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16/09/2015

2. l'exclusion des maldies contagieuses

2. Gérer l’exclusion des maladies contagieuses.

Quand on est dans son lit, brulant de fièvre ou qu’on sort d’une consultation médicale avec le diagnostique de la maladie grave, longue, contagieuse et peut-être fatale, le sol semble se dérober sous les pieds. …

On devient celui qu’on évite … qu’on écarte dans une quarantaine, peut-être définitive …

La souffrance est plus morale que physique. … La pharmacopée est devenue si performante que la douleur est jugulée et les euphorisants atténuent l’appréhension du lendemain. …

Ce sentiment de ne plus faire partie de la société des biens portants, d’être celui qu’on évite, celui qu’on plaint, celui qu’on regarde avec compassion, celui qui dépend des autres, celui qui n’a peut-être plus d’avenir …

C’est la solitude d’un groupe d’exclus … qui ne peuvent que se calfeutrer dans ses semblables de l’exclusion comme ceux qui fuient la misère, les réfugiés d’un monde qui les rejette. …

Ils n’y trouveront dans leurs yeux de drogués par l’euphorisant que ce voile lointain de l’avenir compromis. … Une médication adéquate ne peut que camoufler imparfaitement le profond désarroi qui reste latent dans le subconscient …

Je connus tout ça dans les sanatoriums qui m’ont soigné, « léproserie » de l’époque,… Je lus dans les regards des biens portants la crainte et la pitié. … Sorti de ces établissements, je fus, pendant dix ans, le  tuberculeux qui camoufle ses antécédents médicaux.

Je subirai le rejet cynique des médecins d’entreprises quand ils apercevaient les vides laissés par les « pneumos » (procédé de l’époque pour comprimer le poumon et favoriser la cicatrisation des cavités creusées par le bacille « de Cock » maintenu permanent pour soins ultérieurs). …

Le subconscient c’est le « reflet » de l’âme qui exprime ce que notre conscient ignore, mais cependant peut dicter nos actes et nos pensées inconsciemment. … Je subirai longtemps, logé dans mon subconscient, un complexe d’handicapé physique, tellement je le refusais. … Ce ne sera qu’avec le temps et la maîtrise de soi que je parvins à me libérer de toutes ces contraintes «inconscientes » qui contrarient le bonheur. …

Cependant, positivement,  ces épreuves enrichiront ma toute jeune « expérience » grâce aux amis que je recherchai et trouvai dans ceux qui rêvaient et cultivaient l’idéal du beau, de l’enthousiasme, de l’amour des autres, de la grandeur, de l’émerveillement et de l’utopie.

C’est ainsi que je connus Georges qui levait les yeux au ciel avec un enthousiasme communiquant, pour dire de si belles choses qu’il traduisait en quelques phrases pleine de poésie qui aurait mérité d’être chantées au monde entier. …

Malade comme moi et gravement asthmatique, il se consacra durant toute sa vie à soigner les âmes en détresses et apportera un peu de bonheur à des enfants handicapés pour lesquelles il créa des unités scoutes. …

Notre amitié fut grande et encore malade, nous avons entrepris, au sortir de la guerre, un voyage à Rome et Florence afin  de créer dans un scoutisme naissant, Mussolini l’ayant proscrit, les prémices de troupes scoutes d’handicapés. …

Ce fut lui qui me communiqua l’obsession de servir et d’être utile aux autres … Ma démarche, en écrivant ces lignes, n’a pas d’autre ambition. …

Quant aux dramatiques « exclus solitaires ». … Ceux qu’on  enferme dans des chambres spécialisées, qu’on approche cagoulés et vêtus comme des astronautes les isolant, ou ceux qui ne peuvent vivent autrement que branchés sur des appareils sophistiqués que la médecine a mis au point. …

Ceux-là sont les vrais martyrs de notre époque. … Les euphorisants, s’ils leur épargnent l’incertitude du lendemain, ne les débarrasseront pas de l’angoisse de la solitude et l’absence des contacts humains … L’entourage médical spécialisé et trié sur le volet s’efforce imparfaitement d’y remédier. …

Aussi est-il essentiel de sensibiliser nos contemporains repus et indifférents à cet état de chose qu’ils constatent la chance qu’ils ont, malgré quelques ennuis de santé, afin de modérer leurs exigences et comprendre que leur bonheur dépend aussi d’une vision plus élargie des problèmes des autres. …

Il n’est pas question de leur enlever quels qu’avantages que ce soient, mais seulement d’agir positivement en acceptant certaines contraintes qui les sortiront de leur isolement, ce qui sera tout à leur avantage dans leur comportement social.

Je reste le rêveur qui  voudrait matérialiser son rêve.

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