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12/05/2016

Poème en image

Boat_Scene_Oil_Painting.jpg

 

Mon grand bateau blanc

 

Perles d’étoiles sur l’eau,

Papillons plein les yeux.

C’est surtout ton bleu

Que je voyais sur mes plages.

Bleu d’océans avec écume

Aux lèvres d’océans

Gloutons de plage.

 

J’ai vu des rives

Qui passaient lentement

Pendant que je somnolais

Sur mon grand bateau blanc.

 

Des oiseaux d’ailes dentelées

S’éparpillaient sur fond de brume

Et les genoux de mon aimée

Pressaient au creux de mes vagues.

Montait en moi un long murmure

Dégoulinant de lèvres assoiffées

Et pesait en mon âme enfiévrée

Une mèche palpitante et dorée.

 

J’ai vu des rives

Qui passaient lentement

Pendant que je somnolais

Sur mon grand bateau blanc.

 

J’ai promené mes nuages

A coup de pinceaux tranchants. 

Je regarde mûrir mes tombes

Et déjà tes paupières tombent.

La moiteur de mes nuages

Qui sont si blancs, qui sont si gris

Font gémir, grêles et tremblants

Mes oiseaux blancs, mes oiseaux gris.

 

 J’ai vu des rives

Qui passaient lentement

Pendant que je somnolais

Sur mon grand bateau blanc.

 

Les voix sont des murmures

Qui hantent mes châteaux blancs

J’y verrai des hirondelles

Assoiffées, le long des créneaux,

Palpite leur ventre

Le long de mes désirs :

Je couvrirai l’azur

D’un long soupir d’ennui.

 

J’ai vu des rives

Qui passaient lentement

Pendant que je somnolais

Sur mon grand bateau blanc.

 

J’ai vu des pas sur le sable

Et des mouettes avec du sang.

J’ai mis les mains sur tes épaules

En entendant passer ton chant.

Les mouettes hurlaient de rage,

Lancinantes en tournoyant,

Mais ton chant faisait nuage,

Nuage tout gris, nuage tout blanc.

Mon âme devenait folle

Quand tout ce ciel perdait son sang.

 

J’ai vu des rives

Qui passaient lentement.

J’ai vu des rives

Qui fuyaient subitement.

J’ai vu des rives,

Des rives qui dérivent.

J’ai des rives, des rives

Dérivent les rives,

Pendant que je meurs

Sur mes rives

Et dérive mon grand bateau blanc.

 

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Ces vers de spleen langoureux ne sont ni joyeux ni tristes.  Ils évoquent une soirée de canicule, étendu dans la moiteur d’une nuit lourde qui s’installe, avec un verre de boisson fraîche et le souvenir des mauvais jours. --- Rien ne vaut alors le rêve qui fait planer dans des nuages blancs et des ciels bleus. --- Le spleen incite au rêve qui évade dans l’espace et imagine un bonheur que le cœur réclame. ---

 

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01/04/2016

OZ. 21 Un amour éternel.

OZ.21 Un amour éternel

 

A la Noël de cette année, nous nos fêterons 60 ans de bonheur à deux. --- La tradition leur a donné l’appellation somptueuse de noce de diamant. ---

Le diamant est une pierre précieuse rare qui, comme l’amour fidèle, n’est pas atteint par l’usure du temps. Il brille de mille feux et se taille lentement tel que se construit la fidélité échangée. ---  

Au « soir de nos vies » nous chantons ce parcourt réalisé, tel que nous l’avions rêvé dans nos cœurs amoureux. --- Pour cet anniversaire, nos enfants nous ont donné le « Paradis sur terre » en nous permettant de devenir les heureux propriétaires d’un appartement luxueux dans un parc privé avec étang et arbres magnifiques, certains centenaires.

Le premier poème, écrit pendant nos fiançailles en 1956, exprimait ce « rêve » d’idéal de partage. ---

Ce poème qui va suivre fut écrit dans cette année merveilleuse de nos fiançailles que nous avions décidés de couronner par notre mariage le lendemain de Noël. ---

 

Au soir de nos vies.

 

Ô ma douce !

Tu es le jasmin

Qui s’endort,

Pendant que j’écoute

En mon sang

S’égrener mes accords,

Grelotter mes sarments

En clochettes de campanules.

 

J’écoute, ô ma douce !

Ô toi que j’idolâtre,

S’enfuir dans le temps,

Très haut, très près de l’âtre

Nos grands rêves éveillés

Et nos deux vies accolées

En deux cœurs frémissants,

Plus vrai que la folie

De nos corps languissants.

 

J’écoute, ô ma source !

Quand, au soir de nos vies,

Tous deux près d’un arbre saigné,

Aussi ridé que nos fronts,

Aussi noueux que nos doigts

Et tremblant comme sa cime,

J’écoute nos mercis échangés

Pour ce long, très long jour

De nos deux âmes enlacées,

Pour ce long, très long jour

De notre grand, si grand amour.

 

Ecoute, ô toi que j’aime

Tous nos mercis échangés

Pour le bonheur reçu,

Pour le bonheur donné,

Ecoute encore

Près du vieux chêne usé

Notre tout dernier serment

Et le murmure

De notre tout dernier amour.

 

Ecoute-les au crépuscule

Dans le silence de la nuit,

Dans le silence de l’infini.

 

 

 

Nous voilà arrivé au « soir de nos vies. --- Nous sommes heureux, plus amoureux que jamais. ---

Maintenant, nous pouvons nous retourner sur un passé de soixante ans et revivre en esprit les moments les plus heureux de notre existence. ---

Mais les plus important sont ceux que nous ont donné et nous donnent toujours nos enfants. --- Ils nous entourent d’une affection constante et profonde, concrétisés par un souci constant d’entretenir notre bonheur. ---

 

Au soir de nos vies

 

Entendre la mer rire sur ses plages,

Écouter le vent, un clapotis d’eau.

Il fait doux ce soir, le vent est si sage.

J’ai les pieds dans l’eau, ce soir il fait beau.

 

Mon cœur est heureux, car ma mie sommeille

Mes doigts de sable caressent son corps

La lune est blanche, le cormoran dort.

Je suis si heureux quand ma mie s’éveille,

Me regarde : elle est si adorable.

Son corps est tout chaud, chaud comme le sable.

 

La mer est belle, les nues sont basses.

Elle sourit tendre, ses yeux font des flammes,

Je cherche ses mains, câlin, je l’enlace,

Ses doigts caressent, ses doux yeux réclament

Mes lèvres folles, je cherche les siennes.

Toute joyeuse, elle surprend les miennes.

 

Le ciel est si beau, la mer est si belle

Que les mouettes dans le ciel se taisent,

Le ciel est ému, les vagues s’apaisent.

Je suis heureux et me blottis contre elle.

 

Nos vieux cœurs rêvent dans notre vieux lit

Si vieux qu’il craque pour mieux révéler

Un si beau rêve qui n’est pas fini,

Car le grand ciel va nous rappeler

Notre long parcours, notre belle histoire.

Et notre âme de très vieux amoureux

Chante maintenant car c’est la victoire

D’une longue vie dans un cœur heureux.


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Nous avons la fierté, malgré un parcourt rocailleux et difficile, plein d’embuches, d’avoir réalisé notre ambition de réaliser une existence centrée sur le partage de notre amour avec nos enfants et ceux que l’existence plaçait sur notre chemin pour être aimé ou secouru. ---

Nous étions animés d’un idéal élevé et comme tous les idéalistes rêvions de réaliser de grandes choses. Nous sommes arrivés à en accomplir beaucoup dans la joie, le bonheur, la souffrance et l’abnégation, ---

 

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