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05/11/2015

6.Hémianopsie

Hémianopsie – Perte du champ droit de la vision.

L’hémianopsie est une perte ou une diminution de la vue dans une moitié du champ visuel soit d’un œil, soit des deux yeux. … Rappelons que l’image reçue par la vision est transmise au cerveau par trois chaînes de neurones, l’une transmettant la partie droite de cette image, l’autre la partie gauche et la troisième la partie centrale (c’est celle qui est utilisée par l’horloger)

Cette infirmité visuelle peut être de différentes sortes :

Hétéronyme : Le champ visuel de chaque œil est différent

Homonyme : Le champs visuel de chaque œil est identique. … C’est cette infirmité-là qui m’a atteint à droite. … (C’est ce qui m’a fait dire que je suis un homme de gauche). …  

Latéral droit ou gauche : Le champ visuel est réduit pour la partie droite ou gauche. …

Vertical droit ou gauche :  ou atteinte altitudinale – vertical haut et vertical bas – si elle ne concerne qu’un quart et non la moitié du champ, on l’appelle quadranopsie . …

 

Précisions supplémentaires : Si on est atteint d’homonymie droite, ce qui est mon cas, on voit très bien avec chaque œil, mais le cerveau n’enregistre que la vision de la partie droite du champ visuel des deux yeux, moins la partie centrale (celle de l’horloger) qui reste entière pour une très petite partie, en forme de cercle, de la surface totale. ...

Le borgne garde une vision normale et n’éprouve que le seul inconvénient  de rencontrer des difficultés à saisir un objet : … Il a tendance à tenter de le prendre à côté de l’endroit où il se trouve. … C’est ce qui est arrivé à mon ancien patron à la suite d’un accident de laboratoire, alors qu’il était étudiant en chimie. … Il ne voyait que d’un œil, mais avec une vision normale. …  Aucune déficience visuelle donc et il m’a avoué qu’il avait complètement oublié cet handicap. …  Il roulait dangereusement, mais avec grande dextérité, au volant d’engins rapides. …

La meilleure documentation sur cette infirmité est celle donnée par la ligue Braille qui détaille cette infirmité d’une manière claire et documentée. … Voir ci-après l’essentiel du texte publié par cet organisme :

Hémianopsie homonyme

Un individu peut perdre la moitié de son champ visuel droit ou gauche sur un plan vertical, et ce symétriquement sur les deux yeux. Il ne perçoit alors plus tous les éléments, obstacles ou les gens qui se trouvent sur les zones latérales. Certains déplacements comme traverser la rue deviennent dangereux. La personne est souvent surprise par les piétons ou les voitures qui tout à coup semblent surgir de nulle part dans son champ visuel. La conduite d'un véhicule est problématique. La perte de la moitié du champ visuel rend la lecture très difficile. En revanche, la partie vue par le champ non affecté reste lisible et la vision centrale peut rester normale.

L'infirmité.

L'hémianopsie est causée par une mauvaise transmission de l'information visuelle au cerveau. Une hémianopsie peut être due aux affections du cerveau incluant les tumeurs, les maladies inflammatoires et les traumatismes (Ce qui est mon cas). Elle est le plus souvent due à un accident vasculaire cérébral. 

La lésion qui a provoqué ce problème se situe dans le cerveau et non dans les yeux. L’hémianopsie homonyme est une infirmité dans laquelle une personne ne peut voir qu’une seule moitié du champ visuel (droite ou gauche) de chaque œil. … Une lésion de la moitié gauche du cerveau produit une perte visuelle de la partie droite du champ visuel des deux yeux. Les nerfs optiques concernés par la lésion n'assurent plus le transport des informations visuelles de la rétine vers le cerveau. Tandis qu'une lésion de la moitié droite du cerveau produit une perte visuelle de la moitié gauche du champ visuel des deux yeux.

En ce qui me concerne, j’ajouterai que pour l’occidental que je suis, qui lit de gauche à droite ce qui est le plus handicapant, c’est la perte de la partie droite de mon champ visuel. … Comme, je lis un texte de gauche à droite, je ne peux le déchiffrer qu’en me servant des deux index, l’un pour prendre connaissance d’un texte que l’hémianopsie ne me fait découvrir que syllabe par syllabe, avec l’inconvénient de me trouver en fin de ligne dans l’incapacité de trouver la ligne suivante, ce que permet une vue normale. … C'est la raison pour laquelle je place l'index de la main gauche au départ de la ligne suivante pour la repérer. … C’est fastidieux et humiliant, à tel point que j’évite cette procédure.

Si je m’en sort, c’est grâce à une technique de « lecture rapide » qui avait été enseignée aux cadres de Total-Petrofina, car ceux-ci doivent journellement consulter un nombre de plus en plus impressionnant de publications. … Cette technique, dite de lecture rapide, consiste à faire parcourir visuellement en diagonale l'ensemble du texte pour découvrir le mot, la phrase ou un signe typographique qui permet de repérer un passage important que l’on peut annoter et retrouver grâce à des marques ou signets. …

Afin de me faciliter la relecture des textes que j'écris, j'ai adopté une manière très spéciale de les présenter typographiquement me permettant  de les corriger plus facilement :

1. Je m'efforce de rédiger des paragraphes courts avec un saut de texte entre eux. ... Il m'arrive parfois de modifier le texte de manière à ce que les coupures permettent d'obtenir une liaison harmonieuses entre les paragraphes. ...

2. Les passages que je considère comme essentiel et synthétisant bien les idées importantes qui sortent du paragraphe sont soulignés et écrits en caractères italiques et gras. ...

3. Ces procédés personnels et peu courant m'ont permis de constater que cette "aération" des textes et leurs "marques" de synthèse, les rendait plus attirants et plus faciles à lire, et à souligner l'essentiel. ... Ne sommes nous pas au siècle de la facilité et du confort. ...

Je suis toujours émerveillé des performances de ma filleule qui publie, plusieurs fois par semaine dans son blog, une étude approfondie et très documentée des livres et ouvrages qu’elle a lus, étudiés et annotés ou des expositions qu’elle a visitées pour produire régulièrement une rédaction de qualité et superbement illustrée.

Comme je l’ai relaté par ailleurs, l’hémianopsie qui m’handicape s’est produite à la suite de ce qui fut vraisemblablement une erreur médicale. … En effet, j’ai passé une nuit sur la glace à la place d’un autre qui était en danger de mort et qui, heureusement pour lui, en est bien sorti. … Cette erreur perturba complètement mon existence, car cette infirmité visuelle fut accompagnée de problèmes graves d’AVC avec perte totale de la mémoire du présent et de la localisation dans l’espace. …. Je réserverai le chapitre suivant à cette infirmité cérébrale qui atteignit durement mes facultés cognitives. …

Quand mon épouse vint à la clinique me voir après cette nuit fatidique sur la glace, elle se trouva devant un homme hagard qui ne l’avait pas vue entrer, parce que cette personne venait de la droite visuelle que j’avais perdue. …

Elle m’aida à me lever et m’habiller pour aller faire une visite chez un ophtalmologue qui nous annonça que j’étais atteint d’hémianopsie droite et que c’était irréversible. Nous rentrâmes, elle effondrée, moi inconscient et ne réalisant rien. … Elle appela notre généraliste qui ne put que le confirmer et conseiller de garder le lit quelques jours pour m’adapter à la situation. …

Je vais peut-être étonner. … Cet état me convient bien ! … Jamais je n’aurais écrit autant et avec un tel soucis de la précision et autant de patience, si, au lieu d'arrêter, j’avais poursuivi l'existence normale d’un cadre très actif, couronnant une carrière importante dans un des plus grands groupes du pays. …

Mon portable est devenu mon compagnon de tous les jours. … Aussi, je  suis tellement reconnaissant aux techniciens et découvreurs d’être devenus si performant pour mettre au point un outil si bien adapté à mes infirmités. ...  Grâce à lui, je jouis d’une existence heureuse qui me permet d’explorer les connaissances avec profondeur et combler les lacunes de mon savoir, ce qui  me permet de développer mes découvertes personnelles et de les relater dans mon blog. …

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21/09/2015

&93e MEDECINE/Les infirmités

 

&93e MÉDECINE/Les infirmités.

Définition du Grand Robert : État (congénital ou accidentel) d’un individu ne jouissant pas d’une de ses fonctions ou n’en jouissant qu’imparfaitement (sans que sa santé générale en souffre). …

Beaucoup  d’êtres humains en  sont atteints dès leur naissance. … Ils  les subissent stoïquement ou sont geignard et socialement difficiles. ...

L’ Office Mondial pour la santé (OMS) classifie 5 catégories de handicaps :

1. Le handicap moteur : capacité partielle ou totale,  limitées pour un individu de se déplacer, de réaliser des gestes ou bouger certains membres (paralysies, amputations, infirmité motrice cérébrale, spina bifida ou malformation embryonaire liée à un défaut de fermeture du tube neural, myopayhie ou atteinte à un des constituant du muscle.)

2. Le handicap sensoriel : Difficultés liées aux organes sensoriels – deux types de handicaps 1. Handicaps dans la fonction visuelle (cécité, malvoyance, amblyopathie ou affaiblissement de l’acuité visuelle, achromatopsie ou difficultés de distinguer les couleurs, hémianopsie ou perte du champ visuel droite ou gauche, qui est celui dont je suis atteint … ) – 2. Handicap auditif (mal entendant partiel ou total, trouble de la parole, surdité)

3. Le handicap psychique : Troubles mentaux, affectifs et émotionnels, soit une perturbation dans la personnalité, sans pour autant avoir des conséquences sur les fonctions intellectuelles (schizopfrénie, maladies bipolaires, hypochondriaques c'est à dire obsession anxieuse et excessive au sujet de la santé)

4. Le handicap mental : Déficience des fonctions mentales et intellectuelles entrainant des difficultés de réflexion, de compréhension et de conceptualisation, conduisant automatiquement à des problèmes d’expression et de communication (autisme soit trouble du développement humain caractérisé par une interaction sociale et une communication anormale, trisomie 21 ou anomalie chromosomique congénitale entrainant un retard mentale , polyhandicap ou déficience mentale et motrice entraînant une restriction extrême de l’autonomie)

5. Les maladies invalidantes : Maladies qui, par leurs effets sur l’organisme, peuvent générer un handicap et évoluer dans le temps.  A citer notamment les maladies respiratoires, digestives ou infectieuses (épilepsie, sclérose en plaque, etc…)

L’infirmité est un handicap permanent qui atteint un grand nombre d’individus sur notre planète : Un milliards de personnes selon le rapport mondial sur le handicap de l’OMS et de la Banque mondiale … Il s’agit d’une évaluation sérieuse mais difficilement établie étant donné que ces chiffres  ne tiennent compte, pour les calculer que de ceux qui sont avancés par les pays organisés. …

En1993, la définition suivante est donnée « Par handicap, il faut entendre la perte ou la restriction des possibilités de participer à la vie de la collectivité à égalité avec  les autres. On souligne ainsi les inadéquations du milieu physiques et des nombreuses activités organisées, information, communication, éducation qui ne donnent pas accès aux personnes handicapées à la vie de la société dans l’égalité … »

Cette définition vaste permet de couvrir tous les aspects d’un problème difficile à cerner dans son entièreté. …

Ces préambules ont été nécessaires pour bien situer un problème complexe, difficile à cerner sans préciser son contexte, son étendue et ses limites.

Les aléas de la vie ont fait de moi un handicapé visuel, moteur et mental adapté à des degrés divers. … Ma démarche, en écrivant ces lignes, n’a pas d’autres raisons que d’aider ceux qui souffrent d’infirmité ou de handicaps divers, à trouver une philosophie du bonheur en s’adaptant positivement à leur sort. …

Cette discipline demande, au début, une grosse discipline de concentration cérébrale pour acquérir un réflexe habituel d’attitude positive face aux aléas que la vie nous réserve à discrétion. …

La malchance, le mauvais soins et une méprise ont fait de moi  un handicapé visuel grave. … Je suis à moitié aveugle, en ce sens que j’ai perdu la moitié du champ visuel … Le borgne perd l’usage d’un œil, mais garde une vue normale. … Il ne perd que la perception des volumes, ce qui reste bénin. …

Pour comprendre la hémianopsie qui coupe le champ visuel en deux à droite ou à gauche selon la localisation de l’infirmité, il est indispensable d’expliquer comment nos yeux envoient une image au cerveau. …

Nos deux yeux perçoivent chacun une image avec un écart suffisant pour donner l’impression du relief (cf. borgne). …

Pour un homme bénéficiant d’une vue normale, l’image reçue est envoyée au cerveau par trois chaînes de neurones, l’une envoie la partie droite de la vision, l’autre sa partie gauche et la troisième le centre réduit à un petit cercle, c’est ce qui permet à l’horloger de travailler sur une image complète non coupée en deux.

En ce qui concerne la hémianopsie, les yeux enregistrent une image entière, mais le cerveau ne la reçoit pas  … J’ai perdu la partie droite, donc je ne vois pas ce qui se trouve dans le champ visuel droite, ce qui rend la lecture difficile parce que les yeux envoient une image tronquée de sa partie droite… Comme notre écriture ou notre lecture s’inscrit de gauche à droite à l’inverse des musulmans, en ce qui me concerne,  je ne découvre la partie droite d’un texte que syllabes par syllabes en déplaçant la souris … Quand j’écris, il m’arrive souvent de continuer en dehors de la feuille. …

Autre contrainte cependant maîtrisée, les déplacements en rues étant devenus difficiles,  j’ai trouvé la parade en balayant le champ visuel de gauche à droite, ce qui me permet d’évoluer normalement en « devinant » les obstacles sauf dans les passages étroits où je me cogne continuellement. … Mes bras et mes mains sont continuellement couverts d’ecchymoses, d’autant plus larges qu’un traitement cardiaque m’oblige à me soigner avec une médication diminuant la faculté sanguine naturelle d’agglomérer le sang en caillots et de ralentir le saignement. … Quand je me coupe ou me blesse, je dois mettre un pansement rapidement, sinon le sang continue à couler. ...

Cependant, je peux affirmer que je suis heureux et même que je me réjouis de ma situation visuelle qui m’a permis de profiter de l’handicape pour développer ma culture en profondeur. … Je travaille avec mes outils informatiques la plus grosse partie de mon temps et j’y trouve un grand dynamisme et la satisfaction de découvertes intellectuelles enrichissantes … Homme d’action, j’aurais développé autrement mes activités de la connaissance, mais pas avec une telle intensité, mais surtout avec une telle profondeur qu’elle donne un sens à ma vie. …

Ma fille m’ayant suggéré de développer cette attitude positive en raison de la satisfaction des résultats obtenus, j’ai l’audace de m’attaquer à un problème aussi délicat et controversé que la conquête du bonheur et communiquer mon expérience et mes conseils à d’autres…

Avec l’âge, des accidents ou tout simplement la nature ont provoqués chez moi un état déficient de la mobilité. …

De  la canne ou de la béquille au fauteuil roulant et même l’immobilisation totale dans l’appareillage adéquat, nombreux sont ceux qui la subissent.

Certains améliorent leur condition physique en pratiquant des sports adaptés à leur infirmité et nous restons admiratifs devant leurs performances. … Ceux-là ont trouvé un dérivatif à leurs handicaps. … Sont-ils heureux pour autant ?…

Pas nécessairement, le bonheur profond et permanent  ne s’acquiert qu’avec une discipline personnelle constante qui demande un état  d’esprit permanent. … Mon écrit référencé par des expériences personnelles n’a pas d’autres raisons que de donner des leçons du bonheur au plus grand nombre, en me référent à mon expérience dans le domaine …

J’ajouterai que ma mobilité est réduite par l’âge et un accident cardiaque. … De plus, la jambe gauche est légèrement bloquée et ne me permet plus de me relever sans appui. … J’éprouve les plus grandes difficultés à m’agenouiller et à me relever ou quitter un siège sans un effort en deux temps en m'assistant d'un appui à portée de main, afin de sauter un passage à vide déséquilibrant. …

Je pense améliorer ou conserver ma situation physique en profitant, tous les matins, d'une douche glacée suivie de la plus chaude possible que je m’impose depuis une trentaine d’années pour améliorer ma résistance  cardiaque et combattre le durcissement des tissus épidermiques et du système artériel et veineux. … Cette discipline me sert aussi à améliorer les inconvénients d’une mobilité déficiente. …

Lors des nombreux examens que je subis, un médecin qui contrôlait le circuit veineux, a été très étonné de la souplesse de mes veines d’octogénaire Ma circulation sanguine oxygène abondamment les tissus épidermiques, avec l’avantage de l’élimination efficace  des larges et abondants hématomes, provoqués par un handicap visuel, qui peuvent provoquer les accidents cardiaques de l’âge.

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21/05/2010

Ch. 24 b - Cerveau perturbé

 

 

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère au début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) du site (e-monsite ) que j’ai créé permettant de consulter les sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)  Cliquer sur le dossier recherché pour l’obtenir immédiatement

 

 

Ch. 24 b - Cerveau perturbé

 

{3} Comme si ce n’était pas suffisant, l’accident cérébral avait atteint une autre région importante du cerveau d’un homme normalement cultivé : celle qui mémorise les événements immédiats ou récents. C’est en quelque sorte la mémoire vive de notre ordinateur-cerveau.

 

C’est terrible et affolant. Heureusement, avec la volonté et l’exercice, ces zones de mémoire se reconstituent assez rapidement, bien qu’imparfaitement. Cependant, devenues complémentaires, elles restent lentes et peu performantes, comme celles du paralysé moteur qui récupère difficilement sa mobilité.

 

Je me trouvai ainsi, au lendemain de cet accident qui a bouleversé ma vie, complètement désemparé, conscient de moi-même, mais isolé comme dans un immense hall de gare à la Delvaux, à l’écho douloureusement sonore.

 

Je regardais les gens, les reconnaissais dans un lointain vague, les écoutais parler un langage que j’entendais mais déchiffrais à peine : juste pour dire oui ou non, ou pour demander à boire ou manger.

 

J’entrai dans un monde absurde, incohérent…, avec des personnages glacés, impersonnels…, toujours Delvaux,… comme ses femmes froides et nues… immobiles…

 

Ces creux dans les tempes

Ces échos dans les yeux

La douleur des sons.


La douleur sous les cils,

Le mal dans les yeux.


Longueur infinie des halls,

Les êtres n’ont plus de chair,

La vie est immobile.


Le bruit énorme

Qu’on n’entend pas

Fait trop mal.


Le vide reste le vide,

L’angoisse craint le vide,

Le ventre aspire le vide,

La gorge rejette le vide,

Le vide appelle

Le vide.

 

Mon cerveau enregistrait mais ne décodait pas. J’essayais de lire,… je voyais les mots, les reconnaissais comme familiers, comme connus, mais ne leur trouvais plus de sens…. Cet hébétement dura quelques jours, je crois… mais sans doute quelques semaines, d’après mon entourage… je ne sais plus… Le temps aussi avait perdu sa valeur…

 

Pourtant je restais conscient de ce que j’étais, de mon identité, de mon passé… Orgueilleux, je refusais la déchéance intellectuelle que mes proches pourtant constataient avec douleur…

 

Ce fut un long calvaire pendant lequel je réalisai l’étendue des dégâts qu’aggravait l’hémianopsie qui perturbait la lecture à un point tel que je n’arrivais plus à déchiffrer le moindre texte.

 

Mon médecin, qui ne savait plus à quel saint se vouer, m’envoya une logopédiste (spécialiste du traitement des difficultés de lecture ou de langage surtout chez les enfants) qui s’efforça de m’aider avec des exercices et des moyens primaires qui m’excédaient et m’humiliaient.

 

Elle abandonna honnêtement, constatant que j’avais trouvé par moi-même des trucs et procédés de fortune pour m’en sortir, ce qui contrariait son intervention.

 

Ô mes amis perdus :

Les livres qui ne parlent plus,

Les pages que je ne vois plus,

Les mots que je n’entends plus,

Les lettres qui font peur.


Le long cortège des lignes,

Ces lignes à bout d’angoisse.

Le long cortège des sons,

Ces sons qui n’ont plus de sens.


Ô mes amis perdus :

Mes livres étrangers,

Aux pages abîmées,

Aux mots engloutis,

Aux lettres délavées.


Un long tunnel noir

A creusé sa galerie

Dans la nuit de ma mémoire

Pour mes mots orphelins

Qui ont perdu leur père.

 

Lentement, patiemment, je reconstruisis mes mécanismes immédiats de perception des choses et de la reconnaissance des signes graphiques qui constituent les éléments d’un texte.

 

Le plus étonnant, c’est que l’écriture ne posa jamais de problèmes, comme si elle s’était dissociée de la lecture. J’écrivais les mots à la dictée correctement, mais sans comprendre leur sens. Il faut croire que la conjugaison des différentes infirmités créa dans mon mécanisme cérébral des phénomènes anarchiques difficilement explicables.

 

Seule donc pouvait me sauver une lente détermination à tout réorganiser, avec lenteur d’abord, sans rien précipiter, découragé parfois mais jamais longtemps, obstiné, rageur,… humilié par le regard des autres … des amis… des miens, … de mes enfants surtout…

 

L’infirmité visuelle me rendait maladroit : je cognais, bousculais tout et tout le monde. Je m’excusais, me confondais en humiliantes explications… Je me fracassais sur des portes à moitié ouvertes que je ne voyais pas… j’en restais quasi assommé, le front saignant, les lunettes tordues…

 

Pour m’aider à mieux explorer cette moitié droite que je ne voyais plus qu’à coups de brusques éclairs d’un furtif mouvement de l’œil dans son orbite, je complétais l’exploration de ce monde extérieur devenu hostile, en m’aidant de la main droite qui se baladait partout, parfois malencontreusement aux risques de réprobations scandalisées.

 

Bien qu’imparfaitement, je domine beaucoup mieux tout ça maintenant. J’ai acquis une grande habileté de manœuvre et j’ai retrouvé une vie normale.

 

Avec l’aide de ma sublime épouse, compagne discrète, héroïque et tenace, je reconstruisis lentement mon univers professionnel. Elle tenait des comptabilités dont j’assurais les bilans et déclarations fiscales.

 

 

Dans notre maison de campagne où nous nous étions réfugiés (et cachés) pendant les grandes vacances de juillet-août, (c’était arrivé en juin) patiemment, elle me soutint, vérifiant mes travaux, les corrigeant sans cesse. Au début, ils se limitaient aux longues et fastidieuses additions. A l’époque, l’informatique comptable n’était pas encore venue les éliminer.

 

C’était infernal, moi qui avais toujours été performant dans cet exercice, je n’arrivais plus à aligner une série de chiffres correctement. Maintenant encore, je suis obligé de me vérifier : seule une grande concentration me permet de reproduire correctement un chiffre. Je ne sais quelle aberration mentale me fait encore lire un chiffre et en inscrire un autre…

 

Instinctivement, je me forçai à ce que j’appelai « le double contrôle » qui consiste d’abord à lire et inscrire le nombre et ensuite de le vérifier dans une seconde lecture-contrôle.

 

L’avènement des programmes informatiques comptables qui apparurent sur le marché peu de temps après, en supprimant les additions, ces abrutissantes et fastidieuses corvées de notre métier, tomba bien à pic pour moi. Tout le monde sait que c’est un des nombreux avantages que cette nouvelle technique apporta comme je le soulignai plus avant.

 

Cet intermède dramatique de rééducation dura trois mois. J’avais retrouvé une partie de mes moyens et avec grande appréhension me lançai, fragile et amoindri, dans la bagarre de la reconquête de mon milieu professionnel.

 

{4} Ce fut cauchemardesque au début. D’abord, je dus dominer ma terreur de conduire un véhicule. La demi-vision me donnait un sentiment angoissant d’insécurité. Cette moitié droite que je n’explorais qu’à coup d’éclairs d’images furtives m’obsédait de l’éventuelle apparition de véhicules prioritaires surgissant impérieusement à ma droite.

 

J’avais pris la sage précaution d’avertir mon assureur qui, assez inconscient d’une infirmité peu courante (si ce n’est chez des individus séniles qui ne conduisent plus), m’autorisa la conduite d’une voiture sous condition suspensive de revoir sa position en cas d’accident à mes torts.

 

Moi qui n’avais connu que de rares accrochages, je me rattrapai mais toujours en plein droit de priorité de droite. Le « topo » était toujours le même : la « queue de poisson » que des effrontés n’hésitaient pas à risquer, habitués à ce que les conducteurs s’inclinassent devant leur arrogance.

 

Je freinais souvent à la dernière minute en évitant l’accrochage. Un jour un collègue facétieux, peu conscient de mon handicap ou ne l’ayant pas compris, se permit par blague gamine, de me couper, alors que nous roulions à très vive allure en pleine autoroute.

 

Comment en sortîmes-nous vivants, tous les trois, car il avait un passager. Allah (pour ne pas toujours se référer au même) seul le sait ! Son passager me rapporta après qu’ils en sont restés tous les deux malades et pâlots toute la journée.

 

Comme je l’appréhendais, les premiers mois pendant lesquels je m’efforçai de réintégrer mon milieu professionnel furent atroces. Aucune pitié, ni considération : j’étais l’imbécile qui avait fait le « con ».

 

Malgré ma demi-vue, j’avais suffisamment de subtilité visuelle pour saisir les sourires moqueurs et les gestes peu amènes qu’ils faisaient en aparté ou dans mon dos.

 

Dans ma nuit de misère,

J’ai entendu ricaner les chacals,

L’appel long des hyènes


J’ai vu voler les vampires,

J’ai connu le froid des regards

J’ai perçu la lueur de l’ironie,

Si lointaine, perdue

Au fond de petits yeux mous.


J’ai connu la blessure

Que torture la bête cruelle.

J’ai vu l’âme sale

Des anges noirs,

Les longs ricanements

Des anges fourbes.

 

Mon patron lui-même, le joyeux Français de Rennes, que j’avais servi avec dévouement et tant de fidélité, fut dans un premier temps impitoyable, convaincu que le meilleur service qu’il pouvait me rendre était de me décourager et me renvoyer chez moi avec un statut favorable qu’il était prêt à défendre auprès des maîtres de notre groupe.

 

C’était sans compter avec le tempérament que la vie m’avait donné en me poussant à toujours me relever quand j’avais un « genou à terre », même si, ce qui fut le cas, je devais m’y reprendre avec une obstination de brute.

 

Le prochain "billet" sera consacré aux difficultés que j'ai rencontrées pour reconquérir mon milieu social et professionnel, dans un  dur combat inégal dans un entourage méprisant (j'étais l'imbécile qui avait fait "le con"), soutenu cependant par certains alliés (amitié, foi en mes facultés de récupération ou opportunité)

 

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21/10/2009

Ch. 1 - Introduction

 

 

RÉCIT DÉTAILLÉ D'UN LONG CHEMINEMENT

DE RECHERCHE D'UNE VÉRITÉ

SUR LA MOTIVATION D'EXISTER

ET LA VALEUR DE NOS CROYANCES.

 

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PROPOS D'UN OCTOGÉNAIRE PROVENANT D'UN MILIEU FONCIÈREMENT CHRÉTIEN,

ÉLEVÉ DANS CETTE FOI ET EN AYANT BÉNÉFICIÉ DE

TOUS LES AVANTAGES, MAIS SUBI LES CONTRAINTES,

ET QUI A CONSACRÉ LES DIX DERNIÈRES ANNÉES QUI VIENNENT DE S'ÉCOULER Á

S'INTERROGER SUR LES MOTIVATIONS D'EXISTER.

 

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LES 850 PAGES DE L'OUVRAGE SERONT PUBLIÉS

PAR BLOG D'ENVIRON 25 PAGES,

DEUX FOIS PAR SEMAINE.

 

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Tirage d’essai pour vérification avant parution imprimée.

Avec reconnaissance et remerciements à ceux qui voudront bien le lire

et faire part de leurs avis et critiques en « cliquant » sur « commentaires »,

en bas du texte, après  « Publié dans ».

 


 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion,  ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont  « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir,  en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante du rêve qui a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et  difficile. D’autre part, cette « impudeur »  des sentiments lui a cependant été imposée par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 


Nota Bene : Les mots figurant en italique, soulignés et en lettres grasses avec numéro-repère entre astérisques sont complétés d’un commentaire détaillé qui est repris à la fin du chapitre.

Une documentation photographique se référant à ces repères sera publiée par ailleurs dans un fascicule tiré à part.

 

Chap. 1 - INTRODUCTION.


En avant-propos, il est essentiel que j’expose les motivations d’une démarche qui peut paraître prétentieuse et ostentatoire : raconter sa vie !

Aussi me permettrai-je de défendre plusieurs raisons :

Un accident cérébral m’ayant troublé la mémoire et fait perdre la moitié de la vision, je me suis trouvé, il y a vingt-six ans, dans une situation désespérée :

Comme le paralysé moteur qui doit rééduquer ses mouvements, j’ai dû et dois toujours reconstruire certains réflexes intellectuels mémorisés et surtout m’adapter à une perception visuelle tronquée de sa partie droite.

Cette infirmité, appelée hémianopsie absolue droite*1*, est lourde à porter pour le lecteur occidental, parce que déchiffrant un texte de gauche à droite, il perd son positionnement automatique de fin de ligne lui permettant de retrouver la suivante : comme un enfant qui apprend à lire, il doit suivre un texte avec le doigt. Dans la conduite d’un véhicule, la surveillance de la priorité de droite pose également de gros problèmes, à tel point que j’ai dû renoncer à conduire.

Quant à la détérioration de certains réflexes intellectuels, je signalerai l’inversion de la droite et de la gauche et une importante altération de la mémoire immédiate. Ce sont des handicaps que je dois corriger constamment par toutes sortes de moyens astucieux.

La lecture devenue éprouvante pour moi, je me suis réfugié dans l’écriture qui estompait mon handicap. Mon portable s’est révélé le meilleur ami, un allié et mon confident. Avec lui et grâce à lui, je passe des heures merveilleuses où nous retrouvons ensemble mon passé, mes rêves et ma perception idéale de l’existence que j’ai traduite dans cet essai à connotation poétique.

Dans les moments les plus difficiles de ma vie, le rêve et la poésie m’ont toujours servi de refuge pour m’évader d’un avenir de misère auquel me livraient de graves ennuis de santé :  (tuberculose à quinze ans, à une époque où elle n’était que rarement guérie, problèmes cardiaques graves avec cinq pontages de secours, hémianopsie et altération de la mémoire )

Aussi c’est à ces « exutoires dans l’imaginaire » que je demanderai l’inspiration pour magnifier l’existence envers et contre tout, en me positionnant résolument à contre-courant d’un défaitisme désabusé de mode et d’une littérature qui recherche son inspiration dans le scandale, le sensationnel morbide ou sous la ceinture.

C’est ainsi que j’ai trouvé essentiel de glisser dans le texte des poèmes alertes et légers avec audaces littéraires de bon ou mauvais aloi, dans un genre parfois surréaliste.

Cela me permet de partager avec le lecteur certains états d’âme en l’invitant à se laisser impressionner autant par le chant des mots et des vers que par leur sens. Mes écrits poétiques *2* ont l’intention de faire vibrer dans le subconscient de celui qui y est sensible, des cordes intimes en faisant appel à ses sentiments esthétiques profonds, qu’ils soient d’ordre musical (le vers est un chant) ou suscités par le pouvoir évocateur de ses composants.

Que le lecteur attentif et averti en versification *2* ne réprouve pas les libertés que j’ai prises avec les règles classiques en cette matière, notamment quant au nombre de pieds, la richesse des rimes ou leur alternance masculine et féminine. Je versifie à l’oreille et parfois je mets beaucoup de temps à affiner la qualité musicale d’un vers et à trouver le mot coloré qui me permet d’atteindre l’effet recherché. Cependant, dans beaucoup de poèmes, j’ai tenu à respecter strictement les règles en usage.*2*

D’autre part, les aléas du destin m’ayant plongé au cœur de certains problèmes, autant comme témoin que comme acteur, j’éprouve le besoin, après quatre-vingt années d’une vie enrichie d’expériences diverses, d’apporter mon témoignage et mon sentiment sur l’existence de l’homme civilisé contemporain, ses attaches au passé et la charpente morale la mieux adaptée à son épanouissement futur.

Notre époque remet tout en question, ce qui est sain, à condition de ne pas tomber dans un négativisme outrancier. Aussi est-il important que des voix s’élèvent pour défendre la bonne foi et le courage de beaucoup de promoteurs d’idéaux religieux ou autres et leurs résultats positifs.< /p>

Ce sera la toile de fond de la première partie de mon propos : une nécessaire et vibrante défense d’un milieu si décrié aujourd’hui, celui d’un certain clergé catholique idéaliste *3* confronté aux exigences surhumaines d’un célibat irrévocable leur imposant une longue et dure discipline.

Viendra ensuite une partie délicate que j’aborderai, avec discrétion, sur la pointe des pieds : les chants d’amour et de bonheur d’un couple, le mien, avec son épanouissement dans les joies d’une grande famille enrichie de l’expérience de sa diversité : ils sont tous nés dans notre cœur, s’ils ne proviennent pas tous de notre sang … !

J’ajouterai enfin qu’ayant eu l’insigne privilège en tant que pionnier de « la première heure » de PétroFina*4*, devenu un des cadres supérieurs de son centre de recherches, d’avoir été un témoin actif de sa renaissance après la guerre et de son expansion.

Cette société deviendra la plus importante de Belgique avant d’être absorbée par l’entité TotalFinaElf *4* actuellement un des groupes pétroliers les plus importants au monde. (Devenu l’arrogant Total, absorbeur sans vergogne, faisant fi de la mémoire de ses glorieux « absorbés »).

Je tenterai d’apporter mon timide, mais chaleureux témoignage du dur, enthousiasmant et long chemin de victoire d’une société qui renaîtra des cendres qui lui étaient restées de la guerre 40-45. (Séquestre pour collaboration « économique » de certains de ses dirigeants, flotte coulée, raffineries détruites, toutes ses sources d’approvisionnement dans les pays de l’Est confisquées par les régimes communistes)

Il y aura aussi en appendice-conclusions de cet ouvrage, une réflexion à connotation pseudo-scientifique intitulée d’abord « Considérations fondamentales sur l’existence » puis devenue modestement « La symphonie de l’harmonieux – propos métaphysiques d’un poète apprenti-penseur sous forme de confidences à son carnet de notes. »

Il s’agit d’une somme de mes réflexions sur le sujet que j’ai rédigée tout au long de ma vie, en la modifiant, la corrigeant ou la transformant au fil de l’évolution de mes convictions personnelles. Il y sera souvent fait référence, surtout dans la seconde partie du livre.

Il y aura surtout, en filigrane du récit, la réponse dynamique aux épreuves tant morales que physiques, évoquée dans le titre que l'ouvrage a porté un certain temps, « Un genou à terre pour mieux se relever » comme le lutteur qui a la volonté de ne jamais se retrouver « les épaules au tapis », soutenu par l’apport indispensable et précieux du rire, du véritable et profond rire intérieur qui dynamise le cœur dans son appétit de bonheur, mais qui s’affiche avec la discrétion et la chaleur du sourire.

Cette démarche que je vais tenter avec une bonne volonté et une inexpérience de « scribouilleur » débutant, je la livre à la critique de mes proches ou de tout lecteur intéressé par cet essai. De toute manière, il m’aura permis de bien m’amuser, de faire le point, de mettre de l’ordre dans mes souvenirs et d’y voir plus clair, mais surtout de témoigner ma reconnaissance à certains, surtout George et Christian qui m’ont formé.

Voilà pour le fond. Pour la forme, j’aimerais apporter les commentaires suivants :

J’ai toujours été très interpellé par le succès de la bande dessinée.*5* Comme tous les petits belges de mon époque (j’avais onze ans en 40), j’ai vécu l’engouement pour celles qui étaient publiées dans des journaux pour gosses et adolescents : Spirou, le Petit Belge et plus tard Tintin.

Pendant la guerre, mon frère et moi attendions avec impatience la bédé journalière, publiée en feuilletons, narrant les aventures du héros de Hergé qu’un voisin complaisant nous découpait journellement dans le journal « Le Soir », paraissant sous le contrôle de l’occupant.

Les éducateurs, à l’époque, ne voyaient pas d’un très bon œil cet emballement des jeunes pour une lecture qu’ils estimaient futile et peu éducative, en les éloignant des ouvrages littéraires que de très bons et talentueux auteurs leur réservaient.

Dès la fin de la guerre cependant, la bande dessinée, ayant acquis ses lettres de noblesse, devint une discipline artistique appréciée et reconnue (le 9ème art) avec ses maîtres, ses styles, ses techniques, ses critiques, ses musées et ses collectionneurs.

Aussi, quand je me suis mis à écrire, je me suis demandé si je ne m’inspirerais pas des techniques de ce nouvel art pour construire mon récit. J’ai recherché un compromis dans lequel le style et l’écriture seraient ramassés tout en étant bien aérés, suggestifs, et concis comme le sont les quelques coups de crayon de certains auteurs de bédés.

Dans la première partie, celle de ma jeunesse, associant l’imaginaire au réel avec intermèdes inattendus, j’ai pris plaisir à imaginer des situations fantastiques ou humoristiques, dans des décors invraisemblables, peuplés de héros ou d’acteurs sortant tout droit du rêve et de la fantaisie. Ce sont là des atouts dont ne se prive certes pas le nouvel art.

Au risque de voir mon style taxé de redondant, j’ai pris le plus grand plaisir à m’enivrer avec délectation de la magie des mots, en usant et abusant pour mieux les contempler dans leur grandeur, les écoutant chanter, jouissant du confort des phrases dans lesquelles ils se prélassent, tout en admirant la beauté de l’agencement graphique de certains.

Pour mieux exprimer ma reconnaissance à la vie et à ceux qui m’ont aidé à la conserver et l’exalter, j’ai chanté en poèmes lyriques « des hymnes » auxquels je souhaiterais qu’on destine symboliquement une place de choix en leur honneur au cœur de cet ouvrage.

Enfin, je terminerai en soulignant le caractère fantaisiste et sans prétention d’un genre qui associe tout à la fois récit, conte, poésie et autobiographie avec l’intention d’exprime r le merveilleux de l’existence.

Ce merveilleux, c’est le petit coin de ciel bleu qui finira toujours par percer des nuages noirs. Ce merveilleux, c’est l’espoir de le voir poindre. Ce merveilleux, c’est le rêve qui permet de l’imaginer. Ce merveilleux, c’est aussi le courageux sourire du déshérité physique ou économique et le rire franc de sa bonne humeur. Mais, ce merveilleux, c’est surtout la beauté et la grandeur de l’existence qui estompent tout le reste aussi négatif soit-il.

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HYMNE A L’EXISTENCE

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Merci à l’existence d’avoir été.

Merci à la matière de nous avoir précédé.

Merci à la lagune qui a favorisé la vie.

Merci à la vie d’avoir évolué.

Merci à l’évolution

D’être parvenue jusqu’à nous.

 

Merci à nos ancêtres,

Les primates du Rift Valley*6*

D’avoir mangé de la charogne,

Au lieu des beaux fruits de leur palais,

Rougis du soleil qui cogne

Dans leur grande forêt natale,

Alanguie de touffeur équatoriale.


Merci d’avoir crié

Merci d’avoir parlé.

Merci d’avoir pensé.

Merci d’avoir évolué

Et d’avoir gravé

Et dessiné dans les cavernes.


Merci à ceux qui ont écrit.

Merci à ceux qui ont compté.

Merci aux écrivains et poètes

Et à ceux qui ont imaginé.

Merci à ceux qui ont composé

La musique et les chansons.

 

Merci aux peintres

Pour les bleus, les verts et les rouges.

Qu’ils ont mélangés

 

Merci aux sculpteurs

Pour le bois, la terre, la pierre

Qu’ils ont façonnés.

 

Merci au forgeron et au tailleur,

Au chasseur et au pêcheur,

Au maçon et au menuisier,

Au semeur et au berger.

 

Merci au couple

Qui m’a donné vie.

Merci aux maîtres

Qui m’ont formé.

Merci au destin

Qui m’a réalisé.

 

Merci à George et Christian*7*

Qui m’ont révélé.

Merci à ceux qui se sont dit

Mes amis

Mais le sont restés.

 

Merci surtout

Et avant tout

A celle que j’aime

Et qui m’aime

Depuis toujours.

 

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*1.1* Hémianopsie absolue droite

Trouble du champ visuel dans lequel le sujet ne perçoit qu’une moitié du champ visuel de chaque œil. Il s’agit donc de la perte totale de la vision droite. Si je regarde un texte, je ne vois que sa partie gauche. Au bout d’une ligne de lecture, je dois repérer celle-ci avec le doigt d’une main et trouver l’autre ligne avec un doigt de l’autre main, ce qui rend la lecture très éprouvante.

Il en existe d’autres : binasale, bitemporale, hétéronyme, homonyme, nasale ou temporale qui sont moins graves et dans certains cas peuvent se corriger. L’hémianopsie absolue dont je suis atteint est irréversible car elle est due à une altération cellulaire du cerveau tellement microscopique qu’elle est irréparable.

 

*1.2* Ecrits poétiques, versification, règles

La poésie moderne utilise beaucoup le vers libre, c’est-à-dire celui qui ne s’embarrasse ni des mètres, des rimes, des strophes ou des pieds.

Suivant Wikipédia, la première utilisation de l’appellation « vers libres » a été faite par Blaise de Vigenère (1523-1596), secrétaire de Henri III, traducteur et alchimiste. La Fontaine dans ses fables s’autorisait des libertés.

La versification s’est assouplie avec Victor Hugo, Mérimée, cependant le vers libre tel qu’on l’entend au sens moderne du terme prend racine avec Charles Baudelaire (1821-1867) et surtout avec son poème inachevé en vers libre qui ne paraitra pas. Mais ce fut surtout Rimbaud (1854-1891) qui fit de la prose poétique et deux poèmes en vers libre.

Se laissèrent aussi tenter par le vers libre : Gustave Kahn (1859-1936), Marie Krysinska (1864-1908) Francis Vielé-Griffin (1864-1937), Léon Bloy (1846-1917), Saint-John Perse (1887-1975), André Salm (1881-1969), Emile Verhaeren (1855-1916), Paul Claudel (1868-1955), Guillaume Apollinaire (1880-1918), Henri Michaux (1899-1984), Louis Aragon (1897-1982), René Char (1907-1988), Yves Bonnefoy (1923) et beaucoup d’autres.

 

*1.3* Clergé catholique idéaliste :

J’ai été élevé dans un environnement particulièrement croyant et pratiquant. Nous remplissions avec ferveur tous nos devoirs religieux aussi bien à l’extérieur que chez nous : Le chef de famille (mon père) récitait le « Bénédicité » avant chaque repas et la prière du soir (dont les litanies à la Vierge), à genoux sur le sol, les coudes sur une chaise. Je ne vous dis pas les fredaines que cette position, camouflée par le dossier, occasionnait. Le dimanche était lourd de devoirs religieux : messe basse et grand-messe le matin, vêpres et salut l’après-midi et la semaine office du matin avant l’école, prières avant chaque cours, confession obligatoire le samedi (terreur des adolescents qui n’aimaient pas raconter leurs pensées « osées »).

Il y avait un prêtre dans chaque famille : le curé du village de Vonêche, frère-aîné de ma mère et le père Paul, missionnaire spiritain, frère de mon père. Je manquerai de peu d’être moi-même missionnaire spiritain dans la congrégation de mon oncle où j’ai débuté mes études dans leur petit séminaire, si les aléas de la vie n’en avaient décidé autrement.

 

*1.4* PetroFina et Total :

J’ai eu la chance d’entrer dans la maison-mère de ce groupe, à l’âge de 23 ans, en 1952, au tout début de sa renaissance et en 1956, j’ai été transféré comme comptable de sa filiale Labofina, centre de recherches du groupe qui venait d’être créé.

Le 25 février 1920, un groupe d’investisseurs anversois fonde la Compagnie financière belge des pétroles – qui prend rapidement le nom de son adresse télégraphique, PetroFina : son activité : explorer, produire et raffiner en Roumanie via la société Concordia créée à cet effet. En mai 1920, PetroFina et la Pure Oil of Delaware fondent Purfina, chargée de la distribution en Belgique et en Hollande de leurs produits En 1923, Purfina devient filiale à 100% de PetroFina et achète une petite raffinerie à Ertvelde, près de Gand. La part la plus importante du marché de Purfina sera la distribution, à partir de charrettes-citernes tirées par un cheval, de pétrole lampant destiné aux lampes et réchauds à pétrole, qui était distribué dans les épiceries. Un bateau, le « Président Franqui », amarré au dépôt pour produits finis de Neder-Over-Hembeek, assurait les liaisons avec les sources d’approvisionnement.

Ce bateau sera coulé, pendant la guerre, le 29 décembre 1942 ainsi que toute la flotte de Petrofina qui sera détruite à l’exception du « Laurent Meeus » qui évita miraculeusement les mines et sous-marins allemands (l’histoire de ce navire est incroyable - voir texte de Gérard Locquet : users.skynet.be/saintmard/index.html ».

Principales dates de l’histoire de Petrofina :

Fondation, en 1920, de la société Concordia pour reprendre les activités de quatre compagnies pétrolières roumaines reprises aux allemands après la première guerre mondiale et commercialisation des produits par la société Purfina à Anvers qui les distribuera en Europe occidentale. En 1923, la B.U.P. (Banque de l’Union Parisienne) devient un gros actionnaire qui est intéressé pour une diversification de ses sources d’approvisionnement (USA) vers les pays de l’Est. La crise de 1930 n’affectera pas trop les activités du groupe, si ce ne sont les nouvelles dispositions belges de la loi de 1935,  obligeant les sociétés bancaires à transférer leurs activités industrielles dans des sociétés indépendantes de la finance. La seconde guerre mondiale fut catastrophique pour les avoirs de la société (confiscation des sources pétrolières et des points de vente de Hongrie et Bulgarie par les régimes communistes - raffineries, camions-citernes détruits et flotte anéantie en dehors du « Laurent Meeus - il ne restera comme valeur active que quelques points de vente).

Comble de malheur pour la société, ses principaux dirigeants furent accusés de « collaboration économique » avec l’ennemi. La direction qui tentait de sauver ce qu’elle pouvait dans la débâcle de cette « drôle de guerre » fut condamnée d’une manière excessive. L’un des fondateurs, Hector Carlier, se suicida pour éviter la honte d’un jugement et ses descendants se sont terrés dans leur propriété du Boterberg à Kalmthout. Les autres, son frère Fernand, Laurent Meeus et Albéric Maistriau furent condamnés à sept ans de prison (1). La « vindicte déraisonnable » des vainqueurs de l’époque a condamné des hommes de grandes valeurs qui n’avaient causé la mort de personne et avaient seulement tenté de sauver un patrimoine belge …

Laurent Wolters, chef d’un groupe de résistants et son trésorier, Maurice Clément, tous deux employés de la société pendant la guerre, purent exercer leur activité clandestine sous le couvert (probablement complice) de leurs patrons (2). Pour se dédouaner, le nouveau conseil d’administration choisira ces deux résistants pour conduire la société lorsqu’elle obtint la levée du séquestre vers 1950. Laurent Wolters en devint le président et Maurice Clément, le directeur financier.

Ce sont ces deux là qui m’ont engagé le 20 octobre 1952 pour occuper le poste de comptable en charge des écritures diverses. A l’époque, la comptabilité de Petrofina n’employait que cinq comptables. J’y ai exercé ce métier pendant quatre ans et ce fut pendant cette période que Petrofina acquerra ses plus beaux fleurons, tout en rajeunissant ses anciennes installations : réseau de distributions plus avenant, trois navires flambant neufs, restructuration des réseaux français, anglais, hollandais, congolais, modernisation de la raffinerie d’Anvers (une des plus grandes au monde), alliance aussi avec BP (British Pétroléun) avant la nationalisation, en 1979, de leurs avoirs en Iran par l’ayatollah Khomeiny.

Pendant cette période de quatre ans, je fus chargé de finaliser les acquisitions prestigieuses du groupe aux USA et au Canada (cette dernière par souscription à une augmentation de capital donnant droit à des titres « Petrocan »).

Je garderai « éternellement » le souvenir des nuits de cauchemar que cette difficile opération me fit endurer, tellement « l’imbroglio » des opérations dans toutes les devises du monde fut « inextricables » (Il ne faut pas oublier que l’informatique n’existait pas et que nos moyens étaient archaïques) et je n’en serais jamais sorti si mon collègue,  le génial Léon Jaumotte, avec son cerveau d’ordinateur, qui s’occupait des comptes de notre mission d’exploration pétrolière en Angola,  ne m’avait sauvé … Je lui en serai « éternellement » reconnaissant …

Par la suite, vinrent s’ajouter les réseaux de distribution en Allemagne, Italie, Suède, Norvège, Tunisie, Suisse. La fermeture du canal de Suez en 1956 provoqua la mise en chantier de supertankers et Petrofina fut à la pointe du mouvement en s’équipant prématurément.

Avant la guerre, Petrofina avait créé une filiale Palmafina qui commercialisait et fabriquait des margarines et des huiles comestibles ainsi que des savons qui furent les bienvenus pendant la guerre. Ensuite, cette activité fut développée pour répondre à une demande accrue par les besoins nouveaux des ménages de l’après guerre, ce qui incita le groupe à s’investir dans le domaine des acides gras et glycérines à l’usine d’Ertvelde.

En 1954, le groupe s’intéressa à la pétrochimie avec l’américain Philips Pétroléum pour devenir un des leaders mondiaux dans le domaine avec pipeline acheminant les produits des raffineries aux centres de production de produits finis, situés à l’intérieur du pays, à Feluy en Belgique. Aux USA, il en sera de même chez Cosden à Big Spring.

En 1969, associé à Philips Pétroléum, Petrofina découvre un gisement important en Mer du Nord (Ekofisk). Ses réserves de pétrole et de gaz naturel, grâce à la mise en place d’une récupération par injection d’eau permettra de prolonger la durée de l’exploitation à 2050, en portant la récupération du pétrole en place à 50% au lieu de 17%. Ce fut le départ d’une expansion mondiale gigantesque amenant la société à se placer parmi les grands d’Europe et la première société de Belgique. D’importantes mesures de rationalisation furent également entreprises dans tous les secteurs pour réduire le nombre de sites de fabrication et de raffinage.

En 1970, Laurent Wolters, atteint par la limite d’âge, se retire et cède la place à Jacques Meeus, le neveu de Laurent Meeus, qui sera lui-même remplacé, en 1975, par Adolphe Demeure de Lespaul, que j’ai très bien connus à ses débuts, car nous étions voisins de bureau, en 1953, quand il était stagiaire.

Un long pipeline sous-marin relia Ekofisk à une station d’épuration à Emden en Allemagne pour alimenter la France, la Hollande et la Belgique et la mise en place, en Belgique à partir de 1972, d’un vaste programme de rationalisation « verticale » pour amener les produits par pipeline depuis Anvers (Petrochim alimenté par la raffinerie SIBP) jusqu’à Feluy (Belgochim) pour la matière première et (Synfina) pour le produit fini. C’est à cette époque, que le groupe consolide les installations de peinture de Sygma Coatings qui contrôle 20 usines de peinture et fusionne Oléochim et Palmafina (huiles ménagères et savons).

En 1977, PetroFina et l’italien Montedison créent Montefina avec intégration de Belgochim et construction d’un laboratoire de recherches moderne sur le même site (Fina Research). Aux USA, Hercofina devient un très gros producteur de styrène et polystyrène.

En 1980, à Ekofisk, on injecte de l’eau pour accroître les réserves récupérables et en 1986, augmentation importante des réserves par l’acquisition des champs de Maureen au large de l’Écosse ainsi que de nombreux autre champs dans le monde. C’est en 1980 aussi, que Petrofina Canada est racheté par la Compagnie Pétrolière Nationale du Canada par décision canadienne de nationalisation.

En 1988, rachat des parts de BP (50%) de la raffinerie SIBP à Anvers qui devient une des plus performante au monde surtout en production d’essence sans plomb et de cracking et par la suite, avec les filiales d’Anvers du groupe, se place comme un des plus gros producteurs européens de polyéthylène haute densité et l’achat d’une usine de polypropylène au Texas, en 1984, lui permet de produire neuf pour cent de la production annuelle des USA.

La dernière décade du deuxième millénaire fut difficile suite à la chute des prix en produits chimiques et aux excédents de raffinage, mais compensée cependant par une meilleure rentabilité de ses champs pétroliers.

Adolphe Demeure de Lespaul décédera en 1985 des suites d’un cancer. Pour son personnel, il sera un exemple de courage et d’abnégation remarquable, se dévouant pour sa société jusqu’au dernier jour. Il fut remplacé par Jean-Pierre Amory pendant cinq ans, jusqu’à ce que le principal actionnaire de PetroFina, le Holding Bruxelles-Lambert mené par Albert Frère, porta celui-ci à la présidence du groupe en 1990. Les vice-présidents en seront Etienne Davignon, président de la Société Générale de Belgique, deuxième actionnaire et François Cornelis, en tant que « patron exécutif ».

A partir de 1990, la société connut une période de développement considérable, malgré les difficultés rencontrées dans le secteur  (problèmes avec le gouvernement norvégien - abandon de certains sites de production en raison de l’instabilité politique : Angola, Congo, Gabon, Burundi, Rwanda). Mais ce fut l’époque du développement d’énormes nouveaux champs : en Italie, en mer Caspienne, en Azerbaïdjan et en Alaska et en chimie : le contrôle complet de Montefina, devenu Fina Chemicals, partenariat avec BASF, accord avec Solvay dans le domaine des polyéthylènes hautes densités, fusion de Sigma avec Lafarge.

En 1997, PetroFina lance une vaste opération de rachat des actions Fina en bourse américaine, renforçant ainsi sa présence aux USA avec introduction au NYSE (New York Stock Exchange), devenant ainsi la première société belge à y figurer.

Enfin, fin de l’année 1998, tombe l’annonce de la reprise de PetroFina par le français Total, au nez et à la barbe du français Elf Aquitaine et de l’italien ENI. Peu de temps après Elf se fit également absorber par Total qui devint ainsi, dans un classement par chiffre d’affaires de 2008, le quatrième au monde après Exxon Mobil (USA), Royal Dutch Shell (Pays-Bas et Royaume-Uni, BP (Royaume-Uni) ; les suivants étant dans l’ordre Chevron (USA), Amoco Phillips (USA), Sinopec (Chine), China National Petroleum, corp (Chine), ENI (Italie), Valero Energy (USA)

Notes  :

(1) Voir à ce sujet l’article paru dans le Soir du 16/5/2008 signalant le décès de Marie-Antoinette Carlier, dernier enfant d’Hector Carlier, un des fondateurs de PetroFina. p;nbsp; Celui-ci s’était suicidé en 1986 et avait laissé son immense fortune à ses enfants restés depuis sans descendance.

Il est important de signaler que la fortune des héritiers d’Hector Carlier était devenue considérable parce qu’elle était constituée surtout des titres Petrofina que le fondateur de la société possédait depuis l’origine et que ses héritiers avaient respectueusement conservés.  Avec le temps et les opérations d’échange, de bonification et de rachat, ces actions avaient pris une valeur estimée à 0,5 % du capital de la société Total lorsqu’elle avait absorbé Petrofina.

Suivant l'article du Soir,  la dernière des héritières, décédée en octobre 2007, aurait légué ses biens, estimés, après paiement des droits de succession et affectation à des legs privés, à une trentaine de millions d’euros,  à la fondation Roi Baudouin avec mission de s’en servir pour développer des projets en Afrique dans le domaine de l’approvisionnement en eau et de l'éducation. En 1988, le « condottiere » Carlo de Benedetti aurait approché Madame Marie-Antoinette Carlier pour lui racheter ses actions pour un montant considérable. Elle refusa par fidélité à la mémoire de son père.

Je viens de découvrir avec étonnement des articles de la « Dernière Heure » qui relate une version surprenante de la fin d’Hector Carlier qui « serait mort deux fois », due à l’historien-journaliste Guy Van den Broek. Selon lui, les obsèques se seraient déroulées devant un cercueil vide lesté de pavés, avec la complicité d’un médecin et d’un fonctionnaire de l’état civil. Hector Carlier se serait réfugié au Brésil jusqu’à sa véritable mort, 10 ans après, à l’âge de 72 ans. Ce rebondissement s’il s’avère exact, n’enlève rien à l’estime que je porte à un homme dont l’existence antérieure aux faits était remarquable tant par la probité que par la noblesse des sentiments et la qualité de sa gestion.

D’autre part, une branche brésilienne des descendants du frère (réfugié au brésil après avoir purgé sa peine) se serait manifestée et aurait confié la défense de ses droits de succession à un avocat mais semble-t-il sans grandes chances s’il s’avère que la prescription est établie.

 

(2) J’ai eu le privilège de connaître deux témoins important de cette époque tumultueuse : Léon Wolters, le frère du grand patron qui avait son bureau à côté du mien quand nous nous occupions tous les deux de la filiale Plycol-Fina, qui fabriquait des colles et adhésifs.

Après sa journée, il lui arrivait souvent de venir bavarder avec moi. C’est ainsi qu’il m’a souvent parlé de son frère qu’il voyait toutes les semaines au château du Bisdom ; cependant, autant il était disert sur la plus grosse partie de son existence passée, autant il devenait rêveur et secret sur certaines époques, comme s’il partageait les regrets de son frère de n’avoir pu intervenir pour sauver de la honte ces personnages de grande valeur, victimes des aléas de l’histoire.

L’autre témoin de cette époque douloureuse, fut notre chef–comptable, Robert Cirquin, vieux serviteur de la société, qui par ses fonctions de comptable de la maison-mère, était bien placé pour en connaître tous les « dessous ». Il fut transféré avec moi, en 1956, pour gérer administrativement Labofina, centre de recherches qui venait d’être créé pour appuyer les nouvelles extensions du groupe. Nous nous sommes connus une dizaine d’années et il me parlait souvent de son passé. C’est ainsi qu’il me confia son sentiment sur le comportement de la direction de PetroFina pendant la guerre, convaincu que ceux qui furent condamnés pour collaboration financière, n’ignoraient pas les activités clandestines de deux de leurs employés-cadre : Laurent Wolters et Maurice Clément, et « fermaient les yeux », comme s’ils les approuvaient. Il me révéla avoir lui-même participé indirectement à certaines actions sans beaucoup se cacher.

Ce vieux bonhomme qui connaissait beaucoup de choses était particulièrement protégé par Maurice Clément, qui a toujours été son chef direct, sans doute reconnaissant des services passés et de sa discrétion.

Je tiens, quant à moi, puisque je reste un des derniers témoins d’une époque sombre et malheureuse, marquée par les excès vindicatifs de certains vainqueurs, à rendre justice à la mémoire de victimes qui furent sacrifiées à l’intérêt supérieur d’une grande société qui voulut occulter certaines périodes troubles de son passé.


*1.5* La Bande  dessinée :

La « BD » est maintenant admise comme le 9ème art et un concept de cet art. Elle fut longtemps considérée comme un simple outil de divertissement pour la jeunesse. Les auteurs belges publiés dans les journaux hebdomadaires pour jeunes, Spirou et Tintin, ne se prenant pas eux-mêmes au sérieux, contribuèrent beaucoup à la déconsidération de cette production par les intellectuels.

Ce sentiment a fort évolué de nos jours pour devenir un art à part entière avec ses critiques, sa littérature, son histoire et ses collectionneurs. Malgré des tentatives d’adaptation des techniques les plus avancées en utilisation de moyens pointus en matière de travail de l’image, cet art reste individuel au dessinateur qui garde la liberté d’y manifester toute sa fantaisie et sa créativité. Il reste maître de l’espace qui lui est réservé que ce soit par cadrage, originalité de la bulle, texte dessiné ou utilisation fantaisiste de l’espace. Cette liberté a ouvert un champ énorme de possibilités aux artistes qui ne manqueront pas d’y étaler leurs talents voire leur génie.

Cet art de la représentation graphique d’une histoire par dessins suggestifs date de la préhistoire quand l’homme des cavernes racontait ses exploits de chasseur en les gravant sur les parois des grottes. Il est vraisemblable que la raison de cette démarche était plus incantatoire que narrative. De tous temps, les hommes ont raconté leurs exploits sur divers supports : monuments, stèles, colonnes, murs, peaux de bêtes, parchemins, tissus et enfin sur parchemins, papier ou toile.

Les plus anciennes bandes dessinées qui racontent une histoire en plusieurs dessins, publiée en plusieurs exemplaires, pourraient dater de l’époque des images d’Épinal dans les Vosges, vers 1796, qui étaient tirées en plusieurs exemplaires au moyen de presse à bras qui comprimaient sur une feuille de papier une planche de bois gravée (Xylographie) qu’un coloriste complétait au moyen de pochoirs pour les différentes couleurs.

Avant la BD franco-belge, qui reste la plus féconde et la plus renommée dans le monde, on signalera surtout les « comics », principalement américains.

Quand j’étais gamin, avant la guerre, je me souviens qu’entre copains d’école nous nous passions ou nous nous échangions des babioles contre des « bandes dessinées » ou « comics », tels (entre parenthèses année de leur première parution)  : La famille Fenouillard (1890), Pim,Pam,Poum, (1897) ; Les Pieds Nickelés (1908) ; Winnie l’ourson (1926) ; Bécassine (1905) ; Popeye (1929) ; Tarzan (d’abord publiés sous forme de roman en 1929) ; Superman et Batman (1930) Dick Tracy (1934) ; et celles en provenance du cinéma : Mikey (1928), les trois petits cochon (1933), Donald Duck (1934), Blanche neige et les 7 nains (1937), Bambi (1942), Fantasia (1941) … ;

 

*1.6*Rift Valley

Cette vallée, surnommée aussi « berceau de l’humanité » tellement on y a découvert de fossiles de l’homme n’est plus considérée comme tel depuis que les scientifiques ont procédé à des fouilles plus profondes permettant de découvrir des restes humains plus anciens, en Tanzanie et dans des grottes d’Afrique du Sud ainsi que dans la partie humide et boisée du Tchad, à 2500 km du rift.

La théorie de L’East Side Story, popularisée par Yves Coppens, avançait que la formation du rift aurait conduit à une différenciation climatique et environnementale majeure entre la région de l’ouest, humide et boisée et celle de l’est, qui par accident climatique était devenue plus sèche et de ce fait envahie par les hautes herbes de la savane.

Les singes qui s’y sont trouvés, privés de leur alimentation d’arboricole, se seraient adaptés à la bipédie pour dominer les hautes herbes et à la nourriture carnée chapardée aux grands fauves et aux charognards en remplacement de leur alimentation de frugivore-insectivores.

La théorie de la bipédie qui aurait donné l’avantage à nos ancêtres de se libérer les mains et de se redresser pour repérer les prédateurs ou les sources d’aliments, ainsi que la théorie de l’associativité par petits groupes de 25 à 30 avec un meneur pour traquer des proies vivantes, prémice de l’instinct de collectivité, restent cependant celles que les anthropologues retiennent le plus souvent.