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28/05/2010

Ch. 24 d - La rage de revenir

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) du site (e-monsite ) que j’ai créé permettant de consulter les sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 24 d - La rage de revenir

 

 

Je me suis assez étendu sur l’infirmité qui a diminué mon champs visuel et perturbé la locomotion, les mouvements et la lecture pour m’attarder davantage sur un phénomène d’adaptation qui nous permet à nous, les victimes d’altérations cérébrales, de reconstruire certaines fonctions à partir de cellules inemployées. C’est à cela que s’emploient les kinésithérapeutes quand ils rééduquent les paralysés moteurs.

 

L’ensemble des cellules qui se chargent de régir la mémoire immédiate ou la mémoire qui préside aux besoins de la vie courante, comporte une zone importante où sont mémorisées les données destinées à alimenter nos réflexes.

 

C’est dans cette zone que se trouvent « stockés » l’adresse, le numéro de téléphone, date de naissance, les prénoms et noms des personnes de notre entourage, les places de chaque chose utile ainsi que des tas de renseignements réflexes qui nous servent dans la vie courante. C’est notre outil de fonctionnement, un peu comme la mémoire vive en informatique.

 

Après avoir subi ce que les médecins ont aussi appelé un «ictus cérébral », quand on me demandait mon adresse, je donnais celle (très lointaine) de notre bonbonnière près de la forêt de Soignes : les autres avaient totalement disparu. Il en allait de même pour toutes les données provenant des deux, trois années précédentes.

 

Avec la patience et l’aide obstinée d’une persévérante épouse, pendant les trois mois qui précédèrent ma reprise du travail qui se situaient heureusement pendant la période des « grandes vacances scolaires » et du ralentissement saisonnier de l’activité des sociétés, je dus donc reconstruire dans une nouvelle zone vierge de mon cerveau la plus grosse partie des données que j’avais perdues.

 

Cependant, problème de taille dans cette reconstruction mentale, les cellules nouvelles utilisées n’avaient pas la rapidité de routine des anciennes, d’où conflits et incertitudes dans mon choix de réponse qui se traduisaient par une lenteur de réaction qui irritait mes interlocuteurs.

 

Maintenant encore, je dois m’efforcer d’occulter la première réponse qui s’impose à moi pour privilégier la seconde qui a été mise à jour, mais qui, je le rappelle, reste peu performante, voire même hésitante.

 

Si je dois faire appel à des souvenirs ou données récentes, la réponse n’est pas spontanée : elle me semble apparaître lentement comme provenant d’un gouffre nébuleux d’où elle finit par se détacher et s’imposer lentement avec clarté.

 

Dans la vie quotidienne, j’ai perdu une partie des réflexes de localisation des objets utilisés dans la vie courante. Je dois faire un effort constant d’attention pour retrouver tout, que ce soit dans le bureau ou le ménage.

 

Quand je dois saisir un objet familier dans mon environnement habituel, je me dirige comme le distrait vers un endroit opposé à son emplacement normal. Pendant quelques instants, mon cerveau est dans le noir… Le réflexe de localisation qui me permet de trouver la place de l’objet monte ensuite lentement, comme s’il provenait d’un fond lointain. Je n’ai une vie normale qu’au prix d’une concentration cérébrale constante.

 

Un autre écueil sera celui que constitue le conflit entre l’ancienne et la nouvelle mémoire dans des domaines plus intellectuels tels le vocabulaire, le cheminement d’un raisonnement, le cours d’une conversation. J’ai facilement des trous que je peux maintenant attribuer à l’âge.

 

Il y a aussi le problème de la mise à jour des données anciennes qui ont la fâcheuse tendance, lorsqu’elles sont sollicitées, de supplanter les nouvelles.

 

Mon épouse dit toujours que je dois utiliser un mécanisme qui semble se mettre en place, privilégiant la donnée réflexe en ignorant celle qui veut imposer la qualité puissante de son antériorité de près d’un demi-siècle, c’est vrai, mais ça demande une gymnastique cérébrale que je ne parviens pas à acquérir.

 

Pour pallier tous ces handicaps, j’ai pris l’habitude de préparer avec soin toutes mes interventions en m’aidant de tableaux et condensés ingénieux qui me permettent de me raccrocher à une logique qui s’est avérée souvent très utile à confondre mes détracteurs.

 

Je m’équipais (et je le fais toujours) d’un agenda et de fiches qui bourrent mes poches. Je les appelle mes mémoires « de papier ». Mon agenda devint célèbre, je l’avais choisi journalier, long et étroit, ce qui permettait d’y noter une quantité incroyable de renseignements.

 

Je m’étais entraîné à miniaturiser mes notes que je griffonnais avec les moyens d’écriture les plus fins existant sur le marché. Je devins tellement performant dans cette technique que je servais souvent d’aide-mémoire à mes patrons qui m’y faisaient noter beaucoup de choses. Nous l'appelions "la mémoire de papier".  Quel renversement de situation pour moi et quelle victoire sur le sort !

 

Cette époque de ma vie restera pourtant trop dure et trop difficile. Nuit et jour, je restais inquiet, malheureux, fragilisé par des infirmités qui m’amoindrissaient, blessé de propos que j’imaginais, complexé à l’extrême…

 

J’ai l’âme écorchée :

Une pantelante friperie

Et d’inquiétants mannequins

S’agitent en pantins

Autour de ma solitude.

 

Quelle est-elle

Ma crainte des jours ?

Quelle est-elle

Ma soif des autres ?

 

Quel est-il

Ce poids des rires ?

Quel est-il

Ce coin des regards  ?

 

Des histrions sonnent le glas,

Des mages se mettent à plat

Les rois n’ont plus de couronne :

C’est la foule qui bourdonne.

 

Le ciel se couvre de mers,

La mer se couvre de plages,

Sans calmer mon âme en rage,

Torturée d’anges amers.

 

Je n’en peux plus

De jours d’enfer,

Je n’en peux plus

De ma misère.

 

{7} Ainsi que je l’évoquai plus haut, la lutte syndicale prit des allures de batailles épiques avec confrontations solennelles en réunions « extraordinaires » avec un conciliateur social dépêché par l’inspection du travail.

 

Avec le recul du temps et l’analyse à froid de cette période brûlante, il faut reconnaître que nous fûmes tous gagnés, y compris l’inspecteur social, par un lyrisme de haute qualité que développait un des principaux acteurs.

 

C’était un technicien-chimiste, passionné de langue française (que faisait-il dans un laboratoire ?). Grand, le front large, la voix chaude, il avait tout du tribun.

 

Quand il dressait sa haute stature… quand il toisait son auditoire, un silence de considération le respectait. Venait alors, non pas la diatribe habituelle des délégués syndicaux, mais une majestueuse démonstration de l’exposé clair, enrichi d’une dialectique raffinée.

 

C’était un régal ! Les débats, grâce à lui, atteignirent un niveau de qualité qui gagna les participants, tous pris d’un délire intellectuel semblable à celui du potache qui découvre les catilinaires de Cicéron.

 

Tout était fait pour nous plonger dans un romantisme de combat social cher à Zola : réunions dans des arrière-salles obscures de café où nous nous retrouvions, à l’insu de tous, en conspirateurs-manipulateurs à la recherche d’un terrain d’entente acceptable par toutes les parties.

 

Je risquais gros, mes patrons n’auraient pas apprécié cette « quasi-trahison ». C’était arrivé pourtant en toute bonne foi et presque inévitablement.

 

Après les réunions, nous avions pris l’habitude téléphonique, mon « tribun » et moi, de partager nos impressions en toute franchise et conviction.

 

Devant la tournure inextricable que prenaient certains problèmes sensibles, du fait des positions tranchées qu’adoptaient des antagonistes rocailleux, nous en arrivions à trouver un terrain d’entente de bon sens qui contenterait tout le monde.

 

En avons-nous passé des heures de communications téléphoniques pendant lesquelles nous analysions, compulsions des textes et recherchions la formule miracle !

 

Encore fallait-il la faire partager ! C’est ainsi qu’insensiblement, de chaque côté de la barrière, nous nous employâmes à arrondir les angles et finalement, nous réunir « clandestinement » pour préparer nos compromis.

 

De mon côté, je profitais de la bonne audience que j’avais auprès du grand patron de Feluy pour lui faire accepter des solutions que je savais déjà acquises d’avance.

 

Il m’en fut reconnaissant et je devinais dans ses petits yeux malins qu’il n’était pas dupe de mes tractations clandestines qui l’arrangeaient fort bien.

 

On sauvait la face et les réunions épiques qui suivirent pour entériner ce qui avait été acquis sous cape, tenait plus de la commedia dell’arte que du combat social, avec des acteurs pris à leur propre jeu, cependant peu conscients qu’ils écrivaient une des pages les plus désopilantes de la société.

 

Aussi mon fier « tribun » fut-il vite écœuré de cette duplicité qui ne convenait guère à son naturel loyal et se retirant, il jouera les seconds rôles.

 

Il fut remplacé par un bonhomme décidé qui se sentit grandir, lui le sans grade, qui affrontait d’un regard dur ces potentats de la fonction qu’étaient les chefs de Feluy, avec, tout au fond des yeux, cette imperceptible flamme tremblante d’une panique qu’il n’arrivait pas à camoufler.

 

Je le vois encore, fier de son arrogance, un jour en plein conseil, provoquant le « potentat » d’un regard qu’il voulait dur.

 

Devant lui, de l’autre côté de la table, à la gauche du grand patron, j’étais idéalement placé pour apprécier ces yeux en fond de panique qui se forçaient à défier un chef dur avec le risque de détruire à jamais sa carrière parce qu’il avait osé se mesurer à l’autorité en place.

 

J’ai admiré et respecté le courage de ces « humbles combattants » sortis de la masse lâche des autres, eux qui pourtant ne s’étaient pas retrouvés là dans un climat de lutte des classes qui n’avait pas existé jusqu’alors dans notre société bon enfant, mais poussés par quelques collègues moins courageux qui préféraient agir et les exciter dans l’anonymat de l’ombre, parfois pour assouvir des rancunes personnelles.

 

Le peuple les avait élus,

Quand il voulait l’égalité.

Ils étaient petits, sans fierté,

Pas de grande gloire non plus.

 

Les grands loups des ciels durs et rouges

Attiraient au fond de leur bouge

Des gazelles candides et tendres,

Inattentives à se faire prendre.

 

Le chevalier des mots

Débita sa tirade,

Réveillant les échos

De sa sublime aubade.

 

Les loups repus se sont calmés

Et les échos ont proclamé

La grande gloire du tribun

Et la paix au cœur de chacun.

 

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{8} L’histoire qui va suivre traîne au fond de ma conscience avec un relent de lâcheté qui me poursuivra toujours.

 

On se souviendra de mon voisin de table, père de cet enfant aveugle-né, victime de la « polio » contractée par sa mère pendant sa grossesse.

 

Il était le responsable d’un service important qui mettait au point des graisses industrielles ou en développait de nouvelles applications.

 

Le malheureux, sans doute soucieux de constituer un capital important qui aiderait son fils infirme, se laissa gagner par un concurrent qui avait connaissance d’un procédé que mon commensal avait personnellement mis au point, et qui n’avait intéressé personne jusqu’alors.

 

Une de nos sociétés fut mise au courant de la tractation et l’affaire prit les proportions qu’exigeaient, à titre d’exemple, les responsables de cette société-sœur.

 

Situation cornélienne pour moi, mon patron et le directeur responsable de mon pauvre commensal et ami me chargèrent de son « exécution » : c’était mon boulot et je ne pouvais m’y soustraire.

 

La sanction sera dure. Il traînera toujours au fond de ma conscience un puissant relent de lâcheté, avec peut-être la piètre excuse que je pensais ne plus avoir auprès des patrons de l’époque une audience suffisante pour le défendre.

 

Je fus chargé de « l’exécuter »,… de pousser sur le bouton de sa « chaise électrique » : le renvoi sur l’heure et sans préavis… avec la perte prévue par le contrat d’emploi de tous les capitaux extra-légaux constitués pour lui en vue de sa retraite, ce qui représentait un montant considérable en raison de l’importance de son salaire de cadre et de son ancienneté.

 

Je retrouvai le pauvre homme chez moi où je l’avais convié dans notre petit bureau étroit aménagé pour tenir des comptabilités.

 

Je n’oublierai jamais ses traits durs de torturé de l’existence, les mâchoires serrées, le front sec, sillonné des rides de la révolte, les yeux amers… j’entendrai toujours cette voix sourde, lasse de la fatigue des nuits de cauchemars ou des veilles sans trêves…

 

Assis devant moi, dans l’espace étroit que nous laissait notre table de travail et les rayonnages de dossiers, à la place qu’occupait habituellement mon épouse, il me disait son histoire,… il me racontait ce que je considérais comme un plaidoyer mais que ce flamand rugueux relatait sèchement et sans vaines complaisances, ni défense des faits qui lui étaient reprochés.

 

C’était un révolté contre l’injustice du sort mais qui comprenait la dimension immorale de son geste ;… il était le joueur qui avait perdu et qui n’avançait pas l’excuse de sa détresse…

 

Paradoxalement, je ne pouvais m’empêcher d’avoir du respect pour lui, je ne pouvais me départir d’un sentiment de grande considération pour sa dignité et sa misère… et d’une grande compréhension de son acte.

 

Quant à nous, à l’analyse, pouvions-nous faire autrement ! Juridiquement, la propriété industrielle des découvertes scientifiques des chercheurs appartient à la société qui les emploie, même s’il les a faites seul, avec ses propres moyens, de sa propre initiative, peut-être même en dehors de son contrat d’emploi.

 

En le licenciant pour faute grave, c’est-à-dire sans préavis, nous lui évitions cependant la poursuite pénale que nous étions en droit d’entamer. Bien entendu, notre département juridique s’était chargé de restaurer les droits de propriété mis en péril par l’action débutée par mon pauvre voisin de table.

 

L’affaire a-t-elle pris des proportions qu’elle ne méritait pas ? Je me le demanderai toujours. Peut-être avons-nous manqué d’humanité et nous sommes-nous tous laissé gagner par une coupable indifférence au sort d’un homme et d’une famille et au drame que, pour ma part, je pressentais mieux que quiconque et que je n’ai pas assez souligné avec véhémence !

 

Toi qui regardes ton ciel

Père malheureux,

Ton ciel qui fut si bleu.

 

Toi qui pleures des yeux morts,

Des yeux de soir noir,

Des yeux de vide.

 

Ô ami,

Coupable du destin,

Ton cœur est amer,

Tes yeux sont durs.

 

Vomis-la ta révolte !

Crache-la ta souffrance

A ce monde qui te rejette.

 

Hurle-la ta colère

A l'indifférence

Des marchands du temple,

A l’indifférence

Du col blanc des affaires,

A l’indifférence

Des durs bourreaux

Toujours goinfrés de lois !

 

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{9} Ce long chapitre sur « la conscience » de l’homo sapiens me conduit à une réflexion plus profonde sur ce phénomène étonnant qui ne cesse de perturber l’être humain, que l’intelligence a produit lentement et qui deviendra le censeur de ses actions.

 

C’est ainsi que je me sentis forcé de porter ma réflexion plus en profondeur pour en étudier valablement tous les tenants et aboutissants. Ce travail me prit beaucoup de temps et me confronta à d’insurmontables difficultés.

 

Je ne m’en sortis que difficilement, aussi je demanderai à mon patient lecteur beaucoup d’indulgence pour une modeste approche d’un problème fondamental qui hantera plus que jamais tout homme préoccupé de sa destinée terrestre, prolongée dans un éventuel « au-delà » et davantage encore depuis que la connaissance s’est ouverte plus en profondeur sur les sciences et la cosmologie.

 

Aussi trouvai-je important d’y consacrer le prochain chapitre tout entier pour lui apporter l’honneur et le soin qu’il mérite en prélude aux chapitres sur le milieu, le bonheur et la sérénité qui seront l’avant-propos d’une conclusion enthousiaste sur la valeur de l’existence de l’être humain qui s’efforce d’élever ses fonctions intellectuelles au sublime de l’idéal.

 

 

 

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07/05/2010

Ch. 23 e - Pontages coronariens

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère à la fin de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le dernier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) du site (e-monsite ) que j’ai créé permettant de consulter les sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)  Cliquer sur le dossier recherché pour l’obtenir immédiatement.

 

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Ch. 23 e - Pontages coronariens

 

Après cette évocation d’une expérience vécue de mort imminente, et des réflexions métaphysiques qu’elle a suscitées, je passerai sous silence maintenant la relation d’un accident cérébral dont je fus victime pour lui donner la place qu’elle mérite dans un prochain chapitre que je compte consacrer à la « conscience de l’homo sapiens ».

 

Pour clôturer ce long chapitre réservé au bonheur subordonné à la capacité de dominer l’inconfort physique qu’est la souffrance qui marque la plupart des « fins de vie » de l’être humain, je vais me permettre d’analyser en l’expliquant l’expérience, à la limite de l’intolérable, que j’ai eu le désavantage de subir en 1987.

 

{7} La souffrance est une réaction de défense des être vivants évolués qui est transmise au cerveau pour la traduire en réflexe protecteur du danger d’atteinte à l’intégrité physique. Elle est accompagnée d’un inconfort cérébral appelé douleur. Si on endort une zone agressée, les neurones ignorent le message et s’abstiennent de toute réaction motrice puisque le cerveau ne l’enregistre plus.

 

Avec l’évolution de son intelligence, l’être humain a intellectualisé le phénomène qui conditionne maintenant son existence. A la souffrance physique sont venues s’ajouter les souffrances psychiques, morales, sentimentales, tout aussi cruelles que dévastatrices du sentiment de bonheur.

 

On constate que plus les sociétés sont évoluées, plus cette intellectualisation d’un mécanisme de défense s’amplifie, et devenue cérébrale, se révèle le plus souvent source de souffrance morale.

 

En renfort de ces allégations, constatons que nos civilisations industrialisées et démocratiques actuelles nous font bénéficier de conditions de vie améliorées et de loisirs plantureux,  mais qu’elles nous laissent dans un état permanent d’insatisfaction, fragilisés face aux aléas de la vie et clientèle potentielle des psychiatres et gourous guérisseurs.

 

En 1987, à l’âge de 58 ans, j’ignorais pour ne l’avoir jamais subie, la souffrance physique. La maladie m’avait souvent accompagné en m’épargnant toutefois la torture physique de la souffrance extrême à laquelle, témoin impuissant, j’avais tant de fois assisté chez les autres et qui m’a tant révolté, ainsi que relaté par ailleurs.

 

{5} A cette époque, différents signes précurseurs de problèmes cardiaques se manifestèrent, à tel point que les cardiologues consultés préconisèrent une intervention chirurgicale devenue banale de mise en place de pontages coronariens.


J’y suis allé, très flambard, et confiant en mes facultés de récupération. J’étais persuadé, fort de mes expériences précédentes, que tout se passerait facilement et que, passé les quelques désagréments des premiers jours, ce ne serait qu’une répétition des  « aventures »  du passé dont j’étais bien sorti  en fin de compte.

 

Je déchanterai très vite !

 

Entré en clinique la veille de l’intervention, je passai une bonne nuit calme, aidé par je ne sais quoi dans une petite pilule rose. Le lendemain matin, je dus passer par la traditionnelle formalité prévue en l’occurrence : le rasage pubien. Je ne vais pas me priver du « plaisir » de vous relater mon expérience en cette matière pour l’avoir subie quelquefois.

 

Au lieu de vous envoyer pour vous mettre à l’aise une «rombière routinée » qui ne s’étonne plus de rien, on choisit une toute jeune et rougissante débutante qu’on veut sans doute aguerrir.

 

Elle s’amène, pas très rassurée, en brandissant un « rabot » bon marché dans une main et un essuie-éponge dans l’autre.

 

Vous avez vite compris que ce n’est pas le menton qui est visé et rejetant draps et couvertures, offrez votre anatomie aux yeux prudes de la jouvencelle.

 

Certaines alors se plongent dans un mutisme dédaigneux qui vous remplit de complexes,… d’autres par contre, voulant se (et vous) détendre, se lancent dans une explication inutile sur la qualité des rasoirs à « cinq sous » qui se sont avérés irremplaçables pour ce genre d’opération. (Vous en douterez quand par la suite vous aurez l’impression qu’on vous a flambé le bas-ventre comme le croupion d’une volaille à rôtir.)

 

Commence, alors, un exercice compliqué pour la jeune personne : opérer en évitant de toucher un organe qu’elle appréhende de lui voir sauter dessus.

 

Quant à la victime forcément consentante, pour se distraire et éviter des comportements gênants, elle contemple en esprit un beau ciel bleu avec des petits oiseaux qui font « cui-cui ».

 

On lui demandera à cette victime de l’hygiène chirurgicale, d’écarter les jambes ou de les lever et, en rougissant davantage, de livrer au feu du rasoir l’intérieur des cuisses tout en suggérant, au paroxysme de l’écarlate, de « l’ »écarter (le «l’» désignant pudiquement celui dont, autant l’un que l’autre appréhendent  les manifestations).

 

L’opération terminée, on se sent tout nu, tout nu, et ridicule tandis qu’ « il » paraît énorme et encombrant au bas d’un pubis glabre d’un gris blanchâtre tristounet. Peu fier, on s’empresse de rabattre les couvertures sans se douter que ce n’est que le début d’une longue série d’humiliations.

 

En effet, en pyjama (on n’a pas toujours l’occasion d’enfiler une robe de chambre pour se donner l’allure relax d’une vedette de cinéma) la prestance en subit déjà un fameux coup, mais ce n’est rien à côté de la mascarade qui vous attend quand dépouillé de vos vêtements vous vous couvrez de ce qu’on veut bien vous donner : deux manches reliées par un plastron qui se noue dans le cou sans rien camoufler du tout, mais surtout vous humilie au plus haut point.

 

Ne parlons pas de l’avant, spectacle indescriptible de ridicule que vous tentez d’atténuer en vous penchant, ce qui n’arrange pas l’envers du décor, en mettant davantage en valeur un arrière-train rosâtre chiffonné par l’age et les draps du lit.

 

Le ridicule ne tuant pas, vous en sortirez vivant bien entendu, mais vous vous sentirez devenir tout petit, tout petit, et peu enclin à défendre une quelconque image de marque : je n’irai pas jusqu’à prétendre que ça fait partie d’une mise en condition prévue par les toubibs.

 

Mais revenons au début de l’intervention qui nous occupe, quand une adorable infirmière succéda à la petite débutante chargée de la mise « en forme » pour la suite des événements. Elle m’injecta en intraveineuse une drogue qui devait compléter le travail de la pilule rose de la veille. Je ne me souviens même pas de l’avoir vue retirer l’aiguille, tellement l’effet fut foudroyant et m’envoya dans les nuages.

 

Ensuite, je m’éveillai avec, devant les yeux, un minois charmant dans une blouse blanche qui disait : « Il a les yeux bien ouverts… » et constatai avec stupéfaction que j’avais la bouche grande ouverte sur une sorte de tube enfoncé dans la gorge.

 

Je supposai que les « hostilités » allaient commencer et un peu inquiet quand même, j’attendis que l’anesthésiste qui avait dû rater son coup m’en remette une « dose ».


Une autre forme blanche que j’entrevoyais de côté me faisait des signes comme pour me dire au revoir. «Hou, hou… » qu’elle faisait. Je trouvai la plaisanterie très déplacée envers quelqu’un qui risquait de ne pas revenir du tout.

 

La forme blanche continua : « Il est bien éveillé… » et toutes les deux avec des « Hou…hou… » et des « Monsieur, Monsieur… » à n’en plus finir menaient un tel tapage en agitant les bras que je commençai à me demander ce que c’était que ce « cinéma » comme on dit à Bruxelles.

 

Mon cerveau embrumé commença à s’éclaircir et je réalisai alors, avec la satisfaction que l’on devine, que tout était terminé et que les deux braves filles qui m’accueillaient comme celui qui revient d’avoir vaincu l’Everest, avaient pour mission de me maintenir en éveil. (Il paraît que c’est très important après une longue anesthésie)

 

Après avoir cligné suffisamment des yeux (c’est tout ce que je pouvais faire, tellement j’étais « entubé » et « ligoté » de partout) pour les convaincre de la réussite de leur entreprise, elles consentirent à me laisser tranquille tout en me pinçant le pied. (Ca voulait sans doute dire « bye-bye », ou bien « brave vieux » ou encore « bon courage »).

 

Elles m’avaient glissé dans la main, avant de partir, une poire-sonnette en m’invitant à les appeler si ça n’allait pas. De toute façon, j’appris par la suite que j’étais relié à un tas d’appareil qui me surveillaient dont l’un d’ailleurs scandait mes pulsations cardiaques en me rappelant les feuilletons médicaux de la télévision.

 

Le reste sera moins drôle. Dès que les filles furent parties, je me mis à ressentir les pires choses. Mon thorax défoncé commença à s’embraser comme si j’avais inhalé toute les vapeurs du Vésuve en éruption. J’étouffais et me dis que j’allais y passer si on ne faisait pas quelque chose, aussi j’appuyai frénétiquement sur la sonnette.

 

Elles vinrent tout de suite, une pour basculer le lit vers l’arrière, l’autre pour m’enfoncer un tuyau. J’avais la gueule ouverte du hareng saure pendu au crochet du poissonnier avec dedans un truc flexible qui m’encombrait la trachée pour pomper un tas de « bave » qui gargouillait comme le fond d’une mare putride.

 

Le souffle retrouvé, je pus me consacrer entièrement au plomb fondu qui me transformait en dragon crachant le feu de ses entrailles embrasées. Cela dura une éternité ; de temps à autre un « ange » répondait à mes appels de sonnette désespérés pour « ramoner » le tuyau, encombré de ce que mon organisme rejetait.

 

En intermède, pour mieux me faire atteindre les limites de « l’indicible souffrance », un « démon féroce », en salopette et toque bleue avec des grosses lunettes noires, venait, de ses doigts griffus, comprimer un thorax à peine refermé et maintenu par des ligatures de fil d’acier inoxydable, jusqu’à ce que je toussasse et que je crachasse toutes les matières purulentes que mes tissus révoltés éliminaient continuellement dans le système respiratoire.

 

Si on n’en « crève » pas, ça finit par s’arranger et on peut penser à une convalescence méritée. Je n’eus pas cette chance. Mes antécédents pulmonaires dont la « faculté » n’avait pris garde, tellement le pneumothorax était oublié, me prédisposaient aux épanchements péricardiques et pleuraux qui se manifestèrent avec un empressement qui ne me convenait guère.

 

Dans le prochain sous-chapitre, apitoyé sur mon sort de l'époque, je raconterai cette période misérable de ma vie où je vécus les pires misères dont le manque de sommeil qui fait friser la folie et la souffrance angoissée des asthmatiques qui étouffent à la limite de l'asphyxie.

 

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