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12/10/2014

Ch.00.0i - Le pape François II répond à ma supplique et Intervention progressiste d'un évêque belge au synode sur la famille-

Le pape François a répondu à ma lettre qui tentait de le convaincre de réunir les responsables des religions du "Livre", afin de chercher des solutions aux problèmes de la surpopulation mondiale, en accord avec les enseignements, dogmes et traditions de chacun.

Depuis deux ans, dans l’intention de prolonger l’action de feu le professeur de Duve, je m’efforce de sensibiliser les responsables de la Terre sur l’avenir compromis de notre si belle planète …

Dans cet esprit, j’ai tenté d’atteindre individuellement tous les responsables politiques de mon pays sans obtenir la moindre réponse …,  j’ai bien compris l’embarras dans lequel je les mettais avec des considérations aussi restrictives et pessimistes sur l’avenir de l’humanité, car leur popularité est fonction des actions qu’ils mènent pour un avenir meilleur de confort sans les restrictions que préconisent les prévisionnistes.

De guerre lasse, devant l'inefficacité d’une action individuelle auprès des politiques, je me suis tourné vers les autorités religieuses du monde et de préférence vers ceux que je connais le mieux, les responsables de la religion catholique romaine, que j’ai servie, avec conviction et zèle, une bonne partie de ma vie …

Un grand espoir m’est venu, il y a un an, avec l’avènement de François 1er … Les chrétiens, diront que c’est la Providence qui l’a porté à la tête de l’Église …

Aussi, c’est avec courage et conviction, que je me suis efforcé de l’atteindre, lui qui a vécu modestement avec les plus pauvres en Amérique latine … Mieux que quiconque, il peut entreprendre une action de mobilisation de toutes les autorités de notre monde en vue de se pencher sur le problème avec détermination et diligence,  car le temps presse, nos petits-enfants si pas nos enfants, sont en danger, si on en croit les prévisionnistes les plus optimistes …

Étant moi-même, ancien cadre de la plus grosse société de Belgique, empreint du respect de la hiérarchie, je mes suis d’abord adressé à Monseigneur Léonard, actuel primat de Belgique, qui m’a répondu, deux fois très gentiment, en me conseillant, si pas de m’adresser au pape, d’écrire à un grand spécialiste de ces problèmes Mgr Schooyans … Cette initiative n’a pas eu de suite, ce que je peux comprendre, mais déplorer …

J’avais aussi alerté de mes actions Gabriel Ringlet, ancien vice-recteur de l’Université de Louvain-la-neuve, qui m’a agréablement répondu en mettant, comme moi, beaucoup d’espoir dans le Pape François, tout en m’encourageant à m’adresser directement à lui, convaincu qu’il est aussi préoccupé de l’avenir de la planète et qu’il entreprendra toutes les actions nécessaires pour tenter de solutionner le problème … (Voir plus loin dans le blog la correspondance échangée à ce sujet avec les précités)

Avec grande émotion et reconnaissance, j’ai reçu, il y a quelques jours, une réponse de François 1er , par l’intermédiaire du Nonce Apostolique en Belgique, que je reproduis in extenso ci-après :

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Le 27 août 2014.

Monsieur,

Au mois de janvier de cette année, vous avez adressé une lettre au Cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, avec en annexe d’autres documents, parmi lesquels une missive pour le pape François.

La secrétairerie d’État du Vatican m’a chargé de vous assurer que les documents sont bien arrivés à leurs destinataires et qu’ils ont été lus avec une grande attention.

Vous avez reçu une éducation chrétienne et, avec votre longue expérience, il est compréhensible que vous ressentiez de l’anxiété et que vous soyez préoccupé pour le futur de vos petits-enfants et de l’humanité.  Mais, face aux maux qui nous entourent et qui nous angoissent, nous qui croyons en Christ, nous sommes appelés à avoir foi en Dieu qui a envoyé dans le monde son divin fils, lequel n’a pas hésité à donner sa vie pour sauver l’humanité.  C’est cette foi de l’amour que Jésus-Christ a mis comme fondement de son enseignement et de sa vie. Nous sommes tous appelés à la mettre en pratique.  C’est l’unique qui peut nous faire espérer dans un mon de meilleur.

Je vous prie de croire, Monsieur, à mes salutations distinguées

Ciacinto Beloco - Nonce Apostolique.

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Cette réponse du Pape honore ma démarche … J’aurais très bien compris qu’un sujet aussi délicat fut resté sans suite … Ce message a été lu avec grande attention aussi bien par le Souverain Pontife que par son conseiller et bras droit …  Loin de mettre « la tête dans le sable » comme la plupart des intellectuels et des responsables, les deux leaders de la chrétienté réfléchissent au problème et avec la prudence indispensable à un sujet aussi délicat pour la gestion de leur Église et son avenir ... tout en ne balayant pas son enseignement, ils donnent la réponse la plus raisonnable qui soit, en se référant à la foi qu’ils ont au Dieu auquel ils croient … car, Lui, en bon pasteur, n’abandonnera pas ses brebis … 

Il n’en reste pas moins qu’il faut aider la « Providence » - (aide-toi, le ciel t’aidera) – en s’efforçant de lui faciliter la besogne, ... en menant des actions d’organisation d’une planète surpeuplée en vue de faire face à la saturation de son habitat

Peut-être serait-ce déjà un signe de réponse à cet appel (en tous cas pour les chrétiens), quand on apprend que l’évêque diocésain d’Anvers, Johan Bonny, a publié une étude destinée au Synode des évêques qui se tient actuellement à Rome du 5 octobre au 19 octobre à  qui s’intitule : « Défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation »

Ce travail répond à un questionnaire aux évêques qui a reçu un large écho dans le monde et a été diffusé dans tous les diocèses francophones et flamands du pays … Il a reçu 1589 réponses qui ont été étudiée par l’UCL Louvain-la-Neuve et la KU Leuven, parmi lesquels 5 théologiens liés aux deux universités et transmis à Rome … D’autres initiatives ont été prises par divers groupement pastoraux de Belgique … D’autre part, le secrétariat romain du Synode des évêques a publié « l’instrumentum Laboris » dans lequel sont retravaillées toutes les réponses issues des cinq continents …

D’une manière succincte et imparfaite, je vais tenter de retirer ce que je crois être l’essentiel de ce document dans sa traduction française, comportant 23 pages de format quarto …

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 - L’évêque a lu attentivement et essayé de comprendre les réponses venant de tous les horizons et surtout celles de ceux qui vivent aujourd’hui leur relation, leur mariage ou leur famille dans la lumière de l’Évangile et en lien avec la communauté d’Église …

- Depuis sa formation de prêtre en 1973 et son expérience dans une époque de renouveau, il a constaté que les croyants ne pouvaient plus se retrouver dans les textes doctrinaux et les déclarations morales de Rome

- Il déplore que le Concile réservé à la collégialité des évêques fut lié presque exclusivement à la primauté de l’évêque de Rome, confirmé par la suite et même renforcé … Dés aujourd'hui, il faut restaurer le lien entre la collégialité des évêques et la primauté de l’évêque de Rome, comme il s’était réalisé pendant le Concile…

 -  Mgr Bonny aborde aussi le problème délicat de la paternité responsable et du contrôle des naissances … Il déplore que, timorée, les autorités de l’Église se sont plus attachés à l’application de la doctrine plutôt qu’à son contenu … Il se pose la question suivante  : comment la conscience arrive-t-elle à une décision responsable ? … comment la conscience peut-elle connaître la loi que Dieu a déposée dans nos cœur ? … 

A cela l’évêque répond que la doctrine de l’Église catholique sur le mariage et la  famille est à retrouver dans une large tradition qui a reçu de nouvelles formes et un nouveau contenu tout au long de l’histoire, en se conformant à ses nouveaux défis … Sans cesse, elle doit oser relire son enseignement à la lumière de toute la tradition ecclésiale … L’éthique chrétienne a besoin de plus d’espace pour juger et décider que ne le permet l’approche statique d’aujourd’hui … : elle doit attacher une grande importance à la formation d’un jugement de conscience personnelle et motivé …

- Quant à la doctrine de l’Église, certains donnent l’impression que le Synode ne pourra parler que de l’application de la doctrine et pas son apodictique (l’évidence de droit et pas seulement de fait) de la loi naturelle …

- Un autre élément de la tradition théologique est le sens de la foi des croyants chrétiens …Le pape François a écrit dans « Evangelii Gaudium » : « L’Esprit guide (le peuple de Dieu) dans la vérité et le conduit au salut.  Comme faisant partie de son mystère d’amour pour l’humanité, Dieu dote la totalité des fidèles d’un instinct de la foi – le sensus fidei -  qui les aide à discerner ce qui vient réellement de Dieu.  La présence de l’Esprit donne aux chrétiens une certaine connaturalité avec les réalités divines et une sagesse  qui leur permet de comprendre de manière intuitive, même s’ils ne disposent pas des moyens appropriés pour les exprimer avec précision »

- Un autre élément doctrinal est lié à l’évolution de la théologie dans la période post-conciliaire … Après « Humanae Vitae et Familiaris Consortio », la doctrine de l’Église catholique s’est trouvée liée presque exclusivement à une école de théologie morale, bâtie sur une interprétation propre de la loi naturelle Des éminents théologiens avaient collaboré aux fondements théologiques du  Concile et sa mise en œuvre dans leur enseignement et leurs publications … Ils plaçaient la personne humaine  et  son développement vers une plus grande dignité humaine, à la lumière de la raison et de la révélation … Malheureusement, dans les années qui suivirent Vatican II, ils furent repoussés sur le côté …aussi faut-il rétablir le dialogue avec la large tradition de théologie morale de l’Église et qui a toujours évolué …

- Dans un paragraphe émaillé d’exemples vécus, intitulé : l’Église comme compagnon de route, le prélat s’est attaché à  nous faire participer à son expérience de pasteur qui s’est toujours efforcé de recueillir des témoignages et aider les consciences en désarroi … tout en évitant les « à priori », les poncifs, les idées toutes faites qui encombrent inutilement leurs propos et ne peuvent aider leurs interlocuteurs … Il a souffert et s’est interrogé sur le sens à donner à ces problèmes de société confrontés aux exigences de la morale chrétienne … il rappelle que Jésus, lui-même, a écouté et compris ceux qui se trouvaient en dehors des lois religieuses de son temps et surtout les a aimé … Le pasteur  abandonne son troupeau pour sauver la brebis perdue  … Mais il mettra en exergue, avec des faits vécus, l’héroïsme de chrétiens qui endurent une vie difficile, tout en restant fidèles à leur engagement de chrétiens …

- Parmi les nombreuses relations de faits vécus décrits par l’évêque d’Anvers, relevons les plus émouvants ou les plus interpellant … : ainsi,  cet indépendant qui a fermé son entreprise pour soigner sa femme atteinte d’Alzheimer qui ne  communique que par les yeux … de même, cette catéchiste qui a deux enfants, divorcée civilement et remariée avec un nouvel époux et reste très active dans l’équipe paroissiale qui l’apprécie … et cette jeune femme de vingt ans active dans les œuvres pastorales qui a un ami croyant qui ne se sent pas chez lui dans l’Église ... elle participe seule à l’eucharistie mais elle aime son compagnon et veut partager son existence avec lui … et ces parents d’un couple homosexuel qui accueillent ceux-ci comme les autres enfants : aussi ont ils du mal avec le point de vue de l’Église … et aussi la détresse des étrangers en mal de leur famille, des pères ou des mères venus de pays pauvres lointains, pour sauver de la misère les leurs restés au pays …

- Conclusions du pape François : « Il est nécessaire d’aider à reconnaître que l’unique voie consiste dans le fait d’apprendre à rencontrer les autres en adoptant le comportement juste, en les appréciant et en les acceptant comme des compagnons de route , sans résistances intérieures.  Mieux encore, il s’agit à découvrir Jésus dans le visage des autres, dans leur voix, dans leurs demandes. C’est aussi apprendre à souffrir en embrassant Jésus crucifié quand nous subissons des agressions injustes ou des ingratitudes, sans jamais nous lasser de choisir la fraternité » …

-  Au chapitre 5, le prélat aborde le problème délicat des « situations régulières et irrégulière »  en remarquant que la distinction qui doit être faite entre les deux repose sur des motifs de théologie morale et entraîne des conséquences en droit canon, entre autres dans le domaine des sacrements, tout en signalant qu’il n’entre pas dans ses intentions de nier la légitimité de cette distinction … Il fait remarquer qu’il faut être très prudent en utilisant cette distinction entre « régulier et irrégulier » … La réalité est souvent plus complexe que peuvent recouvrir  deux concepts opposés : bien ou mal, vrai ou faux, juste ou injuste … Cette manière bipolaire de penser fait rarement droit à tous le récit de la vie des gens et à la situation dans laquelle ils se trouvent. ...

- De nombreux exemples interpelant documentent ce constat … Il termine en signalant que ce sacrement est le moins évident et qu’il a fallut des siècles jusqu’au douzième, avant que le mariage soit définitivement repris dans la liste des sept sacrements … La question de savoir à partir de quand le mariage doit-il être considéré comme indissoluble fut longtemps l’objet de discussion … et que dans la tradition latine de l’Église catholique, ce n’est pas le prêtre qui est le ministre du mariage, mais ce sont les mariés eux-mêmes qui s’administrent ce sacrement

- L’Évêque d’Anvers relève aussi qu’il faut tenir compte de l’incidence de nombreuses évidences qui interpellent ou sont matières à réflexion : - ainsi le mariage des prêtres dans la tradition orientale en contradiction avec  le célibat obligatoire occidental – Depuis la Révolution française, mariage et divorce ont été institués, créant un nouveau contexte légal – de même que la reconnaissance légale du mariage entre personnes du même sexe – le problème de la surpopulation et du contrôle des naissances – celui de la propagation du virus  HIV  - de l'allongement de la vie et de la fidélité – de la maturité des jeunes filles mineures ...

- Le chapitre 6 aborde la problématique des divorcés remariés et leur exclusion de  la communion eucharistique … à ce sujet, il avance plusieurs réflexions :

- la première réflexion concerne le lien étroit  de la doctrine de l’Église entre le sacrement de mariage et celui de l’eucharistie … L’eucharistie étant la façon concrète de réaliser l’alliance de Dieu avec l’homme, tandis que le mariage établit l’alliance entre deux créatures qui peut être rompu …  Il s’agit donc de dimensions qui ne sont pas comparables …

- La deuxième réflexion porte sur la participation à l’eucharistie … Selon la doctrine et la discipline actuelles, des divorcés remariés ne peuvent pas recevoir la communion parce que leur nouvelle relation par suite du mariage brisé n’est plus « signe » du lien interrompu entre le Christ et l’Église, cependant les divorcés remariés ont également besoin de l’eucharistie pour croitre en l'alliance avec le Christ et la communauté d’Église …

- La  troisième réflexion porte sur la question de savoir si l’exclusion de l'eucharistie des divorcés remariés répond réellement à l’intention de Jésus … Il y a dans l’Évangile tant de paroles et de gestes de Jésus dont l’Église prétend, depuis l’époque des pères de l’Église, qu’ils ont  aussi une signification eucharistique … A ce propos, Mgr Bonny  rappelle la variété significative de ceux qui partagent un repas avec Jésus depuis les publicains et les pécheurs ... où interpellé, Jésus, répond qu’il n’est pas venu pour appeler les justes à la conversion mais bien pour les pécheurs … que le pain à manger est pour ceux qui viennent à lui, même de loin … qu’il faut inviter avant tout les estropiés, les boiteux et les aveugles … A son dernier repas il lave les pieds de ses disciples et leur dit de suivre son exemple …

- Il n’est pas rare que des prêtres et des animateurs pastoraux  soient confrontés à des situations irrégulières  pour lesquelles un jugement prudent est nécessaire … Quant aux enfants et le sacrement de confirmation dont la plupart sont ceux d‘un deuxième mariage ou d’une famille recomposée, le prélat fait remarquer que la confirmation rassemble la famille et a une signification forte pour le lien  religieux entre les générations … Nombreux sont ceux qui s’approchent de l’eucharistie sans en remplir les conditions de validité en raison de leur situation irrégulière de mariage, comme les divorcés remariés, ... pourtant cette action a une large signification de  resserrement des liens que la communauté chrétienne doit établir avec ceux qui se sont exclus de l’Église …

- Le chapitre sept traite de l’annonce de l’Évangile en rappelant que le Synode a reçu l’intitulé complexe de : « Les Défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation » … en soulignant que tous les domaines pastoraux sont reliés entre eux et que dans chaque domaine surgissent des questions plus vastes que celui du mariage et de la famille … qui doivent forcer l’Église à sortir de son traditionnel modèle défensif et antithèse …

- L’Église doit s’ouvrir, comme Jésus le faisait,, aux gens de toutes sortes qui qu’ils soient : il entrait en dialogue avec des partenaires inattendus et se laissait inviter à la table avec des hôte à la réputation suspecte … et, à ce propos, l'évêque cite une fois de plus le pape François : « Toute la vie de Jésus, sa manière d’agir avec les pauvres, ses gestes, sa cohérence, sa générosité quotidienne, et simples, et finalement  son dévouement total, tout est précieux et parle à notre propre vie (…) Séduits par ce modèle, nous voulons nous intégrer profondément dans la société, partager la vie de tous et écouter leurs inquiétudes, collaborer matériellement et spirituellement avec eux dans leurs nécessités, nous réjouir avec ceux qui sont joyeux, pleurer avec ceux qui pleurent et nous engager pour la construction d’un monde nouveau, coude à coude avec les autres.  Toutefois, non pas comme une obligation, comme un poids  qui  nous épuise, mais comme un choix personnel qui nous remplit de joie et nous donne une identité »

- Le dernier chapitre avant la conclusion, traite du « Synode comme un défi » et s’attache à développer trois lignes de défis que  le synode pourrait avancer :

- La première ligne concerne notre niveau de vie confortable et notre échelle de valeurs d’occidentaux ...  Qu’est-ce qui rend l’homme heureux ?... Notre société moderne nous offre ce qui pourrait devenir le moteur de notre sentiment de bonheur qui a des ratés … Nous sacrifions notre bonheur à la productivité : compter et exceller … alors qu’un part essentielle doit être réservée à la famille, à son partenaire, à ses enfants et petits-enfants … Les soins particuliers que les membres de la famille se rendent, surtout dans les jours difficiles, peuvent être facteur de grandeur humaine et source de paix intérieure …

- La deuxième ligne est celle de la communauté d’Église qui croit en la valeur du mariage, fondé sur un lien pour la vie … L’Église voit le mariage et la famille  comme un des principaux lieux où vivre l’alliance fidèle et miséricordieuse de Dieu avec ce monde … Il est difficile d’accomplir ce cheminement avec ses propres forces, on a besoin des autres pour ensemble réaliser un projet de vie … et sur ce point l’Église manque certainement sa cible … Les communautés paroissiales ne sont plus souvent à même d’animer  et d’accompagner convenablement les (jeunes) familles …

- La troisième ligne est celle de la « société et de l’autorité civile » … Les gouvernements préfèrent  s’occuper des citoyens individuels et de leurs aspirations … Les engagements de groupes et les mouvements ou la réussite d’une famille n’est pas leur premier souci … L’évêque d’Anvers alors reprend le texte avancé par «  l’intrumentum laboris », qui est un outil de travail du synode qui avance la famille comme sujet social :  - « Les familles ne sont pas seulement  des objets de protection de la part de l’État, mais ils doivent retrouver leur rôle comme « sujets sociaux »  Bien des défis apparaissent dans ce contexte pour les familles : le rapport entre la famille et le monde du travail, entre la famille et l’éducation, entre la famille et la santé ; la capacité d’unir entre elles les générations, de sorte que les jeunes et les personnes âgées ne soient pas abandonnés ; le développement d’un droit de famille qui tienne compte de ses relations spécifiques ; la promotion  de lois justes, comme celles qui garantissent la défense de la vie humaine dès sa conception et celles qui favorisent la bonté sociale du mariage authentique entre l’homme et la femme » ...

- En conclusion, Mgr Johan Bonny dit avoir découvert la complexité de beaucoup de questions et de défis, tant au plan théologique que pastoral et constate que ce programme est bien trop large pour ne faire l’objet que d’un et même deux synodes … Plutôt que de déposer rapidement quelques conclusions pratiques, il vaudrait mieux que le plus de personnes se sentent partie prenante : des évêques, des théologiens, des canonistes, des pasteurs, des scientifiques et des hommes ou femmes politiques, et surtout  les gens mariés et les familles dont il s’agit.

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Je me suis permis de rédiger ce long « résumé » du travail de Mgr Bonny pour souligner le défaut d’actualisation de l’Église catholique romaine trop engoncée dans ses traditions, héritées d’un passé paralysé par sa dogmatique … Il est à souhaiter que des hommes clairvoyants et de terrain comme ce prélat se fassent entendre en nombre et en qualité, sous la haute autorité du pape François qui devrait les appuyer et les soutenir pour le plus grand bien de leur institution …

On pourra s’étonner que l'agnostique convaincu que je suis donne une telle audience à une institution qu’il a abandonnée, mais rappellera que son action de soutien des théories du professeur de Duve n’étant pas prise en compte par les politiques, en raison de leur intérêt électoral immédiat, il s’est accroché au seul espoir d’être entendu par un homme courageux et clairvoyant, tel le pape François, pour le sensibiliser au destin de l’humanité compromis par sa surpopulation, inévitable dans des délais court, et qu’il sera  vraisemblablement nécessaire d’éliminer les moins protégés de notre planète par tous les moyens guerriers ou autres disponibles …

Comme l’a préconisé le célèbre prix Nobel, il faut que l’humanité s’organise pour gérer sa prolifération … Seule une modification de notre instinct d’éliminer les plus faibles, remplacée par une action de solidarité active permettra de dominer notre surpopulation … Comme l’avoue le professeur émérite, il s’agit là d’une modification difficile d’un instinct atavique que seule peut permettre un remède, difficile et long à réaliser, appliqué en profondeur à la base de la société et de la famille …

Ce sera aux éducateurs et aux parents de s’attacher à entreprendre cette action d’éducation à la fraternité pour sauver leur descendance d’un destin catastrophique …

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Notre Terre, si accueillante,

  Saturée  par les humains,

 N’aura de destinée brillante

 Que si on gère son lendemain.

 

 Transformons les hommes égoïstes

 En gais compagnons solidaires

 Qui couvriront la terre  entière

 De leurs actions altruistes.

 

 Le monde, alors, sera si beau

 Que le loup deviendra agneau,

 Que la bise deviendra douce

 Et la joie rira aux frimousses.

 

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24/09/2010

Ch. 28 e - Jean-Paul II, controversé.

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Ch. 28 e - Jean-Paul II, controversé.

 

{12} Pendant que j'écrivais les lignes qui vont suivre, le hasard avait voulu que Jean-Paul II s'éteigne au Vatican, le 3 mars 2005,  après un pontificat d'un peu plus de vingt-six années.

 

Pendant les trois jours que durèrent sa fin de vie, je n'ai pas manqué de suivre attentivement les émissions télévisées que nous fournissaient abondamment les nombreuses chaînes qui rivalisaient de moyens pour bien nous pénétrer de l'événement.

 

Comme tout le monde j'ai appris beaucoup de choses sur lui et sur la part morale de son action pour un monde plus humain et plus solidaire.  Les commentateurs ont été jusqu'à prétendre qu'il avait été un acteur prépondérant dans la chute du communisme.

 

Une sorte d'engouement général s'est installé partout et surtout dans les médias qui, entraînés par l'indécence calculée de l'entourage papal brandissant, en se camouflant à peine sous une fenêtre du Vatican, un moribond sublime de courage, se sont trouvés finalement « plus catholiques que le pape » pour le glorifier et le « sanctifier » avant l'heure.

 

Cette déraison dans l'excessif fut stigmatisée à la surprise de tous lors d'un débat télévisé d'une chaîne belge qui réunissait les grands représentants des religions occidentales actuelles mais aussi un des ténors de la laïcité.

 

Le début de l'émission fut dithyrambique à souhait dans une unanimité qui remplissait d'aise les délégués du monde catholique, jusqu'à ce que la parole fut donnée à celui qui défendait l'action laïque.

 

Il remit les pendules à l'heure, comme on dit maintenant, en stigmatisant les prises de position « inhumaines » et archaïques de celui qui avait  condamné obstinément les moyens de contraception les plus élémentaires comme la pilule et le préservatif qui auraient pourtant évité au monde tant et tant de souffrance et de misère.

 

Peut-être trop radical et dur, à contre-courant d'une retenue que justifiait la proximité de l'événement, il condamna avec véhémence toute l'action du défunt en stigmatisant une vision trop rétrograde sur tous les plans.

 

Cette prise de position acerbe glaça tous les participants, représentants des  religions occidentales qui, entraînés par les médias en pleine folie du « béni-oui-oui » général, n'avaient cessé jusqu'à ce moment de glorifier le pape disparu.

 

Au silence stupéfait de chacun, succéda un retour en arrière général (back-track selon le vocabulaire anglicisé de mode) à commencer par le journaliste de la «Libre Belgique », quotidien censé représenter la pensée chrétienne qui, afin de ménager les lecteurs non croyants ou non papistes de son journal, s'empressa de préciser que, dans une édition spéciale de l'événement, une large part serait donnée aux positions défendues par les adversaires du disparu.

 

Il est incontestable que le personnage, aussi auguste soit-il, est déconcertant, tant sa démarche et ses prises de positions sont contradictoires. Si on analyse son histoire on ne peut que s'étonner de voir des actions aussi « rétrogrades » et peu sérieuses que le culte des « apparitions de la Vierge » avoisiner des avancées fondamentales intelligentes en matière de philosophie chrétienne et de comportement moral.

 

On ne peut également qu'être bouleversé et admiratif devant cette démarche, aussi surprenante par son humilité et son souci de justice, qui lui fit demander pardon à la communauté juive au nom de tous les chrétiens pour les crimes du passé et qu'il écrivit sur un bout de papier pour le glisser humblement dans une fente du Mur des Lamentations.

 

L'image de ce vieil homme, au dos rond et la main tremblante, au visage grave du repentir pour les siens et à la marche hésitante car il avait confié sa canne d'infirme à un suivant,  me hantera toujours.

 

Pourtant cette vision forte dans sa symbolique se superposera automatiquement à une autre, terrible jusqu'à l'angoisse, en réflexe incontrôlé de mon subconscient, d'un Jean-Paul II, intransigeant et dur du haut de sa forte taille, condamnant sans pitié ce poignant prêtre-ouvrier, élu député marxiste d'Amérique latine, adepte de la théologie de la libération, à genoux,  effondré et minable, les bras tendus, implorant la compréhension d'un pape inflexible, d'une dureté surprenante de la part de celui qui pouvait pourtant comprendre, tolérer et se pencher avec bonhomie et douceur sur ceux qui le contestaient, comme il le fit pourtant avec cette jeune déléguée belge qui avait critiqué ses prises de position sévères en matière de sacerdoce des femmes et de contraception.


Ambiguïté aussi de nombreuses actions, telles ses multiples compromissions avec ce communisme qu'il abhorrait (voyage officiel en 1998 dans la Cuba de Fidel Castro...)  ou en 1987 au Chili avec une dictature aussi répugnante que celle de Pinochet, ou encore avec des régimes aussi controversés et antisociaux de la plupart des pays de l'Amérique du Sud : tels la Colombie (1986), le Brésil (1981-82-91-97), le Paraguay,  l'Uruguay, la Bolivie (1988), l'Argentine (1982-87) et en 1983 et 1996, au Salvador et au Nicaragua, lors de ses déplacements en Amérique centrale.

 

A contre-courant d'un mouvement né de Vatican II, qui avait donné plus d'autonomie aux clergés locaux, ce pape polonais, anticommuniste invétéré, fustigea, combattit avec la plus persévérante énergie tous ces mouvements gauchisants, justifiés pourtant par l'extrême misère, la profonde injustice et l'inégalité sociale qui écrasaient ces régions.

 

Inflexible et patient, il réforma ou affaiblit des institutions péniblement et dangereusement mises en place par des Don Helder Camara (Brésil), des Silva Henriquez (Chili), des Arnulfo Roméro  (Salvador) et autres Ernesto Cardenal (Nicaragua).

 

Que conclure de tout cela   ?

 

{13} Dans ma grande incompétence à porter un jugement valable, je ne peux que laisser la parole à l'abbé Gabriel Ringlet, ancien pro-recteur et professeur à l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve qui a si bien nuancé les résultats de l'action du pape lors d'une interview qu'il accorda au journal « La Libre Belgique »  :

 

« Les jeunes : oui, il les a galvanisés ; mais sauf exception, quand ils rejoignent leur quotidien, ils n'appliquent rien de ses discours.»

 

« Sa dénonciation de toute une série d'injustices : oui, il a été très net ; mais quand des chrétiens d'Amérique latine veulent mettre cela en pratique à travers une théologie originale qui emprunte bien sûr des éléments au marxisme tout en restant très proche d'une lecture exigeante de l'Evangile, le Pape ne suit plus. »

 

« Les femmes : il a écrit des pages admirables sur leur dignité, mais pas au point de leur conférer de vraies responsabilités dans son église. »

 

Plus loin, j'ai relevé les passages intéressants suivants :

 

« Les vrais savants de l'Académie Pontificale des Sciences se sont retirés sur la pointe des pieds tant on leur a mis dans l'oreille ce qu'ils devaient penser.  Il y a une fuite des cerveaux dans l'Eglise ! »

 

A la question qui lui était posée sur le nouveau pape souhaité, le pro-recteur de notre « Alma Mater » répondit :

 

« Un pape qui serait plus évoquant que confessant.  Il y a un temps pour confesser sa foi, entre croyants.   Quand on se trouve dans l'espace public, par définition pluraliste, évoquer sa foi, c'est trouver une tonalité juste qui fait qu'on en dit assez mais qu'on n'en dit pas de trop...un pape plus allusif, marquerait fortement l'opinion.... Un pape à la parole désintéressée.  Un pape qui dise : « venez et voyez, soyez libres d'entrer et de sortir »  Un pape qui ose le débat, qui n'a pas peur de ce qui peut en surgir »

 

Le brillant penseur terminera par ces conclusions sur la capacité de débat de l'Église :

 

« Il est urgentissime d'y retrouver une activité de débat digne de ce nom.  Je citerai trois autres exigences et urgences : réinvestir dans la création littéraire et artistique ;  repenser la relation au temps, car les temporalités entre nos contemporains et l'Église ne se rencontrent plus ;  et évidemment modifier le mode de gouvernement de l'Église : davantage d'autonomies locales et de collégialité, un pontificat qui ne soit plus à vie, et...de l'imagination  -  ainsi, pourquoi pas une femme cardinale, puisque rien ne doit lier gouvernance et sacerdoce ? »

 

{14} Cette petite « perche tendue » à ceux qui prônent une justice des sexes me permet de « rompre une lance » en faveur d'une féminisation de l'Eglise commencée par les églises réformées mais repoussée avec véhémence par les autres religions.

 

En cette période de crise des vocations,  en ouvrant aux femmes les portes du sacerdoce et de son hiérarchie ecclésiale, un sang neuf de grande qualité par sa disponibilité, son sens maternel de l'abnégation, sa modestie et son dynamisme pourrait revitaliser une Église qui se meurt.

 

De plus, en offrant aux femmes la possibilité d'être la compagne d'un prêtre, on donnerait à de nombreux couples une raison de sublimer leur union dans une optique altruiste.

 

{15} D'autre part on ne peut qu'approuver ceux qui critiquent la politique africaine du pontife disparu en matière de lutte contre le sida qui ronge impitoyablement des populations incultes sans défense contre un ennemi sournois que seule, à ce jour, une protection par préservatif peut combattre mais que le pape n'a pas hésité à proscrire avec une rare et incompréhensible violence comme il s'élèvera contre toute action de libération sexuelle des couples en condamnant la programmation chimique de l'ovulation au moyen de la  « pilule ».

 

Sa responsabilité est grande dans la souffrance et la déchéance d'une humanité misérable non seulement noire que son intransigeance dessert et abandonne en freinant l'action de ceux qui militent en faveur de la liberté de la sexualité et du couple.

 

Qu'on le veuille ou non, l'Église reste celle de Rome, des blancs de l'occident et des civilisations européennes émigrées aux Amériques et en Australie.  Ailleurs l'Église y est plus symbolique que présente si ce n'est aux Philippines. Quant à l'Église des africains noirs, elle est l'œuvre des missionnaires qui leur ont imposé une philosophie occidentale de blancs.

 

C'est donc dire combien un pape de tradition chrétienne polonaise, résistant de la première heure au communisme athée, intellectuel mystique en situation de combat quand il était sur place, n'a pas pu ou n'a pas voulu adapter sa vision supérieure intransigeante de la morale à celle essentiellement primaire de populations à peine sorties d'une existence quotidienne axée sur la survie.

 

Comment faire comprendre à des gens que décime le sida que seule la continence peut les sauver d'une mort certaine, alors qu'ils violent tous leurs femmes qui subissent l'accouplement comme du bétail.

 

Aussi, on ne peut que rejoindre ses adversaires quand ils disent que Jean-Paul II a failli à son devoir de premier moraliste du monde en n'adaptant pas son enseignement aux réalités dramatiques de la conséquence des maux qui accablent l'humanité actuelle.

 

Lui qui s'est révélé homme de compromis, de dialogue, d'ouverture à toutes les idéologies, n'a pas aligné son message au domaine sexuel, vraisemblablement par pudibonderie sacerdotale atavique de célibataire remontant peut-être à certaines sources du décalogue qui limitent cette fonction à sa finalité reproductrice en dehors de la jouissance.

 

{16} Certains hommes de terrain comme le très vieux chanoine de Locht, que nous avons beaucoup suivi et admiré, il y a près de trente ans,  n'a pas hésité à avouer en pleine émission télévisée son incompétence de célibataire quand ses ouailles venaient lui parler de problèmes parentaux pour lesquels il estimait ne pas avoir la qualité de répondre par loyauté de pensée en raison de son inexpérience personnelle.

 

Que dire alors de la compétence des théologiens moralistes ayant fait vœu de chasteté quand ils doivent débattre des problèmes sexuels qui leur sont soumis.

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