vérité et le bonheur suprême … : ses adeptes le considérèrent alors comme le guide inspiré des hommes.

 

Dans ce berceau de la culture religieuse nippone que fut Kyoto, nous nous laisserons envahir par un intense désir de la pénétrer en profondeur, si faire se peut, afin d’en saisir au maximum les tenants et aboutissants.

 

{10} D’abord le château Nijō, construit un peu après 1600, par le shogun Tokugawa, avec son entrée galbée à la chinoise nous surprit par la munificence de ses décorations vieil or.

 

Je me laissai envahir par un sentiment étrange et contradictoire, à la fois de refus d’une civilisation post-féodale du culte des potentats, comme je le fus, autrefois, à Versailles pour les Bourbons, mais aussi d’admiration respectueuse pour le travail génial des artisans et ouvriers qui l’ont réalisé dans une ferveur religieuse, qu’on ne peut s’empêcher de ressentir au moindre des détails architecturaux.

 

Cette première entrée en matière dans ce monde nippon étrange, mystérieux, d’un modernisme exacerbé cependant toujours dominé par des croyances et des rites desquels nous, occidentaux chrétiens, ne parvenons pas à saisir la cohérence, la subtilité et plus encore la grandeur, fut pour moi l’objet d’une grande interpellation dans la construction de ma pensée métaphysique.

 

Envahi comme je l’ai été par le mysticisme étrange du mariage animiste de mon fils dans sa simplicité fondamentale d’appel aux forces naturelles, je ne pouvais qu’être interpellé par son complément en ferveur religieuse des bouddhistes qui sourdait de chaque pierre taillée en autel, de chaque boiserie sculptée ornée d’or ou de verni rougeâtre, de chaque Bouddha grandiose ou discret, et surtout de chaque arbre, arbrisseau ou buisson taillé pieusement comme un rite de prière.

 

{11} C’est dans cet esprit de ferveur que je pénétrai avec mes compagnons de voyage dans ce que la religiosité peut offrir de plus raffiné, de plus fondamental dans sa pure simplicité et qui est véhiculé par la pensée zen, le temple Ryoanji et son jardin de gravier blanc.

 

C’est en pèlerin que j’entrai dans cet endroit au bras de mon épouse. Une communion de pensée nous unissait. D’instinct, nous avons fait le vide intellectuel de nos cerveaux, pour ne laisser affleurer que la félicité animale des premiers âges, celle de corps détendus que le soleil couchant caresse de rayons tièdes.

 

Cette discipline de ressourcement est fondamentale dans la culture zen ; nous ne sommes probablement pas arrivés à faire ce vide de toute pensée, tellement chez nous le mécanisme cérébral de la distraction est devenu automatique et spontané, utilisant les espaces inoccupés.

 

Les membres de l’ordre soto, à genoux sur des « tatamis » de paille tressée, pratiquent cette méditation dite « zazen » pendant près d’une heure, trois ou quatre fois par jour.

 

C’est certes à mettre en parallèle avec la démarche de nos moines contemplatifs chantant les psaumes dans leurs cloîtres. Arrivent-ils cependant à cet état d’abstraction totale de la pensée ?

 

Le temple Ryoan-ji, dans sa simplicité monacale et la pureté de ses lignes dans un environnement de verdure dont la moindre branchette et la moindre pousse sont des œuvres humaines que des milliers de doigts ont façonnées en prières, restera avec le mariage animiste de notre fils un des points forts de notre « pèlerinage ».

 

Nous nous sommes promenés longuement, silencieusement dans des sentiers que respectaient les visiteurs du moment, aussi attentifs que nous à ne pas rompre l’envoûtement.

 

Notre lente promenade méditative nous amena tout naturellement devant le jardin de gravier de pierre blanche du monastère dont l’origine remonte au quinzième siècle, à l’initiative du seigneur Hosokawa Katsumoto.

 

Il s’agit d’une grande surface rectangulaire de gravier blanc, ratissée religieusement par des moines, sur lequel sont dispersés trois groupes de quinze rochers moussus. Ils sont placés là en repos du regard qui s’est saoulé de l’immensité blanche du gravier….

 

Nous nous sommes assis sur le promenoir en planches noircies pour nous laisser envahir d’une montée ineffable de calme et de détente. J’y ai retrouvé quelques moments de méditation qui avaient marqué ma jeunesse de croyant pieux, je ne pense cependant pas que j’aie atteint le mysticisme cérébral véhiculé par la pensée zen….loin de là…. pour sûr…

 

Du fond des âges

Repus dans leur caverne,

Les premiers rêveurs ont goûté

La grandeur du silence,

La paix de l’ombre,

Et la joie du repos.

 

Les dieux de la pensée

Ont offert

Aux moines des temples

Et ceux des cloîtres,

L’offertoire intérieur

De l’oblation du silence.

 

 

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