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11/07/2016

&92a Ma définition du bonheur.

MA DÉFINITION DU BONHEUR.

Le bonheur tient dans un panier à six anses :

LA PATIENCE – LA TOLERANCE

LA PERSEVERANCE – LA TEMPERENCE

LA PERFORMANCE

 

ET LA CHANCE

Qu’il faut saisir à deux mains

Quand elle passe

Et elle passe toujours

Même là où on l’y attend le moins

 

-o-o-o-

 

Le bonheur est un sentiment difficile à trouver dans les vicissitudes de la vie. --- Il est subtil et on le garde difficilement. --- On le recherche dans beaucoup d’expédients factices, tels la boisson, la drogue ou même le bien-être de la somnolence au soleil. ---

Et pourtant, il y a une vraie façon de trouver cet état d’une manière quasi permanente, c’est ce que symboliquement on peut définir selon la formule succinctement imagée reprise plus haut.

Le bonheur tient dans un panier à six anses qu’il faut toujours symboliquement tenir à deux mains devant soi pour y puiser tous les éléments qui vont construire ce bonheur, ils sont nombreux et peuvent être succinctement définis avec six mots en « ance » comme « anse d’un panier »

 

LA PATIENCE :   Notre nature insatisfaite nous pousse à vouloir tout « tout de suite », à être « impatient » de ne pas obtenir « immédiatement » ce qu’on désire. --- Cette attitude nous amène à entrer en conflit avec les autres, si bien que cette réaction crée dans l’entourage un climat de tension funeste à la bonne entente, elle-même indispensable au bonheur. ---

 

LA TOLERANCE :  Accepter l’autre tel qu’il est. --- Nous avons, la plupart, un besoin de critiquer l’autre ou les autres en les jugeant incapables ou incompétent. --- Ce travers est devenu général et nous estimons devoir « donner la leçon » aux autres. --- Ainsi dans une discussion ne pas admettre qu’on a tort ou parfois de se donner raison en adoptant l’échappatoire « c’est ce que je voulais dire » qui clos le débat et laisse l’autre « pantois ». ---

 

LA PERSEVERANCE :   Ne jamais abandonner, même si les circonstances sont défavorables ou difficiles et semblent impossibles à réaliser. --- C’est alors qu’il faut « serrer les dents », continuer « envers et contre tout » et surmonter le découragement. --- Le résultat sera toujours bénéfique, même « l’échec » peut être positif, car il permet « en déblayant le terrain » de mieux trouver une voie nouvelle en recherchant les circonstances de l’échec.

 

LA TEMPERENCE :  La définition didactique du Grand Robert est la suivante : « Modération dans le plaisir des sens ». --- Il est important pour la santé physique et mentale de chacun d’éviter les excès tant dans le boire que le manger et la sexualité. --- Il n’empêche que les écarts occasionnels ne peuvent qu’être bénéfiques ne fut-ce que pour le souvenir que l’on magnifie et dont on parle avec plaisir. ---

 

 LA PERFORMANCE :   Définition en psychologie du Grand Robert : « Résultat individuel dans l’accomplissement d’une tâche, dont les facteurs principaux sont l’aptitude et la motivation ». --- Dans tout ce qu’on réalise, il est important de le faire avec le souci personnel d’atteindre son meilleur niveau, même s’il en coûte beaucoup d’effort, souvent au détriment de son confort personnel. ---

 

LA CHANCE :  Notre nature humaine est soumise aux aléas de la vie. --- Chaque instant, chaque seconde est susceptible d’apporter malheur ou bonheur. --- Nous ne sommes pas maître du destin et nous devons tenir compte de la chance ou de la malchance qui se présente. --- Il faut les subir et les gérer intelligemment pour qu’elle ne puisse atteindre cette « discipline » du bonheur à s’imposer. --- Comme la chance est fugace, il faut la saisir quand elle passe et elle passe toujours partout, même là où on l’y attend le moins. --- Même, un malheur peut être générateur d’un futur heureux. --- Ainsi le cas vécu de quelqu’un qui a perdu la moitié de la vue, devenu à moitié aveugle et qui éprouve les plus grandes difficultés à lire, qui s’est progressivement adapté à son handicap, à tel point que d’intellectuel moyen physiquement actif est devenu intellectuel performant « assis » qui utilise l’informatique pour adapter son infirmité à sa vision, ce qui le rend très heureux de ce qu’il réalise maintenant. ---

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Le bonheur est la seule chose qui se double si on le partage. (Albert Schweitzer)

Fais ton bonheur d'augmenter celui de tous. (André Gide)

Plus on est heureux et moins on prête attention à son bonheur. (Alberto Moravia)

Le vrai bonheur consiste à rendre les autres heureux. (Proverbe hindou)

Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir (Saint Luc)

L’homme le plus heureux est celui qui fait le bonheur d’un plus grand nombre. (Diderot)

Donne tes mains pour servir et ton cœur pour aimer. (Mère Theresa)

-o-o-o-o-

21/09/2015

&93e MEDECINE/Les infirmités

 

&93e MÉDECINE/Les infirmités.

Définition du Grand Robert : État (congénital ou accidentel) d’un individu ne jouissant pas d’une de ses fonctions ou n’en jouissant qu’imparfaitement (sans que sa santé générale en souffre). …

Beaucoup  d’êtres humains en  sont atteints dès leur naissance. … Ils  les subissent stoïquement ou sont geignard et socialement difficiles. ...

L’ Office Mondial pour la santé (OMS) classifie 5 catégories de handicaps :

1. Le handicap moteur : capacité partielle ou totale,  limitées pour un individu de se déplacer, de réaliser des gestes ou bouger certains membres (paralysies, amputations, infirmité motrice cérébrale, spina bifida ou malformation embryonaire liée à un défaut de fermeture du tube neural, myopayhie ou atteinte à un des constituant du muscle.)

2. Le handicap sensoriel : Difficultés liées aux organes sensoriels – deux types de handicaps 1. Handicaps dans la fonction visuelle (cécité, malvoyance, amblyopathie ou affaiblissement de l’acuité visuelle, achromatopsie ou difficultés de distinguer les couleurs, hémianopsie ou perte du champ visuel droite ou gauche, qui est celui dont je suis atteint … ) – 2. Handicap auditif (mal entendant partiel ou total, trouble de la parole, surdité)

3. Le handicap psychique : Troubles mentaux, affectifs et émotionnels, soit une perturbation dans la personnalité, sans pour autant avoir des conséquences sur les fonctions intellectuelles (schizopfrénie, maladies bipolaires, hypochondriaques c'est à dire obsession anxieuse et excessive au sujet de la santé)

4. Le handicap mental : Déficience des fonctions mentales et intellectuelles entrainant des difficultés de réflexion, de compréhension et de conceptualisation, conduisant automatiquement à des problèmes d’expression et de communication (autisme soit trouble du développement humain caractérisé par une interaction sociale et une communication anormale, trisomie 21 ou anomalie chromosomique congénitale entrainant un retard mentale , polyhandicap ou déficience mentale et motrice entraînant une restriction extrême de l’autonomie)

5. Les maladies invalidantes : Maladies qui, par leurs effets sur l’organisme, peuvent générer un handicap et évoluer dans le temps.  A citer notamment les maladies respiratoires, digestives ou infectieuses (épilepsie, sclérose en plaque, etc…)

L’infirmité est un handicap permanent qui atteint un grand nombre d’individus sur notre planète : Un milliards de personnes selon le rapport mondial sur le handicap de l’OMS et de la Banque mondiale … Il s’agit d’une évaluation sérieuse mais difficilement établie étant donné que ces chiffres  ne tiennent compte, pour les calculer que de ceux qui sont avancés par les pays organisés. …

En1993, la définition suivante est donnée « Par handicap, il faut entendre la perte ou la restriction des possibilités de participer à la vie de la collectivité à égalité avec  les autres. On souligne ainsi les inadéquations du milieu physiques et des nombreuses activités organisées, information, communication, éducation qui ne donnent pas accès aux personnes handicapées à la vie de la société dans l’égalité … »

Cette définition vaste permet de couvrir tous les aspects d’un problème difficile à cerner dans son entièreté. …

Ces préambules ont été nécessaires pour bien situer un problème complexe, difficile à cerner sans préciser son contexte, son étendue et ses limites.

Les aléas de la vie ont fait de moi un handicapé visuel, moteur et mental adapté à des degrés divers. … Ma démarche, en écrivant ces lignes, n’a pas d’autres raisons que d’aider ceux qui souffrent d’infirmité ou de handicaps divers, à trouver une philosophie du bonheur en s’adaptant positivement à leur sort. …

Cette discipline demande, au début, une grosse discipline de concentration cérébrale pour acquérir un réflexe habituel d’attitude positive face aux aléas que la vie nous réserve à discrétion. …

La malchance, le mauvais soins et une méprise ont fait de moi  un handicapé visuel grave. … Je suis à moitié aveugle, en ce sens que j’ai perdu la moitié du champ visuel … Le borgne perd l’usage d’un œil, mais garde une vue normale. … Il ne perd que la perception des volumes, ce qui reste bénin. …

Pour comprendre la hémianopsie qui coupe le champ visuel en deux à droite ou à gauche selon la localisation de l’infirmité, il est indispensable d’expliquer comment nos yeux envoient une image au cerveau. …

Nos deux yeux perçoivent chacun une image avec un écart suffisant pour donner l’impression du relief (cf. borgne). …

Pour un homme bénéficiant d’une vue normale, l’image reçue est envoyée au cerveau par trois chaînes de neurones, l’une envoie la partie droite de la vision, l’autre sa partie gauche et la troisième le centre réduit à un petit cercle, c’est ce qui permet à l’horloger de travailler sur une image complète non coupée en deux.

En ce qui concerne la hémianopsie, les yeux enregistrent une image entière, mais le cerveau ne la reçoit pas  … J’ai perdu la partie droite, donc je ne vois pas ce qui se trouve dans le champ visuel droite, ce qui rend la lecture difficile parce que les yeux envoient une image tronquée de sa partie droite… Comme notre écriture ou notre lecture s’inscrit de gauche à droite à l’inverse des musulmans, en ce qui me concerne,  je ne découvre la partie droite d’un texte que syllabes par syllabes en déplaçant la souris … Quand j’écris, il m’arrive souvent de continuer en dehors de la feuille. …

Autre contrainte cependant maîtrisée, les déplacements en rues étant devenus difficiles,  j’ai trouvé la parade en balayant le champ visuel de gauche à droite, ce qui me permet d’évoluer normalement en « devinant » les obstacles sauf dans les passages étroits où je me cogne continuellement. … Mes bras et mes mains sont continuellement couverts d’ecchymoses, d’autant plus larges qu’un traitement cardiaque m’oblige à me soigner avec une médication diminuant la faculté sanguine naturelle d’agglomérer le sang en caillots et de ralentir le saignement. … Quand je me coupe ou me blesse, je dois mettre un pansement rapidement, sinon le sang continue à couler. ...

Cependant, je peux affirmer que je suis heureux et même que je me réjouis de ma situation visuelle qui m’a permis de profiter de l’handicape pour développer ma culture en profondeur. … Je travaille avec mes outils informatiques la plus grosse partie de mon temps et j’y trouve un grand dynamisme et la satisfaction de découvertes intellectuelles enrichissantes … Homme d’action, j’aurais développé autrement mes activités de la connaissance, mais pas avec une telle intensité, mais surtout avec une telle profondeur qu’elle donne un sens à ma vie. …

Ma fille m’ayant suggéré de développer cette attitude positive en raison de la satisfaction des résultats obtenus, j’ai l’audace de m’attaquer à un problème aussi délicat et controversé que la conquête du bonheur et communiquer mon expérience et mes conseils à d’autres…

Avec l’âge, des accidents ou tout simplement la nature ont provoqués chez moi un état déficient de la mobilité. …

De  la canne ou de la béquille au fauteuil roulant et même l’immobilisation totale dans l’appareillage adéquat, nombreux sont ceux qui la subissent.

Certains améliorent leur condition physique en pratiquant des sports adaptés à leur infirmité et nous restons admiratifs devant leurs performances. … Ceux-là ont trouvé un dérivatif à leurs handicaps. … Sont-ils heureux pour autant ?…

Pas nécessairement, le bonheur profond et permanent  ne s’acquiert qu’avec une discipline personnelle constante qui demande un état  d’esprit permanent. … Mon écrit référencé par des expériences personnelles n’a pas d’autres raisons que de donner des leçons du bonheur au plus grand nombre, en me référent à mon expérience dans le domaine …

J’ajouterai que ma mobilité est réduite par l’âge et un accident cardiaque. … De plus, la jambe gauche est légèrement bloquée et ne me permet plus de me relever sans appui. … J’éprouve les plus grandes difficultés à m’agenouiller et à me relever ou quitter un siège sans un effort en deux temps en m'assistant d'un appui à portée de main, afin de sauter un passage à vide déséquilibrant. …

Je pense améliorer ou conserver ma situation physique en profitant, tous les matins, d'une douche glacée suivie de la plus chaude possible que je m’impose depuis une trentaine d’années pour améliorer ma résistance  cardiaque et combattre le durcissement des tissus épidermiques et du système artériel et veineux. … Cette discipline me sert aussi à améliorer les inconvénients d’une mobilité déficiente. …

Lors des nombreux examens que je subis, un médecin qui contrôlait le circuit veineux, a été très étonné de la souplesse de mes veines d’octogénaire Ma circulation sanguine oxygène abondamment les tissus épidermiques, avec l’avantage de l’élimination efficace  des larges et abondants hématomes, provoqués par un handicap visuel, qui peuvent provoquer les accidents cardiaques de l’âge.

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13/07/2010

Ch. 27 c - Le petit soleil.

&

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

__

Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 25 d - Le petit soleil

 

Pleurer le bonheur, ça gonfle la poitrine…. c’est d’abord immense et profond…..et puis c’est infiniment doux, de la douceur des crépuscules quand ils fraîchissent la canicule….

 

J’ai caché ma faiblesse derrière une colonne du grand hall d’accueil de l’aéroport qui venait de nous faire découvrir un coin de paradis…. : vision d’une madone tenant dans ses bras une petite fille souriante et frêle qui lui caressait tendrement le visage….

 

Cette image lumineuse dans la foule bruyante et bigarrée des voyageurs, elle s’isolera, elle s’auréolera de lumière pour se graver dans mon souvenir….

 

Ce geste spontané de tendresse d’une enfant qui avait déjà été marquée dans ses quelques premiers mois d’existence par la maladie et la souffrance (une maladie mortelle aurait dû l’emporter) vers celle qui avait tant d’amour à donner, sera annonciatrice d’un courant affectif qui émanera toujours d’elle et qu’elle projettera sur son entourage.

 

Sa sœur d’abord qui en avait tellement besoin pour se rassurer. Comme je l’ai signalé plus avant, elles sont comme des jumelles qui trouvent dans l’autre des réponses aux problèmes spécifiques de leur situation, dans un environnement occidental souvent maladroit et exclusif.

 

Nombreux seront-ils ces moments de bonheur que nous ressentirons à les voir se taquiner dans une entente délicieuse ou se glisser des confidences de midinettes avec rires cascadés comme des clochettes lamaïstes mues par le vent.

 

Maintenant encore dans leur plénitude d’adulte, elles restent tributaires de leur histoire jumelée et complices de sentiments très subtils et particuliers que nous, leurs parents, percevons avec tant de tendresse et de compréhension.

 

L’aînée porte bien son nom : Béatrice l’heureuse,…. toujours souriante, toujours joyeuse…. toujours aimante….

 

Si tendre, si affectueuse que toute petite déjà, elle se réfugiait dans mes bras, pour enfouir son front dans mon cou….. ; j’osais à peine serrer contre moi cette subtile tiédeur de l’enfance pendant que deux petites mains effleuraient la mienne…, je sentais alors grimper en moi ce profond soupir du bonheur….

 

Maintenant encore, elle ne peut s’empêcher de manifester sa tendresse envers tout son entourage à la moindre occasion, avec des yeux brillants d’émotion, un sourire attendri et une spontanéité qu’elle ne peut s’empêcher de manifester en un geste de chaleureuse affection.

 

Cette aura de bonheur dont elle tentera toujours de s’environner, elle tournera à l’obsession jusqu’à vouloir la forcer chez ceux qui en ont le plus besoin : les déprimés, ceux que la vie fragilise et qui ne voient le bonheur que comme une très lointaine étoile.

 

Brillante infirmière psychiatrique, elle encourage, elle crée le meilleur environnement affectif en prodiguant son merveilleux sourire à ceux qui s’enfoncent dans le désespoir, mais surtout avec la douce, chaude et tendre lumière de ses yeux en prélude à ce bonheur qu’ils cherchent sans grand espoir….

 

C’est bien cela qu’elles nous ont apporté nos deux petits pinsons d’orient : le carillon du rire de l’une, pur comme celui des cordes de harpe et le tendre regard de l’autre, doux comme le velours d’un pétale de rose :

 

Une perle de rosée au bord d’une fleur

C’est une clochette de printemps,

Une mésange au bout d’une branche

C’est le ciel qui s’y penche.

 

Une petite fille qui tend les bras

Au cou de son papa

C’est l’azur qui environne

Et le soleil qui ronronne.

 

C’est la perle de rosée

Au bord de ses yeux.

C’est la mésange

Qui chante en son cœur.

 

Sa petite sœur au rire de cristal,

Qui cascade de cœur en cœur,

C’est le chant des sources

Et la fraîcheur des matins clairs.

 

C’est la perle de rosée

Qui s’éclaire des feux du jour,

C’est la mésange

Qui palpite

En son écrin de vert velours.

 

 

Un prince charmant sommeillait en son cœur. Elle l’avait toujours regardé de loin, de très loin parce qu’il était grand, très grand, presque dans les étoiles pour une si petite fille….

 

Elle en avait toujours rêvé….de ce copain de son frère qui la regardait parfois avec un grand, éclatant mais doux sourire et des étincelles malicieuses dans les yeux….

 

Ce qui devait arriver, arriva…. la petite fille devint une jeune et mignonne femme….et le prince charmant s’éprit d’elle….

 

Ils s’épousèrent par un des plus beaux jours de printemps. Le soleil était si heureux qu’il en inondait le ciel si fort que le bleu n’en était que plus bleu….et les arbres plus verts….et les fleurs plus fleurs….

 

Dans ce conte de fées (vrai), il y avait une jolie maisonnette tapie dans les bois et des grands hêtres…. Le frère et son ami en avaient fait un merveilleux havre d’accueil pour ceux qui allaient célébrer une union avec toute la ferveur d’un jour éclatant le bonheur….

 

C’est avec émotion que j’en revis encore les premiers moments dans l’environnement somptueux des grands hêtres…. :

 

Nous nous étions assis avec les invités sur la terrasse qui bordait la maison et goûtions la fraîcheur des frondaisons que trouait de pinceaux d’or un soleil en fête…

 

Un écureuil, après avoir rangé ses petits, nous lorgnait de temps à autre, en passant le bout du nez hors du creux où il nichait…

 

Un peu plus loin, dans un espace en clairière, cachée aux yeux de tous, une calèche attelée de deux gros chevaux attendait avec un cocher en redingote coiffé d’un haut de forme (c’était une surprise du marié à tout le monde).

 

La future mariée s’était préparée et nous apparut radieuse de soie blanche et coiffée d’une ravissante capeline….. son visage, sous la voilette, était lumineux et ses yeux légèrement embrumés d’émotion semblait atteindre la plénitude du bonheur suprême…..

 

Vinrent alors, pour moi, des instants parmi les plus précieux de mon existence :

 

La calèche apparut sous les applaudissements d’un entourage surpris et ravi, visiblement gagné par le romantisme féerique de la situation dans ce cadre idyllique, vibrant de lumières qui se jouaient d’ombres tendres ….

 

La maison de mon fils Benoit se situe dans un bois de haute futaie qui s’étend pas très loin de la petite ville de Wavre où devait se dérouler la cérémonie religieuse du mariage.

 

Ce fut donc dans ce décor de feuillage et de grands arbres que je connus des moments de bonheur qui se sont gravés profondément dans mon souvenir et que je me rappelle avec délice….

 

Je devais conduire la future mariée devant l’autel, comme c’est la tradition, on m’invita donc à prendre place dans le véhicule avec ma fille.

 

Vinrent alors ces moments précieux que je veux distiller lentement pour mieux en communiquer toute la valeur.

 

Le parfum de subtile fraîcheur des hêtres qui s’éveillent, se mêlait à la tendre tiédeur de l’humus des chemins encore chauds de la douceur d’une belle nuit de printemps.

 

J’entends le pas des chevaux qui frappe sourdement la terre battue, le grelot des colliers, une fauvette qui chante…, un merle qui siffle….

 

Mes yeux caressent le dos rond et luisant du vieux cocher, les ombres feuillues qui s’inclinent et nous saluent,… les bribes de soleil qui lutinent les branches,… et nos visages… et nos cœurs….

 

Mais surtout, il y a cette petite main de ma fille qui est posée sur mon bras et qui tremble le bonheur, il y a sa tiède présence contre moi dans le berceau de la calèche qui sublime plus encore des instants inoubliables.

 

Il y a aussi ces passants qui nous acclament quand nous traversons la petite ville au petit trop de nos chevaux… et cette place devant l’église que nous contournons dans la foule de nos amis, ravis de la poésie du moment.

 

Dans l’église qui rayonnait de tous ses vitraux ensoleillés, je confiai ma fille à son beau prince qui s’avança avec elle vers l’autel où ils allaient sacramentellement unir pour la vie leur couple merveilleux.

 

Nous avons fêté cela ensuite dans un endroit pittoresque à souhait  : un ancien moulin à eau aménagé en salles de banquet avec l’originalité de sa conception fonctionnelle transformée en plateaux d’accueil.

 

Le temps magnifique permit une réception chatoyante dans la propriété qui entourait le moulin avec quelques musiciens de jazz pour agrémenter la fête.

 

Au dessert, je me suis autorisé à sortir quelques vers dithyrambiques pour mieux encore magnifier une journée qui fut exceptionnelle aux yeux de beaucoup :

 

C’était un bel oiseau

Qui s’en venait du ciel.

Ses yeux étaient très beaux

Son teint était de miel.

 

Béatrice pour nom,

En joie comme un pinson,

Calmant de son sourire

Ceux qui craignaient le pire.

 

Tu es petit amour

Un rayon de soleil

Qui bercera toujours

Nos rêves et nos éveils.

 

-----

 

Un très grand et beau prince,

Un jour, vint à passer

A ses pieds s’est jeté,

Tremblant qu’on ne l’évince.

 

Philippe est bien son nom.

Il est fort comme atlas,

Franc, généreux et bon.

Mais qu’il a de la classe !

 

-----

 

Est-il un plus beau havre

Que ce grand nid à Wavre

Pour de beaux oisillons

Qui bien s’y blottiront ?

 

°°°°°°°°°°°°°

 

06/07/2010

Ch. 27 a - Le bonheur, distillat de la condition humaine.

&g

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

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Ch. 29. a - Le bonheur, ce distillat subtil de la condition humaine.


{1} Le bonheur est un oiseau frêle qu’il faut enfermer doucement dans les mains pour le protéger de tout ce qui le blesse…. il est si fragile qu’on le ménage en lui réservant un petit nid tiède tout au fond de l’âme….

 

Le bonheur, on en rêve pour se donner du courage dans le long chemin de l’existence, quand on se bat pour continuer,… avancer,… gagner…

 

Le bonheur, on le recherche aussi à la table de celui qui en est tellement riche qu’il le donne…. on le regarde avec envie, sans oser entrer dans la chaîne de ceux qui comme lui, le distribuent sans compter …. parce qu'il provient d’une source qu’ils ont découverte et qui ne tarit jamais…

 

Le bonheur, c’est le distillat laborieux sorti du grand alambic de la vie qui a mélangé labeur et peine avec savoir et expérience….

 

Le bonheur est un sentiment si grand, si difficilement définissable que même les plus recherchés des vocables de notre si belle langue française n’arrivent pas à en exprimer suffisamment toute la richesse et la grandeur.

 

Le poète, alors, se déchaîne et ses vers s’éclairent de la sonorité des mots, de la musique des pieds, tout en se colorant du chant des rimes.

 

Le bonheur, c’est le ciel quand il sourit,

Le bonheur, c’est une flamme dans les yeux,

Le bonheur, c’est le retour des hirondelles,

Le bonheur, c’est le friselis des sources.

 

Le bonheur, c’est l’enfant qui sommeille,

Et l’adolescent qui s’éveille,

Le bonheur, c’est l’avidité de savoir,

Mais aussi, la quiétude de la connaissance.

 

Le bonheur est un enfant clair

Qui barbotte, les pieds dans l’eau,

C’est aussi le petit oiseau

Qui pépie au cœur des mères.

 

Le bonheur est un homme sage

Qui se penche sur son printemps

En se berçant des belles pages

Qui chantent ses jours et son temps.

 

{2} « Se souvenir du bonheur, c’est aussi du bonheur » est le titre du beau livre écrit par le poète-chantant qu’est Salvatore Adamo, cet autre grand naïf qui n’a pas peur d’avouer sa candeur et qui l’affiche ouvertement.

 

C’est dans le même esprit que je vais raconter avec ferveur des instants, …des parcelles parfois, de cette « aura subtile » qui a valorisé certains moments précieux de mon parcours.

 

C’est en évoquant certains souvenirs, dans un registre plus calme, plus paisible…. mais intense, que je m’enivrerai d’heureuses réminiscences telle cette tendre quiétude que me réservait l’aube des matins clairs dans la douceur d’un tiède soleil, ou la torpeur des heures chaudes de midi, rafraîchies par l’ombre des grands arbres, et, si subtiles, les senteurs du soir…. enivrantes, ensorcelantes…. annonciatrices de nuits parfumées….

 

Il y aura encore les chants d’éveil du printemps,… ceux de l’été qui ronronnent le soleil et bourdonnent la vie des champs…. les soupirs de couleurs et de brames de l’automne…. et ceux de l’hiver dépouillé, dans son infinie blancheur,…. son confort devant l’âtre.

 

Nombreuses sont-elles ces étincelles de bonheur chez ceux qui les reçoivent au creux de l’âme pour y raviver les douces braises de souvenirs intenses.

 

Il y avait si longtemps

Que je cheminais :

J’en avais les jambes dures.

 

Aussi, je me suis arrêté,

Et me suis retourné,

Une fois encore.

 

Il y avait des collines,

Des crêtes et des ravins,

Des bois et des rivières.

 

Il y avait des soleils partout

Dans les pentes et dans les prés

Dans les cœurs et dans les yeux :

Eux seuls demeuraient

Dans l’étendue de mes souvenirs.

 

Si je privilégiai ce jour-là parmi tant d’autres, c’est que plus encore, je connus la grandeur de la complémentarité, la plénitude de l’unisson, la douceur de la tendresse….

 

{3} Elle était à mes côtés, frêle parce que protégée, ardente parce qu’amoureuse, belle parce qu’heureuse….. Elle vivait de fleurs, sa voix était fraîche comme la rosée de ses roses. Son cœur avait la gaieté de ses myosotis, ses yeux riaient les gentianes, les cyclamens, les narcisses et les tendres œillets de son jardin…..

 

Je me sentis plus grand, plus fort que le grand mâle qui se bat la poitrine en défiant des mondes….

 

Des pinsons de bonheur s’étaient élevés dans l’azur et s’égosillaient tant qu’à mourir….

 

Ce souffle-là, il est si léger

Qu’il s’élève très haut,

Plus haut que les étoiles,

Plus haut que l’infini.

 

Ce souffle-là est si tendre

Qu’il est chaud de douceur

Qu’il est tiède de velours

Qu’il est clair de lumière.

 

Ce souffle-là est si grand

Qu’il emplit la terre entière.

Ce souffle-là est si grand

Qu’il défie tout l’univers.

 

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14/05/2010

Ch. 23 g - Souffrance et anges de la terre

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère au début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) du site (e-monsite ) que j’ai créé permettant de consulter les sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)  Cliquer sur le dossier recherché pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 23 g - Souffrance et anges de la terre.


Si je me suis étendu aussi longuement et d’une manière aussi détaillée sur cette période difficile de ma vie, c’est que dans ce sous-chapitre consacré à la souffrance, je tenais à compléter ma réflexion de certains éléments qui me sont venus à l’esprit à la suite de mon expérience.

 

{8} D’abord, en priorité, je tiens à magnifier le rôle de l’infirmière et de la femme dans ces moments de détresse et de solitude qui caractérisent ces périodes de torture physique.

 

Leur sourire est lumineux comme une étoile brillante qui perce des nuits obscurcies de nuages noirs et lourds. Vous la cueillerez au vol, cette expression du cœur, comme un oiseau furtif, quand il apparaîtra sur leurs lèvres ; vous la garderez au plus profond de vous-même, afin d’y puiser à son souvenir un peu de courage et de réconfort quand ça n’ira plus.


On s’accroche aussi à leurs beaux yeux doux quand ils passent et prennent pitié : on se plonge alors dans l’immensité infinie d’un regard de tendresse. On y aperçoit un peu de ciel bleu. On s’y abreuve d’espoir, l’espoir que ça va finir.


Mais surtout, il y a ces mains, ces si belles mains de femme, faites pour la caresse à l’enfant malheureux dans sa nuit de cauchemar,.. . faites pour rafraîchir un front brûlant,… faites pour trouver dans votre couche les plis qui font mal,… faites pour donner,… faites pour aimer… ces mains de femmes que Dieu, pour se faire pardonner, a envoyé à ceux qui souffrent pour adoucir leurs souffrances…


HYMNE AUX ANGES DE LA TERRE.

 

Vous avez dans les yeux

Des étincelles d’or

Qui tombent comme un baume

Sur les plaies des corps.

 

Vous avez dans les yeux

Des rires d’enfant clair

Qui cascadent en nos âmes

Déchirées et amères.

 

Vous avez dans les yeux

Des étoiles, des brillants

Qui sourient dans le ciel

Pour calmer nos tourments.

 

Vous avez les mains douces

Des mamans du cœur

Qui caressent la douleur,

Et apaisent les plaies.

 

Vous avez les mains chaudes

De l’amour .

Vous avez les mains tendres

De la caresse.

Vous avez les mains fines

De la tendresse.

 

Vous avez des mains de sœurs

Qui effleurent nos fronts brûlants

Vous avez des mains de fleurs

Comme un bouquet

De diamants.

 

 

{9} Comme je l’ai déjà mentionné par ailleurs, la souffrance physique fait partie d’un mécanisme de défense des organismes supérieurs (les êtres à sang chaud) qui leur permet de protéger leur intégrité physique. On peut supposer que les autres n’en sont pas ou peu dotés.

 

Avec l’évolution de la pensée chez les humains, cette réaction s’est intellectualisée en ce sens qu’elle préoccupe notre réflexion en la portant sur ses origines, ses raisons s’il y en a et sur la manière de s’en accommoder ou de s’en préserver.

 

De tout temps, et plus encore maintenant, des hommes « éclairés » s’efforcent de trouver remèdes et solutions : ceux des religions d’abord qui en feront leurs « choux gras », les médecins et les guérisseurs qui s’attaqueront aux causes avec plus ou moins de succès.

 

Dans un prochain chapitre, j’aborderai avec beaucoup de prudence le domaine délicat de l’accident cérébral, avec son cortége de souffrance psychique et de désarroi mental qu’il entraîne, ayant eu le désagrément de le subir en fin de carrière.

 

Tout au long des dix semaines que durèrent le « calvaire » que je viens de relater, je m’efforçai inlassablement de dominer, de maîtriser une réaction physique qu’une simple piqûre peut endormir, à l’instar des « fakirs » dont c’est le métier.

 

Si je n'y parvins jamais, ce sera vraisemblablement à cause d’un état général déficient. Je reste cependant persuadé que l'on doit est capable d’y arriver.

 

Depuis, je m’interrogerai souvent sur ce phénomène qui conditionne notre bonheur avec lequel il est difficilement compatible.

 

On dit que les saints en font leur félicité… mais ils ne feront jamais partie du commun des mortels… comme le disait si bien mon prof de religion et puis leurs « fidèles » n’en ont-ils pas rajouté !

 

Comment concilier bonheur et souffrance quand la torture physique est telle qu’elle encombre le cerveau de son envahissante présence ?

 

J’ose à peine évoquer ici le calvaire des martyrs en « phase terminale » comme on dit, que j’ai décrits avec angoisse un peu plus avant. Ils n’ont plus aucun droit à la moindre parcelle de bonheur et leur courage ne peut que nous inspirer respect et admiration.

 

Il reste alors le long cortège de ceux qu’un mal permanent, sans danger pour leur intégrité physique, agresse douloureusement. Je pense à tous ceux qui souffrent de douleurs de tous genres : migraineuses, rhumatismales, arthritiques, torturant les membres, les mains, les pieds, le cou, clients des rebouteux, stations thermales, acupuncteurs et autres.  Je songe plus particulièrement à une femme sublime de courage, tordue, appuyée sur une béquille, se traînant de sa voiture à son ménage, s'occupant de ses nombreux petits-enfants, de leurs travaux scolaires (il y a des orphelins de mère), toujours disponible sans se plaindre, héroïne inconnue.

 

Leur bonheur est difficile : ce sont des mendiants de bien-être qui se contentent d’un peu de répit dont ils se prélassent humblement, sans rien demander de plus.

 

Avouons que nous n’osons presque plus continuer notre parcours qui aboutit aux autres, dont je fus, ceux qui connaîtront la convalescence et la guérison, tellement cette situation paraît insignifiante en regard de la leur : momentanée, elle est éclairée par l’espoir de jours meilleurs, souvent enrichis d’un mode de vie plus sain.


En guise de conclusion, je me permets un certains nombres de réflexions qui me viennent à l’esprit.

 

L’intolérance mentale à la souffrance est un phénomène provoqué par la vie facile et le confort dont nous « les civilisés » bénéficions, les autres de par le monde vivent dans des conditions que nous ne supporterions jamais : il serait intéressant d’arriver à maîtriser, canaliser et dominer cette réaction en essayant de l’observer de l’extérieur pour en revenir à une saine notion d’un mécanisme qui peut être totalement psychique.

 

Cette distanciation qui demande un peu d’entraînement permettrait une décontraction psychique et physique autorisant une approche plus sereine de l’événement, même s’il y a douleur physique.

 

La pharmacopée actuelle de plus en plus performante propose des substances dont il faut se méfier des effets pernicieux ou de l’accoutumance. Il serait sage de ne les utiliser que d’une manière temporaire et complémentaire à d’autres actions.

 

Le bonheur malgré un état de souffrance tolérable et maîtrisé peut se concevoir chez des êtres forts, doués d’une volonté consciente d’y parvenir. Il serait heureux que nos maîtres intègrent dans leur enseignement des leçons sur la manière d’affronter la douleur et de la supporter sans adjuvants artificiels.

 

Il serait intéressant que dès le plus jeune âge on enseigne dans le cours de science les mécanismes nerveux qui créent ce sentiment d’inconfort et les différentes manières de les contrôler naturellement. Cette étude du phénomène permettrait d’en maîtriser les manifestations avec décontraction en l’analysant.

 

La souffrance physique est de plusieurs ordres : locale ou générale, intermittente ou continue. Quoi qu’il en soit, il faut la subir « animalement » pour la supporter et la tolérer. Y arriver est déjà tout un programme !

 

En fin de compte que sera-t-elle à côté de celle des animaux que nous avons l’outrecuidance d’appeler nos amis et qui la subissent héroïquement presque sans sourciller :

 

Le bourricot du Maghreb, aux pattes frêles et tremblantes croulant sous des charges impossibles, son maître, sans pitié, trônant par dessus et le frappant sans relâche …

 

Le cheval aux naseaux écartés, ouverts comme des tuyères, cravaché à l’extrême, éperonné sans pitié, les muscles saillant tels des viscères d’animaux éventrés,… à la limite de l’asphyxie (ne dit-on pas : crever sa monture…)

 

La poule en batterie, pattes ankylosées, condamnée journellement à sortir de son cloaque douloureux, distendu à se rompre, le gros œuf de notre petit déjeuner. (plus il est gros, plus il rapporte…)

 

Et la vache, debout, museau tendu par la courroie, le ventre ouvert à vif sous le couteau de la césarienne pour étaler dans nos assiettes le steak géant du « cul de poulain » qu’on vient de lui arracher de ses tripes sanguinolentes….

 

Et tous ces martyrs de notre santé, de notre esthétique et de notre confort, croupissant dans les laboratoires,… déformés, malades, agonisant, monstrueux mutants, déchets de vie…

 

Et enfin tous les animaux sauvages que la nature et les hommes torturent dans l’inconscience de leur sort ou l’indifférence à leur calvaire…

 

Vous, ceux que Saint François appelait nos frères, qui nous regardez avec les grands yeux tristes de l’incompréhension en gémissant le long spasme de l’infinie douleur…hurlez au ciel avec nous votre révolte et votre refus de la subir.

 

Quant à la mort, cette fin de vie qui nous attend comme le chante si bien Jacques Brel, ne devons-nous pas également nous éduquer à la subir sans angoisse, sans effroi, avec maîtrise, dans la décontraction totale de l’animal qui l’endure sans savoir… quoi qu’en disent par anthropomorphisme bon nombre de gens bien intentionnés ?

 

Je réserve pour la fin de mon bouquin, maintenant que les jours et les années se comptent pour moi, mes réflexions détendues sur le sujet en invitant mon patient lecteur à partager avec moi le sentiment de sage plénitude et de profond bonheur que j’ai l’ambition de lui communiquer en rédigeant ces pages.

 

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23/04/2010

Ch. 23 a - Bonheur, souffrance et fin

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère à la fin de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.


Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui ont permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

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Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

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situés au début de certains paragraphes

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suivant les repères { } situés en début de chapitre.


(Ceux qui désirent consulter la table complète des matières et des repères

cliqueront sur DOSSIERS (à droite – La table des matières est à la fin de la liste).


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(23 a)  BONHEUR, SOUFFRANCE ET FIN DE VIE.


{1} Bonheur et souffrance qu'on considère comme antagoniques sont pourtant intimement liés. Dès les premiers instants de son existence, l'être vivant livre un combat pour la vie qui élimine les plus faibles au profit des plus forts.

 

Cette bagarre dans un milieu hostile ne va pas sans inconfort physique subi à des degrés divers de tolérance.  C'est la « souffrance » prise dans son sens étymologique strict, du latin  sub(sous) et ferre(porter) avec le même sens que supporter qui vient de sub et portare.

 

Il semblerait que, pendant sa portée, la mère des mammifères neutralise cette réaction de « douleur »  chez son petit en l'encaissant à sa place, grâce au milieu amniotique dans lequel elle l'a placé, sollicitude qu'on ne retrouverait pas chez les ovipares et même les ovovivipares (éclosion  interne de l'œuf, comme chez la vipère).

 

Dès que l'être vivant, quel qu'il soit, pénètre dans son milieu « naturel » par sa naissance, il est environné d'agresseurs de tous genres, évolués ou si besoin en est, adaptés à coup de mutations.

 

Chez certains, surtout, semble-t-il, les êtres à sang chaud qui la subissent à des degrés extrêmes, ce combat ne va pas sans l'inconfort physique de la souffrance qui devient donc un phénomène primordial conditionnant leur existence. La souffrance physique a été inventée par la nature pour servir d'avertisseur d'atteinte à l'intégrité physique et ainsi protéger l'organe menacé.  La souffrance morale sera "inventée" par l'homme dès que son cerveau développera la conscience de son individualité suscitant l'insatisfaction résultant de l'appréciation de son sort.

 

Antinomique ou contradictoire de cet état, le bonheur, quant à lui, sera l'aboutissement d'une quête obsessionnelle de « non-souffrance », de parenthèse fugace dans notre cheminement  douloureux pour subsister dans un milieu hostile et peu propice à réaliser les aspirations que notre "intelligence" nous révèle.

 

Que sommes-nous donc, nous,  ces êtres à sang chaud, vertébrés supérieurs et mammifères évolués, de l'ordre des primates dans le sous-ordre des anthropoïdes et de la classe des  hominiens ?

 

Fragiles et vulnérables, nos petits sont portés en gestation et naissent incomplètement formés.

 

Nos ancêtres, les primates, et parmi eux ceux qui furent isolés suite à la fracture du Rift Valley ou pour d'autres raisons, se sont redressés sur les pattes arrières pour voir le danger au-dessus des savanes déboisées ou maintenir dans leurs bras la charogne qu'ils chapardaient aux prédateurs.

 

Devenue habituelle,  cette position les amènera à la marche et à la course, mais n'autorisera pas un agrandissement suffisant du bassin féminin, pour laisser passer la tête du fœtus à terme, qui avait pris de l'importance suite au grossissement du cerveau développant l'intelligence.

 

C'est, semble-t-il, ce qui a forcé nos ancêtres parturientes à mettre au monde des prématurés, compromis sans doute dangereux pour sa progéniture, alors que son cerveau  n'est pas encore complètement formé.

 

Dès la conception, nous nous trouverons à l'origine du lent processus de maturation physique et psychique de notre moi qui bénéficiera ensuite du bain de l'environnement éducatif  propre au milieu de nos géniteurs, nous permettant ainsi de construire notre personnalité. Il faudra quinze à vingt ans pour y parvenir dans notre contexte occidental.

 

Pendant cette lente « gestation », nous allons « apprendre » le bonheur....  Mais oui, le bonheur ça s'apprend, ça se cultive, c'est un art...difficile... très difficile même. Il est tellement fugace que certains ne le perçoivent jamais... et le cherchent vainement.

 

Il est tellement précieux et fragile qu'il faut le ménager, le protéger des fantaisies du destin et de la méchanceté des autres, de l'envie de ceux qui n'ont pas pu ni su le garder ou le trouver.

 

Nous le rechercherons dans un autre monde ou il serait éternel et complet, auprès d'un Dieu que nous inventerons s'Il n'existe pas.

 

L'intelligence que nous avons développée refuse désespérément que notre pensée ne soit qu'un mécanisme performant que l'évolution a patiemment mis au point en lui donnant les moyens d'être exprimée d'abord par la parole et par la suite transmise par l'écriture, le livre ou d'autres supports artificiels.

 

Nous refusons que les réalisations de l'être humain, ce descendant de l'homo sapiens, si subtiles et raffinées, si géniales dans leur complexité et leur diversité ne soient que le résultat d'un mécanisme cellulaire performant dont l'origine se situerait dans « la nuit des temps » et qui ne nous soit parvenu qu'à force d'échecs, d'erreurs, de cataclysmes,  de misères, de souffrances, de recommencements....

 

Nous n'acceptons pas que tout cela n'ait été obtenu qu'avec la patience du temps, du hasard et de la « chance » de la vie, à coup de millions et de millions d'années « d'existence » au seuil de l'anéantissement.

 

Nous avons inventé l'âme : cette image de Dieu. Celle qui, indépendante de notre corps, irait Le rejoindre dans la « plénitude céleste ».  Cette âme connaîtrait le bonheur éternel dans sa  « contemplation » du « Très Haut », alors que l'absence de cette « Béatitude » constituerait l'enfer du malheur éternel.

 

Tout ce que je viens de développer m'a hanté depuis toujours..., comme me tourmente en me harcelant l'angoisse des vivants à la pensée du destin douloureux qui les attend et qui attend ceux qu'ils aiment ... ?

 

Comment comprendre, justifier la souffrance, la séparation...et surtout : LA MORT..... ?  Et le problème métaphysique que celle-ci posera toujours :    est-elle la fin de notre existence ?

 

Dans les lignes qui suivront, je vais progressivement aborder, à la lumière de l'expérience que j'en ai, tous les aspects du bonheur et de la souffrance et de cette fin d'exister des humains, mais aussi oser certaines considérations sans doute discutables qui me sont venues à l'esprit.

 

Elles interpelleront d'autant plus qu'elles seront étayées par la relation de belles histoires vécues, sublimes, dures, héroïques ou insoutenables qui m'ont marqué l'âme au fer rouge.

 

Dans mon existence, comme chacun, j'ai été marqué par la disparition de certains proches avec lesquels  j'avais de grandes affinités.  Je leur réserverai cette première partie en témoignage de l'affection que je leur ai toujours portée.

 

Je commencerai avec bonheur par la belle histoire d'un homme que j'ai beaucoup aimé parce qu'il était simple, beau et clair comme les oiseaux, ses amis.

 

Il se penchait sur les fleurs et les roses, ses mains burinées les caressant doucement.  Il sifflotait, un éternel mégot éteint collé à la lèvre. Les fleurs le connaissaient bien et se laissaient cajoler en sirotant lentement du soleil.

 

Les oiseaux l'entouraient, vifs et graciles, surtout les mésanges qui aimaient le voir travailler : elles l'observaient d'un œil de côté, tout en guettant le fer de sa bêche qui leur dénichait de succulents vermisseaux.

 

C'était le prince des fleurs ; elles lui faisaient une cour empressée en lui offrant leurs plus belles collerettes. Penché sur leurs parterres, il leur jetait un regard attendri en ameublissant leur sol de ses doigts enfoncés tout en rangeant doucement leurs radicelles.

 

Aux chantres du ciel, il construira dans son jardin de grands palais-volières où ils s'ébattront en faisant vibrer l'azur de leurs trilles passionnés.

 

Il leur chuchotait à l'oreille de gentilles choses en glissant dans leurs barreaux-fenêtres toutes sortes de friandises : carottes, plantain, séneçon, graines de millet et pour les insectivores des petits vers de farine.

 

Il enchantait de sa présence heureuse notre écrin champêtre, nous accompagnant à toute occasion.  Nous aimions sa silhouette inclinée, se découpant à l'horizon des champs, dans une pause habituelle : coude gauche appuyé sur un genou pour soulager le dos, main droite experte et habile sarclant, nettoyant, binant cette matière merveilleuse de vie nutritive faite de terreau, d'humus, d'engrais et autres substrats que, avant lui, des jardiniers avaient patiemment et amoureusement constituée au fil du temps.

 

Tout lecteur attentif à la relation précédente de mon histoire aura bien vite compris que ce poète des fleurs et des oiseaux ne pouvait être que mon beau-père que j'aimais avec attendrissement et qui a transmis à mon épouse son amour des plantes et des beaux jardins.

 

Octogénaire depuis cinq ans, on le croyait capable de défier le temps malgré une angine de poitrine qu'il dominait sans se plaindre.  Il entra en clinique pour soigner un problème bénin de prostate et subir une intervention chirurgicale assez légère.

 

Tout se passa très bien, l'intervention fut une réussite et son séjour ne devait être que de courte durée.  Il avait retrouvé l'atmosphère de chambrée qu'il avait si bien connue pendant les huit ans que durèrent son service militaire, la guerre des tranchées de 14/18 et l'occupation de l'Allemagne.  Aussi, quand on allait le voir, l'entendait-on de loin blaguer ses compagnons de lit et d'infortune !

 

Est-ce cette excitation et cette exubérance qui brisa son cœur ?  Toujours est-il qu'il s'est endormi joyeux, la nuit du douze novembre 1977, pour ne plus se réveiller, comme s'il avait, la veille, trop fêté l'anniversaire de l'armistice.

 

Nous avons tous pleuré cette séparation qui nous sembla si cruelle et brutale.   Mais nous cultivons avec émotion sa mémoire en nous rappelant tant et tant de souvenirs attendris.

 

Les fleurs se mirent à chanter,

Les oiseaux se mirent à fleurir,

Le ciel se pâmait de couleurs,

Les champs se doraient d'été.

 

L'ombre de l'ami des fleurs

Caressa les plumes des oiseaux,

Les oiseaux se mirent à chanter

Les fleurs se mirent à rêver.

 

L'ombre de l'ami des oiseaux

S'étendit sur les jardins,

Les fleurs l'ont embrassée

Les oiseaux se sont endormis.

 

Le rêve de l'ami des fleurs

Flottera encore longtemps

Parmi les branches et les parterres,

Avant de monter très haut

Dans les nuages et dans le ciel.

 

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Il était grand, il était fort, il était beau, c'était un passionné de ciel, un frère de Mermoz et de Saint-Exupéry. Au baptême, il avait reçu le nom de Joseph, en souvenir de son oncle tué à la guerre de 1914, mais tout le monde l'appelait « Jo ». Jeune homme, il avait combattu dans la résistance et dès la libération s'était engagé dans la célèbre Royal Air Force (RAF) qui contribua si efficacement à la défaite allemande.

 

Dans son «spitfire » si réputé avion de chasse de l'époque, il se rendit célèbre dans sa région en démonstrations de cabrioles et figures aériennes, à l'insu souvent de ses supérieurs.

 

Alors que son « team » de chasse était caserné non loin de la ville de Diest, en Campine limbourgeoise, célèbre par sa bière, il s'éprit d'une bien jolie jeune fille, Lily Gemoet, qu'il épousa.

 

Durant la guerre 40-45, héroïque, cette jeune personne se distingua en servant dans la « Résistance » (groupe clandestin de lutte armée contre les Allemands).  Son frère aîné en était l'un des chefs et fut malheureusement dénoncé dans les derniers jours de l'occupation par des traîtres à leur pays, « collaborateurs » des envahisseurs, puis fusillé par l'occupant.

 

Une haine féroce s'était établie entre les deux camps, divisant les familles dans un climat de drames et outrances shakespeariennes : dénonciation, vengeance, meurtre... !

 

Son père fut emmené en captivité à Buchenwald puis à Dora, ces tristement célèbres camp de la mort d'où il ne sortira qu'amoindri et malade.  Son plus jeune frère qui n'avait alors qu'une douzaine d'années ne se remettra jamais des scènes auxquelles il assista, ni aux sévices qu'il subit lors des fréquentes fouilles que sa famille dut endurer.

 

Elle-même, héroïne d'une geste de cette époque, parvint à camoufler lors d'une perquisition, un document compromettant qu'elle avait pu arracher de sa machine à écrire.

 

Malgré la libération du pays par les troupes alliées, elle ne connaîtra pas de répit et dut s'éloigner de la région, pour échapper à la haine meurtrière qui animait certains collaborateurs.

 

Cette épopée dure, authentique et douloureuse nous fut racontée pour la première fois, il n'y a pas bien longtemps, un soir d'été, dans la petite maison en torchis de Mesnil-Eglise, berceau de mes ancêtres maternels, vieille de plusieurs siècles, qu'elle avait rachetée en mémoire de celui qui fut son héros et qui mourut accidentellement à la suite d'une mauvaise chute de vélo qui lui fracassa le crâne.

 

Ainsi va la destinée, il avait évité tous les dangers qu'encourait le pilote audacieux qu'il fut toujours.  La malchance, la fatalité : une distraction lors de la traversée d'un passage à niveau, des rails de chemin de fer qui coincent une roue avant, une chute sur la tête que n'a pu parer une main malencontreusement prisonnière d'une poche revolver qui allait le ravitailler en sucre et ce fut le drame...

 

Ma courageuse cousine, une fois de plus, releva la tête, surmonta de graves problèmes de santé qu'elle dut subir ensuite, et, sublime dans l'adversité,  fit de ce témoin de l'histoire de ma famille maternelle, la maison-souvenir de celui qui fut son héros des ciels.

 

Les liens familiaux qui existaient entre nos deux couples furent toujours privilégiés que ce soit par la grande affinité de cœur qui s'y manifestait concrétisée par le parrainage de nos enfants : la cadette chez eux et notre premier-né, Patrick, chez nous.

 

Ces sentiments partagés nous poussèrent à nous rapprocher ;  c'est ainsi que nous leur trouvâmes pas bien loin de notre « bonbonnière » une grande maison confortable que notre propriétaire venait de libérer.

 

Ce voisinage et le parrainage de nos enfants nous amenèrent à les rencontrer souvent et partager avec eux les joies des grandes fêtes de famille.

 

A ce propos, je me souviendrai toujours de la communion de ma filleule Anita pendant laquelle, au cours d'une cérémonie religieuse (le salut) de tradition à l'époque qui survenait après un repas de fête et que, pour fêter çà, j'avais bien arrosé avec mon cousin, je dus me cramponner à ma chaise d'église pour empêcher le plafond et les saints de nous basculer sur la tête.  Je regagnai voitures et logis en me demandant comment les marins s'en tiraient pour maîtriser tangage et roulis.

 

C'est dire aussi combien de moments précieux de bonheur simple nous échangeâmes dans la douceur de rencontres paisibles et dans l'ambiance tiède de nos foyers,  les deux cousins s'affrontant en joutes épiques de jeu d'échecs (j'étais toujours battu, tellement il était fort) pendant que les épouses, en parfaite harmonie de goût, d'ouverture intellectuelle et d'aspirations familiales partageaient leurs impressions.

 

Tel l'albatros, il dominait les nues,

Elle se cachait dans l'ombre de la nuit,

Quand lui défiait le soleil qui luit,

Pendant qu'il survolait les avenues.

 

Elle avait tremblé des regards cachés,

Des cris des soudards et des bruits de bottes,

Pour lui c'était l'ivresse en rase-mottes,

L'angoisse au ventre entre deux clochers.

 

Elle adorait son maquisard

Dévalant les champs et les bois,

Et rêvait de ce grand gaillard

Qui dans le ciel narguait les toits.

 

Il s'est enfui dans les nuages

Pour mieux lutiner les oiseaux,

Puis s'est réfugié dans les roseaux

De son paradis pour enfants sages

 

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C'était un beau dernier week-end du mois d'août 1979.  Radieux, le temps s'était endimanché et la campagne souriait aux blés d'or qu'un léger souffle de fraîcheur berçait doucement.

 

Mon beau-frère Gérard rentrait de vacances et s'était  annoncé, accompagné de son épouse et de sa fille.  Tous les ingrédients étaient donc réunis pour se mitonner une très agréable journée dans la détente d'une fin de congé qui avait permis à tout le monde de recharger les accus.

 

Gérard était particulièrement joyeux et se plaisait à taquiner mes enfants qui l'adoraient. Il les aimait beaucoup, les enfants et les jeunes dont il s'était toujours fort occupé en tant que dynamique dirigeant d'un mouvement de jeunesse.

 

Très boute-en-train, il savait animer les groupes en chantant d'une très belle voix des rengaines pour jeunes ou à la mode, en les accompagnant d'une guitare qu'il grattait agréablement.

 

En fin de journée, je ne sais trop pour quelle raison, il s'éloigna de l'endroit où nous étions tous réunis.  Ne le voyant pas revenir, je partis à sa recherche et le trouvai pensif dans la grange.

 

La porte était grande ouverte et il fixait le lointain, très loin la-bas dans les campagnes.  Discrètement, je ne me manifestai pas et me tins à l'écart.

 

Je devinais son regard devenu triste, je percevais ses épaules alourdies par je ne savais trop quelle angoisse. Il fixait le ciel comme pour le transpercer d'inassouvi.   Je crus bon d'intervenir :

 

-          Tu es triste, Gérard !

-          Mais non, mais non... Il se défila et portant son regard vers l'intérieur de la grange, il m'interrogea :

-          A quoi sert cette poutre que tu as placée pas loin de la porte ?

-          A supporter un plancher qui donnera accès à de nouvelles chambres.

 

Je n'avais pas osé insister, respectant sa pudeur.  Il était très secret et ne se confiait pas facilement.   Pourtant, dans le passé, nous avions partagé certaines confidences à une époque où, ainsi que je le racontai par ailleurs, nous profitions de la proximité qui existait entre nos lieux de travail et le club de jeunes que nous fréquentions, pour nous y rendre directement.

 

Nous arrivions ainsi beaucoup trop tôt avant l'ouverture, ce qui nous  donna l'occasion de copiner, de nous découvrir de nombreuses affinités et de devenir de vrais amis.

 

Quand, plus tard, je m'épris de sa sœur, il s'en est bien sûr réjoui, mais ne put s'empêcher de dire : « J'ai gagné un beau-frère, mais j'ai perdu un ami ».

 

Je ne sais pas pourquoi, mais il m'a semblé, ce jour-là, que son âme étouffait, qu'il éprouvait un besoin d'inaccessible et peut-être lui aussi de voler très haut comme « Jo » mon cousin l'aviateur.

 

Pourtant les dieux l'avaient comblé de l'amour le plus passionné, le plus exclusif qui soit, cet amour surdimensionné de celle qui l'a placé dans les nuages de ses rêves et que ses yeux ne cesseront de rappeler.

 

Il l'avait découverte lors de ce « fameux » voyage aux Baléares où « Eros » en pleine forme s'était déchaîné en décochant ses meilleures flèches en plein cœur de deux frères et d'une sœur innocemment partis en vacances.

 

De plus, une petite fille, intelligente, spontanée et vive comme un pinson, s'était pointée en 1961, fruit de cet amour, dans l'atmosphère lourde des problèmes qu'avait occasionnés l'indépendance du Congo.

 

Dans le « clan » de mon beau-frère, constitué d'une petite dizaine de parents et alliés sans enfant, elle sera la princesse que tous verront grandir et s'épanouir avec dévotion.

 

C'est dire qu'on ne pouvait imaginer contexte plus favorable au bonheur  que cette composante familiale, mais peut-être rêvait-il, dans cette grande solitude champêtre, pour sa femme et son enfant, aux  très grands espaces de ses idéaux de jeunesse.

 

Nous terminâmes cette journée dans une chaude ambiance de retrouvailles familiales et de particulière gaieté.

 

Le lendemain, il avait encore congé et il enfourcha sa bicyclette pour une balade, comme il le faisait depuis quelque temps.  En cours de route, pris de malaise, il se fit ramener chez lui en taxi.  Ensuite, il perdit connaissance et les médecins appelés d'urgence, après une tentative qui le ranima un peu, ne purent plus rien pour lui.

 

Lui aussi est mort sans le réaliser. On dit que c'est une belle mort.  Mais, quelle indescriptible souffrance, quel déchirement pour ses proches, surtout son épouse qui souffrira cruellement de cette absence irrémédiable, du vide de sa présence, du désarroi des premiers temps, de l'angoisse d'un souvenir  qui s'estompe, peut-être tempérée maintenant par la présence affectueuse des deux petits-enfants que sa fille lui confiera souvent.

 

Je tenais à raconter cette histoire en lui réservant la place qui lui revient dans ce livre.  C'est la si belle, mais pathétique histoire d'un amour exclusif et entier, aussi profond que l'éternité.  C'est la si grande, mais si tragique histoire d'une amante qui pleurera éternellement son Roméo.

 

Il était blond comme du soleil

Qui se couche dans les blés.

Elle aimait son sourire.

 

Elle se baignait dans ses  yeux bleus

Qui tendrement l'enveloppaient.

Elle aimait son sourire.

 

Elle se couvrait de ses fines mains

De ses longs doigts de musicien.

Elle aimait son sourire.

 

Elle écoutait chanter sa voix

Quand il l'accompagnait de sa guitare.

Elle aimait son sourire.

 

Elle aimait son sourire

Quand le soir, il l'endormait

Dans ses bras d'amant tendre,

Epris de grands espaces

Pour son cœur trop grand,

Trop grand de grand ciel bleu.

 

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