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20/06/2016

&95v Souvenirs lointains

J’ai commencé à écrire des poèmes, comme la plupart des potaches, à l’âge de seize ans alors que je soignais une tuberculose dans un sanatorium suisse où je suis resté deux ans. J’ai constitué un recueil de ceux-ci que je vais compléter de documentations, réflexions et considérations. --- 

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En rassemblant mes souvenirs d’enfance, j’ai creusé au plus profond de ma mémoire pour y retrouver des traces de l’époque de mes quatre ans, quand nous habitions en face d’un vieux cimetière abandonné, dans la bourgade de Florennes dans les Ardennes. Je n’ai aucun souvenir de ce qui précède.

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Je regardais souvent ce cimetière, les coudes appuyés sur le marbre de la fenêtre. Pas entretenu, je n’y distinguais que quelques pierres dans la broussaille, les arbres et les arbrisseaux. Ce fut le souvenir le plus lointain, enregistré dans mon petit cerveau d’enfant. --- A cela venait s'ajouter une cave sinistre et froide qui me terrorisait.

De grands murs et de grands arbres rendaient ce cimetière sinistrement verdâtre, humide et nauséeux, Il était si triste que j'en avais l'âme morte et j'imaginais des histoires qui étaient si malheureuses et si cafardeuses que j'en frémis encore d'angoisse rien qu'à leur souvenir. ---

Honteux de cette faiblesse, je luttai une bonne partie de mon existence pour contrôler cet état jusqu’à ce que, pensionné, je n’aie plus de responsabilités et que je connaisse le bonheur sur terre. –

Pour donner le change, Comme les clowns qui camoufle leur tristesse dans les pitreries, je faisais rire, ce qui me permettait de passer au-dessus d’une paralysie de mes esprits --- Combien de fois, mes maîtres ne m'ont-ils pas dit : "cesse de faire le pitre ! ». ---

Cette tristesse atavique, doublé d’une timidité paralysante, ont rendu mon existence difficile. ---. Ambitieux, je voulais me singulariser : je devins le « comique » qui faisait rire son entourage. Ma fonction de chef du personnel d’une importante société, m’obligeait à prendre la parole devant un public. --- Je m’en sortais jusqu’à devenir brillant dès que j’arrivais à prendre l’initiative avec quelques bons mots ou grimaces. ---

D’autre part, je trouvai un palliatif à ma tristesse en créant par « transposition de la personnalité » le monde idéal auquel je rêvais, rêve éveillé appelé par les psychiatres "transposition de la personnalité" que je provoquais en contractant mains et doigts. --- Jusque à un âge avancé, ce fut le refuge dans lequel je trouvais le monde idéalisé créé par mon imagination. ---

Le poème qui suit veut exprimer cet état d'un enfant triste devant un cimetière de tombes verdâtres dont l'abandon avait rendu les pierres chaotiquement bouleversées, qui cependant, rêve d'un jardin d’éden plein de soleil et d'insectes bourdonnant dans un ciel tout bleu. ---

Le poème qui suit évoque cet état psychique du refus de la réalité en se réfugiant dans un "rêve éveillé" permettant de diriger les événements. --- Une pudeur honteuse de ma personnalité négative m’avait forcé de donner le change en jouant « le joyeux drille » que je n’étais pas. ---

C’est ainsi, que, peu conscient de l’usage de l’endroit, j’imaginai tout un monde d’insectes et de fleurs que je croyais voir à travers une grande grille toujours fermée.

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Le jardin des tombes

 Joyeuses sont tes pierres blanches

Qui se penchent en souriant,

Joyeux sont tes rires,

Coquelicots et fleurs d’or.

 

Tu as des rives de mirage

Dans tes palettes de soleil

Palpitant est ton air

De  petit oiseau fou

 

Tu as fermé ta grille

Sur tes yeux de cimetière.

Dors dans ta lumière,

Pataude dans tes cailloux.

 

Tu frémis et tu trembles

Dans ton ciel toujours bleu

Et tes mosaïques blanches

De soleil sont toutes chaudes

Dans ta longue fièvre d’été.

 

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Il y avait aussi ce vrai petit coin de ciel qui s'appelait Maman. --- Maman qui fut, ma vie durant celle que j'aimais et qui m'aimait. --- Elle avait de grands yeux doux qu'elle versait comme un baume sur les plaies ouvertes d'un petit garçon timide et malheureux , malmené par la vie. ---

Cependant, mon ciel devint bleu, mais avec les nuages noirs de l'existence, quand je connus et aimé celle qui est toujours à mes côtés pour achever notre existence dans un bonheur paradisiaque, entourés de nos enfants, beaux-enfants, petits-enfants aimants et beaux, ils ont construit pour nous un nid douillet dans un parc de rêve magnifiquement arboré avec des écureuils qui viennent sur notre terrasse. ---

 

Maman

 « Pomme de reinette

 Et pomme d’api,

Pomme d’api douce. »

 

Chante, chante, jolie maman

Pomme jaune dans tes mains,

 Soleil du matin.

 

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maman

 

Maintenant, que je suis devenu un vieillard qui se tourne vers son passé, je pense à celle qui adoucissait  une existence souffreteuse en me réconfortant comme seule une maman peut le faire. --- J'ai exprimé cet état d'âme dans le poème qui suit, écrit à la fin de sa vie. ---

A la mort de mon père, ma merveilleuse épouse, connaissant cet attachement, proposa de la prendre chez nous. --- J’eus ainsi le bonheur de bénéficier d'une aura d'affection de ceux qui avec elle, mon épouse, mes quatre enfants et mon filleul qui avait perdu son père, étaient nichés dans un cocon de bonheur affectueux. ---

 

Maman et grand-maman.

 

Ses jours d’un jour ne sont pas grands

Ses heures de mère si lointaines

Qu’elle se complait en grand-maman.

 Chauffant les mains dans ses mitaines.

 

Ses doigts de fée sont si usés

Qu’ils en sont devenus plus doux,

Pour consoler sur ses genoux

Des petits cœurs tant attristés.

 

Ses yeux fatigués par tant de veilles

Déchiffrent encor les belles histoires

En grandes lettres des vieux grimoires,

Aux petits anges qui s’émerveillent.

 

Leur père se lève du coin de l’âtre,

Très attendri par autant de bonheur,

Écarte des fronts les mèches folâtres,

Et cueille aux yeux les petites lueurs.

 

Le fils, alors, se penche sur sa mère

Pour encor caresser ses blancs cheveux.

Tandis que le ciel effleure la mer

De son étole de nuages bleus.

 

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