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30/07/2010

Ch. 27 h - Le mariage religieux au Japon

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

__

Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

-------

Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. h - Le mariage religieux au Japon.

 

 

{6} Ainsi que déjà signalé, la cérémonie religieuse du mariage est pour la plupart des Japonais célébrée en respectant le rite shintoïste tandis la cérémonie funéraire sera bouddhiste.

 

Les représentants les plus proches des deux familles (une dizaine de chaque côté) furent invités a pénétrer dans un lieu fort insolite pour nous, une chapelle shintoïste, située dans une « maison de mariage » devenue d’usage courant dans ce pays minutieusement organisé pour gérer un espace domestique très limité.

 

Nous sommes entrés en file indienne pour nous asseoir derrière une longue table étroite disposée de part et d’autre de la salle de manière telle que les familles se trouvassent en face l’une de l’autre et perpendiculaires à l’autel animiste très coloré, où étaient rassemblés dans un désordre du plus bel effet une représentation de produits de la nature : fruits, verdures alimentaires, fleurs….ainsi que diverses figurations des forces naturelles.

 

Sur cette table était disposé un plateau pour chaque assistant, dans lequel se trouvaient une serviette blanche et une coupelle de faïence.

 

Les futurs époux accompagnés des témoins ont suivi pour prendre place au centre de la salle, les deux couples étant placés l’un derrière l’autre, sur des sièges et devant une tablette qui supportait également les accessoires du mariage.

 

Le prêtre de ce rite animiste, revêtu de ses ornements et habits religieux, se mit à moduler une sorte de mélopée incantatoire vers les forces animistes, comme pour les appeler à féconder symboliquement le couple. Il faisait onduler en même temps une sorte de fouet fait de longues bandelettes de papier très blanc en prononçant des prières, pendant qu’une douce et harmonieuse musique, très envoûtante et mystique, nous plongeait dans un recueillement qui nous surprit mais ravit tous, croyants comme incroyants.

 

Ce fut alors que nous saisîmes en profondeur la sensibilité de l’âme japonaise et la richesse de sa culture. Le raffinement de ce peuple est tellement particulier qu’il faut avoir vécu comme nous ce partage de sentiment entre nos races, pas du tout faites pour se comprendre, autour d’un acte aussi fondamental et essentiel pour l’être humain que celui de la célébration de l’union de son couple, pour en apprécier toute la valeur symbolique.

 

Mon frère a filmé ces instants précieux et maintenant encore quand la pellicule me révèle la grandeur du moment, et que je peux apprécier et revoir en détail le recueillement « fraternel » de deux familles si éloignées l’une de l’autre, je ne peux que me laisser envahir d’un sentiment d’ineffable bonheur et de compréhension mystique.

 

Après ce qui devait être un nouvel appel aux esprits de la nature, l’officiant se tourna vers les futurs époux pour procéder aux rites du mariage.

 

Une sorte de petite coupe plate en porcelaine fut distribuée à tous les assistants par deux jeunes filles presque identiques en robe blanche et longue chevelure retenue par un nœud. Elles y versèrent un peu de vin de riz.

 

Nous avons accompli le rite avec conviction, gagné par la symbolique du geste ; les assistantes le répéteront à deux reprises, dans des coupes de formats différents.

 

Maintenant encore, je me remémore ces moments en les réservant comme essentiels dans la construction de ma pensée philosophique :

 

J’étais à quelques pas de ce prêtre, dans ces atours religieux brodés d’or, manifestement pénétré de son rôle, procédant avec une conviction respectable, à un rite jugé par nous, les occidentaux, primitif et inconcevable, exercé pourtant par un peuple intelligent et profond qui s’y soumet avec la même foi que celle nous avons en pratiquant nos propres croyances.

 

Mieux, j’ai été tellement marqué par la solennité et l’importance du moment qu’il reste gravé au plus profond de mon subconscient mystique comme ayant une valeur d’engagement moral et religieux aussi important que celui qui fut nôtre lors de notre engagement chrétien.

 

Depuis ce moment, je me suis souvent penché rétrospectivement sur le sens philosophique qu’il faut donner à ces démarches de valorisation sacrée de l’acte fondamental de formation d’un couple quel qu’en soit le rite.

 

L’organisation de la société japonaise est très déconcertante en raison des contradictions qui ne peuvent qu’interpeller les représentants de civilisations monothéistes comme les nôtres.

 

La mythologie japonaise est inhérente à sa culture et le fondement de sa philosophie. Il n’y a pas très longtemps que la provenance divine de l’empereur fut remise en question et abolie. Les souverains du japon étaient considérés comme descendants d’Amaterasu Ômikami, déesse du soleil et reine des dieux (kamis).

 

Les pratiques religieuses sont finalement un amalgame de shintoïsme, de bouddhisme, de confucianisme et même de taoïsme. Avant le bouddhisme, la religion animiste se contentait de dieux mal représentés, de dévotions à des « divinités » locales, et de rituels aux produits de la nature, comme les fruits et les plantes.

 

Le panthéon Shinto s’est donc enrichi du bouddhisme inspiré du Mahayana (grand véhicule) qui venait de l’Inde du nord par l’Afghanistan (Gandhara), le Tibet et la Chine, pour s’implanter tardivement en Corée au quatrième siècle et au Japon au sixième siècle de notre ère. Un deuxième courant de pénétration, véhiculant le Theravâda (petit véhicule ou enseignement des anciens) privilégia le reste de l’Inde, le Sri Lanka et l’Asie du sud-est.

 

Les empereurs ont renforcé ce courant bouddhiste en encourageant l’intellectualisation de la spiritualité animiste dans le Kojiki (recueil de choses anciennes) et le Nihon-Shoki ou Nihongi (chroniques du Japon). Pour pénétrer la masse animiste, les religieux bouddhistes prétendirent que les bouddhas étaient un prolongement supérieur des kamis.

 

Le shintô, qui est la « Voie des kamis (dieux) » est la religion du foyer, de la famille. Nous l’avons si bien ressenti lorsque nous fûmes reçus par le cousin, futur « témoin » de mariage », dans la pièce consacrée aux ancêtres dont les portraits couvrent les murs, autour de l’autel animiste de la famille.

 

Cette pièce d’invocations, de souvenirs mais aussi de réceptions est réservée aux grandes circonstances familiales, aux manifestations festives comme, en l’occurrence, celle de l’accueil des représentants de la future belle-famille de leur nièce dont ils avaient accepté d’être une sorte de parrain du mariage.

 

Sur les photos de famille, les parents de la mariée et nous seront placés en couple de part et d’autre des mariés encadrés des cousins-témoins qui en deviendront ainsi tout au long du mariage des acteurs essentiels mis à l’honneur.

 

Si j’accorde autant d’importance à cette journée dans un chapitre consacré aux instants de bonheur qui ont enrichi ma vie, c’est qu’elle y a une place fondamentale pour le symbolisme de ce moment de sacralisation qui marque d’une empreinte profonde la vie d’un couple et de son entourage, comme ce fut le cas, lors de mon propre mariage et celui de ma fille.

 

Cela n’empêche cependant qu’il faut relativiser les choses. L’amour prime tout : le « Grand Amour », celui qui dure une vie n’a besoin d’autre chose que d’être partagé et manifesté en permanence. Il n’est donc pas important que ce sentiment soit « officialisé » pour qu’il change de valeur : il fait partie d’une autre dimension

 

 

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27/07/2010

Ch. 27 g - Changer de planète !

 

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

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Propos d’un octogénaire provenant

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élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

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et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

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Ch. 27 g - Changer de planète !

 

5} Notre fils aîné, Patrick épousa Michiko en mai 1993 à Fukuoka, la ville des parents de la future épouse, située dans l’île de Kyushu. Ce sera pour nous, les occidentaux, la famille et les amis qui nous avaient accompagnés l’occasion d’un étonnant séjour et d’un dépaysement total dans une civilisation surprenante faite d’ancestrales traditions nippones et de modernisme à l’américaine.

 

Nous crûmes changer de planète tellement tout nous paraissait étrange et nous en perdions tous nos repères à tel point que nous n’osions nous éloigner de l’hôtel sans accompagnateur.

 

Comme il se devait, dés notre arrivée, nous fûmes conviés à faire la connaissance d’une famille que nous ne connaissions forcément pas.

 

En premier lieu les parents de Michiko : un militaire droit comme un i, aussi souriant que discret et son épouse, avenante et bien agréable personne, très ouverte à la culture occidentale, d’un accueil chaleureux, très frustrée de ne pouvoir communiquer avec nous : nos langues sont tellement différentes, sans racines communes, tellement éloignées de notre structure verbale qu’il est difficile d’y trouver des repères mnémoniques.

 

Ma vieille mémoire s’est échinée en vain à mémoriser et prononcer d’une manière compréhensible pour les Japonais quelques mots tirés d’un petit manuel de poche pour touristes ; ce qui me rassura, c’est que mes interlocuteurs n’en sortaient pas mieux que moi, bien que plus jeunes…

 

Il y avait aussi une grand-mère souriante déformée par l’âge et pliée en deux comme toutes les vieilles Japonaises qu’on voyait trottiner allègrement, courbées presque à angle droit, le dos cassé par les tâches ménagères traditionnellement réalisées à même le sol.

 

Et puis le couple de cousins qui avaient accepté d’être parrains-témoins de mariage, coutume shintoïste (au Japon, on suit le rite shintoïste pour le mariage et le bouddhiste pour les obsèques) ; ce parrainage est lourd de responsabilités car il impose le devoir d’assister les parrainés aussi bien moralement que physiquement et financièrement.

 

Ces cousins exploitaient à Tosu (dans l’île de Kyushu) une importante clinique dentaire très moderne dont mon épouse testa l’efficacité à la suite de la perte fortuite d’un plombage, ce qui lui permit d’apprécier le confort des soins dentaires en position couchée, pratique révolutionnaire pour l’époque.

 

A ces cousins bien affables succéderont les autres membres collatéraux, aussi aimables qu’accueillants avec cette particularité bien amusante du salut de convivialité au cours duquel nous rivalisions de courbettes de plus en plus basses, chacun s’efforçant, par civilité, d’avoir le dernier mot, créant ainsi les situations acrobatiques des plus cocasses qui s’achevaient par un grand éclat rire bien sympathique.

 

Dans les jours qui suivirent, précédant le mariage, nous avons eu l’occasion de bien nous pénétrer de l’ambiance coutumière du milieu provincial de notre future belle-fille, très traditionnel et fort éloigné de celui des grandes villes comme Tokyo.

 

Nous avons eu le privilège avec Michiko, gentille cicérone, de goûter à d’insolites et merveilleux endroits comme ce petit temple, tout près de chez elle, perdu dans sa végétation exubérante, aux senteurs délicates de jasmin, dans un bourdonnement intense de vie subtile comme si les Bouddhas du petit édifice religieux murmuraient de lancinantes prières.

 

Le soir, dans notre chambre d’hôtel, le téléviseur nous faisait assister aux matchs du championnat mondial de sumo, qui se déroulait ces jours-là.

 

D’abord surpris et plutôt réprobateurs, nous finîmes par réaliser que plus qu’un sport de compétition, il s’agissait-là d’une expression de la philosophie nippone dans ses traditions et ses lois ancestrales, manifestant en quelque sorte l’exaltation de la force simple exercée suivant un rituel, dans le respect de l’autre et dans le geste fondamental comme dans la pensée zen. Il faut comprendre ça pour comprendre le Japon.

 

Nous eûmes aussi le plaisir d’être accueillis par les parents de Michiko dans leur jolie maison, entourée d’un jardin aux arbrisseaux soigneusement taillés par le papa, amateur de ces plantes artistement modelées suivant la tradition japonaise.

 

Là encore, la longue démarche sereine du jardinier qui taille les branches, avec une patience recueillie dans l’esprit de la pensée zen et dans l’amour de formes naturelles non imposées suivant des règles géométriques comme dans nos grands jardins ou nos parcs occidentaux, fait partie de traditions ancestrales propices à l’élévation intérieure.

 

Le mariage devait avoir lieu dans une immense « maison de mariage » équipée de plusieurs étages de salles conçues à cet effet. C’est impressionnant ce souci du grandiose et de la perfection du détail bien nippon.

 

Ces établissements, très importants, permettent la célébration de plusieurs cérémonies et banquets (pratiquement un par étage) dans un luxe de détail et de raffinement exceptionnels. Cette manifestation coûte très cher (10 à 15.000 euros) et les familles économisent dès la naissance, elle comprend la cérémonie religieuse shintoïste et le banquet avec animations et spectacle. (Le prochain sous-chapitre détaillera cet événement réalisé dans la plus pure des traditions japonaises).

 

 

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23/07/2010

Ch. 27 f - Comme un biscuit de Saxe.

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

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et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Ch.27 f – Comme un biscuit de Saxe.


C’est intentionnellement que j’ai remonté le temps depuis celle qui vint la dernière, mon petit cristal de roche, pour aboutir à celui qui combla un si long et impatient désir qu’on ne croyait plus à sa réalisation.

 

Il était si beau, si attendu, si désiré, si sublime qu’il nous semblait tomber du ciel.

 

C’était le plus fin des biscuits de Saxe que nous avions rangé dans la vitrine de nos rêves…. un teint délicat… des cheveux d’or sombre… ondulant légèrement dans un appétit de soleil

 

Bouffée de bonheur, quand je rentrais le soir, accueilli par deux têtes bondes, l’une souriante et radieuse, l’autre qui me tendait les bras…. Ces instants étaient si précieux que j’enfermerai ces pierres rares dans l’écrin de mes souvenirs…

 

Y avoisineront ces plages de sable blanc de la mer du Nord,… fluide sur des petons de porcelaine…. avec en fond…. des vaguelettes et des cris de mouettes….

 

Il y aura aussi l’appel de la campagne avec la vie des champs et des fermes ….. la découverte de la nature qu’il se mit à aimer et les oiseaux et les insectes que je lui appris à observer….

 

Et puis, comme son grand-père, il se passionnera d’oiseaux exotiques de volières…, nous en construirons une grande dans notre courette avec abri à l’intérieur de la maison.

 

Adolescent, il aimera l’aventure et l’exotisme dans un environnement qui y était propice : ses sœurs, nos amis coréens et tous les autres que nos activités inter-culture nous amèneront à fréquenter.

 

Pour se préparer à l’existence difficile de l’aventurier, il voulut s’endurcir de la vie rude des unités militaires de para-commando avec sauts en parachute et escalades de rochers abrupts.

 

A 23 ans, il concrétisera cet appétit d’autres cieux en suivant notre amie Agnès qui retournait en Corée et lui trouva un emploi de professeur de  français.


Il y restera trois ans à peine… : Sa rage de changement, d’aventures et de sensations le poussèrent à chercher d’autres horizons.

 

Le triangle d’or, la Chine, le transsibérien et le retour en Belgique par les pays de l’Europe de l’Est à l’époque du communisme satisferont son appétit d’aventures et l’envoûteront de leur caractère insolite et dangereux … ce seront six mois d’un voyage extraordinaire dans des régions peu traversées par les occidentaux de l’époque (1989).

 

Avec des compagnons de voyage improvisés au hasard des rencontres, il traversera toute la Chine rouge en utilisant des moyens de transport aussi insolites que ces petits tortillards surchargés qui besognent péniblement dans les provinces ancestrales et qu’on aborde surtout par les fenêtres à la conquête d’une minable place en piétinant d’incroyables détritus…..

 

Avec ses compagnons, il s’est parfois trouvé entouré de braves gens qui voyaient des blancs pour la première fois et qui les regardaient de loin avec crainte comme s’ils étaient des yetis descendus des montagnes (ses compagnons étaient de robustes et grands Australiens).

 

Il ramena d’étonnantes photos de ces endroits insolites, tels ces étals de bouchers avec, pendus aux crochets, les animaux les plus incroyables figurant au menu des autochtones qui en font leur quotidien, si pas leur mets de choix (rats, souris, serpents, animaux crevés, rongeurs de toute taille, chiens, chats, rapaces,…. enfin tout ce qui court, vole, nage… à tel point que les étrangers qui sont là-bas prétendent que les Chinois mangent tout ce qui bouge….)

 

Revenu en Belgique, il lui prit la fantaisie de s’envoler pour l’Espagne pour y lancer un commerce d’antiquités en provenance de Corée et du Japon que notre amie, la coréenne Agnès devenue exportatrice de ces articles, lui procurerait.

 

Chose amusante, mais étonnante pour quelqu’un qui venait à peine de quitter le nord-est asiatique, c’est dans la pension où il se trouvait à Barcelone qu’il fit la connaissance et s’éprit d’une jeune Japonaise qu’il épousera plus tard et qui était venue y perfectionner sa connaissance de l’espagnol, langue qu’il apprenait lui-même.

 

Un jeune garçon très blond

Sorti du cœur des fées

Riait dans les étoiles

En brillant de grands yeux.

 

Ce bel enfant des villes

S’était épris des champs,

De grandes clairières

Et de vie dans les mousses.

 

Ce passionné des îles

Rêvera d’orient

De pagodes et de temples

Mais aussi d’oiseaux fauves.

 

Ce chercheur de grands ciels

Repoussant l’horizon

Trouva dans les voyages

La paix de sa raison.

 

Comme je le signalai plus avant, Benoit se lançait de plus en plus dans le parapentisme et décida d’abandonner le commerce d’antiquités asiatiques qu’il menait avec sa mère.

 

C’est ainsi que Patrick revint au pays pour continuer l’affaire. Il ramenait avec lui la jolie Japonaise à qui il avait fait une cour empressée et qu’il avait conquise sur les terres madrilènes.

 


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20/07/2010

Ch. 27 e - Le chevalier des routes.

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

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et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

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Ch. 27 e - Le chevalier des routes

 

Bruno, mon filleul et neveu, on s’en souvient, a vécu avec nous une bonne partie de sa jeunesse. Aussi fantasque que ses cousins, il s’est acheté une vieille maison qu’il retape complètement avec beaucoup de minutie. C’est un noctambule qui préfère travailler la nuit ... Il a le sommeil du "juste", aussi quand il dort, le réveiller est une performance …

 

Il fut pour nous un précieux collaborateur qui nous assista avec persévérance, dévouement et compétence dans la restauration et l’agrandissement de notre maison de Meux.

 

Un des voyages que nous avons entrepris avec lui, en 1975, vaut la peine d’être conté tellement nous y avons vécu des moments merveilleux, toutes les composantes s’étant réunies pour combler nos attentes : temps splendide, bonne humeur et réussite exceptionnelle de tout ce que nous entreprenions, avec un équipage aussi pittoresque que farfelu (huit personnes dans un vieux break, un rien poussif, aménagé pour l’aventure – l’arrière typique de ce genre de véhicule avait été transformé en habitacle confortable pour Patrick et Benoit, qui y trouvaient un espace agréable avec table de jeux – ma mère et mon épouse occupaient la banquette arrière et les filles, Béatrice et Christine, toutes petites alors, passaient de l’un à l’autre suivant leur humeur ou fantaisie, tandis que je conduisais avec, à mes côtés, Bruno comme guide et assistant.) Il m'avait aidé à transformer le toit en vaste « soute» à bagages pour emporter tout ce qu’il fallait pour la tribu.

 

Notre équipage, pittoresque pour l’époque, nous valut un intermède assez désopilant bien qu’humiliant.

 

Notre projet était d’aller faire passer quinze jours en Suisse à tout ce monde, dans le Valais à Verbier, station haut perchée où nous avions loué un chalet spacieux, que nous ne pouvions atteindre qu’en grimpant une route dangereuse à une seule bande - celui qui montait devait céder le passage à celui qui descendait en reculant jusqu’à une aire de doublement, ce qui était très difficile avec un engin aussi lourdement chargé et poussif.

 

La frayeur de ma petite bande était grande et je fus bien aise d’être intelligemment guidé par mon filleul Bruno qui adorait ça, et me conseillait avec sang-froid, ce qui nous valut d’atteindre le haut sans encombre.

 

Ma tribu s’y installa confortablement et ma mère était aux anges, d’autant plus qu’une de nos excursions d’un jour eut pour but Montana et la Villa Notre Dame. Elle et ma famille purent ainsi voir ce coin de paradis où j’étais resté deux ans et qui m’avait permis de retrouver la santé.

 

La Suisse est un pays merveilleux mais ses habitants, sans doute excédés par le comportement envahissant et souvent suffisant de touristes arrogants, de plus privilégiés par un passé exempt de guerres et d’envahisseurs qui les avait confortés dans leurs habitudes pantouflardes,… sont devenus froids, condescendants voire hostiles…..

 

Nous en avons fait l’humiliante expérience, le jour de notre excursion à Montana. Nous nous étions arrêtés le long d’une de ces routes de montagne peu fréquentées pour nous détendre et nous rafraîchir. Un peu plus haut à quelques centaines de mètres, un de ces chalets typiques de la région.

 

Nous n’étions là que d’une bonne demi-heure, heureux de cette halte reposante et de la plénitude d’un temps particulièrement doux, qu’une voiture de police agressive s’amena en trombe pour nous faire déguerpir d’une manière peu amène comme de vulgaires bohémiens.

 

Après nous avoir malmenés, ils ont fait demi-tour, ce qui nous fit supposer qu’ils avaient été appelés par les habitants suisses du chalet (le drapeau y flottait) établis cinquante mètres plus haut qu’on voyait aux fenêtres. Nous ne faisions pourtant que nous rafraîchir et avions juste sorti un petit siège pour ma mère.

 

Ce comportement insultant nous blessa profondément tant par la manière que par l’humiliation qu’il engendra….maintenant encore j’en éprouve quelque peine….

 

Et pourtant, la Suisse est le pays de Dunan, qui a créé l’indispensable Croix-Rouge, la base et même le moteur de tant d’actions universelles généreuses.

 

Cet intermède dans un chapitre consacré au bonheur peut surprendre, mais permet quelques réflexions sur sa fragilité….et surtout les moyens de s’en prémunir en réfléchissant aux motivations de l’autre…

 

Ainsi, au tout petit incident qui nous occupe, finalement bénin et anecdotique, on peut, peut-être, trouver des justifications suffisantes à l’action des gens de cette villa et à leurs policiers pour comprendre, le raz le bol éprouvé en cette période de l’année, par l’arrogance des touristes et le peu de respect qu’ils ont d’un environnement exceptionnel qu’eux défendent bec et ongles…

 

Peut-être que notre troupe de huit personnes, turbulente par ses quatre jeunes enfants, était la goutte qui avait fait déborder un vase déjà rempli des excès d’autres villégiateurs….

 

Dans cette circonstance et par la suite, tant qu’il restera avec nous, Bruno, à mes côtés, n’était pas seulement le neveu qui me soutenait mais aussi le frère que j’avais perdu. J’étais heureux de la maturité qu’il avait atteinte depuis qu’il nous avait rejoint dans un moment difficile de son adolescence.

 

Il devint l’assistant dévoué qui s’efforçait de m’aider dans toutes mes entreprises et Dieu sait si je ne cessais d’en trouver de nouvelles…

 

Peu bavard, très efficace, j’ai toujours été porté par l’affection de ce filleul que je sentais profonde… Ce sentiment fait aussi partie du bonheur parce qu’il environne de cette « aura » qui fait chaud au cœur.

 

Comme son père dont il était la réplique, la chance lui tourna souvent le dos. Lui aussi eut la vie fut bouleversée par un accident grave : une chute de moto lui abîma le bas-ventre et l’estropia longtemps. Ce ne fut qu’au prix de la volonté et du courage remarquable hérités de son père qu’il parvint à retrouver une vie normale.

 

Il sera toujours pour moi, comme le fut mon beau-frère Daniel, un assistant dévoué dans la réalisation de mes entreprises, grâce auquel je pus réaliser quantité de projets aussi fantasques que démesurés.

 

C’est un passionné de sports moteurs, mais surtout de moto avec laquelle il fait corps… Il est fou de vitesse, avide de sensations fortes….

 

Il aime cette étreinte de l’air que son bolide écarte tout en l’enveloppant telle une amante passionnée, alors que l’angoisse de la peur lui étreint le ventre….

 

Succombant à mon travers de « poète excessif », je ne peux m’empêcher de traduire en quelques vers dithyrambiques la splendeur du « Chevalier des routes » comme je l’avais fait pour le « Grand oiseau des cimes ».

 

Ivre de bitume avalé,

Fou de vent et virages,

Preux chevalier,

En sa monture d’acier

Défiant soleil et nuages

En rapace des rubans noirs,

Tel l’aigle du soir

Plongeant dans les halliers.

 

C’est le chevalier des routes,

L’avaleur de côtes,

Le descendeur des pentes

Qui se lève et se penche

Tel l’oiseau des vagues

Qui flirte avec la mer.

 

Il est l’amant du vent

Que sa machine violente ;

Il est le roi des routes

Que ses sujets redoutent ;

Il est le dieu des bolides

Pour des fidèles avides.

 

Cet audacieux motard, professionnel des Chemins de fer dont il est un des chefs d’équipe, spécialisé dans les TGV, se laissera prendre aux doux yeux d’une charmante personne avec laquelle maintenant il partage la vie et les projets.

 

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16/07/2010

Ch. 27 d - Le rival des aigles

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

__

Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

-------

Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 27 d - Le rival des aigles.

 

Un fils, c’est l’orgueil et le prolongement des pères, la fierté et l’adoration des mères. Nous en avons eu deux, tellement différents : autant l’un est méthodique, scientifique et ordonné, autant l’autre est fantaisiste, poète et farfelu….

 

Mais ce qu’ils ont en commun c’est la passion de la découverte, des voyages, de l’exotisme et…de l’informatique…

 

Benoit, le plus jeune des deux, est un passionné de ciels, un optimiste au cœur d’or, qui aime aider, secourir….sauver….

 

C’est ainsi qu’il a pu trouver dans son métier « agent des services d’urgence » où sont regroupées toutes les fonctions autrefois attribuées aux pompiers et ambulanciers, l’occasion de laisser éclater ses qualités altruistes, son goût du risque et de l’aventure, son horreur de la vie rangée…pantouflarde…

 

Ce fut toujours l’oiseau qu’il fallait remettre dans le nid parce qu’il s’en échappait…. à tel point que sa mère l’aurait bien attaché à sa jambe…

 

Ses études en pâtirent, bien sûr, mais comme moi, il compensera par un autodidactisme persévérant.

 

Il s’éclatera dans le scoutisme en devenant un chef de troupe très actif, entreprenant jusqu’à spécialiser ses garçons dans la spéléologie et l’alpinisme.

 

C’était dangereux et risqué, mais il était attentif et prudent. Il pratiquait ces disciplines avec son assistant et ami qui sera un fidèle compagnon le suivant partout et toujours y compris dans son métier.

 

C’est avec lui qu’il créa une école de parapente, sport de montagne qui balbutiait doucement en Belgique et qui consistait à s’élever d’une hauteur soutenu par une sorte de parachute dirigeable pour s’envoler bien haut, bien loin et parfois longtemps en profitant des courants aériens.

 

Ce sport d’altitude, finalement peu coûteux, connaissait un essor fantastique dans les stations de haute montagne où nos deux compères se rendaient souvent pour y pratiquer l’alpinisme. Ce goût des grands espaces lui était venu pendant son service militaire aux para-commandos.

 

C’est ainsi que devenus des fanatiques de cette activité nouvelle, ils rêvèrent de la pratiquer en Belgique, à partir de quelques crêtes dans le Namurois ou encore grâce à un moteur d’automobile enroulant un long câble qui les lançait dans les airs tout en les décrochant de l’engin.

 

A cette époque, Benoit avait entrepris avec mon épouse un commerce de meubles et d’objets anciens provenant de Corée que notre amie, Agnès, retournée dans son pays et qui y avait créé l’activité commerciale d’exportation de ces articles, lui procurait à de bonnes conditions.

 

Nous lui avions fourni les fonds nécessaires au développement de cette activité qui démarra sur les chapeaux de roue : cet article était nouveau en Belgique.

 

Deux ans avant, notre amie, toujours elle, avait trouvé un boulot de professeur de français à Séoul pour notre fils, Patrick, qui se passionna pour l’histoire et les vieilles choses du pays.

 

Benoit qui s’était mis dans la tête le projet de créer un commerce d’articles de sport et une école de parapente avec son fidèle ami chef-scout, lui proposa de revenir en Belgique pour y continuer l’activité qu’il avait lancée avec sa mère.

 

C’est ainsi que nous l’avons aidé financièrement et administrativement à lancer une seconde activité. Malheureusement, l’affaire ne parvint jamais à décoller valablement et nous fûmes contraints de la liquider.

 

Fou de ciel et d’espace, Benoit ira retrouver à Bagnères-de-Luchon ses amis pyrénéens et les hauteurs de Superbagnères d’où il s’enivrera d’espace et de grandeur dans un cadre de hautes montagnes, parmi les plus beaux du monde.

 

Moniteur de parapente, il y restera sept ans, parfaitement intégré au milieu pourtant très fermé des Pyrénéens jusqu’à prendre leurs habitudes, leur accent et leur béret.

 

Il s’y découvrira une nouvelle passion, la sculpture et le modelage.

 

Nous l’y avons retrouvé quelquefois dans sa petite maison au charme si typique et à la décoration intérieure originale propre à son caractère artiste.

 

Il nous parlait alors de sa passion pour la région et nous emmenait en pensée avec son parapente, le long des gorges et des flancs montagneux, au-dessus de vallées lilliputiennes, dans le scintillement des sommets à la blancheur éternelle….

 

Il nous disait aussi le bonheur des sentes et des pinèdes, la récolte des cèpes et des bolets, la pèche aux écrevisses dans les torrents de montagne, le guet aux ours (il n’y en a plus que quelques-uns), si secrets dans des hauteurs désertées par les hommes, le frisson du pressentiment de leur présence à quelques pas dans la nuit et l’angoisse de leurs grognements furieux…..

 

Il y avait surtout le récit de cet enivrement de l’espace dans ce cadre sublime qu’il savait si bien nous faire partager….

 

Pendu à ses lèvres, nous l’écoutions et revivions avec lui la grandeur de certaines situations et avons participé intensément à la plus belle histoire de sa vie…. il nous la conta, un soir, avec une flamme que je ne lui connaissais pas dans les yeux.

 

Il voguait suspendu à son bel engin qui gonflait les plis de sa voile du vent permanent des hautes altitudes.

 

Dans ce silence unique fait du vide de l’esprit et de la mystique d’un souffle venu d’ailleurs, il planait lentement au-dessus de cimes blanches, de pics ocre, de flancs brûlants de soleil, de vallées lointaines que coiffaient quelques nuages de neige fouettée…

 

Ce fut alors que vint se joindre à lui…. un aigle…. le plus grand, le plus royal, le plus beau de tous les aigles, celui que ses yeux magnifieront toujours….

Le cou tendu, le bec en éperon, l’œil aigu, il planait comme lui, porté par un souffle permanent d’altitude….

 

Ils volèrent longtemps ainsi, de concert, lentement,… majestueusement, virant de l’aile, prenant de la hauteur, glissant en enivrants méandres ou lentes plongées…. tandis que le vent leur caressait sublimement le ventre….

 

Le rapace orgueilleux l’avait respecté… et lui faisait une escorte royale… il finit par plonger vers une imperceptible proie que seul son oeil avait pu découvrir…..

 

Dans le poème qui va suivre, je n’ai pu m’empêcher de chanter le grand oiseau des cimes que ce fils sera toujours pour moi, ivre d’espace et de grandeur …..

 

Le grand oiseau des cimes

Que de lents ciels animent

Défiait les nuages

Qui peuplaient ses mers sages.

 

Toutes ailes étendues,

Il survolait les nues

En s'enivrant du vent

Qui gonflait ses évents.

 

Le grand oiseau des cimes

Caressera l’argile,

Choisira ses pinceaux,

Pour provoquer l’abîme

Que violent ses vaisseaux

 

Le grand oiseau des cimes

Retrouvera l’abîme

Pour poser ses bateaux

Et s’étourdir de rêves

De grands mats et de grèves.

 

Benoit goûtait à tout, insatiable, à la recherche de sensations, aussi l’immensité de la mer et le romantisme du bateau à voile ne pouvaient que l’attirer, c’est ainsi qu’il fit partie d’un équipage de catamaran dans les mers du sud.

 

Il entreprit le tour du monde en V.T.T. (vélo tous terrains), traversera le Canada pour longer toute la côte de l’Amérique du Nord et s’embarquera avec son vélo pour la Nouvelle Zélande et la Nouvelle Calédonie…

 

Il allait s’enfoncer dans l’incroyable Australie quand nous le rappelâmes pour répondre à une convocation de la Ville de Bruxelles qui l’invitait à commencer une carrière d’agent de ses services d’urgence qui assurent maintenant les charges autrefois dévolues aux pompiers et ambulanciers.

 

Il en avait réussi autrefois les examens, bien classé, et n’avait été écarté de la sélection que pour des raisons d’appartenance linguistique qu’un recours au conseil d’Etat avait permis finalement d’annuler.

 

S’investissant à fond dans un métier qui lui convenait à merveille, il pourra mettre en valeur les qualités naturelles qui font la richesse de sa personnalité : altruisme, dévouement, dynamisme, audace, goût du danger, performances athlétiques….et les connaissances que lui avaient apportées l’obtention et la pratique de son brevet officiel de secouriste….

 

Casse-cou éternel, il utilisera les nombreux jours de récupération (deux jours pour vingt-quatre heures de travail continu selon la règle de ce métier) pour exercer un boulot complémentaire d’élagueur où il met à profit ses qualités d’escaladeur.

 

Passionné de moto, il s’entend comme larron en foire avec son cousin Bruno (mon filleul, aussi amateur de sensations fortes que lui) pour effectuer de longs voyages ou randonnées.

 

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13/07/2010

Ch. 27 c - Le petit soleil.

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

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Ch. 25 d - Le petit soleil

 

Pleurer le bonheur, ça gonfle la poitrine…. c’est d’abord immense et profond…..et puis c’est infiniment doux, de la douceur des crépuscules quand ils fraîchissent la canicule….

 

J’ai caché ma faiblesse derrière une colonne du grand hall d’accueil de l’aéroport qui venait de nous faire découvrir un coin de paradis…. : vision d’une madone tenant dans ses bras une petite fille souriante et frêle qui lui caressait tendrement le visage….

 

Cette image lumineuse dans la foule bruyante et bigarrée des voyageurs, elle s’isolera, elle s’auréolera de lumière pour se graver dans mon souvenir….

 

Ce geste spontané de tendresse d’une enfant qui avait déjà été marquée dans ses quelques premiers mois d’existence par la maladie et la souffrance (une maladie mortelle aurait dû l’emporter) vers celle qui avait tant d’amour à donner, sera annonciatrice d’un courant affectif qui émanera toujours d’elle et qu’elle projettera sur son entourage.

 

Sa sœur d’abord qui en avait tellement besoin pour se rassurer. Comme je l’ai signalé plus avant, elles sont comme des jumelles qui trouvent dans l’autre des réponses aux problèmes spécifiques de leur situation, dans un environnement occidental souvent maladroit et exclusif.

 

Nombreux seront-ils ces moments de bonheur que nous ressentirons à les voir se taquiner dans une entente délicieuse ou se glisser des confidences de midinettes avec rires cascadés comme des clochettes lamaïstes mues par le vent.

 

Maintenant encore dans leur plénitude d’adulte, elles restent tributaires de leur histoire jumelée et complices de sentiments très subtils et particuliers que nous, leurs parents, percevons avec tant de tendresse et de compréhension.

 

L’aînée porte bien son nom : Béatrice l’heureuse,…. toujours souriante, toujours joyeuse…. toujours aimante….

 

Si tendre, si affectueuse que toute petite déjà, elle se réfugiait dans mes bras, pour enfouir son front dans mon cou….. ; j’osais à peine serrer contre moi cette subtile tiédeur de l’enfance pendant que deux petites mains effleuraient la mienne…, je sentais alors grimper en moi ce profond soupir du bonheur….

 

Maintenant encore, elle ne peut s’empêcher de manifester sa tendresse envers tout son entourage à la moindre occasion, avec des yeux brillants d’émotion, un sourire attendri et une spontanéité qu’elle ne peut s’empêcher de manifester en un geste de chaleureuse affection.

 

Cette aura de bonheur dont elle tentera toujours de s’environner, elle tournera à l’obsession jusqu’à vouloir la forcer chez ceux qui en ont le plus besoin : les déprimés, ceux que la vie fragilise et qui ne voient le bonheur que comme une très lointaine étoile.

 

Brillante infirmière psychiatrique, elle encourage, elle crée le meilleur environnement affectif en prodiguant son merveilleux sourire à ceux qui s’enfoncent dans le désespoir, mais surtout avec la douce, chaude et tendre lumière de ses yeux en prélude à ce bonheur qu’ils cherchent sans grand espoir….

 

C’est bien cela qu’elles nous ont apporté nos deux petits pinsons d’orient : le carillon du rire de l’une, pur comme celui des cordes de harpe et le tendre regard de l’autre, doux comme le velours d’un pétale de rose :

 

Une perle de rosée au bord d’une fleur

C’est une clochette de printemps,

Une mésange au bout d’une branche

C’est le ciel qui s’y penche.

 

Une petite fille qui tend les bras

Au cou de son papa

C’est l’azur qui environne

Et le soleil qui ronronne.

 

C’est la perle de rosée

Au bord de ses yeux.

C’est la mésange

Qui chante en son cœur.

 

Sa petite sœur au rire de cristal,

Qui cascade de cœur en cœur,

C’est le chant des sources

Et la fraîcheur des matins clairs.

 

C’est la perle de rosée

Qui s’éclaire des feux du jour,

C’est la mésange

Qui palpite

En son écrin de vert velours.

 

 

Un prince charmant sommeillait en son cœur. Elle l’avait toujours regardé de loin, de très loin parce qu’il était grand, très grand, presque dans les étoiles pour une si petite fille….

 

Elle en avait toujours rêvé….de ce copain de son frère qui la regardait parfois avec un grand, éclatant mais doux sourire et des étincelles malicieuses dans les yeux….

 

Ce qui devait arriver, arriva…. la petite fille devint une jeune et mignonne femme….et le prince charmant s’éprit d’elle….

 

Ils s’épousèrent par un des plus beaux jours de printemps. Le soleil était si heureux qu’il en inondait le ciel si fort que le bleu n’en était que plus bleu….et les arbres plus verts….et les fleurs plus fleurs….

 

Dans ce conte de fées (vrai), il y avait une jolie maisonnette tapie dans les bois et des grands hêtres…. Le frère et son ami en avaient fait un merveilleux havre d’accueil pour ceux qui allaient célébrer une union avec toute la ferveur d’un jour éclatant le bonheur….

 

C’est avec émotion que j’en revis encore les premiers moments dans l’environnement somptueux des grands hêtres…. :

 

Nous nous étions assis avec les invités sur la terrasse qui bordait la maison et goûtions la fraîcheur des frondaisons que trouait de pinceaux d’or un soleil en fête…

 

Un écureuil, après avoir rangé ses petits, nous lorgnait de temps à autre, en passant le bout du nez hors du creux où il nichait…

 

Un peu plus loin, dans un espace en clairière, cachée aux yeux de tous, une calèche attelée de deux gros chevaux attendait avec un cocher en redingote coiffé d’un haut de forme (c’était une surprise du marié à tout le monde).

 

La future mariée s’était préparée et nous apparut radieuse de soie blanche et coiffée d’une ravissante capeline….. son visage, sous la voilette, était lumineux et ses yeux légèrement embrumés d’émotion semblait atteindre la plénitude du bonheur suprême…..

 

Vinrent alors, pour moi, des instants parmi les plus précieux de mon existence :

 

La calèche apparut sous les applaudissements d’un entourage surpris et ravi, visiblement gagné par le romantisme féerique de la situation dans ce cadre idyllique, vibrant de lumières qui se jouaient d’ombres tendres ….

 

La maison de mon fils Benoit se situe dans un bois de haute futaie qui s’étend pas très loin de la petite ville de Wavre où devait se dérouler la cérémonie religieuse du mariage.

 

Ce fut donc dans ce décor de feuillage et de grands arbres que je connus des moments de bonheur qui se sont gravés profondément dans mon souvenir et que je me rappelle avec délice….

 

Je devais conduire la future mariée devant l’autel, comme c’est la tradition, on m’invita donc à prendre place dans le véhicule avec ma fille.

 

Vinrent alors ces moments précieux que je veux distiller lentement pour mieux en communiquer toute la valeur.

 

Le parfum de subtile fraîcheur des hêtres qui s’éveillent, se mêlait à la tendre tiédeur de l’humus des chemins encore chauds de la douceur d’une belle nuit de printemps.

 

J’entends le pas des chevaux qui frappe sourdement la terre battue, le grelot des colliers, une fauvette qui chante…, un merle qui siffle….

 

Mes yeux caressent le dos rond et luisant du vieux cocher, les ombres feuillues qui s’inclinent et nous saluent,… les bribes de soleil qui lutinent les branches,… et nos visages… et nos cœurs….

 

Mais surtout, il y a cette petite main de ma fille qui est posée sur mon bras et qui tremble le bonheur, il y a sa tiède présence contre moi dans le berceau de la calèche qui sublime plus encore des instants inoubliables.

 

Il y a aussi ces passants qui nous acclament quand nous traversons la petite ville au petit trop de nos chevaux… et cette place devant l’église que nous contournons dans la foule de nos amis, ravis de la poésie du moment.

 

Dans l’église qui rayonnait de tous ses vitraux ensoleillés, je confiai ma fille à son beau prince qui s’avança avec elle vers l’autel où ils allaient sacramentellement unir pour la vie leur couple merveilleux.

 

Nous avons fêté cela ensuite dans un endroit pittoresque à souhait  : un ancien moulin à eau aménagé en salles de banquet avec l’originalité de sa conception fonctionnelle transformée en plateaux d’accueil.

 

Le temps magnifique permit une réception chatoyante dans la propriété qui entourait le moulin avec quelques musiciens de jazz pour agrémenter la fête.

 

Au dessert, je me suis autorisé à sortir quelques vers dithyrambiques pour mieux encore magnifier une journée qui fut exceptionnelle aux yeux de beaucoup :

 

C’était un bel oiseau

Qui s’en venait du ciel.

Ses yeux étaient très beaux

Son teint était de miel.

 

Béatrice pour nom,

En joie comme un pinson,

Calmant de son sourire

Ceux qui craignaient le pire.

 

Tu es petit amour

Un rayon de soleil

Qui bercera toujours

Nos rêves et nos éveils.

 

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Un très grand et beau prince,

Un jour, vint à passer

A ses pieds s’est jeté,

Tremblant qu’on ne l’évince.

 

Philippe est bien son nom.

Il est fort comme atlas,

Franc, généreux et bon.

Mais qu’il a de la classe !

 

-----

 

Est-il un plus beau havre

Que ce grand nid à Wavre

Pour de beaux oisillons

Qui bien s’y blottiront ?

 

°°°°°°°°°°°°°

 

09/07/2010

Ch. 27 b - Le carillon de son rire.

 

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 , deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

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Ch. 25 c - Le carillon de son rire.

 

{4} Au creux de nos mains, il y a un tout petit oiseau qui nous regarde avec des yeux tendres…. un petit oiseau aux grands yeux d’inquiétude… qui a si peur de perdre le bonheur…

 

Ce petit oiseau-là, c’est le ciel qui nous l’a donné un si beau jour de fin d’été 1972 ... pour elle, le temps s’était fait tendre et doux …

 

Nous lui avons donné le nom qui lui convenait : Christine, comme cristal ...  comme le cristal du carillon de son rire quand il étincelle le bonheur….

 

Les feuilles de l’avenue et des parcs se coloraient déjà de couleurs chaudes…. Du vieil or des marronniers à la pourpre sombre des érables : ils avaient revêtu leur grand apparat d’accueil….

 

Heureux de bonheur, nous l’avons emportée dans nos bras en lui murmurant de tendres choses qu’elle écoutait timidement ...

 

Elle est devenue maintenant une jeune femme douce et discrète qui nous ouvre souvent son cœur en nous révélant la grandeur de ses sentiments….

 

Son rire est une source claire qu’on écoute ruisseler avec sa fraîcheur et sa pureté cristalline. En écrivant ces lignes, je l’entends monter depuis le jardin jusqu’à ma table, accompagnant le parfum des roses ...

 

Le bonheur c’est le rossignol

Qui chante en son cœur

Quand le ciel est heureux

Et que la pluie n’est plus.

 

Que sa pensée est triste

Quand souffrent les petits ânes,

Les  plus minables de ses amis,

Mais que ses mains sont douces

Quand elles soulagent leurs plaies !

 

Son cœur est un petit oiseau

Qui voudrait s’envoler

Mais qui a si peur

De la cruauté du monde.

 

Elle est maintenant le passereau des mers, avide d’horizons, mais qui n’a pas assez de la terre entière pour s’assouvir de la beauté du monde.

 

Avec son « globe-trotter » de compagnon, joyeux routier qui fait le tour du monde (à vélo), elle se plonge au cœur des continents pour y découvrir la vie des autres et la beauté des sites.

 

Dans mes « rêves éveillés » je la retrouve souvent entraînant son vieux père dans la magie du Chili, du Pérou et de la Cordillère des Andes, les couleurs de Costa Rica, la folie grandiloquente des « Boys américains », l’angoisse des Grands Canyons, le mystère des pyramides, le bleu des lacs et des glaces scandinaves, l’équivoque irlandaise, les brumes écossaises…..

 

J’aime sa conversation profonde qui m’entraîne dans les sentiers de ses réflexions et conclusions sur les contradictions du monde et de la pensée….

 

Que d’instants inoubliables je partage avec elle en communion d’esprit, rehaussé de la profondeur de l’affection du père pour sa fille !

 

Elle s’étourdit de la musique des langues, écoute chanter les mots ... dans sa bouche, ils prennent des sonorités qui enchantent … c’est la mystique des harpes avec le trouble des violons….

 

Ce que j’envie ce don merveilleux qu’elle a de s’identifier aux gens au point d’en sentir l’âme et de la comprendre avec une sensibilité à vif en s’efforçant de leur parler avec toute la richesse des nuances.

 

Les langues, c’est sa passion, le plus clair de ses loisirs se passe à étudier ou perfectionner ses connaissances linguistiques (anglais, espagnol, néerlandais, suédois, allemand, italien, japonais, arabe….et le français, sa langue maternelle)….

 

Elle a ouvert le monde

Pour y tourner des pages

Des pages aux tranches d’or

Qui racontent le bleu des mers.

 

Elle aima les fjords,

Chanta au son des banjos,

S’enivra du parfum des vagues,

Se lova dans la laine des lamas.

 

Ses doigts ont caressé la vague

Ses yeux ont bu l’horizon

Ses mains ont effleuré les stèles

Ses pieds ont foulé les sables.

 

Son cœur cherche le vent

Qui pousserait sa voile

Vers d’autres océans,

Vers d’infinies étoiles.

 

°°°°°°°°°°

06/07/2010

Ch. 27 a - Le bonheur, distillat de la condition humaine.

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 29. a - Le bonheur, ce distillat subtil de la condition humaine.


{1} Le bonheur est un oiseau frêle qu’il faut enfermer doucement dans les mains pour le protéger de tout ce qui le blesse…. il est si fragile qu’on le ménage en lui réservant un petit nid tiède tout au fond de l’âme….

 

Le bonheur, on en rêve pour se donner du courage dans le long chemin de l’existence, quand on se bat pour continuer,… avancer,… gagner…

 

Le bonheur, on le recherche aussi à la table de celui qui en est tellement riche qu’il le donne…. on le regarde avec envie, sans oser entrer dans la chaîne de ceux qui comme lui, le distribuent sans compter …. parce qu'il provient d’une source qu’ils ont découverte et qui ne tarit jamais…

 

Le bonheur, c’est le distillat laborieux sorti du grand alambic de la vie qui a mélangé labeur et peine avec savoir et expérience….

 

Le bonheur est un sentiment si grand, si difficilement définissable que même les plus recherchés des vocables de notre si belle langue française n’arrivent pas à en exprimer suffisamment toute la richesse et la grandeur.

 

Le poète, alors, se déchaîne et ses vers s’éclairent de la sonorité des mots, de la musique des pieds, tout en se colorant du chant des rimes.

 

Le bonheur, c’est le ciel quand il sourit,

Le bonheur, c’est une flamme dans les yeux,

Le bonheur, c’est le retour des hirondelles,

Le bonheur, c’est le friselis des sources.

 

Le bonheur, c’est l’enfant qui sommeille,

Et l’adolescent qui s’éveille,

Le bonheur, c’est l’avidité de savoir,

Mais aussi, la quiétude de la connaissance.

 

Le bonheur est un enfant clair

Qui barbotte, les pieds dans l’eau,

C’est aussi le petit oiseau

Qui pépie au cœur des mères.

 

Le bonheur est un homme sage

Qui se penche sur son printemps

En se berçant des belles pages

Qui chantent ses jours et son temps.

 

{2} « Se souvenir du bonheur, c’est aussi du bonheur » est le titre du beau livre écrit par le poète-chantant qu’est Salvatore Adamo, cet autre grand naïf qui n’a pas peur d’avouer sa candeur et qui l’affiche ouvertement.

 

C’est dans le même esprit que je vais raconter avec ferveur des instants, …des parcelles parfois, de cette « aura subtile » qui a valorisé certains moments précieux de mon parcours.

 

C’est en évoquant certains souvenirs, dans un registre plus calme, plus paisible…. mais intense, que je m’enivrerai d’heureuses réminiscences telle cette tendre quiétude que me réservait l’aube des matins clairs dans la douceur d’un tiède soleil, ou la torpeur des heures chaudes de midi, rafraîchies par l’ombre des grands arbres, et, si subtiles, les senteurs du soir…. enivrantes, ensorcelantes…. annonciatrices de nuits parfumées….

 

Il y aura encore les chants d’éveil du printemps,… ceux de l’été qui ronronnent le soleil et bourdonnent la vie des champs…. les soupirs de couleurs et de brames de l’automne…. et ceux de l’hiver dépouillé, dans son infinie blancheur,…. son confort devant l’âtre.

 

Nombreuses sont-elles ces étincelles de bonheur chez ceux qui les reçoivent au creux de l’âme pour y raviver les douces braises de souvenirs intenses.

 

Il y avait si longtemps

Que je cheminais :

J’en avais les jambes dures.

 

Aussi, je me suis arrêté,

Et me suis retourné,

Une fois encore.

 

Il y avait des collines,

Des crêtes et des ravins,

Des bois et des rivières.

 

Il y avait des soleils partout

Dans les pentes et dans les prés

Dans les cœurs et dans les yeux :

Eux seuls demeuraient

Dans l’étendue de mes souvenirs.

 

Si je privilégiai ce jour-là parmi tant d’autres, c’est que plus encore, je connus la grandeur de la complémentarité, la plénitude de l’unisson, la douceur de la tendresse….

 

{3} Elle était à mes côtés, frêle parce que protégée, ardente parce qu’amoureuse, belle parce qu’heureuse….. Elle vivait de fleurs, sa voix était fraîche comme la rosée de ses roses. Son cœur avait la gaieté de ses myosotis, ses yeux riaient les gentianes, les cyclamens, les narcisses et les tendres œillets de son jardin…..

 

Je me sentis plus grand, plus fort que le grand mâle qui se bat la poitrine en défiant des mondes….

 

Des pinsons de bonheur s’étaient élevés dans l’azur et s’égosillaient tant qu’à mourir….

 

Ce souffle-là, il est si léger

Qu’il s’élève très haut,

Plus haut que les étoiles,

Plus haut que l’infini.

 

Ce souffle-là est si tendre

Qu’il est chaud de douceur

Qu’il est tiède de velours

Qu’il est clair de lumière.

 

Ce souffle-là est si grand

Qu’il emplit la terre entière.

Ce souffle-là est si grand

Qu’il défie tout l’univers.

 

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02/07/2010

Ch. 26 c - Vade-mecum de la comptabilité

&

 

 

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

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Ch. 26 c  –  VADE-MECUM DE LA COMPTABILITÉ

 

COMPRENDRE

LA COMPTABILITÉ ET LE BILAN.

(Vade-mecum de vulgarisation)

HISTORIQUE ET PRINCIPES


La comptabilité fonctionne suivant un système exposé par le franciscain Luca Pacioli en 1494, qu’on a dénommé « la théorie de la comptabilité par parties doubles ». Ce procédé ingénieux dont on ne connaît pas l’origine exacte, consiste à inscrire dans un registre à deux colonnes (le journal), les opérations (écritures) de la journée en appliquant la technique qualifiée de « parties doubles » par laquelle une opération est « balancée » par sa contrepartie, ce qui permet d’établir un équilibre parfait entre les « comptes » de ce qui a été appelé : le bilan d’une activité lucrative. A titre d’exemple : on inscrira les entrées (débit) d’une « écriture » de caisse dans la colonne de gauche du « journal » et sa « contrepartie » (crédit) (par exemple, le remboursement d’une dette par un client) dans le « compte » de ce client pour annuler sa dette. La tenue à jour de ces comptes individualisés permet d’en tirer une « balance » ou un « bilan » actualisé.

°°°°°

Le bilan, du latin bis, deux (fois) et lanx, plateau, d’une « affaire », s’inspire du principe de la balance (de l’italien balanciare, peser) qui est aussi vieux que celui des échanges. Il consiste à rechercher l’équilibre entre des choses échangées et des « poids » conventionnels suspendus de chaque côté de ce qui s’appelle le « fléau » d’une balance et, en faisant le total de ces poids, d’en déterminer un résultat négociable. C’est le même principe de l’équilibre entre les choses qui est utilisé pour chiffrer dans le temps la valeur « à jour » d’un investissement dans une affaire à vocation surtout lucrative grâce à la technique comptable dite «par parties doubles » qui établit pour ce faire une balance entre l’ACTIF de cette affaire (ses avoirs ou ses biens valorisés » et son PASSIF (ses dettes).

 

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Dès le développement du procédé, il a été convenu d’appeler « écriture » une opération inscrite dans un « journal » à deux colonnes : livres, cahiers, fiches ou « listings » (documents imprimés résultant de la technique informatique) :

 

L’une, des DÉBITS, dans laquelle on mentionne tous les AVOIRS ou BIENS VALORISÉS, soit l’ACTIF d’une affaire et l’autre, des CRÉDITS, pour ses DETTES (ou son PASSIF).

 

Ces dettes seront de deux natures selon, pour le particulier, qu’elles existent envers lui-même par son apport personnel dans l’affaire (fonds investis) ou pour une société, qu’elles soient contractées envers les actionnaires par leur investissement dans le capital ; pour l’un comme pour l’autre, on y ajoutera les dettes envers les tiers qui n’ont pas été réglées au comptant (à la caisse) en faisant une distinction entre celles qui sont dues dans l’année (court terme) et les autres qui ne le seront que dans une ou plusieurs années (long terme).


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A la création de n’importe quelle affaire, la première action consistera à inscrire le détail de « l’inventaire » de départ : à l’actif, le relevé chiffré détaillé de tous les biens qui sont investis et au passif, les dettes envers soi-même (fonds investis par un particulier) et ses dettes envers les tiers.  En ce qui concerne la société ce seront le capital versé par les propriétaires-actionnaires ainsi que les dettes envers les autres tiers.

 

Ensuite, pour actualiser cet inventaire d’enregistrer, dès qu’elles se présentent dans le temps, les opérations qui le modifient. Ce procédé permet d’établir à tout moment la situation exacte d’une affaire et l’état de ses moyens afin de donner à ses gestionnaires la possibilité de la gérer efficacement.

 

Chaque écriture, inscrite dans le « journal à deux colonnes », qu’elle soit composée de plusieurs montants ou simple, devra toujours faire apparaître une égalité mathématique parfaite entre les débits et les crédits dans le but d’obtenir une « balance » absolue entre les comptes quels que soient le nombre d’opérations et leur complexité.(Voir exemple d’écritures en fin du chapitre)

 


EN RÉSUMÉ, DE CE QUI PRÉCÈDE, IL DÉCOULE QUE LE PROCÉDÉ COMPTABLE CONSISTE Á ÉTABLIR UNE BALANCE ENTRE :

l’actif ou les avoirs (solde positif au débit des comptes) :


Actif : biens qui ont été affectés à une activité par un particulier ou par une société dans le but de générer des bénéfices ou de remplir une mission (associations sans but lucratif).

et le passif ou les dettes (solde positif au crédit des comptes) :

 

c’est-à-dire, pour le particulier, les sommes qu’il y a consacrées, appelées dettes envers lui-même de même que celles qu’il a contractées envers ses créanciers, alors que pour une société, ce seront les sommes appelées capital que lui ont confié les actionnaires ainsi que les dettes qui ont été nécessaires au fonctionnement de cette société.

 

Par la suite, en principe chaque année nommée l’exercice, pour garder cet équilibre entre l’actif et le passif

 

par le jeu des mouvements comptables (appelés écritures comptables) et leur total, le montant investi pour le particulier ou le capital et ses prolongements pour la société sera augmenté des bénéfices non prélevés pour le particulier ou non distribués pour la société ou diminué des pertes subies à la date de la clôture, en général le 31 décembre de chaque année.

 

Ce bénéfice ou cette perte auront été établis, chaque année, grâce au compte de « résultats » qui enregistrera les charges qui l’ont diminué et les revenus qui l’ont alimenté.

 

Schématiquement, on peut imaginer une balance dont la fonction essentielle est de maintenir l'équilibre entre l'actif (à droite) et le passif (à gauche) , comme le sont les objets qui sont déposes dans ses plateaux dont certains sont chiffrables par le poids qu'il représente, la différence en comptabilité constituant le bénéfice ou la perte, selon qu'elle se situe à l'actif (perte) ou au passif (bénéfice).

 

 

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EXPOSÉ DÉVELOPPÉ DE LA TECHNIQUE.

Avec entre {} mention du n° du plan comptable minimum normalisé en vigueur dans le Marché Commun (voir ce plan en dernière page du chapitre.

 

Les actifs se répartissent en deux catégories suivant leur durée d’existence :

 

Les actifs immobilisés sont ceux qui durent normalement plusieurs années. On constitue des réserves (amortissements) par prélèvements annuels sur les bénéfices en vue de pourvoir à leur remplacement pour vétusté ou inadéquation. Ils sont admis fiscalement suivant des taux imposés. Ils se subdivisent en :

 

Immobilisations incorporelles les frais d’établissement (frais de départ, d’installation…. À amortir) {20} et des valeurs négociables ou non ( le fonds de commerce, les frais de recherches, les brevets, licences, marques, etc. …) {21}

 

Immobilisations corporelles (valeurs à amortir en plusieurs années selon leur durée d’utilisation potentielle pour constituer une réserve de remplacement comme les terrains et constructions {22}, les installations, les machines, l’outillage {23}, le mobilier, le matériel de bureau, le matériel roulant {24} les locations financements (leasings) {25}les autres {26} ceux qui sont en cours et les acomptes versés {27}) et aussi les Immobilisations financières (Participations et créances dans des entreprises (filiales) liées (+ 50%) {280 et 281} ou avec liens de participation (- 50%) {282 et 283} ; autres actions et parts {284} et autres créances dont les « créances douteuses » {285} et aussi les cautionnements versés en numéraires (poste, téléphone, fax, gaz, électricité, prov. locatives, modem…) {288}

 

Créances à plus d’un an {29} (créances commerciales, douteuses et autres…)

 

les actifs circulants sont ceux qui, en principe, ne se dévalorisent pas ou peu parce que transformés rapidement en liquidité par l’activité de l’affaire, c’est-à-dire :

 

Le réalisable :

1.- Les stocks et commandes en cours d’exécution : les fabrications {30 à 33}, les marchandises {34}, la vente d’immeubles pour les entrepreneurs {35}, les acomptes versés sur achats pour stocks{36} les commandes en cours d’exécution {37}

2.- Les créances et les dettes à un an au plus : les créances commerciales - ce que les clients qui n’ont pas payé au comptant (au comptoir) doivent encore – {40} ainsi que des divers comme la TVA, les impôts et précomptes à récupérer {41}, les créances douteuses {417} et diverses {416}, les produits à recevoir {414}.

 

Les placements de trésorerie et valeurs disponibles : les actions de la société elle-même {50}, les actions et parts des autres sociétés{51}, les titre à revenus fixes {52}, les dépôts à terme {53}, les valeurs échues {54}, les Ets de crédit (banques) {55}, les Ccp {56}, les caisses {57}, les virements internes (comptes de régularisation appelés transferts qui contiennent momentanément des éléments à identifier ou en suspens.) {58}

 

Le passif, quant à lui, est constitué de l’ensemble des dettes que le particulier ou la société ont contractées pour l’activité exercée, soit :

 

Vis-à-vis de soi-même (le particulier) ou vis-à-vis des actionnaires (la société). Biens corporels en nature ou liquides (fonds) qui ont été investis au départ de l’activité pour la faire fonctionner.

 

Pour les sociétés, on l’appelle le capital {10} qui est acté dans l’acte constitutif établi par le notaire à leur création (actuellement, minimum 61.500 € pour les sociétés anonymes et 18.550 € pour les sociétés à responsabilité limitée : scrl, sprl, sprlu,).

 

Ces fonds investis ou le capital seront augmentés, en fin d’exercice (en principe une année) pour les particuliers des bénéfices non prélevés, quant aux sociétés, leurs résultats bénéficiaires seront affectés en « bénéfices à distribuer », en « réserves » ou en « reports à nouveau » selon leur destination décidée par l’assemblée générale des actionnaires qui se tient une fois par an à une date prévue par les statuts, mais qui ne peut être inférieure à un mois de la date de l’assemblée générale ni supérieure à six mois de la date de la clôture de l’exercice comptable concerné.


Vis-à-vis des tiers, subdivisés suivant leur durée en :

 

Dettes à plus d’un an : Emprunts contractés auprès des établissements de crédit (banques) ou autres et les dettes dont la durée dépasse un an {17}.

Dettes à un an au plus : dettes qui échoient dans l’année provenant des « Dettes à plus d’un an » [42] ou à court terme subdivisés en dettes financières {43} (établissements de crédit : banques, comptes-courants, promesses, emprunts…)

Dettes commerciales{44} (fournisseurs, factures à recevoir….)

Dettes fiscales, salariales et sociales{45} (impôts, TVA, précomptes, ONSS, rémunérations dues, pécule de vacances….)

Dettes diverses {48}

Dettes découlant de l’affectation des résultats {47} (Pour les sociétés, décision annuelle de l’assemblée générale de distribuer tout ou partie des résultats ou de leur donner une destination particulière : dividendes, tantièmes aux administrateurs, report sur l’exercice suivant etc.)

Il existe aussi des comptes d’attente et de régularisation pour les éléments qui concernent l’exercice suivant afin de respecter l’annalité des résultats : charges à reporter{490} produits acquis{491} charges à imputer{492} produits à reporter{493} comptes d’attente{499}.

 

Le résultat d’une année est donné par le compte de résultats.

 

On obtient l’équilibre de la balance d’une année (un exercice) grâce aux résultats qui proviennent de la différence entre les charges de cette année, et les profits que l’activité a générés.

 

Si les charges (total des comptes présentant un solde au débit) sont supérieures aux profits (total des comptes présentant un solde au crédit), il est évident que l’activité est en perte puisque les charges sont supérieures aux profits ; dans le cas contraire, il s’agira du bénéfice de l’année (exercice).


On décidera alors de son « affectation », soit pour le particulier en le prélevant ou pour une société en le distribuant aux actionnaires. Si on ne le fait pas ou s’il y a un reste, ils iront augmenter les fonds investis du particulier ou, pour les sociétés, portés dans un compte de prolongement du capital : « réserves {13} » bénéfice ou perte reporté {14} de provisions diverses {16}. Sont prévues aussi les plus-values de réévaluation {12} les primes d’émission {11} et les subsides en capital {15}


Dans une comptabilité primaire faite « à la main » comme dans le passé, on inscrivait journellement les « écritures » dans un « Journal » que l’on retranscrivait ensuite dans ce qu’on appelait alors le « Grand livre » dont chaque page ou un certain nombre de pages étaient réservées à chaque compte du plan comptable afin de les tenir à jour et de prendre en temps utile les mesures ou décisions adéquates.


Dans les comptabilités importantes, le grand livre était tenu sur feuillets ou fiches séparées par des « teneurs de comptes ». Le procédé fut amélioré par l’introduction de la comptabilité à décalque (papier carbone) économisant les doubles transcriptions manuelles, ensuite dactylographique avec compteurs mécaniques développés par la firme américaine de caisses enregistreuses « National » supprimant les additions et la mise à jour des soldes : des comptables « passaient les écritures » sur des « manifolds » et des « mécanographes » les recopiaient sur les machines qui effectuaient la mise à jour dactylographique des comptes, ainsi que les balances et bilans.


Puisqu’il s’agissait de retranscription des mêmes données, en fin d’année les totaux du Grand livre et ceux du Journal devaient être rigoureusement les mêmes ainsi que, bien entendu, l’équilibre entre les débits et les crédits. En palliant les défaillances humaines résultant des additions « visuelles » erronées et des retranscriptions inexactes de chiffres dans les livres, les nouvelles techniques informatisées ont permis d’économiser les calculs et d’épargner aux professionnels le « cauchemar de fin d’année » de la recherche fastidieuse des « erreurs de mouvement » qui en résultaient.


Les « charges » et les « produits » se ventilent suivant le plan comptable décimal normalisé en vigueur dans le marché commun qui permet toutes les extensions possibles en tenant compte de la spécificité de n’importe quelle activité. Il faut remarquer que le chapitre 6 est réservé aux frais et le 7 aux revenus et que leur différence donne le résultat de l’année. (Voir en dernière page un résumé assez complet de ce plan – les chapitres 8 et 9 restent disponibles pour des usages particuliers).


Il existe aussi le chapitre zéro, qui est réservé aux « Droits et engagements hors bilan » appelés aussi « comptes d’ordre ». Il mentionne pour mémoire, des comptes débits et crédits sans influence sur le résultat, tels que les garanties constituées par des tiers pour compte de l’entreprise {00} ou personnelles pour compte de tiers {01} ou réelles constituées sur avoirs propres {02} ou reçues {03}, les biens et valeurs détenus par des tiers en leur nom mais aux risques et profits de l’entreprise {04}, les engagements d’acquisitions et de cession d’immobilisation {05}, les Marchés à terme {06}, les biens et valeurs de tiers détenus par l’entreprise {07}, Les droits et engagements divers {09}.


Il est utile de signaler également que le plan comptable minimum normalisé (PCMN) a prévu un compte {609} variation des stocks qui peut être utilisé à la place du compte {71} ou avec lui, l’un {609} servant à la mise à jour régulière de la valorisation des stocks (inventaire permanent) et l’autre {71} à acter la valeur exacte du stock physique à la fin de l’exercice comptable en tenant compte des dépréciations et manquants.


Des extensions à ce plan seront créées en fonction des particularités propres à des activités commerciales (ou non), aussi éloignées les unes des autres que la comptabilité des pouvoirs publics, des ASBL (associations sans but lucratif), des gérances d’immeubles, des banques, des groupes ou entités juridiques avec filiales, succursales et autres et surtout, dans sa complexité, celle des industries avec les matières premières, les fabrications et les produits finis qui viendront en fin de parcours rejoindre les marchandises en stock.


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Avec l’introduction des moyens informatiques, les comptables disposent maintenant d’un outil prodigieux qui économise les retranscriptions et calculs de tous genres, facilite les corrections, les suppressions d’écritures erronées, (autrefois, il fallait les annuler en passant leur contraire), permet l’établissement de balances et bilans à n’importe quel moment, de situations de trésorerie, tableaux d’amortissement, plan comptable, déclarations fiscales claires et proprement présentées etc.


L’intervention de « petites mains » se limite désormais à la retranscription sur le clavier de « l’ordinateur » du numéro du compte, du montant, de sa position en débit ou crédit et éventuellement d’un libellé succinct ; l’écran très explicite contrôlé par la « souris » ou des touches de raccourci, permet un travail propre et efficace qui autorise l’élaboration rapide de situations claires, éventuellement transmise par « Internet ».


Outillé comme il l’est et fort de l’expérience qu’il ne cesse d’acquérir par la diversité des problèmes de sa clientèle, le comptable est devenu le collaborateur indispensable de l’entreprise, capable plus que jamais de déceler, à temps, les faiblesses ou les lacunes d’une affaire et de conseiller ses gestionnaires sur les mesures financières ou autres à prendre pour favoriser son développement ou empêcher sa déchéance.


La loi impose la publication des comptes annuels et annexes dont le bilan social suivant le schéma complet édicté par la Centrale des Bilans, aux entreprises dont la responsabilité des actionnaires ou associés est limitée à leur apport et qui répondent aux critères de taille suivants : une moyenne annuelle de travailleurs occupés qui excède 100 personnes ou plus d’un des critères suivants : moyenne annuelle du nombre de travailleurs occupés = 50 ; chiffre d’affaires annuel = 6.250.000 € ; total du bilan = 3.125.000 €.


Sinon ces entreprises sont tenues de déposer un schéma abrégé.. Cette exigence permet la publication des données essentielles de toutes les affaires qui ont limité leur responsabilité financière à leur apport.


En cas de perte de plus de la moitié du capital, la loi impose la liquidation de la société ; pour éviter cette éventualité les associés (ou le propriétaire) interviendront par des apports supplémentaires en utilisant le compte {794}.


D’autres critères existent pour les ASBL et fondations.Ces données qui comportent une vingtaine de pages, sont disponibles à la Banque Nationale sur support informatique – Centrale des Bilans – Internet : www.bnb.be – les banques en disposent et fournissent à leur clientèle ces données individualisées sur demande.



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EXEMPLES D’OPÉRATIONS COMPTABLES

 

Exemple d’écritures suivant le plan comptable minimum normalisé (PCMN) en vigueur dans le Marché Commun. (voir résumé de ce plan en dernière page.)

 

Achats de fournitures de bureau et de documentation chez un libraire :

Débit du compte 611 Fournitures de Bureau : 200 € (libellé : papèteries diverses)

Débit du compte 612 Documentation : 300 € (Libellé : revues comptables)

Crédit du compte 57 Caisse (sortie de caisse) ou Crédit du compte 44 Fournisseurs : 500 € (paiement en espèces ou inscription de la dette envers le libraire)


 

Achat d’une marchandise A dont le stock au 1 janvier est évalué à 550 €

Débit du compte 60 Marchandises  A : 1.000 € (Libellé : achats de marchandises A. )

Crédit du compte 55 Banque ou 44 Fournisseurs 1.000 € (Libellé : paiement par carte de crédit ou inscription de la dette envers le Fournisseur pour paiement à l’échéance)

 

Vente d’une marchandise A

Débit du compte 57 caisse ou 40 Clients : 2.000 € (Libellé : entrée de caisse ou inscription de la créance envers le client.

Crédit du compte 70 Chiffre d’affaires  A : 2.000 € (Libellé : vente à A, référence X)

 

Écriture de fin d’année après inventaire physique du stock A évalué dans l’exemple à 550 € en tenant compte des dépréciations, pertes ou éventuellement revalorisations :

Débit du compte 34 Stock Marchandise A : 250 € Libellé : alignement sur l’inventaire physique en valeur réelle au 31/12. (300 au 1 janvier plus 250)

Crédit du compte 71 Variation du stock  A : 250 € (Libellé : valorisation du stock au 31/12)

 

Dans le bilan de fin d’année, on trouvera le compte « 34  Marchandises A » à sa valeur réelle d’inventaire valorisé au 31 /12 (solde 1/1= 300+250 = 550 €), le compte « 70 Chiffre d’affaires A » renseignera le total des ventes A de l’année (2.000 €), tandis que le compte « 71 Variation du stock A : 250 € » aura servi de correcteur pour enregistrer le stock à sa valeur physique réelle au 31/12.

 

Comment se présentera le Bilan de fin d’année :

 

60 Marchandises A          Débit 1.000

71 Variation de stock      Crédit   250

Prix de revient                             750

 

70 Chiffre d’affaires        Crédit 2.000

Prix de revient                 Débit     750

Bénéfice                           Crédit 1.250

 

 

Les dépenses pour biens durables (investissements) sont inscrites à l’actif pendant la durée évaluée de leur existence et diminuée chaque année de la valeur correspondant à leur dépréciation théorique, de façon à l’amortir (l’annuler en valeur). Le fisc a établi un tableau des taux admis. Exemple d’écritures :

 

Achat de mobilier

Débit du compte 24 Mobilier : 1.000 € (Libellé : Fournisseur x, un bureau)

Crédit du compte 57 Caisse ou 44 Fournisseurs : 1.000 € (Libellé : Fournisseur x, facture y) Enregistrement du règlement ou de la dette.

 

Amortissement en 10 ans dans le cas d’une écriture annuelle d’amortissement :

Débit du compte 6302 Amortissement mobilier : 100 € (Libellé : prise en charge d’un amortissement en 10 ans : 1/10 de 1000)

Crédit du compte 2409 Amortissement mobilier acté : 100 € (Libellé : Amortissements de l’année actés au passif du bilan) Constitue une réserve de remplacement admise par le fisc.

 

Situation dans le bilan après 10 ans :

Tant que le mobilier est utilisé, il reste présent dans le bilan tout en étant amorti en valeur par le compte d’amortissement..

Débit du compte 24 Mobilier : 1.000 (solde débiteur)

Crédit du compte 2409 Amortissement mobilier acté : 1.000 (solde créditeur)

Solde au bilan  : 0

Lors de la mise hors d’usage, il y a lieu d’annuler ces comptes en les contre-passant l’un par l’autre et en actant le bénéfice exceptionnel résultant d’une revente éventuelle.

 

 

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PLAN COMPTABLE NORMALISÉ (résumé explicité)

 

1. FONDS PROPRES, PROV. PR. RISQUES,

CHARGES ET DETTES à + D’UN AN .

10. Capital (société) ou Fonds investis (particulier)

11. Primes d’émission (société)

12. Plus-value de réévaluation (société)

13. Réserves (société)

14. Bénéfice ou perte reporté(e) (société)

15. Subsides en capital (société)

16. Provisions et impôts différés

17. Dettes à plus d’un an

2. FRAIS D’ÉTABLISSEMENT, ACTIFS

IMMOBILISÉS, CRÉANCES à + D’UN AN.

20. Frais d’établissement (frais de constitution…)

21. Immobilisations incorporelles (études, brevets)

22. Terrains et constructions

23. Installations, machines et outillage

24. Mobilier et matériel roulant

25. Immobilisations détenues en location-

financement et droits similaires (leasing)

26. Autres immobilisations corporelles

27. Immobilisations corporelles en cours et

acomptes versés

28. Immobilisations financières (participations)

29. Créances à plus d’un an

3. STOCKS ET COMMANDES EN COURS

D’EXÉCUTION .

30. Approvisionnements, matières premières

31. Approvisionnements, fournitures

32. En-cours de fabrication

33. Produits finis

34. Marchandises

35. Immeubles destinés à la vente

36. Acomptes versés sur achats pour stock

37. Commandes en cours d’exécution

4. CRÉANCES ET DETTES A UN AN AU + .

40. Créances commerciales (clients)

41. Autres créances (diverses et douteuses…)

42. Dettes à + d’un an échéant dans l’année

43. Dettes financières

44. Dettes commerciales (fournisseurs)

45. Dettes fiscales, salariales et sociales

46. Acomptes reçus sur commandes

47. Dettes découlant de l’affectation du résultat

décidée par l’Assemblée Générale des actionnaires.

48. Dettes diverses

49. Comptes de régul. et d’attente (fin d’année)

5. PLACEMENTS DE TRÉSORERIE ET

VALEURS DISPONIBLES.

50. Actions propres (de la société elle-même)

51. Actions et parts (actions d’autres sociétés)

52. Titres à revenu fixe

53. Dépôts à terme

54. Valeurs échues à l’encaissement

55. Établissements de crédit (comptes Banques)

56. Office des chèques postaux (ccp)

57. Caisses

58. Virements internes (transferts de fonds)

6. CHARGES (anciennement frais généraux)

60. Approvisionnements et marchandises

(achats de matières premières, de fournitures, de services, travaux et études, sous-traitance, achats de marchandises, d’immeubles destinés à la vente, ristournes, remises et rabais obtenus 61. Services et biens divers (Loyers, charges locatives, électricité, eau, frais de bureau, documentation, PTT, frais de déplacement et représentation, frais de matériel roulant, honoraires et commissions, frais de magasin, d’achat, d’entrepôt, de vente, de foires, d’exposition, de publicité, d’intérimaires, les frais divers et aussi 618. Rémunérations et frais d’administrateurs et gérants indépendants.

62. Rémunérations, charges sociales et pensions des administrateurs appointés et du personnel employé et salarié

63. Amortissements, réductions de valeur et provisions pour risques et charges

64. Autres charges d’exploitation

65. Charges financières (intérêts, diff. change)

66. Charges exceptionnelles (prov. pr. risques)

67. Impôt sur le résultat

68. Transferts aux impôts différés et aux réserves immunisées

69. Affectations et prélèvements (Pertes reportées de l’ex. précédent, dotation aux réserves, rémunération du capital, des administrateurs ou gérants…)

7. PRODUITS (revenus)

70. Chiffres d’affaires (Ventes et prestations de services, ristournes et rabais accordés)

71. Variation des stocks (écriture résultant de l’inventaire physique de fin de période comptable (en général 31 décembre) permettant d’aligner le stock comptable sur le stock physique.

72. Production immobilisée (investie)

74. Autres produits d’exploitation

75. Produits financiers (intérêts placements)

76. Produits exceptionnels

77. Régularisation d’impôt et reprise de provisions fiscales

78. Prélèvements sur réserves immunisées et impôts différés

79.Affectations et prélèvements (Bénéfice reporté exerc. précédent, pertes à reporter et 794 intervention d’associés dans la perte)

 



 

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29/06/2010

Ch. 26 b -Hommage reconnaissant à mon entourage professionnel

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 26 c - Hommage reconnaissant à mon entourage professionnel.

 

{11} En 1959, mon épouse, assistante-dentiste de formation, s’est reconvertie en comptable pour mieux adapter ses horaires professionnels à la conduite d’un gros ménage et d’une grande famille en m’assistant dans notre première affaire dégotée par annonce. C’était celle d’un grossiste en produits chimiques de haute technicité pour laboratoires ou industrie fine. Nous avons arrêté après quelques années pour mieux accueillir nos filles.

 

Ainsi que déjà relaté par ailleurs, un collègue de Labofina, en insistant beaucoup, me débaucha pour m’occuper d’une société dans laquelle il avait investi des fonds où il se méfiait de l’inexpérience ou de la candeur de ses deux partenaires : l’un, crédule, avait été trompé précédemment par son comptable, entraînant la déconfiture de la société et l’autre jeune sportif (perchiste), licencié en culture physique n’avait aucune connaissance ni expérience des affaires. De là l’insistance de ce collègue de Labofina pour m’y embarquer…

 

J’ai accepté à la condition de localiser le bureau comptable de cette affaire à mon domicile pour permettre à mon épouse qui en assurerait le suivi journalier de concilier plus facilement cette tâche avec ses activités ménagères et familiales.

 

Nous l’avons vue naître cette société et prospérer grâce à l’incroyable sens commercial du jeune perchiste, Jacques Van Steenwinkel, qui la poussera aux plus hauts sommets, tout en développant par la suite d’autres activités dans les domaines financiers et immobiliers.

 

Son partenaire actif, malchanceux, fut frappé quelques années après d’un infarctus cardiaque. Il venait de nous quitter après une réunion de travail et s’écroula, foudroyé, au volant de sa voiture avant même d’avoir pu démarrer.

 

Le plus étonnant, c’est que nous, les deux autres patrons et moi, qui venions de le quitter, pressés (il était tard), avions récupéré nos véhicules à quelques mètres de là, sans nous douter du drame qui venait de se produire.

 

Le jeune patron sportif, alerté par l’épouse du malheureux qu’elle ne voyait pas revenir, passa une bonne partie de la nuit à remuer ciel et terre pour le retrouver en le recherchant dans toutes les cliniques de Bruxelles.

 

Finalement, envisageant le pire, il interrogea les morgues et localisa notre pauvre ami : les services médicaux d’urgence, ayant constaté son décès, l’avaient directement transporté dans cet endroit sinistre et on ne sait pour quelles raisons n’avaient pas encore averti les proches.

 

A la suite de ce décès, mon collègue de Labofina préféra se retirer d’une affaire restée entre les mains d’un patron si jeune et inexpérimenté qui parvint à rémunérer honnêtement sa part de même que celle de l’héritière du défunt.

 

C’est ainsi que le jeune Jacques comme l’appelait son partenaire, devint le maître absolu de l’affaire et talentueusement la fit prospérer et grandir.

 

C’est un vendeur surprenant. Ainsi, voici l’histoire que notre ami décédé m’a un jour rapportée révélatrice de cette faculté et d’un culot peu commun, mais surtout de cette « aura » de sympathie qui émane de son personnage.

 

Ils étaient tous les deux « sur un très gros marché » comme on dit dans les affaires, qu’ils n’arrivaient pas à décrocher, tellement le « big boss » ne se laissait pas approcher, harcelé par les nombreux « représentants de commerce ».

 

Pas plus que les autres et malgré son talent, notre Jacques n’avait réussi à obtenir le moindre rendez-vous. De guerre lasse, une fois de plus refoulé par un cordon de secrétaires vigilantes, il saisit, pendue à une patère, une blouse d’employé dont il se revêtit.

 

Empoignant ensuite quelques fardes qui traînaient sur une table, il réussit à franchir tous les cerbères juponnés pas du tout surpris de voir passer un employé tellement préoccupé de devoir affronter le « croque-mitaine » qu’il en avait le nez plongé dans ses dossiers.

 

Sans frapper, il entra brusquement dans l’antre de «l’ogre » qui en resta bouche bée.

 

Est-ce son audace, sa jeunesse, son naturel sympathique ou encore un talent qu’il avait de désarmer ses interlocuteurs, toujours est-il qu’il put entamer des négociations qui aboutirent finalement à des prémices de conclusion de marchés très importants !

 

Une autre audace commerciale ou coup de flair de cet « homme d’affaires » brillant, fut de convaincre des pêcheurs de la côte belge enrichis par la vente de leurs terrains en zone balnéaire, habitués pourtant aux grands espaces du large, à passer leurs vieux jours dans un appartement qu’il leur vendra dans un complexe qu’il faisait construire sur la place principale d’Ostende.

 

Nos relations professionnelles devinrent rapidement amicales et nous avons eu l’occasion de passer de nombreux bons moments ensemble.

 

Après nos réunions de travail, Jacques nous invitait au restaurant ou chez lui pour d’agréables agapes avec ses proches ce qui nous permit d’apprécier leur compagnie.

 

Son épouse est une personne de qualité, d’un physique fort agréable, très accueillante et enjouée qui a toujours fait montre d’une grande force de caractère, surtout lorsqu’elle se dévoua à la rééducation de son fils qui avait subi un traumatisme cérébral grave à la suite d’un accident de la route.

 

Patiemment avec une détermination rare et une patience obstinée, elle parvint à guider son enfant pas à pas et lui faire retrouver l’entièreté de ses moyens, car il est bien connu que, dans ce genre d’accident, la reconstruction cérébrale dépend autant de celui qui l’entreprend que de l’entourage qui le soutient.

 

Maintenant ce fils que nous connaissons depuis l’enfance, seconde brillamment son père dans les affaires et est lui-même papa.

 

J’aimerais aussi évoquer la mémoire de la mère de Jacques avec laquelle nous avons eu des rapports amicaux lorsqu’il nous recevait en famille chez lui. C’était une personne d’un grand courage qu’elle a d’ailleurs manifesté en faisant preuve d’un rare sang-froid et de détermination lors d’un incendie qui ravagea sa maison dans laquelle elle se trouvait.

 

Il y en a aussi un que je ne voudrais pas oublier, c’est Marc, un beau-fils de notre patron, qui visite la clientèle Benelux de la société. Nos relations ont toujours été empreintes d’une grande estime mutuelle. J’apprécie beaucoup les coups de téléphone amicaux qu’il lui arrive de m’adresser depuis que nous avons cédé l’affaire comptable de Polytec à un ami de notre fils Benoit, qui a fait son stage chez nous .

 

Mais surtout, il m’est impossible de ne pas évoquer un personnage « haut en couleur »  : Françoise Labio qui fut engagée comme secrétaire mais devint très vite administratrice et pion majeur de la société. Nos relations devinrent amicales, favorisées par des rapports professionnels forcément très étroits : c’était elle qui nous transmettait les données à comptabiliser.

 

En dehors du travail, nous avons aussi partagé avec elle de bons moments autour d’une table en échanges culturels que lui permettait une culture très étendue. Elle adopta un petit Sénégalais très éveillé, ce qui ne fit qu’étendre nos affinités.

 

Le souvenir de tout ce qui précède et de leurs acteurs ne peut que me rendre nostalgique d’une époque qui a débuté en juin 1974 et s’est terminée en avril 1999, c’est-à-dire près de vingt-cinq ans, pendant laquelle j’ai vu naître et se développer une affaire brillante et prospère.

 

{12} Puisque je fais le tour des individualités que j’ai eu l’avantage de fréquenter, dévoués et compétents collaborateurs qui m’ont secondé à Fina Research et dans les sociétés du groupe dont j’avais la responsabilité administrative, je me dois d’en évoquer quelques-uns, toujours présents dans mes souvenirs tellement ils y tiennent une place importante.

 

François Reus, dont j’ai déjà parlé (Ch. 16), qui fut toujours à mes côtés avec une fidélité et un dévouement inouïs. Impressionnant, il menait de main de maître les services de maintenance indispensables à toute entité industrielle.

 

De même Liliane Golard que j’ai engagée à mes débuts, toute jeunette (17 ans), petite dactylo, qui deviendra par la suite la responsable du service du personnel assurant les relations financières et sociales avec les employés et ouvriers que notre société employait dans les différentes entités localisées dans nos bâtiments.

 

Gérarda Van den Eynde qui secondait Liliane Golard. Personne très jolie et dynamique ; ce fut une collaboratrice efficace et talentueuse qui arrêta sa carrière pour se consacrer à sa famille.

 

Micheline Mineur la remplaça. Très dévouée et fidèle assistante de Liliane Golard, elle nous quitta pour s’occuper avec son mari d’une librairie dans le centre de la ville.

 

Simon Debrux dont je me souviens avec émotion tellement son dévouement de plus de trente ans à la société et à ma personne fut d’une constance remarquable. Il avait en charge la gestion du département Photo-Imprimerie qui fut d’abord créé pour les publications de notre centre de recherches, pour s’étendre ensuite aux travaux du groupe. Il nous arrive parfois encore de nous téléphoner pour évoquer de bons moments ensemble.

 

Nicole Van der Stichelen fut la comptable que j’avais engagée pour me seconder dans la gestion administrative de la société Plycolfina qui avait son usine en Flandre, son siège social et son administration chez nous. J’ai évoqué plus avant les rapports amicaux que j’entretenais avec son administrateur, Léon Wolters, frère de notre président de l’époque, qui avait son bureau près du mien et avec lequel j’eus de passionnantes discutions culturelles.

 

Quant à Nicole, elle était surnommée « Miss Plycol » tellement son entregent, sa hardiesse et son dynamisme en faisaient un pilier indispensable à sa société.

 

Après l’arrêt des activités de cette entreprise qui fut revendue, cette employée dévouée fut reprise par une autre société du groupe où elle se fit remarquer par ses qualités professionnelles et une sagacité lui faisant découvrir, entre autres, des arriérés précieux ensevelis dans les arcanes d’un passé nébuleux..

 

Gabriel Benzaquen, Claude Brasseur et Claude Van Dijck qui se sont succédé furent des comptables talentueux et dévoués qui assuraient la gestion comptable de Labofina devenu ensuite Fina Research.

 

Leur dévouement à la société et à ma personne en fit toujours des collaborateurs remarquables. Quelle force d’avoir eu la chance d’être entouré, pendant toute une carrière, d’assistants pareils.

 

Il y en eut certes  beaucoup d’autres et parmi ceux-ci, j’aimerais mentionner avec émotion d’autres collaborateurs directs avec lesquelles j’eus parfois des relations professionnelles tendues. C’étaient des cadres du groupe qu’il avait fallu « replacer » pour diverses raisons dont la principale était la cessation de l’activité des sociétés qui les employaient.

 

Il me fallut alors déployer tout ce que les avatars de ma vie avaient construit dans mon subconscient pour faire face à des situations délicates avec patience, diplomatie et détermination. Ces collaborateurs au passé glorieux, certains plus âgés que moi, déchus par malchance, me plaçaient souvent dans des situations de désaccords que je ne pouvais trancher qu’avec l’autorité de ma fonction ce qui créait entre nous un climat de tension, voire d’inimitié désagréable.

 

Si ces lignes tombent sous les yeux de certains, qu’ils veuillent bien me pardonner des décisions qui n’étaient pas toujours fondées ou des prises de position dans des conflits en faveur de leur adversaire qui à leurs yeux n’étaient pas justes, mais où ma bonne foi n’était pas en cause, teintée souvent de raisons opportunes dictées par les circonstances.

 

En fin de carrière, il en fut un que j’aimerais mettre en exergue, tellement j’ai apprécié sa camaraderie : Hector Godard, le directeur comptable et financier d’une très grosse filiale de notre groupe qui avait été revendue.

 

Il m’assistait dans les tâches difficiles de gestion des entités annexes du groupe que nous abritions et dont on nous avait confié l’administration.

 

J’ai toujours admiré son honnêteté mais redouté son intransigeance. Je crois qu’il m’appréciait tout en n’étant intérieurement pas d’accord avec des positions opportunistes que je prenais.

 

Il avait commencé sa carrière au Congo et me révélait avec indignation sa réprobation envers l’attitude dépravée et scandaleuse de certains de ses collègues.

 

Cette rigueur et cette droiture intransigeante nous amenèrent un jour devant le grand patron du Petrofina d’alors, Adolphe Demeure de Lespaul. Ce fut une aventure épique que je me dois de raconter.

 

Parmi les nombreuses tâches que j’avais confiées à mon ami Hector, figurait la gérance du département « Photos-Imprimerie » du groupe dirigé par Simon Debrux dont j’ai évoqué le dévouement par ailleurs. Sa division imprimerie était conduite par un technicien que nous avions recruté, fils lui-même d’un petit imprimeur flamand de province.

 

Les deux hommes ne s’entendaient pas du tout. Le fils de l’indépendant nous reprochait des contraintes administratives qu’il estimait inutiles. Pire encore, il se disait persécuté par la rigueur des positions autoritaires de mon adjoint que je soutenais cependant.

 

Souffrant d’une telle situation, il adressa à notre tout grand patron, le président de Petrofina, une lettre attendrissante rédigée dans le français approximatif d’un néerlandophone, en dénonçant ce qu’il estimait être du « harcèlement moral » comme on dit maintenant.

 

C’est ainsi que nous nous retrouvâmes, persécuteurs bien penauds, convoqués avec notre supérieur hiérarchique, un vice-président de Petrofina, Pierre de Tillesse, pour paraître devant notre « juge suprême », le Président de Petrofina, s’érigeant en défenseur de « l’opprimé ».

 

Recréons la scène : un immense bureau de « Grand Patron » dans lequel nous avançons tous les trois à pas feutrés sur la moquette épaisse et avec grande componction. J’eus le lourd honneur de prendre place en face du Président, le Vice-Président se trouvant à droite et mon brave Hector de l’autre côté.

 

D’abord très sévère et impérieux, le personnage qui est devant moi, me fait part de la lettre qu’il vient de recevoir et nous écrase sous des reproches d’abus de pouvoir qu’il ne peut tolérer dans ses sociétés.

 

Je me défends avec désespoir, les deux autres sont muets. Le « Big Boss » est sévère et mes dénégations obstinées le mettent en colère.

 

A bout d’arguments, je sors le dernier avec l’accent de la sincérité la plus profonde, mais qui pourtant était d’une naïveté ridicule bien que désarmante.

 

- Monsieur Demeure (Dans mon désarroi, je n’avais pas dit Monsieur le Président) avons-nous des têtes de tortionnaire ? Hector avait vraiment l’air d’un « Bon Papa » très penaud, quant à moi j’avais dit ça avec la candeur suprême du petit gentil.

 

Je vis le Président, perplexe, la colère tombant. Ses yeux s’adoucirent. Il nous regarda longuement, les yeux allant de l’un à l’autre, dans un silence total, mais qui était révélateur d'un renversement de situation.  Je réalisai alors que la partie était gagnée et qu’un gros poids qui m’écrasait la poitrine venait de s’envoler.

 

- Monsieur Mailleux, m’a dit le grand patron, arrangez tout ça avec toute la diplomatie et l’habileté dont je vous pense capable.

 

C’était gagné et ce fut un des meilleurs moments de ma carrière. Quant à l’imprimeur malgré tous les efforts que je fis pour polir les angles en m’entretenant souvent avec lui, je sentais qu’il restait persuadé d’être la victime d’une hiérarchie injuste.

 

Il y en eut d’autres, ainsi Jean Pauwels que Petrofina m’avait envoyé, lui aussi pour m’assister. C’était un parfait bilingue, provenant de la bonne bourgeoisie anversoise, ceux que les flamands extrémistes surnomment « fransquillons ». Son français châtié et sans accent était meilleur que le nôtre.

 

Nos rapports restèrent aussi tendus qu’ils le furent précédemment quand il était chef comptable de l’usine d’Oelegem en Flandre qui abritait le hall de fabrication des produits adhésifs, cher, on s’en souvient à mon ami Léon Wolters et que je croisais le fer avec lui. Comptable méticuleux, il n’appréciait pas du tout les écarts d’orthodoxie dans lesquels je voulais l’entraîner.

 

Il s’entendit à merveille avec un autre transfuge que Petrofina m’avait imposé, Gaston De Beys, chef comptable de Petrogaz, notre société de distribution et de stockage de gaz de pétrole, qui avait dû interrompre ses activités pendant deux ans pour raisons médicales.

 

Lui aussi n’acceptait qu’avec réticence la sortie des sentiers battus que je me permettais pour faire fonctionner des programmes nouveaux que j’avais imaginés pour notamment établir les prix de revient.

 

{13} J’aimerais, pour terminer ce tour d’horizon de ma vie de comptable et de responsable administratif de sociétés, aborder l’aspect très délicat et fort controversé des relations obligées avec les autorités fiscales.

 

Il est de tradition « populaire » de prétendre que les comptables sont des « conseillers en fraude fiscale », ce qui est totalement faux, la déontologie de leur métier les exposant au retrait de leur licence en cas de faute ou complicité dans ce domaine.

 

Quand j’ai débuté ma carrière à Petrofina, je me souviens d’une note adressée à tous les responsables des sociétés du groupe, rappelant qu’il était absolument interdit de procéder à des opérations non appuyées par des documents légaux rédigés en bonne et légale forme, tellement à cette époque on se glorifiait de « frauder le fisc ».

 

Nous venions de sortir de guerre et il fallut du temps pour abandonner l’habitude de « rouler » l’autorité en place en oubliant que l’acte avait perdu son caractère légitime d’opposition à l’ennemi envahisseur. Dans la population, l’amalgame eut la vie dure et il en demeure malgré tout des traces.

 

Cette « déviance » subsista longtemps, à tel point d’ailleurs que notre maison-mère Petrofina adressa une note, dans les années soixante, aux responsables des filiales pour leur rappeler ou signaler qu’il fallait appliquer scrupuleusement toutes les lois, faute de quoi ceux-ci seraient poursuivis par leur société devant les tribunaux pour fraude et faute professionnelle.

 

Tout cela pour souligner l’importance de la fonction et les lourdes responsabilités assumées par ces praticiens. D’autre part, leur attribuant un rôle de conseiller en toutes matières administratives, on trouvera naturel d’exiger d’eux des connaissances dans une quantité de domaines qui ne sont pas de leur compétence.

 

Voir au chapitre suivant un « vade-mecum de vulgarisation » qui peut permettre à tout profane de comprendre la comptabilité, mais surtout d’en saisir le mécanisme en partant de l’historique d’une technique très simple basée sur la balance des  avoirs appelés  « Actif » et des dettes, appelées « Passif ».

 

 

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09:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | |

24/06/2010

Ch. 26 a - "Gros sous" : Finance et Industrie

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 26 a - "Gros sous" :  Finance et Industrie.

 

{1} J’ai choisi ce titre parce qu’il est révélateur d’un dédain généralement affiché, du moins dans certaines classes « bien pensantes » ou « cultivées » de la société, pour ce que l’on appelle communément « l’argent ». Mépris de façade, sans doute, puisque empreint du respect qu’inspire le « bien nanti » auréolé de sa puissance et de son pouvoir : « Il a beaucoup d’argent » ou « il a de l’argent » disait-on avec des yeux admiratifs dans ma famille quand on parlait de quelqu’un de fortuné.

 

Être riche ou le devenir est ressenti par chacun comme un aboutissement sécuritaire, auréolé de la satisfaction d’une vie réussie. Si cet état est générateur de considération, il suscite aussi mépris, car on le soupçonne n’avoir été acquis que d’une manière illicite, voire immorale : c’est sans doute aussi une manière de masquer l’envie.

 

{2} Quant aux métiers de la finances et du prêt dont la tenue des comptes, dans notre Europe chrétienne, ils furent toujours dédaignés et même persécutés, vraisemblablement par référence à Judas, trésorier et comptable des apôtres, qui vendit Jésus-Christ pour quelques pièces d’or et qui, suivant les écritures, fut maudit pour l’éternité.

 

Dès lors, les professions manipulant des « fonds » seront déconsidérées et ceux qui thésaurisent, les « avaricieux » aux doigts crochus amassant l’or, seront ridiculisés ou persécutés.

 

{3} L’organisation sociale de l’époque féodale était centrée sur le « seigneur » qui régentait terres cultivables (la glèbe) et gens (les serfs, du latin servus, esclave) et les imposait par corvées (travaux) et tailles (biens en nature ou en argent). L’expression « taillable et corvéable à merci » est bien connue.

 

Il faut cependant souligner la différence fondamentale entre serf et esclave. Contrairement à l’esclave qui est un « bien » possédé par son « maître » au même titre qu’une chose, le serf jouit de la personnalité juridique et n’appartient pas à son « seigneur », il peut plus ou moins librement avoir des biens et opérer certaines actions en justice, contracter mariage et établir des contrats.

 

En échange le seigneur lui devra la protection dans son château fortifié défendu par ses « hommes d’arme » à une époque d’incursions violentes de bandes de tous genres, la rémunération de ces « mercenaires » payée surtout en nature restant cependant à la discrétion de leur «employeur ».

 

{4} Seuls quelques îlots en Flandre et en Italie d’une culture mieux développée feront exception, prémices d’une société commerçante plus individualiste et plus libérale donnant au travail sa valeur commerciale réelle d’échange en fonction de l’offre et la demande.

 

En France, il existera encore des serfs dans certaines régions jusqu’à la révolution qui abolira ce régime lors de la célèbre nuit du 4/8/1789, en même temps qu’elle annulera les privilèges accordés à certaines personnes en raison de leur naissance ou de leur fonction.

 

{5} Dans les principaux autres pays, l’émancipation des serfs commencera en Roumanie-Valachie (1746), en Autriche (1781), au Danemark (1788), en Suisse (1798), en Pologne et en Prusse (1807), en Bavière (1808), en Saxe (1832), en Hongrie et en Croatie (1848), en Bulgarie (1858), en Russie (1861), en Bosnie-Herzégovine (1918), en Afghanistan (1923), en Angleterre (1925), au Bhoutan (1956) et au Tibet aux alentour de 1959.

 

Un débat sera ouvert, dès la fin de la dernière guerre, sur « l’esclavage ou servage politique » exercé par les régimes communistes et fascistes ainsi que le prétendit, en 1944, Friedrich Hayek (prix Nobel 1974) dans « La route de la servitude ».

 

Provoquant une longue controverse sur la nécessité d’un libéralisme contemporain, il fut en butte aux critiques démocrates-sociales et même libérales qui s’écartaient de son radicalisme outrancier.

 

La thèse centrale de Hayek consiste à soutenir que la socialisation de l’économie et l’intervention massive de l’état sur le marché débouchent sur la suppression des libertés individuelles : le pouvoir coercitif d’un État transforme toute question économique ou sociale en question politique.

 

{6} Les digressions qui précèdent nous conduisent tout naturellement à rappeler les modes traditionnels d’échanges de biens. Ainsi au moyen-âge, en dehors du troc, ceux-ci se faisaient entre seigneurs et « marchands étrangers » contre « monnaies sonnantes et trébuchantes » qui étaient rangées dans des coffres ou en partie portées dans un sac de cuir. (Sonnantes par la qualité du son clair qu’elles émettaient, preuve de leur pureté, quand elles tombaient sur la pierre des comptoirs et trébuchantes par l’exactitude de leur poids donné par le trébuchet (petite balance à plateaux pour métaux précieux).

 

Avec le développement de la productivité et le « travail à la chaîne » inventé par Ford en 1908 (fordisme) en s’inspirant du travail dans les grands abattoirs de Chicago, on aborda l’ère industrielle et le gigantisme de sa production, permettant un abaissement considérable du prix de revient et la socialisation des biens de luxe.

 

En ce qui concerne l’activité d’avances « d’argent » exercée par les prêteurs, elle fut méprisée si pas bannie, seuls les juifs (maudits et assimilés à Judas) l’exerçaient dans le dédain général. Cependant, on avait bien soin de récupérer le produit de leur activité en les persécutant périodiquement.

 

Maintenant encore, il demeure chez les intellectuels de notre société occidentale, du moins chez les plus âgés, un réflexe atavique de distance envers ceux qui exercent les métiers d’argent tels les « teneurs de comptes », dont la seule gloire sera de se mesurer aux contrôleurs des contributions, les percepteurs d’impôts de jadis.

 

Dans les bals de ma jeunesse, fréquentés par des jeunes filles de  «bonne condition », j’ai toujours souffert de cette situation quand j’avouais honnêtement mon avenir professionnel ce qui faisait se détourner les plus arrogantes avec mépris, tandis que les autres m’évitaient.

 

{7} Et pourtant combien, parmi ces professionnels de la tenue des comptes, n’ont-ils pas saisi les opportunités, qui se présentaient à eux, d’une situation privilégiée dans le secret des affaires, pour en pénétrer le cœur, en comprendre le mécanisme et faire valoir la valeur de leurs conseils !

 

J’ai retrouvé aux plus hauts postes dans la hiérarchie du groupe Petrofina beaucoup de mes collègues comptables, devenus « responsables administratifs » avec les plus grands pouvoirs.

 

{8} Leur fonction de gérant des comptes et « d’officier payeur » se complétait ou se transformait en celle, beaucoup plus sociale et plus diversifiée, que l’on a confié depuis à celui qu’on appela le «chef du personnel ».

 

Les comptables rivalisèrent avec les meilleurs ingénieurs commerciaux, en utilisant leur expérience de la saisie du pouls des affaires, véritable apanage de leur métier, pour gérer efficacement la société qui les employait.

 

J’ai décrit plus avant ces activités multiples et le plaisir que j’ai éprouvé à les exercer, surtout celle appelée maintenant « les relations humaines » m’ouvrant ainsi des horizons nouveaux de culture que je me suis plu à développer tout au long de mon existence.

 

Quant à la technique de la gestion des comptes, j’ai la prétention de bien connaître cette discipline pour l’avoir pratiquée depuis l’âge de vingt ans jusqu’à ce jour, soit près de soixante ans, puisque je continue à l’exercer dans la société de mon fils en utilisant les moyens les plus sophistiqués que les programmes informatiques mettent à la disposition des professionnels.

 

{9} J’ai commencé, chez un oncle, en créant les premiers « livres » et l’organisation comptables d’une petite affaire. Ensuite, engagé par Petrofina à vingt-trois ans, j’ai eu la chance d’être le responsable des « opérations comptables diverses », c’est-à-dire, celles qui demandent le plus de perspicacité et de connaissance du métier.

 

Trois ans après, transféré dès sa création à Labofina, le centre des recherches industrielles du groupe Petrofina, j’ai eu l’avantage de pouvoir organiser à ma manière ses structures comptables et d’être un des premiers à utiliser les « time sheet » (bordereaux de comptage horaire) comme base de valorisation des « projets » en adaptant les moyens informatiques de l’époque.

 

L’originalité pour l’époque fut d’introduire dans le plan comptable des comptes intermédiaires de prix de revient, destinés à être transférés en fin de parcours à des postes de « programmes de recherches » ou aux « stocks » en cas de fabrication, ce qui permettait d’intégrer dans l’outil comptable un mécanisme de valorisation des projets, faisant ainsi d’une pierre deux coups.

 

A ma connaissance, à cette époque dans les sociétés industrielles, les prix de revient des fabrications étaient établis « hors comptabilité » par les services techniques qui les communiquaient en finale aux services de ventes pour établir les prix, ce qui en ralentissait le traitement et alourdissait fortement le coût de leur gestion.

 

D’autre part, avec mon épouse qui en assurait le suivi régulier, nous avons tenu plusieurs comptabilités dans des domaines aussi diversifiés que la finance, l’immobilier et l’import-export et surtout nous avons eu la chance d’être à l’origine et à la conception de leur organisation.

 

Cette antériorité et cette expérience, ainsi que signalé par ailleurs, iront des systèmes les plus archaïques comme la comptabilité manuelle dans les livres brochés et paraphés jusqu’aux systèmes informatisés très poussés actuels, en passant par la comptabilité à décalque manuelle puis mécanique avec compteurs, ensuite électronique alimentée par carte perforée pour en arriver à ce que nous connaissons aujourd’hui sur PC, (ordinateur personnel) avec production instantanée et présentation didactique pour profanes, de bilans, déclarations TVA et fiscales, rappels des créanciers, ainsi que situations diverses de tous genres.

 

{10} Nous connaissons maintenant l’avènement d’outils merveilleux éliminant les tâches fastidieuses et aléatoires de l’intervention humaine : l’introduction des données se réduit de plus en plus, depuis la trouvaille des codes barres remplaçant les cartes perforées, eux-même bientôt détrônés par les micro-puces qui seront introduites dans à peu près tous les supports aussi petits soient-ils pour les identifier d’une manière infaillible.

 

Ces puces émettrices de signaux, s’identifiant à distance, supprimeront les erreurs humaines de comptage, ce cauchemar des inventaires, tout en permettant également d’automatiser dans le commerce de détail les opérations aux caisses en simplifiant leur identification, les chariots ou paniers étant valorisés globalement lors du passage dans un contrôleur électronique qui captera en une fois toutes les données autorisant ainsi l’établissement d’un décompte clair absolument exact.

 

Ayant vécu en praticien toutes les étapes qui ont amené la technique comptable aux performances actuelles, j’ai pensé utile de rédiger en fin de ce chapitre un « vade mecum » à l’usage des profanes, axé sur l’évolution de la technique ce qui permettra de mieux en saisir tout le mécanisme..

 

En partant de l’historique de cette discipline, je me suis efforcé de rédiger un aperçu clair d’un procédé qui en fin de compte est fort simple, basé sur une trouvaille géniale dont l’origine se perd « dans la nuit des temps » et dont la logique rejoint celle de la dualité des éléments qui s’opposent en se vérifiant, à la base de toutes les constructions intellectuelles fondamentales. On trouvera ce travail au chapitre 26 c.

 

C’est le Yin et le Yang des Coréens qui s’imbriquent l’un dans l’autre pour en faire un tout, comme figuré en symbole dans leur drapeau, repris aussi dans le logo de la firme Apple (Macintosh).

 

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22/06/2010

Ch. 25 g - Elle m'a "porté", je lui ai donné "la sérénité"

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

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Ch. 25 g - Elle m'a "porté, je lui ai donné "la sérénité"

 

{29} En appendice de mon livre, je traduirai en « symphonies » mes réflexions intimes sur le pourquoi et le comment de l’existence, en quelque sorte la somme de mes « considérations fondamentales sur l’existence », titre que je leur donnerai longtemps. J’y consignerai l’essentiel d’une démarche qui hanta toute ma vie, mais qui m’interpella durement lorsque je dus soutenir les derniers moments d’un être aussi cher que ne le fut ma mère.

 

Dans mon livre je ne parlerai jamais beaucoup d’elle. Pourtant elle fut toujours présente et agissante dans les périodes difficiles de ma jeunesse de malade et de convalescent.

 

Par la suite, ainsi que je le relatai par ailleurs, elle fit partie avec mon père de notre environnement coutumier, partageant nos joies et nos peines et une bonne partie de nos loisirs hebdomadaires et vacanciers,  comme mes beaux-parents

 

Si je lui consacre ici un important chapitre de mon  travail, c'est que je tiens à cet endroit de mes "confidences", révélant mes "débats métaphysiques", de bien développer le microcosme environnemental qui était le nôtre, lorsque ma chaleureuse et compréhensive épouse proposa de l'accueillir pour surmonter le désarroi qu'avait provoqué le décès de mon père.

 

{30} Cette décision nécessitait l'agrandissement de notre espace de vie familiale et ce  fut la raison pour laquelle, en 1976, nous nous mîmes en quête d’une habitation suffisamment grande pour installer une tribu de huit personnes (ma mère et nous, quatre enfants ainsi que mon neveu et filleul Bruno qui avait perdu son père et que nous élevions pour aider sa mère).

 

Nous trouvâmes ce qu’il fallait : une maison spacieuse pour caser tout cela et donner à ma mère une chambre-studio (bureau des anciens propriétaires) à côté du living qui avait l’avantage de se situer au rez-de-chaussée avec accès au hall d’entrée.

 

Elle nous fut vendue un bon prix parce qu’elle avait été fort négligée par ses propriétaires. Sa mise en état nous coûta relativement cher malgré les travaux que nous y fîmes nous-mêmes, forts de l’expérience de l’aménagement de notre ferme de Meux.

 

Cette maison présentait l’originalité d’avoir été construite, comme ses voisines, dans la fosse argileuse qu’avait laissée une briqueterie qui s’y approvisionnait en matière première.

 

La disposition de cette unifamiliale, comme on dit en Belgique, nous procurait l’avantage de disposer au rez-de-chaussée d’une chambre pour ma mère à front de rue et d’un vaste living de six mètres de large bien éclairé par une grande baie vitrée qui permettait de disposer à l’arrière d’une très belle vue sur des jardins, situés à une dizaine de mètres en contrebas, plantés d’arbres d’essences diverses dont de grands peupliers d’Italie.

 

Une porte-fenêtre permettait l’accès à un balcon longeant toute la façade, muni d’un escalier qui, en la longeant dans une courbe harmonieuse, aboutissait à hauteur du sous-sol arrière de la maison, à une vaste terrasse surplombant le jardin, situé lui deux mètres plus bas.

 

Nous avons transformé une partie de cette terrasse en véranda qui, en prolongeant la cuisine-living du sous-sol, est devenue une salle de séjour bien agréable avec porte coulissante, permettant de dégager en été la partie surplombant le jardin pour bénéficier d’une surface bien agréable pour profiter des beaux jours de l'été.

 

Un monte-charge entre les deux surfaces avait été installé par le propriétaire précédent afin de permettre un service à table lors des réceptions au rez-de-chaussée.

 

C’est dire tout le confort et les avantages de cette maison pour notre tribu composite aux besoins et activités différents.

 

Ma mère y fut vraiment très heureuse et y vécut une vingtaine d’années.

 

Un jour tiède de printemps alors que je l’avais confortablement installée, sur la terrasse, dans une chaise-longue de jardin, elle me regarda avec des yeux humides d’émotion en me disant : « si Papy (mon père) me voyait ainsi, il serait si heureux, lui qui se faisait du souci pour moi s’il n’était plus là ».

 

Elle était très pieuse, très dévote, son chapelet l’accompagnant partout ; la chance avait voulu que l’église catholique était pratiquement au bas de la rue, ce qui lui permettait de s’y rendre en quelques minutes à toute occasion, même quand, avec l’âge, ce devint difficile.

 

{31} A la guerre 14/18, elle avait 12 ans et se réfugia, lors de l’invasion allemande, avec sa famille en France dans la ville de Tours. Ils y restèrent, le temps que durèrent ces hostilités, c’est-à-dire quatre ans.

 

Elle y fit de bonnes études moyennes dont elle gardera une distinction de langage plaisante et une éducation raffinée.

 

Je ne peux m’empêcher à cet endroit précis de mon livre d’intercaler avec la plus grande retenue et le plus grand respect les chants romantiques d’un grand amour qu’un être délicat lui voua un peu avant qu’elle ne revienne en Belgique avec sa famille.

 

Nous les avons retrouvés dans quelques poèmes, que ma mère conserva discrètement dans une petite enveloppe insignifiante, rangée avec quelques souvenirs particuliers de son frère tué à la guerre, révélant une âme sensible et discrète. Ma mère n’en parla jamais, soucieuse de ne pas entacher l’amour qu’elle porta à mon père.

 

Cependant par considération pour des sentiments exprimés avec une telle grandeur et une telle délicatesse qu’ils ne méritaient pas d’être détruits, elle conserva précieusement ces écrits qui révélaient une si grande noblesse de cœur .

 

Le poème qui suit fut écrit en mai 1919, alors qu’elle se préparait à revenir en Belgique.

 

Ainsi tout change, ainsi tout passe,

Tout, excepté le souvenir…

 

Paroles brèves, qui font rêver,

Car je n’osais tant espérer

Et je les redirai sans trêve

Aux heures qui, sans vous, seront noires

Malgré que je garde un espoir..

Je penserai à votre bonté,

Votre noble et fidèle amitié…

 

Ces vers que je balbutie

Expriment un ardent merci,

Un adieu, oh non, j’ai l’espoir

Que ce n’est qu’un simple « Au Revoir ».

 

Le suivant lui parvint un mois après, alors que maman était rentrée dans son pays. Il l’avait ornée de quelques délicates pensées sauvages en lui donnant d’ailleurs pour titre : « L’esprit des fleurs ».

 

Croyez-vous que la rêverie

Peut s’échapper des fleurs cueillies

Qui, en Belgique, vont expirer ?

Elles exhalent et font respirer

Tout paré de blanche couleur

L’esprit des fleurs.

 

Quand vous verrez ces trois pensées,

Déjà pâlies, déjà fanées,

L’esprit qui s’en exhalera,

Mystique, à vos yeux parlera…

Il vous gardera d’oublier

Mon amitié….

 

Le dernier, qui fut écrit presque cinq ans après, en octobre 1924, poignant et désespéré comme ceux de Lamartine, ne peut laisser insensible … Il semble se sentir responsable de son propre malheur.

 

La nuit en moi ne va pas tarder.

N’ai-je pas éteinte de ma main

La flamme qui devait garder

Mon cœur de se glacer demain ?

 

Oh ! Demain, c’est la grande chose,

De quoi, demain sera-t-il fait ?

L’homme, aujourd’hui, sème la cause

Demain, Dieu fait mûrir l’effet.

 

Dans ce crépuscule, mes pleurs

Sont moins pour moi que pour ma mie

Qui ne savait que la douleur

Est la compagne de la vie.

 

Oh ! Que faut-il donc que je donne

Pour qu’elle ait, plus tard, joie et paix

Et le bonheur et qu’elle pardonne

Celui qui n’en aura jamais !

 

La nuit en moi ne va tarder.

N’ai-je pas éteinte de ma main

La flamme qui devait garder

Mon cœur de se glacer demain ?

 

Ce texte est poignant, que s’est-il passé dans les brumes de leur histoire ? Pourquoi l’amoureux transi et désespéré se sent-il coupable ? Qu’est-ce qui a empêché ma douce maman de répondre à une telle passion ? Je ne peux qu’enfermer dans son souvenir ce mystère de son passé…


Chère Maman que je me plaisais à taquiner et à scandaliser par des propos qui lui faisaient prendre une attitude réprobatrice sévère qui m’amusait beaucoup. Si je lui parlais de « ma gueule », elle me reprenait avec hauteur : « Philippe, je ne t’ai pas donné une gueule ».


Elle lisait pas mal de choses, mais avec méfiance : elle craignait les idées qui l’auraient touchée dans sa foi et se méfiait beaucoup des miennes.


Un jour que je lui parlais de notre parenté simiesque, et que je voulais lui faire comprendre le bien-fondé de la théorie, elle coupa court avec dédain en me déclarant avec humour : «  Descends d’un singe si tu veux, moi je ne descends pas d’un singe….. »


Je crois qu’elle fut comme moi, nostalgique d’une descendance féminine. Aussi fut-elle reconnaissante à mon épouse d’avoir tenté d’être pour elle plus fille que « belle-fille », mais surtout d’avoir comblé ce manque en nous donnant la joie, pour moi, d’avoir des filles et pour elle, des petites-filles.


Ma mère sera une grand-mère merveilleuse, d’une tendresse discrète, peu démonstrative, cependant profonde. Attentive à leur développement harmonieux,  elle était une présence permanente, soucieuse de leur transmettre scrupuleusement les valeurs que nous avions privilégiées pour nos enfants, en se gardant bien de les contrarier pour autant qu’elles eussent été différentes des siennes.


Son existence courageuse de mère et d’épouse malmenée par les épreuves qui ne l’épargnèrent guère, elle et les siens, fut exemplaire de courage, ténacité et de dévouement.


Sa santé fut souvent fragilisée en raison des suites de privations endurées durant la dernière guerre. Octogénaire, elle dut encore subir, quand elle était chez nous, la cruelle et frustrante épreuve de l’ablation d’un sein qui était atteint d’un début de prolifération de cellules cancéreuses et subir les affres, fatigues et souffrances d’un mal qui frappe tant de malheureux.


Ici encore, mon épouse s’investit énormément pour la soutenir moralement et affectivement, la soigner, la conduire en voiture et l’assister pendant les nombreuses et longues séances de « chimiothérapie » seule thérapie en vigueur pour soigner ce mal du siècle.


Heureusement, ces soins s’avérèrent efficaces et radicaux , car ma mère guérira, vivra encore une dizaine d’années et ne connut aucune récidive.


{32} La fin de sa vie fut particulièrement difficile et éprouvante pour elle et pour nous. A l’approche de ses quatre-vingt-dix ans, elle devint de plus en plus caduque des jambes, comme si celles-ci ne pouvaient plus la porter.


Je devrai « bricoler » des hausses pour les pieds de son lit, afin qu’elle puisse encore en sortir seule. Finalement, il fallut l’hospitaliser pour trouver remède à cette déficience.


La décalcification osseuse est un mal courant à cet âge, ce qui la fit s’écrouler un jour alors qu’elle regagnait son lit. C’était grave, le col du fémur était brisé ainsi qu’une épaule.


Transportée dans une clinique spécialisée, elle entra dans une sorte de semi-inconscience qui me fit vivre une expérience m’interpellant fortement dans mes réflexions sur la conscience et m’a fait réaliser le pouvoir que l’on peut exercer sur un cerveau fragilisé.


L’état dans lequel elle se trouvait la faisait passer de la réalité au délire cauchemardesque. Elle était obsédée par une tâche permanente qui l’épuisait, de préparation d’une pâte qu’elle n’arrêtait pas de pétrir, tandis que de la farine ne cessait de tomber en rideau sur elle.


Elle ne voulait pas admettre qu’il s’agissait d’un cauchemar et ne cessait d’en parler comme d’une corvée qui lui incombait et qu’elle n’arrivait plus à assurer tellement elle en était fatiguée.


Dès qu’elle se réveillait d’un sommeil agité, c’était obsessionnel, elle en parlait comme d’une obligation de laquelle elle ne pouvait se soustraire.


Par ailleurs, elle était absolument consciente et nous entretenions avec elle des conversations des plus normales qu’elle suivait avec son équilibre et son bon sens habituel, aussi étions-nous très surpris quand parfois elle retombait dans ses propos abracadabrants.


Cela dura quelques jours et j’avais bien des inquiétudes de sentir ma mère sombrer lentement dans la déraison.


Désespéré et malheureux, un jour suivant, accompagné de mon fils Benoit, j’entrepris lentement d’user de la confiance qu’elle avait en moi pour la sortir de ce dérangement cérébral.


Je la laissai d’abord se plaindre de son labeur de « boulangère », métier qu’elle n’avait bien sûr jamais pratiqué, pour lui prendre les mains et la regarder avec toute la tendresse d’une affection que je lui ai toujours portée et je lui expliquai avec patience et obstination que ses histoires de casseroles qui pendaient, de farine qui tombait et de pâte qu’elle devait pétrir étaient comme un cauchemar qu’elle devait s’efforcer de chasser de sa tête.


Petit à petit, j’ai senti que je gagnais du terrain et que mes yeux rivés aux siens lui transmettaient ma certitude et que mon cerveau guérissait le sien. Ses doigts étaient durs et pénétraient mes paumes jusqu’à en faire mal : elle « s’accrochait » à moi !


Elle a fini par avouer : « Tu as raison, je dis des bêtises… ». C’était gagné et elle ne déraisonna plus jamais.


Je réalisai alors le pouvoir que donne la conviction et la force que pouvait avoir un cerveau fort sur un autre, devenu plus faible car ma mère était une personne équilibrée, sûre d’elle et maître de ses opinions.


Elle vécut encore quelques semaines, pendant lesquelles elle fut admirable de patience, de douceur et de résignation qui la rendirent très attachante pour le personnel hospitalier.


Pourtant, brisée de l’épaule et de la hanche comme elle l’était, c’était une pauvre nonagénaire, épave grabataire à l’avenir sombre et incertain.


Ce qui m’étonna le plus, c’est qu’elle ne semblait plus se soucier de ses fins dernières, comme elle disait, elle qui ne les envisageait qu’avec crainte et appréhension.


Je ne la vis plus prier, ni réclamer son chapelet, ni demander les secours de la religion, elle si dévote, comme si je lui avais transmis, en même temps que la force mentale de réorganiser sa raison, ma certitude métaphysique.


Elle mourut brusquement, empoisonnée de la bile que ne pouvait plus évacuer une vésicule biliaire qui s’était repliée sur elle-même.


Ma conscience d’homme civilisé du monde occidental, héritier de traditions chrétiennes, fut apaisée par la conviction d’avoir incidemment donné à celle qui m’avait offert la vie, un retour au néant serein et paisible.


Si je lui réserve cette place de choix, dans ce chapitre qui met en valeur la richesse du milieu et son pouvoir incoercible sur nos sociétés, c’est que je tiens à mettre en exergue cette expérience personnelle qui m’interpelle encore, de la fin de vie de ma mère.


{33} Je ne peux m’empêcher de la rapprocher de celle que dut endurer son frère, mon pauvre vieil oncle, curé de village, dont j’ai abondamment parlé dans ce livre.


Mon épouse, qui était allée le voir, assista à ses derniers moments qui furent la démonstration spectaculaire d’un état d’esprit religieux poussé au paroxysme de la démonstration hystérique.


Avertie par mon épouse qui avait constaté que le vieil homme agonisait, une religieuse accourut et constatant que c’était la fin, empoigna un crucifix qu’elle lui brandit devant les yeux en lui « hurlant » dans l’oreille les litanies des mourants que s’étaient ingéniés de rendre macabres et morbides les ecclésiastiques zélés des siècles passés.


Connaissant bien mon oncle, son énergie et son courage, ainsi que le mépris qu’il avait pour les « bigotes », je suis persuadé qu’en son for intérieur, il devait la traiter de vieille sotte et lui enjoindre de lui « foutre la paix »,…. s’il était encore capable d’un tel sursaut.


Je terminerai ce chapitre important de mon livre par un chant attendri et reconnaissant à celle qui fut :

 

Maman et grand-maman.

 

Ses jours d’un jour ne sont pas grands

Ses heures de mère si lointaines

Qu’elle se complait en grand-maman.

Chauffant les mains dans ses mitaines.

 

Ses doigts de fée sont si usés

Qu’ils en sont devenus plus doux,

Pour consoler sur ses genoux

Des petits cœurs tant attristés.

 

Ses yeux fatigués par tant de veilles

Déchiffrent encor les belles histoires

En grandes lettres des vieux grimoires,

Aux petits anges qui s’émerveillent.

 

Leur père se lève du coin de l’âtre,

Très attendri par autant de bonheur,

Ecarte des fronts les mèches folâtres,

Et cueille aux yeux les petites lueurs.

 

Le fils, alors, se penche sur sa mère

Pour encor caresser ses blancs cheveux.

Tandis que le ciel effleure la mer

De son étole de nuages bleus.

 

°°°°°°°°°°°

 


18/06/2010

Ch. 25 f - Mes maîtres à penser

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite)que j'ai créé dans le site (e-monsite ) qui permet de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs. Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement


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Ch. 25 e - Les maîtres à penser et le devoir de vérité

 

Si les aléas de la vie ne m’avaient pas livré pieds et poings liés à l’implacable philosophie du comptable sec et froid, disséquant tout, penché sur ses livres de comptes où la rigueur des chiffres prédomine et où un franc ou un euro restera toujours un franc ou un euro, complice des dieux de la fortune, au service de l’enrichissement et du pouvoir par l’argent, il est probable que le poète aurait vécu dans ses nuages et ses rêves et qu’il aurait cru et aimé le Dieu d’idéal et de ciel des croyants qui lui aurait ouvert tout grand son jardin de l’irréel et de la contemplation suprême.

 

Le comptable aride et dur se meurt maintenant, mais il n’a pas étouffé le poète qui sur la fin de ses jours retrouve les envolées éthérées de ses vingt ans et son appétit du sublime des mystiques, celui qui restera toujours sentimentalement chrétien de cœur malgré ses entraves d’agnostique par loyauté de pensée.

 

Cette position ambiguë peut en surprendre plus d’un. Pourtant n’a-t-elle pas le mérite d’accepter et surtout de comprendre ceux qui restent attachés aux traditions et enseignements d’un milieu qui reste le mien !

 

J’ai beaucoup d’estime et d’affinité pour la libre pensée. Avec mon épouse, nous avons toujours été, en esprit, proches d’un de ses principaux animateurs : Paul Damblon.

 

Son livre, où je retrouve un parcours semblable au mien, est un long plaidoyer en faveur de l’agnosticisme. C’est le cri d’appel d’un scientifique vulgarisateur mais aussi d’un poète-musicien et je m’associe totalement à sa pensée quand il se définit comme agnostique avec hypothèse de travail athée.

 

Il apporte à la libre pensée un humanisme chaleureux d’idéaliste-rêveur bien qu’il s’en défende farouchement. Ses rapports avec les penseurs chrétiens actuels, sont un modèle de tolérance, de compréhension et de chaleur humaine qui me ravit.

 

Il est heureux de constater que les autres s’en inspirent, l’intolérance qui se retrouve dans un camp comme dans l’autre, se polissant des contacts qui s’établissent pour adoucir des aspérités qui les blessent si souvent et inutilement.

 

La foi est un sentiment profondément humain. Intellectuelle, elle est défendue par les plus grands penseurs, les plus grands scientifiques souvent empêtrés dans des arguments ambigus.

 

{26} J’ai lu avec le plus grand respect et la plus grande attention le livre de Christian de Duve, prix Nobel de médecine, savant émérite sorti de l’université catholique de Louvain : « A l’écoute du vivant » et surtout son chapitre 18 intitulé : « Et Dieu dans tout cela ».

 

J’ai été conquis par ses conclusions et les directives éthiques qu’il préconise pour l’homme d’aujourd’hui. Il dit en substance ce qui suit :

 

« Il faut encore des prêtres ou guides spirituels qui, en dehors de tout dogmatisme et fondamentalisme, peuvent inspirer, aider, orienter … La société a besoin de règles morales en dehors des lois naturelles où prédominent les lois aveugles de la sélection … Les lois morales évoluent avec les connaissances, les mentalités et les situations nouvelles… Cependant les enseignements du passé conservent toute leur valeur quels qu’en soient les maîtres (Moïse, Jésus-Christ, Confucius, Bouddha, Mahomet) à condition de ne pas lier cette allégeance à un dogmatisme intolérant, prosélyte et dominateur … »

 

J’ai repris intégralement le dernier paragraphe de ce chapitre essentiel, tellement les conclusions fondamentales de ce grand savant sont dictées par l’intelligence, la grandeur et une connaissance profonde de notre monde civilisé occidental :

 

« Les religions ne doivent pas être abandonnées. Elles doivent se débarrasser de leurs croyances mythiques, de leurs déclarations irrationnelles, de leurs enseignements obscurantistes, de leurs rituels magiques, de leurs prétentions abusives à une légitimité supérieure, de leurs recours au chantage moral, sans compter parfois leur appel à la violence. Dépouillées de tous ces accessoires, mais en conservant intact le sens du sacré, elles doivent être soutenues et protégées afin de continuer à nous aider à contempler le mystère, respecter des préceptes éthiques, célébrer nos fêtes, partager nos joies et nos tristesses, supporter nos épreuves. »

 

{27} Aux alentours des années 1991, j’ai lu avec intérêt et attention le livre-entretien, qui venait de paraître, des frères Bogdanov, physiciens vulgarisateurs, (accusés, à tort ou à raison, de plagiaires, ce qui n’enlève rien à la valeur de leurs écrits) avec Jean Guitton, qualifié de dernier grand penseur chrétien. ° Igor et Grichka Bogdanov – Jean Guitton - Dieu et la science – Grasset °

 

J’y ai relevé des choses intéressantes pour étayer ma réflexion :

« … nous sommes à l’orée d’une révolution de la pensée, d’une rupture épistémologique (rupture du savoir) telle que la philosophie n’en a pas connu depuis plusieurs siècles… »

 

Plus loin, les auteurs prétendent qu’à travers les voies ouvertes par la théorie quantique survient une conception nouvelle (qu’ils appelleront métaréalisme) en deçà du spiritualisme mais au-delà du matérialisme qui effacerait les frontières entre l’esprit et la matière

 

La lecture de cet ouvrage m’avait fort interpellé à une époque où je cherchais mes marques. En substance voici ce que j’y avais coché comme important :

 

« Peu avant sa mort, Bergson a légué son « testament de pensée » à quatre philosophes : Gabriel Marcel, Jacques Maritain, Vladimir Jankélévitch, et moi-même. Je serai donc le messager de son intuition : Bergson avait pressenti, plus que tout autre les grands changements conceptuels induits par la théorie quantique. A ses yeux – tout comme dans la physique quantique - la réalité n’est ni causale, ni locale : l’espace et le temps y sont des abstractions, de pures illusions…..le réel est voilé, inaccessible…Face à cette énigme, il n’existe que deux attitudes : l’une nous conduit vers l’absurde, l’autre vers le mystère : le choix ultime entre l’une ou l’autre est, au sens philosophique, la plus haute de mes décisions. » °propos de Jean Guitton dans l’avertissement - page 31 et 32 °

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« … Le vide absolu caractérisé par une absence totale de matière et d’énergie n’existe pas … le vide à l’état pur est une abstraction … le vide quantique est différent en ce sens qu’il est le théâtre d’un ballet incessant de particules, celles-ci apparaissant et disparaissant dans un temps extrêmement bref, inconcevable à l’échelle humaine …°tiré des propos de Grichka Bogdanov – Dieu et la science – page 50 »

 

« … une particule n’existe pas par elle-même mais uniquement à travers les effets qu’elle engendre. Cet ensemble d’effets s’appelle un « champ ». Ainsi les objets qui nous entourent ne sont autres que des ensembles de champs (champ électromagnétique, champ de gravitation, champ protonique, champ électronique) ; la réalité essentielle, fondamentale, est un ensemble de champs qui interagissent en permanence entre eux. ° propos de Igor Bogdanov - ibidem – page 114 »

 

« … rien de ce que nous pouvons percevoir n’est vraiment « réel », au sens que nous donnons habituellement à ce mot. D’une certaine manière, nous sommes plongés au cœur d’une illusion qui déploie autour de nous un cortège d’apparence, de leurres que nous identifions à la réalité … tout cela n’est qu’une immense et perpétuelle hallucination, qui recouvre la réalité d’un voile opaque. Une réalité étrange, profonde existe sous ce voile ; une réalité qui ne serait pas faite de matière, mais d’esprit ; une vaste pensée qu’après un demi-siècle de tâtonnement, la nouvelle physique commence à comprendre, invitant les rêveurs que nous sommes à éclairer d’un feu naissant la nuit de nos rêves. » °propos de Jean Guitton - ibidem – page 117°

 

{28} Un paragraphe et une conclusion de Jean Guitton sont mis en exergue par le professeur Christian de Duve, à la page 261 de son ouvrage « A l’écoute du vivant » °édition Odile Jacob – octobre 2002 ° :

 

«  Si l’esprit et la matière ont pour origine un spectre commun, il devient clair que leur dualité est une illusion, due au fait que l’on ne considère que les aspects mécaniques de la matière et la qualité intangible de l’esprit … » » ° propos de Jean Guitton – Dieu et la science – page 182 ° et le philosophe chrétien de conclure : « L’esprit et la matière forment une seule et même réalité » °ibidem page 184°

 

Dont commentaires de Ch. De Duve : «  Sous la plume d’un catholique pratiquant considéré comme un des penseurs chrétiens les plus éminents de notre époque, une telle phrase est en même temps surprenante et révélatrice. »

 

Le troisième de mes « maîtres à penser » est Jean d’Ormesson, qui dans son livre de 400 pages : « Presque rien sur presque tout » a exprimé, avec son talent d’écrivain profond, l’essentiel des questions qu’un homme intelligent se pose quand il cherche à comprendre le pourquoi de l’existence des choses et des êtres vivants.

 

Il me sert de livre de chevet que je consulte dans mes insomnies pour servir de tremplin à des réflexions passionnantes sur le pourquoi et le comment de tout.

 

Je livre, ci-après, quelques-unes de ces notes alimentant mes réflexions :

 

« Le souvenir de ce qui a disparu … il existe dans la pensée. Et il n’existe que dans la pensée … Aussi longtemps que la pensée n’avait pas apparu dans le tout, le passé ne cessait jamais de tomber dans le néant … » ° page 773°

 

« Il n’est pourtant pas acquis d’avance que le destin de l’homme soit de connaître l’univers et que le destin de l’univers soit d’être connu par l’homme … » °page 261°

 

« Les choses, dans l’univers, sont combinées de telle sorte qu’elles peuvent mener, avec autant d’évidence d’un côté et de l’autre, à deux convictions radicalement opposées : qu’un Dieu est nécessaire et qu’un Dieu est inutile. » °page 260°

 

« L’être est. Un point c’est tout. On ne peut pas en dire grand-chose. On ne peut pas en parler. On ne peut rien en dire du tout. Sauf qu’il est : il faut bien qu’il soit puisqu’il y a autre chose au lieu de rien. L’être est parce qu’il y a du temps, de l’espace, de la matière, de la vie, de la pensée et un tout. » °page 336°

 

« La pensée n’est qu’un sous-produit de la vie, qui est un sous-produit de la Terre, qui est un sous-produit de mon tout. L’ennui c’est que je suis, en un sens, le sous-produit de ce sous-produit … Il n’y a de tout que parce qu’il y a de la pensée … » °page 337°

 

« Voilà ce que je suis : un miracle. A des milliards et des milliards d’exemplaires. C’est parce qu’il est si répandu que sa qualité de miracle est si peu reconnue et à peine célébrée. Un miracle si fréquent, est-ce encore un miracle ? Mais le tout est un miracle. La vie est un miracle. Et, plus que le tout et la vie, l’homme, qui est seul à penser le miracle et à le chanter dans ses œuvres, fut-ce en le niant et en le piétinant de fureur et d’orgueil, est le miracle des miracles. » °page 365°

 

« Si une âme immortelle habite mon corps mortel, il faut qu’elle ait été introduite dans mon enveloppe charnelle au moment même où l’homme se dégageait de l’animal. Et qu’une créature mortelle donne tout à coup le jour à un être immortel. Autant dire qu’il s’agit d’une nouvelle création et de l’irruption d’un Dieu créateur et tout-puissant au sein des mécanismes de la nécessité … Si ce ferment d’éternité n’a pas été glissé en moi, je ne suis rien d’autre qu’une algue sur qui le temps a évolué » °page 367°

 

« Ma seule limite est le temps. Mon seul maître est le temps. Je ne parviendrai ni à le remonter, ni à l’arrêter, ni à le ralentir, ni à l’éviter. Je n’échapperai pas à la mort. … Je me changerai moi-même. Je découvrirai le tout et le soumettrai à mon pouvoir. Et j’inventerai un homme qui sera plus et mieux que l’homme … Il ne m’est rien d’impossible parce que je suis l’esprit … Peut-être dans quelques milliards d’années, n’y aura-t-il plus d’homme sur la surface de la Terre. Mais quelque chose d’innommable, et d’encore innomé, entre le monstre et la merveille, entre la machine et l’esprit, et qui se répandra à travers l’espace. » °page 369°

 

« Je chante, moi aussi, la gloire du tout d’où je sors. Je veux bien aller jusqu’à chanter la gloire de l’être d’où est sorti le tout. Mais c’est une gloire lointaine et abstraite. L’être règne peut-être. Mais il ne gouverne pas. Qui gouverne ? C’es t moi … » °page 370°

 

« Monologue de l’être : Tout n’existe que par moi. Je soutiens à chaque instant et l’espace et le temps et le tout et les hommes. Il y a un tout parce qu’il y a de l’être. Il y a du temps parce qu’il y a de l’être. Il y a des hommes parce qu’il y a de l’être … Dans un tout surgi de l’être et que vous ignorez et que malgré tant d’orgueil et tant de vains efforts, vous ne cesserez jamais de poursuivre et pourtant d’ignorer. Car sur presque tout, pauvres, pauvres enfants imbéciles, vous ne savez presque rien. Et sur le Tout, comme sur l’être, vous ne savez rien du tout. » °dernière page°

 

 

 

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{29} En appendice de mon livre, je traduirai en « symphonies » mes réflexions intimes sur le pourquoi et le comment de l’existence, en quelque sorte la somme de mes « considérations fondamentales sur l’existence », titre que je leur donnerai longtemps. J’y consignerai l’essentiel d’une démarche qui hanta toute ma vie, mais qui m’interpella durement lorsque je dus soutenir les derniers moments d’un être aussi cher que ne le fut ma mère, personne scrupuleuse très croyante, en grande crainte de la mort et « du châtiment éternel » et à qui j’ai pu imposer mes convictions métaphysiques et lui procurer ainsi une fin paisible.

 

Au crépuscule de ma vie, je tiens à laisser à ma postérité un témoignage constitué par plus de soixante années de recherches sur le sens de l’existence et la motivation d’exister.

 

J’ai dû me rendre à l’évidence, la seule qui résulte d’une analyse systématique des croyances qui ont abouti aux phénomènes de la religiosité, confrontée à sa vraisemblance fondamentale.

 

A la lumière des connaissances actuelles, aucune religion ne résiste à une analyse sérieuse, historique, scientifique ou logique.

 

Le milieu éducatif, par son contexte familial et historique, force le cloisonnement entre d’une part la raison et les évidences scientifiques et d’autre part le carcan atavique constitué par les croyances dogmatiques du milieu. Les plus grands penseurs en sont tributaires et sont forcés aux plus originales et plus spectaculaires prouesses intellectuelles pour se donner raison malgré l’évidence des arguments que les scientifiques libérés de leur contexte historique de milieu, avancent constamment.

 

Le temps et l’évolution ont « créés » la vie … la vie a créé les micro-organismes et les êtres vivants qui ont envahi la planète terre, minuscule satellite d’une minuscule étoile dans un cosmos tellement immense qu’il est incommensurable … (Nous n’en connaissons véritablement pas les limites)

 

Avec la complicité du temps, à coup d’échecs, de tâtonnements, de recommencements, la vie a perfectionné les êtres vivants en les dotant de facultés spécifiques d’adaptation à leur environnement …

 

En l’état actuel des connaissances de la science, de nombreux phénomènes ne trouvent pas d’explications valables. On doit s’en tenir à des hypothèses « pseudo-scientifiques » d’inter-connectivité entre les êtres vivants ou de codifications programmées transmissibles par les gènes.

 

La nature nous en livre de continuels exemples … comme la mémoire génétique … la simultanéité de réaction des bancs de poissons et des troupeaux … la transmission de messages collectifs ou individuels à distance dans les colonies d’insectes (fourmis, termites, abeilles, guêpes, frelons. Dans l’un comme dans l’autre, l’ensemble des individus réagit comme si l’espace – l’univers - n’était qu’un immense organisme dont ils sont un des éléments)

 

Par la sélection et le dressage, l’homme a développé chez certains animaux des facultés qui le servent : la connexion à distance du pigeon voyageur avec sa femelle … le flair du chien-pisteur qui détecte les traces même lointaines du passage d’un être vivant, à partir d’un objet qui a pris son odeur qui se maintient un certain temps et reste présente malgré la distance parcourue par « l’émetteur ».

 

Quant à l’homme, il a développé la bipédie et l’habileté manuelle qui lui a permis « d’inventer l’outil » cet auxiliaire de sa survie. L’utilisation de l’outil a suscité « l’intelligence » et la vie en société lui a fait découvrir la parole et la communication qui ont conduit à l’expérience, l’apprentissage, la transmission du savoir par la création de moyens pour en garder la trace et en faciliter la reproduction (l’écriture, le livre et maintenant le matériel informatique)

 

Sa faiblesse physique de primate l’a forcé a l’association par petits groupes de chasseurs avec des « leaders » (de l’anglais to lead : conduire) … le stade suivant fut le nomadisme avec des troupeaux d’ovins dont ils tiraient la viande, le lait, la peau et la laine, en association avec la chasse et la cueillette … pour aboutir au stade final de la sédentarisation avec les cultures, l’élevage en pâturage, l’habitation et … l’urbanisation.

 

Finalement, l’homme sédentaire s’est organisé en nation avec des chefs. Il a développé la connaissance, la pensée, la mémoire et la conscience. Il s’est créé des prêtres qui devaient conjurer le sort, intercéder auprès des « êtres supérieurs » pour qu’ils le protègent du malheur, de la souffrance et … de la mort …

 

L’évolution des civilisations en a privilégié certaines qui ont développé la connaissance à un point extrême de réalisation, leur permettant les prouesses que leurs « découvreurs » réalisent tous les jours, en les dotant des possibilités extraordinaires dont ils disposent maintenant pour jouir d’un confort de vie inégalé et disposer des moyens nécessaires pour rechercher les raisons de son existence.


 

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15/06/2010

Ch. 25 e - Apparitions (suite de l'étude)

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Ch. 25 e - Apparitions (suite de l'étude)

 

{23} Avant de clore cet important passage de mon travail sur les apparitions de Beauraing, il me reste à mentionner l’essentiel de ce que j’ai retiré de la lecture d’un intéressant ouvrage de plus de 700 pages (Presse de la Renaissance, Paris 2000) intitulé « Faussaires de Dieu » de la plume de Joachim Bouflet, historien, qui se consacre à la recherche et à l’étude des mentalités religieuses. Consultant auprès de postulateurs de Congrégation pour les causes des saints, il est l’auteur d’ouvrages sur les diverses figures spirituelles et sur les phénomènes mystiques. Ce livre est accepté par l’Église catholique puisqu’il a reçu, le 1er mai 2000,  le « Nihil obstat » de M. Dupuy, p.s.s. et l’imprimatur de Mgr M. Vidal, vicaire épiscopal.

 

En ce qui concerne la reconnaissance des faits par l’Église, il est intéressant de signaler ce qui suit :

- Le 9 janvier 1935, suite à une véritable épidémie d’apparitions, principalement en Belgique, le Saint –Office réagira en confiant au cardinal Van Roey, primat de Belgique, la tâche d’instruire les faits, surtout ceux de Beauraing et Banneux. Les évêques de ces lieux furent dessaisis des enquêtes et tous les livres, journaux, périodiques et pèlerinages seront prohibés (mis à l’Index).

- Ce ne sera que le 2 janvier 1942, que le Saint-Office autorisera l’évêque de Banneux à « porter un jugement sur les faits relevant de son magistère » et assez curieusement, Mgr Charue, évêque de Namur, ne recevra lui pareille autorisation pour Beauraing que le 7 décembre 1942.

- Aussi l’évêque de Liège, après avoir toléré le culte le 12 février 1942, l’autorisera pleinement et entièrement le 31 mars 1942, mais ne reconnaîtra les apparitions que le 22 août 1949. Je pense que Mgr Charue a dû le faire également pour Beauraing.

- Finalement, le grand principe, dont ne se départira pas la « Congrégation pour la Doctrine de la Foi (jadis le Saint-Office) est de laisser à l’ordinaire du lieu « in fine » le droit de prononcer un jugement qui n’engage en rien l’autorité du Saint-Siège.


Voir ci-après une énumération non exhaustive de faits et de lieux où se sont produits, à cette époque, en Belgique des phénomènes de prétendues apparitions de la Vierge Marie, toujours tirés du livre de J.Boufflet.

A partir d’août 1933, la Belgique connaît une « épidémie » d’apparitions, consécutive aux « faits mystérieux » de Beauraing et Banneux…Il ne s’écoule pas un mois sans que l’on signale çà et là une nouvelle manifestation de la Vierge :

- La localité de Rochefort, à 20 km de Beauraing, fut un des lieux qui défrayaient alors la chronique : le 23 août 1933, un garçonnet, Paul Bucher croit voir la Vierge dans une forme blanche apparue au crépuscule sur un mur. Pendant plusieurs jours, les voisins et de nombreux témoins sont en contemplation et s’agenouillent en prière jusqu’à ce que l’on constate que l’apparition disparaissait avec l’extinction d’un réverbère situé à quelque distance. Ce fait révèle l’état d’esprit dans lequel se trouvait la région à cette époque.

- Le 4 octobre 1933, c’est à Melen, non loin de Banneux, que la Vierge se serait manifestée selon ses dires à Mathieu Lovens, un ouvrier de charbonnage de 60 ans. La Vierge serait vêtue et voilée de blanc, un large ruban blanc lui ceignant la taille ; elle se présente comme l’Immaculée Conception, invite à prier et promet la guérison des malades. A partir du 20 octobre Mathieu Lovens la fit « déménager » dans le champ de son voisin, la foule lui démolissant son jardin et ses rosiers. Lovens fait dire à son apparition qu’elle fera jaillir de l’eau d’un trou qu’il devra creuser dans le champ à l’endroit que la vision lui indiquera, ce qui amènera une foule nombreuse. Au jour dit, point de prodige et disparition du voyant qu’on ne revit plus jamais.

- Le 15 octobre 1933, un garçonnet, Charles…, à Chaîneux dans le pays de Herve (Les deux localités de Melen et Chaîneux ne sont éloignées de Banneux que de quelques kilomètres)), voit la Vierge descendre du ciel et devenir de plus en plus grande, dès qu’elle « s’installe » au-dessus d’une haie. Elle demande la construction d’une chapelle près d’une source qui s’écoule près de la haie et de prier pour la conversion des pêcheurs, le tout en ressemblance flagrante avec les événements de Banneux.

- En décembre 1933, la Vierge se manifeste à Onkerzele dans le pays flamand à une pauvresse, Léonie Van Dyck, « Nieke » à laquelle elle sera supposée transmettre de graves messages. Il se produisit même un étrange phénomène de « soleil qui tourne » ou « qui danse » aux dires de certains témoins.

Ces quelques exemples permettent de douter grandement des témoignages recueillis que ce soit des « voyants » eux-mêmes autant que des témoins ou participants. Tous sont sincères et « imaginent » ce qu’ils croient voir à tel point d’ailleurs que certains seront insensibles à la douleur où même seront stigmatisés.

 

Quand je me « dédoublais »,  ma participation à des rêves dirigés était physique et je ne connaissais ni le froid, ni la douleur ou la fatigue de positions inconfortables. La pensée imaginée poussée à son paroxysme peut dominer le mental jusqu’à créer chez les humains des phénomènes corporels inhabituels et inexplicables.

 

Dans cet ordre d’idées et tiré de l’étude de J.Boufflet déjà cité, il est intéressant d’analyser le comportement de Tilmant Côme, un Namurois infirme de l’entité de Mettet, 58 ans au moment des faits, qui se rendra à Beauraing le 11 juin 1933, quelques mois après les apparitions, conduit par un voisin. (Notre oncle en fera mention dans son travail à la date du 12 juin 1933 : « J’ai appris par Madame Degeimbre la guérison et les visions de Côme Tilmant. Pendant les visions de C.Tilmant, je vois à peine les voyants tant il y a du monde »).

Pendant qu’il prie à la grotte, ce nouveau « voyant » prétend avoir vu la Vierge qui lui aurait dit « à demain ». Il n’en fallut pas davantage pour ranimer l’enthousiasme des fidèles, surtout suite au message de la Vierge qui dit être venue pour la gloire de la Belgique et pour la protéger des envahisseurs.

 

Le 15 juin 1933, le Vierge demande une chapelle et quand le visionnaire lui demande son identité, il voit se dérouler sur sa ceinture bleue « Notre-Dame de Bôring » (Beauraing prononcé en patois du coin). Son image ressemble plus à celle de Lourdes qu’à celle de Beauraing. Cependant certaines phrases qu’elle prononce sont reprises de celles de Beauraing.

 

Le 18 juin, l’apparition dira : « Montrez-vous dans le monde. Vos vœux seront exaucés » et le 25 juin : «Je serai avec vous partout. Organisez un grand pèlerinage le 5.8.33 (sic – dénotant la déformation professionnelle, technique de l’ancien contremaître pour écrire une date) jour de ma fête. Je serai ici. »

 

Le 5 août 1933, Tilmant reçoit la révélation d’un « secret » qu’il rendrait public le jour de l’assomption, soit le 15 août. Bavard, il ne pourra tenir son secret et révélera que la Vierge lui a montré le futur sanctuaire. Les pèlerins sont déçus car ils espéraient de l’inédit merveilleux. L’exaltation est à son comble et certains feront état de visions dans l’aubépine des apparitions d’une forme humaine, blanche et d’un visage…qui ne pouvait être que celui de la Vierge et, autre scénario, d’une statue colossale de la Vierge assise dans le ciel avec l’Enfant-Jésus sur le bras. C’est la folie dans l’invraisemblance collective.

 

Avec les rayons du soleil levant dans la ramure embrumée de l’arbuste cette phase de « la Vierge à l’Enfant » n’est autre que la perception visuelle faussée d’un toit voisin qui, par sa forme, a déjà abusé de la même façon certains fidèles le 3 janvier 1933. Mais beaucoup, dont un estimable prêtre, n’en démordront point : c’est bel et bien la Vierge Marie. A la faveur d’une illusion, ils ont élaboré ce qu’ils veulent voir.

 

Quant à Tilmant Côme, il prétendra le 15 août 1933, que la Vierge s’est montrée une dernière fois en lui confirmant sa mission de thaumaturge : « Je suis venue pour la dernière fois pour vous rappeler vos devoirs. Restez pour m’aider et consoler vos malades. Heureux ceux qui vous ont aidé. Priez pour les autres ».

 

Il est incontestable que dans ce cas il n’y eut jamais de miracle, même pas dans sa soi-disant guérison. S’il y a eu amélioration de sa « Spondylite osseuse », les médecins sont formels, il n’y a pas eu de modification de l’aspect des lésions vertébrales. Illuminé psychotique, Tilmant Côme s’est senti nanti d’une mission de relais des faits de Beauraing et d’un rôle de « messager adulte de la Vierge».

 

L’historien J.Bouflet signale également dans son livre le cas très curieux d’une talentueuse fille-mère, de père tchèque et de mère belge, née en 1895, espionne en 1914, et femme de foire (contorsionniste, dompteuse de lion, dessinatrice de portraits éclairs, diseuse de bonne aventure). Le 17 mai 1933, elle déclara avoir vu la Vierge sous les traits de Notre-Dame de Hal.

 

J. Bouflet cite l’auteur Herbert Thurston qui a évoqué le cas, en expliquant qu’à deux doigts de la mort, elle fut guérie grâce à l’intervention de la Vierge de Hal. Elle aurait également été stigmatisée aux mains, aux pieds et porterait des traces de la couronne d’épines sans supercherie semble-t-il.


Elle fut soupçonnée de procédés frauduleux pour soutirer de l’argent, mais après enquête judiciaire, fut lavée de tout soupçon et les experts médicaux après avoir étudié son état mental, concluront qu’elle souffrait d’un « dédoublement de la personnalité » ou d’une dissociation de l’être conscient. Ils conseilleront son isolement en clinique en raison de l’influence malsaine qu’elle pouvait avoir sur des esprits faibles.

 

Enfin, dans sa minutieuse « dissection des « visionnaires de Dieu » J.Bouflet, analyse le cas « Beauraing » en signalant certaines divergences qui apparaissent dans le groupe des voyants, tout en reconnaissant le sérieux, la sincérité et le bon équilibre mental des voyants. Ainsi, il signale leurs divergences : le 29 décembre 1932, un voyant aperçoit un cœur d’or rayonnant sur la poitrine de la Vierge, tandis qu’un autre ne peut le préciser. Le lendemain, ils seront quatre à le contempler, mais curieusement, ce ne sera pas le cas du garçon qui n’a rien vu de tel (ce qui fait supposer qu’il n’y a pas eu concertation entre eux…) Cependant le 31 décembre, il le verra à son tour, mais le lendemain il sera le seul à ne pas avoir d’apparition. L’auteur signalera aussi que certains voyants, surtout les plus jeunes n’entendent pas toujours ce que la Vierge dit aux autres. (Notre oncle n’en parle pas ou du moins ne l’a pas remarqué et n’en fera jamais mention.)

 

Il est cependant fondamental de conclure une fois de plus que les « voyants » sont absolument sincères : ils voient et entendent ce qu’ils prétendent collectivement percevoir, mais avec des « interférences » de transmission de la part du « cerveau-maître » (à mon avis, tantôt l’un ou l’autre aîné ou le garçon).

 

{24} Il est normal que le clergé local, doutant de la réalité des faits, prudent dans un premier temps, ne s’engage pas dans cette manifestation populaire de ferveur religieuse pour éviter le scandale de la révélation d’une éventuelle supercherie. Cependant, il est de bonne politique médiatique que ces autorités religieuses en profitent largement quand après de nombreuses années, il s’avère que certains faits  ne sont pas explicables dans l’état actuel des connaissances scientifiques.

 

 

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HYMNE A L’AU-DELÀ.

 

Notre âme rêve

D’immensités éternelles.

Notre âme étouffe

En son carcan de vie.

 

Notre âme pleure

Des larmes de désir.

Notre âme s’échappe

De la nuit de ses rêves.

 

Notre corps est lourd

De sa charge de souffrance.

Notre corps est mort

De son vide d’espérance.

 

Notre corps est triste

De son absence d’éternité.

Notre corps est pauvre

De son manque de félicité.

 

Notre âme est fébrile

D’un bonheur espéré.

Notre âme est belle

De son désir d’éternité.

 

Notre âme est douce

De ses rêves enchanteurs.

Notre âme est tendre

Du bleu de ses ciels.

 

Notre âme

Cherche ses dieux,

Ses Vierges et ses saints

Pour ne jamais mourir.

 

°°°°°°°

Si les aléas de la vie ne m’avaient pas livré pieds et poings liés à l’implacable philosophie du comptable sec et froid, disséquant tout, penché sur ses livres de comptes où la rigueur des chiffres prédomine et où un franc ou un euro restera toujours un franc ou un euro, complice des dieux de la fortune, au service de l’enrichissement et du pouvoir par l’argent, il est probable que le poète aurait vécu dans ses nuages et ses rêves et qu’il aurait cru et aimé le Dieu d’idéal et de ciel des croyants qui lui aurait ouvert tout grand son jardin de l’irréel et de la contemplation suprême.

 

Le comptable aride et dur se meurt maintenant, mais il n’a pas étouffé le poète qui sur la fin de ses jours retrouve les envolées éthérées de ses vingt ans et son appétit du sublime des mystiques, celui qui restera toujours sentimentalement chrétien de cœur malgré ses entraves d’agnostique par loyauté de pensée.

 

Cette position ambiguë peut en surprendre plus d’un. Pourtant n’a-t-elle pas le mérite d’accepter et surtout de comprendre ceux qui restent attachés aux traditions et enseignements d’un milieu qui reste le sien !

 

 

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11/06/2010

Ch. 25 d - Apparitions (Beauraing)

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite)que j'ai créé dans le site (e-monsite ) qui permet de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)que j'ai créé dans le site (e-monsite ) qui permet de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 25 d - Apparitions ?

 

{20} Pour être complet et objectif, il me reste cependant à ce stade-ci de mes confidences, le nécessaire devoir de livrer à mes contradicteurs les réflexions et considérations sur le surnaturel apparent et ses phénomènes inexplicables dans l’état actuel de la science, faisant suite à la relation du témoignage bouleversant autant qu’interpellant de mon oncle-curé sur les apparitions de Beauraing (du 29/11/1932 au 3/1/1933), transcrit dans un grand registre d’une écriture ferme et calligraphiée et que j’ai résumée avec le plus d’honnêteté possible aux pages 20 à 24 du chapitre 4 .

 

J’ai lu, étudié attentivement et réfléchi longuement à cet important manuscrit : ça m’a pris de nombreux jours ! Une quarantaine de pages, écrites par un homme sérieux, honnête, consciencieux, qui dans sa relation s’efforce d’être le plus objectif possible.

 

Le milieu chrétien dans lequel j’ai vécu et dans lequel je baigne toujours est très imprégné du culte de la Vierge renforcé par ses apparitions. En dehors de Beauraing, proche des berceaux de nos familles, nos églises et nos maisons étaient abondamment pourvues de reproductions ou statues des Vierges se manifestant dans la chrétienté belge ou limitrophe, tels outre Beauraing  :

 

Lourdes : dans les Pyrénées, voyante Bernadette Soubirous (née en 1844, décédée en 1879) - 18 apparitions à l’âge de 14 ans du 11/2/1858 au 16/7/1858.

Fatima : d’avril à octobre 1915 au Portugal : trois voyants ; François Marto 7 ans (né en 1908 décédé en 1919 de la grippe dite espagnole – déclaré Bienheureux par le pape Jean-Paul II en 2000) ; Jacinthe Marto, (5 ans (née en 1910, décédée en 1920, également de la grippe espagnole - déclarée Bienheureuse avec son frère par Jean-Paul II en 2000) ; Lucia Dos Santos, 8 ans, leur cousine (née en 1907, décédée au Carmel en 2005). L’Église détient la révélation d’un secret qui a été communiqué récemment précautionneusement entouré de commentaires.

Banneux : Du 15/1/1933 au 2/3/1933, (soit 12 jours après la dernière apparition de Beauraing) 8 apparitions à Banneux près de Verviers en Belgique à Mariette Béco, 12 ans, (née le 25/3/1921) qui vit toujours, retirée non loin de là. Sa vie ne fut pas plus que pour ceux de Beauraing marquée par une existence particulièrement remarquable du point de vue religieux. A ma connaissance, elle a tenu un débit de boisson et de vente de souvenirs pour les pèlerins près du lieu des apparitions avant sa retraite.

 

{21} J’ai relevé sur le site « spiritualité-chrétienne.com », de l’Église catholique romaine, les informations intéressantes suivantes :

 

Qu’est-ce qu’une apparition ? La réponse donnée se réfère d’abord à l’Ancien Testament - prophète Joël 3-1  : « Je répandrai mon esprit sur toute chair. Vos fils et vos filles prophétiseront, vos anciens auront des songes, vos jeunes gens, des visions. »

 

D’autre part, ce site de l’Église reprend de l’Encyclopédie catholique de M. Centini le passage suivant : « Étant donné que la vue et le toucher sont les deux sens qui rendent compte de la façon la plus directe de la réalité objective, il se produit, dans l’apparition ce que les théologiens appellent « le sentiment de la présence ». En fait, la personne témoin d’une apparition est convaincue d’être en contact immédiat avec l’objet qui est manifesté à elle, et non pas d’en subir une influence quelconque ou de se trouver face à une image, à une reproduction de cet objet »

 

Plus loin l’Église relate un avis autorisé de Benoit XV, pape de 1914 à 1922 : « Il faut savoir que l’approbation par l’Église à une révélation privée n’est pas autre chose que la permission accordée, après examen attentif, de faire connaître cette révélation pour instruction et le bien des fidèles. A de telles révélations, même approuvées par l’Église, on ne doit pas et on ne peut pas accorder un assentiment de foi ; il faut seulement, selon les lois de la prudence, leur donner l’assentiment de la croyance humaine, pour autant que de telles révélations soient probables et croyables pour la piété [….] ».

 

Ce qui veut bien dire que l’Église, elle-même, ne reconnaît pas les apparitions comme manifestation réelle de Jésus-Christ, de la Vierge ou des saints.

 

Toujours selon les mêmes sources (spiritualité-chrétienne.com), les experts de la 42ème semaine mariale à Saragosse en 1986 ont dénombré au moins 21.000 apparitions mariales depuis l’an 1000, mais l’Église n’en a authentifié officiellement qu’une quinzaine (dont Lourdes, Fatima, Beauraing et Banneux, reconnus par les Évêques des diocèses concernés)

 

Il est important aussi de signaler que la reconnaissance par l’Église d’une apparition comme digne de culte est de l’autorité de l’évêque du lieu en vertu de sa mission de chef de l’Église locale.

 

{22} En ce qui concerne les apparitions de Beauraing, j’ai cherché à trouver le maximum de réponses aux éléments qui m’ont interpellé lorsque j’ai pris connaissance des écrits de l’oncle de Vonêche. J’ai analysé particulièrement les premières pages de son livre, celles qui décrivent le début des « apparitions »

 

Le premier jour, la vision est aperçue au-dessus d’une grotte artificielle reproduisant celle de Lourdes que les sœurs ont fait construire dans le talus qui soutient une voie de communication qui en enjambe une autre pour permettre aux réseaux routiers et ferroviaires de se croiser sans passage à niveau, la voie de chemin de fer surplombant l’autre.

 

Les enseignantes de l’institut que fréquente une des voyantes, Gilberte Voisin, appartiennent à l’ordre des Sœurs de la Doctrine Chrétienne de Nancy,  fondée en 1716, par le chanoine Jean-Baptiste Vatelot pour scolariser les filles des campagnes. Ces religieuses ont une formation spécifique d’institutrice de village en vue d’éduquer les mères de famille du milieu agricole aux fonctions ménagères.

 

C’est le gar çon de 11 ans qui signale aux autres qu’il aperçoit la Vierge de la grotte qui bouge (il y a plusieurs versions, mais je retiens celle de l’oncle dont la source est Madame Degeimbre, ancienne paroissienne et mère de deux voyants) ; la sœur du gamin voit à son tour quelque chose, en sortant du pensionnat, et s’exclame : « Qu’est-ce que c’est çà là-bas ». D’autres versions selon l’oncle rapportent que la petite n’aurait rien dit alors.

 

Effrayés, les enfants se sauvent sans se retourner sauf, peut-être suivant certaines sources fiables, deux d’entre eux qui voient encore une forme lumineuse qui se déplace sur le pont et qui a l’apparence d’une dame.

 

Les enfants, c’est-à-dire, outre le garçon Albert Voisin (11 ans), ses sœurs Fernande (15 ans) et Gilberte (13 ans) ainsi que leurs amies Andrée Degeimbre (14 ans) et sa sœur Gilberte (9 ans) sont effrayés.

 

Il est probable que la forme humaine qu’ils ont cru voir alors, fut la transposition d’une source lumineuse allant et venant le long de la voie ferrée sur le pont du chemin de fer.

 

Peut-être un véhicule de service ou plutôt un ouvrier avec une « lanterne- tempête » comme on en utilisait alors à la recherche d’une anomalie urgente à contrôler…. ou réparer …?

 

De l’endroit où les enfants ont aperçu cette forme lumineuse, il se pourrait qu’au travers des branches, elle ait donné l’impression qu’il s’agissait d’une forme humaine qui dans le contexte de piété du moment (proximité du 8 décembre fête de l’Immaculée Conception et de la Noël) se soit transposée en Vierge de la grotte se déplaçant suivant les mouvements d’allées et venues de quelque chose sur le pont.

 

D’ailleurs, l’oncle mentionne plus loin dans son livre que la sœur portière lui avait rapporté que les enfants affirmaient avoir vu la Vierge de la grotte marcher sur le pont et qu’elle les avait traités de petits sots.

 

Plus loin dans son récit (noté à la date de juillet 1933), l’oncle signale qu’ayant interrogé les voyants à cette époque-là pour obtenir certaines précisions, il aurait reçu la réponse suivante : « Le premier jour, nous avons bien vu l’apparition, de forme humaine, mais pas les rayons, ni les reflets. C’est le jeudi, près du houx que nous l’avons vue avec des rayons et reflets bleus sur sa robe ».

 

Le lendemain à la même heure vers 18 heures trente, les enfants retournent « à la grotte », naïvement persuadés que c’est l’heure de prédilection de la vision ; ils sont effrayés et se cachent les yeux. Quand ils en reviennent, excités, ils racontent qu’une « dame » leur était apparue au même endroit que la veille : elle a les mains jointes et semble se promener dans l’espace au-dessus de la grotte. Les parents les grondent et ne veulent rien entendre de leurs « sottises ».

 

Il est probable que c’est pendant ces deux jours que le phénomène de transposition du réel au surnaturel s’est installé dans le cerveau et le subconscient des « voyants ». Ils vont se convaincre mutuellement d’avoir vu la Vierge, préparés mentalement par leurs enseignants qui ne vont pas manquer de leur parler de la fête de l’Immaculée Conception toute proche.

 

Les voyants vivent dans un environnement scolaire de piété, renforcé par l’approche de la Noël et de la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre. Ce dogme, décrété par Pie IX, le 8 décembre 1854, signifie que Marie, mère de Jésus-Christ, fut conçue exempte du péché originel. (Faute d’orgueil du premier homme dans le paradis terrestre qui, pour un chrétien, est effacée par le baptême).

 

Ce culte marial frappa les esprits de l’époque, rappelons que la vision de Lourdes se passa quatre ans après la proclamation de ce dogme, en 1858 et que Bernadette Soubirous, qualifia celle qui lui était apparue d’Immaculée Conception, appellation reprise également par Lucia Dos Santos la voyante de Fatima, ceux de Beauraing la simplifieront dans le vocable de « Vierge Immaculée » qui provient peut-être du vocabulaire utilisé par leurs enseignants.

 

Les visionnaires de Beauraing, se trouvaient vraisemblablement placés dans un contexte favorable au déclenchement du phénomène : les écoles catholiques et plus particulièrement celle que fréquente la petite Gilberte de 13 ans sont très préoccupées d’inculquer le culte marial à leurs élèves, concrétisé d’ailleurs par la représentation de la grotte de Lourdes dans leur propriété.

 

Le 1er décembre, troisième jour des apparitions, Madame Degeimbre et cinq personnes de son entourage accompagnent les enfants pour mettre les choses au clair. Madame Degeimbre s’est munie d’un bâton « à vache » pour casser la « gueule » au mauvais plaisant. La vision apparaît aux enfants partis en avant, non loin de la grille, alors que le groupe n’avait même pas atteint la grotte et l’aubépine qui la surmonte. La dame aurait frôlé le sol pas loin d’eux, souri, joint les mains et ouvert les bras avant de disparaître.

 

Ce jour-là, vers vingt heures, suivant le livre de l’oncle, madame Degeimbre décide de retourner « à la grotte » avec quelques amis et seulement trois des « voyants », les deux « Gilberte » ayant été trop impressionnées. Les adultes vont en avant et recommandent aux enfants de ne pas crier et de dire plutôt une prière qui les protégera.

 

Le groupe approchait de la grille quand soudain les enfants s’écrient « La voilà », ils tombent à genoux et récitent des «ave Maria » (courte prière à la Vierge). Madame Degeimbre se porte en avant pour fouiller les buissons avec sa lampe de poche et son bâton, quand Andrée s’écrie : « Arrête, Maman, tu es dessus ».

 

Les adultes inspectent encore les lieux sans rien trouver et décident d’aviser le Doyen qui les reçoit avec sagesse et bonhomie, mais sceptique, leur recommande de rester discret et que si c’est la Vierge, rien ne leur arrivera de fâcheux.

 

Dès le 2 décembre, les sœurs ferment les grilles de leur établissement le soir et lâchent deux chiens. Cependant les cinq enfants voient « l’apparition » au travers de la grille et tombent simultanément à genoux. Ce sera à partir de ce jour que les voyants se précipiteront ensemble sur les genoux et réciteront des « ave maria » pendant l’apparition.

 

Des témoins crédibles racontent que les enfants tombent simultanément au moment de l’événement, sans se blesser et sans connivence possible surtout quand ils sont séparés et contrôlés par des adultes ayant autorité sur eux. Á peu de choses près, ils semblent bénéficier d’une vision identique.

 

Ce phénomène de comportement collectif (même réduit à cinq personnes) est à rapprocher de celui que l’on constate chez les êtres vivants grégaires, comme les poissons en bancs, les criquets, les moutons… les étourneaux et autres lemmings…

 

Quant à la communication entre des êtres vivants quelle que soit la distance qui les sépare, on peut citer le phénomène du pigeon voyageur qui retrouve le colombier de son couple après avoir parcouru de très grandes distances (Il y a des lâchers de Barcelone à Bruxelles).

 

Les célèbres artistes de music hall, Myr et Myroska, Édouard et Sarah, ont-ils un truc ou n’est-ce tout simplement qu’un phénomène de transmission de pensée ou de vision ? (Ils parviennent à se communiquer des détails aussi difficiles à transmettre que des renseignements précis figurant sur des documents sortis d’un portefeuille…ou inconnus du comparse, mais révélés en pensée par le cerveau du propriétaire interrogé.)

 

Il y a également les « hallucinations collectives » qui se produisent chez les humains lors de manifestations politiques ou religieuses, lorsqu’ils sont placés dans un contexte d’exaltation des masses en « transes ». (manifestations politiques violentes de tous genres au mépris de la mort et des suites catastrophiques ; manifestations idolâtres pour des vedettes ; exaltations religieuses envers des symboles pieux ; débordements de ferveur dans des lieux sacrés comme La Mecque et Rome – j’en fus moi-même acteur et témoin - Voir chapitre sur Rome et Florence : canonisation de Nicolas de Flue.

 

Tout observateur attentif aux comportements de ces groupes doit constater que le cerveau de chaque individu est « télécommandé» extérieurement par les circonstances ou la proximité d’un danger. Ainsi j’ai pu constater à la vision d’un reportage sur le dressage de chien de troupeau que l’important groupe de moutons réagissait simultanément et unanimement aux menaces des chiens. Il semble donc qu’il y ait une inter-communicabilité extérieure qui se manifeste dans ces groupes les faisant agir comme une individualité, comme le ferait un banc de poissons.

 

Chez les humains interviendront aussi la parole et la pensée : ainsi pour Beauraing, ce sera la première fois, le troisième jour, que les enfants interrogeront l’apparition et qu’ils recevront des réponses, approximativement ceci : « Etes-vous la Vierge Immaculée », réponse par un signe de tête affirmatif « Que nous voulez-vous ? » réponse : « d’être bien sage »

 

Les questions ont été posées par le garçon et entendues par tous y compris les réponses fournies par la vision. Il est peut-être intéressant de noter que, dans le premier temps, c’est toujours le garçon qui prend les initiatives. (C’est lui qui est à l’origine de l’événement).

 

Un témoin suggère d’envoyer son garçon de onze ans qui n’a pas assisté aux apparitions en espérant qu’il verrait lui aussi. Ils y retournent tous et la vision réapparaît, mais pas au petit de onze ans. Il est évident qu’il n’avait pas la préparation psychologique des autres.

 

A ce stade-ci de nos constatations, on doit reconnaître qu’il se produit les phénomènes suivants qui posent question :

 

- Les enfants ont simultanément une vision identique de l’apparition et entendent dans presque tous les cas les mêmes paroles. Il y a donc interconnexion extérieure des cerveaux, un « cerveau-maître », au début celui du garçon conduisant les autres.

- L’apparition se déplace, agit en ouvrant les bras, lève les yeux et entretient avec les enfants une conversation logique dans le contexte du moment et de l’état d’esprit religieux des « voyants ».

- Le « cerveau-maître » inconsciemment transmet sa vision et son dialogue aux autres qui vraisemblablement construisent avec lui, intervenant pour apporter des particularités propres à leur personnalité.

 

Le samedi 3 décembre, les parents parvinrent à empêcher les voyants de se rendre « à la grotte », la petite Gilberte étant reconduite à son domicile par une religieuse (il y avait école le samedi à cette époque).

 

Le dimanche 4 décembre, vers 19 heures, les enfants reviennent à la grotte, emmenant avec eux un petit ami paralytique de 9 ans et un aveugle de 30 ans, oncle de Gilberte et Andrée. Albert, toujours lui, demande à la vision de les guérir. La dame sourit et ne répond pas ; Albert continue : « Quel jour faudra-t-il venir ? » réponse : « Le jour de L’Immaculée Conception ». Fernande alors demandera : « Faut-il vous construire une chapelle » à la suite de sa réponse affirmative, la vision disparaît.

 

L’oncle aveugle de Gilberte Voisin prétendra avoir « vu » quelque chose, la description qu’il donne rappelle Notre Dame de Lourdes.

 

Le 5 décembre, poussé par sa mère, Albert demande à la vision qu’elle fasse tous les miracles qu’elle peut en plein jour, pour prouver qui elle est : pas de réponse puis elle disparaît pour revenir plus tard… Je suppose que leur subconscient réaliste recule devant l’énormité de tel événement….

 

Voici la description de la vision rapportée entre guillemets par l’oncle, sans doute rédigée par un adulte sur instructions des enfants ; cette image s’est installée progressivement dans leur petit cerveau à partir du 5 décembre, jour où la vision s’est imposée dans leur subconscient pour se préciser sans doute davantage par la suite :

 

« La dame est blanche et brille comme le soleil, mais d’une lumière qui ne fait pas mal. Des rayons d’or, en nombre infini, entourent la tête d’une teinte indescriptible. Les yeux sont bleus et lumineux, les lèvres rouges, le teint rosé. Un voile blanc couvre le front, encadre le visage, cache le sommet des épaules et retombe derrière les coudes. La robe est droite avec de nombreux plis de haut en bas, et des reflets obliques bleus partent de l’épaule gauche. Les pieds et le bas de la robe sont enveloppés d’un nuage qui festonne le bas du vêtement et sur lequel la vision semble se tenir. Les mains sont jointes et reposent sur la poitrine. La dame est plutôt petite de la taille des enfants ; elle regarde tantôt le ciel, tantôt les enfants à qui parfois elle sourit. »

 

Il est surtout intéressant de rapprocher cette description de celle rapportée par l’oncle et qu’il a entendue avec l’abbé Pestiaux, curé du village voisin, qui l’avait accompagné (Je l'ai bien connu, il était mon confesseur car je ne tenais pas à raconter mes "méfaits" à l'oncle qui, à l'inverse de lui, était un homme jovial, au rire sonore violant les murs). En voici la relation in extenso :

 

« Mardi 6 décembre, je me suis rendu en voiture avec L’abbé Pestiaux, curé de Froidfontaine, nous avons rendu visite à Madame Degeimbre et j’ai eu l’avantage de voir et interroger Gilberte, sa fille cadette (9 ans), Andrée sa sœur aînée était chez son oncle pour faire diversion. Gilberte vient de rentrer de classe : elle est en petites bottes et bonnet de laine. Avec aisance et sans hésitation, Gilberte nous raconte les premières apparitions.

 

« Qu’as-tu vu dans la cour des religieuses ? » « La vierge Immaculée »

« Comment est-elle ? » (Je résume la réponse de l ‘enfant) « Elle est belle – jeune – plutôt petite ( 1m25 à 1m50). Elle est vêtue d’une robe blanche avec des reflets bleus qui obliquent de gauche à droite. La tête est entourée de rayons dorés. Les pieds et le bas de robe sont cachés par une sorte de nuage qui forme des festons. Elle a un voile sur la tête ; il descend derrière les épaules. Les mains sont jointes et s’ouvrent quand la Vierge disparaît »

« Gilberte unit le geste à la parole – « Est-il vrai que l’apparition a promis un miracle le jour de sa fête » « Oh ! la sainte Vierge n’a pas dit ça, nous avons demandé de guérir notre petit camarade Degourdenne et mon oncle (l’aveugle) » ; elle n’a pas répondu et elle a dit « Venez le jour de l’Immaculée Conception ».

 

« Nous avons aussi demandé « Faites tous les miracles que vous pourrez en plein jour (pour qu’on les voie bien) ajouta l’enfant » - elle n’a pas répondu. Puis nous avons dit quand alors, réponse : « Le soir ».

 

« La fillette nous raconte ensuite que les deux premiers jours, ils l’avaient vue au-dessus de la grotte ; le troisième jour du côté du nouveau bâtiment « On aurait dit qu’elle se promenait en nous attendant. »

 

Par la suite, mais bien plus tard, certains voyants ajouteront à la description deux éléments importants : un cœur d’or au milieu de la poitrine et un chapelet pendu au bras qui n’a semble-t-il pas de crucifix, à moins qu’il ne soit caché par les plis de la robe.

 

Si je me suis permis cette relation détaillée des premiers jours, c’est que je tenais à bien transcrire les éléments essentiels que j’ai tirés du récit de l’oncle, que je considère comme absolument véridiques et non tendancieux en raison d’une honnêteté intellectuelle que son entourage ne lui contestera jamais.

 

Comme dans les apparitions de Lourdes et Fatima, vénérées par les Belges chrétiens, la mystérieuse dame confie aux voyants un ou plusieurs secrets.

 

En ce qui concerne les révélations confidentielles faites à Beauraing, les avis divergent notamment dans leur évocation par le site de la ville elle-même et du clergé qui parle de trois voyants qui en auraient bénéficié, alors que l’oncle dans son manuscrit est convaincu qu’ils en sont tous détenteurs.

 

Lui qui a entendu les voyants après les révélations du dernier jour, relate dans son « cahier-registre » que son beau-frère (un autre oncle), Georges Hubert, instituteur de Mesnil-Église (village voisin), a posé quelques questions devant lui aux enfants au sujet de ces fameux secrets.

 

Voici la transcription fidèle du récit de cet interrogatoire rapporté par l’oncle curé :

 

L’instituteur pose alors quelques questions. A Albert : « Ton secret est-il triste ou gai » « Pas triste pour moi mais pour mes parents… ». A Gilberte Voisin, même question, réponse : « Ni triste, ni gai ». A Gilberte Degeimbre, même question, Gilberte reste muette, Monsieur Hubert dit alors à Gilberte Degeimbre : « Si ton secret était le même pour Albert et Gilberte Voisin, serais-tu contente ? » Gilberte sursaute et dit « Oh, oui très contente ». Le curé de Vonêche alors, gêné de cet interrogatoire inquisiteur, l’arrêta.

 

S’entretenant entre eux, les enfants se mirent chacun à compter les mots qui composaient leur secret et en révélèrent le nombre aux quelques personnes présentes, mais aucune ne se souviendra des chiffres et l’oncle qui les avait notés ne les retrouvera plus.

 

Á la lecture de ce qui précède, on constate que tous les enfants ont retenu quelque chose de particulier qui ne devait pas être bien long puisqu’ils en comptaient les mots de mémoire, mais qui les troublait cependant. Il se peut qu’avec l’âge, ils ont réalisé le caractère enfantin et naïf de leur contenu. On ne sait si Jean-Paul II qui a entendu en privé trois des voyants a eu révélation de ces fameux secrets.

 

L’oncle relate aussi que, ce soir-là, Madame Degeimbre aurait dit subitement à sa fille Gilberte : « Quand tu seras couchée, tu me diras ton secret ? » (Elle dormait avec sa mère). La petite se serait redressée et aurait répliqué : « Pas même au Pape »….

 

Questions qu’on peut se poser ? Pourquoi le privilège d’un secret confié à des enfants qui ne peut être révélé « même pas au Pape »… ?

 

Quant aux paroles essentielles de la Vierge de Beauraing, elles sont inspirées de celles que les enfants ont entendues dans leurs écoles pendant cette période intense de culte marial précédent le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception.

 

D’ailleurs, ce jour-là, suivant les témoins, les enfants tombent « en extase » un quart d’heure, la vision leur paraissant plus belle que jamais. Il y avait une foule immense, la nouvelle s’étend répandue qu’un miracle serait peut-être accompli.

 

A cette époque, le culte marial était très fervent et les religieuses n’ont certainement pas manqué de préparer leurs élèves à cette fête importante pour elles en insistant sur certaines phrases propres à cette dévotion.

 

Ces phrases vont se retrouver parmi celles que les enfants ont cru entendre :

Le 2 décembre : « être bien sage » ; le 17, elle demande une chapelle, comme dans les apparitions de Lourdes et Fatima ; le 21, à la question : « Dites-nous qui vous êtes », elle répond : « Je suis la Vierge Immaculée » sans doute «l’ Immaculée Conception » de Lourdes tronqué ; Les phrases des 30 décembre et trois janvier sont typiques de l’enseignement religieux et marial : « Priez beaucoup, priez toujours » ; « Je convertirai les pécheurs » ; « Je suis la Mère de Dieu, la Reine des cieux » ; « Aimez-vous mon fils, m’aimez-vous » ; « Sacrifiez-vous pour moi ».

 

Je reste convaincu que les enfants sont sincères : ils ont vu et entendu ensemble ce qu’ils rapportent, ils n’inventent rien : ils répètent ce que leur subconscient leur dicte. Dans un contexte d’époque, de lieux et de circonstances (des « ave Maria » dans des nuits glacées de décembre repris par une foule de plus en plus dense et fervente), ils se sont trouvés en état de transe avec simultanéité de mouvement, de pensée, de vision dans un bain progressif de foi collective apportée par des croyants fervents de plus en plus nombreux.

 

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08/06/2010

Ch. 25 c - Apollonius de Thiane

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite)que j'ai créé dans le site (e-monsite ) qui permet de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)que j'ai créé dans le site (e-monsite ) qui permet de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

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Ch. 25 c - Apollonius de Thiane

 

{16}  Dans le cadre de mon étude sur les origines des croyances, il est important de signaler aussi le mythe d’Apollonius de Thyane, dit le Nazaréen, dont on a trouvé des relations écrites sur des manuscrits sauvés de l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie. °voir sur Internet – traduction de « Apollonios le Nazaréen par Dr. R.W.Bernard et B.A.,M.A.,Ph.D. (1964) » www.apollonius.net/bernard1f.html °

 

Ces écrits dont l’authenticité n’est cependant pas absolument prouvée parlent d’une « escroquerie dans les annales de l’histoire » perpétrée en l’an 325 (concile de Nicée). Les « pères de l’église » auraient eu comme tâche de créer une nouvelle religion acceptable pour l’empereur Constantin (Caius Flavius Valérius Aurélius Constantinus régna de 306 à 337) qui avait persécuté et massacré les chrétiens et qui devint par opportunisme leur protagoniste le plus loyal. °tiré de ibidem – avec les erreurs de traduction en français°

 

Dieu sait pourtant si une bonne partie de ce nouvel aréopage d’hommes « d’église » avait les mains tachées du sang de ceux qu’ils avaient persécutés sous l’autorité du cruel Constantin qui a été jusqu’à faire massacrer des gens de sa propre maison. °ibidem°

 

« Pour rendre le culte jadis méprisé des Esséniens ou des premiers Chrétiens acceptable à Constantin, empereur de Rome, les Pères de l'Église ont dû enlever de leurs enseignements certaines doctrines qu'ils savaient lui être inacceptables. En tête de liste parmi ceux-ci était la prohibition contre la consommation de viandes et de vins qui étaient une vertu cardinale du Christianisme Essénien. Et voilà la raison pour laquelle les ecclésiastiques du Conseil de Nicée ont trouvé nécessaire d'enlever ces doctrines inacceptables des Évangiles, car ils savaient que Constantin aimait trop les viandes rouges et le vin à volonté de ses divertissements de nuit pour être disposé à accepter une religion qui exigeait de ses adhérents l'abstinence complète de ces indulgences, comme le faisait le Christianisme Essénien. Pour accomplir ceci, certains "correcteurs" ont été nommés et ils eurent la tâche de récrire les Évangiles, omettant tout ce qui concernait le végétarisme et l'abstinence d'alcool. Les Pères de l'Église avaient de plus une autre raison pour faire ceci, puisqu'ils n'avaient aucunement le désir d'intégrer un changement aussi radical dans leurs propres habitudes. » °reproduction intégrale de ibidem°

« Le premier acte des Pères de l'Église, après qu'ils eurent créé leur nouvelle religion et son messie qui n'existèrent pas précédemment, fut de brûler tous les livres qu'ils pouvaient trouver, d'autant plus ceux écrits durant les premiers siècles qui ne faisaient aucune mention de Jésus et qui faisaient référence à Apollonios comme directeur spirituel du premier siècle, réalisant que ces livres, sinon détruits, constituaient une sérieuse menace à la survie de leur supercherie. Ce fut pour cette raison que les ecclésiastiques prirent tant de peine à brûler les anciennes bibliothèques, y compris la célèbre Bibliothèque d'Alexandrie avec ses 400.000 volumes, brûlée à ras par un édit de Théodose, quand une bande de chrétiens détruisit le Serapéum où les sceaux et manuscrits étaient conservés. » °ibidem°

« Toutefois, les ecclésiastiques ont manqué à leur but puisque les bibliothécaires prévirent, avant l'incendie, de sortir secrètement de la Bibliothèque d'Alexandrie les volumes les plus précieux qu'ils portèrent vers l'Est pour en prévenir la destruction. » °ibidem°

« Parmi les travaux qui furent ainsi sauvés des flammes de la Bibliothèque d'Alexandrie, celui qui a créé la discussion la plus répandue et de longue haleine fut La Vie d'Apollonios de Tyane, écrite par Flavius Philostrate au début du troisième siècle, comme si, par un destin ironique, ce livre - lequel de tous les livres brûlés dans la Bibliothèque d'Alexandrie était un des plus dangereux -- a été conservé à travers les siècles, résistant à toutes les tentatives de le détruire. La raison pour laquelle ce livre a été tant redouté par les ecclésiastiques était qu’il présentait Apollonios de Tyane comme l'enseignant mondial acclamé du premier siècle, révéré d'un coin de l'Empire romain à l'autre par tous, de l'esclave à l'empereur lui-même. » °ibidem°

« . …Avant sa naissance, la venue d'Apollonios a été précédée par une Annonciation, sa venue ayant été annoncée à sa mère par un Archange. Il est né de la même manière mystérieuse en la même année que Jésus est supposé être né (l'an 4 avant J.-C.). Comme ce dernier, dans son enfance, il afficha une précocité prodigieuse en matières religieuses ; ensuite, il eut une période de préparation ; puis, vint une période d'activité publique et positive ; plus tard, une passion ; aussi, une sorte de résurrection; et enfin, une ascension. » °ibidem°

« Les messagers d'Apollon ont chanté à sa naissance comme les anges à celle de Jésus. Pourtant toujours engagé à faire le bien, il fut aussi exposé aux attaques de ses ennemis. De la même manière, il alla d'une place à l'autre oeuvrant pour la réforme, étant accompagné par ses disciples favoris, parmi lesquels le mécontentement, le découragement et la traîtrise firent également leur apparition. Et quand le danger était présent, malgré les conseils prudents de ses amis, et l'abandon de ses disciples, il se rendit à Rome où Domitien, le cruel empereur, cherchait à le tuer, comme Jésus qui alla à Jérusalem et à une mort certaine. » °ibidem°

« …Son apparition miraculeuse à ses amis Damis et Démétrios, qui pensaient en premier lieu voir un esprit, nous rappelle, de la manière que cela a été raconté, la résurrection de Jésus après sa mort »  °ibidem°

« Dans les Épîtres de St Paul, qui, dans leur version originale, furent sans doute écrites par Apollonios, Damis est rapporté comme "Demas," un compagnon de l'apôtre (Paul, ou Pol, représentant Apollonios, qui apparaît aussi dans les Épîtres comme "Apollos," de qui on dit avoir prêché une doctrine similaire et cela, d'une manière semblable à celle de Paul).

{17} Voir en ce qui concerne Demas et Apollos , dans la TOB (Traduction œcuménique de la Bible), les épîtres de St Paul : Colossiens, Ch. 4 verset 14 « Vous avez les salutations de Luc, notre ami le médecin et de Demas » ; II Philémon, verset 24 « Ainsi que Marc, Aristarque, Démas et Luc » I Corinthiens, Ch. 3 versets 4 « Quand l’un déclare : moi j’appartiens à Paul, l’autre : moi à Apollos, n’agissez-vous pas de manière toute humaine » ; I Corinthiens, Ch. 4 verset 6 « c’est à cause de vous, frères, que j’ai présenté cela sous une autre forme, en l’appliquant à Apollos et à moi-même…. » ; Tite, Ch. 3 verset 13 « veille avec zèle au voyage de Zénas le juriste et d’Apollos, afin qu’il ne manque de rien »  ° tiré de ibidem°

{18} Maintenant, qui a « copié sur l’autre » ? Cela risque de rester un mystère ! Cependant en faveur de la thèse « Apollonios », il faut reconnaître que si on s’en réfère aux « preuves » historiques reconnues, elles bénéficient du témoignage écrit de Philostrate qui relata la vie de ce contemporain ou de ce « clone » de Jésus, bien avant le concile de Nicée (325) ; si l’on admet l'étude de Bernard (entre autres) qui situe la naissance du Christianisme à la date de ce concile.

La biographie d'Apollonius de Tyane fut commandée à Philostrate par Julie Domna, (dont une statue se trouve au Louvre) mère de Caracalla, impératrice de Rome sous le règne de Septime Sévère, en 1'an 216 après J.-C., soit plus de cent ans après la mort du sage. Philostrate est un homme de lettres qui vécut de 175 à 245 après J.-C. Il est 1'auteur de la seule biographie d'Apollonius, qui fut écrite en grec. Cet ouvrage est fondé d'une part, sur des récits obtenus dans les villes ou Apollonius a vécu, et d'autre part, sur des notes de Damis, un disciple d'Apollonius qui 1'accompagna au cours de plusieurs de ses voyages. °voir sur la toile : Apollonios de Tyane : le singe du Christ ? par Robertino Solarion° Julie Domna aurait aussi remis à Philostrate des lettres d'Apollonius de Tyane que 1'Empereur Hadrien possédait. °ibidem°

 

{19} En conclusion, toutes les religions et croyances du monde sont la résultante d’une quête permanente de réponse de l’homme à la question qu’il se pose de connaître la raison de son existence depuis qu’il a pris conscience de sa pensée, le plaçant devant les angoissantes questions sur le pourquoi de phénomènes naturels qui dépassent son entendement et sur les raisons de sa mort qu’il espère accompagnée d’une survie au delà de sa fin physique.

 

Les « penseurs » et les « prêtres », c’est-à-dire ceux qui avaient mieux développé que les autres le mécanisme cérébral du questionnement, cherchèrent des réponses en s’appuyant sur le savoir des générations précédentes, transmis oralement d’abord entre initiés, et par l’écriture ensuite.

 

Il est incontestable que le Coran a pris ses sources dans la Bible des Juifs et des Chrétiens et que la Bible a pris les siennes dans l’Egypte des pharaons et dans les religions assyriennes, babyloniennes et autres moyenne-orientales.

 

Aucun écrit n’existe, ni traces historiques prouvant les faits de la Bible jusque et y compris l’époque de Moïse et du prétendu exode des juifs fuyant l’Egypte pharaonique.

 

On peut supposer que les « scribes » et les « penseurs-prêtres » de l’époque qui a suivi, ont construit toute l’histoire de leur peuple et la base de leur croyance, peut-être en toute bonne foi, à partir de ce qu’ils connaissaient par tradition orale, elle-même le produit d’un brassage de faits et de croyances véhiculés vers ce creuset des civilisations.

 

Il est vraisemblable finalement que toutes nos croyances sont la résultante du même processus historique de reconstitution de faits antérieurs incomplètement transmis à une période donnée, déformés ou contradictoires, que des pouvoirs politiques ou religieux voulurent imposer en les aménageant à leur profit.

 

Sans doute en fut-il ainsi pour la bible des juifs, les évangiles et peut-être les épîtres des chrétiens, le coran des islamistes, les écrits transmis des bouddhistes, hindouistes et autres pratiquants des grandes religions du monde.

 

Cette démarche de foi, tellement humaine, résulte de la nécessité que nous ressentons de trouver une justification à notre difficile cheminement dans l’existence, qui serait subordonné aux mérites de notre vie terrestre, dépendant de l’acceptation d’une morale imposée, dans l’espoir d’un prolongement-récompense dans « l’au-delà ».

 

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04/06/2010

Ch. 25 b - L'origine des croyances. (suite)

&

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

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et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite)que j'ai créé dans le site (e-monsite ) qui permet de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)que j'ai créé dans le site (e-monsite ) qui permet de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

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Ch. 25 b - L'origine des croyances.

 

L’être humain a besoin de religion comme de nourriture pour donner une raison au mystère de son existence et l’espoir d’une vie meilleure après sa mort.

 

Dès que son intelligence lui a permis de raisonner, il a trouvé dans son environnement des « divinités » qui s’imposaient à lui comme puissantes, inexplicables, capables de lui apporter bonheur et malheur, deux notions qu’il a créées, traduites dans ses cris et installées dans sa pensée naissante.

 

{12} C’est ainsi qu’il « adora » le soleil qui lui donnait sa chaleur et sa joie mais disparaissait avec la nuit, la pluie et l’orage qui incendiait. Il en fit celui qui le protégeait de tout ça, quand il revenait l’envelopper de sa lumière et de ses chauds rayons, un peu comme dans le giron maternel.

 

Ce fut la divinité fondamentale, celle qui lui apportait le bonheur par sa présence et le malheur dans son absence.

 

Avec le développement de son intelligence, il se regroupa en population avec des chefs, des conducteurs, des prêtres qui organisèrent son environnement en inventant les jours et les nuits, basés sur les levers et les couchers de ce dieu bienfaisant, ainsi que plus tard, l’année qui correspondait à la période de temps qu’il lui fallait pour se retrouver à la même place dans le ciel, en face de la même étoile (c’est l’année sidérale soit exactement 365 jours 6 heures 9 minutes et 9 secondes et demi). ° source : encyclopédia universalis – calendrier °

 

Il avait aussi constaté que sa clepsydre (sablier) marquait la même durée de temps entre le jour et la nuit deux fois dans l’année aux équinoxes de printemps et d’automne. L’aventure des nombres et du calcul permit par la suite de mesurer et codifier le temps de la manière dont nous le faisons maintenant.

 

Le soleil fut donc depuis toujours celui qui était le mystère, le bienfaisant, celui qui voyageait dans le ciel, qui faisait le jour et la nuit, qui venait après la pluie, qui apportait la chaleur et le bien-être…aussi l’adoraient-ils…le craignaient-ils en se réfugiant dans son ombre quand il brûlait trop fort. (Voir à ce sujet et pour les paragraphes suivants les intéressantes études de Acharia S. sur Internet).

 

Le soleil est la lumière du monde, il vient sur des nuages, il apparaît lentement le matin pour le bonheur du jour, il marche sur les eaux…il arrête son mouvement pendant trois jours aux environs du 22 décembre (faut-il y trouver une relation avec la mise au tombeau et la résurrection de Jésus-Christ, lui aussi après trois jours ?) pour renaître à une date qu’on peut situer au 25 décembre de notre ère, qui est celle de la naissance de Jésus et de la plupart des divinités anciennes (Bouddha, Dionysos, Bacchus, Horus, Osiris, Krishna, Mithra, Attis de Phrygie etc.). °sources – S. Acharia - déjà citées°

 

Les anciens croyaient que le soleil tournait autour de la terre et leur crainte était grande de le voir continuer sa course vers le sud pour disparaître à jamais, aussi c’est avec joie qu’ ils célébraient son retour vers le nord à l’équinoxe d’hiver (le 25 décembre). °ibidem° (rappelons que pour eux la terre était plate)

 

{13} J’ai été intrigué et interpellé par le mithraïsme (culte du dieu Mithra) en vogue dans l’empire romain des premiers siècles : pendant le deuxième siècle de notre ère, le mithraïsme s’est implanté profondément à Rome et en Italie, surtout dans les garnisons militaires, en Afrique, en Bretagne et en Gaule, sur les bords du Rhin, du Danube et de l’Euphrate. Le mithraïsme concurrença dans l’armée et l’administration le christianisme naissant. Il faillit devenir la religion officielle de l’Empire lorsqu’Aurélien voulut réunifier la conscience religieuse du monde romain sous un dieu solaire. (sources : encyclopédia universalis – Mithraïsme).

 

Le célèbre Ernest Renan (1823-1892) - pour autant qu’on veuille bien le prendre au sérieux - dans son histoire des origines du christianisme ne dit-il pas « si le christianisme eût été arrêté dans sa croissance par quelque maladie mortelle, le monde eût été mithriaste » !

 

{14} A l’appui des hypothèses sur l’origine mythique de nos croyances, je reproduis ci-après l’essentiel des informations que j’ai puisées dans l’étude de S. Acharya ainsi que chez d’autres auteurs : elle a cherché à établir des parallélismes avec l’histoire de Jésus-Christ dans son excellent travail intitulé : « Les origines du christianisme et la recherche du Jésus-Christ historique.».

 

L’histoire de Mithra précède la fable chrétienne d’au moins six cents ans. (D’après Wheless, le culte de Mithra était, peu avant l’ère chrétienne, la plus populaire et la plus répandue des religions « païennes » de l’époque.) °cité par S. Acharia dans son paragraphe sur Mithra°

 

Mithra a en commun avec le Christ les caractéristiques suivantes : né d’une vierge le 25 décembre (ou trois jours après l’équinoxe d’hiver) – considéré comme un grand professeur et un maître itinérant – appelé le « Bon Berger », considéré comme la voie, la vérité, la lumière, le Rédempteur, le Sauveur, le Messie – identifié au lion et à l’agneau – son jour sacré était le dimanche, « jour du Seigneur » - sa fête principale à la date qui allait devenir Pâques, correspondait à sa résurrection – il avait 12 compagnons, faisait des miracles – il fut enterré dans un tombeau et après trois jours s’est relevé – sa religion comportait une « eucharistie » ou « dîner du Seigneur ». ° ibidem°

 

D’autre part, il est vraisemblable que cette croyance prit ses sources dans les légendes qui couraient au sujet de Horus, dieu égyptien, datant de plus ou moins 2.500 ans avant Jésus-Christ qui racontent de lui qu’il serait né de la vierge Isi-Méri le 25 décembre dans une grotte et une mangeoire (crèche) – sa naissance aurait été annoncée par une étoile à l’est et attendue par trois hommes sages – il enseignait au temple à des enfants et aurait été baptisé à trente ans – il a eu douze disciples – il effectua des miracles et il éleva un homme « El-Azar-us » d’entre les morts (dans l’évangile de Jean qui relate l’histoire, on n’aurait même pas changé le nom Lazare : El-Azar en hébreu) – il marcha sur l’eau – il fut transfiguré sur la montagne – il a été enterré dans un tombeau et a été ressuscité – il a aussi été la Voie, la Vérité, la Lumière, le Messie, le fils oint de Dieu, le Fils de l’homme, le Bon berger, l’Agneau de Dieu, le mot, etc.. – il était « le Pêcheur » et était associé à l’Agneau, au Lion, au poisson – son épithète personnel était « Iusa » le « fils éternel » de Pt

 

Bouddha aussi qui vécut peut-être vers 500 avant Jésus-Christ est vraisemblablement une compilation des hommes-dieux, des légendes et paroles des divers hommes saints de l’époque attribuée à Bouddha.

 

Il serait né de la Vierge Maya qui était considérée comme la « Reine du Ciel » - serait de naissance royale, exécutait miracles et merveilles, guérissait les malades – aurait nourri 500 hommes à partir d’un petit panier de gâteaux – aurait marché sur les eaux et écrasé la tête d’un serpent - aurait supprimé l’idolâtrie, serait semeur de mots prêchant l’établissement d’un royaume de justice – aurait été transfiguré sur une montagne – Sakya Buddha aurait été crucifié, souffert pendant trois jours en enfer puis ressuscité pour monter au « Nirvana » (ciel) – était considéré comme le « Bon berger », le « charpentier », « l’infini et éternel » et appelé « le Sauveur du Monde » et la « lumière du Monde ». °ibidem°

 

Krishna - les similitudes entre le personnage chrétien Jésus et le messie indien sont nombreuses. En effet Gérald Massey (1828-1907) °voir Massey Graves Krishna sur la toile° trouve plus de cent similarités entre les deux et Kersey Graves (1813-1883), qui inclut les divers évangiles non-canoniques dans son analyse, en liste plus de trois cents. Il est aussi intéressant de remarquer qu’une ancienne écriture usuelle de Krishna en anglais était « Christna ».

 

Notez la ressemblance linguistique des mots "Krishna" et "Chistian" (Chrétien). Dans la linguistique, le K et CH sont souvent les équivalents comme sons de consonnes, et dans la plupart des cas, les voyelles ne sont pas comptées dans la linguistique comparative - puisque si les voyelles étaient considérées dans l'évolution des mots, alors, pour fournir un exemple simple, les Texans modernes parleraient une langue différente des New-Yorkais modernes. Donc, quand ces deux mots sont analysés linguistiquement, les deux ont la séquence de consonnes KRS(T)N, indiquant une source culturelle commune. » °voir sur Internet « Apollonios le Nazaréen par Dr. R.W.Bernard et B.A.,M.A.,Ph.D. (1964) » °sources :www.apollonius.net/bernard1f.html °

 

Krishna serait né de la vierge Devaki (« La Divine ») – son père était charpentier – sa naissance était attendue par des anges, des hommes sages et des bergers et il se présenta avec de l’or, de l’encens et de la myrrhe – il fut persécuté par un tyran qui ordonna le meurtre de milliers d’enfants en bas-âge – de naissance royale, il fut baptisé dans le Gange – effectua des miracles et merveilles – ressuscitait les morts et guérissait les lépreux, les sourds et les aveugles – Krishna utilisait les paraboles pour enseigner au peuple la charité et l’amour – « il vécut pauvre et aima les pauvres » - il fut transfiguré devant ses disciples – suivant certaines traditions, il mourut sur un arbre et fut crucifié entre deux voleurs – il ressuscita d’entre les morts et monta au ciel - il est appelé « le Dieu-Berger » et le « Seigneur des Seigneurs », considéré comme « le rédempteur » - Il est la seconde personne de la trinité et s’est proclamé lui-même la « résurrection » et la « voie vers le Père » - il est considéré comme « le Début, le milieu et la fin » (alpha et oméga), un être omniscient, omniprésent et omnipotent – ses disciples lui donnèrent le titre de « Jézeus » ce qui signifie « pure essence » - Krishna doit revenir se battre avec le « Prince du Mal » qui désolera la Terre. °voir étude de Acharia S. déjà citée°

 

Question qui vient naturellement à l’esprit : comment le judaïsme et le christianisme et même l’islam ont-ils pu être inspirés ou influencés par des mythes aussi lointains ? A part la passe de Khaibar (ou Khyber) entre l’Afghanistan et le Pakistan (passage d’une cinquantaine de kilomètres, point culminant 1067 mètres, utilisé en 330 av. J-C par Alexandre le Grand pour atteindre l’Inde), l’inaccessibilité des chaînes montagneuses de l’Himalaya ainsi que la rigueur du climat de la Sibérie et son immensité, n’autorisaient que difficilement un contact avec les civilisations de l’Asie (Indes, Chine et Japon).

 

La réponse pourrait être celle-ci : si, d’une part, le berceau de nos civilisations et de ces trois religions est le même (Israël pour le judaïsme et le christianisme et son voisin l’Arabie pour l’islam), d’autre part, suivant S. Acharia °auteur et ouvrage déjà cités – voir le premier paragraphe de la rubrique sous-titrée : Les Personnages°:

 

{15} « …à l’époque où ce personnage (Jésus-Christ) a censément vécu, il y avait une vaste bibliothèque à Alexandrie (qui fut brûlée en 389, 64 ans après le concile de Nicée, par ordre de l’empereur Théodose, vraisemblablement pour faire disparaître des écrits qui nuiraient aux nouvelles croyances.) et un réseau incroyablement souple de confréries qui s’étendait de l’Europe à la Chine ; ce réseau d’informations a eu accès à de nombreux manuscrits qui racontaient le même récit que celui du Nouveau Testament, avec des noms de lieu et d’appartenance ethnique différents… »

 

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01/06/2010

Ch. 25 a - A la recherche de l'origine des croyances

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite)que j'ai créé dans le site (e-monsite ) qui permet de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 25 a - Richesse et pouvoir du milieu.

 

A ce stade de mon cheminement dans ce livre, je me sens forcé de livrer à celui qui me suit toujours le détail de l’aventure intellectuelle de recherche que j’ai entreprise en tentant, à la lumière des connaissances actuelles, de trouver la source de nos croyances et leur logique dans un débat qui se veut rationnel.

 

Pour bien se situer, rappelons d’abord la synthèse des définitions philosophiques de la conscience que nous nous sommes permis d’établir en commençant le chapitre précédent :

 

La conscience est la connaissance intuitive ou réflexive que nous avons de nous-même et de l’environnement extérieur qui nous permet de juger de notre existence et d’affirmer notre individualité.

 

Cette définition en appelle une autre, morale celle-là, que les dictionnaires ne manquent pas de souligner :

 

- sentiment par lequel l’être humain juge de la  moralité  de ses actions. (Hachette).

- Faculté qui pousse à porter un jugement de valeur sur ses propres actes. ( Larousse).

- Témoignage ou jugement secret de l’âme, qui donne l’approbation aux actions bonnes et qui fait reproche des mauvaises ; ou, autrement, mode d’émotion de l’ensemble des instincts bienveillants et désintéressés, ensemble qui porte aussi le nom de sens moral. (Littré).

- Connaissance intuitive par l’être humain de ce qui est bien et mal, et qui le pousse à porter des jugements de valeur morale sur ses propres actes ; personnalité humaine sur le plan de cette connaissance morale (Robert)

 

Les dictionnaires évoquent le « sens moral » et « la morale » qu’il serait bon aussi de bien définir ou cerner.

 

Pour Hachette, le « sens moral » sera la faculté de discerner le bien du mal en conformité avec les règles de la conduite sociale ou avec ce qui est tenu pour bon ou édifiant, quant à « la morale » ce sera l’ensemble des principes de jugement de conduite qui s’imposent à la conscience individuelle ou collective comme fondé sur les impératifs du bien ; de même que cet ensemble érigé en doctrine.

 

Quant à Littré, « la morale » est l’ensemble des règles qui doivent diriger l’activité libre de l’homme : d’une part démontrer que l’homme a des devoirs, des obligations et d’autre part les répandre.

 

Enfin pour Robert, le « sens moral » c’est la vie conforme aux préceptes de « la morale », qui est l’ensemble des règles de conduites considérées comme valables de façon absolue.

 

Notre civilisation occidentale est pénétrée de « la morale » chrétienne. Que nous le voulions ou non, notre monde moderne porte ses jugements de valeur en fonction de l’idéologie chrétienne basée sur l’altruisme actif qui devient un devoir.

 

Cependant, ce devoir des occidentaux les conduira à créer les missions chrétiennes d’évangélisation avec, dans le passé, les effets pervers des persécutions religieuses, de l’inquisition et de l’oppression dictatoriale des potentats qui se prétendaient les défenseurs de doctrines qui assuraient par ailleurs leur hégémonie.

 

En dehors de la liberté et de l’égalité, la fraternité ou la solidarité que les chrétiens appellent l’amour des autres, est un des grands principes inscrits en lettres de feu dans la charte des droits de l’homme, fruit de la révolution française de 1789 et davantage précisé et confirmé dans la déclaration universelle des Droits de l’Homme, approuvée par l’assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948, ainsi que dans la Convention européenne des Droits de l’Homme du 4 novembre 1950, entrée en vigueur le 3 septembre 1953.

 

Léon XIII par son encyclique « Rerum novarum », publiée en 1891, proclama le droit des travailleurs, en recommandant aux états d’édicter des lois les protégeant, à contre-courant d’un libéralisme économique en vogue à l’époque qui prônait la « libre entreprise ».

 

Ce pape « social » s’efforçait ainsi de couper l’herbe sous le pied du socialisme-communisme de l’époque qui trouvait sa clientèle électorale dans des milieux déshérités de plus en plus exploités par les profiteurs du capitalisme industriel.


Ce pape « éclairé » affirmait cependant que la propriété privée restait un fondement et un droit naturel de l’homme. Il s’élevait contre « la misère imméritée des travailleurs » et affirmait le droit de l’Eglise et de l’Etat à intervenir pour imposer la justice sociale.

 

{3} Le monde protestant, réformateur de l’église catholique romaine, divisé en ses multiples interprétations du message évangélique, fut évidemment incapable d’intervenir avec l’autorité d’une seule voix dans ce combat politico-social qui caractérisa le siècle dernier.

 

A ce stade-ci de mon étude, je me suis penché longuement sur ces courants religieux qui ont bouleversé douloureusement et fondamentalement depuis près de cinq cents ans l’histoire du monde occidental.

 

{4} L’impérialisme religieux marqua ces époques d’une l’empreinte cruelle d’intolérance et de persécution, provoquant des migrations massives de population vers des cieux plus accueillants. (L’édit de Nantes provoqua l’exode sous Louis XIV de plus de deux cent mille protestants).

 

{5} Le monde musulman quant à lui, en perte de vitesse par rapport à ces courants, restera marqué par un archaïsme qu’entretinrent leurs « puissants » des différentes époques.

 

Pour autant qu’on accepte le fait historique, Mahomet s’érigea en prophète du Dieu unique proclamé dans le Coran comme l’Unique annoncé par Abraham, Moïse et Jésus et promut l’expansionnisme musulman qui se répandit dans le bassin méditerranéen et une partie de l’Asie.

 

Ces religions plongèrent leurs racines dans le riche terreau biblique du judaïsme et s’inspirèrent de sa morale humaniste (au sens philosophique).

 

Ces trois croyances ont en commun un même messager : l’ange (ou l’archange) Gabriel (de l’hébreu : homme de Dieu). C’est lui qui explique aux juifs le sens des visions de Daniel (Livre de Daniel ch. 8.16) ; aux chrétiens, il annonce la mission de Jean-Baptiste à Zacharie (évangile de Luc ch.1.11) la naissance de Jésus à Marie (ibidem ch.1.26), et aux bergers (ibidem ch. 2.8) quant aux musulmans, c’est lui qui transmettra à Mahomet la parole de Dieu (Allah), dans la caverne d’Hira, sur le mont Hour (Le Coran II 97-98).

 

{6} Les autres philosophies ou pratiques religieuses du reste du monde (Hindouisme, Bouddhisme, Shintoïsme, Confucianisme…) prônent en général l’altruisme passif dans lequel le sentiment de solidarité s’arrête au respect et à la considération de l’autre, cette action étant essentielle à l’élévation personnelle.

 

Aucun prosélytisme pour eux. Il n’est donc pas question « d’aller enseigner les nations en les baptisant au nom du Père, du Fils et de l’Esprit » comme l’enseignent saint Paul et les Evangélistes, ni d’aller aux extrêmes comme l’extermination des infidèles que certains croyants musulmans dont le terroriste Ben Laden pensent trouver dans les sourates du Coran.

 

Qu’on le veuille ou non, les valeurs chrétiennes sont la base des principes que le monde de demain se prépare à ériger en charte fondamentale de sa moralité essentielle.

 

{7} Ces valeurs sont d’ailleurs les branches d’un arbre qui se sont nourries de la sève de la bible comme l’a également fait Mahomet et ceux qui ont écrit le Coran au septième siècle.

 

Il ne faut pas oublier qu’à l’origine, le coran fut écrit pour donner aux orientaux du bassin méditerranéen une réponse à leur besoin de divinité que ne leur apportaient pas les juifs et les chrétiens qu’ils fréquentaient.

 

Les juifs étaient renfermés sur eux-mêmes et trop exclusifs pour attirer les bédouins des déserts du Moyen-Orient et les chrétiens étaient trop enfoncés dans leurs débats théologiques « byzantins » sur la trinité pour offrir une réponse valable aux tribus nomades des déserts d’Arabie.

 

Il est intéressant de situer historiquement l’époque qui suscita Mahomet et le Coran par le rappel de quelques dates historiques qui se trouvent aux alentours des événements supposés selon la tradition islamique de la naissance (570) et de la mort du prophète (632).

 

Les Mérovingiens s’étaient partagé la Gaule : l’Austrasie (l’est de la France, la Belgique et les régions rhénanes), la Burgonde (la Bourgogne et l’Orléanais au centre de la France) et la Neustrie (nord-ouest de la France sans la Bretagne). Dagobert 1er (descendant de Clovis, juste avant l’époque des « rois fainéants » et des « maires du palais ») régna sur la Neustrie de 628 à 639 et entretint de bonnes relations avec Byzance et l’orient.

 

Les empereurs de Byzance (ex empire romain d’Orient) furent Maurice (582-602), Phocas (602-610), et Héraclius (610-641). Celui-ci combattit Kosroès II, roi des Perses qui, à l’apogée de sa puissance, avait pris Antioche en 610 et Jérusalem en 614 (Héraclius ramènera la Sainte Croix en la portant sur ses épaules jusqu’à l’église du Saint Sépulcre de Jérusalem). Les papes de ces époques étaient Boniface V (619-625) et Honorius I (615-638), ce dernier s’efforcera d’apaiser les tensions existantes dans les écoles théologiques byzantines (recherche d’un compromis entre orthodoxes et monophysites qui rejettent la nature humaine du Christ)

 

Comme Jésus et les apôtres tombèrent à point nommé dans le contexte décadent d’un empire romain usé, insatisfait de son polythéisme peu rassurant, Mahomet se pointa lui aussi au bon moment - à une époque d’un long déclin de la pensée occidentale - en plein désert dans la halte caravanière de La Mecque, lieu de rencontres des tribus bédouines depuis l’antiquité et lieu de pèlerinage polythéiste, où se développait lentement un courant monothéiste que rapportaient les caravaniers qui s’y arrêtaient et qui était vraisemblablement alimenté par les voyageurs juifs et chrétiens qui passaient et même s’installaient dans ces lieux de prière.

 

La tradition musulmane rapporte que Mahomet, orphelin de naissance, fut recueilli et élevé par un oncle qui en fit un berger puis un caravanier jusqu’à ce qu’il entrât au service de Khadîdja, une veuve riche, quinze ans plus âgée que lui, organisatrice de caravanes marchandes qu’il épousera (il avait 25 ans) et dont il aura sept enfants : trois fils, morts en bas âge et quatre filles dont la plus jeune, Fatima, assurera la descendance reconnue du prophète en épousant Ali, un cousin de celui-ci.

 

Au temps où il était l’employé de sa future épouse, Mahomet avait mission de voyager pour elle dans différentes régions de l’Arabie. C’est dans ce creuset de pensée véhiculée par le nomadisme qu’il prit conscience de la vérité d’un Dieu unique, créateur de toutes choses, omnipotent et omniscient : il se retira dans la grotte Hira du mont Hour pour y réfléchir et méditer.

 

Dans cette retraite, il eut d’abord des songes qui devinrent bien vite des visions dans lesquelles l’archange Gabriel lui apparaissait et lui révélait la « parole de Dieu » avec mission de la transmettre aux hommes.

 

Ces révélations très altruistes et égalitaires ne plurent pas aux riches de sa région qui ne tenaient pas à perdre des privilèges leur assurant confort et fortune, aussi Mahomet fut-il persécuté, ce qui le força à se réfugier en 622 (qui deviendra l’an un de l’hégire ou l’ère musulmane) avec ses disciples à Yatrib, rebaptisée plus tard Médine (la ville du prophète).

 

Pendant les dix années qui précédèrent l’hégire, fut transmise oralement à Mahomet la parole d’Allah qui ne fut que très partiellement écrite.

 

Prophétique et « incréée » (non créée par les hommes), aux dires des successeurs du « messager », elle fut une fois pour toutes « gravée dans le bronze » et imposée par Uthman (644 à 656), troisième calife (titre des dirigeants spirituels et temporels de l’Islam à partir de 632) qui chargea des sages d’écrire les cent quatorze chapitres (sourates) du Coran en les subdivisant en versets (ayats), « s’inspirant librement » de la tradition orale et écrite véhiculée alors, tout en s’empressant d’en faire détruire toutes traces précédentes afin d’éviter les contestations.

 

Suivant les études les plus sérieuses, les écrits du Coran actuel suivraient toujours mot pour mot et lettre ces « copies » d’Uthman, nommée « al-rasm al-uthmani » et il en existerait encore une copie à Istanbul et une autre à Tachkent.

 

Quant aux traces historiques des faits, suivant Universalis (Maxime Rodinsin), il apparaît que les biographies les plus anciennes du prophète dateraient du début du IX siècle, soit deux siècles après les événements et proviendraient de diverses sources écrites ou orales dont nous n’avons aucune garantie en ce qui concerne la fidélité de leur transmission.

 

En me référant aux commentaires du texte rédigé par Denise Masson dans sa traduction du Coran, édition 1980, j’apprends que vraisemblablement Mahomet ne savait pas écrire et qu’il se contentait de répéter les paroles entendues, les premiers croyants les recueillant de sa bouche et les mémorisant ou les notant avec une sorte de « steno », aide-mémoire personnel, qu’ils étaient les seuls à pouvoir déchiffrer et qui fut longtemps en usage par les récitants pour se rappeler leur contenu.

 

D’autre part, Denise Masson, définit trois étapes préparant sa rédaction définitive : 1. La récitation de mémoire 2. La fixation par écrit des textes, sur des matériaux de fortune (omoplate de chameaux, cuir etc.) 3. La réunion en un recueil des éléments épars au temps du calife Uthman.

 

Aucune certitude absolue quant à l’origine et aux auteurs de ces écrits dans ces conditions, comme pour la Bible (du moins dans sa plus importante partie) et les évangiles qui furent écrits 40 à 70 ans après les faits, ce qui est contesté par la plupart des historiens qui situent la transcription « améliorée » de la plupart des textes du nouveau testament beaucoup plus tard, au quatrième siècle.

 

Il est intéressant de souligner l’influence du « Livre » sur l’Islam en signalant que les prophètes repris dans le Coran proviennent en majorité de l'Ancien et du Nouveau Testament : Adam, Hénoch, Noé, Abraham, Loth, Ismaël, Isaac, Jacob, Joseph, Job, Moïse, Aaron, Ézéchiel, David, Salomon, Élie, Élisée, Jonas (Ancien Testament) Zacharie, Jean-Baptiste, Jésus (Nouveau Testament), Hûd, Sâlith, Jethro et Mahomet (Coran).

 

{8} D’autre part, il est significatif de relever la place importante qu’occupent Zacharie, Jean-Baptiste, Jésus et Marie, principaux acteurs des évangiles dans le texte coranique qui en parle abondamment et avec précisions de détail à la sourate III : Zacharie est le père de Jean-Baptiste qui baptisa Jésus au Jourdain, son épouse s’appelait Élisabeth, une cousine de Marie, mère de Jésus. Il avait 90 ans et son épouse était stérile, mais l’ange Gabriel lui annonça qu’ils auraient un enfant auquel ils devraient donner le nom de Jean, inconnu en ce temps là. Le coran raconte qu’il s’occupait de Marie et, lors de ses visites, la trouvait avec une grande quantité de nourriture envoyée par le Très-Haut - Le Coran parle aussi du père de Marie, Imran, (Joachim dans l’évangile de Jacques non reconnu par l’Église) et de Anne, la mère de Marie, alors que les quatre évangiles n’en parleront jamais. Pour le coran, ce seront des anges qui annonceront à Marie qu’elle serait la mère de Jésus, sans spécifier l’ange Gabriel.

 

En ce qui concerne l’Église catholique, il semblerait que ce serait Eusèbe de Césarée (265 à 340), évêque de Césarée, panégyriste de l’empereur romain Constantin, converti au christianisme qui, aidé de copistes, l’aurait fondée en écrivant la première « histoire de l’Eglise » et aurait même « inventé » la liste des premiers évêques de Rome, considérés par la suite comme premiers papes.

 

Peut-on admettre, dès lors, que les faits se soient passés et que les auteurs des quatre évangiles, des épîtres et des actes des apôtres aient bien existé et qu’ils aient bien été écrits, les témoignages rapportés et retrouvés étant très postérieurs aux faits ?

 

Des centaines de pages que j’ai consultées, allant de la TOB (traduction œcuménique de la Bible) aux diverses études sur Flavius Joseph (seul historien juif de l’époque), aux travaux historiques sur les évangiles, les apôtres, leurs épîtres, le christianisme, Marie et l’assomption, le célibat religieux, le Saint-esprit, et certaines encycliques, j’ai retiré le sentiment de me trouver devant un écheveau dont je ne retrouverais jamais le fil conducteur.

 

En dehors de Flavius Josèphe, seul  « historien juif »  partisan partial  du pouvoir romain qui a peut-être évoqué Jésus dans quelques phrases de son énorme apologie du judaïsme en vingt livres (son texte aurait été « complété », en commettant l’erreur qu’un juif n’aurait jamais faite, d’utiliser l’appellation de « Messie », puisqu'ils l'attendent toujours, on ne trouve pas de traces historiques valables des faits, à part quelques textes douteux vraisemblablement « ajoutés ».

 

{10} Parallèlement, je me suis penché sur Qumram, les esséniens et les travaux sur les écrits de la mer morte. Il m’en est resté finalement le sentiment que l’origine historique du christianisme était fort incertaine.

 

Début 1947, un jeune bédouin a découvert dans une grotte des pentes rocheuses de Qumram, sur la rive ouest de la mer morte, dans des jarres, des manuscrits sur des rouleaux de cuir, qui se sont révélés par la suite, être une des découvertes historiques les plus sensationnelles de notre époque.

 

Par la suite, l’exploration d’une dizaine d’autres grottes permit de mettre au jour d’autres documents ou fragments que vraisemblablement des Esséniens (secte juive du deuxième siècle avant J.-C. au premier de notre ère) avaient vraisemblablement sauvés des persécutions romaines dont ils étaient les victimes. Une douzaine de ces rouleaux étaient à peu près complets et notamment celui d’Isaïe, dans la grotte 1 qui mesure 7,34 m de long. °source : Enc. Universalis – Qumran – R.Van Eigem°

 

{11} On peut cependant en bonne logique en déduire que le christianisme pourrait y avoir trouvé ses origines littéraires, ses rédacteurs qui avaient certes connaissance de cette « bibliothèque » essénienne, l’auraient abondamment consultée, puis utilisée jusqu’à y ranger leurs propres écrits. Cette hypothèse renforcerait la version d’une origine essénienne au catholicisme ou, en tout cas, d’une connivence avec les auteurs chrétiens.

 

Suscité par mes interrogations, le sentiment d’une origine mythique à nos croyances commençait tout doucement à s’installer en mon subconscient.

 

Aussi je me suis plongé pendant des semaines sur toute la documentation que me fournissait en abondance mon « encyclopédia universalis » qui, à défaut de me satisfaire, me renvoyait à la « toile » et à sa profusion infernale et ambiguë d’informations sérieuses ou farfelues sur les croyances, religions, mythes, légendes ou autres études dans le domaine.

 

Je me suis ainsi constitué une documentation de près d’un millier de pages, amassées dans les mémoires de mon portable ou dans un dossier tellement engorgé qu’il s’affale maintenant dans le rayon où je l’ai rangé.

 

A la suite de cette «aventure intellectuelle », je vais me permettre de livrer à mon toujours si patient et sans doute compatissant lecteur, la synthèse que mes pauvres méninges se sont efforcées de construire tout en lui demandant de pardonner son orientation sans doute tendancieuse, mais loyale devant des évidences. (Voir sous-chapitre suivant).

 

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28/05/2010

Ch. 24 d - La rage de revenir

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) du site (e-monsite ) que j’ai créé permettant de consulter les sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 24 d - La rage de revenir

 

 

Je me suis assez étendu sur l’infirmité qui a diminué mon champs visuel et perturbé la locomotion, les mouvements et la lecture pour m’attarder davantage sur un phénomène d’adaptation qui nous permet à nous, les victimes d’altérations cérébrales, de reconstruire certaines fonctions à partir de cellules inemployées. C’est à cela que s’emploient les kinésithérapeutes quand ils rééduquent les paralysés moteurs.

 

L’ensemble des cellules qui se chargent de régir la mémoire immédiate ou la mémoire qui préside aux besoins de la vie courante, comporte une zone importante où sont mémorisées les données destinées à alimenter nos réflexes.

 

C’est dans cette zone que se trouvent « stockés » l’adresse, le numéro de téléphone, date de naissance, les prénoms et noms des personnes de notre entourage, les places de chaque chose utile ainsi que des tas de renseignements réflexes qui nous servent dans la vie courante. C’est notre outil de fonctionnement, un peu comme la mémoire vive en informatique.

 

Après avoir subi ce que les médecins ont aussi appelé un «ictus cérébral », quand on me demandait mon adresse, je donnais celle (très lointaine) de notre bonbonnière près de la forêt de Soignes : les autres avaient totalement disparu. Il en allait de même pour toutes les données provenant des deux, trois années précédentes.

 

Avec la patience et l’aide obstinée d’une persévérante épouse, pendant les trois mois qui précédèrent ma reprise du travail qui se situaient heureusement pendant la période des « grandes vacances scolaires » et du ralentissement saisonnier de l’activité des sociétés, je dus donc reconstruire dans une nouvelle zone vierge de mon cerveau la plus grosse partie des données que j’avais perdues.

 

Cependant, problème de taille dans cette reconstruction mentale, les cellules nouvelles utilisées n’avaient pas la rapidité de routine des anciennes, d’où conflits et incertitudes dans mon choix de réponse qui se traduisaient par une lenteur de réaction qui irritait mes interlocuteurs.

 

Maintenant encore, je dois m’efforcer d’occulter la première réponse qui s’impose à moi pour privilégier la seconde qui a été mise à jour, mais qui, je le rappelle, reste peu performante, voire même hésitante.

 

Si je dois faire appel à des souvenirs ou données récentes, la réponse n’est pas spontanée : elle me semble apparaître lentement comme provenant d’un gouffre nébuleux d’où elle finit par se détacher et s’imposer lentement avec clarté.

 

Dans la vie quotidienne, j’ai perdu une partie des réflexes de localisation des objets utilisés dans la vie courante. Je dois faire un effort constant d’attention pour retrouver tout, que ce soit dans le bureau ou le ménage.

 

Quand je dois saisir un objet familier dans mon environnement habituel, je me dirige comme le distrait vers un endroit opposé à son emplacement normal. Pendant quelques instants, mon cerveau est dans le noir… Le réflexe de localisation qui me permet de trouver la place de l’objet monte ensuite lentement, comme s’il provenait d’un fond lointain. Je n’ai une vie normale qu’au prix d’une concentration cérébrale constante.

 

Un autre écueil sera celui que constitue le conflit entre l’ancienne et la nouvelle mémoire dans des domaines plus intellectuels tels le vocabulaire, le cheminement d’un raisonnement, le cours d’une conversation. J’ai facilement des trous que je peux maintenant attribuer à l’âge.

 

Il y a aussi le problème de la mise à jour des données anciennes qui ont la fâcheuse tendance, lorsqu’elles sont sollicitées, de supplanter les nouvelles.

 

Mon épouse dit toujours que je dois utiliser un mécanisme qui semble se mettre en place, privilégiant la donnée réflexe en ignorant celle qui veut imposer la qualité puissante de son antériorité de près d’un demi-siècle, c’est vrai, mais ça demande une gymnastique cérébrale que je ne parviens pas à acquérir.

 

Pour pallier tous ces handicaps, j’ai pris l’habitude de préparer avec soin toutes mes interventions en m’aidant de tableaux et condensés ingénieux qui me permettent de me raccrocher à une logique qui s’est avérée souvent très utile à confondre mes détracteurs.

 

Je m’équipais (et je le fais toujours) d’un agenda et de fiches qui bourrent mes poches. Je les appelle mes mémoires « de papier ». Mon agenda devint célèbre, je l’avais choisi journalier, long et étroit, ce qui permettait d’y noter une quantité incroyable de renseignements.

 

Je m’étais entraîné à miniaturiser mes notes que je griffonnais avec les moyens d’écriture les plus fins existant sur le marché. Je devins tellement performant dans cette technique que je servais souvent d’aide-mémoire à mes patrons qui m’y faisaient noter beaucoup de choses. Nous l'appelions "la mémoire de papier".  Quel renversement de situation pour moi et quelle victoire sur le sort !

 

Cette époque de ma vie restera pourtant trop dure et trop difficile. Nuit et jour, je restais inquiet, malheureux, fragilisé par des infirmités qui m’amoindrissaient, blessé de propos que j’imaginais, complexé à l’extrême…

 

J’ai l’âme écorchée :

Une pantelante friperie

Et d’inquiétants mannequins

S’agitent en pantins

Autour de ma solitude.

 

Quelle est-elle

Ma crainte des jours ?

Quelle est-elle

Ma soif des autres ?

 

Quel est-il

Ce poids des rires ?

Quel est-il

Ce coin des regards  ?

 

Des histrions sonnent le glas,

Des mages se mettent à plat

Les rois n’ont plus de couronne :

C’est la foule qui bourdonne.

 

Le ciel se couvre de mers,

La mer se couvre de plages,

Sans calmer mon âme en rage,

Torturée d’anges amers.

 

Je n’en peux plus

De jours d’enfer,

Je n’en peux plus

De ma misère.

 

{7} Ainsi que je l’évoquai plus haut, la lutte syndicale prit des allures de batailles épiques avec confrontations solennelles en réunions « extraordinaires » avec un conciliateur social dépêché par l’inspection du travail.

 

Avec le recul du temps et l’analyse à froid de cette période brûlante, il faut reconnaître que nous fûmes tous gagnés, y compris l’inspecteur social, par un lyrisme de haute qualité que développait un des principaux acteurs.

 

C’était un technicien-chimiste, passionné de langue française (que faisait-il dans un laboratoire ?). Grand, le front large, la voix chaude, il avait tout du tribun.

 

Quand il dressait sa haute stature… quand il toisait son auditoire, un silence de considération le respectait. Venait alors, non pas la diatribe habituelle des délégués syndicaux, mais une majestueuse démonstration de l’exposé clair, enrichi d’une dialectique raffinée.

 

C’était un régal ! Les débats, grâce à lui, atteignirent un niveau de qualité qui gagna les participants, tous pris d’un délire intellectuel semblable à celui du potache qui découvre les catilinaires de Cicéron.

 

Tout était fait pour nous plonger dans un romantisme de combat social cher à Zola : réunions dans des arrière-salles obscures de café où nous nous retrouvions, à l’insu de tous, en conspirateurs-manipulateurs à la recherche d’un terrain d’entente acceptable par toutes les parties.

 

Je risquais gros, mes patrons n’auraient pas apprécié cette « quasi-trahison ». C’était arrivé pourtant en toute bonne foi et presque inévitablement.

 

Après les réunions, nous avions pris l’habitude téléphonique, mon « tribun » et moi, de partager nos impressions en toute franchise et conviction.

 

Devant la tournure inextricable que prenaient certains problèmes sensibles, du fait des positions tranchées qu’adoptaient des antagonistes rocailleux, nous en arrivions à trouver un terrain d’entente de bon sens qui contenterait tout le monde.

 

En avons-nous passé des heures de communications téléphoniques pendant lesquelles nous analysions, compulsions des textes et recherchions la formule miracle !

 

Encore fallait-il la faire partager ! C’est ainsi qu’insensiblement, de chaque côté de la barrière, nous nous employâmes à arrondir les angles et finalement, nous réunir « clandestinement » pour préparer nos compromis.

 

De mon côté, je profitais de la bonne audience que j’avais auprès du grand patron de Feluy pour lui faire accepter des solutions que je savais déjà acquises d’avance.

 

Il m’en fut reconnaissant et je devinais dans ses petits yeux malins qu’il n’était pas dupe de mes tractations clandestines qui l’arrangeaient fort bien.

 

On sauvait la face et les réunions épiques qui suivirent pour entériner ce qui avait été acquis sous cape, tenait plus de la commedia dell’arte que du combat social, avec des acteurs pris à leur propre jeu, cependant peu conscients qu’ils écrivaient une des pages les plus désopilantes de la société.

 

Aussi mon fier « tribun » fut-il vite écœuré de cette duplicité qui ne convenait guère à son naturel loyal et se retirant, il jouera les seconds rôles.

 

Il fut remplacé par un bonhomme décidé qui se sentit grandir, lui le sans grade, qui affrontait d’un regard dur ces potentats de la fonction qu’étaient les chefs de Feluy, avec, tout au fond des yeux, cette imperceptible flamme tremblante d’une panique qu’il n’arrivait pas à camoufler.

 

Je le vois encore, fier de son arrogance, un jour en plein conseil, provoquant le « potentat » d’un regard qu’il voulait dur.

 

Devant lui, de l’autre côté de la table, à la gauche du grand patron, j’étais idéalement placé pour apprécier ces yeux en fond de panique qui se forçaient à défier un chef dur avec le risque de détruire à jamais sa carrière parce qu’il avait osé se mesurer à l’autorité en place.

 

J’ai admiré et respecté le courage de ces « humbles combattants » sortis de la masse lâche des autres, eux qui pourtant ne s’étaient pas retrouvés là dans un climat de lutte des classes qui n’avait pas existé jusqu’alors dans notre société bon enfant, mais poussés par quelques collègues moins courageux qui préféraient agir et les exciter dans l’anonymat de l’ombre, parfois pour assouvir des rancunes personnelles.

 

Le peuple les avait élus,

Quand il voulait l’égalité.

Ils étaient petits, sans fierté,

Pas de grande gloire non plus.

 

Les grands loups des ciels durs et rouges

Attiraient au fond de leur bouge

Des gazelles candides et tendres,

Inattentives à se faire prendre.

 

Le chevalier des mots

Débita sa tirade,

Réveillant les échos

De sa sublime aubade.

 

Les loups repus se sont calmés

Et les échos ont proclamé

La grande gloire du tribun

Et la paix au cœur de chacun.

 

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{8} L’histoire qui va suivre traîne au fond de ma conscience avec un relent de lâcheté qui me poursuivra toujours.

 

On se souviendra de mon voisin de table, père de cet enfant aveugle-né, victime de la « polio » contractée par sa mère pendant sa grossesse.

 

Il était le responsable d’un service important qui mettait au point des graisses industrielles ou en développait de nouvelles applications.

 

Le malheureux, sans doute soucieux de constituer un capital important qui aiderait son fils infirme, se laissa gagner par un concurrent qui avait connaissance d’un procédé que mon commensal avait personnellement mis au point, et qui n’avait intéressé personne jusqu’alors.

 

Une de nos sociétés fut mise au courant de la tractation et l’affaire prit les proportions qu’exigeaient, à titre d’exemple, les responsables de cette société-sœur.

 

Situation cornélienne pour moi, mon patron et le directeur responsable de mon pauvre commensal et ami me chargèrent de son « exécution » : c’était mon boulot et je ne pouvais m’y soustraire.

 

La sanction sera dure. Il traînera toujours au fond de ma conscience un puissant relent de lâcheté, avec peut-être la piètre excuse que je pensais ne plus avoir auprès des patrons de l’époque une audience suffisante pour le défendre.

 

Je fus chargé de « l’exécuter »,… de pousser sur le bouton de sa « chaise électrique » : le renvoi sur l’heure et sans préavis… avec la perte prévue par le contrat d’emploi de tous les capitaux extra-légaux constitués pour lui en vue de sa retraite, ce qui représentait un montant considérable en raison de l’importance de son salaire de cadre et de son ancienneté.

 

Je retrouvai le pauvre homme chez moi où je l’avais convié dans notre petit bureau étroit aménagé pour tenir des comptabilités.

 

Je n’oublierai jamais ses traits durs de torturé de l’existence, les mâchoires serrées, le front sec, sillonné des rides de la révolte, les yeux amers… j’entendrai toujours cette voix sourde, lasse de la fatigue des nuits de cauchemars ou des veilles sans trêves…

 

Assis devant moi, dans l’espace étroit que nous laissait notre table de travail et les rayonnages de dossiers, à la place qu’occupait habituellement mon épouse, il me disait son histoire,… il me racontait ce que je considérais comme un plaidoyer mais que ce flamand rugueux relatait sèchement et sans vaines complaisances, ni défense des faits qui lui étaient reprochés.

 

C’était un révolté contre l’injustice du sort mais qui comprenait la dimension immorale de son geste ;… il était le joueur qui avait perdu et qui n’avançait pas l’excuse de sa détresse…

 

Paradoxalement, je ne pouvais m’empêcher d’avoir du respect pour lui, je ne pouvais me départir d’un sentiment de grande considération pour sa dignité et sa misère… et d’une grande compréhension de son acte.

 

Quant à nous, à l’analyse, pouvions-nous faire autrement ! Juridiquement, la propriété industrielle des découvertes scientifiques des chercheurs appartient à la société qui les emploie, même s’il les a faites seul, avec ses propres moyens, de sa propre initiative, peut-être même en dehors de son contrat d’emploi.

 

En le licenciant pour faute grave, c’est-à-dire sans préavis, nous lui évitions cependant la poursuite pénale que nous étions en droit d’entamer. Bien entendu, notre département juridique s’était chargé de restaurer les droits de propriété mis en péril par l’action débutée par mon pauvre voisin de table.

 

L’affaire a-t-elle pris des proportions qu’elle ne méritait pas ? Je me le demanderai toujours. Peut-être avons-nous manqué d’humanité et nous sommes-nous tous laissé gagner par une coupable indifférence au sort d’un homme et d’une famille et au drame que, pour ma part, je pressentais mieux que quiconque et que je n’ai pas assez souligné avec véhémence !

 

Toi qui regardes ton ciel

Père malheureux,

Ton ciel qui fut si bleu.

 

Toi qui pleures des yeux morts,

Des yeux de soir noir,

Des yeux de vide.

 

Ô ami,

Coupable du destin,

Ton cœur est amer,

Tes yeux sont durs.

 

Vomis-la ta révolte !

Crache-la ta souffrance

A ce monde qui te rejette.

 

Hurle-la ta colère

A l'indifférence

Des marchands du temple,

A l’indifférence

Du col blanc des affaires,

A l’indifférence

Des durs bourreaux

Toujours goinfrés de lois !

 

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{9} Ce long chapitre sur « la conscience » de l’homo sapiens me conduit à une réflexion plus profonde sur ce phénomène étonnant qui ne cesse de perturber l’être humain, que l’intelligence a produit lentement et qui deviendra le censeur de ses actions.

 

C’est ainsi que je me sentis forcé de porter ma réflexion plus en profondeur pour en étudier valablement tous les tenants et aboutissants. Ce travail me prit beaucoup de temps et me confronta à d’insurmontables difficultés.

 

Je ne m’en sortis que difficilement, aussi je demanderai à mon patient lecteur beaucoup d’indulgence pour une modeste approche d’un problème fondamental qui hantera plus que jamais tout homme préoccupé de sa destinée terrestre, prolongée dans un éventuel « au-delà » et davantage encore depuis que la connaissance s’est ouverte plus en profondeur sur les sciences et la cosmologie.

 

Aussi trouvai-je important d’y consacrer le prochain chapitre tout entier pour lui apporter l’honneur et le soin qu’il mérite en prélude aux chapitres sur le milieu, le bonheur et la sérénité qui seront l’avant-propos d’une conclusion enthousiaste sur la valeur de l’existence de l’être humain qui s’efforce d’élever ses fonctions intellectuelles au sublime de l’idéal.

 

 

 

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25/05/2010

Ch. 24 c - Mes alliés

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.


Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) du site (e-monsite ) que j’ai créé permettant de consulter les sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 24 c - Mes alliés.

 

A cette époque, le groupe explosait et Labofina (la filiale de recherches de Petrofina) aussi. Comme je le signalai plus avant, la première centaine de chercheurs progressa pour approcher le millier et s’étendit sur deux sites, celui de Neder-Over-Hembeek, le long du port de Bruxelles et celui du Zoning industriel de Feluy, luxueusement construit dans un style d’avant-garde avec ses abords et son entrée de prestige qui se prolongeait d’un pont audacieux enjambant le canal, dit du Centre.

 

Sans doute pour augmenter l’impact d’un « fer de lance » que Petrofina voulait se constituer dans le monde des sociétés techniquement performantes, notre société-mère avait rebaptisé Labofina d’une appellation plus universelle quant à son activité et plus ronflante, à la consonance anglo-saxonne de « Fina Research ».

 

A le suite de cet « enterrement de première classe » de notre enseigne qui trônait encore en grandes lettres bleues au-dessus de l’entrée, nostalgique, un facétieux mais spirituel collègue avait remplacé la lettre A de Labofina par le I de Labo Fini

 

Deux « patrons » menaient cet important monde de chercheurs talentueux qui s’efforçaient d’améliorer les performances des produits du groupe pour parfaire leur compétitivité face à la gigantesque concurrence des grandes puissances pétrolières qui sévissent dans le monde.

 

Ces deux hommes étaient aussi différents et opposés que possible. Autant l’un, le truculent Breton de Rennes dont je viens de parler, remarquable en société, à l’humour imagé, était désopilant et brillant, autant l’autre, Flamand supérieurement doué, d’une grande intelligence rationnelle, que le groupe avait arraché aux meilleures universités des Etats-Unis, très concis et peu bavard, contrastait par sa discrétion et la brièveté de ses propos.

 

Interlocuteur avantagé par sa fonction, je vais me permettre de les évoquer en profondeur, autant par souci historique que celui d’être complet dans l’histoire de ma vie.

 

Dès les premiers jours de mon arrivée à Labofina - transfuge, on s’en rappelle, de notre maison-mère - je devins complice de ce patron français que le mien contrariait à plaisir.

 

Cette relation privilégiée ne fit que grandir et ne prit fin qu’avec l’arrêt de ma carrière. En avons-nous passé de bons moments ensemble et comme je l’ai évoqué plus avant, avec notre administrateur-délégué de l’époque, Thierry de Menten de Hornes, passionné chercheur, pince-sans-rire affable et distingué, toujours plongé dans ses bouquins scientifiques !

 

{5}Mon joyeux et dynamique « boss » avait grand cœur et était sensible à la souffrance de ceux qui le servaient, leur venant en aide avec discrétion et gentillesse. Ce fut ainsi qu’il s’investit avec son épouse dans le cas le plus dramatique que notre société connut de toute son histoire.

 

Nous avions engagé une gentille secrétaire, talentueuse quadrilingue. Lors de son engagement, je l’avais plainte d’un orgelet important qui enflammait un de ses yeux. C’était le début d’un inimaginable calvaire.

 

Pendant près de dix ans, elle livra un douloureux et lent combat contre un mal que les oculistes ne purent jamais contrôler. Un virus inconnu s’installait insidieusement dans les délicates et bien particulières cellules de son mécanisme visuel et rien ni les plus grands spécialistes ne purent jamais enrayer une cécité totale.

 

Inlassablement, avec discrétion et investissement personnel, mon patron s’en occupa avec son attentionnée épouse jusqu’à la prendre en vacances dans leur propriété du Midi de la France, malheureuse orpheline que sa famille lassée de la charge abandonnait. Tout fut imaginé, chez nous, pour lui garder un emploi : dispositifs de grossissement avec miroirs et lentilles spéciales ou tentative de reconversion dans l’interprétariat.

 

L’inexorable destin de l’aveugle dans sa nuit éternelle attendait cette belle et intelligente jeune femme qui nous était apparue un beau jour de soleil dans toute la grâce de sa jeunesse.

 

Si je tiens à bien raconter cette histoire, c’est que d’abord, ses acteurs en méritent la relation chaleureuse et passionnée, mais aussi parce qu’elle fera mieux comprendre l’ambiguïté d’une attitude que ce patron me réserva quand je repris le travail, sans doute convaincu qu’il était de mon intérêt d’arrêter.

 

Pourtant, elle n’était pas trompeuse, cette légère étincelle d’ironie (que je comprends) livrée par un regard qui croisait le mien. Quel effondrement pour moi qui m’étais glorifié de la grande estime dans laquelle il me plaçait ! Ce fut cette attitude qui me galvanisa : je tenais à reconquérir sa considération au risque de me perdre.

 

Je ne sais si j’y suis arrivé. Ces lignes et mon histoire lui parviendront un jour. Peut-être réalisera-t-il alors l’ampleur d’un dévouement qui je lui ai toujours voué !

 

Je dus subir l’humiliation du pauvre type qu’on n’appelait plus, qui était confiné dans son bureau, qui ne voyait presque plus personne… et qui recevait quelques minables instructions de subordonnés qui avaient pris sa place.

 

J’avais groupé autour de moi un « état-major » de cadres (chefs de service et fondés de pouvoirs) qui couvraient les différentes activités de mon département. Ce sont eux qui furent appelés dans l’espoir de les voir me remplacer.

 

Les pauvres qui s’étaient gonflés d’importance et d’arrogance se voyaient déjà occuper mon « trône », et ne s’en cachaient pas. Ils devront très vite déchanter.

 

Je dois cependant reconnaître qu’au royaume des aveugles, le borgne est roi : j’avais l’avantage d’une longue carrière de près de trente ans dans la même fonction, avec le privilège d’avoir pu tout organiser à ma manière, sans avoir à m’occuper de l’avis de personne puisque j’étais seul cadre administratif.

 

Mais surtout, il y avait Feluy et ses patrons qui, eux, me furent tous acquis, ne fût-ce que pour asticoter mon joyeux Breton et lui faire perdre un peu de la suffisance que sa grande antériorité de fondateur du labo pouvait lui permettre. Ils furent trois à s’y employer… :

 

Mon ami Pierre, ingénieur-chimiste que la direction avait sorti des laboratoires pour lui confier la tâche technico-administrative importante de la sécurité et d’une activité nouvelle : l’hygiène et l’embellissement des lieux du travail. Il avait de plus la haute main sur tous les travaux de transformation et de construction des bâtiments.

 

Il venait à peine d’entrer dans ses nouvelles fonctions que je fus terrassé par cet accident cardiaque dont je sortis, on s’en souvient, ragaillardi et en pleine forme. Il me fit de fréquentes visites et ainsi s’établit entre nous une grande camaraderie de collègues, voisine de l’amitié profonde.

 

Si ces sentiments d’une grande richesse, se sont enfermés dans les brumes de mon passé, c’est que, ainsi que pour les autres qui m’ont fait l’honneur de m’en gratifier, une inconstance alimentée par les aléas et les problèmes d’une vie « d’infirme » me les ont fait estomper, bien que restés précieusement vivaces dans mes souvenirs.

 

Je crois que je resterai toujours le solitaire (comme lui d’ailleurs) qui fuit inconsciemment les autres en se réfugiant dans un monde de rêve et d’idéal où je me plais à les placer et où ils ne me décevront pas.

 

Les nombreux merveilleux amis que la vie tant de fois plaça sur mon chemin ont tous été victimes de cette apparente mais décevante infidélité qui n’a pas d’autres raisons que de cultiver dans mon souvenir des sentiments qui ne cessent de les idéaliser et de les grandir. Je suis tellement déçu quand je les retrouve si humains dans leur réalité déconcertante. C’est le lot de tous les « rêveurs » !

 

Nous étions tous les deux des passionnés de maisons de campagne, de piscines, de bricolage et de matériel divers les concernant. Aussi nos sujets de conversation étaient-ils centrés sur nos trouvailles en gadgets, trucs et ficelles de « petits débrouillards ».

 

Après mon jogging dramatiquement raté, il vint me voir toutes les semaines, dans ma tanière de bête blessée, à la campagne où je gisais, hagard, léchant des plaies qui guérissaient lentement. Il gardait foi en mes facultés de récupération et la faisait partager à ceux de Feluy.

 

Au jeune patron du site d’abord, qui m’estimait beaucoup et tenait fort à moi. Quand il apprit qu’il était nommé à l’importante fonction d’administrateur de  l’entité de Feluy, il vint me trouver et me confia son inquiétude devant l’énorme charge et la responsabilité qui lui tombait soudainement sur les épaules.

 

En toute simplicité, il me demanda de le conseiller et de l’aider à assumer cette tâche, confiant en l’expérience acquise par celui qu’il considérait comme l’un des premiers artisans de la société.

 

Il m’honorera toujours de la même considération, malgré ma déchéance et la fera partager à son entourage. Quel baume merveilleux versé sur un amour-propre écorché à vif et quel contraste avec l’ambiance de Neder-Over-Hembeek  ! Sans eux, je n’aurais peut-être jamais tenu !

 

J’ai toujours éprouvé la plus grande admiration pour la qualité de son intelligence : méthodique, rationnelle, efficace. Pas de long discours, un verbe concis, clair… il exigeait des autres la même approche des problèmes, ce qui était pour beaucoup très difficile.

 

Si on exposait mal son affaire en se perdant dans des périphrases oiseuses, il avait la délicatesse de ne pas le faire remarquer mais d’arrêter son interlocuteur en disant : «Je ne comprends pas ». Quand ça arrivait, je savais que le littéraire que je restais devait rapidement se convertir en comptable rationnel, en reprenant et schématisant mon propos.

 

Quand j’arrêtai pour défaillances cardiaques, il patienta près d’un an avant de me remplacer. Mon ami Pierre, toujours lui, venait aux nouvelles et me transmettait son désir de me voir reprendre à mi-temps. Si je ne le fis pas, c’est que le cœur était foutu, ce qui nécessita l’intervention chirurgicale qui a failli mal tourner. (voir chapitre précédent).

 

Le Directeur-Général de Feluy, troisième de ce trio de mes alliés, était un personnage très contrasté, rocailleux… Insuffisamment compris, il était d’une très grande noblesse de cœur et d’esprit.

 

Véritable gentilhomme de vieille souche, il en avait la grandeur et le dévouement, mais aussi l’intransigeance et la dureté. Je pense qu’il n’appréciait pas beaucoup ma position de compromission, louvoyant dans les principes, m’en accommodant ou les bousculant.

 

Grand chrétien par devoir et conviction, il avait le mérite de sacrifier une bonne partie de ses vacances pour accompagner, en tant que principal responsable, des malades qui recherchaient réconfort ou ultime espoir dans un pèlerinage à La Vierge de Lourdes.

 

A Feluy, nous nous sommes davantage connus car sa fonction comportait parfois une part administrative, ce qui nous permit de travailler ensemble.

 

C’est ainsi que nous eûmes l’énorme et fastidieuse tâche de la refonte du règlement de travail qui devait se faire en accord avec les conseils d’entreprise des deux sites.

 

Un travail de « Bénédictins » quand on considère qu’il doit obtenir l’accord des quatre parties (deux à Neder-Over-Hembeek et deux à Feluy). En fallut-il d’heures de patientes recherches de la phrase ou des termes qui contenteraient tout le monde !

 

J’étais passé maître en montages de textes pour créer des tableaux synoptiques qui facilitaient leur comparaison et simplifiaient leur correction.

 

Puisque nous y voilà, parlons-en de ces conseils d’entreprise ou de ces comités de sécurité, d’hygiène et d’embellissement des lieux de travail.

 

Ces organes de la vie des sociétés sont apparus progressivement au sortir de la guerre. Ce fut un des plus importants acquis de la longue lutte syndicale de l’époque.

 

Le responsable du personnel y joue un rôle prépondérant. C’est lui qui veille à l’application des lois sociales en coopération avec les délégués syndicaux.

 

Les membres des deux conseils sont élus au suffrage universel tous les quatre ans. Ils élisent un secrétaire et établissent l’ordre du jour en collaboration avec celui que l’on prit coutume d’appeler le chef du personnel et qui sert d’intermédiaire entre les deux parties.

 

C’est dire, puisque j’exerçais cette fonction, que ma tâche devint lourde (quatre réunions par mois) et délicate (à Feluy couvaient d’importantes tensions sociales), mon ami Pierre s’efforçant de me soulager au maximum.

 

Je passerai sous silence, tellement elle fut peu officielle et symbolique, la réunion des représentants des cadres à laquelle je participais également, que je devais assumer et préparer.

 

Si j’ai à cœur de m’attarder particulièrement sur cette période de ma vie, c’est qu’elle fut tellement riche des contacts que j’eu le privilège d’établir avec « les petits, les obscurs, les sans grades » qui représentaient le personnel dit barémique.

 

Il s’agissait du personnel non universitaire dont le salaire était réglementé par les lois sociales, selon un barème défendu par les instances syndicales de chaque secteur d’activité.

 

Une subtilité étonnante résultant de la spécificité complexe de notre centre de recherche était que nous étions classés par l’inspection du travail - dont c’est une des prérogatives - dans le secteur des « divers », alors que nous appliquions les barèmes du « Pétrole » en vigueur dans les sociétés pétrolières.

 

Ce fut un des premiers litiges qui nous opposa aux représentants du personnel. Nous voulions défendre notre position qui consistait à éviter un classement qui nous forcerait à nous soumettre à certaines contraintes administratives plus paperassières qu’autre chose.

 

Appliquant la politique sociale du groupe, régie par son appartenance pétrolière, aucun danger n’existait donc d’un quelconque préjudice à l’encontre du personnel de Labofina.

 

Aussi, je défendis cette position, bec et ongles, convaincu de servir ma société en la débarrassant de complications administratives sans intérêt puisque l’essentiel quant au fond était sauvegardé.

 

Cette première « bagarre » fut particulièrement difficile pour moi. L’accident cérébral m’avait fait perdre la subtilité de répartie qui me caractérisait précédemment.

 

Je devais donc longuement préparer mes interventions que je synthétisais en résumés synoptiques qui me permettaient de conserver le fil de mon raisonnement ou de m’y raccrocher.

 

Pour mieux faire comprendre la complexité du mécanisme cérébral que j’ai mis en place pour maîtriser et coordonner ma pensée et redevenir un intellectuel valable, il est important que je m’étende quelque peu sur les « bricolages » et astuces que j’ai utilisés. Ils m’ont aidé à palier les ravages subis par certaines de mes fonctions cérébrales qui devinrent tributaires de deux mémoires :

- celle constituée d’acquis anciens qui n’avaient pas été atteints,

- et une nouvelle (beaucoup moins performante) que mon cerveau avait dû construire pour les événements récents ou immédiats à partir de cellules inemployées disponibles chez les êtres supérieurs et en tout cas chez les humains.

 

Les médecins de Saint Pierre m’avaient, vraisemblablement par erreur, mis en état d’hibernation artificielle en m’exposant à des risques d’altérations cellulaires cérébrales irréversibles : c’est ce qui s’est produit, malheureusement pour moi, dans les zones de la vision (hémianopsie) et de la mémoire immédiate.

 

Dans ma prochaine intervention, j'expliquerai comment j'ai pu m'organiser pour arriver à défendre une position aussi délicate et essentielle de celui qu'on appelle maintenant le responsable des relations humaines : servir d'intermédiaire doué de l'art du compromis, en vue d'aboutir à un accord valable, en respectant les exigences légales.

 

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21/05/2010

Ch. 24 b - Cerveau perturbé

 

 

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère au début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) du site (e-monsite ) que j’ai créé permettant de consulter les sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)  Cliquer sur le dossier recherché pour l’obtenir immédiatement

 

 

Ch. 24 b - Cerveau perturbé

 

{3} Comme si ce n’était pas suffisant, l’accident cérébral avait atteint une autre région importante du cerveau d’un homme normalement cultivé : celle qui mémorise les événements immédiats ou récents. C’est en quelque sorte la mémoire vive de notre ordinateur-cerveau.

 

C’est terrible et affolant. Heureusement, avec la volonté et l’exercice, ces zones de mémoire se reconstituent assez rapidement, bien qu’imparfaitement. Cependant, devenues complémentaires, elles restent lentes et peu performantes, comme celles du paralysé moteur qui récupère difficilement sa mobilité.

 

Je me trouvai ainsi, au lendemain de cet accident qui a bouleversé ma vie, complètement désemparé, conscient de moi-même, mais isolé comme dans un immense hall de gare à la Delvaux, à l’écho douloureusement sonore.

 

Je regardais les gens, les reconnaissais dans un lointain vague, les écoutais parler un langage que j’entendais mais déchiffrais à peine : juste pour dire oui ou non, ou pour demander à boire ou manger.

 

J’entrai dans un monde absurde, incohérent…, avec des personnages glacés, impersonnels…, toujours Delvaux,… comme ses femmes froides et nues… immobiles…

 

Ces creux dans les tempes

Ces échos dans les yeux

La douleur des sons.


La douleur sous les cils,

Le mal dans les yeux.


Longueur infinie des halls,

Les êtres n’ont plus de chair,

La vie est immobile.


Le bruit énorme

Qu’on n’entend pas

Fait trop mal.


Le vide reste le vide,

L’angoisse craint le vide,

Le ventre aspire le vide,

La gorge rejette le vide,

Le vide appelle

Le vide.

 

Mon cerveau enregistrait mais ne décodait pas. J’essayais de lire,… je voyais les mots, les reconnaissais comme familiers, comme connus, mais ne leur trouvais plus de sens…. Cet hébétement dura quelques jours, je crois… mais sans doute quelques semaines, d’après mon entourage… je ne sais plus… Le temps aussi avait perdu sa valeur…

 

Pourtant je restais conscient de ce que j’étais, de mon identité, de mon passé… Orgueilleux, je refusais la déchéance intellectuelle que mes proches pourtant constataient avec douleur…

 

Ce fut un long calvaire pendant lequel je réalisai l’étendue des dégâts qu’aggravait l’hémianopsie qui perturbait la lecture à un point tel que je n’arrivais plus à déchiffrer le moindre texte.

 

Mon médecin, qui ne savait plus à quel saint se vouer, m’envoya une logopédiste (spécialiste du traitement des difficultés de lecture ou de langage surtout chez les enfants) qui s’efforça de m’aider avec des exercices et des moyens primaires qui m’excédaient et m’humiliaient.

 

Elle abandonna honnêtement, constatant que j’avais trouvé par moi-même des trucs et procédés de fortune pour m’en sortir, ce qui contrariait son intervention.

 

Ô mes amis perdus :

Les livres qui ne parlent plus,

Les pages que je ne vois plus,

Les mots que je n’entends plus,

Les lettres qui font peur.


Le long cortège des lignes,

Ces lignes à bout d’angoisse.

Le long cortège des sons,

Ces sons qui n’ont plus de sens.


Ô mes amis perdus :

Mes livres étrangers,

Aux pages abîmées,

Aux mots engloutis,

Aux lettres délavées.


Un long tunnel noir

A creusé sa galerie

Dans la nuit de ma mémoire

Pour mes mots orphelins

Qui ont perdu leur père.

 

Lentement, patiemment, je reconstruisis mes mécanismes immédiats de perception des choses et de la reconnaissance des signes graphiques qui constituent les éléments d’un texte.

 

Le plus étonnant, c’est que l’écriture ne posa jamais de problèmes, comme si elle s’était dissociée de la lecture. J’écrivais les mots à la dictée correctement, mais sans comprendre leur sens. Il faut croire que la conjugaison des différentes infirmités créa dans mon mécanisme cérébral des phénomènes anarchiques difficilement explicables.

 

Seule donc pouvait me sauver une lente détermination à tout réorganiser, avec lenteur d’abord, sans rien précipiter, découragé parfois mais jamais longtemps, obstiné, rageur,… humilié par le regard des autres … des amis… des miens, … de mes enfants surtout…

 

L’infirmité visuelle me rendait maladroit : je cognais, bousculais tout et tout le monde. Je m’excusais, me confondais en humiliantes explications… Je me fracassais sur des portes à moitié ouvertes que je ne voyais pas… j’en restais quasi assommé, le front saignant, les lunettes tordues…

 

Pour m’aider à mieux explorer cette moitié droite que je ne voyais plus qu’à coups de brusques éclairs d’un furtif mouvement de l’œil dans son orbite, je complétais l’exploration de ce monde extérieur devenu hostile, en m’aidant de la main droite qui se baladait partout, parfois malencontreusement aux risques de réprobations scandalisées.

 

Bien qu’imparfaitement, je domine beaucoup mieux tout ça maintenant. J’ai acquis une grande habileté de manœuvre et j’ai retrouvé une vie normale.

 

Avec l’aide de ma sublime épouse, compagne discrète, héroïque et tenace, je reconstruisis lentement mon univers professionnel. Elle tenait des comptabilités dont j’assurais les bilans et déclarations fiscales.

 

 

Dans notre maison de campagne où nous nous étions réfugiés (et cachés) pendant les grandes vacances de juillet-août, (c’était arrivé en juin) patiemment, elle me soutint, vérifiant mes travaux, les corrigeant sans cesse. Au début, ils se limitaient aux longues et fastidieuses additions. A l’époque, l’informatique comptable n’était pas encore venue les éliminer.

 

C’était infernal, moi qui avais toujours été performant dans cet exercice, je n’arrivais plus à aligner une série de chiffres correctement. Maintenant encore, je suis obligé de me vérifier : seule une grande concentration me permet de reproduire correctement un chiffre. Je ne sais quelle aberration mentale me fait encore lire un chiffre et en inscrire un autre…

 

Instinctivement, je me forçai à ce que j’appelai « le double contrôle » qui consiste d’abord à lire et inscrire le nombre et ensuite de le vérifier dans une seconde lecture-contrôle.

 

L’avènement des programmes informatiques comptables qui apparurent sur le marché peu de temps après, en supprimant les additions, ces abrutissantes et fastidieuses corvées de notre métier, tomba bien à pic pour moi. Tout le monde sait que c’est un des nombreux avantages que cette nouvelle technique apporta comme je le soulignai plus avant.

 

Cet intermède dramatique de rééducation dura trois mois. J’avais retrouvé une partie de mes moyens et avec grande appréhension me lançai, fragile et amoindri, dans la bagarre de la reconquête de mon milieu professionnel.

 

{4} Ce fut cauchemardesque au début. D’abord, je dus dominer ma terreur de conduire un véhicule. La demi-vision me donnait un sentiment angoissant d’insécurité. Cette moitié droite que je n’explorais qu’à coup d’éclairs d’images furtives m’obsédait de l’éventuelle apparition de véhicules prioritaires surgissant impérieusement à ma droite.

 

J’avais pris la sage précaution d’avertir mon assureur qui, assez inconscient d’une infirmité peu courante (si ce n’est chez des individus séniles qui ne conduisent plus), m’autorisa la conduite d’une voiture sous condition suspensive de revoir sa position en cas d’accident à mes torts.

 

Moi qui n’avais connu que de rares accrochages, je me rattrapai mais toujours en plein droit de priorité de droite. Le « topo » était toujours le même : la « queue de poisson » que des effrontés n’hésitaient pas à risquer, habitués à ce que les conducteurs s’inclinassent devant leur arrogance.

 

Je freinais souvent à la dernière minute en évitant l’accrochage. Un jour un collègue facétieux, peu conscient de mon handicap ou ne l’ayant pas compris, se permit par blague gamine, de me couper, alors que nous roulions à très vive allure en pleine autoroute.

 

Comment en sortîmes-nous vivants, tous les trois, car il avait un passager. Allah (pour ne pas toujours se référer au même) seul le sait ! Son passager me rapporta après qu’ils en sont restés tous les deux malades et pâlots toute la journée.

 

Comme je l’appréhendais, les premiers mois pendant lesquels je m’efforçai de réintégrer mon milieu professionnel furent atroces. Aucune pitié, ni considération : j’étais l’imbécile qui avait fait le « con ».

 

Malgré ma demi-vue, j’avais suffisamment de subtilité visuelle pour saisir les sourires moqueurs et les gestes peu amènes qu’ils faisaient en aparté ou dans mon dos.

 

Dans ma nuit de misère,

J’ai entendu ricaner les chacals,

L’appel long des hyènes


J’ai vu voler les vampires,

J’ai connu le froid des regards

J’ai perçu la lueur de l’ironie,

Si lointaine, perdue

Au fond de petits yeux mous.


J’ai connu la blessure

Que torture la bête cruelle.

J’ai vu l’âme sale

Des anges noirs,

Les longs ricanements

Des anges fourbes.

 

Mon patron lui-même, le joyeux Français de Rennes, que j’avais servi avec dévouement et tant de fidélité, fut dans un premier temps impitoyable, convaincu que le meilleur service qu’il pouvait me rendre était de me décourager et me renvoyer chez moi avec un statut favorable qu’il était prêt à défendre auprès des maîtres de notre groupe.

 

C’était sans compter avec le tempérament que la vie m’avait donné en me poussant à toujours me relever quand j’avais un « genou à terre », même si, ce qui fut le cas, je devais m’y reprendre avec une obstination de brute.

 

Le prochain "billet" sera consacré aux difficultés que j'ai rencontrées pour reconquérir mon milieu social et professionnel, dans un  dur combat inégal dans un entourage méprisant (j'étais l'imbécile qui avait fait "le con"), soutenu cependant par certains alliés (amitié, foi en mes facultés de récupération ou opportunité)

 

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18/05/2010

Ch. 24 a - La conscience de l'homo sapiens

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère au début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le dernier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) du site (e-monsite ) que j’ai créé permettant de consulter les sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)  Cliquer sur le dossier recherché pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 24a - La conscience de l'homo sapiens


Avant toute chose, il est important de bien définir un concept qui caractérise l’homo sapiens, qui est né et s’est vraisemblablement développé avec l’intelligence et qui s’appelle : la conscience.

 

Dans le développement de ce préambule, je m’en tiendrai au sens premier étymologique et philosophique du terme donné par les dictionnaires, réservant pour la fin du chapitre certaines considérations sur son sens occidental religieux hérité de l’humanisme chrétien.

 

Selon Hachette, il s’agit de l’intuition plus ou moins claire qu’à l’esprit de lui-même, des objets qui s’offrent à lui ou de ses propres opérations.

 

Littré énoncera que c’est le sentiment de soi-même ou un mode de sensibilité générale qui nous permet de juger de notre existence : c’est ce que les métaphysiciens nomment la conscience du moi.

 

Pour Larousse, ce sera la connaissance intuitive ou réflexive immédiate que chacun a de son existence et de celle du monde extérieur.

 

Et le Grand Robert énoncera en priorité que c’est la faculté qu’à l’homme de connaître sa propre réalité et de la juger.

 

Dans une synthèse claire de ces quatre définitions, je formulerai que la conscience est la connaissance intuitive ou réflexive immédiate que nous avons de nous-même et de l’environnement extérieur qui nous permet de juger de notre existence et d’affirmer notre individualité.

 

Je pense donc je suis disait Descartes, manifestant ainsi de manière lapidaire la perception intelligente de son « ego » - « To be or not to be » dit Hamlet, en contemplant un crâne.

 

Affirmer son identité, découvrir sa personnalité sont des manifestations intelligentes que nous mettrons quelque temps à percevoir et prétendre. Le petit enfant parlera de lui à la troisième personne comme d’un autre.

 

Le « moi » deviendra obsessionnel et exclusif quand l’entourage des autres et le familial en particulier, lui aura fait découvrir les avantages de l’égocentrisme.

 

Cette identification, qui sera d’abord physique, en appelle une autre qui est l’apanage de l’homme performant du vingt et unième siècle, à savoir : l’affirmation de sa pensée, siège du raisonnement et de l’imagination soutenus par la mémoire.

 

{2} Si je me suis permis ce long préambule, c’est qu’à ce stade de mon propos, je tiens à bien mettre en place tous les tenants et aboutissants d’un événement que je veux analyser en profondeur et qui a perturbé ma personnalité en bouleversant ma mémoire qui perdra la notion du passé récent et celle de son individualité.

 

La « pensée acquise » est le résultat d’un brassage d’idées, de sentiments exprimés, de concepts reçus et de toutes sortes de manifestations qu’elle a enregistrées, qu’elles soient intérieures ou extérieures. Elle s’est construite à partir « d’acquis personnels » mis en place en fonction du milieu éducatif qui lui est propre.

 

Cette délicate pyramide qui fait toute la grandeur de notre personnalité fut ébranlée et mise à mal par un événement malheureux que la destinée me réservait et qui fut marqué par la plus incroyable malchance qui ne peut que révolter celui qui en est victime.


Je laisse à mon compatissant lecteur qui va prendre connaissance des pages qui suivent, le soin d’en juger par lui-même.

 

Depuis quelques années, je participais aux « vingt kilomètres de Bruxelles », semi-marathon qui se déroule dans la ville chaque année, au début du mois de juin.

 

Cette année-là, en 1983, j’avais, par inadvertance, omis de m’inscrire dans les délais voulus. Je m’en consolais, car le printemps avait été particulièrement pluvieux et froid, ce qui avait retardé la mise en place de mon potager de la campagne.

 

Aussi je comptais profiter du retour brutal, fin mai, de conditions climatiques plus clémentes mais particulièrement chaudes pour combler ce retard.

 

J’avais fait part de cet oubli à notre « garçon de course » de Labofina qui s’était enquis de ma participation. Hasard, ce jour-là, par distraction (malheureuse pour moi), il dut retourner à l’hôtel de ville de Bruxelles qu’il venait de quitter pour récupérer un document oublié, ce qui lui fit croiser inopinément (nouveau coup d’un hasard malheureux) un responsable de l’organisation du semi-marathon qu’il n’avait plus vu depuis belle lurette et à qui il pense m’être agréable de demander un passe-droit « in extremis ».

 

A la suite d’un désistement de dernière minute, (nouveau croc-en-jambe du destin) son interlocuteur venait de récupérer ce qu’il fallait pour participer (dossard et instructions) qu’il refila, réticent, à notre dévoué coursier. Triomphant, celui-ci me l’amena, assez fier de l’importance de ses relations.

 

Je jouai la comédie de la reconnaissance tout en m’inquiétant cependant de cette pression supplémentaire sur mon calendrier gonflé.

 

La veille de l’épreuve, un samedi, je jugeai urgent de labourer les vingt ares de mon champ de « patates » et de mon potager qui se trouvaient toujours en repos hivernal. Ce fut particulièrement pénible, le terre argileuse détrempée freinait mon motoculteur que je devais aider en m’arc-boutant dessus.

 

Je me présentai le lendemain, près de deux heures à l’avance, pour être bien placé non loin de la ligne de départ, apparemment en bonne forme malgré tout et après avoir en guise de mise en jambes (sottise de ma part), couru les quelques kilomètres qui séparent mon domicile de la sortie du Cinquantenaire où se situait le lâcher des concurrents.

 

Bien placé, à quelques mètres du « starter », stoïque, je patientai en suant sous un soleil particulièrement ardent (nouvelle saloperie du destin) pendant près de deux heures, au milieu d’une foule impatiente de concurrents de plus en plus piaffants, qui s’étaient amassés comme moi en vue du départ.

 

Il fut enfin donné et je tins bien le coup pendant la première heure, assez fier d’une condition physique qui ne pouvait que m’enivrer. Euphorique, je courais souplement, détendu, provoquant même des plus jeunes que moi.

 

J’aurais dû prendre garde aux effets trompeurs de l’acide lactique qui se déverse dans la musculature pendant un effort prolongé pour estomper la douleur musculaire en la remplaçant par un bien-être ineffable et un sentiment de puissance incomparable.

 

Je les ressentais sans m’en méfier, tellement à cinquante-quatre ans, après un parcours médical aussi chaotique que fut le mien, j’étais glorieux de ma réussite sur tous les plans qu’ils soient familiaux, professionnels, culturels ou physiques.

 

C’était en quelque sorte mon apothéose à moi, il me semblait que cette foule qui nous applaudissait ne s’adressait qu’à moi et que je monterais seul sur le podium pour m’envelopper de sa ferveur…

 

Pourtant, dans la seconde partie du parcours, je commençai à ressentir une légère douleur épigastrique accompagnée d’une soudaine impression désagréable de grande lassitude. Je continuai cependant, persuadé que c’était passager et que je devais comme disent les sportifs, trouver mon second souffle.

 

Il ne vint jamais, bien au contraire ; plus j’avançais, plus m’écrasait un sentiment de profond épuisement. Pourquoi, ne me suis-je pas arrêté alors ? Orgueil, fatuité, foi en soi, besoin de se surpasser,… peut-être aussi état d’inconscience qui n’autorise plus certains réflexes de défense… comme celui d’abandonner… !

 

Toujours est-il que je continuai comme un automate. La douleur au creux de l’estomac me broyait.

 

Je ne courais plus, je marchais… pour finalement tituber,… et me haler, hagard, dans la dernière côte, celle qui monte interminablement en partant des étangs de Woluwé pour aboutir aux arcades du « Cinquantenaire », fin espérée du calvaire.

 

Les spectateurs, inconscients du drame que je commençais, m’encourageaient, me soutenaient, me poussaient, me tiraient…

 

J’étais ballotté, flottant tel un zombie, avec autour de moi d’autres lamentables victimes d’une soudaine canicule, qui gravissaient lentement, vidés, l’interminable côte.

 

Et puis, j’aperçus une ambulance, stationnant de l’autre côté du terre-plein qui borde la voie centrale et je m’arrêtai.

 

Poussée par le seul réflexe de bon sens de ce jour de misère, la raison m’imposa d’avoir recours à cet humiliant secours.

 

Je crus reconnaître Benoit, mon fils, dans cet homme jeune qui me soutint jusqu’aux ambulanciers. Il était calme, pas très concerné et ne disait rien : c’était sans doute un autre qui lui ressemblait ou … son fantôme…

 

L’ambulance mit beaucoup de temps pour aboutir finalement, non loin de là, dans un grand espace aménagé par la croix rouge, avec des tentes bien alignées dans lesquelles un personnel, débordé par un afflux imprévisible des victimes de ce brusque changement de température, s’affairait pour parer au plus pressé.

 

Pendant le trajet, on m’avait fait boire une épaisse saumure, écœurante et lourde qui avait présenté l’avantage, ô combien providentiel, de faire disparaître comme par enchantement la crampe d’estomac qui me tenaillait depuis plus d’une heure. N’ayant pratiquement pas bu pendant plusieurs heures, j’étais complètement déshydraté.

 

Aussi je commençai à reprendre mes esprits et à me dire que ce petit incident ne serait tout compte fait qu’anecdotique.

 

Soumis et patient, j’attendis comme les autres la suite des événements et ma libération prochaine pour retrouver mon épouse et mes enfants qui devaient s’affoler de ne pas me trouver à l’arrivée.

 

J’avais, dans l’ambulance et lors d’un interrogatoire sous la tente, confié à mes interlocuteurs mes déboires médicaux et antécédents cardiaques, si bien qu’on crut sage de faire vérifier ça en établissement hospitalier.

 

Pas trop convaincu, mais forcément contraint, je repris place dans la belle limousine ornée de croix rouges qu’on laisse passer avec respect quand elle fonce tous phares allumés et sirènes hurlantes au travers des carrefours.

 

Sa destination programmée selon le scénario normal des organisateurs était les cliniques universitaires  Saint Luc  qui s’étaient drillées et organisées en conséquence. Mais l’inattendue révolution des conditions atmosphériques avait causé la saturation de services pourtant prévus pour affronter les situations les plus catastrophiques.

 

C’est ainsi que, récolté parmi les derniers du massacre, je fus transféré à l’hôpital  Saint Pierre, l’autre institution universitaire de Bruxelles.

 

Ce changement de « saint » ne me réussira pas : l’autre bien qu’hiérarchiquement supérieur ou du moins son personnel n’étant visiblement pas à la hauteur ou moins bien préparé,… jugez-en vous-même et relevez au passage la malchance qui me poursuivait toujours….

 

Une fois débarqué de l’ambulance, le reste se passa très vite. A peine étais-je étalé sur un lit, la bouche ouverte pour expliquer mon affaire, qu’un personnel excité, composé de stagiaires et de remplaçants, visiblement débordés, à la limite de l’incompétence, se jeta sur moi, me mit à poil, me piqua pour me calmer car je me débattais comme un beau diable… et me transféra sur un lit de glace où je ne tardai pas à sombrer dans l’inconscience la plus totale.

 

Mais que leur avait-il pris à ces nigauds en pleine panique ! Toujours est-il que l’histoire invraisemblable qui m’arriva bouleversera ma vie et celle des miens.


Une erreur d’identité (énième malchance), due à Dieu sait quel inconscient, avait trompé les autres qui étaient convaincus qu’ils devaient stopper les risques d’accident cardiaque qui menaçait celui qui dans la chambre à côté, avait mon nom inscrit sur la fiche pendue au pied de son lit.

 

Quand mon épouse et mon fils Patrick, avertis et affolés, vinrent me voir, dans la soirée, ils se retrouvèrent devant un individu dans le plus simple appareil, usurpant inconsciemment mon identité, mais alors dans un piteux état. (Signalons au passage que lui est sorti indemne de l’aventure, comme il me le fut rapporté après)

 

« Mais ce n’est pas mon mari ! » s’écria ma pauvre femme, d’où affolement, branle-bas de combat, cris, portes qui claquent,… on court, on se gêne, on s’invective…pour finalement arriver, grâce à une subreptice et discrète mutation de fiches, à leur présenter votre serviteur dans la chambre à côté de celle de l’innocent usurpateur, porteur de sa véritable identité, inconscient, étendu sur un lit de glace.


Il a beaucoup de température, prétendait un carabin suffisant, à qui mon épouse tendait en vain un thermomètre qui assurait le contraire. Mieux, elle se fit éconduire avec ces mots : «C’est nous qui sommes médecins, nous savons ce que nous faisons…. » - persuadé, sans doute, que j’étais mon voisin mal en point. C’est ainsi que malheureusement je restai trop longtemps (peut-être toute la nuit) sur ce matelas réfrigérant.

 

On conviendra volontiers à la suite de cette longue relation de mes avatars, que la chance avait vraiment décidé de se foutre de moi. Cependant, elle me réservait l’apothéose :

 

Après cet intermède sur mon lit de glaçons, bien rafraîchi comme une honnête bouteille de mousseux, j’aurais, si j’étais fait comme tout le monde, dû normalement me retrouver en pleine forme et ragaillardi par cette brève parenthèse « arctique » cependant « ravigotante ».

 

Ce ne fut pas le cas : la « glaciation » si je peux me permettre cet emprunt au vocabulaire géologique, de mes tissus cérébraux en avait détruit quelques-uns dont j’ai dû apprendre par la suite à me passer des fonctions importantes qu’ils géraient.

 

La vue, d’abord : hémianopsie que ça s’appelle. Notre œil reçoit une image au travers du cristallin pour en capter les différentes composantes (ou points) au moyen de minuscules cellules nerveuses qui les traduisent en impulsions cérébrales de la même manière que travaille une caméra de télévision qui les enregistre par ses pixels.

 

Une particularité propre aux vertébrés supérieurs consiste à partager cette image en trois zones de réception : la centrale qui ne capte que celle très réduite de la vision centrale, c’est celle de l’horloger quand il travaille avec son monocle grossissant, ensuite les latérales, gauche et droite qui se chargent bien entendu des moitiés gauche et droite de notre champ visuel.

 

Ce qui caractérise l’hémianopsie ou la perte par accident cérébral de la perception d’une partie de l’image que l’œil « voit » parfaitement comme tout le monde, c’est l’absence de signaux reçus par le cerveau, suite à l’interruption microscopique qui s’est produite accidentellement dans la chaîne de neurones qui les transmet.


Atteinte d’hémianopsie droite, ma vision cérébrale se limite à la partie gauche de mon champ visuel. (Ne parlons pas de la vision centrale qui je le rappelle se charge d’une zone très réduite du centre de l’image perçue).

 

Cette infirmité est très dure à subir. Par entraînement les yeux doivent s’efforcer de capter l’image complète en deux temps, pour la reconstituer en imagination. Je n’y suis pas encore parvenu valablement.

 

La lecture de gauche à droite pour l’occidental que je suis est fatigante parce qu’il faut la découvrir rapidement au fur et à mesure de son parcours central (comme si on faisait glisser un cache au centre de l’image perçue au fur et à mesure de la lecture horizontale) avec l’inconvénient en bout de ligne de perdre le repère de la suivante, puisque au retour le cache occulte le texte tout entier, y compris la ligne précédente.

 

La seule façon d’en sortir consiste à suivre avec un doigt le texte lu et avec l’autre de garder le repère de la ligne suivante. On conviendra dès lors que la lecture devient lente, contraignante, fatigante et perd une bonne partie de son charme.

 

Heureusement qu’il me reste l’écriture par traitement de texte comme je l’ai signalé dans l’introduction. Dans l’acte manuscrit, il y a le problème des fins de lignes que j’aperçois trop tard quand le mot est commencé et qu’il va s’achever en dehors de la feuille qui devrait le recevoir. Cela m’arrive de le faire, quand le support sous la feuille n’offre pas un contraste suffisant avec la page écrite.

 

Dans le blog suivant, je raconterai le calvaire que fut pour moi, la lente remontée de réintégration physique et mentale de mon milieu familial et social et le dur combat pour y arriver avec un mental et un physique convalescent et une demi-vue.

 

 

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09:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | |

14/05/2010

Ch. 23 g - Souffrance et anges de la terre

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

__

Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère au début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) du site (e-monsite ) que j’ai créé permettant de consulter les sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)  Cliquer sur le dossier recherché pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 23 g - Souffrance et anges de la terre.


Si je me suis étendu aussi longuement et d’une manière aussi détaillée sur cette période difficile de ma vie, c’est que dans ce sous-chapitre consacré à la souffrance, je tenais à compléter ma réflexion de certains éléments qui me sont venus à l’esprit à la suite de mon expérience.

 

{8} D’abord, en priorité, je tiens à magnifier le rôle de l’infirmière et de la femme dans ces moments de détresse et de solitude qui caractérisent ces périodes de torture physique.

 

Leur sourire est lumineux comme une étoile brillante qui perce des nuits obscurcies de nuages noirs et lourds. Vous la cueillerez au vol, cette expression du cœur, comme un oiseau furtif, quand il apparaîtra sur leurs lèvres ; vous la garderez au plus profond de vous-même, afin d’y puiser à son souvenir un peu de courage et de réconfort quand ça n’ira plus.


On s’accroche aussi à leurs beaux yeux doux quand ils passent et prennent pitié : on se plonge alors dans l’immensité infinie d’un regard de tendresse. On y aperçoit un peu de ciel bleu. On s’y abreuve d’espoir, l’espoir que ça va finir.


Mais surtout, il y a ces mains, ces si belles mains de femme, faites pour la caresse à l’enfant malheureux dans sa nuit de cauchemar,.. . faites pour rafraîchir un front brûlant,… faites pour trouver dans votre couche les plis qui font mal,… faites pour donner,… faites pour aimer… ces mains de femmes que Dieu, pour se faire pardonner, a envoyé à ceux qui souffrent pour adoucir leurs souffrances…


HYMNE AUX ANGES DE LA TERRE.

 

Vous avez dans les yeux

Des étincelles d’or

Qui tombent comme un baume

Sur les plaies des corps.

 

Vous avez dans les yeux

Des rires d’enfant clair

Qui cascadent en nos âmes

Déchirées et amères.

 

Vous avez dans les yeux

Des étoiles, des brillants

Qui sourient dans le ciel

Pour calmer nos tourments.

 

Vous avez les mains douces

Des mamans du cœur

Qui caressent la douleur,

Et apaisent les plaies.

 

Vous avez les mains chaudes

De l’amour .

Vous avez les mains tendres

De la caresse.

Vous avez les mains fines

De la tendresse.

 

Vous avez des mains de sœurs

Qui effleurent nos fronts brûlants

Vous avez des mains de fleurs

Comme un bouquet

De diamants.

 

 

{9} Comme je l’ai déjà mentionné par ailleurs, la souffrance physique fait partie d’un mécanisme de défense des organismes supérieurs (les êtres à sang chaud) qui leur permet de protéger leur intégrité physique. On peut supposer que les autres n’en sont pas ou peu dotés.

 

Avec l’évolution de la pensée chez les humains, cette réaction s’est intellectualisée en ce sens qu’elle préoccupe notre réflexion en la portant sur ses origines, ses raisons s’il y en a et sur la manière de s’en accommoder ou de s’en préserver.

 

De tout temps, et plus encore maintenant, des hommes « éclairés » s’efforcent de trouver remèdes et solutions : ceux des religions d’abord qui en feront leurs « choux gras », les médecins et les guérisseurs qui s’attaqueront aux causes avec plus ou moins de succès.

 

Dans un prochain chapitre, j’aborderai avec beaucoup de prudence le domaine délicat de l’accident cérébral, avec son cortége de souffrance psychique et de désarroi mental qu’il entraîne, ayant eu le désagrément de le subir en fin de carrière.

 

Tout au long des dix semaines que durèrent le « calvaire » que je viens de relater, je m’efforçai inlassablement de dominer, de maîtriser une réaction physique qu’une simple piqûre peut endormir, à l’instar des « fakirs » dont c’est le métier.

 

Si je n'y parvins jamais, ce sera vraisemblablement à cause d’un état général déficient. Je reste cependant persuadé que l'on doit est capable d’y arriver.

 

Depuis, je m’interrogerai souvent sur ce phénomène qui conditionne notre bonheur avec lequel il est difficilement compatible.

 

On dit que les saints en font leur félicité… mais ils ne feront jamais partie du commun des mortels… comme le disait si bien mon prof de religion et puis leurs « fidèles » n’en ont-ils pas rajouté !

 

Comment concilier bonheur et souffrance quand la torture physique est telle qu’elle encombre le cerveau de son envahissante présence ?

 

J’ose à peine évoquer ici le calvaire des martyrs en « phase terminale » comme on dit, que j’ai décrits avec angoisse un peu plus avant. Ils n’ont plus aucun droit à la moindre parcelle de bonheur et leur courage ne peut que nous inspirer respect et admiration.

 

Il reste alors le long cortège de ceux qu’un mal permanent, sans danger pour leur intégrité physique, agresse douloureusement. Je pense à tous ceux qui souffrent de douleurs de tous genres : migraineuses, rhumatismales, arthritiques, torturant les membres, les mains, les pieds, le cou, clients des rebouteux, stations thermales, acupuncteurs et autres.  Je songe plus particulièrement à une femme sublime de courage, tordue, appuyée sur une béquille, se traînant de sa voiture à son ménage, s'occupant de ses nombreux petits-enfants, de leurs travaux scolaires (il y a des orphelins de mère), toujours disponible sans se plaindre, héroïne inconnue.

 

Leur bonheur est difficile : ce sont des mendiants de bien-être qui se contentent d’un peu de répit dont ils se prélassent humblement, sans rien demander de plus.

 

Avouons que nous n’osons presque plus continuer notre parcours qui aboutit aux autres, dont je fus, ceux qui connaîtront la convalescence et la guérison, tellement cette situation paraît insignifiante en regard de la leur : momentanée, elle est éclairée par l’espoir de jours meilleurs, souvent enrichis d’un mode de vie plus sain.


En guise de conclusion, je me permets un certains nombres de réflexions qui me viennent à l’esprit.

 

L’intolérance mentale à la souffrance est un phénomène provoqué par la vie facile et le confort dont nous « les civilisés » bénéficions, les autres de par le monde vivent dans des conditions que nous ne supporterions jamais : il serait intéressant d’arriver à maîtriser, canaliser et dominer cette réaction en essayant de l’observer de l’extérieur pour en revenir à une saine notion d’un mécanisme qui peut être totalement psychique.

 

Cette distanciation qui demande un peu d’entraînement permettrait une décontraction psychique et physique autorisant une approche plus sereine de l’événement, même s’il y a douleur physique.

 

La pharmacopée actuelle de plus en plus performante propose des substances dont il faut se méfier des effets pernicieux ou de l’accoutumance. Il serait sage de ne les utiliser que d’une manière temporaire et complémentaire à d’autres actions.

 

Le bonheur malgré un état de souffrance tolérable et maîtrisé peut se concevoir chez des êtres forts, doués d’une volonté consciente d’y parvenir. Il serait heureux que nos maîtres intègrent dans leur enseignement des leçons sur la manière d’affronter la douleur et de la supporter sans adjuvants artificiels.

 

Il serait intéressant que dès le plus jeune âge on enseigne dans le cours de science les mécanismes nerveux qui créent ce sentiment d’inconfort et les différentes manières de les contrôler naturellement. Cette étude du phénomène permettrait d’en maîtriser les manifestations avec décontraction en l’analysant.

 

La souffrance physique est de plusieurs ordres : locale ou générale, intermittente ou continue. Quoi qu’il en soit, il faut la subir « animalement » pour la supporter et la tolérer. Y arriver est déjà tout un programme !

 

En fin de compte que sera-t-elle à côté de celle des animaux que nous avons l’outrecuidance d’appeler nos amis et qui la subissent héroïquement presque sans sourciller :

 

Le bourricot du Maghreb, aux pattes frêles et tremblantes croulant sous des charges impossibles, son maître, sans pitié, trônant par dessus et le frappant sans relâche …

 

Le cheval aux naseaux écartés, ouverts comme des tuyères, cravaché à l’extrême, éperonné sans pitié, les muscles saillant tels des viscères d’animaux éventrés,… à la limite de l’asphyxie (ne dit-on pas : crever sa monture…)

 

La poule en batterie, pattes ankylosées, condamnée journellement à sortir de son cloaque douloureux, distendu à se rompre, le gros œuf de notre petit déjeuner. (plus il est gros, plus il rapporte…)

 

Et la vache, debout, museau tendu par la courroie, le ventre ouvert à vif sous le couteau de la césarienne pour étaler dans nos assiettes le steak géant du « cul de poulain » qu’on vient de lui arracher de ses tripes sanguinolentes….

 

Et tous ces martyrs de notre santé, de notre esthétique et de notre confort, croupissant dans les laboratoires,… déformés, malades, agonisant, monstrueux mutants, déchets de vie…

 

Et enfin tous les animaux sauvages que la nature et les hommes torturent dans l’inconscience de leur sort ou l’indifférence à leur calvaire…

 

Vous, ceux que Saint François appelait nos frères, qui nous regardez avec les grands yeux tristes de l’incompréhension en gémissant le long spasme de l’infinie douleur…hurlez au ciel avec nous votre révolte et votre refus de la subir.

 

Quant à la mort, cette fin de vie qui nous attend comme le chante si bien Jacques Brel, ne devons-nous pas également nous éduquer à la subir sans angoisse, sans effroi, avec maîtrise, dans la décontraction totale de l’animal qui l’endure sans savoir… quoi qu’en disent par anthropomorphisme bon nombre de gens bien intentionnés ?

 

Je réserve pour la fin de mon bouquin, maintenant que les jours et les années se comptent pour moi, mes réflexions détendues sur le sujet en invitant mon patient lecteur à partager avec moi le sentiment de sage plénitude et de profond bonheur que j’ai l’ambition de lui communiquer en rédigeant ces pages.

 

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11/05/2010

Ch. 23 f - Épanchements péricardiques et pleuraux

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) du site (e-monsite ) que j’ai créé permettant de consulter les sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement.

 

 

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Ch. 23 g - Épanchements péricardiques et pleuraux.

 

Dans le sous-chapitre précédent, j'ai exposé l'importante intervention chirurgicale que j'ai subie de mise en place de pontages coronariens pour "by-passer" des artères bouchées par des athéromes (amas graisseux).  C'est une opération lourde qui nécessite trois chirurgiens (un pour prélever l'artère fémorale qui va être greffée sur le muscle cardiaque et les deux autres pour placer ces pontages ainsi qu'un raccord à l'artère mammaire (plus durable dans le temps).

 

Mes antécédents de tuberculeux ayant subi des pneumothorax (insufflation d'air entre les plèvres pour comprimer le poumon malade et favoriser la cicatrisation en l'immobilisant) ont favorisé la création de poches qui se remplissaient du produit d'une réaction séreuse qui peut être un effet secondaire de l'opération, celle-ci noya littéralement cœur et poumons en les écrasant de tout leur poids.  Courageuse, ma bonne pompe cardiaque s’en accommoda en comprimant le liquide à chaque pulsation.


Le système respiratoire, quant à lui, ne l’entendit pas de cette oreille et ne prétendit pas m’autoriser la position couchée.

 

Certains privilégiés du sommeil dorment debout ou assis . Très mauvais dormeur, je n’avais pas cette chance : je dois être allongé, sur le côté, bien étendu. Toute autre position me tient éveillé…

 

Un autre patient que moi aurait pu être soulagé par de régulières ponctions décomprimant le système respiratoire, ce qui lui aurait permis de s’étendre. Mais mes plèvres d’ancien tuberculeux, soudées par endroits, faisaient  que la sérosité s ‘installait comme elle le pouvait dans les multiples poches qui s’y étaient formées, rendant leur libération par ponction très difficile voire impossible.

 

Je tentai à l’aide de la manette qui actionne la partie dorsale du lit, de procéder à une descente progressive avec pause d’adaptation, dans l’espoir d’obtenir un déplacement lent de ce produit de la réaction pulmonaire, d’une poche vers l’autre pour transférer la pression verticale en horizontale, un peu avec le même résultat que de renverser une bouteille remplie d’un mélange de liquide et de solide.

 

Que nenni ! Je n’y parvins jamais, à chaque essai j’atteignais les limites de l’étouffement que j’évitais en me relevant brutalement, la bouche grande ouverte comme le plongeur à la limite de l’apnée.

 

Autre circonstance aggravant la situation, une scoliose (déviation de la colonne vertébrale) ne me permet pas de garder longtemps la position assise au lit ; aussi, après quelques heures, j’avais les reins cassés et la souffrance devenait intolérable. Les antidouleurs ne me soulageaient plus.

 

Comment décrire cette souffrance qui monte, insidieuse et irradiante, associant dos et bassin, lourde, s’infiltrant dans les fibres du système sensitif pour créer un sentiment de répulsion écœurant, insupportable.

 

Hébété, je serrais les dents, tentais de me soulager en arrondissant le dos. Le manque de sommeil que je n’arrivais plus à trouver, puisqu’il m’est impossible de dormir autrement qu’allongé, aggravait la situation.

 

Mon épouse qui devait faire face, en même temps, à ses obligations ménagères, familiales et professionnelles et les infirmières, ces anges qui passent dans vos nuits de cauchemar, firent tout ce qu’elles purent, massant le dos, calant des coussins de sable ou chauffants, me sortant du lit pour me promener dans les couloirs, accroché à leur bras… : je n’étais plus qu’un vieillard décharné en fin de parcours…

 

L’indicible souffrance se corsait d’une autre irradiant le bas-ventre. Conséquence fréquente du choc opératoire, un blocage intestinal s’était produit au niveau de l’ampoule rectale, transformant les fèces en bloc compact, dur comme la pierre.

 

La seule solution envisageable était l’intervention manuelle. Deux courageuses et patientes infirmières avec beaucoup de douceur et de gentillesse s’évertuèrent à me libérer, l’une maintenant le fondement écarté, l’autre, du doigt ganté, s’efforçant, sans blesser une chair à vif, de briser un bloc grisâtre afin d’en ramener des morceaux comme du granit qu’elle alignait en trophée sur un linge étalé à ses côtés.

 

Malgré l’infinie délicatesse de ces petites mamans du bébé que j’étais redevenu, ma muqueuse anale, blessée, irritée, écartelée, douloureuse vint grossir le cortège de mes organes violentés. Malgré le peu de nourriture que j’absorbais difficilement, le blocage se reproduisait et la séance de concassage aussi.

 

Environ trois semaines après l’opération, comme je finis quand même par aller un peu mieux, les médecins me renvoyèrent chez moi bien qu’à l’état d’épave, estimant que je n’étais pas en danger et que le temps finirait par tout arranger.

 

Les deux semaines qui suivirent furent atroces. Les épanchements pleuraux ne se résorbaient pas.

 

Je travaillais une petite heure, puis m’écroulais dans le lit, hagard, sans pouvoir me coucher. Les nuits, sans sommeil, étaient interminables et, surtout, il y avait cette infinie et sournoise douleur dorsale qui ne cessait de me torturer… jusqu’à l’écœurement…

 

Je rassemblais mes forces et mes esprits pour utiliser au mieux les quelques moments de répit qui me restaient encore pour effectuer des travaux comptables urgents. (On approchait de la fin mai, période des clôtures de bilans et des assemblées générales).

 

Après une quinzaine de jour, privé de sommeil, mon cerveau s’enfonça de plus en plus dans l’abrutissement. Ma vaillante épouse me soutenait, m’aidait, m’encourageait, s’efforçait de me remplacer là où elle le pouvait.

 

Elle finit par appeler mon médecin-traitant en l’alertant par ces mots : « Si vous ne faites pas quelque chose, mon mari va mourir… ».

 

Comme il la connaissait bien et se fiait à son jugement, il prit la chose au sérieux et contacta un vieux cardiologue très expérimenté qui me prit en main et me fit retourner à l’hôpital Saint Jean.

 

On refit des examens, des analyses et patiemment, le vieux praticien ponctionna chacune des poches en ayant soin d’y injecter un antibiotique performant.

 

Il livra un patient combat qui dura une quinzaine de jours parce que le liquide même assaini comme l’eau de la fontaine, s’obstinait à revenir : une sorte de réflexe réactionnel s’était mis en place dans mes tissus pleuraux, les remplissant sans discontinuer.

 

Une victoire progressive fut cependant au bout de ce long combat et je pus reprendre mes activités "à petits pas" dans un état de faiblesse extrême. Il était temps, le mois des clôtures comptables et des déclarations fiscales était bien entamé et il y avait urgence de remplir mes obligations professionnelles.

 

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07/05/2010

Ch. 23 e - Pontages coronariens

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère à la fin de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le dernier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) du site (e-monsite ) que j’ai créé permettant de consulter les sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)  Cliquer sur le dossier recherché pour l’obtenir immédiatement.

 

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Ch. 23 e - Pontages coronariens

 

Après cette évocation d’une expérience vécue de mort imminente, et des réflexions métaphysiques qu’elle a suscitées, je passerai sous silence maintenant la relation d’un accident cérébral dont je fus victime pour lui donner la place qu’elle mérite dans un prochain chapitre que je compte consacrer à la « conscience de l’homo sapiens ».

 

Pour clôturer ce long chapitre réservé au bonheur subordonné à la capacité de dominer l’inconfort physique qu’est la souffrance qui marque la plupart des « fins de vie » de l’être humain, je vais me permettre d’analyser en l’expliquant l’expérience, à la limite de l’intolérable, que j’ai eu le désavantage de subir en 1987.

 

{7} La souffrance est une réaction de défense des être vivants évolués qui est transmise au cerveau pour la traduire en réflexe protecteur du danger d’atteinte à l’intégrité physique. Elle est accompagnée d’un inconfort cérébral appelé douleur. Si on endort une zone agressée, les neurones ignorent le message et s’abstiennent de toute réaction motrice puisque le cerveau ne l’enregistre plus.

 

Avec l’évolution de son intelligence, l’être humain a intellectualisé le phénomène qui conditionne maintenant son existence. A la souffrance physique sont venues s’ajouter les souffrances psychiques, morales, sentimentales, tout aussi cruelles que dévastatrices du sentiment de bonheur.

 

On constate que plus les sociétés sont évoluées, plus cette intellectualisation d’un mécanisme de défense s’amplifie, et devenue cérébrale, se révèle le plus souvent source de souffrance morale.

 

En renfort de ces allégations, constatons que nos civilisations industrialisées et démocratiques actuelles nous font bénéficier de conditions de vie améliorées et de loisirs plantureux,  mais qu’elles nous laissent dans un état permanent d’insatisfaction, fragilisés face aux aléas de la vie et clientèle potentielle des psychiatres et gourous guérisseurs.

 

En 1987, à l’âge de 58 ans, j’ignorais pour ne l’avoir jamais subie, la souffrance physique. La maladie m’avait souvent accompagné en m’épargnant toutefois la torture physique de la souffrance extrême à laquelle, témoin impuissant, j’avais tant de fois assisté chez les autres et qui m’a tant révolté, ainsi que relaté par ailleurs.

 

{5} A cette époque, différents signes précurseurs de problèmes cardiaques se manifestèrent, à tel point que les cardiologues consultés préconisèrent une intervention chirurgicale devenue banale de mise en place de pontages coronariens.


J’y suis allé, très flambard, et confiant en mes facultés de récupération. J’étais persuadé, fort de mes expériences précédentes, que tout se passerait facilement et que, passé les quelques désagréments des premiers jours, ce ne serait qu’une répétition des  « aventures »  du passé dont j’étais bien sorti  en fin de compte.

 

Je déchanterai très vite !

 

Entré en clinique la veille de l’intervention, je passai une bonne nuit calme, aidé par je ne sais quoi dans une petite pilule rose. Le lendemain matin, je dus passer par la traditionnelle formalité prévue en l’occurrence : le rasage pubien. Je ne vais pas me priver du « plaisir » de vous relater mon expérience en cette matière pour l’avoir subie quelquefois.

 

Au lieu de vous envoyer pour vous mettre à l’aise une «rombière routinée » qui ne s’étonne plus de rien, on choisit une toute jeune et rougissante débutante qu’on veut sans doute aguerrir.

 

Elle s’amène, pas très rassurée, en brandissant un « rabot » bon marché dans une main et un essuie-éponge dans l’autre.

 

Vous avez vite compris que ce n’est pas le menton qui est visé et rejetant draps et couvertures, offrez votre anatomie aux yeux prudes de la jouvencelle.

 

Certaines alors se plongent dans un mutisme dédaigneux qui vous remplit de complexes,… d’autres par contre, voulant se (et vous) détendre, se lancent dans une explication inutile sur la qualité des rasoirs à « cinq sous » qui se sont avérés irremplaçables pour ce genre d’opération. (Vous en douterez quand par la suite vous aurez l’impression qu’on vous a flambé le bas-ventre comme le croupion d’une volaille à rôtir.)

 

Commence, alors, un exercice compliqué pour la jeune personne : opérer en évitant de toucher un organe qu’elle appréhende de lui voir sauter dessus.

 

Quant à la victime forcément consentante, pour se distraire et éviter des comportements gênants, elle contemple en esprit un beau ciel bleu avec des petits oiseaux qui font « cui-cui ».

 

On lui demandera à cette victime de l’hygiène chirurgicale, d’écarter les jambes ou de les lever et, en rougissant davantage, de livrer au feu du rasoir l’intérieur des cuisses tout en suggérant, au paroxysme de l’écarlate, de « l’ »écarter (le «l’» désignant pudiquement celui dont, autant l’un que l’autre appréhendent  les manifestations).

 

L’opération terminée, on se sent tout nu, tout nu, et ridicule tandis qu’ « il » paraît énorme et encombrant au bas d’un pubis glabre d’un gris blanchâtre tristounet. Peu fier, on s’empresse de rabattre les couvertures sans se douter que ce n’est que le début d’une longue série d’humiliations.

 

En effet, en pyjama (on n’a pas toujours l’occasion d’enfiler une robe de chambre pour se donner l’allure relax d’une vedette de cinéma) la prestance en subit déjà un fameux coup, mais ce n’est rien à côté de la mascarade qui vous attend quand dépouillé de vos vêtements vous vous couvrez de ce qu’on veut bien vous donner : deux manches reliées par un plastron qui se noue dans le cou sans rien camoufler du tout, mais surtout vous humilie au plus haut point.

 

Ne parlons pas de l’avant, spectacle indescriptible de ridicule que vous tentez d’atténuer en vous penchant, ce qui n’arrange pas l’envers du décor, en mettant davantage en valeur un arrière-train rosâtre chiffonné par l’age et les draps du lit.

 

Le ridicule ne tuant pas, vous en sortirez vivant bien entendu, mais vous vous sentirez devenir tout petit, tout petit, et peu enclin à défendre une quelconque image de marque : je n’irai pas jusqu’à prétendre que ça fait partie d’une mise en condition prévue par les toubibs.

 

Mais revenons au début de l’intervention qui nous occupe, quand une adorable infirmière succéda à la petite débutante chargée de la mise « en forme » pour la suite des événements. Elle m’injecta en intraveineuse une drogue qui devait compléter le travail de la pilule rose de la veille. Je ne me souviens même pas de l’avoir vue retirer l’aiguille, tellement l’effet fut foudroyant et m’envoya dans les nuages.

 

Ensuite, je m’éveillai avec, devant les yeux, un minois charmant dans une blouse blanche qui disait : « Il a les yeux bien ouverts… » et constatai avec stupéfaction que j’avais la bouche grande ouverte sur une sorte de tube enfoncé dans la gorge.

 

Je supposai que les « hostilités » allaient commencer et un peu inquiet quand même, j’attendis que l’anesthésiste qui avait dû rater son coup m’en remette une « dose ».


Une autre forme blanche que j’entrevoyais de côté me faisait des signes comme pour me dire au revoir. «Hou, hou… » qu’elle faisait. Je trouvai la plaisanterie très déplacée envers quelqu’un qui risquait de ne pas revenir du tout.

 

La forme blanche continua : « Il est bien éveillé… » et toutes les deux avec des « Hou…hou… » et des « Monsieur, Monsieur… » à n’en plus finir menaient un tel tapage en agitant les bras que je commençai à me demander ce que c’était que ce « cinéma » comme on dit à Bruxelles.

 

Mon cerveau embrumé commença à s’éclaircir et je réalisai alors, avec la satisfaction que l’on devine, que tout était terminé et que les deux braves filles qui m’accueillaient comme celui qui revient d’avoir vaincu l’Everest, avaient pour mission de me maintenir en éveil. (Il paraît que c’est très important après une longue anesthésie)

 

Après avoir cligné suffisamment des yeux (c’est tout ce que je pouvais faire, tellement j’étais « entubé » et « ligoté » de partout) pour les convaincre de la réussite de leur entreprise, elles consentirent à me laisser tranquille tout en me pinçant le pied. (Ca voulait sans doute dire « bye-bye », ou bien « brave vieux » ou encore « bon courage »).

 

Elles m’avaient glissé dans la main, avant de partir, une poire-sonnette en m’invitant à les appeler si ça n’allait pas. De toute façon, j’appris par la suite que j’étais relié à un tas d’appareil qui me surveillaient dont l’un d’ailleurs scandait mes pulsations cardiaques en me rappelant les feuilletons médicaux de la télévision.

 

Le reste sera moins drôle. Dès que les filles furent parties, je me mis à ressentir les pires choses. Mon thorax défoncé commença à s’embraser comme si j’avais inhalé toute les vapeurs du Vésuve en éruption. J’étouffais et me dis que j’allais y passer si on ne faisait pas quelque chose, aussi j’appuyai frénétiquement sur la sonnette.

 

Elles vinrent tout de suite, une pour basculer le lit vers l’arrière, l’autre pour m’enfoncer un tuyau. J’avais la gueule ouverte du hareng saure pendu au crochet du poissonnier avec dedans un truc flexible qui m’encombrait la trachée pour pomper un tas de « bave » qui gargouillait comme le fond d’une mare putride.

 

Le souffle retrouvé, je pus me consacrer entièrement au plomb fondu qui me transformait en dragon crachant le feu de ses entrailles embrasées. Cela dura une éternité ; de temps à autre un « ange » répondait à mes appels de sonnette désespérés pour « ramoner » le tuyau, encombré de ce que mon organisme rejetait.

 

En intermède, pour mieux me faire atteindre les limites de « l’indicible souffrance », un « démon féroce », en salopette et toque bleue avec des grosses lunettes noires, venait, de ses doigts griffus, comprimer un thorax à peine refermé et maintenu par des ligatures de fil d’acier inoxydable, jusqu’à ce que je toussasse et que je crachasse toutes les matières purulentes que mes tissus révoltés éliminaient continuellement dans le système respiratoire.

 

Si on n’en « crève » pas, ça finit par s’arranger et on peut penser à une convalescence méritée. Je n’eus pas cette chance. Mes antécédents pulmonaires dont la « faculté » n’avait pris garde, tellement le pneumothorax était oublié, me prédisposaient aux épanchements péricardiques et pleuraux qui se manifestèrent avec un empressement qui ne me convenait guère.

 

Dans le prochain sous-chapitre, apitoyé sur mon sort de l'époque, je raconterai cette période misérable de ma vie où je vécus les pires misères dont le manque de sommeil qui fait friser la folie et la souffrance angoissée des asthmatiques qui étouffent à la limite de l'asphyxie.

 

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04/05/2010

Ch. 23 d - Infarctus du myocarde

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Propos d’un octogénaire provenant

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élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

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et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le dernier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) du site (e-monsite ) que j’ai créé permettant de consulter les sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)  Cliquez sur le dossier recherché pour l’obtenir immédiatement


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Ch. 23 - Infarctus du Myocarde

 

{2} Après avoir été le témoin bouleversé du paroxysme de la souffrance que peut subir un être humain, je tiens maintenant à compléter un dossier que j’ai eu l’audace d’ouvrir par la relation de ma propre expérience et des considérations (très personnelles) à la base desquelles je me suis permis de disserter.

 

Le 4 juin 1977 était un de ces beaux jours pré-estivaux dont ce mois nous gratifie généralement. J’avais terminé une journée difficile par une soirée laborieuse qui m’avait permis d’achever dans la nuit un important document fiscal qu’il fallait rentrer au plus tôt. Aussi ce fut avec grand soulagement que, vers une heure du matin, j’allai avec mon épouse poster l’envoi.

 

Nous en profitâmes pour goûter la quiétude et la sérénité d’une nuit étoilée, parfumée de la senteur des arbres et arbustes des avenues et jardins en pleine folie reproductrice.


En nous couchant, nous appréciâmes tout particulièrement la fraîcheur des draps que nous avait réservé notre lit largement ouvert devant des fenêtres qui l’étaient tout autant.

 

Détendu, je me laissais envahir par la douce torpeur précédant l’aube latente et un agréable sentiment de travail accompli. L’engourdissement et le sommeil qui s‘ensuivirent, contribuèrent à prolonger une ambiance de détente, nullement révélatrice de ce qui se préparait.

 

Vers sept heures, je fus réveillé par une sorte de crampe à l’estomac. Nullement inquiet et habitué à ce genre de désagrément comme la plupart des gens de la quarantaine un peu larges de la fourchette, je me levai pour avoir recours au remède de famille qui nous soulageait habituellement : le bicarbonate de soude.

 

Je m’en flanquai une dose de cheval pour avoir la paix, mais à ma grande et inquiétante surprise, sans effet… J’étais à l’étage supérieur et je regagnai ma couche péniblement, à la limite de l’évanouissement.

 

La douleur à l’estomac était devenue intolérable et irradiait sourdement dans le bras gauche. Je venais tout juste de lire un petit ouvrage sur l’infarctus du myocarde et c’est avec frayeur que j’en reconnus les symptômes.

 

Ma compagne, alertée, appela notre médecin traitant qui habitait assez loin et mit un certain temps à venir. C’est alors que je vécus une expérience étonnante qui  m’interpella longtemps.

 

Une douleur violente à la limite du supportable me tordait l’épigastre, irradiant la gorge et le bras de son grappin griffu, tandis qu’une sueur froide et morbide me baignait le corps…

 

Je crus mourir…un froid de glace se mit à monter lentement, partant des extrémités, d’abord des pieds et les des mains ensuite des jambes et des bras… C’était comme si j’entrais dans un processus de glaciation tel que l’ont vraisemblablement subi les êtres vivants des époques glaciaires.

 

Ce ne fut pas très long, car l’impossible douleur s’effaça, se centrant, se rassemblant symétriquement sur les parois d’un cône que j’apercevais se prolonger bien loin comme dans l’au-delà.

 

La souffrance se retira comme un voile de soie qui glisse en bas d’un corps qui se dénude, abandonnant la place à une béatitude immense et une soif irrésistible de connaissance.

 

Je pressentais que quelque chose de fondamental allait se produire… ; pourtant, pris de scrupule je m’inquiétai des miens , mais me rassurai : ils ne manqueraient de rien, j’avais prévu ma mort et mon épouse était formidable.

 

Je me souviens qu’à ce moment, j’écarquillai les yeux démesurément comme dans l’acte physique quand on ne veut rien perdre d’un spectacle : j’allais enfin savoir !

 

Au fond du cône, un point lumineux, incroyablement lumineux, semblait s’éloigner tout en m’attirant. Une sorte de bonheur physique m’enveloppait, me baignait d’un sentiment d’ineffable quiétude. Etais-je encore un corps, étais-je un esprit ?

 

Cette sensation se prolongea longtemps, hors du temps, avec une impression d’éternel voyage dans un train express qui s’emballe.

 

Et puis ce fut… la brutalité d’un réveil dans la réalité. J’étais sur ma couche, glacé de sueur froide et dégoûtante tandis qu’une main dans un gant de fer me broyait la gorge et me tordait le ventre ; une douleur lente, non localisable mais insupportable sourdait dans le bras gauche.

 

Mon toubib se pointa enfin et sa piqûre me soulagea à tel point que l’intolérable douleur disparut progressivement et que je sombrai dans une bienfaisante lassitude.

 

Une ambulance m’emmena groggy et irréel. Je crus voir des gens aux fenêtres, dans la rue, sur les toits, partout…tandis que je regardais avec eux la longue voiture qui m’emmenait, sirène hurlante et tous feux en alarme…

 

A mes côtés, un ambulancier me tapotait la main en me disant : « Ca va, Monsieur. », nous allions très vite car j’étais bousculé dans les virages…

 

Le reste fut rapide, j’avais repris conscience….. Les brancardiers couraient dans les couloirs et je voyais défiler les portes des chambres et celles de l’ascenseur. Ils me flanquèrent dans un lit compliqué entouré de machines et d’instruments qui l’étaient plus encore.

 

Le « pot » salvateur qui avait forcé mon fils Benoit à accepter sa naissance, m’a distillé dans les veines le fluide miracle qui me sauverait la vie. (C’est ce que je croyais mais j’appris par après que c’est surtout de la « flotte »,…qu’on appelle aussi sérum physiologique)

 

Je ne sais si cette « potion magique » me sauva la vie, mais il est certain que ce fut pour moi le début d’une existence nouvelle, une renaissance en quelque sorte.

 

J’étrennai d’abord une unité toute neuve que la clinique venait tout juste d’inaugurer  : la salle de « réanimation » comme on avait la « délicatesse » de l’appeler à l’époque (on dit maintenant « soins intensifs »).

 

C’est dire que je me trouvais en bonne compagnie de rescapés du grand saut final. Euphoriques comme moi (le « cordon ombilical » plongé dans nos veines se chargeait de nous droguer avec modération), mes confrères d’infortune étaient de joyeux drilles dont les jolies infirmières qui nous surveillaient en permanence, derrière une sorte de comptoir vitré, avaient bien du mal à maîtriser les emportements.

 

Dans le lit à côté de moi, une brave dame, seule du sexe, roulait des yeux horrifiés, tout en se trémoussant un « bide » qu’on voyait tressauter sous ses draps.

 

J’y restai huit jours et j’en garderai un souvenir « inoubliable ». J’étais physiquement très bien, l’infarctus est un accident « mécanique » de notre pompe de circulation sanguine et l’état général est amélioré par le repos et les adjuvants pharmaceutiques prescrits.

 

Après ce petit intermède apprécié en «communauté » de rescapés, je fus transféré en chambre seule, privilège gratuit que me réservaient mes assurances complémentaires.

 

C’était moins drôle, mais très agréable : plus de soucis professionnels ; programme : télévision et lecture, de nombreuses visites,… : ma famille, mes collègues, mes patrons aux petits soins pour l’avenir (ils avaient même prévu de réorganiser les bureaux pour m’éviter les escaliers) … et ma pitchounette tous les soirs… souvent tard… (on est très tolérant en chambre seule…) ; trois semaines que ça a duré !…

 

Ce fut un tournant essentiel dans mon existence. Un changement fondamental tant psychique que physique. Rentré chez moi, je bénéficiai encore d’un mois de convalescence en chambre : à l’époque, on prenait mille précautions avant de réinsérer une victime d’infarctus dans la vie professionnelle. Maintenant, quelques jours en clinique et deux, trois semaines de convalescence tout au plus.

 

Un jeune cardiologue, assistant du spécialiste qui me soignait, me prit en main et me conseilla, sans trop en parler à son patron, de faire régulièrement du jogging.

 

Je commençai tout doucement, quelques kilomètres … : quelques tours dans un parc proche. A la campagne, je m’habituais à courir le dimanche matin. J’avais commencé l’été et je rentrais en nage, le corps en feu, dégoulinant de sueur. La douche fut alors bienfaisante ; je la pris de plus en plus froide ce qui était très tonifiant.

 

C’est ainsi que je pris l’habitude de la prendre tous les jours et, spartiate, de me baigner dans l’eau froide, hiver comme été. J’avais constaté que cette dizaine de minutes d’ablutions glacées apportaient au corps une tonicité incroyable dont je bénéficiais une bonne partie de la journée.

 

Je me suis procuré les pommeaux de douche les plus puissants afin de provoquer une réaction circulatoire qui ne peut qu’être bénéfique que je prolonge en m’étendant dans l’eau froide de la baignoire pour bénéficier d’un grand moment de détente.

 

Maintenant que je suis "très vieux", je fais suivre cette douche "glacée" par une "très chaude"qui est très bénéfique car elle apporte l'avantage du "choc  thermique" (Il faut de l'entraînement).

 

je complète cette première mise en forme matinale par une bonne demi-heure de gymnastique, d’exercices d’assouplissement et de massage des zones du corps atteintes par les misères musculaires, articulaires, rhumatismales ou autres « réjouissances » que l’âge s’est empressé vicieusement d’y introduire.

 

C’est le prix à payer pour bénéficier ensuite d’une journée agréable, en bonne condition, l’esprit clair et dans un optimisme que n’altèrent aucunement les vicissitudes que la vie ne manque pas de me réserver ou de me « gratifier ».

 

Si dans ce chapitre particulier, je me suis étendu sur cet « accident » qui tout compte fait s’est révélé heureux, c’est surtout pour porter ma réflexion sur cette courte période pendant laquelle j’ai cru mourir.

 

Avec le plus de loyauté possible, j’ai souvent analysé ces quelques moments en évitant le piège tentant de l’affabulation, surtout quand on les raconte et qu’on veut étonner son public.

 

{6} Quelque temps après, j’eus l’occasion de lire un ouvrage traitant de la question : « La vie après la mort » ou quelque chose comme ça. Il y est relaté les entretiens avec différentes personnes qui prétendent avoir vécu une expérience dans l’antichambre de l’au-delà.

 

Ce qui est commun à (nous) tous, c’est le cône ou tunnel qui conduit à une sorte d’abstraction « ectoplasmique » de leur conscient physique qui donnerait l’impression de flotter au-dessus des événements.

 

Certains verront ainsi leur corps étendu sur leur lit mortuaire, entouré de leur famille désolée. D’autres vivront en « flash » des moments importants de leur existence. D’autres encore se perdront dans un univers de couleurs contrastées avec des éclairs de lumières vives mais bienfaisantes.

 

Avec le recul du temps et la sagesse d’une interrogation profonde, j’en arrive à conclure que ce que j’ai vécu (ou que nous avons vécu) n’est qu’un phénomène purement circulatoire qui amène une telle chute de tension que dans un premier temps la vision en est affectée (fuite dans un cône) et qui dans un second temps peut provoquer des réminiscences cérébrales par réveil de zones privilégiées du souvenir (évocation des moments majeurs de la vie).

 

Les autres phénomènes (vision de son corps dans la chambre funéraire), pour autant qu’ils soient exacts, sont du domaine du paranormal - je ne me sens aucune qualité pour l’aborder. Il est possible que nous soyons dotés d’un « double », comme le prétendent certains scientifiques sérieux, qui nous permettrait des prouesses inexplicables pour notre entendement.

 

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30/04/2010

Ch. 23 c - Passé perdu et présent trompé.

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des matières

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Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments ont été imposés à l'auteur par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui ont permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.


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Ch. 23 c - Le présent trompé.

 

La situation la plus dure, la plus révoltante, la plus injuste qui soit est celle qui résulte du présent trompé par l'enfouissement dans les brumes du passé d'actions et de qualités qui l'ont valorisé alors, pour n'offrir au regard du présent que l'apparence trompeuse de l'amoindrissement que l'âge et la maladie réservent à tant de ceux qui nous entourent.

 

Nombreux sont-ils à subir ce sort peu enviable !  Leurs contemporains, comme moi, souffrent avec nostalgie de les voir dévalorisés, méprisés et même raillés par ceux qui ne les ont pas connus autrement.

 

Ainsi fut-elle, la fin triste d'un grand monsieur, Robert Gillerotfondateur de notre Centre de Recherches, et longtemps président de son conseil d'administration, homme d'une qualité rare sur tous les plans, tant humain que professionnel et culturel.  J'avais pour lui la plus grande admiration, d'autant plus que j'avais souvent l'occasion d'apprécier sa culture et sa dialectique raffinée.

 

Je l'ai plusieurs fois rencontré plus tard en promenade dans les environs de mon quartier.  Au décès de son épouse, il s'était réfugié dans une « seigneurie » à quelques pas de là où il bénéficiait d'un petit appartement.

 

L'homme affable et disert que j'avais connu était devenu sombre et absent, mais toujours digne, il écourtait gentiment toute conversation comme si son cerveau ne voulait plus ou n'était  plus capable de cet effort de pensée.

 

Je le quittais alors, habité d'un sentiment de malaise angoissé en me rappelant ce qu'il était et au souvenir des entretiens animés dont m'honorait ce patron cultivé.

 

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Une cousine avait épousé un brillant officier, Albert Staf, ingénieur militaire, qui sera colonel commandant la place de Brasschaat, connue comme une des plus performantes en artillerie.

 

Lui aussi, doucement avec l'âge, sombra lentement dans l'absence.  Lui aussi, si cultivé, ne s'autorisait plus que de banales conversations sans intérêt.

 

Le plus navrant, c'est que l'environnement familial s'accommode mal de cette situation et perd lentement la considération dont il était l'objet.  Il deviendra celui dont on parle à mots couverts, avec des petits signes de connivence...

 

L'entourage est cruel et de plus, je crois, entretient inconsciemment cet état. En tant qu'observateur occasionnel, je fus révolté de pareille situation, car les quelques fois que j'eus l'occasion de m'entretenir avec lui, je pus obtenir une conversation aussi équilibrée et intéressante que par le passé.  Mais je l'avais abordé avec toute la considération que j'avais toujours eue pour lui : là était sans doute toute la différence !

 

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Une situation que j'ai tant à cœur de relater aussi et que je mettrais volontiers en exergue, tellement elle fut dramatique et injuste pour celle qui  la subit et que la destinée priva du fruit de ses mérites est celle dans laquelle se trouvera, à la fin de son existence, ma belle-mère, Française du Nord d'origine, ce qui lui donnera cette culture de langage que nous apprécions tant chez nos voisins.

 

Une santé considérablement fragilisée par une importante insuffisance cardiaque qui limitait considérablement son activité physique et un cerveau un peu embrumé par l'artériosclérose avait rendu la maman de mon épouse peu heureuse et nostalgique de son passé dynamique.

 

Comme toutes les femmes de son époque,  (elle était née avec le siècle en 1900) elle fut, à vingt et un an, embarquée tôt dans le mariage. Ce fut le début d'une existence difficile que les épreuves n'épargnèrent jamais.

 

A peine mariée, elle contracta la fièvre typhoïde qui s'était déclarée dans le Nord de la France, atteignant la plupart de ses proches et causant la mort de sa mère qui avait soigné tout le monde.  A l'époque, ce mal était tellement épidémique,  que l'entourage familial et médical gardait les distances et que ce fut mon beau-père, en quarantaine, qui la soigna avec un tel dévouement qu'elle s'en débarrassa rapidement.  Maintenant, la pharmacopée a enrayé ce fléau, incubé sournoisement dans les « miasmes » de la guerre des tranchées.

 

Mais les épreuves guettaient le jeune ménage.  Les méthodes contraceptives étaient alors rudimentaires et interdites dans les ménages chrétiens.  Aussi, dès que la maman fut remise de sa maladie grave, la naissance d'un petit garçon s'annonça-t-elle, le 4 juillet 1922.

 

Il était beau, bien vivant et annonciateur d'une période ensoleillée de bonheur pour le jeune couple.  Mais la cruelle destinée en décida autrement : après deux mois d'une trop courte vie, le bébé fut emporté par une dysenterie des nourrissons que la médecine de l'époque ne contrôlait pas encore.

 

Heureusement une courte accalmie se présenta l'année suivante avec la naissance en septembre d'un beau garçon qui reçut le prénom de Willy en souvenir du héros des ciels, Willy Coppens, qui émerveillait mon beau-père dans sa tranchée, en narguant insolemment les Allemands, les mitraillant de son avion.

 

Le plus dur les attendait encore.  Une ravissante petite fille vint au monde le 6 juin 1925.  Elle reçut le doux nom de Marie-Thérèse.  A dix mois, elle commençait à babiller délicieusement quand elle fut atteinte par une maladie d'enfant qu'on domine facilement maintenant, la coqueluche.

 

A l'époque, ce mal se compliquait facilement de broncho-pneumonie.  Ce fut ce qui l'emporta malgré tous les soins dont les parents affolés l'entourèrent.  Ce sera un deuxième petit cercueil blanc que mon beau-père portera dans ses bras en pleurant derrière un corbillard vide.

 

A la libération de Bruxelles, en septembre 1944, une lie populacière de bas étage se manifesta pour désigner à la vindicte générale les soi-disant « collaborateurs » ou partisans de l'occupant.  Ce fut le cas de la voisine de mes beaux-parents qui avait eu le « tort » d'accepter du travail en Allemagne.

 

Le feu fut mis au mobilier et affaires jetés dans la rue. Les flammes montèrent très haut menaçant les maisons.  Ce spectacle provoqua la naissance accidentelle d'un petit garçon que portait alors la maman de mon épouse.

 

Une accoucheuse voisine ne parvint à l'aider à mettre au monde qu'un petit corps sans vie qui avait subi avec sa mère le choc d'une indicible terreur.

 

Le destin douloureux de cette femme, remarquable d'altruisme, ne l'empêcha pas de participer activement aux nombreuses activités de son quartier, tout en élevant les quatre enfants qui lui restaient.  Dynamique et organisée,  elle se créait des disponibilités suffisantes pour collaborer activement aux actions de son entourage paroissial.

 

Pendant la guerre, elle eut avec son époux l'audace et le courage de cacher des petits enfants juifs qu'elle camouflait parmi les siens. C'était extrêmement dangereux, les occupants étant sans pitié pour ces actions et son mari risquant la déportation en Allemagne, souvent synonyme de mort.

 

Ce fut encore elle qui s'activa pour acquérir en 1939, donc juste avant  les hostilités hitlériennes, la « bonbonnière » située à quelques pas de la nôtre. C'était très risqué et audacieux, la guerre venait d'être déclarée opposant Anglais et Français aux Allemands.

 

Ce « coup de poker » lui réussit, la dévaluation importante de l'argent  que le conflit avait provoquée, allégea la dette mensuelle d'emprunt qui grevait le budget familial.

 

Pour moi ce n'était pas du tout la « belle-mère » des dessins humoristiques qu'on caricaturait à plaisir, brandissant l'éternel rouleau à pâtisserie.  Elle m'aimait bien et m'appréciait beaucoup.  Je regrette maintenant de ne pas le lui avoir rendu assez.

 

Après le décès de mon beau-père, elle éprouva des difficultés à se débrouiller seule dans sa maison de Woluwé bien que mon épouse l'aida quasi journellement.

 

Un matin que nous l'avions gardée à loger, nous l'avons trouvée paralysée, elle ne pouvait plus prononcer le moindre mot : c'était l'accident cérébral vasculaire dans toute son horreur.  Elle fut transférée en clinique, pauvre épave que la vie avait injustement maltraitée.

 

Cela n'a pas duré longtemps, deux jours tout au plus, nous allions la voir et nous garderons toujours comme dans un cauchemar la vision insoutenable d'un regard fixe et d'un front dur de révolte.

 

Sa fin fut terrible,... je n'oublierai jamais ses yeux amers, fixes et lourds qui semblaient nous regarder tous l'un après l'autre, enfants et beaux-enfants, comme pour nous interpeller.

 

Ô Mère courageuse,

Que la vie ne respecta,

Ô Mère courageuse,

Que le souvenir oublia.

 

Ô Femme audacieuse,

Qui affrontait les nuages gris,

Ô Femme audacieuse,

Qui, sous sa robe,

Cachait le petit des maudits.

 

Fière fille de France,

Digne des barricades,

Qui se levait à l'aube

Pour soigner ses enfants,

Et ceux des autres.

 

Noble maman de notre terre,

Tu portes sur tes épaules,

Avec tes sœurs, les autres mères

Toute la charge de l'espoir

D'un avenir meilleur

Pour les humains.

 

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Toi qui me suis dans ce poignant parcours, toi qui m'as rejoint dans l'admiration que j'éprouve pour la grandeur de ces titans de l'adversité, écoute maintenant avec respect la complainte triste du désespoir et le cri inhumain de la folie.

 

Il s'appelait Désiré Griffon. Il était grand, il était fort...une sorte de géant impressionnant ;  son épouse était toute menue, trottinant comme une souris.

 

Ils avaient été les premiers concierges de notre établissement, tâche qui fut lourde de responsabilité avant l'instauration de services de garde et d'équipes de nuit.

 

A la suite des problèmes de santé de l'un des deux, pour alléger leurs prestations, ils furent reconvertis, lui en laborantin et elle en assistante du magasinier.

 

Ils étaient touchants de tendresse. Par beau temps, on les retrouvait à la pause méridienne, main dans la main, assis sur le banc qu'avec attendrissement les promeneurs  leur laissaient sur la surface arborée et fleurie qui agrémentait les abords de nos installations.

 

Une fois encore, c'est ce robuste gaillard qu'insidieusement ce fléau des temps modernes choisit comme proie de son infâme appétit.

 

Son grand coffre de solide gaillard se consumait lentement, rongé par le feu intérieur qu'avait provoqué la fumée de ses cigarettes.

 

Il subira longuement une lente dégradation que son incroyable constitution  prolongea  indéfiniment. C'était insoutenable à subir,  j'allais le voir autant que je le pouvais :... son image de torturé m'obsédait.

 

Il me regardait avec des yeux de haine, comme si j'étais responsable de quelque chose,... peut-être parce que je représentais le pouvoir,... la solution de tous les problèmes que, depuis toujours, notre société paternaliste l'avait habitué à résoudre pour lui.

 

J'en cauchemardais dans un sommeil agité quand, en rêve,  il me transperçait de son rictus de souffrance.

 

Entre deux piqûres de morphine dont l'effet n'était que passager,  il me hurlait son agonie avec ses mots que j'entendrai toujours :  « Qui va me crever... ».  Il ne disait pas me faire crever, ...c'était encore plus pathétique...

 

Cela finira par arriver et sur son lit de mort, il ne restera plus qu'un souvenir qu'évoquait un costume démesuré... creusé d'absences, avec dans un col affaissé la pauvre tête décharnée d'un supplicié révolté.

 

Je l'ai regardé longuement, l'âme ulcérée, le cœur sec,... et un immense dégoût du monde.

 

A ses obsèques, nous tînmes à lui faire grand honneur. Nous étions deux directeurs et une quinzaine de techniciens et employés qui formèrent un groupe imposant qui se plaça directement après la famille dans le cortège qui le mena à l'église et au cimetière.  Les gens de sa région furent impressionnés par l'imposant bloc que nous formions derrière lui.

 

Pendant tout ce temps de misère, son épouse me suivait, son épouse me suppliait...son épouse se traînait dans mon sillage, accrochée à ce que je représentais... l'impuissance alors vide moralement, la charge qu'elle sous-tend interpelle...

 

Elle devint la pauvre veuve qui s'abîmait dans son misérable destin, tantôt  absente, tantôt douloureuse et pathétique, tantôt d'une exubérance aux portes de la folie...

 

Elle le fut ainsi, un jour, qu'elle nous arriva tôt le matin, presque avant tout le monde quand les caprices de l'horaire flottant n'avaient pas encore animé  les couloirs.

 

Coutumier de prestations matinales, je m'en occupai avec attendrissement, elle me paraissait si menue, si frêle et fragile.

 

Son excitation m'inquiétait bien un peu :  elle n'arrêtait pas de babiller comme une enfant... et de chanter toutes sortes d'airs de sa jeunesse.

 

Elle finit par accompagner mon premier visiteur que son joyeux badinage avait allumé dans les yeux et étiré, aux coins des lèvres, un discret sourire.

 

Elle s'est ainsi trimballée toute la journée d'un laboratoire ou d'un bureau à l'autre.   Par ma porte entr'ouverte,  je pouvais localiser l'endroit où elle se produisait, tellement ses chants et son discours suscitaient des rires et des applaudissements.

 

Au restaurant, une cour « amusée » se groupa à sa table, ce qui l'excita beaucoup,...  nous avons tous fini par l'écouter : jamais dans sa modeste vie elle n'avait connu autant de succès.

 

Peu de temps après, on m'annonça qu'elle s'était pendue à une poutre de son grenier....

 

Aux portes de l'enfer

Ils  sont agenouillés.

Ils ouvrent les yeux amers

Des lâchés d'un Dieu absent.

 

Condamnés car innocents,

Ils crient vengeance au monde

Qui les a abandonnés.


Ils traînent en désespoir

Un cœur balourd et sourd.

 

Ils abominent les jours,

Ils exècrent les nuits :

Ils ont perdu l'amour.

 

Ils ont vu la haine

Au seuil de leur folie.

Ils ont jeté l'eau sale

De leur vaste étang mort.

 

Ils se sont enfoncés

Dans un ciel de soupirs,

Ils ont croisé des oiseaux  noirs

Et se sont couchés pour un dernier soir.

 

 

Les lignes qui précèdent interpellent douloureusement.  Des nausées de révolte montent du plus profond de l'être sensible.  Pour peu qu'ils aient un peu de sens humain, des hurlements d'impuissance raclent le fond de la gorge des plus indifférents.  Si l'existence a un sens, quelle explication donner à cette fin de vie dans la torture ?

 

Aucune, vraisemblablement !  Toutes les croyances s'efforcent de justifier la souffrance physique  (ne parlons pas de la souffrance morale ou psychique qui est un réflexe ou une conséquence de l'intelligence)  qui, pour certaines, serait la punition d'une prétendue première faute d'orgueil, sanctionnée impitoyablement jusqu'à la fin de l'humanité et qui ne serait pas levée malgré son rachat par un Dieu fait homme.

 

Pour donner un sens à cet état, adversaire du bonheur, les religions inventeront la « résignation » .

 

 

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27/04/2010

Ch. 23 b - Les nouveaux martyrs.

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère à la fin de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur DOSSIERS (à droite).  La tables des matières avec repères est à la fin de la liste.

 

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui ont permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

 

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Ch 23 b - les nouveaux martyrs

 

J'aimerais, ami lecteur qui m'accompagne encore, maintenant que je m'enfonce dans un chapitre essentiel de mes souvenirs,... j'aimerais te raconter des histoires tristes, des moments durs voire insoutenables, révoltants parce qu'injustes, inexplicables sans l'excuse du hasard ... !

 

J'ai assisté, bras ballants, à la fin  d'êtres sensibles, réussites  de l'évolution des humains, modèle d'une civilisation d'amour rêvée par certains, exemple d'abnégation ou de « sacrifice »... qui  subiront devant mes yeux atterrés le sort le plus injuste et le plus atroce qui soit et la torture morale et physique que le plus coupable et plus immonde des assassins sadiques ne mériterait pas.

 

« Les desseins de Dieu sont impénétrables » disait-on dans mon catéchisme, tellement ajouterai-je maintenant qu'ils en deviennent absurdes.

 

Il y en avait deux qui l'aimaient ce Dieu, qui y croyaient avec grande intelligence, qui méritaient son amour, qui étaient digne d'être de ses élus privilégiés ... !

 

Lui se prénommait Jacques et son nom c'était André.  Jacques et André, des apôtres que Jésus de Nazareth aimait bien.  Elle portait le lumineux prénom de Claire.

 

Il était enthousiaste, une vision de lumière, une conviction de zélateur.... Brillant docteur en science, il était écouté, respecté par tous ses collègues qui s'inclinaient devant la pertinence de propos qu'il défendait avec une chaleur et une conviction que soutenaient des yeux que seul un chrétien comme lui pouvait faire briller.

 

Elle a consacré sa vie aux enfants sourds. Elle a la voix chaude de celle qui adoucit la souffrance comme un baume.  Quand elle parle de « ses » enfants perdus dans leur monde vide de sons, le monde du silence, sans chant d'oiseaux, sans murmure des sources, sans accords profonds sortis de grandes orgues.... sa voix se couvre mais s'anime, elle devient vibrante mais dure...  c'est un appel vers une aide lointaine...  c'est un cri qui vous saigne le cœur...

 

C'est elle que le « destin » a  « choisi ».  C'est elle qui assistera, impuissante et résignée, mais courageuse, à la lente dégradation de ce cerveau magnifique, c'est elle qui lui tiendra les mains, avec le courage de ses beaux yeux d'espoir accrochés à ce regard d'oiseau qui meurt.

 

Ami lecteur, viens avec moi, dans cette maison du bonheur, écoute pépier leurs deux enfants dans cette villa de « poupée » !  Viens ouvrir des volets sur un décor de carte postale !

 

A la chambre de l'étage, dans la cretonne bleue et le vert de l'espoir, deux cœurs sont enlacés, l'un se meurt avec le courage du martyr qui va retrouver ce Dieu qui lui est dû, l'autre va reprendre sa route, ses deux petits à la main vers  « ses » enfants du  « silence » qui mendient son sourire comme seule mélodie.

 

Le ciel était trop bleu

Le ciel était dur,

Il n'aimait pas les amoureux.


Le ciel se voulait pur et sans tache

Mais il crachait sur ses dieux,

Le ciel n'aimait pas les nuages lourds

Mais les traînait dans ses lieux.


Le ciel était plus atroce

Que les gnomes et la sorcière,

Car les âmes des enfants tristes

Au ciel, hurlaient leur prière.


Le ciel était d'aigles amers,

De vautours et de corbeaux :

Le ciel était trop bleu,

Le ciel était dur,

Il n'aimait pas les amoureux.

 

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Une des missions les plus difficiles et les plus délicates que doit jouer le responsable du personnel est incontestablement celle qui consiste à accompagner  humainement ceux que le destin plonge dans la maladie grave et la mort et ensuite celle d'assurer un relais digne et discret avec sa famille.

 

Je me suis efforcé de le faire avec les petits moyens de ma formation disparate d'autodidacte.  Cet accompagnement pèse sur les épaules,  il burine les traits, il voûte le dos... ;  on en gardera toujours les traces comme d'une très vilaine blessure mal cicatrisée.

 

Les trois « histoires tristes » qui vont suivre seront celles du courage héroïque,  du sublime de la volonté, de l'espoir impossible, de la dignité absolue...  On serait glorieux d'être de cette trempe-là...

 

A Labofina, Henri Debus, était le « Patron » du département Raffinage.  C'était un flamand solide et intelligent.  Ouvert et souriant, il était apprécié de tous, collègues comme inférieurs.

 

Un destin tragique le guettait, un cancer des os qui le rongera lentement et le tuera sûrement... : trop long calvaire d'un homme courageux qui ne se plaindra jamais et qui luttera toujours, atrocement conscient d'une fin qu'il savait inéluctable.

 

Comme tous les damnés d'un désordre cellulaire qui atteint surtout les organismes vigoureux, il subira les lents traitements de prolongation qui ralentissent un mal sans le guérir, tout en anémiant les constitutions les plus robustes.

 

On ne peut s'empêcher de penser aux torturés de l'histoire pour leur foi ou leurs convictions qu'on maltraitait cruellement tout en les maintenant suffisamment en vie pour obtenir des reniements ou des aveux ; les cancéreux du vingtième siècle, entre les mains de leurs involontaires bourreaux, eux, n'auront pas la gloire des héros du passé.

 

Ce sera ce terrible sort que subira ce malheureux collègue. Rien ne lui sera épargné.  Bagarreur, son corps soutenu par sa volonté dure de lutteur,  endurera les plus terribles amputations.

 

On ne réalise pas l'importance d'un talon absent parce que le mal l'a rongé :  il est essentiel à l'équilibre.  Il faut lentement, patiemment et difficilement,  réapprendre à marcher, si c'est encore possible.

 

Pauvre ami courageux, dont j'entends encore la béquille scander un pas incertain dans un couloir atrocement sonore.  Sublime collègue, qui s'effondrait en souriant sur un siège devant ma table de travail.... et qui avait la dignité de ne jamais se plaindre.

 

Il a tenu ce qu'il a pu... ;  son absence ensuite se prolongea...  J'allais le voir et soutenir une famille courageuse.... : une épouse et des enfants qu'il galvanisera jusqu'au dernier jour....

 

Cette histoire grave et courageuse, je tiens à l'enserrer avec respect dans l'écrin du plus important chapitre de mon livre pour en retrouver deux autres aussi dures, aussi courageuses, aussi navrantes...

 

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Rien ne pouvait préparer, André Meynaerts, ce petit chimiste discret, fumeur de pipe acharné, à subir un sort aussi épouvantable.  On aimait sa bonne tête de cheveux en bataille, sa moustache à la Brassens et sa bouffarde à la Sherlock Holmes éternellement pendue au coin des lèvres... ;  je le rencontrais souvent dans les couloirs, promenant un nonchalant mais gentil sourire, étiré par la pipe.

 

Célibataire endurci, il m'annonça pourtant son mariage de quadragénaire soudain ensorcelé par une très agréable personne qu'il me présenta avec fierté.

 

Aussi ces deux-là me semblèrent-ils si bien destinés au petit ménage « coco » qui écoulerait une vie sans autres problèmes que de meubler de plantureux loisirs.

 

Mais il fallait compter avec cette satanée destinée qui s'était réservé un mets de choix.  Pour donner à son sourire tout l'éclat que méritaient les yeux de sa dulcinée, il se fit restaurer une denture qui présentait de nombreux absents et quelques chicots noirâtres.

 

Les praticiens firent des merveilles et notre ami fut méconnaissable : des dents d'une blancheur que lorgnerait une marque de dentifrice qu'il agrémenta d'une belle coupe de cheveux et d'une moustache à l'avenant.

 

L'appareillage que les orthodontistes s'ingénièrent à lui placer précipita une prolifération anarchique des tissus buccaux que les résidus carbonisés des bouffées de sa pipe avaient suscité :  le cancer de la langue et de la gorge avait pris insidieusement ses quartiers de conquête et se déclara avec fracas quelques mois après son mariage.

 

J'ai assisté au long calvaire de ce pauvre garçon qui pourtant ne perdra jamais ce discret sourire qui me plaisait tant. On lui coupera la langue, torture moyenâgeuse,  on lui ouvrira la gorge pour supprimer le larynx et peut-être une partie du pharynx,  je ne sais plus...

 

Ce qui en restait était dur à voir : à son chevet, je tenais une main qui me pressait,...  je m'accrochais à des yeux qui quémandaient de l'aide.... jamais je n'ai autant éprouvé un tel besoin de soulager... ;  je crois que  jamais plus, je ne ressentirai cet élan d'amour pour  l'être qui souffre, cette soif avide de le soulager... de l'arracher à son supplice...

 

Lui, cependant, restait digne,... Il n'était pas l'épave qu'un tel sort aurait pu laisser,... dans ses yeux aucune colère,... son sourire, son pauvre sourire lointain,... était déjà d'un autre monde.

 

Dans ces moments-là, on réalise l'importance de la démarche des religieuses et religieux, des infirmières et médecins qui tendent des bras de sollicitude à l'ultime calvaire de ceux qu'ils nommeront  « leur frère » ou « leur malade », qui ressentent cet élan « d'amour » et de chaleur affective pour l'être qui se débat au fond de sa souffrance et de son désespoir infini.

 

Son épouse qui l'avait si peu connu fut sublime, entretenant sa mémoire avec une émouvante fidélité.  La suite de cette histoire sera poignante et bouleversante, aussi je ne pourrai  que clamer mon admiration pour cette pauvre femme aimante et douce qui connaîtra si peu le bonheur et qui n'aura d'autres consolations pour accompagner ses jours que des yeux très doux de martyr et un pauvre sourire lointain, ... aussi  lointain que s'il venait d'un autre monde....

 

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Le hasard a voulu que les acteurs de ce florilège d'actes héroïques qui illuminent de leur éclat ces passages de mon récit en soient les plus représentatifs de notre société actuelle :  patrons ou managers, employés et techniciens de tous niveaux ou encore simples exécutants, telle pour terminer, la relation de la douloureuse fin de ce spécialiste de la mécanique des moteurs à explosion ou compression qui en connaissait tous les secrets.

 

Willy Van Steenberghe faisait partie de l'équipe qui surveillait le bon déroulement des essais sur banc d'engins de tout genre dans lesquels notre société testait ses produits (carburants et lubrifiants) en les mettant au point, les démontant et remontant sans cesse pour en réserver les pièces témoins.

 

Il était beau, grand et fort, un vrai physique de play-boy  : une chevelure naturellement frisée avantageait des traits à la Jean Marais.  C'est sur ce bel athlète que l'infâme rongeuse se jeta avec un appétit que justifiait la qualité remarquable de ses tissus cellulaires.

 

Mais il se défendit bien, le pauvre, avec l'énergie physique du costaud.  Ce fut atroce, j'en ai encore froid dans le dos.

 

On l'avait enfermé dans un lit-cage capitonné pour l'empêcher de s'échapper et de se blesser  ; il en avait tordu les barreaux à force de s'y agripper comme un animal pris au piège. Je n'oublierai jamais ces yeux de titan qui lutte dans sa fosse contre la bête immonde.

 

Pas de désespoir dans son regard, rien qu'une détermination de lutteur avec pourtant au fond de la gorge, une souffrance infinie qu'il maintenait, les dents serrées, le visage tendu et qu'il manifestait de temps à autre par un court, mais puissant râle.

 

C'est ce taureau dans l'arène qui accrochait mon regard de ses yeux voilés d'animal terrassé, c'est ce beau et souriant garçon, si aimable et gentil qui maintenant gisait dans sa cage, recroquevillé comme pour se défendre...et qui attendait de moi qui représentait le pouvoir, je ne sais trop quel miracle...

 

C'est ce joyeux compère d'une bande de copains qui faisait la renommée de son département « Moteurs » que le malheur avait choisi comme cible... et que moi je regardais, les bras pendants, avec au ventre une angoisse infinie d'impuissance.

 

Son supplice fut de courte durée, le mal eut raison de sa constitution vigoureuse.  Il abandonnait une famille désemparée mais une veuve courageuse qui défia son destin avec des moyens insuffisants qu'elle s'efforça de palier avec courage et détermination.

 

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Je tiens beaucoup à terminer ce passage douloureux de mon livre par un hymne à la gloire de ces êtres que le « destin » à livrés au bourreau, à leur patiente détermination dans un combat inutile, mais aussi à la bravoure des veuves qui continueront après eux ce difficile combat contre l'adversité.

 

 

HYMNE AUX SUPPLICIES DE LA VIE.

 

Leurs yeux buvaient le jour

Leur âme chantait l'hirondelle.

Leur cœur rêvait d'amour

Le soir, quand brûlait la chandelle.

 

Tous les loups du mal,

Hyènes et chacals

Charognards et vautours

Ont flambé des yeux lourds,

Pour hurler la mort,

La mort tirée au sort.

 

L'hydre aux cruelles têtes

Se  fit rongeuse de vie

Et de chair, tout en quête,

Comblera ses envies.

 

Les suppliciés du sort

Se tordent dans la mort,

Les héros du courage

Défient leur ciel de rage.

 

L'épouse est à leurs pieds,

Les deux poignets liés.

L'épouse a les yeux lourds

De ses sommeils trop courts.

 

Son cœur déchiré meurt,

Ses yeux sont vides au soir,

Car la nuit, son corps pleure :

Son âme prend le noir.

 

Douloureuse terre des hommes

Qui ne peut sortir de son somme

Pour aller crever ses nuages

Et inonder ses tristes plages

Du baume de paix que les dieux

Ont dit se trouver dans leurs cieux.

-----

 

 

 

 

23/04/2010

Ch. 23 a - Bonheur, souffrance et fin

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

__

Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère à la fin de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.


Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui ont permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.


(Ceux qui désirent consulter la table complète des matières et des repères

cliqueront sur DOSSIERS (à droite – La table des matières est à la fin de la liste).


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(23 a)  BONHEUR, SOUFFRANCE ET FIN DE VIE.


{1} Bonheur et souffrance qu'on considère comme antagoniques sont pourtant intimement liés. Dès les premiers instants de son existence, l'être vivant livre un combat pour la vie qui élimine les plus faibles au profit des plus forts.

 

Cette bagarre dans un milieu hostile ne va pas sans inconfort physique subi à des degrés divers de tolérance.  C'est la « souffrance » prise dans son sens étymologique strict, du latin  sub(sous) et ferre(porter) avec le même sens que supporter qui vient de sub et portare.

 

Il semblerait que, pendant sa portée, la mère des mammifères neutralise cette réaction de « douleur »  chez son petit en l'encaissant à sa place, grâce au milieu amniotique dans lequel elle l'a placé, sollicitude qu'on ne retrouverait pas chez les ovipares et même les ovovivipares (éclosion  interne de l'œuf, comme chez la vipère).

 

Dès que l'être vivant, quel qu'il soit, pénètre dans son milieu « naturel » par sa naissance, il est environné d'agresseurs de tous genres, évolués ou si besoin en est, adaptés à coup de mutations.

 

Chez certains, surtout, semble-t-il, les êtres à sang chaud qui la subissent à des degrés extrêmes, ce combat ne va pas sans l'inconfort physique de la souffrance qui devient donc un phénomène primordial conditionnant leur existence. La souffrance physique a été inventée par la nature pour servir d'avertisseur d'atteinte à l'intégrité physique et ainsi protéger l'organe menacé.  La souffrance morale sera "inventée" par l'homme dès que son cerveau développera la conscience de son individualité suscitant l'insatisfaction résultant de l'appréciation de son sort.

 

Antinomique ou contradictoire de cet état, le bonheur, quant à lui, sera l'aboutissement d'une quête obsessionnelle de « non-souffrance », de parenthèse fugace dans notre cheminement  douloureux pour subsister dans un milieu hostile et peu propice à réaliser les aspirations que notre "intelligence" nous révèle.

 

Que sommes-nous donc, nous,  ces êtres à sang chaud, vertébrés supérieurs et mammifères évolués, de l'ordre des primates dans le sous-ordre des anthropoïdes et de la classe des  hominiens ?

 

Fragiles et vulnérables, nos petits sont portés en gestation et naissent incomplètement formés.

 

Nos ancêtres, les primates, et parmi eux ceux qui furent isolés suite à la fracture du Rift Valley ou pour d'autres raisons, se sont redressés sur les pattes arrières pour voir le danger au-dessus des savanes déboisées ou maintenir dans leurs bras la charogne qu'ils chapardaient aux prédateurs.

 

Devenue habituelle,  cette position les amènera à la marche et à la course, mais n'autorisera pas un agrandissement suffisant du bassin féminin, pour laisser passer la tête du fœtus à terme, qui avait pris de l'importance suite au grossissement du cerveau développant l'intelligence.

 

C'est, semble-t-il, ce qui a forcé nos ancêtres parturientes à mettre au monde des prématurés, compromis sans doute dangereux pour sa progéniture, alors que son cerveau  n'est pas encore complètement formé.

 

Dès la conception, nous nous trouverons à l'origine du lent processus de maturation physique et psychique de notre moi qui bénéficiera ensuite du bain de l'environnement éducatif  propre au milieu de nos géniteurs, nous permettant ainsi de construire notre personnalité. Il faudra quinze à vingt ans pour y parvenir dans notre contexte occidental.

 

Pendant cette lente « gestation », nous allons « apprendre » le bonheur....  Mais oui, le bonheur ça s'apprend, ça se cultive, c'est un art...difficile... très difficile même. Il est tellement fugace que certains ne le perçoivent jamais... et le cherchent vainement.

 

Il est tellement précieux et fragile qu'il faut le ménager, le protéger des fantaisies du destin et de la méchanceté des autres, de l'envie de ceux qui n'ont pas pu ni su le garder ou le trouver.

 

Nous le rechercherons dans un autre monde ou il serait éternel et complet, auprès d'un Dieu que nous inventerons s'Il n'existe pas.

 

L'intelligence que nous avons développée refuse désespérément que notre pensée ne soit qu'un mécanisme performant que l'évolution a patiemment mis au point en lui donnant les moyens d'être exprimée d'abord par la parole et par la suite transmise par l'écriture, le livre ou d'autres supports artificiels.

 

Nous refusons que les réalisations de l'être humain, ce descendant de l'homo sapiens, si subtiles et raffinées, si géniales dans leur complexité et leur diversité ne soient que le résultat d'un mécanisme cellulaire performant dont l'origine se situerait dans « la nuit des temps » et qui ne nous soit parvenu qu'à force d'échecs, d'erreurs, de cataclysmes,  de misères, de souffrances, de recommencements....

 

Nous n'acceptons pas que tout cela n'ait été obtenu qu'avec la patience du temps, du hasard et de la « chance » de la vie, à coup de millions et de millions d'années « d'existence » au seuil de l'anéantissement.

 

Nous avons inventé l'âme : cette image de Dieu. Celle qui, indépendante de notre corps, irait Le rejoindre dans la « plénitude céleste ».  Cette âme connaîtrait le bonheur éternel dans sa  « contemplation » du « Très Haut », alors que l'absence de cette « Béatitude » constituerait l'enfer du malheur éternel.

 

Tout ce que je viens de développer m'a hanté depuis toujours..., comme me tourmente en me harcelant l'angoisse des vivants à la pensée du destin douloureux qui les attend et qui attend ceux qu'ils aiment ... ?

 

Comment comprendre, justifier la souffrance, la séparation...et surtout : LA MORT..... ?  Et le problème métaphysique que celle-ci posera toujours :    est-elle la fin de notre existence ?

 

Dans les lignes qui suivront, je vais progressivement aborder, à la lumière de l'expérience que j'en ai, tous les aspects du bonheur et de la souffrance et de cette fin d'exister des humains, mais aussi oser certaines considérations sans doute discutables qui me sont venues à l'esprit.

 

Elles interpelleront d'autant plus qu'elles seront étayées par la relation de belles histoires vécues, sublimes, dures, héroïques ou insoutenables qui m'ont marqué l'âme au fer rouge.

 

Dans mon existence, comme chacun, j'ai été marqué par la disparition de certains proches avec lesquels  j'avais de grandes affinités.  Je leur réserverai cette première partie en témoignage de l'affection que je leur ai toujours portée.

 

Je commencerai avec bonheur par la belle histoire d'un homme que j'ai beaucoup aimé parce qu'il était simple, beau et clair comme les oiseaux, ses amis.

 

Il se penchait sur les fleurs et les roses, ses mains burinées les caressant doucement.  Il sifflotait, un éternel mégot éteint collé à la lèvre. Les fleurs le connaissaient bien et se laissaient cajoler en sirotant lentement du soleil.

 

Les oiseaux l'entouraient, vifs et graciles, surtout les mésanges qui aimaient le voir travailler : elles l'observaient d'un œil de côté, tout en guettant le fer de sa bêche qui leur dénichait de succulents vermisseaux.

 

C'était le prince des fleurs ; elles lui faisaient une cour empressée en lui offrant leurs plus belles collerettes. Penché sur leurs parterres, il leur jetait un regard attendri en ameublissant leur sol de ses doigts enfoncés tout en rangeant doucement leurs radicelles.

 

Aux chantres du ciel, il construira dans son jardin de grands palais-volières où ils s'ébattront en faisant vibrer l'azur de leurs trilles passionnés.

 

Il leur chuchotait à l'oreille de gentilles choses en glissant dans leurs barreaux-fenêtres toutes sortes de friandises : carottes, plantain, séneçon, graines de millet et pour les insectivores des petits vers de farine.

 

Il enchantait de sa présence heureuse notre écrin champêtre, nous accompagnant à toute occasion.  Nous aimions sa silhouette inclinée, se découpant à l'horizon des champs, dans une pause habituelle : coude gauche appuyé sur un genou pour soulager le dos, main droite experte et habile sarclant, nettoyant, binant cette matière merveilleuse de vie nutritive faite de terreau, d'humus, d'engrais et autres substrats que, avant lui, des jardiniers avaient patiemment et amoureusement constituée au fil du temps.

 

Tout lecteur attentif à la relation précédente de mon histoire aura bien vite compris que ce poète des fleurs et des oiseaux ne pouvait être que mon beau-père que j'aimais avec attendrissement et qui a transmis à mon épouse son amour des plantes et des beaux jardins.

 

Octogénaire depuis cinq ans, on le croyait capable de défier le temps malgré une angine de poitrine qu'il dominait sans se plaindre.  Il entra en clinique pour soigner un problème bénin de prostate et subir une intervention chirurgicale assez légère.

 

Tout se passa très bien, l'intervention fut une réussite et son séjour ne devait être que de courte durée.  Il avait retrouvé l'atmosphère de chambrée qu'il avait si bien connue pendant les huit ans que durèrent son service militaire, la guerre des tranchées de 14/18 et l'occupation de l'Allemagne.  Aussi, quand on allait le voir, l'entendait-on de loin blaguer ses compagnons de lit et d'infortune !

 

Est-ce cette excitation et cette exubérance qui brisa son cœur ?  Toujours est-il qu'il s'est endormi joyeux, la nuit du douze novembre 1977, pour ne plus se réveiller, comme s'il avait, la veille, trop fêté l'anniversaire de l'armistice.

 

Nous avons tous pleuré cette séparation qui nous sembla si cruelle et brutale.   Mais nous cultivons avec émotion sa mémoire en nous rappelant tant et tant de souvenirs attendris.

 

Les fleurs se mirent à chanter,

Les oiseaux se mirent à fleurir,

Le ciel se pâmait de couleurs,

Les champs se doraient d'été.

 

L'ombre de l'ami des fleurs

Caressa les plumes des oiseaux,

Les oiseaux se mirent à chanter

Les fleurs se mirent à rêver.

 

L'ombre de l'ami des oiseaux

S'étendit sur les jardins,

Les fleurs l'ont embrassée

Les oiseaux se sont endormis.

 

Le rêve de l'ami des fleurs

Flottera encore longtemps

Parmi les branches et les parterres,

Avant de monter très haut

Dans les nuages et dans le ciel.

 

-----

 

Il était grand, il était fort, il était beau, c'était un passionné de ciel, un frère de Mermoz et de Saint-Exupéry. Au baptême, il avait reçu le nom de Joseph, en souvenir de son oncle tué à la guerre de 1914, mais tout le monde l'appelait « Jo ». Jeune homme, il avait combattu dans la résistance et dès la libération s'était engagé dans la célèbre Royal Air Force (RAF) qui contribua si efficacement à la défaite allemande.

 

Dans son «spitfire » si réputé avion de chasse de l'époque, il se rendit célèbre dans sa région en démonstrations de cabrioles et figures aériennes, à l'insu souvent de ses supérieurs.

 

Alors que son « team » de chasse était caserné non loin de la ville de Diest, en Campine limbourgeoise, célèbre par sa bière, il s'éprit d'une bien jolie jeune fille, Lily Gemoet, qu'il épousa.

 

Durant la guerre 40-45, héroïque, cette jeune personne se distingua en servant dans la « Résistance » (groupe clandestin de lutte armée contre les Allemands).  Son frère aîné en était l'un des chefs et fut malheureusement dénoncé dans les derniers jours de l'occupation par des traîtres à leur pays, « collaborateurs » des envahisseurs, puis fusillé par l'occupant.

 

Une haine féroce s'était établie entre les deux camps, divisant les familles dans un climat de drames et outrances shakespeariennes : dénonciation, vengeance, meurtre... !

 

Son père fut emmené en captivité à Buchenwald puis à Dora, ces tristement célèbres camp de la mort d'où il ne sortira qu'amoindri et malade.  Son plus jeune frère qui n'avait alors qu'une douzaine d'années ne se remettra jamais des scènes auxquelles il assista, ni aux sévices qu'il subit lors des fréquentes fouilles que sa famille dut endurer.

 

Elle-même, héroïne d'une geste de cette époque, parvint à camoufler lors d'une perquisition, un document compromettant qu'elle avait pu arracher de sa machine à écrire.

 

Malgré la libération du pays par les troupes alliées, elle ne connaîtra pas de répit et dut s'éloigner de la région, pour échapper à la haine meurtrière qui animait certains collaborateurs.

 

Cette épopée dure, authentique et douloureuse nous fut racontée pour la première fois, il n'y a pas bien longtemps, un soir d'été, dans la petite maison en torchis de Mesnil-Eglise, berceau de mes ancêtres maternels, vieille de plusieurs siècles, qu'elle avait rachetée en mémoire de celui qui fut son héros et qui mourut accidentellement à la suite d'une mauvaise chute de vélo qui lui fracassa le crâne.

 

Ainsi va la destinée, il avait évité tous les dangers qu'encourait le pilote audacieux qu'il fut toujours.  La malchance, la fatalité : une distraction lors de la traversée d'un passage à niveau, des rails de chemin de fer qui coincent une roue avant, une chute sur la tête que n'a pu parer une main malencontreusement prisonnière d'une poche revolver qui allait le ravitailler en sucre et ce fut le drame...

 

Ma courageuse cousine, une fois de plus, releva la tête, surmonta de graves problèmes de santé qu'elle dut subir ensuite, et, sublime dans l'adversité,  fit de ce témoin de l'histoire de ma famille maternelle, la maison-souvenir de celui qui fut son héros des ciels.

 

Les liens familiaux qui existaient entre nos deux couples furent toujours privilégiés que ce soit par la grande affinité de cœur qui s'y manifestait concrétisée par le parrainage de nos enfants : la cadette chez eux et notre premier-né, Patrick, chez nous.

 

Ces sentiments partagés nous poussèrent à nous rapprocher ;  c'est ainsi que nous leur trouvâmes pas bien loin de notre « bonbonnière » une grande maison confortable que notre propriétaire venait de libérer.

 

Ce voisinage et le parrainage de nos enfants nous amenèrent à les rencontrer souvent et partager avec eux les joies des grandes fêtes de famille.

 

A ce propos, je me souviendrai toujours de la communion de ma filleule Anita pendant laquelle, au cours d'une cérémonie religieuse (le salut) de tradition à l'époque qui survenait après un repas de fête et que, pour fêter çà, j'avais bien arrosé avec mon cousin, je dus me cramponner à ma chaise d'église pour empêcher le plafond et les saints de nous basculer sur la tête.  Je regagnai voitures et logis en me demandant comment les marins s'en tiraient pour maîtriser tangage et roulis.

 

C'est dire aussi combien de moments précieux de bonheur simple nous échangeâmes dans la douceur de rencontres paisibles et dans l'ambiance tiède de nos foyers,  les deux cousins s'affrontant en joutes épiques de jeu d'échecs (j'étais toujours battu, tellement il était fort) pendant que les épouses, en parfaite harmonie de goût, d'ouverture intellectuelle et d'aspirations familiales partageaient leurs impressions.

 

Tel l'albatros, il dominait les nues,

Elle se cachait dans l'ombre de la nuit,

Quand lui défiait le soleil qui luit,

Pendant qu'il survolait les avenues.

 

Elle avait tremblé des regards cachés,

Des cris des soudards et des bruits de bottes,

Pour lui c'était l'ivresse en rase-mottes,

L'angoisse au ventre entre deux clochers.

 

Elle adorait son maquisard

Dévalant les champs et les bois,

Et rêvait de ce grand gaillard

Qui dans le ciel narguait les toits.

 

Il s'est enfui dans les nuages

Pour mieux lutiner les oiseaux,

Puis s'est réfugié dans les roseaux

De son paradis pour enfants sages

 

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C'était un beau dernier week-end du mois d'août 1979.  Radieux, le temps s'était endimanché et la campagne souriait aux blés d'or qu'un léger souffle de fraîcheur berçait doucement.

 

Mon beau-frère Gérard rentrait de vacances et s'était  annoncé, accompagné de son épouse et de sa fille.  Tous les ingrédients étaient donc réunis pour se mitonner une très agréable journée dans la détente d'une fin de congé qui avait permis à tout le monde de recharger les accus.

 

Gérard était particulièrement joyeux et se plaisait à taquiner mes enfants qui l'adoraient. Il les aimait beaucoup, les enfants et les jeunes dont il s'était toujours fort occupé en tant que dynamique dirigeant d'un mouvement de jeunesse.

 

Très boute-en-train, il savait animer les groupes en chantant d'une très belle voix des rengaines pour jeunes ou à la mode, en les accompagnant d'une guitare qu'il grattait agréablement.

 

En fin de journée, je ne sais trop pour quelle raison, il s'éloigna de l'endroit où nous étions tous réunis.  Ne le voyant pas revenir, je partis à sa recherche et le trouvai pensif dans la grange.

 

La porte était grande ouverte et il fixait le lointain, très loin la-bas dans les campagnes.  Discrètement, je ne me manifestai pas et me tins à l'écart.

 

Je devinais son regard devenu triste, je percevais ses épaules alourdies par je ne savais trop quelle angoisse. Il fixait le ciel comme pour le transpercer d'inassouvi.   Je crus bon d'intervenir :

 

-          Tu es triste, Gérard !

-          Mais non, mais non... Il se défila et portant son regard vers l'intérieur de la grange, il m'interrogea :

-          A quoi sert cette poutre que tu as placée pas loin de la porte ?

-          A supporter un plancher qui donnera accès à de nouvelles chambres.

 

Je n'avais pas osé insister, respectant sa pudeur.  Il était très secret et ne se confiait pas facilement.   Pourtant, dans le passé, nous avions partagé certaines confidences à une époque où, ainsi que je le racontai par ailleurs, nous profitions de la proximité qui existait entre nos lieux de travail et le club de jeunes que nous fréquentions, pour nous y rendre directement.

 

Nous arrivions ainsi beaucoup trop tôt avant l'ouverture, ce qui nous  donna l'occasion de copiner, de nous découvrir de nombreuses affinités et de devenir de vrais amis.

 

Quand, plus tard, je m'épris de sa sœur, il s'en est bien sûr réjoui, mais ne put s'empêcher de dire : « J'ai gagné un beau-frère, mais j'ai perdu un ami ».

 

Je ne sais pas pourquoi, mais il m'a semblé, ce jour-là, que son âme étouffait, qu'il éprouvait un besoin d'inaccessible et peut-être lui aussi de voler très haut comme « Jo » mon cousin l'aviateur.

 

Pourtant les dieux l'avaient comblé de l'amour le plus passionné, le plus exclusif qui soit, cet amour surdimensionné de celle qui l'a placé dans les nuages de ses rêves et que ses yeux ne cesseront de rappeler.

 

Il l'avait découverte lors de ce « fameux » voyage aux Baléares où « Eros » en pleine forme s'était déchaîné en décochant ses meilleures flèches en plein cœur de deux frères et d'une sœur innocemment partis en vacances.

 

De plus, une petite fille, intelligente, spontanée et vive comme un pinson, s'était pointée en 1961, fruit de cet amour, dans l'atmosphère lourde des problèmes qu'avait occasionnés l'indépendance du Congo.

 

Dans le « clan » de mon beau-frère, constitué d'une petite dizaine de parents et alliés sans enfant, elle sera la princesse que tous verront grandir et s'épanouir avec dévotion.

 

C'est dire qu'on ne pouvait imaginer contexte plus favorable au bonheur  que cette composante familiale, mais peut-être rêvait-il, dans cette grande solitude champêtre, pour sa femme et son enfant, aux  très grands espaces de ses idéaux de jeunesse.

 

Nous terminâmes cette journée dans une chaude ambiance de retrouvailles familiales et de particulière gaieté.

 

Le lendemain, il avait encore congé et il enfourcha sa bicyclette pour une balade, comme il le faisait depuis quelque temps.  En cours de route, pris de malaise, il se fit ramener chez lui en taxi.  Ensuite, il perdit connaissance et les médecins appelés d'urgence, après une tentative qui le ranima un peu, ne purent plus rien pour lui.

 

Lui aussi est mort sans le réaliser. On dit que c'est une belle mort.  Mais, quelle indescriptible souffrance, quel déchirement pour ses proches, surtout son épouse qui souffrira cruellement de cette absence irrémédiable, du vide de sa présence, du désarroi des premiers temps, de l'angoisse d'un souvenir  qui s'estompe, peut-être tempérée maintenant par la présence affectueuse des deux petits-enfants que sa fille lui confiera souvent.

 

Je tenais à raconter cette histoire en lui réservant la place qui lui revient dans ce livre.  C'est la si belle, mais pathétique histoire d'un amour exclusif et entier, aussi profond que l'éternité.  C'est la si grande, mais si tragique histoire d'une amante qui pleurera éternellement son Roméo.

 

Il était blond comme du soleil

Qui se couche dans les blés.

Elle aimait son sourire.

 

Elle se baignait dans ses  yeux bleus

Qui tendrement l'enveloppaient.

Elle aimait son sourire.

 

Elle se couvrait de ses fines mains

De ses longs doigts de musicien.

Elle aimait son sourire.

 

Elle écoutait chanter sa voix

Quand il l'accompagnait de sa guitare.

Elle aimait son sourire.

 

Elle aimait son sourire

Quand le soir, il l'endormait

Dans ses bras d'amant tendre,

Epris de grands espaces

Pour son cœur trop grand,

Trop grand de grand ciel bleu.

 

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20/04/2010

Ch. 22 r3 - Diaspora et Israël

 

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère à la fin de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.


Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.


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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

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situés au début de certains paragraphes

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Ch. 22 r3 - Diaspora et Israël

 

La « Diaspora juive », débuta après que les Romains eurent maté les juifs de Palestine qui s'étaient révoltés en détruisant leur temple de Jérusalem et en les dispersant, en 70 après J-C, après avoir détruit leur temple.  Au paravent, une Diaspora avait eu lieu également au VI ème siècle avant J-C, lors de "l'Exil".

 

Les chrétiens ensuite persécutèrent ceux qui ne s'étaient pas convertis pour atteindre, à la dernière guerre, le paroxysme de l'extermination avec l'assassinat de plus de cinq millions de juifs par les nazis d'Hitler.


En réparation, les nations victorieuses aideront « ces maudits de l'histoire » à reprendre possession de la terre de leurs ancêtres, tout en créant, avec les problèmes de déplacements de populations palestiniennes, un chancre de l'histoire contemporaine difficilement guérissable.

 

Pendant des siècles, eut lieu ce que les juifs appelaient « l'aliyah religieuse ». Aliyah est un mot hébreux qui signifie ascension ou élévation spirituelleIl s'agit donc d'un acte d'immigration sainte en terre d'Israël, considérée comme Terre de Dieu (Jahvé).


Cette Aliyah ne fut d'abord qu'individuel ou par petits groupes :  en 1881, il y avait environ 25.000 juifs religieux dans les villes de Jérusalem, Safed, Tibériade et Hébron.

 

A partir de 1881, apparaît une nouvelle immigration de juifs laïcs (sionistes) dont le but sera de créer un état pour le peuple juif en Palestine.  Cette mouvance constituées d'émigrants fut difficilement tolérées par les gouvernements ottomans (jusqu'en 1918), ensuite par les britanniques (jusqu'en 1948), provoquant l'hostilité des populations locales.

 

Pendant la période ottomane, il y a eu deux Aliyah  la première (1881-1890) verra l'entrée d'une vague d'émigrés russes (10.000) et la création de l'Hébreu moderne (langue) par Eliezer Ben-Yehuda et pendant la seconde (1903-1914) 30 à 40.000 émigrants russes dont David Ben Gourion, fonderont  Tel-Aviv (1909) et les premiers Kibboutz (vie rurale et collective) au lac de Tibériade.

 

Pendant la période britannique eut lieu la troisième Aliyah (1919-1923) 35.000 émigrants est-européens ; la quatrième Aliyah (1924-1928) amène 80.000 émigrants polonais chassés par les mesures anti-juives du gouvernement de Varsovie, cependant une crise économique avec chômage important de 1926 à 1929 provoquera le départ de certains émigrants ; la cinquième Aliyah (1929-1939) verra l'afflux migratoire de 180.000 juifs d'Europe centrale orientale à régime antisémites (40.000 d'Allemagne et d'Autriche).

 

Entre 1939 et 1948, se produisit l'Aliyah de la seconde guerre mondiale avec environ 80.000 émigrants, surtout clandestins, principalement entre 1945 et 1948.  Création du  « Mossad Aliyah Beth » branche clandestine parce que interdite par les britanniques.

 

De 1948 à 1952, la population de l'état d'Israël double (700.000 juifs débarquent, survivants du génocide et en provenance des pays arabes, parfois dans le cadre d'opérations de transferts massifs du Yémen ou de l'Irak).

 

De 1956 à 1966, seconde vague de 500.000 personnes avec une majorité de juifs orientaux suite aux conséquences de la guerre israélo-arabe de 1956. 250.000 juifs nord-africains (la moitié de ceux de ces régions) fuient une vague anti-juive dans le Maghreb français après l'indépendance de la Tunisie, du Maroc et de l'Algérie.

 

De 1967 à 1969, petite vague de 50.000 personnes suite à la guerre des six jours en 1967 et de la défaite des armées arabes.


De 1970 à 1979, 400.000 soviétiques et aussi occidentaux, surtout des ultra-orthodoxes (karedim) ainsi que des sionistes religieux.

 

De 1982 à 1985, exode de juifs d'Ethiopie, d'Amérique et de France, dont beaucoup de religieux.

 

De 1990 à 2005, un million de juifs ex-soviétiques et le reste des Éthiopiens ainsi que des occidentaux souvent religieux.

 

En 2005, ces flux migratoires vont amener la population juive en Israël à presque 5.300.000 personnes.

 

Les juifs recensés sur la terre étaient en 1939 au nombre de 17 millions.  En 1945, il n'en restait plus que 11 millions.  Actuellement, ils sont au nombre de 13 à 14 millions dans le monde dont 5 à 6 millions en Israël et autant dans les seuls Etats-Unis.

 

Je ne peux m'empêcher de terminer cette longue démarche  de « justice rendue », sans relever une liste, cependant  succincte, incomplète, avec peut-être quelques cas douteux, des gens célèbres que cette race profonde et intelligente a donné à l'humanité :

 

Musiciens et chanteurs :  Michel Berger, Léonard Bernstein, Patrick Bruel, Charles-Élie Couture,  Bob Dylan ,  Serge Gainsbourg, George Gershwin, Jean-Jacques Goldman,  Benny  Goodman, Félix Gray, Elton  John, Enrico Macias, Gustav Mahler, Félix Mendelssohn-Bartholdy, Yehudi Menuhin, Milton Mezzrow, Elvis Presley (mère juive), Anton Rubinstein, Johann Strauss, Barbara Streisand....

Acteurs : Pierre Arditi, Lauren Bacall, Sarah Bernard, Richard Berry, Michel Boujnah, Patrick Bruel, Charlie Chaplin, Tony Curtis, Kirk Dougles, Peter Falk (Colombo), Gary Grant, Francis Huster, Yves Montand,  Paul Newman...

CinéastesWoody Allen, Milos Forman, Stanley Kubrick, Fritz Lang, Claude Lelouche, Roman Polanski, Steven Spielberg, Oliver Stone,

Écrivains, penseurs, philosophes : Henri Bergson, Gisèle Alimi, Martin Heidegger, Paul Huster, Franz Kafka, Joseph Kessel, Henri Kissinger, Bernard-Henri lévy, Karl Marx, Arthur et Henry Miller, Marcel Proust, Baruch Spinoza, Élie Wiesel, Stephan Zweig...

Scientifiques : Niels Bohr, Albert Einstein, Sigmund Freud, William Herschel, David Lee, Claude Lévi-Strauss, Isaac Newton, Robert Oppenheimer

Beaux-Art :  Marc Chagall, Max Jacob, Modigliani, Camille Pissarro, La mère de Léonard de Vinci aurait été juive....

Politique : Madelein Albright, Léon Blum, Cohn-Bendit, Laurent Fabius, Bernard Kouchner, Pierre Mendes-France, Dominique Strauss-Kahn, Léon Trotsky (Lev Davidovitch Bronstein) Simone Veil, Paul Wolkowitz (conseiller de G.W.Bush)

Divers : André Citroën, Michael Dell (ordinateurs Dell), James Goldsmith (pneus Goodyear), Houdini (magicien), Gary Gasparov (échecs) Baron de Rothschild (financier), Marcel Marceau (mime),

 

J'ai établi cette liste imparfaite, sujette sans doute à être retouchée, en puisant sur le site : « FORUM Alliance : Judaïsme : Juifs célèbres »

 

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C'est par ce retour aux sources de nos cultures, Israël et le Judaïsme, que se termina cette merveilleuse aventure intellectuelle, affective et enthousiasmante des rencontres inter-cultures qui nous permit de découvrir en profondeur la sensibilité des gens d'ailleurs que nous n'aurions sans doute jamais perçue autrement.

Mieux que leurs compatriotes restés au pays, ces messagers des autres mondes auront, au delà de leurs yeux brillants de ferveur, ce regard de nostalgie porté au lointain et cet enrouement de la voix qui s'étrangle aux souvenirs parfois estompés de ceux des leurs qu'ils évoquaient et qui paraissaient si loin.

Quel partage intense de l'émotion ressentie dans ces dialogues entre notre couple et le ou les présentateurs : nous, les écoutant avec attendrissement et grand respect, eux,  passionnés, intensément heureux, intarissables dans leur désir de nous convaincre que leur pays était le plus beau... le plus grand... le plus courageux... mais aussi le plus malheureux... !

S'ensuivirent d'autres contacts informels avec nos enfants, nos familles, nos amis et relations, suscitant un climat d'ouverture, d'accueil et de découverte particulièrement bénéfique à la culture de chacun.

Malheureusement, nous ne pourrons pas poursuivre cette passionnante initiative de réunions inter-cultures, à la suite des accidents de santé qui perturberont ma vie et celle des miens en cette période de mon existence.

Nous n'arriverons pas à trouver la relève qui reprendrait le flambeau malgré les efforts conjugués des gens de la paroisse et ceux de notre entourage, en difficulté de dénicher une équipe disponible qui présenta autant de cohésion familiale, de diversité de culture et d'ouverture d'esprit que la nôtre.

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