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20/08/2010

Ch. 27 m - Envoûtant Japon ancien.

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver des passages ou de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS, à droite, que j'ai créée dans le site (e-monsite) permettant de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement.

 

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Ch. 27 m - Envoûtant Japon ancien.

 

 

{12} Après le Japon mystique, nous subîmes l’envoutement d’une culture ancienne que nous les occidentaux ne connaissons que par son caractère insolite voire folklorique … Il est nécessaire de se débarrasser de nos préjugés pour en apprécier toute la richesse et la profondeur essentiellement philosophique et religieuse … en quelque sorte, il faut changer de planète …

 

Kinkaku-ji, le pavillon d’or édifié à la fin du XIVème siècle pour le shogun Ashikaga Yoshimitsu, a brûlé en 1950, a été entièrement reconstruit identique à l’original en 1955 et redoré à la feuille d’or en 1988.  Il se miroite idéalement dans l’immense pièce d’eau qui l’entoure.

 

En fin de journée, c’est un régal de couleur quand il apparaît dans la douceur du soir, serti dans son écrin d’arbres taillés avec la délicatesse de ces orfèvres du feuillage que sont les jardiniers du site, tout en se reproduisant en frémissements vieil or à peine sensibles, sur la surface d’une eau sombre.

 

Mais que dire alors des jardins du palais Katsura, un des plus beaux endroits du monde dans la perfection des formes, dans l’harmonie des teintes (et nous n’avons pas connu les délires de l’automne) et dans les jeux qui mettent aux prises ces jongleurs de lumières, ces magiciens de l’ombre, et ces dieux du feuillage que sont ses jardiniers, merveilleux prêtres officiant sur l’autel de la beauté pure.

 

Au bord d’une étendue d’eau moirée de jade qui reflète les ombres pastel des arbres ciselés en plateaux de feuillage légèrement bombés, des lanternes de granit coiffées de leur dôme à quatre faces se terminant en boule, posées sur un socle prolongé d’un pied, s’avancent religieusement dans l’eau noire de l’étang, soutenues par quelques roches polies, dans un ballet de pierres rondes.

 

Des îles d’arbustes, façonnés en coupes d’offrandes aux dieux, découpent le bleu du ciel de taches olivâtres.

 

Les grands arbres, comme de beaux oiseaux-voiliers, étendent leurs ailes de branches taillées en symphonie vert-azur comme une invocation de moines, les mains ouvertes vers le ciel.

 

Des voiles de jardins d’or

S’ouvrent dans l’azur brillant

Des soirs clairs de ciels légers.

 

Des dentelles de soie lourde

S’allongent en nappes d’eau noire,

Des lanternes de prières

S’avancent en phares d’étangs,

Et des galets gorgés d’eau

Scintillent au soleil.

 

Des soieries jade et ombre

Se mirent dans l’eau vert sombre

Comme un manteau princier

Qu’on étend sous les pieds.

 

{13} Nara, à une demi-heure en train de Kyoto, nous faisait découvrir l’ancienne capitale du Japon avant Kyoto, et l’origine historique du bouddhisme au Japon où se retrouvent de nombreux temples et Bouddhas dont le fameux « Daibutsu » en bronze recouvert d’or (le plus grand du monde – 16,2 mètres de haut et 452 tonnes). L’empereur Shômu qui la fit ériger en 752, exigea de tous les Japonais de lui fournir tout le cuivre et l’or du pays pour sa confection.

 

Cette statue (appelée Bouddha Vairochana) trône dans le très grand Todaî-ji (traduction : grand monastère de l’est), le plus important des monastères provinciaux, datant du huitième siècle, mais souvent détruit avec sa statue et reconstruit depuis, à tel point que bien peu de choses subsistent de ces époques si ce n’est la ferveur religieuse de tout un peuple qui n’a cessé de le reconstruire.

 

La plus spectaculaire de ces interventions fut, à l’époque Kamakura (1185-1533), celle du shôgun Yoritomo qui l’avait rasé et qui ordonna au moine Chôgen de récolter les moyens de sa reconstruction en 1180 dans un style inspiré de l’Inde et de la Chine.

 

{14} Pour mieux nous pénétrer de la complexité de la religiosité japonaise, nous n’avons pas manqué de visiter le « Kasuga shrine », sanctuaire animiste familial des Fujiwara et ses innombrables lanternes de fer (pas très anciennes) mais très importantes dans la culture animiste.

 

L’ambiguité de la bi-culture nippone mérite le rappel de quelques éclaircissements. Pour des raisons philosophiques de non-violence, les bouddhistes qui se sont « insérés » très délicatement dans le tissu religieux foncièrement animiste de l’époque, ont prôné la complémentarité des deux croyances, soucieux de ce que l’une prolongeât l’autre.

 

{15} Les kamis devinrent ainsi les « protecteurs » du bouddhisme. Au départ, les temples se sont établis en prolongement des sanctuaires animistes. Certains historiens ou maîtres du shinto iront même jusqu’à prétendre que les bouddhas ne seraient finalement que la transposition, l’émanation ou même le complément des kamis.

 

Cependant, plus intellectuel, le bouddhisme devint le fondement philosophique de la pensée nippone grâce surtout au travail profond mais très altruiste et pas du tout « évangélisateur » des moines bouddhistes qui seront toujours des modèles de ce qu’il y a de plus haut dans l’idéal humain d’élévation personnelle de l’âme, sans arrière-pensée de « récupération ».

 

{16} Après 1868, le gouvernement Meiji promulgua la séparation du shintoïsme et du bouddhisme et imposa la croyance en la divinité de l’empereur. En 1871, le shintô devint religion d’état et le bouddhisme toléré comme complément à la spiritualité de chacun.

 

Il fut de plus décrété que les sanctuaires et rites nationaux seraient officialisés, que les prêtres animistes deviendraient des agents de l’état et que chaque citoyen devrait se faire enregistrer dans les sanctuaires animistes locaux comme nous le faisions par le passé dans nos paroisses.

 

Bien entendu, avec la décléricalisation, comme chez nous, ces pratiques seront remplacées, depuis la fin de la dernière guerre, par une officialisation à la commune.

 

Nous qui avons pénétré cette « bi-culture » et qui la vivons au quotidien avec la famille de notre fils aîné, en ressentons toute la valeur, la richesse et la faculté d’apporter non seulement des réponses animistes aux problèmes de la vie de tous les jours, mais également des solutions bouddhiques aux interrogations plus intellectuelles suscitées par les grands problèmes de l’existence.

 

C’est dans cet esprit que dans les foyers ont lieu les grandes réjouissances de la naissance et du mariage qui se font suivant le rite animiste alors que pour le décès, on fera appel aux bouddhistes plus compétents dans leur démarche intellectuelle de l’approche de l’au-delà.

 

Nous avons compris et vécu cela au mariage de notre fils qui, célébré suivant le rite animiste, nous a profondément marqué par sa profonde valeur symbolique, comme le seront toujours les cérémonies religieuses occidentales.

 

Les lourds jardins shintos

Se sont engrossés de fruits,

De fleurs, d’arbres en feuilles

Et de mimosas jaunes.

 

Les ventripotents kamis

De terre rouge et vernis blancs

Se sont groupés en chœur

De potiches flammées.

 

De longs oiseaux de ciel

Se sont allongés bleus

Sur l’eau de soie noire.

 

Des nuages de pivoines roses

Se sont gorgés de pulpe d’eau,

Pour abreuver les kamis-dieux.

 

 

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