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24/09/2010

Ch. 28 e - Jean-Paul II, controversé.

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Ch. 28 e - Jean-Paul II, controversé.

 

{12} Pendant que j'écrivais les lignes qui vont suivre, le hasard avait voulu que Jean-Paul II s'éteigne au Vatican, le 3 mars 2005,  après un pontificat d'un peu plus de vingt-six années.

 

Pendant les trois jours que durèrent sa fin de vie, je n'ai pas manqué de suivre attentivement les émissions télévisées que nous fournissaient abondamment les nombreuses chaînes qui rivalisaient de moyens pour bien nous pénétrer de l'événement.

 

Comme tout le monde j'ai appris beaucoup de choses sur lui et sur la part morale de son action pour un monde plus humain et plus solidaire.  Les commentateurs ont été jusqu'à prétendre qu'il avait été un acteur prépondérant dans la chute du communisme.

 

Une sorte d'engouement général s'est installé partout et surtout dans les médias qui, entraînés par l'indécence calculée de l'entourage papal brandissant, en se camouflant à peine sous une fenêtre du Vatican, un moribond sublime de courage, se sont trouvés finalement « plus catholiques que le pape » pour le glorifier et le « sanctifier » avant l'heure.

 

Cette déraison dans l'excessif fut stigmatisée à la surprise de tous lors d'un débat télévisé d'une chaîne belge qui réunissait les grands représentants des religions occidentales actuelles mais aussi un des ténors de la laïcité.

 

Le début de l'émission fut dithyrambique à souhait dans une unanimité qui remplissait d'aise les délégués du monde catholique, jusqu'à ce que la parole fut donnée à celui qui défendait l'action laïque.

 

Il remit les pendules à l'heure, comme on dit maintenant, en stigmatisant les prises de position « inhumaines » et archaïques de celui qui avait  condamné obstinément les moyens de contraception les plus élémentaires comme la pilule et le préservatif qui auraient pourtant évité au monde tant et tant de souffrance et de misère.

 

Peut-être trop radical et dur, à contre-courant d'une retenue que justifiait la proximité de l'événement, il condamna avec véhémence toute l'action du défunt en stigmatisant une vision trop rétrograde sur tous les plans.

 

Cette prise de position acerbe glaça tous les participants, représentants des  religions occidentales qui, entraînés par les médias en pleine folie du « béni-oui-oui » général, n'avaient cessé jusqu'à ce moment de glorifier le pape disparu.

 

Au silence stupéfait de chacun, succéda un retour en arrière général (back-track selon le vocabulaire anglicisé de mode) à commencer par le journaliste de la «Libre Belgique », quotidien censé représenter la pensée chrétienne qui, afin de ménager les lecteurs non croyants ou non papistes de son journal, s'empressa de préciser que, dans une édition spéciale de l'événement, une large part serait donnée aux positions défendues par les adversaires du disparu.

 

Il est incontestable que le personnage, aussi auguste soit-il, est déconcertant, tant sa démarche et ses prises de positions sont contradictoires. Si on analyse son histoire on ne peut que s'étonner de voir des actions aussi « rétrogrades » et peu sérieuses que le culte des « apparitions de la Vierge » avoisiner des avancées fondamentales intelligentes en matière de philosophie chrétienne et de comportement moral.

 

On ne peut également qu'être bouleversé et admiratif devant cette démarche, aussi surprenante par son humilité et son souci de justice, qui lui fit demander pardon à la communauté juive au nom de tous les chrétiens pour les crimes du passé et qu'il écrivit sur un bout de papier pour le glisser humblement dans une fente du Mur des Lamentations.

 

L'image de ce vieil homme, au dos rond et la main tremblante, au visage grave du repentir pour les siens et à la marche hésitante car il avait confié sa canne d'infirme à un suivant,  me hantera toujours.

 

Pourtant cette vision forte dans sa symbolique se superposera automatiquement à une autre, terrible jusqu'à l'angoisse, en réflexe incontrôlé de mon subconscient, d'un Jean-Paul II, intransigeant et dur du haut de sa forte taille, condamnant sans pitié ce poignant prêtre-ouvrier, élu député marxiste d'Amérique latine, adepte de la théologie de la libération, à genoux,  effondré et minable, les bras tendus, implorant la compréhension d'un pape inflexible, d'une dureté surprenante de la part de celui qui pouvait pourtant comprendre, tolérer et se pencher avec bonhomie et douceur sur ceux qui le contestaient, comme il le fit pourtant avec cette jeune déléguée belge qui avait critiqué ses prises de position sévères en matière de sacerdoce des femmes et de contraception.


Ambiguïté aussi de nombreuses actions, telles ses multiples compromissions avec ce communisme qu'il abhorrait (voyage officiel en 1998 dans la Cuba de Fidel Castro...)  ou en 1987 au Chili avec une dictature aussi répugnante que celle de Pinochet, ou encore avec des régimes aussi controversés et antisociaux de la plupart des pays de l'Amérique du Sud : tels la Colombie (1986), le Brésil (1981-82-91-97), le Paraguay,  l'Uruguay, la Bolivie (1988), l'Argentine (1982-87) et en 1983 et 1996, au Salvador et au Nicaragua, lors de ses déplacements en Amérique centrale.

 

A contre-courant d'un mouvement né de Vatican II, qui avait donné plus d'autonomie aux clergés locaux, ce pape polonais, anticommuniste invétéré, fustigea, combattit avec la plus persévérante énergie tous ces mouvements gauchisants, justifiés pourtant par l'extrême misère, la profonde injustice et l'inégalité sociale qui écrasaient ces régions.

 

Inflexible et patient, il réforma ou affaiblit des institutions péniblement et dangereusement mises en place par des Don Helder Camara (Brésil), des Silva Henriquez (Chili), des Arnulfo Roméro  (Salvador) et autres Ernesto Cardenal (Nicaragua).

 

Que conclure de tout cela   ?

 

{13} Dans ma grande incompétence à porter un jugement valable, je ne peux que laisser la parole à l'abbé Gabriel Ringlet, ancien pro-recteur et professeur à l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve qui a si bien nuancé les résultats de l'action du pape lors d'une interview qu'il accorda au journal « La Libre Belgique »  :

 

« Les jeunes : oui, il les a galvanisés ; mais sauf exception, quand ils rejoignent leur quotidien, ils n'appliquent rien de ses discours.»

 

« Sa dénonciation de toute une série d'injustices : oui, il a été très net ; mais quand des chrétiens d'Amérique latine veulent mettre cela en pratique à travers une théologie originale qui emprunte bien sûr des éléments au marxisme tout en restant très proche d'une lecture exigeante de l'Evangile, le Pape ne suit plus. »

 

« Les femmes : il a écrit des pages admirables sur leur dignité, mais pas au point de leur conférer de vraies responsabilités dans son église. »

 

Plus loin, j'ai relevé les passages intéressants suivants :

 

« Les vrais savants de l'Académie Pontificale des Sciences se sont retirés sur la pointe des pieds tant on leur a mis dans l'oreille ce qu'ils devaient penser.  Il y a une fuite des cerveaux dans l'Eglise ! »

 

A la question qui lui était posée sur le nouveau pape souhaité, le pro-recteur de notre « Alma Mater » répondit :

 

« Un pape qui serait plus évoquant que confessant.  Il y a un temps pour confesser sa foi, entre croyants.   Quand on se trouve dans l'espace public, par définition pluraliste, évoquer sa foi, c'est trouver une tonalité juste qui fait qu'on en dit assez mais qu'on n'en dit pas de trop...un pape plus allusif, marquerait fortement l'opinion.... Un pape à la parole désintéressée.  Un pape qui dise : « venez et voyez, soyez libres d'entrer et de sortir »  Un pape qui ose le débat, qui n'a pas peur de ce qui peut en surgir »

 

Le brillant penseur terminera par ces conclusions sur la capacité de débat de l'Église :

 

« Il est urgentissime d'y retrouver une activité de débat digne de ce nom.  Je citerai trois autres exigences et urgences : réinvestir dans la création littéraire et artistique ;  repenser la relation au temps, car les temporalités entre nos contemporains et l'Église ne se rencontrent plus ;  et évidemment modifier le mode de gouvernement de l'Église : davantage d'autonomies locales et de collégialité, un pontificat qui ne soit plus à vie, et...de l'imagination  -  ainsi, pourquoi pas une femme cardinale, puisque rien ne doit lier gouvernance et sacerdoce ? »

 

{14} Cette petite « perche tendue » à ceux qui prônent une justice des sexes me permet de « rompre une lance » en faveur d'une féminisation de l'Eglise commencée par les églises réformées mais repoussée avec véhémence par les autres religions.

 

En cette période de crise des vocations,  en ouvrant aux femmes les portes du sacerdoce et de son hiérarchie ecclésiale, un sang neuf de grande qualité par sa disponibilité, son sens maternel de l'abnégation, sa modestie et son dynamisme pourrait revitaliser une Église qui se meurt.

 

De plus, en offrant aux femmes la possibilité d'être la compagne d'un prêtre, on donnerait à de nombreux couples une raison de sublimer leur union dans une optique altruiste.

 

{15} D'autre part on ne peut qu'approuver ceux qui critiquent la politique africaine du pontife disparu en matière de lutte contre le sida qui ronge impitoyablement des populations incultes sans défense contre un ennemi sournois que seule, à ce jour, une protection par préservatif peut combattre mais que le pape n'a pas hésité à proscrire avec une rare et incompréhensible violence comme il s'élèvera contre toute action de libération sexuelle des couples en condamnant la programmation chimique de l'ovulation au moyen de la  « pilule ».

 

Sa responsabilité est grande dans la souffrance et la déchéance d'une humanité misérable non seulement noire que son intransigeance dessert et abandonne en freinant l'action de ceux qui militent en faveur de la liberté de la sexualité et du couple.

 

Qu'on le veuille ou non, l'Église reste celle de Rome, des blancs de l'occident et des civilisations européennes émigrées aux Amériques et en Australie.  Ailleurs l'Église y est plus symbolique que présente si ce n'est aux Philippines. Quant à l'Église des africains noirs, elle est l'œuvre des missionnaires qui leur ont imposé une philosophie occidentale de blancs.

 

C'est donc dire combien un pape de tradition chrétienne polonaise, résistant de la première heure au communisme athée, intellectuel mystique en situation de combat quand il était sur place, n'a pas pu ou n'a pas voulu adapter sa vision supérieure intransigeante de la morale à celle essentiellement primaire de populations à peine sorties d'une existence quotidienne axée sur la survie.

 

Comment faire comprendre à des gens que décime le sida que seule la continence peut les sauver d'une mort certaine, alors qu'ils violent tous leurs femmes qui subissent l'accouplement comme du bétail.

 

Aussi, on ne peut que rejoindre ses adversaires quand ils disent que Jean-Paul II a failli à son devoir de premier moraliste du monde en n'adaptant pas son enseignement aux réalités dramatiques de la conséquence des maux qui accablent l'humanité actuelle.

 

Lui qui s'est révélé homme de compromis, de dialogue, d'ouverture à toutes les idéologies, n'a pas aligné son message au domaine sexuel, vraisemblablement par pudibonderie sacerdotale atavique de célibataire remontant peut-être à certaines sources du décalogue qui limitent cette fonction à sa finalité reproductrice en dehors de la jouissance.

 

{16} Certains hommes de terrain comme le très vieux chanoine de Locht, que nous avons beaucoup suivi et admiré, il y a près de trente ans,  n'a pas hésité à avouer en pleine émission télévisée son incompétence de célibataire quand ses ouailles venaient lui parler de problèmes parentaux pour lesquels il estimait ne pas avoir la qualité de répondre par loyauté de pensée en raison de son inexpérience personnelle.

 

Que dire alors de la compétence des théologiens moralistes ayant fait vœu de chasteté quand ils doivent débattre des problèmes sexuels qui leur sont soumis.

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