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28/09/2010

Ch. 28 f - Benoît XVI, la transition ?

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Benoît XVI, la transition ?


Benoît XVI a succédé à Jean-Paul II le 19 avril 2005. Il est le 265e pape de l'Église catholique romaine. C'est le premier pape allemand depuis près de 1000 ans.

 

Jean-Paul II, qui avait battu le record historique des nominations de cardinaux, (232 pendant son pontificat), avait eu pour but d'universaliser une Église trop italienne.  Son choix, cependant, fut surtout orienté vers des prélats traditionalistes, adoptant une politique attentiste et prudente, inquiet des avancées audacieuses de certains de ses collègues, disposés aux plus grandes ouvertures dans les réformes de l'Église romaine.

 

On comprend l'ancien pape, effrayé des courants de « réformes » que beaucoup d'homme de terrain annonçaient comme indispensables à la modernisation d'une Église trop frileuse, de là son obsession à freiner ce mouvement en nommant des cardinaux plus prudents et plus théologiens.

 

On peut accepter cette attitude des hauts responsables de l'Église, échaudés qu'ils étaient, au souvenir des erreurs de l'époque des « réformes » qui ont créés les « schismes » et les persécutions scandaleuses de l'histoire.

 

En choisissant rapidement un théologien âgé (Il avait 78 ans), ami et confident de Jean-Paul II, les cardinaux ont cherché à se donner un peu de temps en nommant un pontife dont l'espérance de vie serait limitée par l'âge avancé.

 

Cependant, bien averti d'un abcès prêt à percer, ils devaient s'attendre à ce que le successeur de Pierre soit confronté au douloureux et révoltant problème de la pédophilie qui rongeait  l'Église depuis longtemps déjà et qu'on minimisait et dissimulait coupablement.

 

Comment les plus hauts moralistes de nos sociétés ont-ils pu sacrifier l'innocence et l'avenir des victimes à la préservation de la réputation d'un système ?


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Benoît XVI est né le 16 avril 1927 à Marktl en Haute Bavière. Sa jeunesse fut studieuse et, bien entouré par une famille catholique très pratiquante, il suivit son frère aîné au séminaire.

 

Sous le régime nazi, il fut embrigadé de force, à 14 ans, dans les jeunesses hitlériennes. Pendant la dernière guerre, il fut affecté  avec ses confrères du séminaire à la DCA (défense contre avions) allemande.  A l'âge du service militaire, il sera enrôlé à la Wehrmacht., désertera quelques jours avant la reddition allemande, sera interné dans un camp de prisonnier de guerre et  libéré après six semaines pour rejoindre son séminaire.

 

Il sera ordonné prêtre avec son frère en juin 1951. Très intelligent, et grand penseur, il fut vite remarqué par sa hiérarchie et nommé professeur au séminaire de Freising. Il défendit ensuite les deux thèses nécessaires à l'obtention d'un doctorat en théologie qu'il obtint en 1957.   En 1959, à 31 ans, il occupera la chaire de théologie à l'université de Münster et puis de celle de Bonn.  De 1963 à 1966, il participera au concile Vatican II en tant que consulteur théologique pour préparer les interventions de l'archevêque de Cologne, Joseph Frings.

 

Il intervint lui-même à Vatican II en affirmant que les méthodes du St Office ne sont pas en harmonie avec les temps modernes et une source de scandale pour le monde entier, ce qui le fit considérer comme réformateur.

 

Il soutiendra à ce concile la réforme de la liturgie comme une question de vie ou de mort pour l'Église, la liturgie et principalement l'Eucharistie étant la raison de son existence.

 

Le 24 mars 1977, Paul VI le nomme archevêque de Munich et Freising et cardinal le 27 juin, il a cinquante ans.  C'est à cette époque qu'il rencontra Karol Wojtyla (futur Jean-Paul II) dont il deviendra conseillé et ami. Celui-ci le nommera d'ailleurs préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi.

 

Jean-Paul II fera de cette fonction un poste capital de la curie, qui sera  impopulaire car son titulaire passera pour un défenseur des conservateurs et un héritier de l'Inquisition ...

 

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Tout ce préambule, pour bien souligner le parcours d'une personnalité pour laquelle j'ai acquis la plus grande estime depuis que j'ai pris connaissance de son histoire.  C'est un intellectuel de grande envergure qui a consacré son existence à la foi chrétienne dont il est convaincu de la vérité, mais dont il mesure avec clairvoyance les faiblesses et les lacunes auxquelles il veut remédier.

 

Je mesure le drame humain de cet homme confronté depuis quelques années aux scandales d'abus sexuels sur mineurs commis par des gens d'Église. Jean-Paul II lui confia cette lourde tâche de la responsabilité de l'enquête sur les dossiers qui leur parviennent.

 

Je réalise la souffrance immense qui doit accabler ce vieil homme, contraint à prendre connaissance du détail de faits ignobles, lui qui a passé la majeure partie de son existence dans l'azur de sa foi profonde.

 

Je pense à lui, bien seul dans son bureau ou dans sa retraite de Castel Gandolfo subissant  sa vie de souverain pontife d'une Église malade.  A 83 ans, il va devoir faire face à une crise morale et structurelle qui demande une résistance physique et une vitalité que l'âge risque d'amoindrir.  Je n'ai que deux ans de moins et je mesure, moi qui suit en grande forme comme lui, le poids d'une tâche qui peut paraître insurmontable quand on est fatigué par l'âge ...

 

Ceux qui l'ont mis là, dans la précipitation, il y a cinq ans, comme des enfants peureux dans la menace d'un cataclysme, devait pourtant réaliser l'ampleur du séisme qui se préparait sous leurs pieds et qui demandait un guide en pleine forme pour le gérer.

 

Depuis toujours ce fléau de la pédophilie ronge la morale de nos sociétés.  L'Histoire ne s'en préoccupait guère, tellement l'asservissement de l'enfant à l'adulte faisait partie des mœurs de ces temps révolus.

 

La morale chrétienne dans ses sixième et neuvième commandements de Dieu proscrit la jouissance sexuelle en dehors de l'acte procréateur (commandements qui furent modifiés dans le décalogue de Moïse). Dans l'application de son enseignement, l'Église avait donc plus de raisons que d'autres de s'élever contre les pratiques de dévoyés sexuels cléricaux envers l'innocence d'une enfance ou d'une jeunesse qu'elle  avait le devoir de protéger.

 

Je fus témoin et acteur de ces époques et je suis atterré de réaliser le peu d'importance qu'on attachait à des actes, à peine honteux pour ces temps révolus,, qu'actuellement on considère, à juste titre, comme scandaleusement abjects : comme on disait dans mon passé  de croyant « qui crient vengeance au ciel »

 

Nous devons tous porter notre charge de ces « misères ».  Notre petit microcosme belge avec trois « parler »,  néerlandais, français et allemands, et la capitale de l'Europe, sommes très représentatifs d'un échantillon valable de notre société européenne.

 

Aussi ne serons-nous pas étonnés d'enregistrer l'explosion d'un séisme local dont l'épicentre se situait en dessous de nous : à savoir les agissements révoltants d'un évêque et de près de cinq cents clercs ... !

 

La lourde et impardonnable erreur de ce pape comme de tous ses prédécesseurs est de ne pas avoir voulu adapter la morale de l'Église à une réalité fondamentale de l'être humain axée sur la fonction sexuelle qui est primordiale à son épanouissement et à l'équilibre de son couple.

 

Les grands penseurs religieux devraient quitter leur « cabinet de philosophie et d'éthique »  pour aérer  leur propos dans les jardins du plaisir contrôlé et de la jouissance mentale que procure  une existence physique épanouie par une perception harmonieuse des joies que lui procurent ses sens.

Quant à la souffrance, elle sera toujours antinomique du bonheur et nous disposons maintenant de moyens chimiques et psychiques suffisants pour la contrôler ... Et pourquoi la sublimer pour en faire une vertu rédemptrice ?

 

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24/09/2010

Ch. 28 e - Jean-Paul II, controversé.

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Ch. 28 e - Jean-Paul II, controversé.

 

{12} Pendant que j'écrivais les lignes qui vont suivre, le hasard avait voulu que Jean-Paul II s'éteigne au Vatican, le 3 mars 2005,  après un pontificat d'un peu plus de vingt-six années.

 

Pendant les trois jours que durèrent sa fin de vie, je n'ai pas manqué de suivre attentivement les émissions télévisées que nous fournissaient abondamment les nombreuses chaînes qui rivalisaient de moyens pour bien nous pénétrer de l'événement.

 

Comme tout le monde j'ai appris beaucoup de choses sur lui et sur la part morale de son action pour un monde plus humain et plus solidaire.  Les commentateurs ont été jusqu'à prétendre qu'il avait été un acteur prépondérant dans la chute du communisme.

 

Une sorte d'engouement général s'est installé partout et surtout dans les médias qui, entraînés par l'indécence calculée de l'entourage papal brandissant, en se camouflant à peine sous une fenêtre du Vatican, un moribond sublime de courage, se sont trouvés finalement « plus catholiques que le pape » pour le glorifier et le « sanctifier » avant l'heure.

 

Cette déraison dans l'excessif fut stigmatisée à la surprise de tous lors d'un débat télévisé d'une chaîne belge qui réunissait les grands représentants des religions occidentales actuelles mais aussi un des ténors de la laïcité.

 

Le début de l'émission fut dithyrambique à souhait dans une unanimité qui remplissait d'aise les délégués du monde catholique, jusqu'à ce que la parole fut donnée à celui qui défendait l'action laïque.

 

Il remit les pendules à l'heure, comme on dit maintenant, en stigmatisant les prises de position « inhumaines » et archaïques de celui qui avait  condamné obstinément les moyens de contraception les plus élémentaires comme la pilule et le préservatif qui auraient pourtant évité au monde tant et tant de souffrance et de misère.

 

Peut-être trop radical et dur, à contre-courant d'une retenue que justifiait la proximité de l'événement, il condamna avec véhémence toute l'action du défunt en stigmatisant une vision trop rétrograde sur tous les plans.

 

Cette prise de position acerbe glaça tous les participants, représentants des  religions occidentales qui, entraînés par les médias en pleine folie du « béni-oui-oui » général, n'avaient cessé jusqu'à ce moment de glorifier le pape disparu.

 

Au silence stupéfait de chacun, succéda un retour en arrière général (back-track selon le vocabulaire anglicisé de mode) à commencer par le journaliste de la «Libre Belgique », quotidien censé représenter la pensée chrétienne qui, afin de ménager les lecteurs non croyants ou non papistes de son journal, s'empressa de préciser que, dans une édition spéciale de l'événement, une large part serait donnée aux positions défendues par les adversaires du disparu.

 

Il est incontestable que le personnage, aussi auguste soit-il, est déconcertant, tant sa démarche et ses prises de positions sont contradictoires. Si on analyse son histoire on ne peut que s'étonner de voir des actions aussi « rétrogrades » et peu sérieuses que le culte des « apparitions de la Vierge » avoisiner des avancées fondamentales intelligentes en matière de philosophie chrétienne et de comportement moral.

 

On ne peut également qu'être bouleversé et admiratif devant cette démarche, aussi surprenante par son humilité et son souci de justice, qui lui fit demander pardon à la communauté juive au nom de tous les chrétiens pour les crimes du passé et qu'il écrivit sur un bout de papier pour le glisser humblement dans une fente du Mur des Lamentations.

 

L'image de ce vieil homme, au dos rond et la main tremblante, au visage grave du repentir pour les siens et à la marche hésitante car il avait confié sa canne d'infirme à un suivant,  me hantera toujours.

 

Pourtant cette vision forte dans sa symbolique se superposera automatiquement à une autre, terrible jusqu'à l'angoisse, en réflexe incontrôlé de mon subconscient, d'un Jean-Paul II, intransigeant et dur du haut de sa forte taille, condamnant sans pitié ce poignant prêtre-ouvrier, élu député marxiste d'Amérique latine, adepte de la théologie de la libération, à genoux,  effondré et minable, les bras tendus, implorant la compréhension d'un pape inflexible, d'une dureté surprenante de la part de celui qui pouvait pourtant comprendre, tolérer et se pencher avec bonhomie et douceur sur ceux qui le contestaient, comme il le fit pourtant avec cette jeune déléguée belge qui avait critiqué ses prises de position sévères en matière de sacerdoce des femmes et de contraception.


Ambiguïté aussi de nombreuses actions, telles ses multiples compromissions avec ce communisme qu'il abhorrait (voyage officiel en 1998 dans la Cuba de Fidel Castro...)  ou en 1987 au Chili avec une dictature aussi répugnante que celle de Pinochet, ou encore avec des régimes aussi controversés et antisociaux de la plupart des pays de l'Amérique du Sud : tels la Colombie (1986), le Brésil (1981-82-91-97), le Paraguay,  l'Uruguay, la Bolivie (1988), l'Argentine (1982-87) et en 1983 et 1996, au Salvador et au Nicaragua, lors de ses déplacements en Amérique centrale.

 

A contre-courant d'un mouvement né de Vatican II, qui avait donné plus d'autonomie aux clergés locaux, ce pape polonais, anticommuniste invétéré, fustigea, combattit avec la plus persévérante énergie tous ces mouvements gauchisants, justifiés pourtant par l'extrême misère, la profonde injustice et l'inégalité sociale qui écrasaient ces régions.

 

Inflexible et patient, il réforma ou affaiblit des institutions péniblement et dangereusement mises en place par des Don Helder Camara (Brésil), des Silva Henriquez (Chili), des Arnulfo Roméro  (Salvador) et autres Ernesto Cardenal (Nicaragua).

 

Que conclure de tout cela   ?

 

{13} Dans ma grande incompétence à porter un jugement valable, je ne peux que laisser la parole à l'abbé Gabriel Ringlet, ancien pro-recteur et professeur à l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve qui a si bien nuancé les résultats de l'action du pape lors d'une interview qu'il accorda au journal « La Libre Belgique »  :

 

« Les jeunes : oui, il les a galvanisés ; mais sauf exception, quand ils rejoignent leur quotidien, ils n'appliquent rien de ses discours.»

 

« Sa dénonciation de toute une série d'injustices : oui, il a été très net ; mais quand des chrétiens d'Amérique latine veulent mettre cela en pratique à travers une théologie originale qui emprunte bien sûr des éléments au marxisme tout en restant très proche d'une lecture exigeante de l'Evangile, le Pape ne suit plus. »

 

« Les femmes : il a écrit des pages admirables sur leur dignité, mais pas au point de leur conférer de vraies responsabilités dans son église. »

 

Plus loin, j'ai relevé les passages intéressants suivants :

 

« Les vrais savants de l'Académie Pontificale des Sciences se sont retirés sur la pointe des pieds tant on leur a mis dans l'oreille ce qu'ils devaient penser.  Il y a une fuite des cerveaux dans l'Eglise ! »

 

A la question qui lui était posée sur le nouveau pape souhaité, le pro-recteur de notre « Alma Mater » répondit :

 

« Un pape qui serait plus évoquant que confessant.  Il y a un temps pour confesser sa foi, entre croyants.   Quand on se trouve dans l'espace public, par définition pluraliste, évoquer sa foi, c'est trouver une tonalité juste qui fait qu'on en dit assez mais qu'on n'en dit pas de trop...un pape plus allusif, marquerait fortement l'opinion.... Un pape à la parole désintéressée.  Un pape qui dise : « venez et voyez, soyez libres d'entrer et de sortir »  Un pape qui ose le débat, qui n'a pas peur de ce qui peut en surgir »

 

Le brillant penseur terminera par ces conclusions sur la capacité de débat de l'Église :

 

« Il est urgentissime d'y retrouver une activité de débat digne de ce nom.  Je citerai trois autres exigences et urgences : réinvestir dans la création littéraire et artistique ;  repenser la relation au temps, car les temporalités entre nos contemporains et l'Église ne se rencontrent plus ;  et évidemment modifier le mode de gouvernement de l'Église : davantage d'autonomies locales et de collégialité, un pontificat qui ne soit plus à vie, et...de l'imagination  -  ainsi, pourquoi pas une femme cardinale, puisque rien ne doit lier gouvernance et sacerdoce ? »

 

{14} Cette petite « perche tendue » à ceux qui prônent une justice des sexes me permet de « rompre une lance » en faveur d'une féminisation de l'Eglise commencée par les églises réformées mais repoussée avec véhémence par les autres religions.

 

En cette période de crise des vocations,  en ouvrant aux femmes les portes du sacerdoce et de son hiérarchie ecclésiale, un sang neuf de grande qualité par sa disponibilité, son sens maternel de l'abnégation, sa modestie et son dynamisme pourrait revitaliser une Église qui se meurt.

 

De plus, en offrant aux femmes la possibilité d'être la compagne d'un prêtre, on donnerait à de nombreux couples une raison de sublimer leur union dans une optique altruiste.

 

{15} D'autre part on ne peut qu'approuver ceux qui critiquent la politique africaine du pontife disparu en matière de lutte contre le sida qui ronge impitoyablement des populations incultes sans défense contre un ennemi sournois que seule, à ce jour, une protection par préservatif peut combattre mais que le pape n'a pas hésité à proscrire avec une rare et incompréhensible violence comme il s'élèvera contre toute action de libération sexuelle des couples en condamnant la programmation chimique de l'ovulation au moyen de la  « pilule ».

 

Sa responsabilité est grande dans la souffrance et la déchéance d'une humanité misérable non seulement noire que son intransigeance dessert et abandonne en freinant l'action de ceux qui militent en faveur de la liberté de la sexualité et du couple.

 

Qu'on le veuille ou non, l'Église reste celle de Rome, des blancs de l'occident et des civilisations européennes émigrées aux Amériques et en Australie.  Ailleurs l'Église y est plus symbolique que présente si ce n'est aux Philippines. Quant à l'Église des africains noirs, elle est l'œuvre des missionnaires qui leur ont imposé une philosophie occidentale de blancs.

 

C'est donc dire combien un pape de tradition chrétienne polonaise, résistant de la première heure au communisme athée, intellectuel mystique en situation de combat quand il était sur place, n'a pas pu ou n'a pas voulu adapter sa vision supérieure intransigeante de la morale à celle essentiellement primaire de populations à peine sorties d'une existence quotidienne axée sur la survie.

 

Comment faire comprendre à des gens que décime le sida que seule la continence peut les sauver d'une mort certaine, alors qu'ils violent tous leurs femmes qui subissent l'accouplement comme du bétail.

 

Aussi, on ne peut que rejoindre ses adversaires quand ils disent que Jean-Paul II a failli à son devoir de premier moraliste du monde en n'adaptant pas son enseignement aux réalités dramatiques de la conséquence des maux qui accablent l'humanité actuelle.

 

Lui qui s'est révélé homme de compromis, de dialogue, d'ouverture à toutes les idéologies, n'a pas aligné son message au domaine sexuel, vraisemblablement par pudibonderie sacerdotale atavique de célibataire remontant peut-être à certaines sources du décalogue qui limitent cette fonction à sa finalité reproductrice en dehors de la jouissance.

 

{16} Certains hommes de terrain comme le très vieux chanoine de Locht, que nous avons beaucoup suivi et admiré, il y a près de trente ans,  n'a pas hésité à avouer en pleine émission télévisée son incompétence de célibataire quand ses ouailles venaient lui parler de problèmes parentaux pour lesquels il estimait ne pas avoir la qualité de répondre par loyauté de pensée en raison de son inexpérience personnelle.

 

Que dire alors de la compétence des théologiens moralistes ayant fait vœu de chasteté quand ils doivent débattre des problèmes sexuels qui leur sont soumis.

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21/09/2010

Ch. 28 d - Les grands SI

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

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élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

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et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Ch. 28 d - Les grands SI

 

{9}Dans les sous-chapitres précédents, traitant de mes expériences de la fin d'exister, je me suis posé la question de savoir si :  Ma certitude d'un monde mécanique sans pouvoir supérieur, sans  raison suprême, serait ébranlée par la proximité de l'événement ? Je rappelle que sans protections médicamenteuses,  je risquais l'accident fatal comme mon beau-père qui avait subi la même intervention et est décédé pendant son séjour à l'hôpital.

 

Une raison supérieure de se prolonger en tant qu'entité pensante ne se manifesterait-elle pas dans cette ultime confrontation avec la vérité finale ?  La réalité d'un au-delà ne se ressentirait-elle pas alors en pressentiment d'une pensée transcendante existante ?

 

Avec beaucoup de sang-froid et un certain détachement que des apparences qui étaient contre moi desservaient, je me suis mis à analyser cette situation où j'entrevoyais  l'issue finale de  mon aventure humaine.

 

Mon cerveau se plongea alors dans les plus profondes et les plus incroyables investigations, élucubrations sans issues même, se laissant aller aux plus subtiles circonvolutions mentales jusqu'à la migraine, avec cependant toujours cette rigueur du « vieux comptable » qui exige une logique « balancée » de ce qu'il échafaude.

 

Dans cet exercice se manifesta cette faculté ubiquitaire de la première moitié de ma vie qui me permit, par ce que j'appelais alors « dédoublement », de revivre dans un état second les moments de mon existence à la frontière de la mort qui depuis hantent toujours mon subconscient.

 

Je retrouvai ce vide physique qui anéantit le cerveau quand je fus sous le contrôle de l'anesthésiste pendant que cœur et poumons étaient débranchés et « by-passé » sur un appareil circulatoire artificiel pour la mise en place de cinq pontages coronariens et davantage encore, par la suite, quand ce refuge de la pensée sera embrumé par la souffrance et l'épuisement qu'avaient provoqués des épanchements pleuraux qui m'étouffaient et me privaient de sommeil, m'amenant au seuil de l'inconscience.

 

Je revécus surtout, plus tard, avec angoisse, le néant mental qui s'était installé dans mon « intellect », à la suite de ce jogging malchanceux et d'une erreur médicale qui avait provoqué un infarctus cérébral, quand je scrutais un horizon de brute ou que je m'obstinais sur des pages qui avaient perdu leur sens.

 

Et puis, encore plus tard, quand j'entendis, une fois de plus, le miaulement  des sirènes de l'ambulance qui accompagnaient quelqu'un d'autre qui était moi qu'on emmenait en danger de mort et que je contemplais en le survolant comme un ectoplasme.

 

Une nuit surtout, dans le confort de cette chambre luxueuse, les fenêtres ouvertes sur le velours d'un ciel de douce tiédeur, enivré d'une subtile onde parfumée de plantes endormies, je cherchai avec toute mon âme « d'être pensant » le moindre indice qui aurait pu ébranler cette désolante théorie d'un univers sans raisons....

 

Je n'ai rien trouvé d'autre qu'une affolante solitude, qu'un impitoyable vide, qu'une atroce conviction que seul notre besoin d'idéal, notre soif de bonheur, notre crainte du néant absolu, nous pousse à imaginer autre chose.

 

Avec toute l'honnêteté et la loyauté que j'ai mises à écrire ce livre,  je peux me permettre d'affirmer que dans ce contexte particulier et cette méditation   fondamentale, je n'ai trouvé aucun élément qui soit de nature à ébranler cette conviction intime, malheureusement navrante, d'un monde essentiellement mécanique et perpétuel sans finalité quelconque  ...

 

Tout le reste comme on disait de mon temps, n'est que littérature ...

 

L'homme intelligent est la merveilleuse réussite d'un accident qui s'est produit dans un des satellites d'une des plus insignifiantes étoiles d'un des plus modestes conglomérats de soleils qui orbitent dans une immensité apparente dont nous commençons seulement à entrevoir le mécanisme.

 

Cet accident qui aboutira à notre civilisation intelligente, évoluant dans un contexte éducatif performant, fut mis en péril dans l'histoire de notre planète, si on se réfère à nos paléontologues, lors du cataclysme qui provoqua la disparition des grands sauriens.

 

{10} A ce propos, ce qui est troublant c'est ce que j'appelle les « Grands Si » :

 

Si un astéroïde énorme n'était pas tombé sur la terre, il y a environ soixante à soixante-cinq millions d'années, provoquant le nuage opaque qui la plongea dans la quasi-obscurité et le froid, les dinosaures et la végétation primaire qui les nourrissaient auraient continué à évoluer dans leur démesure, poursuivant une évolution antérieure de cent cinquante millions d'années et nous ne serions pas là pour y réfléchir.  C'est trois fois plus que la durée actuelle des mammifères et que sont à cet égard les quelques milliers d'années de l'émergence de nos ancêtres qui en proviennent ?

 

Dans l'annexe de mon livre, intitulée « La symphonie de l'Harmonieux », je me permettrai d'aborder les hypothèses des « Super-cordes », de « l'unification des forces » et de la « Super-symétrie » défendues dans son ouvrage sur le sujet intitulé « Super-symétrie - les lois ultimes de la nature dévoilées »  par  Gordon Kane (page 232).

 

Ce scientifique prudent et sérieux ne manque pas de faire état de ce qu'il appelle les arguments anthropiques minimaux dans son dernier chapitre intitulé « Pouvons-nous vraiment comprendre l'origine de l'univers et les lois qui le régissent ? ».  Les arguments non minimaux sont avancés par ceux qui prétendent que l'univers a été conçu par un créateur pour l'émergence de l'homme penseur  intelligent.

 

Il me semble utile de reproduire « in extenso » ce qu'il écrit à ce sujet :

 

« Les dinosaures nous donnent une bonne raison de ne pas prendre au sérieux les arguments anthropiques non minimaux qui impliquent que tout dans la nature fut conçu pour la vie humaine. La Terre était un endroit idéal pour eux ; leur espèce fut dominante pendant près de cent cinquante millions d'années, soit presque trois fois plus longtemps que les mammifères et cent fois plus que l'espèce humaine.  Sans le hasard d'un astéroïde tombé voilà soixante millions d'années, peut-être leur espèce régnerait-elle encore sur la surface de la Terre.  Tout argument censé débrouiller les mystères de l'univers devrait s'appliquer aussi bien à l'univers d'il y a cent millions d'années qu'à celui d'aujourd'hui.  Si l'univers a été conçu exclusivement pour l'Homme, c'est que quelqu'un a dû se tromper.  En effet, pourquoi ne pas imaginer que l'espèce humaine soit anéantie du jour au lendemain par une collision avec un astéroïde ou même par l'expulsion de la Terre hors du système solaire, du fait de l'attraction gravitationnelle d'une étoile ou d'une planète de passage. ».

 

D'autre part, je reprendrai dans son intégralité les commentaires tellement autorisés et exhaustifs du Professeur de Duve, prix Nobel, tirés de son livre « A l'écoute du vivant » (page 215) :

 

« On sait depuis longtemps par les restes fossiles qu'une catastrophe planétaire a dû se produire il y a environ 65 millions d'années, provoquant l'extinction des dinosaures et de nombreuses autres espèces vivantes.  En 1978, deux physiciens américains, Luis Alvarez et son fils Walter, trouvèrent des indices dont ils déduisirent que la chute d'un gros astéroïde était le phénomène responsable de ce cataclysme. Cette hypothèse a depuis été amplement confirmée et le point d'impact a même été localisé, en un endroit dénommé aujourd'hui Chicxulub dans la péninsule de Yucatan, au Mexique. Ce cas est fréquemment cité comme exemplaire de la portée considérable des effets que des circonstances environnementales fortuites peuvent exercer sur l'évolution biologique.  N'était un énorme boulet tombé du ciel, les dinosaures en seraient peut-être toujours à parcourir la terre, les mammifères mèneraient une existence précaire à l'ombre des grands reptiles et nous ne serions pas là pour le constater. »

D'autre part, nul n'ignore que  la fin de notre monde  est inéluctable dans un million ou deux d'années, quand notre soleil s'effondrera sur lui-même pour devenir ce qu'on nomme, faute de mieux, un trou noir, entraînant avec lui toutes ses planètes et nous par conséquent.

 

11} Quant à l'hypothèse de l'émigration sur d'autres systèmes, elle est du domaine de la science-fiction et difficilement envisageable tellement elle est conditionnée par des distances et un temps qui ne peuvent être franchis que par des générations « d'émigrants » qui parviendraient à quitter l'environnement solaire et ses planètes en subsistant dans un « vase clos voyageur extrêmement sophistiqué » qui leur permettrait de se développer suffisamment de générations en générations pour atteindre d'autres systèmes, tout en se protégeant des dangers d'un univers qui n'est vraiment pas fait pour la fragile enveloppe humaine.... même après les mutations les plus invraisemblables.....  (Il ne faut pas oublier que nous ne pouvons exister que dans quelques rares déchets de soleils comme la terre qui orbiteraient autour d'eux)

 

D'autre part, évitant des explications tarabiscotées,  nos exégètes actuels restent discrets sur cette « fin du monde »,  prédite par toutes les croyances  qui en faisaient leurs « choux gras »  pour inspirer d'avantage la crainte d'un jugement dernier, celui que le Dieu de la Bible prononcerait alors quand tous les morts et les ressuscités seraient jugés pour leurs actes selon qu'ils auraient été conformes aux lois que les grands initiés leur avaient transmises.

 

Pour allégoriques aux yeux de la plupart que soient maintenant ces passages des « écritures » ou des « messages inspirés transmis » à la base de nos religions, ils n'en sont pas moins révélateurs de l'état d'esprit dominateur de tous les « meneurs » et les « opprimants » du passé qui s'en serviront comme l'un de leurs meilleurs moyens d'asservissement.

 

 

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18/09/2010

Défense d'un système bafoué.

Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer des conclusions personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

-------


Défense d'un système bafoué.

 

L'actualité belge me force à intervenir pour apporter ma petite contribution à la constitution d'un dossier dont l'ampleur sera gigantesque autant par le fond historique et social que par sa forme controversée.

 

L'Église catholique, apostolique et romaine de Belgique subit depuis quelques temps la plus dure épreuve de son histoire.  Près de cinq cents cas de pédophilie viennent de faire l'objet d'un rapport suscité par les instances judiciaires et religieuses du pays.

 

Le rapporteur a démis sionné devant l'ampleur et la gravité des faits qu'il a recueillis, laissant aux autorités religieuses et judiciaires le devoir de prendre les mesures qui s'imposent.  Le pays est sous le choc et l'Église aussi, d'autant plus qu'un évêque est lui-même coupable et a avoué les faits.

 

Maintenant que l'opprobre s'abat sur le peuple chrétien avec les excès que ne méritent que les seuls coupables directs ou indirects, je me sens le devoir de prendre la défense de ceux pour lesquels j'ai eu et j'ai toujours la plus grande admiration et la plus grande considération, moi qui fut un chrétien convaincu pendant près de septante ans.

 

Depuis une dizaine d'année, mes loisirs de pensionné m'ont permis d'affiner et d'approfondir ma réflexion sur l'existence avec la conséquence d'une option philosophique  agnostique, avec l'athéisme comme première hypothèse de réflexion. Je publie deux fois par semaine sur le blog "culture" l'ensemble de ce travail avec mon existence comme charpente de ces considérations, afin de leur donner le poids de l'expérience vécue.

 

Le sens du devoir et de l'abnégation de la majorité des hommes d'Église est remarquable. « L'amour du prochain » n'est pas une vaine assertion qu'ils proclament puisqu'ils le mettent en pratique dans leur ministère.  Ce sont eux qui m'ont enseigné l'idéal de l'élévation de ce sentiment jusqu'au sublime du sacrifice de sa personne ...

 

Je reste convaincu que cette morale est la meilleure qui soit depuis qu'en 1891, Léon XIII dans son encyclique  « Rerum novarum » a planté les premiers jalons de la démocratisation de l'Église et que Jean XXIII et ses successeurs ont poursuivi ce mouvement dans de grandes réformes.  On ne peut leur reprocher qu'une trop grande « frilosité » devant les problèmes de l'heure ainsi qu'un dogmatisme paralysant.

 

Dans ma jeunesse de guerre, j'ai cru réaliser cet idéal d'abnégation en fréquentant un internat de futurs missionnaires d'Afrique, dirigé par un frère de mon père.  La tuberculose, contractée à la suite des privations de l'occupation allemande, m'en a empêché et m'a contraint à me faire soigner pendant deux ans en Suisse.

 

Mes compagnons de collège de l'époque devinrent missionnaires et trois de mes anciens condisciples furent massacrés avec sept de leurs confrères à Kongolo par une soldatesque ivre : j'aurais pu être parmi eux si je n'avais pas été malade. Un mémorial leur a été élevé dans l'enceinte du collège à Gentinnes dans le Brabant wallon.

 

Pendant mon séjour dans un sanatorium que l'ordre de mon oncle avait construit à Montana, dans les montagnes suisses du Valais, pour soigner les ecclésiastiques malades, je me suis trouvé dans un environnement de religieux, prêtres et séminaristes en provenance de toute l'Europe occidentale.

 

Dans ce « microcosme » très particulier, j'ai côtoyé le sublime, la souffrance et la mort, mais aussi les débordements du vice, trois « clercs » me poursuivant de leurs assiduités vicieuses. Je parvins cependant à leur échapper grâce à un « scout idéaliste », mon aîné de quelques années, qui me protégea et devint un ami fidèle pendant près de soixante ans.

 

Revenu en Belgique à 18 ans, pas bien guéri, puisqu'atteint à l'autre poumon deux ans après, je rechutai. Grâce à la découverte d'un nouveau médicament, j'eus l'avantage d'être soigné chez moi et, pendant ces époques, je bénéficiai de l'aide bénévole de quelques professeurs d'un institut de ma région bruxelloise qui m'aidèrent à préparer le jury central des études secondaires.

 

Ces prêtres, dont un préfet, furent magnifiques de patience et de dévouement. Je pense souvent avec reconnaissance à tous ces profs qui m'ont tant aidé en Suisse et en Belgique.  Ce sont eux qui ont réservé leurs heures de loisirs à enseigner le pauvre gosse malingre et souffreteux que j'étais, sans se préoccuper de la destinée d'une minable et hypothétique recrue, avec le risque pour leur organisation de devoir assumer dans le futur une charge d'hospitalisation coûteuse,  longue et définitive.

 

C'est dire que dans un tel contexte,  je me sentais lié à l'Église et dans l'obligation de me montrer reconnaissant en répondant à son appel. Pourtant, de plus en plus, je me sentais avide d'une présence féminine à mes côtés pour continuer ma vie.

 

Ma mère à qui j'avais fait part de mes doutes quand à la  valeur de ma vocation, sans lui parler des approches vicieuses de certains, tellement je craignais de la faire souffrir dans sa foi profonde, se confia à son frère qui était curé d'un petit village ardennais.  L'autre oncle, le préfet de mon collège, était très malade et avait de gros problèmes de vision.  (Il finira par perdre la vue).

 

L'oncle des Ardennes vint tout de suite à Bruxelles pour m'interroger et dans mes confidences, je lui fis part des problèmes que j'avais rencontrés avec des prêtres et séminaristes vicieux en Suisse, ce qui avait fortement ébranlé ma foi. Conscient d'une responsabilité qu'il ne se sentait pas la qualité d'assumer, et ne connaissant personne à  Bruxelles, il s'adressa à l'hiérarchie supérieure de la ville, son doyen Monseigneur Boone qui me convoqua lui-même.

 

Je dois le bonheur et ma vie réussie à ce petit homme, souriant, affable, très dynamique ...  Il m'accueillait chaleureusement en me serrant la main des deux siennes avec grande amitié ... Ses yeux malicieux pétillaient de bonté ...

 

A la première entrevue, après une longue conversation, il n'hésita pas à  me dédouaner de mes scrupules...,  il me reçu ensuite pratiquement tous les mois pendant plus de trois ans.

 

Nous avions des conversations très intéressantes et il m'a appris beaucoup de choses. Nous parlions de tout,  de la foi, des religions, de philosophie, d'art et de poésie ... Il m'envoya même chez un de ses amis, prêtre et poète qui lut mes poèmes à voix haute avec beaucoup de talent en me conseillant de continuer et de publier.

 

J'ai finalement, après une longue et patiente investigation, eu le bonheur de lui présenter celle qui me cherchait et qui sera toujours à mes côtés pour construire, pendant plus de cinquante ans,  un foyer accueillant, lumineux de la joie de tous ceux qui s'y trouvèrent de passage ou pour partager notre vie : nos quatre enfants, un neveu qui avait perdu son père, ma mère et aussi les beaux-parents, parents, amis ou malheureux en quête de toit ou d'affection.

 

Nos espaces étaient aussi larges que nos cœurs et se prolongèrent dans une fermette de la région namuroise au milieu des champs, des prairies et des bois, ouverte à tous dans de joyeuses et chaleureuses agapes avec, dans le ciel, le chant des alouettes éperdues.

 

Actif dans notre environnement paroissial, nous avons côtoyé un clergé et des gens merveilleux d'idéal et de fraternité, animés d'un grand souci de partage des valeurs humaines sans arrière-pensée de récupération et plus particulièrement le curé Rabau, homme merveilleux de bonté, de dévouement et de disponibilité à tous.

 

Enfin dans ce contexte de défense d'un milieu clérical maintenant décrié, je tiens surtout à parler de mes deux oncles prêtres, qui ont eu des existences difficiles de solitude, de devoir, de partage et d'abnégation,  l'un dans son presbytère, l'autre dans son couvent.

 

Celui qui était destiné aux missions d'Afrique n'y ira jamais, sa congrégation préférant utiliser ses qualités d'enseignant et de « bâtisseur » à des fonctions nécessaires à son établissement belge.

 

Malheureusement, lui aussi fut amoindri par la maladie et me rejoindra en Suisse les quelques mois qui furent nécessaires à son rétablissement.  Mais le mal empira et lui fit finalement perdre la vue. Je crois que personne ne réalisera jamais ce que furent cette longue descente dans l'enfer de la cécité.  J'ai souvent été témoin de son courage mais aussi confident de son désespoir d'homme d'action devenu inutile et dépendant.

 

Cet homme dynamique soulevait les montagnes. Il parvint à réunir des fonds suffisants pour créer le mémorial Kongolo dans l'enceinte du couvent de Gentinnes et y construire une magnifique et spacieuse chapelle à la mémoire de tous les missionnaires tués à cette époque, dite de décolonisation.

 

J'ai eu l'occasion de recueillir ses confidences, la maladie nous ayant rapproché ... J'ai ressenti combien la solitude de ces hommes seuls sans famille est une souffrance ... que seuls l'action et le travail peuvent en partie compenser  ...

 

Quand les autorités de l'Église romaine, actuellement en plein désarroi, comprendront-elles cela et  autoriseront le mariage des prêtres ? Leur frilosité dans des réformes fondamentales causera l'effondrement de l'institution ... et pourtant l'humanité a tant besoin d'un message d'amour comme celui de leur enseignement !

 

L'autre de mes oncles, respectable curé d'un petit village près de Beauraing, lieu des apparitions de la Vierge  (il fut le confident d'une voyante, ancienne élève du catéchisme de sa paroisse - voir dossier 04.4),  a lui aussi souffert de son isolement affectif avec un stoïcisme remarquable.

 

Quand nous lui demandâmes, un jour, pourquoi il n'avait pas de poste de télévision, il nous répondit avec hauteur et détermination : « Je n'en veux pas ... Je ne tiens pas à réveiller des instincts que j'ai refoulé à coup de cravache »

 

Cette simple phrase est bouleversante et résume très bien le long et difficile combat, de ces hommes à qui on a imposé inutilement le célibat et qui, dans l'emportement idéaliste de leur jeunesse,  n'ont pas mesuré l'importance du sacrifice contre nature qu'on leur imposait.

 

Un devoir de vérité et de justice m'anime, une fois de plus,  pour défendre un milieu qui n'est plus le mien et que les médias jettent trop facilement au mépris de l'opinion publique.

 

Il n'en reste pas moins pourtant, que tout l'héroïsme et l'abnégation de ces «idéalistes » de notre société, ne font pas le poids face aux cinq cents dossiers surgis du passé nébuleux de nos institutions.

 

Ceux-ci, pourtant, ne constituent qu'une petite page du martyrologe abominable des nombreuses victimes d'individus qu'on a trop longtemps tardé à soigner ou condamner et que, dans un souci de maintien de l'intégrité d'une institution, on n'a pas ou insuffisamment sanctionnés, livrés à la justice ou aux psychiatres.

 

J'ai vécu ces époques de déviances de la  morale fondamentale dans toutes nos institutions occidentales.  Je reste horrifié à la pensée de l'inconscience coupable de nos éducateurs face à l'abomination des actes pédophiles.

 

Ce que l'on considère maintenant comme la plus répugnante des actions n'était jugée, dans un passé pas bien lointain, que comme une erreur ou une faute qu'on sanctionnait uniquement par l'éloignement du coupable ... ou un simple, cependant sévère, avertissement ... j'ai connu ça en Suisse.

 

On ne réalisait pas à ces époques la gravité d'actes abominables qui salissaient l'innocence et détruisait sa morale et son avenir. Il me revient une phrase qui remonte de mon passé chrétien et qui convient à cette situation : «c'est un crime qui crie vengeance au ciel».

 

Dans un débat beaucoup plus large quant au fond,  notre société occidentale doit se pencher sur la base d'un enseignement religieux qui nous vient du « Livre » et d'une interprétation des tables de la loi que Moïse a reçu de Yahvé.  Les moralistes chrétiens y ont remplacé les sixième et neuvième commandements, plus spécifiques à la pratique juive, par des prescrits rigoristes concernant la sexualité qui ne peut être réservée qu'à la seule procréation en dehors du plaisir.

 

Il est indispensable que les courants religieux modernes adaptent les prescrits de leur enseignement en définissant les limites acceptables de la fonction du plaisir, sexuel ou autre, qui reste essentielle et fondamentale à l'épanouissement de la personne humaine.

 

 

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17/09/2010

Défense d'un système bafoué.

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Défense d'un système bafoué.

 

Avant d'entreprendre mes considérations sur la fin d'exister annoncées dans le texte précédent, l'actualité belge me force à intervenir pour apporter ma petite contribution à la constitution d'un dossier dont l'ampleur sera gigantesque autant par le fond historique et social que par sa forme controversée.

 

L'Église catholique, apostolique et romaine de Belgique subit depuis quelques temps la plus dure épreuve de son histoire.  Près de cinq cents cas de pédophilie viennent de faire l'objet d'un rapport suscité par les instances judiciaires et religieuses du pays.

 

Le rapporteur a démissionné devant l'ampleur et la gravité des faits qu'il a recueillis, laissant aux autorités religieuses et judiciaires le devoir de prendre les mesures qui s'imposent.  Le pays est sous le choc et l'Église aussi, d'autant plus qu'un évêque est lui-même coupable et a avoué les faits.

 

Maintenant que l'opprobre s'abat sur le peuple chrétien avec les excès que ne méritent que les seuls coupables directs ou indirects, je me sens le devoir de prendre la défense de ceux pour lesquels j'ai eu et j'ai toujours la plus grande admiration et la plus grande considération, moi qui fut un chrétien convaincu pendant près de septante ans.

 

Depuis une dizaine d'année, mes loisirs de pensionné m'ont permis d'affiner et d'approfondir ma réflexion sur l'existence avec la conséquence d'une option philosophique  agnostique, avec l'athéisme comme première hypothèse de réflexion. Je publie deux fois par semaine sur ce blog l'ensemble de ce travail avec mon existence comme charpente de ces considérations, afin de leur donner le poids de l'expérience vécue.

 

Le sens du devoir et de l'abnégation de la majorité des hommes d'Église est remarquable. « L'amour du prochain » n'est pas une vaine assertion qu'ils proclament puisqu'ils le mettent en pratique dans leur ministère.  Ce sont eux qui m'ont enseigné l'idéal de l'élévation de ce sentiment jusqu'au sublime du sacrifice de sa personne ...

 

Je reste convaincu que cette morale est la meilleure qui soit depuis qu'en 1891, Léon XIII dans son encyclique  « Rerum novarum » a planté les premiers jalons de la démocratisation de l'Église et que Jean XXIII et ses successeurs ont poursuivi ce mouvement dans de gra ndes réformes.  On ne peut leur reprocher qu'une trop grande « frilosité » devant les problèmes de l'heure ainsi qu'un dogmatisme paralysant.

 

Dans ma jeunesse de guerre, j'ai cru réaliser cet idéal d'abnégation en fréquentant un internat de futurs missionnaires d'Afrique, dirigé par un frère de mon père.  La tuberculose, contractée à la suite des privations de l'occupation allemande, m'en a empêché et m'a contraint à me faire soigner pendant deux ans en Suisse.

 

Mes compagnons de collège de l'époque devinrent missionnaires et trois de mes anciens condisciples furent massacrés avec sept de leurs confrères à Kongolo par une soldatesque ivre : j'aurais pu être parmi eux si je n'avais pas été malade. Un mémorial leur a été élevé dans l'enceinte du collège à Gentinnes dans le Brabant wallon.

 

Pendant mon séjour dans un sanatorium que l'ordre de mon oncle avait construit à Montana, dans les montagnes suisses du Valais, pour soigner les ecclésiastiques malades, je me suis trouvé dans un environnement de religieux, prêtres et séminaristes en provenance de toute l'Europe occidentale.

 

Dans ce « microcosme » très particulier, j'ai côtoyé le sublime, la souffrance et la mort, mais aussi les débordements du vice, trois « clercs » me poursuivant de leurs assiduités vicieuses. Je parvins cependant à leur échapper grâce à un « scout idéaliste », mon aîné de quelques années, qui me protégea et devint un ami fidèle pendant près de soixante ans.

 

Revenu en Belgique à 18 ans, pas bien guéri, puisqu'atteint à l'autre poumon deux ans après, je rechutai. Grâce à la découverte d'un nouveau médicament, j'eus l'avantage d'être soigné chez moi et, pendant ces époques, je bénéficiai de l'aide bénévole de quelques professeurs d'un institut de ma région bruxelloise qui m'aidèrent à préparer le jury central des études secondaires.

 

Ces prêtres, dont un préfet, furent magnifiques de patience et de dévouement. Je pense souvent avec reconnaissance à tous ces profs qui m'ont tant aidé en Suisse et en Belgique.  Ce sont eux qui ont réservé leurs heures de loisirs à enseigner le pauvre gosse malingre et souffreteux que j'étais, sans se préoccuper de la destinée d'une minable et hypothétique recrue, avec le risque pour leur organisation de devoir assumer dans le futur une charge d'hospitalisation coûteuse,  longue et définitive.

 

C'est dire que dans un tel contexte,  je me sentais lié à l'Église et dans l'obligation de me montrer reconnaissant en répondant à son appel. Pourtant, de plus en plus, je me sentais avide d'une présence féminine à mes côtés pour continuer ma vie.

 

Ma mère à qui j'avais fait part de mes doutes quand à la  valeur de ma vocation, sans lui parler des approches vicieuses de certains, tellement je craignais de la faire souffrir dans sa foi profonde, se confia à son frère qui était curé d'un petit village ardennais.  L'autre oncle, le préfet de mon collège, était très malade et avait de gros problèmes de vision.  (Il finira par perdre la vue).

 

L'oncle des Ardennes vint tout de suite à Bruxelles pour m'interroger et dans mes confidences, je lui fis part des problèmes que j'avais rencontrés avec des prêtres et séminaristes vicieux en Suisse, ce qui avait fortement ébranlé ma foi. Conscient d'une responsabilité qu'il ne se sentait pas la qualité d'assumer, et ne connaissant personne à  Bruxelles, il s'adressa à l'hiérarchie supérieure de la ville, son doyen Monseigneur Boone qui me convoqua lui-même.

 

Je dois le bonheur et ma vie réussie à ce petit homme, souriant, affable, très dynamique ...  Il m'accueillait chaleureusement en me serrant la main des deux siennes avec grande amitié ... Ses yeux malicieux pétillaient de bonté ...

 

A la première entrevue, après une longue conversation, il n'hésita pas à  me dédouaner de mes scrupules...,  il me reçu ensuite pratiquement tous les mois pendant plus de trois ans.

 

Nous avions des conversations très intéressantes et il m'a appris beaucoup de choses. Nous parlions de tout,  de la foi, des religions, de philosophie, d'art et de poésie ... Il m'envoya même chez un de ses amis, prêtre et poète qui lut mes poèmes à voix haute avec beaucoup de talent en me conseillant de continuer et de publier.

 

J'ai finalement, après une longue et patiente investigation, eu le bonheur de lui présenter celle qui me cherchait et qui sera toujours à mes côtés pour construire, pendant plus de cinquante ans,  un foyer accueillant, lumineux de la joie de tous ceux qui s'y trouvèrent de passage ou pour partager notre vie : nos quatre enfants, un neveu qui avait perdu son père, ma mère et aussi les beaux-parents, parents, amis ou malheureux en quête de toit ou d'affection.

 

Nos espaces étaient aussi larges que nos cœurs et se prolongèrent dans une fermette de la région namuroise au milieu des champs, des prairies et des bois, ouverte à tous dans de joyeuses et chaleureuses agapes avec, dans le ciel, le chant des alouettes éperdues.

 

Actif dans notre environnement paroissial, nous avons côtoyé un clergé et des gens merveilleux d'idéal et de fraternité, animés d'un grand souci de partage des valeurs humaines sans arrière-pensée de récupération et plus particulièrement le curé Rabau, homme merveilleux de bonté, de dévouement et de disponibilité à tous.

 

Enfin dans ce contexte de défense d'un milieu clérical maintenant décrié, je tiens surtout à parler de mes deux oncles prêtres, qui ont eu des existences difficiles de solitude, de devoir, de partage et d'abnégation,  l'un dans son presbytère, l'autre dans son couvent.

 

Celui qui était destiné aux missions d'Afrique n'y ira jamais, sa congrégation préférant utiliser ses qualités d'enseignant et de « bâtisseur » à des fonctions nécessaires à son établissement belge.

 

Malheureusement, lui aussi fut amoindri par la maladie et me rejoindra en Suisse les quelques mois qui furent nécessaires à son rétablissement.  Mais le mal empira et lui fit finalement perdre la vue. Je crois que personne ne réalisera jamais ce que furent cette longue descente dans l'enfer de la cécité.  J'ai souvent été témoin de son courage mais aussi confident de son désespoir d'homme d'action devenu inutile et dépendant.

 

Cet homme dynamique soulevait les montagnes. Il parvint à réunir des fonds suffisants pour créer le mémorial Kongolo dans l'enceinte du couvent de Gentinnes et y construire une magnifique et spacieuse chapelle à la mémoire de tous les missionnaires tués à cette époque, dite de décolonisation.

 

J'ai eu l'occasion de recueillir ses confidences, la maladie nous ayant rapproché ... J'ai ressenti combien la solitude de ces hommes seuls sans famille est une souffrance ... que seuls l'action et le travail peuvent en partie compenser  ...

 

Quand les autorités de l'Église romaine, actuellement en plein désarroi, comprendront-elles cela et  autoriseront le mariage des prêtres ? Leur frilosité dans des réformes fondamentales causera l'effondrement de l'institution ... et pourtant l'humanité a tant besoin d'un message d'amour comme celui de leur enseignement !

 

L'autre de mes oncles, respectable curé d'un petit village près de Beauraing, lieu des apparitions de la Vierge  (il fut le confident d'une voyante, ancienne élève du catéchisme de sa paroisse - voir dossier 04.4),  a lui aussi souffert de son isolement affectif avec un stoïcisme remarquable.

 

Quand nous lui demandâmes, un jour, pourquoi il n'avait pas de poste de télévision, il nous répondit avec hauteur et détermination : « Je n'en veux pas ... Je ne tiens pas à réveiller des instincts que j'ai refoulé à coup de cravache »

 

Cette simple phrase est bouleversante et résume très bien le long et difficile combat, de ces hommes à qui on a imposé inutilement le célibat et qui, dans l'emportement idéaliste de leur jeunesse,  n'ont pas mesuré l'importance du sacrifice contre nature qu'on leur imposait.

 

Un devoir de vérité et de justice m'anime, une fois de plus,  pour défendre un milieu qui n'est plus le mien et que les médias jettent trop facilement au mépris de l'opinion publique.

 

Il n'en reste pas moins pourtant, que tout l'héroïsme et l'abnégation de ces «idéalistes » de notre société, ne font pas le poids face aux cinq cents dossiers surgis du passé nébuleux de nos institutions.

 

Ceux-ci, pourtant, ne constituent qu'une petite page du martyrologe abominable des nombreuses victimes d'individus qu'on a trop longtemps tardé à soigner ou condamner et que, dans un souci de maintien de l'intégrité d'une institution, on n'a pas ou insuffisamment sanctionnés, livrés à la justice ou aux psychiatres.

 

J'ai vécu ces époques de déviances de la  morale fondamentale dans toutes nos institutions occidentales.  Je reste horrifié à la pensée de l'inconscience coupable de nos éducateurs face à l'abomination des actes pédophiles.

 

Ce que l'on considère maintenant comme la plus répugnante des actions n'était jugée, dans un passé pas bien lointain, que comme une erreur ou une faute qu'on sanctionnait uniquement par l'éloignement du coupable ... ou un simple, cependant sévère, avertissement ... j'ai connu ça en Suisse.

 

On ne réalisait pas à ces époques la gravité d'actes abominables qui salissaient l'innocence et détruisait sa morale et son avenir. Il me revient une phrase qui remonte de mon passé chrétien et qui convient à cette situation : «c'est un crime qui crie vengeance au ciel».

 

Dans un débat beaucoup plus large quant au fond,  notre société occidentale doit se pencher sur la base d'un enseignement religieux qui nous vient du « Livre » et d'une interprétation des tables de la loi que Moïse a reçu de Yahvé.  Les moralistes chrétiens y ont remplacé les sixième et neuvième commandements, plus spécifiques à la pratique juive, par des prescrits rigoristes concernant la sexualité qui ne peut être réservée qu'à la seule procréation en dehors du plaisir.

 

Il est indispensable que les courants religieux modernes adaptent les prescrits de leur enseignement en définissant les limites acceptables de la fonction du plaisir, sexuel ou autre, qui reste essentielle et fondamentale à l'épanouissement de la personne humaine.

 

 

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14/09/2010

Ch. 28 c - Perte de sens.

 

Récit détaillé d'un long cheminement de recherche

d'une vérité sur la motivation d'exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l'appel de s'(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de  « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l'appel que j'ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l'obscurité que maudire l'obscurité » disait Confucius, aussi appelons l'action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d'une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d'Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d'un octogénaire provenant

d'un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s'écouler à

s'interroger sur les motivations d'exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s'étonne pas d'un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu'il ne demande à personne de partager : il s'avoue agnostique par loyauté de pensée avec l'athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Ch. 28 c - Perte de sens !

 

{5} J’ai intitulé ce sous-chapitre : perte de sens, pour bien souligner le contexte médical dans lequel un organe que la sélection a privilégié pour assurer la pérennité des êtres vivants, perd sa fonction de plaisir physique qui est son moteur essentiel quand il est « ravalé » à un rôle d’appendice comme le nasal. Cette jouissance physique est tellement essentielle chez les êtres vivants qu’elle en est vraiment le centre …

 

Après l’infarctus sans séquelle qui m’ont amené à « déballer » les considérations du chapitre précédent, j’en vécus une autre qui mérite d’être relatée, parce que je me suis trouvé en danger, la médication qui me protégeait des accidents cardiaques ayant dû être interrompue pour éviter les hémorragies, me permettant ainsi de compléter le dossier sur la fin d’exister que j'ai ouvert plus avant dans cet ouvrage.

 

Depuis un certain temps, j’étais handicapé par des problèmes de miction difficile, tant et si bien que la faculté, en l’occurrence un spécialiste des voies urinaires que je consultai, me conseilla de pratiquer une intervention d’agrandissement de l’urètre par les voies naturelles.

 

L’intervention, bénigne en soi et indolore sous anesthésie locale, se passa très bien. Cependant, en raison des déficiences cardiovasculaires aggravées par l’angine de poitrine qui me singularisent, il est impératif que je sois en permanence sous liquéfiants sanguins pour éviter la formation de caillots susceptibles de provoquer des problèmes circulatoires coronariens.

 

Comme le curetage des voies urinaires provoquait une blessure avec saignements à cicatriser, il était nécessaire pour éviter une hémorragie dangereuse de stopper les liquéfiants sanguins me protégeant de l’infarctus.

 

Je me trouvai donc pendant une trentaine de jours sans cette protection, ce qui me replaçait dans une situation de danger semblable à celle que j’avais vécue en début d’année.

 

Aussi, l’aiguille de mon « trouillomètre » grimpait-elle, ne fût-ce qu’au souvenir de ce qui était arrivé à mon beau-père, ainsi que je l’ai évoqué plus avant, décédé d’arrêt cardiaque quelques jours après exactement la même intervention. Lui aussi avait dû interrompre son traitement cardiaque.

 

On comprendra que cela me rendait très attentif à tout signe révélateur d’un quelconque problème. …

 

{6} Ainsi fut-elle cette nuit, quelques jours après l’intervention, lorsque je fus réveillé par une douleur au creux de l’estomac, avant-coureur, me semblait-il, de l’accident redouté. J’alertai l’infirmière de garde qui me rassura après avoir procédé à un électrocardiogramme négatif.

 

Le lendemain même scénario vers trois heures du matin… et nouvel « électro» négatif…. Comme ça ne passait pas et au contraire reprenait de plus belle, j’insistai jusqu’à ce qu’une cardiologue de garde vînt m’examiner avec d’autres appareils plus sophistiqués … Résultat aussi nul à mon grand soulagement mais aussi à ma grande confusion … : on devait me prendre pour un sacré froussard !

 

Que s’était-il passé ? Je le comprendrai plus tard à la suite d’un examen appelé d’un nom incroyable que je ne peux m’empêcher de « débobiner » : oesogastroduodonoscopie (sic).

 

J’appris ainsi que cette gêne gastrique qui me rappelait les infarctus précédents, était due à l’inflammation d’une hernie stomacale, provoquant une oesophagite de reflux pour laquelle je serai soigné plus tard, défaut de famille qui faisait dire à mon père alors et à mon fils aîné en riant quand ça lui prend maintenant, qu’ils « ruminent », cette poche renvoyant à la mastication un peu de nourriture non digérée. En ce qui me concerne, ce phénomène se manifestait, au creux de la nuit, en période de digestion du repas du soir, mais pour moi sans le retour en « rumination » des bovidés.

 

Cette aventure où j’ai bien cru passer de l’autre côté comme mon beau-père, m’amène à relater et approfondir, tellement leur acuité devint pertinente, les sentiments qui m’ont habité alors et qui m’ont entraîné à des investigations, analyses et supputations d’ordre, disons… métaphysique, mais aussi psychologique.

 

{7} Psychologique d’abord, parce qu’abordant le problème si délicat dans notre contexte éducatif judéo-chrétien, si décrié de nos jours, de la pudeur excessive, conséquence d’un enseignement qui nous poussait à rejeter, comme une faute grave appelée « luxure », l’utilisation des organes sexuels en dehors de la procréation et de la fonction de miction ou de défécation.

 

Dans mes confidences, je n’ai pas manqué de relater la lente évolution de ma sexualité étouffée par ce carcan éducatif. Cependant, dans l’heure présente, l’organe tabou devenant le centre des seules préoccupations médicales de tous, tant de l’entourage hospitalier que de moi-même, force sera donc de limiter sa fonction à son seul rôle physiologique comme le nez, la bouche ou les oreilles.

 

C’est dans ce contexte bien spécifique, imposé par mon subconscient lui-même que j’abordai cette période menaçante d’outrage à ma pudeur et propice à me faire franchir les frontières si humiliantes du ridicule.

 

Aussi ce fut dans une décontraction totale que je me prêtai à subir tout ce qui se passerait quand mon bas-ventre de vieil homme et ses attributs seraient manipulés et maltraités, à tel point qu’entré dans la chambre qui m’était réservée, dévêtu pour passer la blouse humiliante dont j’ai déjà parlé et dans la tenue de notre père Adam au paradis terrestre, il ne me vint même pas à l’esprit de me couvrir d’un quelconque vêtement, pourtant à portée de main, quand une très jeune et très jolie infirmière débutante apparut, souriante, m’invitant à m’asseoir à la table pour remplir la fiche médicale.

 

Ce fut donc « nu comme un ver » que je m’installai à côté de la mignonne personne, toujours aussi souriante et aussi à l’aise que si j’étais revêtu de mon plus beau complet-veston. Je l’ai civilement reconduite jusqu’à la porte avec une petite inclinaison du buste par déférence … A ce souvenir, j’en suis encore tordu de rire…

 

Je ne m’étendrai pas sur les autres « incongruités » que ma situation imposera, tels les déplacements cocasses dans les couloirs du vase communicant que j’étais devenu, poussant une chandelle à baxter d’une main et maintenant un sac à urine de l’autre, le sac du dessus s’empressant de se vider dans celui du dessous en passant au travers de mes tissus.

 

Ou encore l’inénarrable séance du retrait d’une sonde qui avait décidé de s’implanter comme un vulgaire parasite. Les infirmières finirent par s’y mettre à trois pour « l’extraire » délicatement dans un fou-rire général qui atteint son paroxysme quand, par la suite, pris de panique, je me crus circoncis, le prépuce quasi ressoudé ayant complètement disparu….ce fut toute une histoire pour le retrouver et le reconstituer….. Bien entendu, je me chargeai de l’intervention dans la crainte de réactions « incontrôlées », si de jolies mains s’en étaient chargées, ce qui aurait tout compliqué. Quant aux "spectatrices", elle étaient pliées en quatre à voir mon air ahuri ... et mes efforts laborieux ...

 

{8} Cette péripétie médicale de mon existence, sera caractérisée aussi par le contexte psychologique de détente et de bonne forme physique qui m’amèneront à transcender les insignifiants problèmes physiques et psychiques de l’heure pour me consacrer entièrement à la réflexion profonde.

 

D’autant mieux que je profitais de l’espace confortable de la vaste chambre de coin que me permettaient mes assurances, avec de chaque côté une grande fenêtre donnant sur un parc Léopold en pleine euphorie estivale, dans l’environnement idéal d’une région toute acquise aux exigences de la communauté européenne qui y a établi son parlement et ses quartiers dans un espace luxueusement aérés et arborés. C’est dire si je me trouvais dans des conditions propices à la réflexion pour réfléchir et « philosopher ».

 

C’est ce que je ne vais pas manquer de faire au sous-chapitre suivant, intitulé : Réflexion sur la fin « d’exister » d’un être vivant … « L’au-delà » … ?

 

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10/09/2010

Ch. 28 b - A la frontière de l'existence

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

 

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 28 b - A la frontière de l'existence.

 

{2} Ce matin du 24 juin 2003, plus lumineux encore que les autres, joyeux en cette période pré-vacancière, m'avait mis le cœur à la joie et la tête dans l'euphorie générale d'une détente qui se mitonnait partout.

 

Dès les cinq heures du matin, comme j'en avais pris l'habitude, je me lançai gaillardement dans un jogging que je prévoyais performant, tant je me trouvais dans une forme physique éblouissante.

 

Ce fut ainsi pendant les deux, trois premiers kilomètres.... et puis, je ressentis cette douleur à l'estomac que je connaissais pourtant si bien.... mais je continuai, persuadé que ce « point de côté » était sans importance....

 

J'accélérai même pour le faire disparaître ce qui s'avérait d'habitude radical, mais pour l'heure, ne fit que l'accentuer,  aussi je commençai à m'inquiéter et jugeai plus prudent de descendre du trot de course au pas de marche.

 

La douleur se calma mais sourdait doucement, comme contenue.... Je la sentais  me guetter comme le fauve qui va terrasser sa proie, aussi je rentrai très prudemment alerter mon épouse qui appela notre médecin traitant.

 

Comme la douleur se fit de plus en plus ténue pour finalement disparaître, je me sentis assez rassuré quand celui-ci se présenta rapidement.

 

Ennuyé de l'avoir dérangé, je m'excusai....  Heureusement, très prudent malgré un électrocardiogramme négatif sorti de son appareil portable, il s'obstina jusqu'à ce qu'il perçut de légers symptômes prémonitoires de l'accident cardiaque.

 

Ce praticien consciencieux me sauva la vie, car il pressentit un danger que « l'électro » ne révélait que faiblement et sporadiquement.  Aussi, soupçonnant  «l'infar » sournois, il ne me confia pas aux ambulanciers qu'il avait d'abord appelés et fit intervenir l'équipe spéciale, dite de réanimation, avec médecin et équipe « de choc ».

 

Il a évité le pire ... Mon beau-frère Gérard n'a pas eu cette chance : quand il est rentré chez lui après un malaise, le médecin n'a pas appelé l'équipe médicale d'urgence qui l'aurait peut-être sauvé ... Un collègue, dans les mêmes circonstances, est décédé dans le taxi qu'il avait appelé ... pourtant je lui avais raconté mon histoire ...

 

Ce fut finalement une « armada » d'une dizaine de médecin, ambulanciers et infirmiers qui se pressèrent autour du « joggeur » en danger de mort. Eux aussi, malgré le luxe de moyens dont ils disposaient ne décelèrent que de très légers signes avant-coureurs de l'accident cardiaque.

 

Aussi, comme une antique et fragile potiche prête à se briser, m'emmenèrent-ils prudemment en observation dans la salle des secours d'urgence où branché sur un tas d'appareils, je fus surveillé pendant plusieurs heures avec comme conclusion finale ce qu'ils ont appelé «l'infarctus sans séquelle ».

 

L'effort physique du jogging avait sollicité précocement une artère sans doute réduite par des dépôts lipidiques s'érigeant en athéromes, mais que les liquéfiants du sang, qui me furent administrés immédiatement, avaient écarté le danger d'obstruction artérielle.

 

Le lendemain, les cardiologues entreprirent un cathétérisme cardiaque par voie inguinale ce qui leur permit de procéder à une graphie médicale des ventricules et des coronaires ainsi qu'une analyse du degré d'obstruction artérielle, dite angioplastie.

 

Cette intervention qui dura plusieurs heures fut particulièrement pénible en raison de la scoliose qui me torture quand je reste longtemps immobile sur le dos.  L'analyse minutieuse du muscle cardiaque déjà tellement  longue,  se compliqua de la tentative du débouchage d'une crosse artérielle particulièrement étroite que les praticiens ne parvinrent jamais à franchir avec leurs instruments, malgré tous les embouts qu'ils y installèrent.

 

Notre premier ministre, Guy Verhofstadt, connu la même mésaventure, en mars 2005, lorsqu'il dut s'arrêter en plein effort cycliste pendant ses vacances de Pâques.  Lui aussi, se retrouva sur la table des toubibs pour la même intervention qui ne dura cependant que trois quart d'heure, avec  de plus l'avantage de l'âge et d'un organe sain qui n'avait pas été trafiqué comme le mien.

 

{3} Depuis cette péripétie cardiaque qui m'amena aux limites du « grand saut final »,  alimentant une fois de plus le dossier de mes expériences dans le domaine, je m'efforce d'analyser avec lucidité mon comportement et les sentiments qui m'ont habité pendant ces événements, car j'étais étonnement détendu et calme comme si ce luxe de précaution et cette mobilisation de moyen ne me concernait guère.

 

Me suis-je trouvé psychiquement dans un tel état second de confiance en mes facultés de récupération que, malgré le risque mortel que présentait la situation, j'étais persuadé d'en sortir une fois encore ?   Inconscience ou présomption, allez-voir ?

 

Autre considération plus générale : on parle souvent de la « peur » de la mort.  Un homme normalement équilibré éprouve-il ce sentiment ?  Craint-on réellement la mort.... ?  N'est-ce pas plutôt un réflexe animal, qualifié de peur, de défense ou de fuite devant un danger qui menace la vie que l'on appelle : instinct de conservation !

 

Cette réaction, héritée de la sélection, décuple les forces et endort la souffrance, c'est bien connu ...  : qui n'a admiré la bête aux abois, harcelée par les chiens et les chasseurs ou son prédateur et dont la vie se termine en un dernier sursaut héroïque !

 

Plus avant dans ce travail, j'ai longuement analysé la souffrance inutile des cancéreux, condamnés à mort à la suite de la désorganisation cellulaire de leurs tissus, ayant été par mes fonctions le témoin de leur fin de vie.  Candidats potentiels à l'euthanasie, ils attendent la fin comme une délivrance, sans la craindre.

 

Si elle n'est pas physique, la crainte de la mort peut être surtout psychique  chez ceux qui croient à un au-delà basé sur le mérite et qui en appréhendent le jugement. Quelle aune leur appliquera le censeur suprême ?

 

Cependant, même si on ne craint pas la mort et qu'on s'habitue à son voisinage ou qu'on la méprise, elle inspirera toujours l'horreur puisque négation de l'être, puisque décomposition et retour au fondamental comme l'excrément.

 

Les primitifs ont abandonné les cadavres de leurs congénères aux charognards quand ils disputaient leur nourriture aux autres prédateurs,  ensuite ils les ont protégés avec des branches, des peaux de bête et des pierres pour les retrouver quand ils ont commencé à les pleurer et à se souvenir.   Plus tard, ils les ont enterrés en dessous de tumuli pour s'épargner la vision d'une décomposition dégradante de l'être aimé et respecté.

 

La mort est froide et éternelle

Comme la pierre sans âge,

Endormie au fond des eaux.


La mort est sœur fidèle,

Avide d'éternité,

Qui torture sans souffrance,

Qui aime sans aimer.


La mort est une amante

Qui flirte avec la vie,

Compagne toujours suivante,

A jamais toujours amie.


La mort est fleur noire

Au marbre des tombes.

La mort est fleur ocre

Dans le cœur des mondes.

La mort est violette

Au fond des yeux morts.


 

{4} Ce poème est cynique de la froideur des corps sans vie, de l'angoissant silence des cimetières, de l'érection insensée des tombes en phallus dressés au bout de pierres tombales couchées comme des gisants narguant l'éternité.

 

Cette considération scandaleuse m'est venue au souvenir d'une peinture rupestre obsédante, d'un symbolisme effrayant : un humanoïde agonisant, phallus en érection,  est étendu devant un aurochs éventré, toujours debout, tripes pendantes, qui cherche à le charger encore dans un dernier sursaut de bête.

 

Notre ancêtre, qui a gravé maladroitement dans les grottes cet atroce symbole de la vie confrontée à l'horreur de la mort a, primitivement dans les brumes de sa pensée naissante, exprimé l'éternel dilemme de la vie face au néant de la mort.

 

Le dessin est rudimentaire, d'une maladresse d'humanoïde qui n'a pas encore la maîtrise des formes ; ... l'homme mourant est allongé, plus symbole que dessin, le sexe érigé en expression guerrière du mâle qui veut encore attester sa vigueur... ;  l'animal qui va le charger, tête baissée dans un cou énorme, traîne son éventration  suggérée par quelques traits lui jaillissant du ventre....

 

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08/09/2010

Relais d'un appel du Professeur Christian de Duve pour sauver la planète

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Il n’est pas trop tard, mais il est temps »

Paul-Henri Spaak aux Nations Unies en 1947

et le Prix Nobel, Christian de Duve, maintenant.

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Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité

que maudire l’obscurité (Confucius)

-

SECOND RELAIS D’UN APPEL SOLENNEL

du professeur Christian de Duve,

prix NOBEL de science en 1974,

recueilli par le journaliste-scientifique

Guy Duplat.


 

A ce stade de mes mémoires, je tiens à donner au texte qui va suivre toute l’importance qu’il mérite en raison de sa signification profonde d’avertissement pour l’humanité qui non seulement manipule dangereusement les forces sous-jacentes de la matière, mais aussi ne contrôle pas la prolifération de sa population.

 

J’ai toujours eu la plus grande considération et plus grande admiration pour le professeur Christian de Duve, prix Nobel de science de 1974, que je considère comme mon principal maître à penser avec Paul Damblon, vulgarisateur érudit, penseur athée et musicien ainsi que Jean d’Ormesson, de l’Académie Française dont le livre « Presque rien sur presque tout » est le compagnon de mes nuits pensives.

 

Aussi, c’est avec la plus grande attention et le plus grand respect que j’ai lu l’entretien qui vient d’être publié dans le journal « La libre Belgique » entre l’éminent professeur et le journaliste-scientifique Guy Duplat dont j’ai toujours admiré la justesse érudite des propos et l’étendue de la culture qu’elle soit scientifique ou artistique

 

Avant de donner la relation la plus complète possible de cet entretien, je tiens à évoquer cette journée d’hommage recueilli que nous avons consacrée, avec nos compagnons de voyage de l’époque, à Hiroshima et Nagasaki, les deux villes anéanties par un bombardement atomique, il y a 75 ans, apportant ainsi plus de poids à l’avertissement solennel du professeur quant aux dangers que courent la planète.

 

Unanimement, nos compagnons de l’époque et nous ne nous arrêterons pas aux causes et responsabilités qui sont difficiles à établir, si on en analyse le fond, mais nous ne manquerons pas de prendre conscience d’une grave erreur du passé dont il est impératif de tirer des leçons.

 

Ce chancre à vif, ulcère de notre humanité guerrière, est à ranger aux côtés des massacres, tortures et misères dont se sont rendus coupables tant de civilisations du passé qu’elles soient assyriennes, babyloniennes, égyptiennes, grecques ou romaines pour ne citer que celles d’un passé historique de conquête.

 

Et pour battre notre propre coulpe de générations plus proches, nous nous devons d’évoquer ce florilège de souffrances et de record de massacres et tortures qu’ont engendré, dans leur rage dominatrice, la déferlante napoléonienne et les deux dernières guerres.

 

Mais surtout avec honte, nous n’ignorerons pas les aberrations des croyants, donneurs de leçons que nous étions, provoquant les exterminations dont se sont rendus coupables croisés, inquisiteurs, conquistadors et autres guerriers religieux.

 

Enfin, en réveillant tristement ce long martyrologe d’un passé de conquête et de domination dont nous sommes les héritiers occidentaux, nous devrons cependant le compléter de ce que les autres civilisations d’Asie et d’ailleurs sur notre globe n’ont cessé de perpétrer, eux aussi avec une cruauté raffinée voire bestiale.

 

L’homme restera un loup pour l’homme, tant qu’une civilisation de la solidarité ne sera pas mise en place. Peut-être nos descendants connaîtront-ils ce « paradis sur terre » !

 

Ne serons-nous las, un jour,

De la torture, de la misère, de la souffrance ?

Ne serons-nous las, un jour,

De l’injustice, de la faim et de la soif ?

Ne serons-nous las, un jour,

De cette lente plainte des peuples délaissés

Parce que nous accaparons tout

Et ne partageons rien ?

 

Christian de Duve, ce grand scientifique humaniste, mon maître à penser, a publié en 2009 chez Odile Jacob, un ouvrage saisissant, sorte de testament philosophique : « Génétique du péché originel » dans lequel il lance un appel solennel à l’humanité, l’avertissant que si nous ne changions pas fondamentalement nos sociétés en généralisant une limitation des naissances pour freiner l’explosion démographique nous irions vers une catastrophe planétaire.

 

Si nous ne faisons rien, poursuit ce sage, si on laisse faire la loi implacable de la sélection naturelle, on ira vers l’extinction de l’homme. Ce qui n’aurait rien d’extraordinaire puisque beaucoup d’hominidés comme Néanderthal ont déjà disparu.

 

Les sept milliards d’individus qui évoluent sur notre planète s’ils continuent à proliférer vont se trouver devant un problème de surpopulation qui va engendrer des «événements comme un holocauste nucléaire ou une pénurie dramatique de ressources alimentaires et énergétiques … on peut craindre que les déserts prennent le dessus, que les océans soient privés de vie, que les ressources naturelles vont progressivement s’éteindre et qu’alors les gens seront prêt à faire n’importe quoi pour se disputer ce qui reste … »

 

Au cours de son interview le savant Prix Nobel, reprendra la célèbre phrase de Paul Henri Spaak à la tribune des Nations Unies, lors de son fameux « discours de la peur » en 1947  : « Il n’est pas trop tard, mais il est temps ».

 

J’avais dix-huit ans et je l’entends encore terminer son discours de cette voix de tribun qui caractérisait ses interventions ; Plus que jamais l’appel de ce visionnaire doit être entendu pour venir renforcer celui d’un des plus grands sages de notre époque.

 

Si on consulte l’abondante documentation à jour que nous procure la « toile » nous apprenons avec effroi que la population mondiale est estimée à 6.793 milliards au 1 janvier 2010, alors qu’elle était estimée à 6,1 milliards en 2000 et entre 1,55 et 1,76 milliards au siècle des lumières (18 ème siècle).

 

Comme dit le journaliste Guy Duplat, nous allons droit dans le mur …

 

Réalisant l’évolution du sentiment écologique dans nos sociétés, notre prix Nobel nous met en garde des excès d’actions anticapitalistes ou altermondialistes et constate d’autre part que l’action des dirigeants politiques ou religieux est limitée dans leur horizon et leurs moyens, leurs vues à court terme se limitant au résultat des prochaines élections. Or il faudrait une vision à 50,100 ou même 500 ans …

 

Par ailleurs, les dirigeants religieux sont « enfermés dans des carcans doctrinaux et idéologiques qui les empêchent de prôner des mesures qui seraient pourtant nécessaires même si elles sont contraires à leurs croyances ou à leurs traditions ». Avec un brin d’ironie, le professeur de Duve fera remarquer que les autorités religieuses sont traditionnellement peu préoccupées de l’avenir de ce monde-ci … : même si on a une vie difficile, elle ne sera que meilleure au ciel …

 

A la remarque du journaliste concernant un troisième obstacle : nos gènes, le savant répond qu’il est majeur … « la sélection naturelle nous a donné des gènes utiles pour la survie et la perpétuation de l’espèce choisis il y a 100.000 ou 200.000 ans quand les hommes étaient des petites bandes  ces gènes favorisent le chacun pour soi collectif, car l’égoïsme de groupe est plus rentable que l’égoïsme individuel. Cela va de pair avec une agressivité intergroupe et le sens de la bagarre … aujourd’hui, elle existe entre groupes liés par des intérêts économiques ou linguistiques … »

 

Le journaliste scientifique évoque alors ce que certains appellent en parlant de notre époque  « l’Antropocène » pour montrer que pour la première fois, l’homme joue un rôle déterminant dans la survie de la terre. Le grand savant surenchérira en proclamant quesi on laisse faire la nature, cela ira de mal en pis … «  La sélection naturelle n’envisage jamais l’avenir, elle avance au jour le jour, en fonction des conditions immédiates ».

 

A la question la science peut-elle nous sauver  … ? Le professeur de Duve répond : « Elle doit aider, je défends l’idée qu’il est bon et juste de savoir. Plus on comprend l’univers et la vie, plus on peut prendre des décisions sages … les OGM, le nucléaire, sont des applications de la science sujettes à discussions et à ce niveau, une régulation est nécessaire. »

 

Quant au rapport entre la science et l’art, le magistral scientifique précise qu’il n’est pas un grand humaniste … qu’il écoutait la musique en travaillant … mais qu’ensuite il a acheté un piano d’occasion qu’il a remplacé par un neuf quand il a reçu le prix Franqui … qu’il avait une épouse artiste qui l’a initié à l’art comme lui à la musique … L’art et la science vont souvent de pair et il cite quelques grands scientifiques qui sont aussi peintres, sculpteurs et peintre de talent et des prix Nobel tel Jacques Monod, aussi violoncelliste, le neurologue Jerry Edelman, violoniste de concert, le chimiste Manfred Eigen, pianiste de concert, le biologiste André Lwoff, peintre dont d’ailleurs le professeur possède un tableau.

 

Penseur et philosophe, ce scientifique écrivain aura cette phrase importante : « Les arts et la science sont des facettes différentes pour appréhender ce que j’ai appelé l’ultime réalité (précisant qu’il n’aimait pas employer le mot Dieu), qui a une face visible étudiée par la science et une face plus émotionnelle approchée par les arts. »

 

Quant à l’éthique, les scientifiques ne peuvent pas s’en détourner, Les considérations éthiques sont pour eux, particulièrement contraignantes car ils sont face à des applications qui peuvent être très importantes sur le plan économique, politique ou culturel. Mais là aussi, cela bouge. »

 

Le journaliste-scientifique Guy Duplat termine son entretien en demandant au professeur de Duve : « Quel message voudriez-vous transmettre aux jeunes ? ».


Il répond « l’avenir est entre leurs mains. Il faut juste le regarder pour en tirer des leçons pour l’avenir … Tachez de faire mieux que nous et de ne pas répéter les erreurs de vos parents … » … parlant de la Belgique il s’avouera triste de voir comment, en politique, le passionnel l’emporte sur le rationnel … et il terminera en avouant qu’il avait plus confiance dans les femmes que dans les hommes pour construite cet avenir qu’il espère, sera sage. »

 

Je terminerai cet important message qui nous met en face de nos responsabilités devant les dangers qui menacent l’humanité dans un avenir plus proche qu’on ne le croit, étant donné l’accroissement exponentiel du descendant de l’homo sapiens qui déjà maintenant sature la planète, en insistant sur ce cri d’alarme du grand savant qui tente de réveiller non seulement les consciences, mais aussi l’instinct de conservation qui devrait nous avertir d’un danger évident tellement proche de nous.

 

Nos responsables et nos dirigeants devraient agir efficacement pour trouver des solutions adéquates à la limitation des populations de notre globe qui sera difficile à mettre en place tant que les religieux qui sont les principaux moteurs de l’humanité ne comprendront pas l’urgence d’adapter leur enseignement ou doctrine à la nécessité de CONTRÔLER LES NAISSANCES.

 

Il est donc urgent qu’un colloque des principaux moralisateurs de notre planète soit mis en place pour trouver un compromis d’éthique qui serait en accord avec leur doctrine.

 

Incontestablement, nous atteignons le point de saturation de notre habitat ... Les nombreux cataclysmes qui se déclenchent actuellement dans différentes régions de notre planète en sont les conséquences ...


Comme dit Guy Duplat, nous allons droit dans le mur

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07/09/2010

2ème relais d'un appel du Prof. de Duve pour sauver la planète.

&qu

 

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Il n’est pas trop tard, mais il est temps »

Paul-Henri Spaak aux Nations Unies en 1947

et le Prix Nobel, Christian de Duve, maintenant.

_

Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité

que maudire l’obscurité (Confucius)

-

SECOND RELAIS D’UN APPEL SOLENNEL

du professeur Christian de Duve,

prix NOBEL de science en 1974,

recueilli par le journaliste-scientifique

Guy Duplat.


 

A ce stade de mes mémoires, je tiens à donner au texte qui va suivre toute l’importance qu’il mérite en raison de sa signification profonde d’avertissement pour l’humanité qui non seulement manipule dangereusement les forces sous-jacentes de la matière, mais aussi ne contrôle pas la prolifération de sa population.

 

J’ai toujours eu la plus grande considération et plus grande admiration pour le professeur Christian de Duve, prix Nobel de science de 1974, que je considère comme mon principal maître à penser avec Paul Damblon, vulgarisateur érudit, penseur athée et musicien ainsi que Jean d’Ormesson, de l’Académie Française dont le livre « Presque rien sur presque tout » est le compagnon de mes nuits pensives.

 

Aussi, c’est avec la plus grande attention et le plus grand respect que j’ai lu l’entretien qui vient d’être publié dans le journal « La libre Belgique » entre l’éminent professeur et le journaliste-scientifique Guy Duplat dont j’ai toujours admiré la justesse érudite des propos et l’étendue de la culture qu’elle soit scientifique ou artistique

 

Avant de donner la relation la plus complète possible de cet entretien, je tiens à évoquer cette journée d’hommage recueilli que nous avons consacrée, avec nos compagnons de voyage de l’époque, à Hiroshima et Nagasaki, les deux villes anéanties par un bombardement atomique, il y a 75 ans, apportant ainsi plus de poids à l’avertissement solennel du professeur quant aux dangers que courent la planète.

 

Unanimement, nos compagnons de l’époque et nous ne nous arrêterons pas aux causes et responsabilités qui sont difficiles à établir, si on en analyse le fond, mais nous ne manquerons pas de prendre conscience d’une grave erreur du passé dont il est impératif de tirer des leçons.

 

Ce chancre à vif, ulcère de notre humanité guerrière, est à ranger aux côtés des massacres, tortures et misères dont se sont rendus coupables tant de civilisations du passé qu’elles soient assyriennes, babyloniennes, égyptiennes, grecques ou romaines pour ne citer que celles d’un passé historique de conquête.

 

Et pour battre notre propre coulpe de générations plus proches, nous nous devons d’évoquer ce florilège de souffrances et de record de massacres et tortures qu’ont engendré, dans leur rage dominatrice, la déferlante napoléonienne et les deux dernières guerres.

 

Mais surtout avec honte, nous n’ignorerons pas les aberrations des croyants, donneurs de leçons que nous étions, provoquant les exterminations dont se sont rendus coupables croisés, inquisiteurs, conquistadors et autres guerriers religieux.

 

Enfin, en réveillant tristement ce long martyrologe d’un passé de conquête et de domination dont nous sommes les héritiers occidentaux, nous devrons cependant le compléter de ce que les autres civilisations d’Asie et d’ailleurs sur notre globe n’ont cessé de perpétrer, eux aussi avec une cruauté raffinée voire bestiale.

 

L’homme restera un loup pour l’homme, tant qu’une civilisation de la solidarité ne sera pas mise en place. Peut-être nos descendants connaîtront-ils ce « paradis sur terre » !

 

Ne serons-nous las, un jour,

De la torture, de la misère, de la souffrance ?

Ne serons-nous las, un jour,

De l’injustice, de la faim et de la soif ?

Ne serons-nous las, un jour,

De cette lente plainte des peuples délaissés

Parce que nous accaparons tout

Et ne partageons rien ?

 

Christian de Duve, ce grand scientifique humaniste, mon maître à penser, a publié en 2009 chez Odile Jacob, un ouvrage saisissant, sorte de testament philosophique : « Génétique du péché originel » dans lequel il lance un appel solennel à l’humanité, l’avertissant que si nous ne changions pas fondamentalement nos sociétés en généralisant une limitation des naissances pour freiner l’explosion démographique nous irions vers une catastrophe planétaire.

 

Si nous ne faisons rien, poursuit ce sage, si on laisse faire la loi implacable de la sélection naturelle, on ira vers l’extinction de l’homme. Ce qui n’aurait rien d’extraordinaire puisque beaucoup d’hominidés comme Néanderthal ont déjà disparu.

 

Les sept milliards d’individus qui évoluent sur notre planète s’ils continuent à proliférer vont se trouver devant un problème de surpopulation qui va engendrer des «événements comme un holocauste nucléaire ou une pénurie dramatique de ressources alimentaires et énergétiques … on peut craindre que les déserts prennent le dessus, que les océans soient privés de vie, que les ressources naturelles vont progressivement s’éteindre et qu’alors les gens seront prêt à faire n’importe quoi pour se disputer ce qui reste … »

 

Au cours de son interview le savant Prix Nobel, reprendra la célèbre phrase de Paul Henri Spaak à la tribune des Nations Unies, lors de son fameux « discours de la peur » en 1947  : « Il n’est pas trop tard, mais il est temps ».

 

J’avais dix-huit ans et je l’entends encore terminer son discours de cette voix de tribun qui caractérisait ses interventions ; Plus que jamais l’appel de ce visionnaire doit être entendu pour venir renforcer celui d’un des plus grands sages de notre époque.

 

Si on consulte l’abondante documentation à jour que nous procure la « toile » nous apprenons avec effroi que la population mondiale est estimée à 6.793 milliards au 1 janvier 2010, alors qu’elle était estimée à 6,1 milliards en 2000 et entre 1,55 et 1,76 milliards au siècle des lumières (18 ème siècle).

 

Comme dit le journaliste Guy Duplat, nous allons droit dans le mur …

 

Réalisant l’évolution du sentiment écologique dans nos sociétés, notre prix Nobel nous met en garde des excès d’actions anticapitalistes ou altermondialistes et constate d’autre part que l’action des dirigeants politiques ou religieux est limitée dans leur horizon et leurs moyens, leurs vues à court terme se limitant au résultat des prochaines élections. Or il faudrait une vision à 50,100 ou même 500 ans …

 

Par ailleurs, les dirigeants religieux sont « enfermés dans des carcans doctrinaux et idéologiques qui les empêchent de prôner des mesures qui seraient pourtant nécessaires même si elles sont contraires à leurs croyances ou à leurs traditions ». Avec un brin d’ironie, le professeur de Duve fera remarquer que les autorités religieuses sont traditionnellement peu préoccupées de l’avenir de ce monde-ci … : même si on a une vie difficile, elle ne sera que meilleure au ciel …

 

A la remarque du journaliste concernant un troisième obstacle : nos gènes, le savant répond qu’il est majeur … « la sélection naturelle nous a donné des gènes utiles pour la survie et la perpétuation de l’espèce choisis il y a 100.000 ou 200.000 ans quand les hommes étaient des petites bandes  ces gènes favorisent le chacun pour soi collectif, car l’égoïsme de groupe est plus rentable que l’égoïsme individuel. Cela va de pair avec une agressivité intergroupe et le sens de la bagarre … aujourd’hui, elle existe entre groupes liés par des intérêts économiques ou linguistiques … »

 

Le journaliste scientifique évoque alors ce que certains appellent en parlant de notre époque  « l’Antropocène » pour montrer que pour la première fois, l’homme joue un rôle déterminant dans la survie de la terre. Le grand savant surenchérira en proclamant quesi on laisse faire la nature, cela ira de mal en pis … «  La sélection naturelle n’envisage jamais l’avenir, elle avance au jour le jour, en fonction des conditions immédiates ».

 

A la question la science peut-elle nous sauver  … ? Le professeur de Duve répond : « Elle doit aider, je défends l’idée qu’il est bon et juste de savoir. Plus on comprend l’univers et la vie, plus on peut prendre des décisions sages … les OGM, le nucléaire, sont des applications de la science sujettes à discussions et à ce niveau, une régulation est nécessaire. »

 

Quant au rapport entre la science et l’art, le magistral scientifique précise qu’il n’est pas un grand humaniste … qu’il écoutait la musique en travaillant … mais qu’ensuite il a acheté un piano d’occasion qu’il a remplacé par un neuf quand il a reçu le prix Franqui … qu’il avait une épouse artiste qui l’a initié à l’art comme lui à la musique … L’art et la science vont souvent de pair et il cite quelques grands scientifiques qui sont aussi peintres, sculpteurs et peintre de talent et des prix Nobel tel Jacques Monod, aussi violoncelliste, le neurologue Jerry Edelman, violoniste de concert, le chimiste Manfred Eigen, pianiste de concert, le biologiste André Lwoff, peintre dont d’ailleurs le professeur possède un tableau.

 

Penseur et philosophe, ce scientifique écrivain aura cette phrase importante : « Les arts et la science sont des facettes différentes pour appréhender ce que j’ai appelé l’ultime réalité (précisant qu’il n’aimait pas employer le mot Dieu), qui a une face visible étudiée par la science et une face plus émotionnelle approchée par les arts. »

 

Quant à l’éthique, les scientifiques ne peuvent pas s’en détourner, Les considérations éthiques sont pour eux, particulièrement contraignantes car ils sont face à des applications qui peuvent être très importantes sur le plan économique, politique ou culturel. Mais là aussi, cela bouge. »

 

Le journaliste-scientifique Guy Duplat termine son entretien en demandant au professeur de Duve : « Quel message voudriez-vous transmettre aux jeunes ? ».


Il répond « l’avenir est entre leurs mains. Il faut juste le regarder pour en tirer des leçons pour l’avenir … Tachez de faire mieux que nous et de ne pas répéter les erreurs de vos parents … » … parlant de la Belgique il s’avouera triste de voir comment, en politique, le passionnel l’emporte sur le rationnel … et il terminera en avouant qu’il avait plus confiance dans les femmes que dans les hommes pour construite cet avenir qu’il espère, sera sage. »

 

Je terminerai cet important message qui nous met en face de nos responsabilités devant les dangers qui menacent l’humanité dans un avenir plus proche qu’on ne le croit, étant donné l’accroissement exponentiel du descendant de l’homo sapiens qui déjà maintenant sature la planète, en insistant sur ce cri d’alarme du grand savant qui tente de réveiller non seulement les consciences, mais aussi l’instinct de conservation qui devrait nous avertir d’un danger évident tellement proche de nous.

 

Nos responsables et nos dirigeants devraient agir efficacement pour trouver des solutions adéquates à la limitation des populations de notre globe qui sera difficile à mettre en place tant que les religieux qui sont les principaux moteurs de l’humanité ne comprendront pas l’urgence d’adapter leur enseignement ou doctrine à la nécessité de CONTRÔLER LES NAISSANCES.

 

Il est donc urgent qu’un colloque des principaux moralisateurs de notre planète soit mis en place pour trouver un compromis d’éthique qui serait en accord avec leur doctrine.

 

Incontestablement, nous atteignons le point de saturation de notre habitat ... Les nombreux cataclysmes qui se déclenchent actuellement dans différentes régions de notre planète en sont les conséquences ...


Comme dit Guy Duplat, nous allons droit dans le mur

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03/09/2010

Ch. 28 a - Crépuscule serein avec le blé qui lève

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 28 a - Crépuscule serein avec le blé qui lève.

 

 

{1} Quand, après ce long jour que fut l’existence, le soir commencera à tomber sur des épaules lourdes de combats souvent inutiles et que la fatigue pèsera sur des corps que diminue l’âge, les yeux brillants des petits-enfants estomperont lassitudes et harassements.

 

Cette levée de petits moineaux turbulents nous rajeunira du tintement clair de leurs rires, du rose délicat de leurs joues et de la joie qui allume leur regard … tandis que s’imposera en nous ce sentiment de renouveau printanier qu’ils apporteront avec la fraîcheur et la grâce naïve de leurs babils et pépiements.

 

Être grands-parents, sentiment ineffable de richesse et de prolongement… Seconder ses enfants-parents dans une complémentarité complice et utile tout en s’enrichissant encore d’expériences nouvelles, apporter la détente, la patience de l’âge et la disponibilité de la retraite, ce sont là des démarches d’une qualité rare quand elles sont réalisées dans un souci intelligent de favoriser la croissance heureuse de ce « blé qui lève ».

 

Le conflit des générations n’est pas une vaine assertion. Plus que jamais, notre époque capricieuse nous y confronte, tellement nos modes de vie ont diamétralement changé. Ce rapport parents, grands-parents est donc difficile à établir sans un très gros effort de dialogue, d’information et de compromis.

 

Notre microcosme familial fut épargné de ce souci-là parce que depuis toujours, nous abordons avec franchise et ouverture ce phénomène de changement des mœurs et des conceptions philosophiques dans un souci du bien de nos jeunes, confrontés maintenant à un contexte environnemental tellement compliqué et révolutionnaire qu’il est difficile à gérer pour tout le monde.

 

L’opposition de traditions et de méthodes existant nécessairement entre deux civilisations aussi éloignées l’une de l’autre que ne le sont l’occidentale chrétienne et l’orientale bouddhiste-animiste, compliquée de sa spécificité  nippone, viendra rendre nos problèmes d’autant plus aigus qu’ils devront s’accommoder des compromis établis pour en tenir compte.

 

A l’époque où j’écrivais ces lignes, cette génération montante était composée de trois petits-enfants délicieusement eurasiens : chez Patrick et Michiko, une fillette belle comme une fleur, intelligente et studieuse, ainsi qu’un petit garçon timide, délicat comme une porcelaine, féru d’informatique en digne émule de son père et, chez Béatrice et son « beau prince », un petit bout déluré, spontané et rieur, adorable petite fille qui nous étonne tous par la précocité de son intelligence.

 

Depuis, une seconde petite fille, adorable et primesautière, est venue s’ajouter chez notre fille aînée le 1 février 1971.

 

Notre fils Benoit, quant à lui, s’est épris d’une charmante personne qu’il a épousée le 28 août 2010, agrandissant le cercle de notre famille avec ses deux adolescents chaleureux, studieux et très éveillés.

 

C’est dire la composante merveilleuse d’une levée « exotique » de cette moisson que nous avons le plaisir de voir grandir et embellir au fil des jours, et qui nous environne d’une telle aura de plénitude qu’elle constitue à elle seule la plus grande source de l’authentique bonheur.

 

Les moulins des Bonzes

Et les chapelets des nones

Ont empli les cathédrales du ciel

De douces mélopées

Que nos petits enfants miels

Ont repris en chœur.

 

La chanson des rizières,

Le soupir des blés d’or

Se mêlent en leur âme

Pour renaître en mystères

Que cachent leurs yeux longs.

 

Quels grands moments précieux que sont ces parties d’école que l’institutrice-Leïna jouera avec son grand-père, élève indiscipliné et fantasque qui ne comprend jamais rien et que le professeur devra sanctionner en lui faisant recopier des dizaines de fois les erreurs corrigées,…. Le pauvre grand-père en passera la langue de concentration…. pendant que le « prof » se tordra de rire…

 

Et tous ces travaux d’aiguille, de cuisine, de tissage, de dessins et peintures avec une grand-mère si adroite et merveilleuse magicienne qu’elle transformait les plus misérables loques en vêtements de poupée somptueux, les plus minables pâtons en gâteaux dorés et brillants, les pelotes de laines en pièce de tissus aux dessins savants, et qui, en outre, croquait sur un papier toile des paysages ou sujets féeriques qu’une petite fille emmenait peupler ses songes.

 

Il y eut aussi les rêves d’un petit garçon plein d’imagination qui matérialisait ses appétits d’exploits dans des batailles épiques que livraient ses figurines de chevaliers et sarrasins des croisades, anachroniques sur camions, tanks et missiles derniers cris. Le grand-père en adjoint efficace avait fort à faire pour redresser hommes en armures, chevaux, barricades et canons, sans arrêt bousculés dans de violentes bagarres.

 

Et puis encore ces merveilleuses séances de sorcellerie dans le mystère du jardin, plein de caches fleuries et d’insectes bourdonnants dans les lourdes senteurs chaudes de la végétation ensoleillée…. Leïna, magicienne, étendait des bras incantatoires sur ses compagnons qu’elle transformait en animaux-assistants, grâce à une potion magique faite d’eau putride récoltée des jarres décoratives dans laquelle elle faisait macérer des pétales de fleurs cueillies dans les parterres et les buissons.

 

Les buissons ont levé

Des joues de pommes rouges,

Les insectes bruissaient

Des chants de fol été.

 

Les pommes de rose-bonheur

Se sont ornées de rires,

De cascades de perles

Dans des frimousses-fleurs.

 

Des yeux de douce joie-belle

Se sont allumés de ciels,

Se sont parés de longs cils

Comme les oiseaux des îles.

 

 

Adolescents tous les deux maintenant, ils sont studieux, brillants dans les études, frais et spontanés, étudient et pratiquent tous les deux le japonais avec leur maman et une école japonaise ... Léina, joue du violon, est performante en danse classique qu'elle pratique depuis toute petite, tandis que Kenzo, très fort en informatique rivalise avec son père dans le domaine, tout en se détendant physiquement dans un mouvement de jeunesse.

 

Et enfin l’exaltante satisfaction de recommencer tout cela avec la plus petite, Marie-Ambre, celle qui nous rappelle tellement sa mère, celle qui ouvre des yeux en amande étonnés mais ravis sur tout, avide de savoir et de connaître, celle qui fut tout de suite une adorable petite fille, surprenante de fraîcheur et d’intelligence qui se love d’instinct dans les méandres compliqués de notre monde super-technique pour s’y adapter et s’en servir avec un à propos révélateur de grandes facultés d’adaptation.

 

Quel plaisir pour les grands-parents d’alimenter ce cerveau-buvard qui veut apprendre, qui enregistre avec une fidélité surprenante tout ce qu’on lui donne pour approvisionner cette fringale de savoir. Et quel plaisir de taquiner ce petit bout rieur qui ne demande que ça …. Et qui répond avec malice…

 

L’ivresse du bonheur s’empare aussi de nos cœurs quand deux petits bras de chaleur veloutée viennent spontanément nous étreindre et qu’une bouche fruitée nous picore de baisers-fleurs… ; une tête délicatement tiède d’enfant heureux se glisse ensuite dans le creux d’un cou qui a vraiment été placé là pour le ravissement des deux.

 

Une bouche pour une fleur

Des étoiles dans les yeux

La fraîcheur d’une source

Le murmure des clochettes

Le babil de l’enfant clair,

C’est tout cela qu’elle offre

Quand elle ouvre les bras.

 

Un duvet de velours

En baisers rouges-rosés

Réchauffe nos cœurs usés,

Fatigués de leur long jour.

 

Un petit enfant sage

Caresse de vieux visages,

Ensuite un angelot

Se blottit sans un mot

Tout au creux d’une épaule.

 

Deux vies de longue présence

Lèvent au ciel un front ridé

Pour un merci adressé

Vers les dieux de l’innocence.

 


J’ai écrit ces lignes, il y a quelques années, tellement je voulais éterniser des moments ineffables de bonheur, un sentiment de douceur infinie qui m’envahissait quand mon « petit soleil » dans l’attente de son deuxième bébé, … (une petite sœur pour sa première merveille), … venait se reposer chez nous … se détendre, … retrouver le giron maternel … les yeux brillants de profonde félicité …

 

Ah ! Les yeux, ces fenêtres du cœur qui s’ouvrent sur des espaces qui s’étendent bien loin dans l’infini de l’amour … les yeux, ces portes de l’âme que l’on pousse pour accueillir les convives au repas du bonheur … les yeux, ces oiseaux de doux messages qui s’envolent en colombes de quiétude.

 

Ces yeux de partage et d’invite, ce sont ceux-là que notre fille nous offre quand nous l’écoutions parler de cette vie qu’elle porte en elle.

 

Ces yeux du bonheur dans l’attente prénatale, ils ont réveillé en nous le doux souvenir des sentiments qui ont précédé la venue de nos quatre enfants.

 

Quelle aura précieuse illumine alors le papa et la maman …, elle qui tient bien au chaud dans son corps ou tendrement contre son cœur, quand elle ne l’a pas porté, cette nouvelle vie … qu’ils vont ensemble entourer d’amour et d’espoir.

 

Elle portera le doux nom de Laure-Élise et découvrira pour la première fois le tendre sourire de sa maman le 3 juin 2005.

 

Lever les yeux de l’attente,

Voir le ciel d’un sourire,

Y guetter la source d’un rire,

Rêver d’un minois rose.

 

Imaginer des cascades

De bouches babillant,

S’assoupir aux clochettes

De campanules d’enfant.

 

Caresser du regard

Un ventre arrondi

Ou trouer l’azur

De l’oiseau d’argent.

 

Voir se lever la nuit

De l’attente,

La tendre nuit de l’espoir,

La lente nuit

De l’aube claire

Des poupon s qui naissent

En découvrant

Les yeux de leur maman.

 

Elle a cinq ans maintenant. Elle vient souvent maintenant trottiner près de son grand-père, malicieuse et volontaire, sachant si bien se faire comprendre, fidèle alliée de sa grande sœur qu’elle copie en tous points

 

Très personnelle et indépendante, elle aime s’opposer à ceux qui la contrarient, sans baisser les yeux, avec une ténacité déconcertante. Cette petite personnalité volontaire est surprenante et désarmante. Ses yeux, inquisiteur cherchent dans les vôtres la petite défaillance qui annonce la reddition.

 

On ne peut s’empêcher de camoufler un sourire amusé tout en soutenant un regard déterminé à vous faire lâcher. Heureusement, bons éducateurs, ses parents canalisent habilement cette personnalité naissante pour en sortir le meilleur profit possible.

 

Sa grande sœur, d’une maturité étonnante (elle a sauté une année scolaire) l’entoure beaucoup et contribue à l’éveil d’une petite intelligence que nous avons la joie de voir s’épanouir.

 

Deux petits bras

Serrent très fort

Et une joue si douce,

Frôle un vieux visage.

 

C’est le ciel et les étoiles

C’est la fraîcheur

De l’eau vive,

C’est la douceur

Des duvets de fleurs,

C’est la tiédeur

De la fin du jour.

 

Des petits yeux

De velours sombre

Qui nous affrontent

Avec un minois charmeur,

C’est un éclair

Par une nuit

De douce chaleur.

 

A cette palette exotique de sombres prunelles de velours et de joues de miel piquées d’or, viendront s’enrichir des yeux malicieux et des pommettes vives des deux enfants de l’épouse de Benoit (ils viennent de se marier le 28 août 2010) qu’il a adopté dans son cœur comme il l’avait fait pour ses sœurs.

 

Quelle heureuse complémentarité à notre histoire, notre si fantasque puîné viendra-t-il y apporter en introduisant Annick et ses deux enfants,  lui qui avait enfin trouvé celle qu’il espérait depuis toujours et qu’il recherchait en vain !

 

Qu’il est attendrissant de les voir se regarder tous les deux avec tant de ferveur dans les yeux, tant de tendresse dans le regard !

 

Pour nous parents, quel couronnement à une vie réussie que ce constat d’amour réciproque traduit par les yeux de nos enfants et beaux-enfants.

 

Et enfin, pour terminer tout cela en apothéose, il y a la découverte de ces deux « beaux gosses » qui sont venus compléter avec bonheur notre composante familiale :

 

Une jolie fille, adorable par sa spontanéité déconcertante, adolescente avec toute la richesse et la complexité que cela peut comporter. Son intelligence est brillante, mais elle s’en sert avec une telle acuité qu’il faut la canaliser.

 

Elle adore les enfants qui le lui rendent bien. Quel bonheur de la voir s’occuper des plus petits avec une tendresse vraiment maternelle. Ils sont pendus à ses lèvres quand elle leur raconte de jolies histoires sorties de son imagination débordante.

 

Et puis, il y a aussi son frère, ce beau garçon au profil d’adonis, cheveux naturellement et harmonieusement bouclés, gentil et spontané dont l’intelligence discrète ne demande qu’à s’épanouir.

 

Il est le fils qui manquait à Benoit, lui qui a tant de talents pour s’occuper des jeunes, et leur faire profiter de sa générosité naturelle et de son expérience.

 

Quand nous les retrouvons avec les autres dans nos réunions festives, nous constatons avec bonheur qu’ils ont tellement intégré harmonieusement notre composante familiale qu’ils donnent l’impression d’en faire partie depuis toujours.

 

Le grand aigle des cimes n’avait pas de compagne

Il l’avait cherchée dans les prés et les roseaux

Par grands ciels et vallons, cols, sentes et montagnes

Par forêts chaudes et folles îles aux oiseaux.

 

Elle vint à lui avec deux gentils oisillons,

C’était enfin celle qu’il avait tant cherchée,

Et qui le regardait avec ses yeux de fée,

Son cœur tendre et ses joues roses de passion.

 

Il l’aimera toujours en gentil tourtereau,

Ecrira son nom en le gravant dans le marbre,

Et construira pour elle un grand nid dans un arbre

Très doux et très chaud pour y loger ses perdreaux.

 

 

Le bonheur y fixa un rendez-vous de ciel

A tous les habitants de ce lieu féerique

Aux lapereaux graciles, aux oiseaux exotiques

Multicolores et beaux comme un grand arc-en-ciel.

 

 

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