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31/08/2010

Ch. 27 p - Agnès, la Corée, son pays "du matin calme"

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 27 p - Agnès, la Corée, son pays du "matin calme"

 

23} Agnès, notre amie coréenne, celle que nous appelions « notre petite sœur », faisait partie de la fête du mariage, sans son époux qui n’avait pu se libérer d’un déplacement professionnel important.

 

Après notre périple japonais nous la retrouverons à Séoul avec sa famille, pour une semaine qui nous permit d’apprécier, dans un dépaysement total, le gigantisme de cette ville de vingt millions d’habitants, fort éprouvée par la guerre des deux Corées de 1950 à 1953 et qui fut entièrement reconstruite.

 

Nos amis nous accueillirent royalement et nous firent découvrir le charme d’une ville qui, malgré son expansion démentielle, s’est efforcée de laisser transparaître les qualités essentielles de l’âme coréenne : la chaleur de l’accueil et la douceur pacifique d’un peuple qui fut toujours brimé par son voisin, le japonais conquérant.

 

Cette gentillesse de nos amis nous a toujours séduits et notre amitié s’est affinée de sentiments si précieux qu’ils sont devenus primordiaux dans nos existences.

 

Les cinq années que nous vécûmes ensemble marqueront nos âmes d’une empreinte de chaleureuse affection et de grand bonheur, davantage encore ressenti lorsque nous nous retrouvions à la campagne ou chez nous à Bruxelles pour de grandes fêtes familiales et lors de voyages entrepris ensemble comme la visite des châteaux de la Loire.

 

Il restera de ces souvenirs le sentiment d’un souci de communication chaleureuse entre deux sensibilités, l’occidentale qui s’enorgueillissait de son passé et l’orientale qui le découvrait. C’était particulièrement riche pour tous, les adultes comme les enfants qui resteront marqués par cet échange éclectique entre deux civilisations.

 

C’était dans le même esprit que, quelques jours auparavant, nous avions découvert le Japon et pénétré, en l’appréciant, la sensibilité d’une race que les conflits de nos histoires avaient rendus rébarbatifs et inamicaux ; il faut aussi avouer que la Corée, victime et plus latine, nous était affectivement plus proche.

 

{24} Au soir, nos amis nous ont invités dans le meilleur restaurant de Séoul, nous y avons dégusté les mets occidentaux les plus fins … dans le cadre luxueux d’un établissement qui pourrait rivaliser avec les meilleurs de nos grandes capitales … On se serait cru dans une grande artère de Paris … Comme quoi notre culture s’implante jusque dans le luxe.

 

{25} Agnès nous fit visiter les musées nationaux, afin de nous imprégner davantage d’une culture que nous ne demandions qu’à découvrir et qui nous fut intelligemment décrite et commentée par notre amie, très avertie en histoire de son pays par ses études universitaires et son métier d’antiquaire.

 

{26} Nous toucherons également au folklore et à l’art culinaire coréen, contrastant étonnamment avec ce que nous venions d’apprécier au Japon.

 

Si le raffinement de la cuisine japonaise réside dans l’originalité de la présentation monochrome où le poisson qui est la nourriture essentielle du pays domine, celle de la Corée sera très riche de la couleur de nombreux légumes presque crus finement taillés et artistement présentés accompagnés du très fameux kimchi (préparation condimentaire de mets divers et de légumes dans des couches de « pili-pili » et mûrie dans des pots de terre enterrés).

 

Quand elle était en Belgique, notre amie campait à la cuisine d’où elle ne sortait plus, pour nous présenter une variété incroyable et succulente de plats colorés, agrémentés de kimchi et arrosés de vin rosé ou soju (vin coréen équivalent du saké).

 

Pendant notre séjour, nous serons surtout impressionnés par l’originalité et le pittoresque d’un repas gastronomique végétarien pris dans un silence monacal pendant que des musiciens aux instruments anciens envoûtaient la salle d’une mélodie étrange, mais d’une délicatesse extrême.

 

Pratiquée dans le silence, c'est un rite et une religion officiée tant dans la finesse et le raffinement des plats, mettant en valeur toutes les nuances colorées et la beauté des mets végétariens, que par l’ambiance feutrée, méditative et sereine que répandaient le public et les musiciens. Nous en retirâmes un sentiment de grande détente qui vint à point nommé requinquer nos organismes fatigués.

 

{27} Cependant, nos amis nous réservaient l’apothéose : un séjour dans l’île de Jeju, située à quelques centaines de kilomètres de la Corée du Sud et qui bénéficie d’un climat que jalouseraient les îles paradisiaques du Pacifique.

 

Volcanique à outrance, cette terre coréenne est surprenante, tant par son ciel d’un bleu intense que par son sol noir-encre des matières que rejetèrent la centaine de volcans qui y émergèrent aux époques les plus reculées de la formation de notre planète.

 

Les autochtones proposent aux touristes des sortes de génies protecteurs qu’ils disposent partout pour contrer les mauvais esprits et grossièrement taillés dans la lave typiquement grêlée lors de son effusion incandescente.

 

Son climat paradisiaque l’a fait privilégier par les Coréens comme lieu idéal de vacances et de voyage de noces, aussi nos amis, en reconnaissance de l’accueil reçu quand ils étaient en Belgique, tenaient à nous offrir un séjour dans cette île merveilleuse.

 

Ils nous y avaient réservé une des plus belles chambres dans le meilleur des nombreux hôtels luxueux de l’endroit qui pouvaient rivaliser avec les plus importantes places touristiques du monde.

 

C’est dire les moments de détente ineffable que nous y connûmes dans la quiétude de l’environnement et dans le sentiment d’affection qui nous unissait à nos amis.

 

Cerise sur le gâteau comme on dit maintenant, notre ami Michel était le géologue spécialiste de l’île, reconnu dans le monde entier comme la sommité dans l’étude d’un type de phénomène très important de glissements tectoniques qui ont laissé des failles profondes dans certaines structures volcaniques comme dans cette île et dont l’étude permet d’en retracer l’histoire.

Ces travaux ont d’ailleurs fait l’objet des thèses de doctorat que notre ami avait défendues à Bruxelles et Séoul.

 

Aussi quel voyage passionnant et hautement intéressant fut-il, celui que nous eûmes le grand avantage d’accomplir avec lui dans ces montagnes et ces volcans, remontant ainsi au plus loin dans l’histoire de notre planète !

 

Grâce à ses commentaires éclairés, nous nous émerveillâmes, dans un lieu mythique pour des profanes comme nous, de ces failles que le glissement des sols avait produites, révélant des strates aussi jolies que nous interpellant, témoins vieux de milliers voire de millions d’années, si présents devant nous que nous les caressions du doigt.

 

{28} Non loin de là, nous irons nous entretenir avec des plongeuses cueillant des algues pour kimpas, ce mets très décoratif, préparé par les Coréens comme par les Japonais, fourrés de riz, légumes et petits mets fins, pour être ensuite découpés en tronçons et disposés en pyramide sur un plat…  C’est très joli et délicieux, accompagné d’un mousseux.

 

Pendant deux jours nous écoutâmes ainsi notre ami, guide intarissable, patient pour notre incompétence, avec cette humilité charmante du vrai savant qui avoue son ignorance devant l’ampleur des problèmes.

 

Revenu en Belgique, nous aurons l’impression d’avoir quitté le pays depuis si longtemps et si loin qu’il nous semblait que nous avions changé de planète et que le temps s’était arrêté.

 

Nous ne pûmes nous empêcher d’éprouver ce regret nostalgique d’avoir laissé là-bas cette petite sœur qui allait reprendre sa vie de femme d’affaires qui exploite une usine de meubles d’une centaine de personnes dans une Chine inhumaine et déconcertante.

 

Attendris, nous aurions aimé une fois encore la prendre dans nos bras pour la soutenir, comme nous l’avions fait quand nous les avons découverts, un soir de Noël, elle et sa famille, adorables asiatiques désemparés, perdus dans une assemblée religieuse d’occidentaux arrogants.

 

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Elle venait de loin

Si loin qu’elle pensait

Que le ciel les avait égarés,

Abandonnés sans espoir.

 

Elle rêvait d’ibis

Brodés sur des robes blanches

Et de douces complaintes

Psalmodiées par des enfants ocre

 

Elle chantait au soir

La cantilène des kayagums

Quand son âme pleurait

La nostalgie des rizières.

 

Elle a trouvé une sœur

Qui lui donna son cœur

A la place des rizières,

Et du bleu des ibis,

Du chant long des rivières,

Du cœur d’or des iris.

 

 

°°°°°°°°

 

Le hasard a voulu qu'aujourd'hui, 31 août 2010, date de cette publication dans le blog du journal "la Libre", Agnès, "notre petite soeur corréenne" est parmi nous après avoir participé à la célébration du mariage de notre fils puiné, Benoit, avec une adorable personne. L'événement a eu lieu ce samedi et a donné lieu à de grandes festivités et réjouissances.  La cérémonie s'est déroulée selon le rite druidique-animiste dans la nature, sous les grands hêtres de sa propriété dans le même esprit que son frère le fit au Japon suivant la tradition religieuse du pays - naissance et mariage suivant le rite animiste et funérailles suivant le rite bouddhiste - devant un autel de fruits, produits de la nature et évocation des forces naturelles.

 

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09/03/2010

Ch. 22a - La Corée (LES AMIS D'AILLEURS)

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)

 

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour  : {22.2} La Corée du Sud (nos amis Agnès et Michel Lee) -

 

 

Chap. 22a - LES AMIS D’AILLEURS : La Corée du Sud.

 

Mon pays est un village

Et la terre est ma patrie

Disait le poète.

 

Mon frère habite ma rue,

Mais aussi la ville voisine

Et encore bien plus loin,

Tellement loin

Que c’est trop loin

Pour y aller.

 

Cependant,

Quand j’entends le vent,

C’est son chant qu’il m’apporte,

Et la nuit,

C’est sur les mêmes étoiles

Que nos yeux vont se chercher.

 

Mon frère est si loin

Que c’est trop loin pour y aller.

 

Mais, lui, peut-être, un jour,

Il sera devant ma porte,

Fatigué du long voyage.

Mais peut-être qu’alors, en lui

Je ne verrai qu’un « étranger ».

 

 

{1} Ainsi qu’évoqué plus avant, dans le cadre d’une action d’ouverture à d’autres cultures, nous avions proposé à la paroisse de nous charger de l’organisation de réunions de quartier centrées sur l’accueil des réfugiés qui s’y établissent en leur donnant l’occasion de parler de leur pays et de leur culture.

 

La rencontre merveilleuse de Noël tombait à pic. Non seulement nous avions une première famille à faire connaître et à intégrer dans nos quartiers, mais aussi c’était une raison supplémentaire de nous en rapprocher.

 

Aussi le 28 janvier 1983, nous inaugurerons dans la salle paroissiale une rencontre « inter-culture » qui sera la première d’une série d’une petite vingtaine d’autres qui s’échelonneront tout au long des années 1983 à 1986.

 

Nous serons forcés de les interrompre à la suite d’ennuis de santé provoqués par le stress de ma profession, mais aussi d’infirmité visuelle et problèmes cérébraux me contraignant à suspendre mes activités professionnelles et faire opérer un cœur défaillant, ainsi qu’abondamment décrit par ailleurs. Malgré tous nos efforts, nous n’arriverons jamais à transmettre le flambeau, faute de relais sérieux.

 

Une feuille d’invitation attrayante intitulée : « Des habitants du quartier présentent leur pays » annonçait nos séances. Nous la distribuions dans la plupart des boîtes aux lettres de la région, tandis que la feuille paroissiale, de son côté, l’évoquait dans son édition mensuelle.

 

Il m’a semblé utile dans l’intérêt de ces pays de mettre à jour la partie historique des textes qui relatent ces rencontres en puisant aux meilleures sources : Encyclopédia Universalis, Wikipédia (après vérifications logiques), Jacques Leclerc, Encarta et les sites des ambassades. Les références de ces sources seront reprises en appendice alphabétique du livre.

 

Si cette initiative pouvait amener un regard intéressé sur ces populations malmenées, nous en serions ravis, mon épouse et moi, prolongeant dans le temps une action que nous n’avons pu continuer.

 

Cette actualisation fut un travail considérable de recherches, consultations et rédaction pour fournir la relation la plus objective, la plus complète tout en la faisant succincte, de la destinée douloureuse de ces pays que nos civilisations ont sacrifiés sur l’autel de leur confort et de leur progrès depuis toujours.

 

Il y en a d’autres dont Israël que nous avions préparé et que les circonstances évoquées plus avant ne nous ont pas per mis de présenter (Je terminerai cependant ce chapitre par une étude-plaidoyer en faveur de ce peuple, à l’origine de nos civilisations, afin de contrecarrer tant d’idées préconçues) ainsi que tous ceux d’Afrique, d’Amérique Centrale et du Sud (sauf la Bolivie et Haïti) ou d’ailleurs…..

 

Nous nous efforcerons dans ces rencontres de ne blesser personne et d’observer une neutralité politique et religieuse rigoureuse. En accord avec les autorités de la paroisse qui mettait à notre disposition son infrastructure (salle, secrétariat, feuille paroissiale mensuelle de contact…) ces rencontres devaient être une ouverture vers les autres venant « d’ailleurs » dans un grand esprit de fraternité en dehors de toute démarche de récupération religieuse.

 

Ce fut une grande aventure qui nous mobilisa tous : mon épouse prenait les contacts, rassemblait le matériel, organisait la réception de fin de séance, préparant et fournissant souvent les boissons et accompagnements du « drink », et terminait la séance avec quelques mots de clôture et d’invite à la dégustations des mets et boissons (préparations du pays concerné)  ; mes fils Patrick et Benoit s’occupaient d’organiser la salle, se chargeaient des projections (matériel loué, souvent difficile à adapter et dont l’utilisation tenait de l’aventure) ; nos filles en hôtesses souriantes et affables se chargeaient de l’accueil et faisaient équipe avec mon épouse ; quant à moi je préparais les textes, la feuille d’invitation ainsi qu’une courte introduction et animais ou suscitais les questions des débats (Patrick me remplaça quelques fois surtout lors de l’accident cérébral qui m’handicapa momentanément).

 

{2} Au programme de la première séance réservée à la Corée du Sud, terre de nos amis avec la projection de trois films, un sur le pays moderne et industrielle qu’il est devenu, un autre sur ses traditions et un troisième sur les religions qui y sont pratiquées (Chamanisme, Bouddhisme et Christianisme).

 

Avant d’en parler, je tiens à donner un bref aperçu de l’histoire tourmentée de ce peuple, brimé d’abord par ses grands voisins la Chine et le Japon et ensuite victime de l’affrontement est-ouest entre le communisme et le capitalisme qui caractérisa la seconde moitié du vingtième siècle. Nous nous garderons bien d’en toucher mot dans nos séances publiques pour éviter à nos amis des problèmes auprès de leurs autorités consulaires.

 

Aussi, maintenant que j’écris ces « mémoires », je me sens un devoir de faire justice à ce petit peuple intelligent (dont, rappelons-le, proviennent nos deux filles) qui fut toujours victime de ses grands voisins, la Chine et le Japon et qui fut sacrifié, après la guerre de 40-45, sur l’autel de l’entente américano-soviétique qui reniera les accords pris au Caire en novembre 1943, par Roosevelt, Churchill et Tchiang Kai-Chek (Chine Nationaliste) de créer enfin une Corée libre et indépendante.

 

Malheureusement les événements qui suivirent se passèrent à son détriment quand à Yalta, en février 1945, les quatre grandes puissances ( les Etats-Unis, l’Angleterre, la Russie et la Chine de Tchiang Kai-Check) décidèrent que la Corée (possession japonaise depuis 1910) serait partagée en deux zones d’occupation situées de part et d’autre du 38e parallèle, dévolues aux USA pour la partie sud et à la Russie pour la partie nord.

 

Finalement en 1948, après de nombreuses altercations et confrontations entre le bloc communiste et les pays « libres », les deux Corées se donnèrent des constitutions, sous l’appellation de République Populaire Démocratique de Corée (R.P.D.C.) d’un côté et de République de Corée de l’autre, ce qui amena les Américains et les Russes à évacuer leur zone d’occupation en 1949.

 

C’est ainsi que ce petit pays qui avait souffert depuis toujours des grands conflits internationaux fut entraîné malgré lui dans les camps opposés du communisme et du capitalisme, pour subir le paroxysme de la haine et de l’agressivité lors des douloureux affrontements de juin 1950 à juillet 1953 qui opposèrent aux pays occidentaux la Corée du Nord, armée par les Russes puis appuyée par la Chine communiste.

 

En effet, le 25 juin 1950, la Corée du Nord envahira le sud avec dix divisions de soldats équipés par les Russes en chars et avions. Le sud, avec ses huit divisions mal armées sans appui terrestre lourd, ni matériel aérien, s’écroula et se trouva rapidement envahie, au bord de la défaite.

 

Le 27 juin, l’ONU fut saisie de l’affaire et vota (sans l’URSS mais avec la Chine nationaliste de Formose, la Chine communiste de Pékin n’étant pas reconnue par les occidentaux)


Le 16 juillet, fut constituée une armée à laquelle participèrent seize nations : c’est-à-dire, outre les Sud-Coréens, les contingents australiens, belges, luxembourgeois, canadiens, colombiens, éthiopiens, français, britanniques, grecs, hollandais, néo-zélandais, philippins, sud-africains, thaïlandais et turcs plus les unités médicales danoises, indiennes et suédoises. Leur commandant était l’américain Douglas Mac Arthur.

 

Le 15 septembre, les armées de l’ONU débarquent près de Séoul, la libèrent le 28 et les Sud-coréens envahissent le nord le 30, appuyés par l’ONU le 7 octobre.

 

Les Chinois se prétendent menacés et envoient le 25 octobre une armée, dite de volontaires, forte de 850.000 hommes d’où renversement de la situation et repli des forces coalisées. Séoul est repris le 4 janvier 1951 par les communistes. Le Président américain Truman annonce que le recours à la bombe atomique est à l’étude.

 

Après une difficile contre-offensive des troupes de l’ONU et de la Corée du sud qui essuient de lourdes pertes, les coalisés reprennent Séoul le 14 mars 1951 et franchissent à nouveau le 38ème parallèle. Le général américain Mac Arthur qui commande les troupes veut continuer jusqu’en Mandchourie, mais le président Truman s’y oppose et lui enlève le commandement (Ce fut peut-être l’erreur qui empêchera la réunification de la Corée….)

 

Le conflit s’éternisera jusqu’au 27 juillet 1953, avec quelques escarmouches sur un front stabilisé au 38ème parallèle. Les pertes en vies humaines dans ce conflit furent considérables : 2.415.600 suivant l’ONU dont deux tiers de civils.

 

Finalement, les accords de Genève de 1954 couperont définitivement le pays en deux nations situées de part et d’autre du 38ème parallèle. On sait qu’actuellement, la Corée du Nord est toujours sous dictature communiste avec un « potentat » cruel, tandis que la Corée du Sud jouit des avantages de notre « système capitaliste».

 

La Corée fut toujours dominée par ses voisins chinois et japonais qui ne cessèrent de l’envahir et de se la disputer, comme la Belgique le fut par ses voisins français, hollandais et allemands. Cette similitude de situation historique fut un facteur supplémentaire d’affinité et de sensibilité nous rapprochant de nos amis coréens.

 

De tout temps, les Coréens serviront de plaque tournante assurant le relais des cultures et des techniques entre le Japon, la Chine et la Mandchourie que celles-ci proviennent des Chinois de l’époque des Hans (IVe s. av. J.C.) et ensuite des Mongols et Mandchous jusqu’au XVIIe siècle ou encore à la suite d’incursions de barbares venus par la mer.

 

Dès 1592, les Japonais s’attaqueront à la Chine en passant par la Corée mais seront repoussés grâce aux combats héroïques que leur livrèrent les Coréens aidés des Chinois. Ces incursions dont celle de 1636 qui réduisit le prince héritier coréen à la vassalité envers l’empereur nippon, permirent aux Japonais de profiter des techniques avancées de la Corée dont celle, dont ils furent les inventeurs, de l’imprimerie avec caractères mobiles.

 

Très éclectiques, les érudits coréens s’intéressèrent aux connaissances de leur voisin chinois (école Kao-tcheng-hio) et un certain nombre se convertit même au catholicisme pour mieux approcher les sciences occidentales jusqu’à ce qu’ils furent persécutés et interdits par le pouvoir japonais en 1786.

 

En 1813, la famine atteignit deux millions et demi de paysans coréens (un tiers de la population) avec soulèvement et appel à l’étranger (à la France en premier lieu) ce qui poussa le Japon qui se sentait menacé à s’isoler et conclure des traités d’amitié avec les occidentaux.

 

La Chine, le Japon et la Russie se disputèrent l’hégémonie de ce malheureux petit pays, pendant tout le 19ème siècle. Le Japon, puissant guerrier, remporta la guerre sino-japonaise de 1894-1895 et se défit des Russes lors du conflit de 1904-1905.

 

Le 29 août 1910, le peuple coréen fut envahi et brimé par les Japonais : interdiction d’association, de réunion, recensement des terres et distribution de celles dont la propriété n’avait pu être prouvée, notamment celles de l’ancienne royauté, à des colons japonais ou à des « locataires » coréens.

 

De 1937 à 1940, les Coréens furent vraiment asservis. Le mot n’est pas trop fort : les Japonais imposèrent aux écoliers coréens leur langue et leur histoire en s’efforçant de faire disparaître toute trace du passé ; livres, revues et journaux coréens furent interdits ; leur identité fut bafouée en les forçant à porter des noms japonais ; ils furent obligés de vénérer les kamis ou divinités du Shintoïsme, croyance animiste du Japon, ce qui les ulcéra profondément ; des jeunes coréens furent engagés de force dans l’armée japonaise et près de cent mille très jeunes filles des écoles secondaires durent servir de « femme à soldat » pour les militaires japonais en guerre.

 

Toutes les grandes nations qui ont « construit » l’histoire du monde, ont été un jour dominées par des bourreaux  impitoyables qui  martyrisèrent, écrasèrent, réduisirent ceux qu’ils voulaient soumettre ; toutes ces nations se sont enrichies du savoir et des biens qu’ils leur volaient pour finalement, outrecuidance suprême, transformer en pages de gloire, écrites cependant en lettres de sang, un passé de conquête réalisé à force de pillage, brimade, avilissement et esclavage de ceux qu’ils avaient vaincus.

 

Que ce soit chez nous, en Europe - depuis l’agressive Albion asservissant les nations du Dominion (un tiers du monde sous Victoria), la France napoléonienne, l’Allemagne des deux guerres mondiales, l’Espagne des Conquistadors, l’Italie des empereurs jusqu’à nos voisins bataves, oppresseurs des Indes Néerlandaises et nous-mêmes, cruels négriers, sous Léopold II, et tous les conquérants qui de tout temps, ailleurs dans le monde, se sont rendus coupables des mêmes impitoyables exactions.

 

Ce fut la raison pour laquelle, lors de notre séance du 28 janvier 1983, nous n’effleurerons pas ces sujets pénibles par souci de ménager les sensibilités politiques. Positivement, nous nous efforcerons de démontrer à un public vraiment conquis toute la richesse culturelle de ce valeureux pays, traversé d’un courant permanent de savoir et de traditions, construisant malgré les épreuves sa propre culture originale avec sa langue et son écriture.

 

Aussi l’écran de notre salle nous révéla-t-il toute la beauté naturelle d’un pays riche en paysages d’une grande finesse de lignes et de couleurs aux versants ensoleillés où des chercheurs de Ginseng (racines aux vertus médicinales et aphrodisiaques) dénichent très difficilement leur récolte. On la cultive maintenant cette racine qui épuise tellement le sol qu’il faut vingt ans de mise en jachères avant de la replanter.

 

Beauté également des paysages, la caméra s’attardant longuement sur des printemps aux collines parées d’azalées en fleurs, sur les ciels lourds de la paresse des automnes fruités et sur l’éclat des hivers tout en neige vaporeuse sur fond de métal bleu dur.

 

Révélation aussi du génie d’un peuple méconnu fécond en découvertes que s’approprieront les voisins, conquérants sans scrupules. On nous enseigne que c’est Gutenberg qui inventa les caractères typographiques mobiles et l’imprimerie (entre 1397 et 1400) alors qu’il est certain que les Coréens avaient fabriqué des planches gravées près de deux cents ans avant lui (nous en avons détenu au début de notre commerce d’antiquités coréennes de très belles, sans doute moins anciennes), de même que les caractères interchangeables en métal.

 

il est aussi prouvé que sous le règne du roi coréen Taï-Djong (au 14 ème siècle) non seulement fut utilisée l’imprimerie à caractères mobiles mais également l’alphabet coréen qui simplifiait l’enseignement de la langue et son impression en remplaçant les difficiles écritures idéographiques chinoises ou japonaises.

 

L’alphabet coréen ou Hangul, 19 consonnes et 21 voyelles, peut être considéré comme un des systèmes d’écriture les plus rationnels qui soit et qui sert à toute la population (99 %) .

 

Cette homogénéité de l’écriture utilisée, simple et rationnelle, contribua à élever le pays au rang des nations les plus alphabétisées (presque 100 %) avec le coréen comme langue véhiculaire et, dès l’age de 12 ans, l’anglais comme langue secondaire (six à sept heures par semaine, quasi au même rang que la langue nationale et les mathématiques) et, à partir du lycée (les trois dernières anées du secondaire chez nous), le choix d’une troisième langue, le chinois, le japonais, le français, l’allemand ou l’espagnol.

 

Ces langues supplémentaires seront approfondies parallèlement aux études supérieures (4 ans et un doctorat) dans des écoles privées qui foisonnent et pour lesquelles sont recrutés des autochtones étrangers. Ce sera la première activité que notre amie Agnès créera à son retour d’Europe et dans laquelle elle embrigada notre fils aîné Patrick.

 

Autre trouvaille, le céladon, cette merveille de la poterie d’art que des artisans coréens poussèrent au summum de sa perfection en glacis vert-eau et dont les Chinois jalousaient déjà la facture au début du douzième siècle. Nous en avons également vendu de très beaux pas aussi vieux, ni aussi précieux.

 

Ingéniosité aussi de cette race subtile qui inventa le chauffage par conduction en installant dans le sol des gaines en briques qui transmettaient la chaleur d’un foyer creusé en dessous, alimenté en combustible difficile à utiliser directement, comme la tourbe, le brai de houille ou autres se trouvant en abondance dans le pays.

 

Une particularité typique de ces gens, rappelant ceux du midi de la France, est la forte odeur d’ail provoquée par la consommation abondante de « Kimchi », préparation condimentaire qui accompagne tous leurs repas.

 

Il s’agit d’une mixture à base de légumes (surtout des choux-chinois passés un quart d’heure à l’eau bouillante), champignons, huîtres (elles sont aussi abondantes que les moules chez nous) et herbes diverses où l’ail domine (il y a autant de recettes que de familles, chacun trouvant la sienne en fonction des opportunités légumières du moment ou de la région).

 

Les divers composants sont tassés dans des jarres de terre cuite par couches successives des ingrédients emballés dans des feuilles de choux-chinois largement farcies de pili-pili.

 

Le tout est ensuite couvert d’un gros poids afin de bien le comprimer et enterré à ras du sol pour y subir les gelées des hivers coréens rigoureux (15 à 20 degrés en dessous de zéro).

 

Le mélange est détonant ; nous l’avons « dégusté » souvent, il accompagne admirablement la cuisine coréenne où les légumes presque crus et les lanières de viandes cuites à la flamme au travers d’un « wok » (sorte de cône métallique à petits trous) dominent. On transpire abondamment, on s’éponge, mais on ingurgite et on ingurgite sans discontinuer tous les plats, au travers d’un estomac « troué » en « s’arrosant » de rosé bien frais ou de soju apaisant (thé coréen d’orge torréfié).

 

Mes fils et mon filleul Bruno finirent par se mesurer en joutes « kimchïennes » avec notre ami coréen Michel, pourtant recordman en la matière. Pendant les cinq ans que dura le séjour de nos amis, en avons-nous apprécié de ces repas joyeux, chaleureux de grande amitié dans lesquelles nos épouses se surpassèrent en préparations et qui nous lieront tellement fort que ces ripailles mémorables rivaliseront avec nos plus chaudes retrouvailles familiales.

 

Nous terminerons cette première réunion de « quartier » en offrant des kimbabs, amuse-bouche fait de riz collant, farci de lamelles d’œufs durs, carottes et légumes verts, puis coupés en tronçons de deux à trois centimètres, après avoir été entourés de feuilles d’algue cueillies au fond de la mer par des plongeuses coréennes spécialisées.

 

Disposés en pyramide sur un plat, c’est très joli : les feuilles d’algue conservées sous vide qu’on se procure aisément maintenant, enveloppent d’un noir brillant de jolis cylindres de riz asiatique, avec en leur centre le bouquet coloré rouge et vert des légumes ainsi que le blanc et jaune des œufs durs. Accompagnés du thé soju ou de rosé, c’est très agréable à l’apéritif en « amuse-gueule ». (La mode d'en consommer s'implante chez nous depuis quelques temps).

 

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