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17/09/2010

Défense d'un système bafoué.

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Défense d'un système bafoué.

 

Avant d'entreprendre mes considérations sur la fin d'exister annoncées dans le texte précédent, l'actualité belge me force à intervenir pour apporter ma petite contribution à la constitution d'un dossier dont l'ampleur sera gigantesque autant par le fond historique et social que par sa forme controversée.

 

L'Église catholique, apostolique et romaine de Belgique subit depuis quelques temps la plus dure épreuve de son histoire.  Près de cinq cents cas de pédophilie viennent de faire l'objet d'un rapport suscité par les instances judiciaires et religieuses du pays.

 

Le rapporteur a démissionné devant l'ampleur et la gravité des faits qu'il a recueillis, laissant aux autorités religieuses et judiciaires le devoir de prendre les mesures qui s'imposent.  Le pays est sous le choc et l'Église aussi, d'autant plus qu'un évêque est lui-même coupable et a avoué les faits.

 

Maintenant que l'opprobre s'abat sur le peuple chrétien avec les excès que ne méritent que les seuls coupables directs ou indirects, je me sens le devoir de prendre la défense de ceux pour lesquels j'ai eu et j'ai toujours la plus grande admiration et la plus grande considération, moi qui fut un chrétien convaincu pendant près de septante ans.

 

Depuis une dizaine d'année, mes loisirs de pensionné m'ont permis d'affiner et d'approfondir ma réflexion sur l'existence avec la conséquence d'une option philosophique  agnostique, avec l'athéisme comme première hypothèse de réflexion. Je publie deux fois par semaine sur ce blog l'ensemble de ce travail avec mon existence comme charpente de ces considérations, afin de leur donner le poids de l'expérience vécue.

 

Le sens du devoir et de l'abnégation de la majorité des hommes d'Église est remarquable. « L'amour du prochain » n'est pas une vaine assertion qu'ils proclament puisqu'ils le mettent en pratique dans leur ministère.  Ce sont eux qui m'ont enseigné l'idéal de l'élévation de ce sentiment jusqu'au sublime du sacrifice de sa personne ...

 

Je reste convaincu que cette morale est la meilleure qui soit depuis qu'en 1891, Léon XIII dans son encyclique  « Rerum novarum » a planté les premiers jalons de la démocratisation de l'Église et que Jean XXIII et ses successeurs ont poursuivi ce mouvement dans de gra ndes réformes.  On ne peut leur reprocher qu'une trop grande « frilosité » devant les problèmes de l'heure ainsi qu'un dogmatisme paralysant.

 

Dans ma jeunesse de guerre, j'ai cru réaliser cet idéal d'abnégation en fréquentant un internat de futurs missionnaires d'Afrique, dirigé par un frère de mon père.  La tuberculose, contractée à la suite des privations de l'occupation allemande, m'en a empêché et m'a contraint à me faire soigner pendant deux ans en Suisse.

 

Mes compagnons de collège de l'époque devinrent missionnaires et trois de mes anciens condisciples furent massacrés avec sept de leurs confrères à Kongolo par une soldatesque ivre : j'aurais pu être parmi eux si je n'avais pas été malade. Un mémorial leur a été élevé dans l'enceinte du collège à Gentinnes dans le Brabant wallon.

 

Pendant mon séjour dans un sanatorium que l'ordre de mon oncle avait construit à Montana, dans les montagnes suisses du Valais, pour soigner les ecclésiastiques malades, je me suis trouvé dans un environnement de religieux, prêtres et séminaristes en provenance de toute l'Europe occidentale.

 

Dans ce « microcosme » très particulier, j'ai côtoyé le sublime, la souffrance et la mort, mais aussi les débordements du vice, trois « clercs » me poursuivant de leurs assiduités vicieuses. Je parvins cependant à leur échapper grâce à un « scout idéaliste », mon aîné de quelques années, qui me protégea et devint un ami fidèle pendant près de soixante ans.

 

Revenu en Belgique à 18 ans, pas bien guéri, puisqu'atteint à l'autre poumon deux ans après, je rechutai. Grâce à la découverte d'un nouveau médicament, j'eus l'avantage d'être soigné chez moi et, pendant ces époques, je bénéficiai de l'aide bénévole de quelques professeurs d'un institut de ma région bruxelloise qui m'aidèrent à préparer le jury central des études secondaires.

 

Ces prêtres, dont un préfet, furent magnifiques de patience et de dévouement. Je pense souvent avec reconnaissance à tous ces profs qui m'ont tant aidé en Suisse et en Belgique.  Ce sont eux qui ont réservé leurs heures de loisirs à enseigner le pauvre gosse malingre et souffreteux que j'étais, sans se préoccuper de la destinée d'une minable et hypothétique recrue, avec le risque pour leur organisation de devoir assumer dans le futur une charge d'hospitalisation coûteuse,  longue et définitive.

 

C'est dire que dans un tel contexte,  je me sentais lié à l'Église et dans l'obligation de me montrer reconnaissant en répondant à son appel. Pourtant, de plus en plus, je me sentais avide d'une présence féminine à mes côtés pour continuer ma vie.

 

Ma mère à qui j'avais fait part de mes doutes quand à la  valeur de ma vocation, sans lui parler des approches vicieuses de certains, tellement je craignais de la faire souffrir dans sa foi profonde, se confia à son frère qui était curé d'un petit village ardennais.  L'autre oncle, le préfet de mon collège, était très malade et avait de gros problèmes de vision.  (Il finira par perdre la vue).

 

L'oncle des Ardennes vint tout de suite à Bruxelles pour m'interroger et dans mes confidences, je lui fis part des problèmes que j'avais rencontrés avec des prêtres et séminaristes vicieux en Suisse, ce qui avait fortement ébranlé ma foi. Conscient d'une responsabilité qu'il ne se sentait pas la qualité d'assumer, et ne connaissant personne à  Bruxelles, il s'adressa à l'hiérarchie supérieure de la ville, son doyen Monseigneur Boone qui me convoqua lui-même.

 

Je dois le bonheur et ma vie réussie à ce petit homme, souriant, affable, très dynamique ...  Il m'accueillait chaleureusement en me serrant la main des deux siennes avec grande amitié ... Ses yeux malicieux pétillaient de bonté ...

 

A la première entrevue, après une longue conversation, il n'hésita pas à  me dédouaner de mes scrupules...,  il me reçu ensuite pratiquement tous les mois pendant plus de trois ans.

 

Nous avions des conversations très intéressantes et il m'a appris beaucoup de choses. Nous parlions de tout,  de la foi, des religions, de philosophie, d'art et de poésie ... Il m'envoya même chez un de ses amis, prêtre et poète qui lut mes poèmes à voix haute avec beaucoup de talent en me conseillant de continuer et de publier.

 

J'ai finalement, après une longue et patiente investigation, eu le bonheur de lui présenter celle qui me cherchait et qui sera toujours à mes côtés pour construire, pendant plus de cinquante ans,  un foyer accueillant, lumineux de la joie de tous ceux qui s'y trouvèrent de passage ou pour partager notre vie : nos quatre enfants, un neveu qui avait perdu son père, ma mère et aussi les beaux-parents, parents, amis ou malheureux en quête de toit ou d'affection.

 

Nos espaces étaient aussi larges que nos cœurs et se prolongèrent dans une fermette de la région namuroise au milieu des champs, des prairies et des bois, ouverte à tous dans de joyeuses et chaleureuses agapes avec, dans le ciel, le chant des alouettes éperdues.

 

Actif dans notre environnement paroissial, nous avons côtoyé un clergé et des gens merveilleux d'idéal et de fraternité, animés d'un grand souci de partage des valeurs humaines sans arrière-pensée de récupération et plus particulièrement le curé Rabau, homme merveilleux de bonté, de dévouement et de disponibilité à tous.

 

Enfin dans ce contexte de défense d'un milieu clérical maintenant décrié, je tiens surtout à parler de mes deux oncles prêtres, qui ont eu des existences difficiles de solitude, de devoir, de partage et d'abnégation,  l'un dans son presbytère, l'autre dans son couvent.

 

Celui qui était destiné aux missions d'Afrique n'y ira jamais, sa congrégation préférant utiliser ses qualités d'enseignant et de « bâtisseur » à des fonctions nécessaires à son établissement belge.

 

Malheureusement, lui aussi fut amoindri par la maladie et me rejoindra en Suisse les quelques mois qui furent nécessaires à son rétablissement.  Mais le mal empira et lui fit finalement perdre la vue. Je crois que personne ne réalisera jamais ce que furent cette longue descente dans l'enfer de la cécité.  J'ai souvent été témoin de son courage mais aussi confident de son désespoir d'homme d'action devenu inutile et dépendant.

 

Cet homme dynamique soulevait les montagnes. Il parvint à réunir des fonds suffisants pour créer le mémorial Kongolo dans l'enceinte du couvent de Gentinnes et y construire une magnifique et spacieuse chapelle à la mémoire de tous les missionnaires tués à cette époque, dite de décolonisation.

 

J'ai eu l'occasion de recueillir ses confidences, la maladie nous ayant rapproché ... J'ai ressenti combien la solitude de ces hommes seuls sans famille est une souffrance ... que seuls l'action et le travail peuvent en partie compenser  ...

 

Quand les autorités de l'Église romaine, actuellement en plein désarroi, comprendront-elles cela et  autoriseront le mariage des prêtres ? Leur frilosité dans des réformes fondamentales causera l'effondrement de l'institution ... et pourtant l'humanité a tant besoin d'un message d'amour comme celui de leur enseignement !

 

L'autre de mes oncles, respectable curé d'un petit village près de Beauraing, lieu des apparitions de la Vierge  (il fut le confident d'une voyante, ancienne élève du catéchisme de sa paroisse - voir dossier 04.4),  a lui aussi souffert de son isolement affectif avec un stoïcisme remarquable.

 

Quand nous lui demandâmes, un jour, pourquoi il n'avait pas de poste de télévision, il nous répondit avec hauteur et détermination : « Je n'en veux pas ... Je ne tiens pas à réveiller des instincts que j'ai refoulé à coup de cravache »

 

Cette simple phrase est bouleversante et résume très bien le long et difficile combat, de ces hommes à qui on a imposé inutilement le célibat et qui, dans l'emportement idéaliste de leur jeunesse,  n'ont pas mesuré l'importance du sacrifice contre nature qu'on leur imposait.

 

Un devoir de vérité et de justice m'anime, une fois de plus,  pour défendre un milieu qui n'est plus le mien et que les médias jettent trop facilement au mépris de l'opinion publique.

 

Il n'en reste pas moins pourtant, que tout l'héroïsme et l'abnégation de ces «idéalistes » de notre société, ne font pas le poids face aux cinq cents dossiers surgis du passé nébuleux de nos institutions.

 

Ceux-ci, pourtant, ne constituent qu'une petite page du martyrologe abominable des nombreuses victimes d'individus qu'on a trop longtemps tardé à soigner ou condamner et que, dans un souci de maintien de l'intégrité d'une institution, on n'a pas ou insuffisamment sanctionnés, livrés à la justice ou aux psychiatres.

 

J'ai vécu ces époques de déviances de la  morale fondamentale dans toutes nos institutions occidentales.  Je reste horrifié à la pensée de l'inconscience coupable de nos éducateurs face à l'abomination des actes pédophiles.

 

Ce que l'on considère maintenant comme la plus répugnante des actions n'était jugée, dans un passé pas bien lointain, que comme une erreur ou une faute qu'on sanctionnait uniquement par l'éloignement du coupable ... ou un simple, cependant sévère, avertissement ... j'ai connu ça en Suisse.

 

On ne réalisait pas à ces époques la gravité d'actes abominables qui salissaient l'innocence et détruisait sa morale et son avenir. Il me revient une phrase qui remonte de mon passé chrétien et qui convient à cette situation : «c'est un crime qui crie vengeance au ciel».

 

Dans un débat beaucoup plus large quant au fond,  notre société occidentale doit se pencher sur la base d'un enseignement religieux qui nous vient du « Livre » et d'une interprétation des tables de la loi que Moïse a reçu de Yahvé.  Les moralistes chrétiens y ont remplacé les sixième et neuvième commandements, plus spécifiques à la pratique juive, par des prescrits rigoristes concernant la sexualité qui ne peut être réservée qu'à la seule procréation en dehors du plaisir.

 

Il est indispensable que les courants religieux modernes adaptent les prescrits de leur enseignement en définissant les limites acceptables de la fonction du plaisir, sexuel ou autre, qui reste essentielle et fondamentale à l'épanouissement de la personne humaine.

 

 

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