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02/04/2010

Ch. 22 m/n - Rwanda et Haïti (LES AMIS D'AILLEURS)

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)

 

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

 

Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour  :


22o. – Le Rwanda{16}

 

Terre de pasteurs paisibles

Aux épouses au cœur sensible

Et de troupeaux nonchalants

Paissant au soleil couchant.

 

Pays des mille collines

De sentes et de ravines

Où coulent des fleuves noirs

Toujours noirs de leur sang noir.

 

Terre de vertes prairies

De seigneurs et d’artisans,

De cadavres et de vies.

Terre de la haine et des chants.

 

Terre d’enfants et de vieux

Se traînant vers la mort

Avec les yeux aux cieux,

Pour la fin de leur sort.

 

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{16} Aimable Mouniourangabo nous présenta le 29 novembre 1985 son malheureux pays, le Rwanda, le pays des mille collines, et nous fit toucher du doigt toute la grandeur de l’âme rwandaise et sa qualité de vie malgré les malheurs qui n’ont cessé de l’accabler..

 

Avec son voisin le Burundi, il est un des plus petits États d’Afrique, sa population est extrêmement dense (8.387.000 en 2003 - 320 habitants au Km³ pour 342 à la Belgique qui est un des plus denses d’Europe). La langue du pays est le Kinyarwanda.

 

Ce pays est confronté à des problèmes économiques graves qui ne feront que s’accroître dans l’avenir : il est très éloigné des mers (plus de 1000 km) – il est surpeuplé et sa natalité est galopante (plus de 60% de la population a moins de 20 ans) – deux ethnies (Tutsis et Hutus) se livrent à un génocide permanent – surtout pasteurs et agriculteurs, ils ont un avenir industriel fort limité.

 

Les Tutsis sont des pasteurs d’origine nord-africaine (peut-être Éthiopie) aux traits raffinés, à la taille élevée (1m80). Les Hutus, principalement agriculteurs, plus petits d’une dizaine de centimètres, ont toujours été traités en race subalterne par les Tutsis, sous l’autorité de roitelets que dirigeait un mwami (roi) Tutsi, considéré comme un descendant des divinités locales.

 

Il y a aussi un pour cent de pygmées, les Batwas (1,50m), chasseurs, considérés comme race inférieure par la société rwandaise. Ils sont potiers, bouffons, danseurs…. Ils pourraient être les premiers habitants de la région.

 

Les vaches du royaume représentaient dans la passé la richesse du pays et appartenaient au roi qui les confiait à la garde de ses sujets Tutsis ; ceux-ci estimant que seul l’élevage était une tâche noble, ne se nourrissaient que de ses produits : lait caillé, sang prélevé par saignée et viande.

 

Ils considéraient la nourriture des Hutus (haricots, pois, millet, maïs, patates douces et le sorgho qui est une sorte de gros millet) inférieure à leur condition, mais la prélevaient pour compléter leur alimentation insuffisante (Les vaches, mauvaises laitières, produisaient peu de lait et de sang et n’étaient abattues pour la viande que parcimonieusement parce qu’elles représentaient la richesse et le pouvoir)

 

L’armée, constituée uniquement de jeunes Tutsis qui y recevaient une éducation sévère mais assortie d’un programme raffiné de conversation, poésie et danse, était aussi entretenue par les Hutus et les Batwas qui de plus devaient l’impôt au roi, sa famille et les chefs militaires.

 

L’exogamie (mariage entre des clans différents est une particularité propre à ce genre d’ethnie, de même que la polygamie afin de former  la « maison »  ou « inzu », sorte de noyau familial provenant des hommes. Les Tutsis n’hésitent pas à y introduire des épouses Hutus et même Twas.

 

Dès la fin du 19ème siècle, le Rwanda fut sous tutelle allemande et ouvert aux missions religieuses européennes. En 1916, les troupes belges l’envahissent dans le cadre de leur guerre contre les Allemands et en 1919, le traité de Versailles attribuera la gestion de ces régions à la Belgique, un mandat de tutelle lui étant confié en 1926 par la Société des Nations.

 

Les Belges renforceront le pouvoir Tutsi et contrôleront les Hutus en se servant de moyens administratifs et fiscaux inspirés de ceux en vigueur dans leur pays et au Congo.

 

Les Tutsis très minoritaires (10 à 15 %) perdront de plus en plus de leur pouvoir au profit des Hutus encouragés et soutenus par l’Église avec comme conséquence la destitution en 1931 du mwami Musinga qui ne s’était pas converti au catholicisme : son fils, l’ayant fait, lui succédera.

 

Pendant la seconde guerre mondiale, une famine provoquée par la sécheresse causa la mort de près de 300.000 victimes sur une population à l’époque de 2.000.000 d’habitants.

 

En 1959, l’Église s’en prend violemment au mwami contestant son pouvoir dictatorial et divin. Peu après, celui-ci décèdera en clinique dans des conditions jugées par certains anormales.

 

Des élections communales auront lieu en 1960 avec la victoire du parti hutu de Grégoire Kayibanda de même qu’en 1961 aux élections législatives avec un score de 78% des voix.

 

La Belgique accordera l’indépendance au pays le 1er juillet 1962 et Kayibanda sera le premier président de la République rwandaise.

 

De 1959 à 1963 la moitié des Tutsis se réfugient dans les pays voisins (Ouganda, Burundi, Congo-Zaïre et Tanzanie). En 1963, ils reviendront chez eux en guerriers redoutables, forts de leurs traditions militaires ancestrales.

 

Ce fut le début d’un des génocides les plus graves du siècle dernier dont les causes ne sont pas faciles à déterminer. Les Hutus, les Tutsis et les Twas parlent la même langue, ont les mêmes coutumes, se marient de la même manière entre groupes ethniques, ont la même foi en un Dieu unique (Imana) et ont toujours vécu ensemble sur tout le territoire.

 

Il apparaîtrait que suivant décision royale, un agriculteur hutu pouvait devenir éleveur et, comme signalé plus haut, des Tutsis pouvaient prendre pour femme une Hutu.

 

Peut-être y a-t-il eu erreur de la part des colonisateurs belges qui se baseront sur des critères de mesures morphologiques pour les classer suivant des stéréotypes raciaux classiques à l’époque (les Tutsis, grands et minces, et les Hutus, petits et trapus).

 

Certains prétendront que la différence de taille entre les deux groupes provient plus de la nourriture d’origine bovine (lait, sang et viande) chez les éleveurs, alors qu’elle est végétarienne chez les agriculteurs, particularité que l’on rencontre également dans les populations américaines ou de l’Europe du Nord, grands consommateurs de produits laitiers et de viande de bœuf.

 

D’ailleurs, cette distinction était loin d’être tellement évidente puisque l’identité ethnique sera officiellement décrétée en 1931 par le port d’une carte d’identité ethnique. (Lors des massacres du génocide on a retrouvé ces cartes avec les cadavres)

 

L’Église catholique sera très embarrassée de n’avoir pu contrer ces violences et cette haine entre deux groupes « sociaux », favorisant d’abord les intellectuels Tutsis majoritaires pour ensuite les abandonner quand ils devinrent trop « libéraux » et que la démocratisation des institutions les représentera très minoritairement (10 à15 % de la population).

 

Pourtant Jean-Paul II après sa suggestion d’un dialogue avec les exilés en 1990, sera parmi les premiers à dénoncer le génocide à l’ONU dès le 27 avril 1994 et déclara en 1996 que si des représentants de l’Église étaient coupables, ils devaient être jugés.

 

Il n’empêche que l’attitude de l’Église locale fut très ambiguë. Deux religieuses rwandaises furent condamnées par la justice belge à 15 et 12 ans de réclusion pour avoir livré des familles tutsies réfugiées dans leur couvent.

 

On s’interroge aussi sur la responsabilité du père blanc Guy Theunis, qui a vécu au Rwanda de 1970 à 1994, directeur de revues catholiques, sans doute injustement accusé de partialité dans le génocide, ce qui suscita l’indignation de « Reporters sans frontières » qui le défendit.

 

Il est accusé d’avoir reproduit des extraits d’articles incitant au génocide en 1994 dans un magazine dont il était un des responsables. D’après « Reporters sans frontières » si le père a repris des passages extrémistes d’un journal, c’était pour mieux en dénoncer la haine et l’intolérance.

 

Il fut incarcéré le 5 septembre 2005 à la prison de Kigali pendant deux mois et demi puis transféré le 20 novembre 2005 en Belgique, suite à l’intervention du ministre de la justice belge, sans escorte policière en tant qu’homme libre, pour y être jugé en Belgique (celle-ci jugera-t-elle les faits suffisamment avérés pour le faire ?).

 

On ne peut évoquer ces périodes troublées sans parler de la mort des dix casques bleus belges le 7 avril 1994. Ils assuraient l’escorte du premier ministre de l’époque, Agathe Uwilingiyimana qui fut abattue avec les dix casques bleus par des soldats de l’armée régulière rwandaise.

 

Les familles des dix victimes belges accusent le général canadien Dallaire, qui dirigeait la mission d’assistance des Nations Unies au Rwanda (Minuar), d’être passé sans intervenir non loin de l’endroit où les paras se faisaient assassiner.

 

Le général Dallaire, a admis, début 2004, alors retraité, sa responsabilité dans la mort des casques bleus belges, tout en invoquant les nombreuses restrictions des mandats de cette force et les responsabilités de pays influents dont la Belgique.

 

Un procès a eu lieu le 19 avril 2007 devant la cour d’assises de Bruxelles sous la présidence de Karin Gérard (habituée des débats télévisés belges) où comparaîtra Bernard Ntuyahaga (54 ans) accusé de génocide. Il sera condamné le 5 juillet à 20 ans de prison.

 

Ce sera le troisième jugé en vertu de la loi de compétence universelle inscrite dans la législation belge (en 1993, modifiée en 2003) qui permet de juger des crimes de droit international même s’ils sont commis en dehors du territoire.

 

Le génocide avait été provoqué suite à l’attentat, le 6 avril 1994, par un tir de missile contre l’avion de Juvénal Habyarimana (président dictateur depuis 1961) qui a causé sa mort ainsi que celle du président burundais qui l’accompagnait. La responsabilité de cet assassinat politique n’a jamais pu être établie avec certitude.

 

Toujours est-il que cet événement contribua à déclencher un des plus grands génocides du siècle (près de 800.000 à 1.000.000 de morts), les extrémistes hutus éliminant à la machette les Tutsis et les Hutus modérés.

 

Il semble que la France et plus particulièrement le président Mitterrand ait toujours entretenu des relations privilégiées avec le président assassiné, les fils des deux présidents se rencontrant régulièrement, celui du président français, responsable de la cellule africaine de l’Élysée et ombre n/javascript/tinymce/plugins/blogspirit/langs/fr.js?20090525" type="text/javascript"> de son père, étant ine;">surnommé par les Rwandais « Papamadi » (Papa m’a dit).

 

On pense également que la France ne voyait pas d’un très bon oeil le soutien des anciennes colonies britanniques (Ouganda et Tanzanie) aux Tutsis qui s’y étaient réfugiés et qui risquaient de mettre en péril son hégémonie, de là son évidente complaisance envers les Hutus et un certain laxisme à défendre les Tutsis.

 

Actuellement les Tutsis survivants sont majoritairement rentrés et sont principalement installés dans les villes où ils exercent des professions libérales ou intellectuelles aux côtés des Hutus évolués.

 

Depuis peu une nouvelle loi foncière oblige les propriétaires à exploiter leurs terres de manière rationnelle (notamment par protection de l’érosion) sous peine de réquisition au profit d’un autre exploitant qui devra exposer son plan de rentabilité, sinon confiscation par l’État.

 

A la suite du génocide, il y a beaucoup plus de femmes que d’hommes. (un tiers des ménages est dirigés par une femme ou même un enfant) Elles deviennent un élément essentiel de la productivité, elles peuvent maintenant hériter des terres et les exploiter.

 

Dans les campagnes, les exploitants agricoles étaient établis au milieu de leurs terres, aussi un gros effort de rationalisation est entrepris pour créer des villages avec des moyens communs produits en collectivité (électricité, conduites d’eau et installations agricoles).

 

Pour compléter mon étude, il m’a semblé utile de donner un court aperçu du pays voisin, le Burundi, tellement il est semblable au Ruanda tant économiquement que politiquement.

 

L’histoire du Burundi est pareille à celle de son voisin : mêmes origines, avec système féodal et prédominance des Tutsis sur les Hutus, même colonisateurs (Allemands et Belges) et même indépendance en juillet 1962.

 

Depuis lors, ce pays connaîtra les mêmes événements douloureux, mais de moins grande ampleur : mêmes massacres entre Tutsis, élites et agriculteurs Hutus, l’un et l’autre opposés et appuyés extérieurement tantôt par les hommes de Laurent-Désiré Kabila, (futur président du Congo, assassiné le 16 janvier 2001, auquel son fils Joseph succédera) tantôt par la Tanzanie. Le génocide burundais moins important coûtera cependant la vie à 200.000 personnes.

 

Aimable Mouniourangabo ne nous parla pas de tout cela. A l’époque, les événements dramatiques n’avaient pas encore atteint leur paroxysme, engendrant un des génocides les plus graves de l’histoire du siècle passé.

 

Signalons cependant que déjà l’offensive des Tutsis en 1963 causa la mort de 10.000 d’entre eux et que l’insurrection hutue du Burundi en 1972, fit 100.000 victimes.

 

Notre conférencier est un homme doux et très cultivé dont nous appréciions beaucoup la valeur morale : il nous présenta son pays avec beaucoup de finesse et un remarquable sens de la grandeur.

 

Maintenant que je viens de relater avec tristesse des événements atroces qui font douter de l’humanité, je ne peux m’empêcher de penser que les hommes les meilleurs sont bien près de l’infamie.

 

J’ai vu, en reportage de l’époque, des Rwandais en tuer d’autres à coups de machettes longuement avec acharnement jusqu’à ce qu’ils ne bougent plus comme on élimine une bête malfaisante…. C’est bouleversant et interpellant…..

 

A l’époque de nos rencontres, en 1985, on ignorait tout cela. Nous étions conquis par une population qui semblait avoir atteint un degré de civilisation et d’organisation remarquable, incapable semblait-il d’en venir à de tels débordements comme l’avaient fait, dans le passé, les sans-culottes, les nazis, les colonisateurs, négriers ou autres tortionnaires de l’histoire.

 

Cette inconscience nous a permis de prendre le traditionnel « drink » dans une ambiance détendue et amicale en évoquant la beauté, le climat et le pittoresque d’une région qui aurait dû être un paradis.

 

°°°°°°°°°°

 

22p - Haïti{17}

 

Battons notre coulpe,

Nous,

Les arrogants seigneurs,

Civilisés de Dieu

Gorgés de sang noir,

Devant la misère

D’un peuple d’esclaves

Agenouillés devant nous.

 

Nous,

Les bâtisseurs d’empire,

Qu’avons nous fait

Du chant de l’Afrique

Plus grand que les rapides

Plus fort que les baobabs.

 

Nous,

Les esclavagistes sans pitié,

Spoliateurs de civilisations,

Osons-nous encor

Contempler notre or

Et nos cathédrales

Sans avoir au front

Le rouge de la honte.

 

°°°°°

 

 

{17} Le 24 janvier 1986, Antoine Dubois et sa ravissante épouse voulurent bien nous commenter une très belle série de diapositives que notre ami, Monsieur Godin, paroissien grand voyageur et talentueux photographe avait sélectionnées dans les 20.000 qu’il réalisa en parcourant le monde.

 

Ce fut un festival coloré et tapageur malgré l’absence de son, tant le soleil illuminait l’écran et l’objectif donnait vie à une population joyeuse et palpitante, cependant si misérable.

 

Haïti est un État d’Amérique du Nord, situé à l’ouest de l’île baptisée Hispaniola (petite Espagne) par Christophe Colomb quand il la découvrit en décembre 1492. L’Est est occupé maintenant par la République dominicaine. La population autochtone (100.000) était amérindienne (Arawaks, Caraïbes et Taïnos).

 

Les hommes de Colomb furent chassés ou exterminés et une seconde colonie sous la conduite des Dominicains sera fondée peu après pour y exploiter l’or tandis que l’île était rebaptisée Santo Domingo.

 

La population indigène sera décimée en quelques décennies (esclavage dans les mines d’or, maladies infectieuses apportées par les colons, malnutrition et mauvais traitements). Pour les remplacer dans les mines et dans les plantations Charles Quint autorisa, dès 1517, la déportation d’esclaves noirs d’Afrique.

 

L’ouest de l’île fut négligée par les Espagnols et les « boucaniers français » s’y établirent. C’étaient des Normands qui y vivaient de la viande des bœufs sauvages en abondance dans l’île, qu’ils chassaient et boucanaient (fumer sur gril) pour la vendre en Europe. Par la suite, par extension, le nom de *boucanier* fut donné à tous les pirates qui écumaient les mers du Nouveau Monde.

 

Des colons s’y répandirent également pour exploiter la canne à sucre, le coton et plus tard, le café dont les cultures exigeaient une importante main d’œuvre d’esclaves noirs ( à la veille de la révolution française, il y avait un demi-million* d’esclaves noirs* et 30.000 colons blancs)).

 

Les esclaves se soulèveront régulièrement au XVIIIe siècle et incités par le succès de la révolution française, le 4 août 1791, réussirent à s’imposer sous la direction d’un régisseur noir affranchi, Toussaint Louverture qui se proclamera gouverneur de l’île.

 

Cependant en 1802, Napoléon Ier enverra des troupes françaises pour rétablir l’esclavage afin de mieux contraindre les travailleurs noirs. Toussaint Louverture sera capturé et envoyé en France, il y mourra l’année suivante.

 

Ses lieutenants, Jean-Jacques Dessalines et Henri Christophe reprendront l’insurrection, triompheront de l’armée française, élimineront les blancs et le 1erjanvier 1804, proclameront la première république noire du monde en lui restituant son ancien nom : Haïti.

 

C’est la raison pour laquelle la quasi-totalité des habitants (7.500.000) descendent des esclaves noirs et parlent le créole haïtien qui deviendra la plus importante des langues créoles parlées à base lexicale française : 7.500.000 sur 9.000.000 de l ocuteurs, les autres étant 1.000.000 à île Maurice, 600.000 à la Réunion, 380.000 à la Martinique, 425.000 à la Guadeloupe et 70.000 aux Seychelles ; on le parle également en Guyane, en Acadie, en Louisiane et à l’île Rodrigue.

 

Rappelons que le mot créole désignait anciennement un blanc né dans une ancienne colonie européenne, mais également les langues issues du parler régional, influencé par les métissages afro-européen ou afro-asio-européen venant des anciennes colonies et qui n’ont rien à voir avec le type physique : c’est ainsi qu’il en existe à base lexicale allemande, anglaise, espagnole, française, néerlandaise et portugaise.

 

Le sort de Jean-Jacques Dessalines qui avait succédé à Toussaint Louverture ne fut guère plus heureux car il fut assassiné deux ans plus tard et le pays scindé en deux : Haïti et Saint Domingue (annexé à l’Espagne jusqu’à la révolution de 1865 et son indépendance reconnue par la France, le Saint-Siège et les États-Unis.)

 

Pour Haïti, ce fut le début d’une période de troubles et de révolutions, car entre 1804 et 1957, il y eut 38 chefs d’État, dont 36 seront renversés ou assassinés. En 1915, les Américains occupèrent militairement l’île et échouèrent dans leur tentative d’y rétablir l’ordre malgré une répression dure.

 

Finalement, en 1957, François Duvalier, « Papa Doc » fut élu président avec le soutien de la population noire. Impitoyable dictateur, il s’imposa appuyé par une milice personnelle « les tontons macoutes » qui parvinrent à maîtriser l’armée et à juguler toute résistance dans le pays (près de deux mille exécutions en 1967).

 

Son fils de 19 ans, Jean-Claude Duvalier (Bébé Doc) lui succédera à sa mort en 1971, exerçant une dictature aussi dure que celle de son père. Il sera cependant renversé en 1986 par la population, tellement il fut incapable, dépravé et tombé dans la corruption. Il ira dilapider ses biens dans le midi de la France.

 

Ce pathétique pays est incontestablement incapable de se gérer démocratiquement. Sa population, crédule et versatile, s’emballe dès qu’un « dictateur » se présente qui crie fort, s’entoure de fidèles et, en fin de compte, impose sa loi.

 

C’est ainsi qu’après Duvalier, un militaire, le général Henri Namphy s’empara du pouvoir en 1986 et un autre coup d’État le remplacera par le général Prosper Avril de 1988 à 1990.

 

En mars 1990, des élections furent imposées sous contrôle international avec un gouvernement civil de transition présidé par Madame Ertha Trouillot. En décembre 1990, un prêtre catholique, Jean-Bertrand Aristide fut élu président, mais le pauvre fut renversé par une junte militaire en septembre 1991. Il se réfugia aux États-Unis pendant trois ans.

 

La situation du pays se détériorant, les États-Unis une fois de plus décidèrent d’intervenir militairement le 19 septembre 1994 et de rétablir le président Aristide qui céda ses fonctions à l’ancien Premier ministre René Préval, la constitution ne l’autorisant pas exercer un second mandat consécutivement au premier.

 

Il s’ensuivit une nouvelle période de troubles et d’assassinats politiques jusqu’à ce que René Préval parvint à une entente avec les cinq partis d’opposition pour former un gouvernement stable.

 

La capitale du pays est Port-au-Prince et sa population comptait 7.527.817 habitants en 2003. Elle est indépendante depuis 1804 et son actuel président est André Préval. Monnaie : la Gourde.

 

Nous avons connu de nombreux Haïtiens, surtout des étudiantes infirmières, la paroisse leur procurant un appartement dans un de ses immeubles situés presque en face de chez nous.

 

Très aimables et discrètes, ces personnes nous rendirent de nombreux services, surtout l’une d’elle s’étant retrouvée d ans la même institution d’étude que notre fille Béatrice.

 

Aussi, ce sera dans une ambiance de chaude sympathie que nous terminerons la soirée autour d’un thé haïtien tellement agréable tout en échangeant quelques propos sur une région si belle mais si misérable.

 

 

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29/01/2010

HAïTI : un octogénaire réveille les consciences

 

Allumer une chandelle dans l’obscurité, vaut mieux que maudire l’obscurité (Confucius)

Appel à ceux qui lisent ce billet de bien vouloir le transmettre, dans toute la francophonie, à leur entourage et leurs relations,  afin de provoquer un effet « Boule de Neige » dans le but d’amplifier l’action.

 

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Nous, les Blancs, riches héritiers de ceux qui ont exploité les Noirs, main d’œuvre humaine traitée comme des bêtes de somme, nous trouvons maintenant face à un devoir de réparation des torts du passé, en aidant leurs descendants,  survivants d’un cataclysme apocalyptique, à retrouver le simple droit de vivre décemment.

 

Nul n’ignore que ces Noirs, survivants de ceux qui ont été capturés dans leurs forêts natales pour être entassés dans les fonds de cale de ces « coquilles de noix » qu’étaient les voiliers de l’époque, terminaient  leur long calvaire enchaînés  jusqu’au lieu de leur esclavage, destiné  à produire ce qui améliorait le confort des Blancs.

 

N’oublions pas que c’est déjà Charles Quint qui autorisa, en 1517, la déportation d’esclaves noirs d’Afrique et qu’en 1802, Napoléon Ier enverra des troupes françaises pour rétablir l’esclavage, aboli par la « Révolution » afin de mieux contraindre les travailleurs noirs.

 

Devant le gigantisme de la tâche de sauvetage et de reconstruction d’Haïti, capitale d’un pays de  descendants de ces esclaves,  il est heureux de constater que les grandes nations et tous les organismes financiers se mobilisent pour rassembler des fonds énormes, mais qui resteront vraisemblablement insuffisants pour couvrir la reconstruction d’une grande ville suivant des normes de sécurité répondant à l’instabilité du sous-sol, comme le font les Japonais.

 

L’appel du vieil homme que je suis veut réveiller nos consciences en « suggérant » un tout petit effort, à peine perceptible pour la plupart d’entre nous, en s’(impôt)sant une contribution mensuelle régulière en faveur des ONG (Organisations Non Gouvernementales) avec l’avantage d’être déductible à l’impôt.  Ce sera une manière facile de soutenir ces organismes qui sont partout dans le monde pour venir en aide aux peuples malheureux.

 

Il suffit pour cela de donner des instructions à votre organisme financier qui se chargera de l’opération (que vous interromprez quand vous voudrez).  De plus si vous dépassez un certain plafond annuel (en Belgique 30 euros, en France 60 euros, en Suisse 100 CHF)  une ristourne fiscale vous sera accordée allégeant ainsi votre effort (en Belgique déductible à 100% de la déclaration fiscale au même titre que des frais professionnels, en France 75%  et en Suisse 100%) L’économie d’impôt réalisée sera égale à 100 % ou 75 % de la libéralité déclarée,  multiplié par le taux de la dernière tranche d’imposition des revenus du contribuable.

 

Voici la liste des organismes bénéficiaires sérieux et reconnus qui sont sur place avec des équipes aguerries et entraînées : Pour les Belges, je rappelle les numéros de compte, précédés de huit zéros : Médecins sans frontières (MSF) 60.60 ; Croix-Rouge 16.16 et compte commun des grands organismes « Haïti-Lavi » 12.12 (dont : Caritas International, Handicap International, Oxfam Solidarité, Médecins du Monde, Unicef Belgique qui sont sur place)

Pour les Français : Fondation de France (recommandé par Coumarine) envoyer chèque bancaire à BP 22 – 75008 Paris et  MSF (Médecins Sans Frontières) instructions sur  (clic ou ctrl +clic) :

https://don.secure.msf.fr/netful-presentation-association...

Pour la Suisse: MSF Suisse (CP 12-100-2) et Médecin du Monde Suisse : (Banque Cantonale Neuchâteloise A.1488.40.07)

 

L’effort minime qui nous est demandé par sa fréquence mensuelle, viendra appuyer une force qui atteindrait d’après mes sources  à peu près la moitié de la contribution des États, ce qui est considérable et encourageant.

Les ONG sont souvent critiquées, on les accuse de « détourner des fonds » d’avoir des frais généraux trop lourds … c’est une excuse facile à l’indifférence … Qu’on les juge par leurs actes que les médias ne cessent de nous montrer et de nous prouver  … Ils ont  des équipes efficaces sur place … Ce sont eux qui sont intervenus dans l’urgence … C’est grâce à nos dons qu’ils réalisent tout cela … Le reste est sans importance et maudits soient  « les goujats », s’il y en a,  qui « se servent » …

 

Ne croyons pas que notre « carrure décisionnelle » est trop petite et trop étroite pour éradiquer toute la misère du monde en abandonnant à nos pouvoirs politiques le soin de s’en occuper en prélevant sur notre capacité contributive.

 

Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, alimentons ce grand fleuve de générosité et de devoir occidental que sont les ONG : elles sont les forces vives,  généreuses et motivées qui sont sur place.  Elles sont indispensables mais  ne peuvent rien faire sans nous.

 

Prélever un peu de notre confort pour s’en prendre à ces « chancres » de notre planète devient un devoir humanitaire…  Le temps presse, l’avenir est en péril … N’attendons pas d’y être forcé … : Si ce n’est pas nous, ce seront nos enfants … Ce qui se passe en Haïti  est un avertissement planétaire  … Tous les grands prévisionnistes de la planète sont d’accord à ce sujet : plus nous attendrons, plus ce sera difficile … Agissons nombreux  avec  la force du nombre pour pallier notre faiblesse…  « Mieux vaut allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius

 

Et puis, il y aura la reconstruction qui sera d’autant plus couteuse que cette région est menacée par les effets de glissement des plaques tectoniques sur lesquelles elle se situe …  Il sera nécessaire de s’inspirer de l’expérience des Japonais qui se sont adapté au problème, tant dans ses constructions que dans la formation de sa population, mais c’est extrêmement couteux … !

 

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HISTOIRE D’UN PEUPLE D’ESCLAVES.

 

Dans le cadre d’une action de quartier d’ouverture à d’autres cultures, nous organisions mensuellement, mon épouse et moi,  des réunions de rencontres « inter-culture » centrées sur l’accueil des réfugiés étrangers qui s’établissaient dans notre environnement, en leur donnant  l’occasion de parler de leur pays et de leur culture et ainsi d’être mieux acceptés.

 

La première de ces réunions nous permit de faire connaître des amis coréens qui avaient sympathisé, attirés par nos deux filles qui provenaient de ce pays. Nous espérions ainsi attirer l’attention sur ces populations malmenées chez eux, à l’époque, suite à la rivalité entre les blogs « capitalistes » et « communistes » et la guerre cruelle qui s’en est suivie.

 

Une feuille d’invitation attrayante intitulée : « Des habitants du quartier présentent leur pays »annonçait nos séances.  Nous la distribuions dans la plupart des boîtes aux lettres de la région, tandis que la feuille paroissiale, de son côté, l’évoquait dans son édition  mensuelle.

 

Dans le cadre ce cette action, nous avons présenté Haïti.  C’était la 13ème  réunion, après la Corée du Sud, L’Inde, le Bengladesh, Le Liban, Le Maroc, la Chine, L’Indonésie, la Bolivie, le Vietnam, le Cambodge, la Pologne, le Bouddhisme et  le Rwanda.

 

Ce fut ainsi que Antoine Dubois et sa ravissante épouse nous ont commenté une très belle série de diapositives que notre ami, Monsieur Godin, paroissien grand voyageur et talentueux photographe avait sélectionnées dans les 20.000 qu’il réalisa en parcourant le monde.

 

Ce fut un festival coloré tant le soleil illuminait l’écran et tapageur malgré l’absence de son, tant l’objectif donnait vie à une population joyeuse et palpitante,  cependant si misérable.

 

Avant de donner les grandes lignes de son histoire, je vous livre un poème qui exprime mieux les sentiments que tout homme digne de ce nom devrait ressentir :

 

Battons notre coulpe,

Nous,

Arrogants seigneurs,

Civilisés de Dieu

Gorgés de sang noir,

Méprisant la misère

Du  peuple d’esclaves

Agenouillés devant nous.

 

Nous,

Bâtisseurs d’empire,

Qu’avons nous fait

Du chant de l’Afrique

Plus haut que les rapides

Plus fort que les baobabs.

 

Nous,

Esclavagistes cruels,

Tueurs de civilisations,

Osons-nous encore

Contempler notre or

Et nos cathédrales

Sans avoir au front

Le feu de la honte.

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Haïti est un État d’Amérique du Nord, situé à l’ouest de l’île baptisée Hispaniola (petite Espagne) par Christophe Colomb quand il la découvrit en décembre 1492. L’Est est occupé maintenant par la République dominicaine.  La population autochtone (100.000) était amérindienne (Arawak, Caraïbes et Tainos).

 

Les hommes de Colomb furent chassés ou exterminés et une seconde colonie sous la conduite des Dominicains sera fondée peu après pour y exploiter l’or tandis que  l’île était rebaptisée Santo Domingo.

 

La  population indigène sera décimée en quelques décennies (esclavage dans les mines d’or,  maladies infectieuses apportées par les colons, malnutrition et mauvais traitements). Pour les remplacer dans les mines et dans les plantations Charles Quint autorisa, dès 1517, la déportation d’esclaves noirs d’Afrique.

 

L’ouest de l’île fut négligé par les Espagnols et les « boucaniers français » s’y établirent.  C’étaient des Normands qui y vivaient de la viande des bœufs sauvages en abondance dans l’île, qu’ils chassaient et boucanaient (fumer sur gril) pour la vendre en Europe.  Par la suite, par extension, le nom de *boucanier* fut donné à tous les pirates qui écumaient les mers du « Nouveau Monde ».

 

Des colons s’y répandirent également pour exploiter la canne à sucre, le coton et plus tard, le café dont les cultures exigeaient une importante main d’œuvre d’esclaves noirs (à la veille de la révolution française, il y avait un demi-million* d’esclaves noirs* et 30.000 colons blancs).

 

Les esclaves se soulèveront régulièrement au XVIIIe siècle et incités par le succès de la révolution française, le 4 août 1791, réussirent à s’imposer sous la direction d’un régisseur noir affranchi, Toussaint Louverture qui se proclamera gouverneur de l’île avec l’accord des Français

 

Cependant en 1802, Napoléon Ier enverra des troupes françaises  pour rétablir l’esclavage afin de mieux contraindre les travailleurs noirs. Toussaint Louverture que la « révolution française », après avoir aboli l’esclavage,  avait nommé gouverneur sera capturé et envoyé en France, il y mourra l’année suivante.

 

Ses lieutenants, Jean-Jacques Dessalines et Henri Christophe reprendront l’insurrection, triompheront de l’armée française, élimineront les blancs et le 1er janvier 1804,  proclameront la première république noire du monde en lui restituant son ancien nom : Haïti.


C’est la raison pour laquelle la quasi-totalité des habitants (10.072.492 en 2009) descendent des esclaves noirs et parlent le créole haïtien qui deviendra la  plus importante des langues créoles parlées à base lexicale française (chiffres de 2003) : 7.500.000 sur 9.000.000 de locuteurs, les autres étant 1.000.000 à île Maurice, 600.000 à la Réunion, 380.000 à la Martinique, 425.000 à la Guadeloupe et 70.000 aux Seychelles ; on le parle également en Guyane, en Acadie, en Louisiane et à l’île Rodrigue.

 

Rappelons que le mot créole désignait anciennement un blanc né dans une ancienne colonie européenne, mais également les langues issues du parler régional, influencé par les métissages afro-européen ou afro-asio-européen venant des anciennes colonies et qui n’ont rien à voir avec le type physique : c’est ainsi qu’il en existe à base lexicale allemande, anglaise, espagnole, française, néerlandaise et  portugaise.

 

Le sort de Jean-Jacques Dessalines qui avait succédé à Toussaint Louverture ne fut guère plus heureux car il fut assassiné deux ans plus tard et le pays scindé en deux : Haïti et Saint Domingue (annexé à l’Espagne jusqu’à la révolution de 1865 et son indépendance reconnue par la France, le Saint-Siège et les États-Unis.)

 

Pour Haïti, ce fut le début d’une période de troubles et de révolutions, car entre 1804 et 1957, il y eut 38 chefs d’État, dont 36 seront renversés ou assassinés. En 1915, les Américains occupèrent militairement l’île et échouèrent dans leur tentative d’y rétablir l’ordre malgré une répression dure.

 

Finalement, en 1957, François Duvalier, « Papa Doc » fut élu président avec le soutien de la population noire. Impitoyable dictateur, il s’imposa appuyé par une milice personnelle « les tontons macoutes » qui parvinrent à maîtriser l’armée et à juguler toute résistance dans le pays (près de deux mille exécutions en 1967).

 

Son fils de 19 ans, Jean-Claude Duvalier (Bébé Doc) lui succédera à sa mort en 1971, exerçant une dictature aussi dure que celle de son père.  Il sera cependant renversé en 1986 par la population, tellement il fut incapable, dépravé et tombé dans la corruption.  Il ira dilapider ses biens dans le midi de la France.

 

Ce pathétique pays est incontestablement incapable de se gérer démocratiquement.  Sa population, crédule et versatile, s’emballe dès qu’un « dictateur » se présente qui crie fort, s’entoure de fidèles et, en fin de compte, impose sa loi.

 

C’est ainsi qu’après Duvalier, un militaire, le général Henri Namphy s’empara du pouvoir en 1986 et un autre coup d’État le remplacera par le général Prosper Avril de 1988 à 1990.

 

En mars 1990, des élections furent imposées sous contrôle international avec un gouvernement civil de transition présidé par Madame Ertha Trouillot. En décembre 1990, un prêtre catholique, Jean-Bertrand Aristide fut élu président,  mais le pauvre fut renversé par une junte militaire en septembre 1991.  Il se réfugia aux États-Unis pendant trois ans.

 

La situation du pays se détériorant, les États-Unis une fois de plus décidèrent d’intervenir militairement le 19 septembre 1994 et de rétablir le président Aristide qui céda ses fonctions à l’ancien Premier ministre René Préval, la constitution ne l’autorisant pas exercer un second mandat consécutivement au premier.

 

Il s’ensuivit une nouvelle période de troubles et d’assassinats politiques jusqu’à ce que René Préval parvienne à une entente avec les cinq partis d’opposition pour former un gouvernement stable. En février 2006, suite à des élections truquées, mais avec l’appui de manifestations populaires il sera réélu.

 

La capitale du pays est Port-au-Prince et sa population comptait 7.527.817 habitants en 2003.  Elle est indépendante depuis 1804 et son actuel président est André Préval. Monnaie : la Gourde.

 

Nous avons connu de nombreux Haïtiens, surtout des étudiantes infirmières, la paroisse leur procurant un appartement dans un de ses immeubles situés presque en face de chez nous.

 

Très aimables et discrètes, ces personnes nous rendirent de nombreux services, surtout l’une d’elle s’étant retrouvée dans la même institution d’étude que notre fille Béatrice.

 

Aussi, ce sera dans une ambiance de chaude sympathie que nous terminerons la soirée autour d’un thé haïtien tellement agréable tout en échangeant quelques propos sur une région si belle mais si misérable. Ainsi se termina une réunion chaleureuse devant un public très nombreux, très sensible au sort misérable de ces descendants d’une main d’œuvre noire déportées par nos ancêtres pour un esclavage honteux.

 

 

 

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19/01/2010

HAÎTI...PROPOS D'UN OCTOGÉNAIRE

Mieux vaut allumer une chandelle dans l'obscurité, que maudire l'obscurité. (Confucius)

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Note : J’ai interrompu momentanément la publication de mes textes pour faire place à la transmission de cette « flamme de ma chandelle » qui devrait atteindre la petite centaine de visiteurs qui fréquentent mon blog, tout en espérant qu’ils en feront de même.

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Appel à ceux qui lisent ce billet dans toute la francophonie, de bien vouloir le transmettre, à leur entourage et leurs relations, afin de provoquer un effet « Boule de Neige » qui amplifiera l’action.

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Il faut se référer d’abord à un remarquable reportage de la Télévision de la Suisse romande que le Suisse Damien a communiqué et qui décrit bien la situation avec un reportage de qualité, d’une réalité cruelle.

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&channel=info#program=15;vid=11723976

(Pointer + clic ou cliquer sur « lien hypertexte »)

Le concert de paroles apitoyées et l’aveu d’impuissance que les médias ne cessent de transmettre venant de chacun d’entre nous, est caractéristique de notre nature humaine sentimentale qui se mobilise dans l’immédiat. Les moyens actuels de « vivre» l’actualité sont tels qu’ils touchent directement et nous mobilisent … Aux dernières nouvelles, malgré l’ampleur du mouvement, ces moyens seront nettement insuffisants, le gigantisme du désastre dépassant l’imaginable.

Cependant, nous oublierons vite, préoccupés par nos propres problèmes et ceux de notre environnement … : c’est humain et normal. Nous pensons que notre « carrure décisionnelle » est trop petite et trop étroite pour éradiquer toute la misère du monde et abandonnons à nos pouvoirs politiques le soin de s’en occuper en prélevant ses moyens sur notre capacité contributive.

Le vrai problème d’efficacité réside dans la complexité de notre organisation qui est paralysée par la lourdeur de son fonctionnement démocratique et par la nécessité de pourvoir aux besoins provoqués par une crise qui réduit les rentrées tout en augmentant les besoins d’assistance aux victimes de cette conjoncture et la mise en place des moyens de relance.

Il reste une solution : s’(impôt)ser nous-mêmes une contribution volontaire régulière (mensuelle par exemple) qui sera facile à supporter, mais qui deviendra importante par sa fréquence, afin d'aider les "idéalistes efficaces" qui sont sur place

Pour ce faire, il suffira de contacter votre organisme financier qui se chargera de l’opération que vous interromprez quand vous le voudrez. De plus si vous dépassez un certain plafond annuel (en Belgique 30 euros, en France 60 euros, en Suisse 100 CHF) une ristourne fiscale vous sera accordée allégeant ainsi votre effort (en Belgique déductible à 100% de la déclaration fiscale au même titre que des frais professionnels, en France 75% et en Suisse 100% (à ma connaissance). L’économie d’impôt est égale à 100 % ou 75 % de la libéralité déclarée, multiplié par le taux de la dernière tranche d’imposition des revenus du contribuable.

Il suffira simplement de secouer notre apathie pour téléphoner à notre organisme financier ou lui écrire nos instructions …

Voici la liste des organismes bénéficiaires sérieux et reconnus qui sont sur place avec des équipes aguerries et entraînées : Pour les Belges, je rappelle les numéros de compte, précédés de huit zéros : Médecins sans frontières (MSF) 60.60 ; Croix-Rouge 16.16 et compte commun des grands organismes « Haïti-Lavi » 12.12 (dont : Caritas International, Handicap International, Oxfam Solidarité, Médecins du Monde, Unicef Belgique qui sont sur place)

Pour les Français : Fondation de France (recommandé par Coumarine) envoyer chèque bancaire à BP 22 – 75008 Paris et MSF (Médecins Sans Frontières) instructions sur  (pointer+clic) :

https://don.secure.msf.fr/netful-presentation-association...

Pour la Suisse: MSF Suisse (CP 12-100-2) et Médecin du Monde Suisse : (Banque Cantonale Neuchâteloise A.1488.40.07)


Prélever un peu de notre confort pour s’en prendre à ces « chancres » de notre planète devient un devoir humanitaire… Le temps presse, l’avenir est en péril … N’attendons pas d’y être forcé … : Si ce n’est pas nous, ce seront nos enfants … Ce qui se passe en Haïti est un avertissement planétaire … Tous les grands prévisionnistes de la planète sont d’accord à ce sujet : plus nous attendrons, plus ce sera difficile … Agissons nombreux avec la force du nombre pour pallier notre faiblesse… « Mieux vaut allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius.

Nous avons tous besoin de guérir nos âmes gangrénées par l’indifférence … Agir avec nos petits moyens : « allumer une chandelle dans l’obscurité » pour « trouer » l’obscurité de l’indifférence …

Et puis, il y aura la reconstruction qui sera d’autant plus couteuse que cette région est menacée par les effets de glissement des plaques tectoniques sur lesquelles elle se situe … Il sera nécessaire de s’inspirer de l’expérience des Japonais qui se sont adapté au problème, tant dans leurs constructions que dans la formation de leur population, mais c’est extrêmement couteux … !