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09/11/2010

Ch. 29.4a - Les Grands Initiés.

 

 

Symphonie de l'Harmonieux - Mélodie de l'existence

-

Carnet de notes de cinquante années de réflexions sur

la motivation d'exister et la valeur de nos croyances

-

Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l'appel de s'(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de  « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l'appel que j'ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l'obscurité que maudire l'obscurité » disait Confucius, aussi appelons l'action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d'une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d'Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d'un octogénaire provenant

d'un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s'écouler à

s'interroger sur les motivations d'exister

et la valeur des croyances.

Il s'avoue agnostique par loyauté de pensée

avec l'athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l'obtenir immédiatement

 

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Ch. 29.4 - Les Grands Initiés.

 

Monsieur Toulemonde « penseur en formation » poursuit son étude en abordant  le sujet bien délicat et tant controversé d'un élément « fondamental » à la motivation d'exister : Avons-nous une raison supérieure d'exister ?  Faut-il trouver un sens à notre existence ?

Sommes-nous autre chose qu'une cellule évoluée ?

Il est indispensable dans le contexte du milieu occidental chrétien dans lequel nous évoluons d'écouter en premier lieu :

 

LA VOIX DES GRANDS INITIES


Ils étaient grands, ils étaient forts,

Les femelles offraient leur corps.

Ils étaient les maîtres du feu,

Ils éloignaient le fauve hargneux.


 

Ils étaient chefs, ils étaient beaux,

Les femelles autour en flambeaux

Les autres à leurs pieds les craignaient,

Et couchés, ces autres attendaient.


 

Ils étaient guides, ils étaient science

Les autres en foule les suivaient

Ils apportaient la connaissance

Les autres en masse les vénéraient.


 

Ils leur ont donné Dieu

Pour supporter leurs souffrances

Ils leur ont donné Dieu

Pour combler leurs espérances

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Les plus grands savants, les plus grands penseurs croient en un être supérieur et reculent devant toute autre théorie dans laquelle l'intelligence ne serait pas fondamentale à l'action d'un « Créateur ».

 

Notre univers est-il référentiel ?  C'est-à-dire que c'est par rapport à des données connues et révélées, « des références », que nous construisons notre réel et que nous espérons un  futur après la mort ...  Par tradition religieuse,  je m'interroge,... et je cherche un semblant de réponse...

 

Pour la plupart, ce serait par rapport à des références qui nous sont, ou nous ont été édictées et transmises par les croyances que nous concevons et structurons l'espace dans lequel nous évoluons

 

Pour les théologiens, toutes nos connaissances seraient relatives à ces références révélées qui seraient une manière d'appréhender l'ensemble des connaissances universelles à peine effleurées par nous, les humains, tellement elles sont vastes et insondables.

 

Les croyants des principales religions prétendent que ces connaissances seraient transmises par des « initiés » qui seraient doués de capacités de perception particulières : ce sont ceux qu'on nommer Grands Initiés, c'est-à-dire : Bouddha, Jésus, Mahomet, Confucius, Lao-Tseu, Moïse, etc. ...

 

Cette théorie pourrait faire la part belle aux créations artistiques, littéraires et musicales, ainsi qu'aux écrits révélés qu'ils soient bibliques, coraniques, bouddhiques ou autres qui feraient partie du savoir suprême que des « Initiés » pourraient percevoir et transmettre.

 

Dans cette hypothèse, nous devrions admettre avec beaucoup d'humilité que notre monde intelligent n'est qu'une infime partie de ce tout de la connaissance, essentiellement structurée statique, éternelle et infinie en partie révélée par les « Grands Initiés »

 

L'être supérieur existerait en tant que celui qu'on a appelé Dieu, au-dessus de tout, maître de tout.  Il existerait en tant qu'infini dans lequel nous trouvons une place évolutive, dépendant  de l'espace-temps,... Ce Dieu nous attendrait dans un autre espace qui nous serait réservé après notre mort physique, dans lequel nous serait accordé le bonheur suprême que nous recherchons...

 

Cet autre espace n'aurait ni passé, ni présent, ni futur.  Il serait hors du temps.... Nous occuperions totalement cet espace ... Nous rejoindrions  Dieu dans la « béatitude de son éternité « statique ».


Toute autre hypothèse dans laquelle l'être supérieur aurait une existence propre est difficile à concevoir, car elle impliquerait une condition d'existence pareille à la nôtre qui lui permettrait d'intervenir dans notre destinée, comme  « Notre Père », « Notre Frère » ... (pour les chrétiens) ou juge suprême et permanent de nos actes pendant notre vie terrestre ... conditionnant notre vie future dans l'au-delà ... (pour tous les croyants du Livre)

 

Toutes les religions professent que c'est l'être supérieur qui est à l'origine de l'espace-temps.  Dans la genèse des croyants « du Livre », l'Être suprême ( Dieu, Jéhovah ou Allah) n'a pas de début ni de fin, il est « éternel » : il existe dans son temps éternel et occupe tout l'espace. (Dieu est partout disait-on dans mon enfance.)

 

Dieu n'a pas besoin des hommes, puisqu'IL EST TOUT ... Pourquoi l'aurait-t-Il créé dans sa complexité d'animal évolué intelligent, mais si peu responsable de son milieu, de sa destinée, de son temps... de ses capacités intellectuelles ... ?

 

D'autre part,  si Dieu est la plénitude totale, que vient faire l'homme dans cet état ? Comment justifier que « Dieu a besoin des hommes » ? Théoriquement la situation de Dieu ne nécessite rien, pas plus l'homme et son intelligence, puisque Dieu est total et surtout qu' « Il » n'a pas à être accompli : c'est un raisonnement de « créature » qui suppose que le « créateur » a besoin de Lui.

 

C'est la pensée, le raisonnement, étayés par la connaissance qui donnent un sens à notre monde, mais jusqu'à preuve du contraire à notre monde terrestre seul. Nos religions nous poussent à croire que nous sommes le centre de l'univers et qu'il n'existe que pour nous : c'est ce qu'on appelle de l'anthropocentrisme.

 

D'autre part, dans ma tentative de recherche de ma raison d'exister, je me pose aussi la question de savoir le pourquoi de ce qui est.  « Être ou ne pas être, là est la question » disait Hamlet, un crâne dans les mains.  Nous pourrions compléter et préciser : être un être intelligent inspiré ou non, là est la question !

 

C'est ce qui me pousse, à ce stade de mon cheminement dans l'inexplicable, à vouloir dépasser cet entendement.  Je voudrais transcender la matière qui m'a organisé et qui m'a fait, en me munissant d'un cerveau qui raisonne, qui pense, qui déduit, qui cherche, qui veut comprendre....  J'aimerais croire à cette « pensée », et la trouver hors de cette matière faite d'énergie qui a fabriqué mon intelligence.

 

J'aimerais m'échapper de cette prison de "l'espace-temps" pour trouver « l'Esprit » s'Il existe et entrer en relation avec lui.  Mais je sais que c'est impossible même si les grands croyants prétendent le faire : ils restent prisonniers de leur condition humaine et d'un cerveau qui fonctionne avec les seules références qui proviennent des croyances de leur milieu.

 

Si je me mets à raisonner, à penser, il m'est difficile de le faire d'une manière autre que dans un contexte de durée... Si je construis un raisonnement, il devra débuter et ensuite se poursuivre dans un contexte de temps. De même les hypothèses ne pourront être bâties que dans un contexte de situation dans l'espace.  Si nous définissons  le temps, nous ne pouvons le construire que dans l'espace.

 

Et on ne peut que les associer en «espace-temps » avec un début.  Aussi petit soit-il, l'espace a débuté et avec lui le temps. Si l'espace a débuté, il a créé un mouvement de durée, c'est-à-dire de temps.  L'espace et le temps sont progressifs : ils débutent et en principe finissent.

 

Mais alors, éternelle question : qu'y avait-il avant ?  La seule réponse  valable : rien !  Notre entendement humain devra se rendre à l'évidence.   Rien ou le néant absolu n'existe pas, si ce n'est dans notre vocabulaire....


Nous devrons dès lors admettre que quelque chose d'inexprimable existe qui occupe tout l'espace et tout le temps, que nous devons accepter sans comprendre parce qu'il ne répond à aucune de nos lois.  C'est vraisemblablement par anthropomorphisme que nous en avons fait un Dieu ou des dieux, soumis à certaines de nos lois spatio-temporelles.

 

Bien qu'une hypothèse soit permise que j'ai déjà évoquée plus haut : celle d'un univers total de connaissance totale, absolument statique. Ce serait, en quelque sorte, le Dieu de la genèse. Mais alors le temps n'existerait pas et ne pourrait exister sauf si Dieu le créait. Pourquoi le créerait-il s'Il est l'univers total de la connaissance totale et infinie ?

 

Pourquoi  « inventer » l'homme dans le temps et sa misérable intelligence ?   Pourquoi lui imposer un parcours qui dépend de sa « chance » et si peu de son mérite et de ses responsabilités ?  Pour de toute façon se retrouver dans cet espace total, cet absolu de tout que seul notre cerveau de mammifère intelligent a imaginé avec son mécanisme de pensée.

 

Dans ce cul-de-sac de mes pensées, je me suis retranché derrière la seule théorie que ma logique voulait bien admettre : L'univers (ou l'univers-total) obéit à une seule loi qui est d'ailleurs celle de tous ses composants bien définie par Einstein  (E=mc²).  L'univers c'est avant tout de l'énergie en perpétuel mouvement sans origine et sans fin.


Dans le papier suivant, je me permettrai d'aller plus loin au cœur du problème en « évoquant » le « fondamental » tout en abordant certaines théories que le penseur qui s'interroge, s'est autorisé à investiguer pour y voir plus clair ... J'effleurerai des théories qui évoquent de nouvelles dimensions : les super-cordes, les branes, le théorie M...

 

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05/10/2010

Ch. 28 h - Hommage à mes maîtres à penser et à la vie.

 

Récit détaillé d'un long cheminement de recherche

d'une vérité sur la motivation d'exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l'appel de s'(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de  « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l'appel que j'ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l'obscurité que maudire l'obscurité » disait Confucius, aussi appelons l'action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d'une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d'Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d'un octogénaire provenant

d'un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s'écouler à

s'interroger sur les motivations d'exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s'étonne pas d'un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu'il ne demande à personne de partager : il s'avoue agnostique par loyauté de pensée avec l'athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

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Ch. 28 h - Hommage à mes maîtres à penser et à la vie.

 

{20} Je souhaite conclure mon travail en me référant à ceux qui sont devenus mes maîtres à penser et vers lesquels j'élève modestement des yeux admiratifs pour ce qu'ils représentent et ce qu'ils sont.

 

Le professeur Christian de Duve, d'abord pour son bouquin, « A l'écoute du vivant », testament intellectuel d'un savant penseur philosophe, d'une rigueur scientifique et d'une profondeur remarquable qui a décrypté l'être vivant tout en portant le jugement le plus équilibré qui soit sur la foi chrétienne, fondement de notre culture occidentale.

 

Son propos éclairé m'accompagne au chevet et m'incite à la réflexion profonde pendant des nuits d'insomnie, cependant merveilleuses, où je me perds agréablement dans la complexité si bien agencée de notre entité intelligente.

 

J'y retrouve les interrogations primaires de ma jeunesse à laquelle ce cerveau éclairé apporte des réponses tellement rigoureuses parce qu'appuyées d'arguments provenant des sources les plus sérieuses et  les plus variées de la connaissance actuelle.

 

Son dernier livre « Singularité » est un ouvrage destiné à un public de savants très avertis que j'ai suivi avec grandes difficultés et dont j'ai tiré ce passage significatif :

 

« Nous ne serons jamais capables de fouiller plus qu'une fraction infinitésimale de l'Univers pour y chercher des signes de vie et de pensée, ou même de simple habitabilité..... »

 

« Si la recherche devait s'avérer infructueuse, comme cela paraît fort vraisemblable, cet échec n'offrirait en rien la preuve de la singularité de la vie et de la pensée, ni même de leur rareté. Il nous sera toujours loisible, en contemplant les cieux, de rêver d'autres mondes. »

 

Paul Damblon aussi, lui qui se qualifie prudemment « d'agnostique avec hypothèse de travail athée ».   Grand musicien, érudit vulgarisateur scientifique qui a le don de bien nous faire comprendre, malgré leur complexité,  des domain es aussi inextricables et aussi interpellant que ceux de l'infiniment petit ou de l'infiniment grand.

 

Nous l'avons découvert, mon épouse et moi, très tôt dans notre incertitude métaphysique et notre quête de vérité religieuse et nous suivions avec enthousiasme les émissions télévisées de vulgarisation scientifique qu'il avait le talent d'exposer avec rigueur et clarté.

 

Dès qu'il parut, il y a quelques années, nous n'avons pas manqué de nous plonger dans son livre « Au bonheur de vivre - Libres propos d'un mécréant ».

 

Sortant du même moule que lui, j'y ai retrouvé la description d'un milieu de petite bourgeoisie chrétienne de Wallonie,  tellement proche du mien dans les détails de sa vie d'enfant et d'adolescent.

 

Dans cet entourage, sa jeunesse comme la mienne a été gavée des nombreuses et incroyables « sottises » dont nos éducateurs et familles (surtout les mères) nous bourraient sans se préoccuper de leur (in)vraisemblance.

 

Ce fut à vingt ans, comme la plupart de nos contemporains de l'époque qui avaient pris la peine de s'interroger sur l'enseignement qu'on leur imposait, que l'invraisemblance et l'irrationnel de ce qui lui avait été enseigné lui apparut comme un coup de poing dans l'œil.

 

S'en gaussant avec talent, il ne manque pas de relever toutes ces incroyables « billevesées, sornettes ou autres balivernes » que nos éducateurs n'ont pas manqué de nous asséner à coup de catéchisme et cours de religion.

 

Il faut reconnaître avec objectivité que le clergé actuel est devenu très prudent et circonspect dans son langage et qu'il évite certains discours théologiques relatifs aux dogmes. Prudemment il s'en tient surtout à ce qui ne l'engage que très peu, c'est-à-dire l'amour de Dieu, de Jésus son fils et de Marie sa mère pour nous, et réciproquement bien entendu. Il est évident qu'actuellement, ce discours inoffensif est certainement le meilleur qui soit et faute de mieux, il est important de l'encourager et l'accepter pour ceux qui en ont besoin et qui y croient.

 

Dans le triptyque de mes maîtres à penser, je tiens aussi à installer Jean d'Ormesson de l'Académie française. En bonne place à portée de main lui aussi, son livre : « Presque rien sur presque tout »  est aux aguets de mes nuits pensives.  Son discours est au diapason de mes états d'âme poétiques.

 

Avec un talent qui vous met à genou, il écrit ce qu'il nomme le roman du Tout en précisant bien modestement que tout ce qu'il va s'aventurer audacieusement à écrire n'est presque rien.

 

Je ne peux m'empêcher de recopier intégralement le passage de son livre repris sur la dernière page de la couverture :

 

« Il y a un roman plus vaste que le roman des hommes : c'est le roman du tout.  Le tout d'abord, seul.  Première partie.  Formidable.  Formidable, mais inutile.  Explosion.  Galaxies.  Soupe primitive.  Diplodocus.  Puis des hommes dans le tout.  Deuxième partie.  Plus belle encore.  Et avec un semblant de signification.  Sentiments.  Passions.  Violons sur les toits, violons dans les cœurs.  Le ciel descend sur la Terre.  Cavalcades et coups d'Etats.  Trahison et grandeur.  Systèmes de l'univers.  Qui a écrit ce roman ?  Qui l'écrit ?  On ne sait pas.  Peut-être le tout lui-même ? Peut-être les hommes ?  Peut-être un Être suprême auquel, faute de mieux, nous donnons le nom de Dieu ? On dirait tantôt que nous sommes écrits d'avance dans le livre et tantôt que c'est nous, jour après jour, qui l'écrivons.  On ne sait pas.  Mais on peut essayer, vaille que vaille, de feuilleter ce chef-d'œuvre, cette grande Big Bang Story, qu'est le monde autour de nous. »

 

Je ne pouvais pas trouver meilleure finale à mes longues confidences sur un passé interrogateur qui m'a procuré toutes les joies de la découverte, mais aussi l'inconfort de l'incertitude et du doute.

 

°°°°°°°

 

{21} Il va de soi qu'il me faut conclure maintenant.

 

Je le ferai par ce que j'annoncerai comme étant la fantaisie du poète mais aussi sa sagesse du cœur.

 

Depuis quelques temps, comme un grappin dans les tripes, me restent accrochés ces quelques mots prononcés par le sage vieillard de Taizé, qu'une déséquilibrée a assassiné, le frère Roger, cet apôtre de l'œcuménisme et de l'unification des croyances, prononcés à la fin d'une célébration religieuse retransmise sur les écrans de T.V : « Rien n'est plus responsable que prier ».

 

Responsable c'est avoir conscience d'une règle de conduite (morale) de l'être humain résultant de son accès à l'intelligence qui le pousse et le force à agir ou à se comporter d'une certaine manière l'entraînant à poser les actions lui permettant de  s'y conformer.

 

Dans la décontraction sereine du crépuscule de ma vie, j'ai découvert le sublime de l'existence, idéalisé dans l'élévation de la pensée tournée vers la solidarité des humains en quête de ce qu'ils cherchent depuis que leur cerveau a pensé : le bonheur.

 

Aussi, à mon sens, cette responsabilité par la pensée priée, impose la création d'espaces personnels d'harmonie dans le sublime de l'esprit que chacun construira et partagera en fraternité solidaire de pensée entre ceux qui n'ont pas fait le choix « intellectuel » de croire et l'immensité des autres qui ont leur raison de le faire.

 

Prier, c'est surtout élever universellement et solidairement le meilleur de nous-mêmes vers le plus haut, en ajoutant comme Jean d'Ormesson : «qu'il existe ou n'existe pas ».

 

 

 

 

°°°°°

 

 

 

 

 

 

01/10/2010

Ch. 28 g - L'Au-delà et conclusions.

 

Récit détaillé d'un long cheminement de recherche

d'une vérité sur la motivation d'exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l'appel de s'(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de  « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l'appel que j'ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l'obscurité que maudire l'obscurité » disait Confucius, aussi appelons l'action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d'une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d'Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d'un octogénaire provenant

d'un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s'écouler à

s'interroger sur les motivations d'exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s'étonne pas d'un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu'il ne demande à personne de partager : il s'avoue agnostique par loyauté de pensée avec l'athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Ch. 28 g  -  L'Au-delà et conclusions

 

{16}Je voudrais conclure ce long travail de réflexions personnelles sur les motivations d'exister et la valeur de nos croyances en confiant, à ceux qui ont eu la curiosité de me suivre sans nécessairement partager ma conviction personnelle de nous trouver dans un monde mécanique sans finalité, que seule notre angoisse de la solitude face au néant de la mort justifie notre croyance en un au-delà.


Si je me suis étendu aussi longuement et aussi profondément, dans les deux chapitres précédents, sur des événements (la mort de Jean-Paul II et le drame de son successeur confronté à une des plus grandes crises de l'Église) qui ne devraient plus me concerner puisque ma position intellectuelle se situe dans l'agnosticisme, c'est que je tenais à préciser celle-ci.

 

Je rejoins le Professeur de Duve quand, dans son dernier livre, il pose les questions fondamentales pour l'être humain en s'interrogeant sur sa finalité (Qui sommes-nous ?  D'où venons-nous ?  Où allons-nous ? ) et qu'après avoir exposé ses connaissances étendues résultant d'une vie passée dans l'intimité des cellules, il conclut par l'interrogation « Et Dieu dans tous cela ? ».

 

Avec la plus grande prudence, le célèbre savant  avouera sa perplexité face à l'ampleur de la question ... il dénoncera le travers religieux de l'anthropomorphisme ... il dira : c'est l'homme qui a créé Dieu à son image ... Quant à sa position, il ne voudra pas démissionner d'une manière confortable en se réfugiant dans l'agnosticisme et refusera absolument de se définir comme athée ... A son avis, il faut « dépersonnaliser » Dieu, tout comme la nouvelle physique nous dit qu'il faut « dépersonnaliser » la matière.   Pour le professeur, il n'y a pas dans notre langage, pour désigner l'entité qui émergera ainsi, d'autre terme que celui d' «ultime réalité ». (Tiré de « A l'écoute du vivant » chapitre 18)

 

Quant à l'avenir des religions, il conclura :

 

Les religions ne doivent pas être abandonnées.  Elles doivent se débarrasser de leurs croyances mythiques, de leurs déclarations irrationnelles, de leurs enseignements obscurantistes, de leurs rituels magiques, de leurs prétentions abusives à une légitimité supérieure, de leur recours au chantage moral, sans compter parfois leurs appels à la violence.  Dépouillées de tous ces accessoires, mais en conservant intact le sens du sacré, elles doivent être soutenues et protégées afin de continuer à nous aider à contempler le mystère, respecter des préceptes éthiques, célébrer nos fêtes, partager nos joies et nos tristesses, supporter nos épreuves. (A l'écoute du vivant, page 361)

 

Dans son dernier ouvrage « Singularités, les chemins de la vie » le professeur de Duve, pose des questions essentielles : Qu'est-ce que la vie ?  Quelles en sont les caractéristiques et comment est-elle apparue ?  - (Tous les organismes vivants, animaux ou humains, descendent d'une cellule ancestrale unique. Tous utilisent le même langage et le même code génétique) Christian de Duve décrit dans ce livre les étapes de l'évolution qui fut une succession de hasards et de nécessités, de « singularités », dont il définit les différents types comme autant de balises, de jalons, qui ont tracé les chemins de la vie. (Texte de la dernière page de garde du livre)

 

La croyance en des forces supérieures à la base de notre existence aboutissant à la religiosité vient du sentiment que notre mécanique intelligente n'est pas le fait du hasard parce que sa finalité supérieure se situe au delà de notre vie terrestre.  Pour la plupart des êtres humains,  l'éducation dans le bain familial et le milieu les y conduit immanquablement.

 

Je n'ai cessé de décrire ce long cheminement personnel dans une recherche sincère de la vérité, avec des moyens intellectuels limités par une formation disparate que certains jugeront, peut-être,  peu sérieuse. Cependant celle-ci a pu être complétée et enrichie par un labeur intellectuel encyclopédique constant qui m'a contraint à toucher toutes les disciplines.

 

De plus, le « bon sens paysan » ou celui du comptable avec sa « logique qui tue » comme disait un de mes anciens patrons, peut, en se contentant d'un raisonnement simple, s'exprimer timidement et discrètement dans le concert des grands penseurs enivrés de théories savantes.

 

Aussi pour terminer ce livre, que certains qualifieront « d'erreur de vieillesse », rédigé pour ceux de mes proches qui auront la patience et l'indulgence de me lire, je tiens à avancer les conclusions suivantes autant sentimentales qu'empreintes de ce fameux « bon sens » :

 

Pendant les quatre-vingt années d'existence ... (quatre cinquième de siècle  ça compte, bon sang ...) que je viens de subir, mon cerveau s'est organisé pour penser, aussi me suis-je interrogé sur tout, emmagasinant des quantités d'expériences dans les domaines les plus divers et les plus controversés.

 

J'ai débuté ces « mémoires », il y a dix ans, avec la relation émue et chaleureuse de mon enfance chrétienne dans une famille aimante, et ensuite, sous l'œil bienveillant de mes oncles prêtres, celle de ma jeunesse dans le bain ecclésiastique d'un entourage éducatif très fervent et idéaliste.

 

{18} Des amis merveilleux m'ont initié aux valeurs supérieures de l'être humain et m'ont fait découvrir dans toutes ses expressions les plus subtiles le monde éthéré du « beau » authentique.


Ils ont poussé pour moi les barrières de leur jardin intime et m'y ont fait pénétrer.  J'y ai découvert les délicates fleurs de la pensée élevée, le bleu des ciels de l'enthousiasme, le parfum enivrant de l'idéal, le souffle puissant de la grandeur...

 

Leur foi était et est toujours belle, réconfortante de certitude, chaleureuse d'amour partagé, bâtie sur les hauteurs lointaines de l'inaccessible dans le matériau  immatériel et évanescent du rêve et de la poésie.

 

Grâce à eux, je connus les plus grands moments de ma vie dans la ferveur et la candeur de ma jeunesse, dans l'emballement d'un idéal de service et de partage avec les plus faibles....

 

{19} Ensuite, ce fut pour moi la rencontre avec  l'amour dans la dualité profonde de deux âmes complémentaires qui s'enrichissent de la découverte de l'immensité de l'autre comme une mer infinie qui recule les horizons....

 

.... avec le bonheur de marcher ensemble sur le chemin de la vie, main dans la main pour la joie, épaule contre épaule pour l'adversité, les yeux levés pour l'espoir et les mâchoires serrées pour  la souffrance....

 

.... avec la joie de partager à deux l'ouverture au savoir, au « beau », au rêve, à la poésie, à l'irréel imaginaire, à la méditation de l'âme qui élève la pensée au sublime....

 

.... pour se prolonger dans le nid du foyer et y accueillir l'avenir-enfant qui s'y installe exigeant de pérennité, guider ses pas incertains, partager son inquiétude, soutenir la marche hésitante de ses découvertes jusqu'à l'envol vers des territoires nouveaux.... faits du futur des générations en puissance....

 

Tout au long de ce long chemin, je découvris l'immense plénitude de celui qui se relève lentement, victorieux de l'adversité, quand il fut le genou à terre.

 

Merci au hasard qui m'a fait naître du « bon côté de la barrière » et m'a procuré le plaisir de m'aventurer  dans les dédales, arcanes et méandres de notre civilisation du bien-être et de la consommation pour m'y ménager, avec les miens, une place confortable et rassurante avec la complicité de ce qui fut la plus grande société belge.

 

C'est ce qui m'a autorisé le bonheur dans une existence diversifiée, colorée et sentimentale, aboutissant à l'ouverture multiculturelle, riche d'enseignement et de joies profondes.

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23/04/2010

Ch. 23 a - Bonheur, souffrance et fin

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère à la fin de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.


Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui ont permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.


(Ceux qui désirent consulter la table complète des matières et des repères

cliqueront sur DOSSIERS (à droite – La table des matières est à la fin de la liste).


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(23 a)  BONHEUR, SOUFFRANCE ET FIN DE VIE.


{1} Bonheur et souffrance qu'on considère comme antagoniques sont pourtant intimement liés. Dès les premiers instants de son existence, l'être vivant livre un combat pour la vie qui élimine les plus faibles au profit des plus forts.

 

Cette bagarre dans un milieu hostile ne va pas sans inconfort physique subi à des degrés divers de tolérance.  C'est la « souffrance » prise dans son sens étymologique strict, du latin  sub(sous) et ferre(porter) avec le même sens que supporter qui vient de sub et portare.

 

Il semblerait que, pendant sa portée, la mère des mammifères neutralise cette réaction de « douleur »  chez son petit en l'encaissant à sa place, grâce au milieu amniotique dans lequel elle l'a placé, sollicitude qu'on ne retrouverait pas chez les ovipares et même les ovovivipares (éclosion  interne de l'œuf, comme chez la vipère).

 

Dès que l'être vivant, quel qu'il soit, pénètre dans son milieu « naturel » par sa naissance, il est environné d'agresseurs de tous genres, évolués ou si besoin en est, adaptés à coup de mutations.

 

Chez certains, surtout, semble-t-il, les êtres à sang chaud qui la subissent à des degrés extrêmes, ce combat ne va pas sans l'inconfort physique de la souffrance qui devient donc un phénomène primordial conditionnant leur existence. La souffrance physique a été inventée par la nature pour servir d'avertisseur d'atteinte à l'intégrité physique et ainsi protéger l'organe menacé.  La souffrance morale sera "inventée" par l'homme dès que son cerveau développera la conscience de son individualité suscitant l'insatisfaction résultant de l'appréciation de son sort.

 

Antinomique ou contradictoire de cet état, le bonheur, quant à lui, sera l'aboutissement d'une quête obsessionnelle de « non-souffrance », de parenthèse fugace dans notre cheminement  douloureux pour subsister dans un milieu hostile et peu propice à réaliser les aspirations que notre "intelligence" nous révèle.

 

Que sommes-nous donc, nous,  ces êtres à sang chaud, vertébrés supérieurs et mammifères évolués, de l'ordre des primates dans le sous-ordre des anthropoïdes et de la classe des  hominiens ?

 

Fragiles et vulnérables, nos petits sont portés en gestation et naissent incomplètement formés.

 

Nos ancêtres, les primates, et parmi eux ceux qui furent isolés suite à la fracture du Rift Valley ou pour d'autres raisons, se sont redressés sur les pattes arrières pour voir le danger au-dessus des savanes déboisées ou maintenir dans leurs bras la charogne qu'ils chapardaient aux prédateurs.

 

Devenue habituelle,  cette position les amènera à la marche et à la course, mais n'autorisera pas un agrandissement suffisant du bassin féminin, pour laisser passer la tête du fœtus à terme, qui avait pris de l'importance suite au grossissement du cerveau développant l'intelligence.

 

C'est, semble-t-il, ce qui a forcé nos ancêtres parturientes à mettre au monde des prématurés, compromis sans doute dangereux pour sa progéniture, alors que son cerveau  n'est pas encore complètement formé.

 

Dès la conception, nous nous trouverons à l'origine du lent processus de maturation physique et psychique de notre moi qui bénéficiera ensuite du bain de l'environnement éducatif  propre au milieu de nos géniteurs, nous permettant ainsi de construire notre personnalité. Il faudra quinze à vingt ans pour y parvenir dans notre contexte occidental.

 

Pendant cette lente « gestation », nous allons « apprendre » le bonheur....  Mais oui, le bonheur ça s'apprend, ça se cultive, c'est un art...difficile... très difficile même. Il est tellement fugace que certains ne le perçoivent jamais... et le cherchent vainement.

 

Il est tellement précieux et fragile qu'il faut le ménager, le protéger des fantaisies du destin et de la méchanceté des autres, de l'envie de ceux qui n'ont pas pu ni su le garder ou le trouver.

 

Nous le rechercherons dans un autre monde ou il serait éternel et complet, auprès d'un Dieu que nous inventerons s'Il n'existe pas.

 

L'intelligence que nous avons développée refuse désespérément que notre pensée ne soit qu'un mécanisme performant que l'évolution a patiemment mis au point en lui donnant les moyens d'être exprimée d'abord par la parole et par la suite transmise par l'écriture, le livre ou d'autres supports artificiels.

 

Nous refusons que les réalisations de l'être humain, ce descendant de l'homo sapiens, si subtiles et raffinées, si géniales dans leur complexité et leur diversité ne soient que le résultat d'un mécanisme cellulaire performant dont l'origine se situerait dans « la nuit des temps » et qui ne nous soit parvenu qu'à force d'échecs, d'erreurs, de cataclysmes,  de misères, de souffrances, de recommencements....

 

Nous n'acceptons pas que tout cela n'ait été obtenu qu'avec la patience du temps, du hasard et de la « chance » de la vie, à coup de millions et de millions d'années « d'existence » au seuil de l'anéantissement.

 

Nous avons inventé l'âme : cette image de Dieu. Celle qui, indépendante de notre corps, irait Le rejoindre dans la « plénitude céleste ».  Cette âme connaîtrait le bonheur éternel dans sa  « contemplation » du « Très Haut », alors que l'absence de cette « Béatitude » constituerait l'enfer du malheur éternel.

 

Tout ce que je viens de développer m'a hanté depuis toujours..., comme me tourmente en me harcelant l'angoisse des vivants à la pensée du destin douloureux qui les attend et qui attend ceux qu'ils aiment ... ?

 

Comment comprendre, justifier la souffrance, la séparation...et surtout : LA MORT..... ?  Et le problème métaphysique que celle-ci posera toujours :    est-elle la fin de notre existence ?

 

Dans les lignes qui suivront, je vais progressivement aborder, à la lumière de l'expérience que j'en ai, tous les aspects du bonheur et de la souffrance et de cette fin d'exister des humains, mais aussi oser certaines considérations sans doute discutables qui me sont venues à l'esprit.

 

Elles interpelleront d'autant plus qu'elles seront étayées par la relation de belles histoires vécues, sublimes, dures, héroïques ou insoutenables qui m'ont marqué l'âme au fer rouge.

 

Dans mon existence, comme chacun, j'ai été marqué par la disparition de certains proches avec lesquels  j'avais de grandes affinités.  Je leur réserverai cette première partie en témoignage de l'affection que je leur ai toujours portée.

 

Je commencerai avec bonheur par la belle histoire d'un homme que j'ai beaucoup aimé parce qu'il était simple, beau et clair comme les oiseaux, ses amis.

 

Il se penchait sur les fleurs et les roses, ses mains burinées les caressant doucement.  Il sifflotait, un éternel mégot éteint collé à la lèvre. Les fleurs le connaissaient bien et se laissaient cajoler en sirotant lentement du soleil.

 

Les oiseaux l'entouraient, vifs et graciles, surtout les mésanges qui aimaient le voir travailler : elles l'observaient d'un œil de côté, tout en guettant le fer de sa bêche qui leur dénichait de succulents vermisseaux.

 

C'était le prince des fleurs ; elles lui faisaient une cour empressée en lui offrant leurs plus belles collerettes. Penché sur leurs parterres, il leur jetait un regard attendri en ameublissant leur sol de ses doigts enfoncés tout en rangeant doucement leurs radicelles.

 

Aux chantres du ciel, il construira dans son jardin de grands palais-volières où ils s'ébattront en faisant vibrer l'azur de leurs trilles passionnés.

 

Il leur chuchotait à l'oreille de gentilles choses en glissant dans leurs barreaux-fenêtres toutes sortes de friandises : carottes, plantain, séneçon, graines de millet et pour les insectivores des petits vers de farine.

 

Il enchantait de sa présence heureuse notre écrin champêtre, nous accompagnant à toute occasion.  Nous aimions sa silhouette inclinée, se découpant à l'horizon des champs, dans une pause habituelle : coude gauche appuyé sur un genou pour soulager le dos, main droite experte et habile sarclant, nettoyant, binant cette matière merveilleuse de vie nutritive faite de terreau, d'humus, d'engrais et autres substrats que, avant lui, des jardiniers avaient patiemment et amoureusement constituée au fil du temps.

 

Tout lecteur attentif à la relation précédente de mon histoire aura bien vite compris que ce poète des fleurs et des oiseaux ne pouvait être que mon beau-père que j'aimais avec attendrissement et qui a transmis à mon épouse son amour des plantes et des beaux jardins.

 

Octogénaire depuis cinq ans, on le croyait capable de défier le temps malgré une angine de poitrine qu'il dominait sans se plaindre.  Il entra en clinique pour soigner un problème bénin de prostate et subir une intervention chirurgicale assez légère.

 

Tout se passa très bien, l'intervention fut une réussite et son séjour ne devait être que de courte durée.  Il avait retrouvé l'atmosphère de chambrée qu'il avait si bien connue pendant les huit ans que durèrent son service militaire, la guerre des tranchées de 14/18 et l'occupation de l'Allemagne.  Aussi, quand on allait le voir, l'entendait-on de loin blaguer ses compagnons de lit et d'infortune !

 

Est-ce cette excitation et cette exubérance qui brisa son cœur ?  Toujours est-il qu'il s'est endormi joyeux, la nuit du douze novembre 1977, pour ne plus se réveiller, comme s'il avait, la veille, trop fêté l'anniversaire de l'armistice.

 

Nous avons tous pleuré cette séparation qui nous sembla si cruelle et brutale.   Mais nous cultivons avec émotion sa mémoire en nous rappelant tant et tant de souvenirs attendris.

 

Les fleurs se mirent à chanter,

Les oiseaux se mirent à fleurir,

Le ciel se pâmait de couleurs,

Les champs se doraient d'été.

 

L'ombre de l'ami des fleurs

Caressa les plumes des oiseaux,

Les oiseaux se mirent à chanter

Les fleurs se mirent à rêver.

 

L'ombre de l'ami des oiseaux

S'étendit sur les jardins,

Les fleurs l'ont embrassée

Les oiseaux se sont endormis.

 

Le rêve de l'ami des fleurs

Flottera encore longtemps

Parmi les branches et les parterres,

Avant de monter très haut

Dans les nuages et dans le ciel.

 

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Il était grand, il était fort, il était beau, c'était un passionné de ciel, un frère de Mermoz et de Saint-Exupéry. Au baptême, il avait reçu le nom de Joseph, en souvenir de son oncle tué à la guerre de 1914, mais tout le monde l'appelait « Jo ». Jeune homme, il avait combattu dans la résistance et dès la libération s'était engagé dans la célèbre Royal Air Force (RAF) qui contribua si efficacement à la défaite allemande.

 

Dans son «spitfire » si réputé avion de chasse de l'époque, il se rendit célèbre dans sa région en démonstrations de cabrioles et figures aériennes, à l'insu souvent de ses supérieurs.

 

Alors que son « team » de chasse était caserné non loin de la ville de Diest, en Campine limbourgeoise, célèbre par sa bière, il s'éprit d'une bien jolie jeune fille, Lily Gemoet, qu'il épousa.

 

Durant la guerre 40-45, héroïque, cette jeune personne se distingua en servant dans la « Résistance » (groupe clandestin de lutte armée contre les Allemands).  Son frère aîné en était l'un des chefs et fut malheureusement dénoncé dans les derniers jours de l'occupation par des traîtres à leur pays, « collaborateurs » des envahisseurs, puis fusillé par l'occupant.

 

Une haine féroce s'était établie entre les deux camps, divisant les familles dans un climat de drames et outrances shakespeariennes : dénonciation, vengeance, meurtre... !

 

Son père fut emmené en captivité à Buchenwald puis à Dora, ces tristement célèbres camp de la mort d'où il ne sortira qu'amoindri et malade.  Son plus jeune frère qui n'avait alors qu'une douzaine d'années ne se remettra jamais des scènes auxquelles il assista, ni aux sévices qu'il subit lors des fréquentes fouilles que sa famille dut endurer.

 

Elle-même, héroïne d'une geste de cette époque, parvint à camoufler lors d'une perquisition, un document compromettant qu'elle avait pu arracher de sa machine à écrire.

 

Malgré la libération du pays par les troupes alliées, elle ne connaîtra pas de répit et dut s'éloigner de la région, pour échapper à la haine meurtrière qui animait certains collaborateurs.

 

Cette épopée dure, authentique et douloureuse nous fut racontée pour la première fois, il n'y a pas bien longtemps, un soir d'été, dans la petite maison en torchis de Mesnil-Eglise, berceau de mes ancêtres maternels, vieille de plusieurs siècles, qu'elle avait rachetée en mémoire de celui qui fut son héros et qui mourut accidentellement à la suite d'une mauvaise chute de vélo qui lui fracassa le crâne.

 

Ainsi va la destinée, il avait évité tous les dangers qu'encourait le pilote audacieux qu'il fut toujours.  La malchance, la fatalité : une distraction lors de la traversée d'un passage à niveau, des rails de chemin de fer qui coincent une roue avant, une chute sur la tête que n'a pu parer une main malencontreusement prisonnière d'une poche revolver qui allait le ravitailler en sucre et ce fut le drame...

 

Ma courageuse cousine, une fois de plus, releva la tête, surmonta de graves problèmes de santé qu'elle dut subir ensuite, et, sublime dans l'adversité,  fit de ce témoin de l'histoire de ma famille maternelle, la maison-souvenir de celui qui fut son héros des ciels.

 

Les liens familiaux qui existaient entre nos deux couples furent toujours privilégiés que ce soit par la grande affinité de cœur qui s'y manifestait concrétisée par le parrainage de nos enfants : la cadette chez eux et notre premier-né, Patrick, chez nous.

 

Ces sentiments partagés nous poussèrent à nous rapprocher ;  c'est ainsi que nous leur trouvâmes pas bien loin de notre « bonbonnière » une grande maison confortable que notre propriétaire venait de libérer.

 

Ce voisinage et le parrainage de nos enfants nous amenèrent à les rencontrer souvent et partager avec eux les joies des grandes fêtes de famille.

 

A ce propos, je me souviendrai toujours de la communion de ma filleule Anita pendant laquelle, au cours d'une cérémonie religieuse (le salut) de tradition à l'époque qui survenait après un repas de fête et que, pour fêter çà, j'avais bien arrosé avec mon cousin, je dus me cramponner à ma chaise d'église pour empêcher le plafond et les saints de nous basculer sur la tête.  Je regagnai voitures et logis en me demandant comment les marins s'en tiraient pour maîtriser tangage et roulis.

 

C'est dire aussi combien de moments précieux de bonheur simple nous échangeâmes dans la douceur de rencontres paisibles et dans l'ambiance tiède de nos foyers,  les deux cousins s'affrontant en joutes épiques de jeu d'échecs (j'étais toujours battu, tellement il était fort) pendant que les épouses, en parfaite harmonie de goût, d'ouverture intellectuelle et d'aspirations familiales partageaient leurs impressions.

 

Tel l'albatros, il dominait les nues,

Elle se cachait dans l'ombre de la nuit,

Quand lui défiait le soleil qui luit,

Pendant qu'il survolait les avenues.

 

Elle avait tremblé des regards cachés,

Des cris des soudards et des bruits de bottes,

Pour lui c'était l'ivresse en rase-mottes,

L'angoisse au ventre entre deux clochers.

 

Elle adorait son maquisard

Dévalant les champs et les bois,

Et rêvait de ce grand gaillard

Qui dans le ciel narguait les toits.

 

Il s'est enfui dans les nuages

Pour mieux lutiner les oiseaux,

Puis s'est réfugié dans les roseaux

De son paradis pour enfants sages

 

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C'était un beau dernier week-end du mois d'août 1979.  Radieux, le temps s'était endimanché et la campagne souriait aux blés d'or qu'un léger souffle de fraîcheur berçait doucement.

 

Mon beau-frère Gérard rentrait de vacances et s'était  annoncé, accompagné de son épouse et de sa fille.  Tous les ingrédients étaient donc réunis pour se mitonner une très agréable journée dans la détente d'une fin de congé qui avait permis à tout le monde de recharger les accus.

 

Gérard était particulièrement joyeux et se plaisait à taquiner mes enfants qui l'adoraient. Il les aimait beaucoup, les enfants et les jeunes dont il s'était toujours fort occupé en tant que dynamique dirigeant d'un mouvement de jeunesse.

 

Très boute-en-train, il savait animer les groupes en chantant d'une très belle voix des rengaines pour jeunes ou à la mode, en les accompagnant d'une guitare qu'il grattait agréablement.

 

En fin de journée, je ne sais trop pour quelle raison, il s'éloigna de l'endroit où nous étions tous réunis.  Ne le voyant pas revenir, je partis à sa recherche et le trouvai pensif dans la grange.

 

La porte était grande ouverte et il fixait le lointain, très loin la-bas dans les campagnes.  Discrètement, je ne me manifestai pas et me tins à l'écart.

 

Je devinais son regard devenu triste, je percevais ses épaules alourdies par je ne savais trop quelle angoisse. Il fixait le ciel comme pour le transpercer d'inassouvi.   Je crus bon d'intervenir :

 

-          Tu es triste, Gérard !

-          Mais non, mais non... Il se défila et portant son regard vers l'intérieur de la grange, il m'interrogea :

-          A quoi sert cette poutre que tu as placée pas loin de la porte ?

-          A supporter un plancher qui donnera accès à de nouvelles chambres.

 

Je n'avais pas osé insister, respectant sa pudeur.  Il était très secret et ne se confiait pas facilement.   Pourtant, dans le passé, nous avions partagé certaines confidences à une époque où, ainsi que je le racontai par ailleurs, nous profitions de la proximité qui existait entre nos lieux de travail et le club de jeunes que nous fréquentions, pour nous y rendre directement.

 

Nous arrivions ainsi beaucoup trop tôt avant l'ouverture, ce qui nous  donna l'occasion de copiner, de nous découvrir de nombreuses affinités et de devenir de vrais amis.

 

Quand, plus tard, je m'épris de sa sœur, il s'en est bien sûr réjoui, mais ne put s'empêcher de dire : « J'ai gagné un beau-frère, mais j'ai perdu un ami ».

 

Je ne sais pas pourquoi, mais il m'a semblé, ce jour-là, que son âme étouffait, qu'il éprouvait un besoin d'inaccessible et peut-être lui aussi de voler très haut comme « Jo » mon cousin l'aviateur.

 

Pourtant les dieux l'avaient comblé de l'amour le plus passionné, le plus exclusif qui soit, cet amour surdimensionné de celle qui l'a placé dans les nuages de ses rêves et que ses yeux ne cesseront de rappeler.

 

Il l'avait découverte lors de ce « fameux » voyage aux Baléares où « Eros » en pleine forme s'était déchaîné en décochant ses meilleures flèches en plein cœur de deux frères et d'une sœur innocemment partis en vacances.

 

De plus, une petite fille, intelligente, spontanée et vive comme un pinson, s'était pointée en 1961, fruit de cet amour, dans l'atmosphère lourde des problèmes qu'avait occasionnés l'indépendance du Congo.

 

Dans le « clan » de mon beau-frère, constitué d'une petite dizaine de parents et alliés sans enfant, elle sera la princesse que tous verront grandir et s'épanouir avec dévotion.

 

C'est dire qu'on ne pouvait imaginer contexte plus favorable au bonheur  que cette composante familiale, mais peut-être rêvait-il, dans cette grande solitude champêtre, pour sa femme et son enfant, aux  très grands espaces de ses idéaux de jeunesse.

 

Nous terminâmes cette journée dans une chaude ambiance de retrouvailles familiales et de particulière gaieté.

 

Le lendemain, il avait encore congé et il enfourcha sa bicyclette pour une balade, comme il le faisait depuis quelque temps.  En cours de route, pris de malaise, il se fit ramener chez lui en taxi.  Ensuite, il perdit connaissance et les médecins appelés d'urgence, après une tentative qui le ranima un peu, ne purent plus rien pour lui.

 

Lui aussi est mort sans le réaliser. On dit que c'est une belle mort.  Mais, quelle indescriptible souffrance, quel déchirement pour ses proches, surtout son épouse qui souffrira cruellement de cette absence irrémédiable, du vide de sa présence, du désarroi des premiers temps, de l'angoisse d'un souvenir  qui s'estompe, peut-être tempérée maintenant par la présence affectueuse des deux petits-enfants que sa fille lui confiera souvent.

 

Je tenais à raconter cette histoire en lui réservant la place qui lui revient dans ce livre.  C'est la si belle, mais pathétique histoire d'un amour exclusif et entier, aussi profond que l'éternité.  C'est la si grande, mais si tragique histoire d'une amante qui pleurera éternellement son Roméo.

 

Il était blond comme du soleil

Qui se couche dans les blés.

Elle aimait son sourire.

 

Elle se baignait dans ses  yeux bleus

Qui tendrement l'enveloppaient.

Elle aimait son sourire.

 

Elle se couvrait de ses fines mains

De ses longs doigts de musicien.

Elle aimait son sourire.

 

Elle écoutait chanter sa voix

Quand il l'accompagnait de sa guitare.

Elle aimait son sourire.

 

Elle aimait son sourire

Quand le soir, il l'endormait

Dans ses bras d'amant tendre,

Epris de grands espaces

Pour son cœur trop grand,

Trop grand de grand ciel bleu.

 

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