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11/06/2010

Ch. 25 d - Apparitions (Beauraing)

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Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère en début de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 à 20 pages, deux fois par semaine.

 

Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite) Des repères entre petites accolades {} ont été créés et placés au début de certains paragraphes. Ils permettent de retrouver certains passages et de se référer à un « aperçu-résumé » avec table complète des matières et repères. (Voir le premier poste de la liste des DOSSIERS (à droite)que j'ai créé dans le site (e-monsite ) qui permet de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)que j'ai créé dans le site (e-monsite ) qui permet de consulter des sujets traités dans l'ouvrage ou ailleurs.)

Cliquer sur le dossier recherché, dans la liste des dossiers, pour l’obtenir immédiatement

 

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Ch. 25 d - Apparitions ?

 

{20} Pour être complet et objectif, il me reste cependant à ce stade-ci de mes confidences, le nécessaire devoir de livrer à mes contradicteurs les réflexions et considérations sur le surnaturel apparent et ses phénomènes inexplicables dans l’état actuel de la science, faisant suite à la relation du témoignage bouleversant autant qu’interpellant de mon oncle-curé sur les apparitions de Beauraing (du 29/11/1932 au 3/1/1933), transcrit dans un grand registre d’une écriture ferme et calligraphiée et que j’ai résumée avec le plus d’honnêteté possible aux pages 20 à 24 du chapitre 4 .

 

J’ai lu, étudié attentivement et réfléchi longuement à cet important manuscrit : ça m’a pris de nombreux jours ! Une quarantaine de pages, écrites par un homme sérieux, honnête, consciencieux, qui dans sa relation s’efforce d’être le plus objectif possible.

 

Le milieu chrétien dans lequel j’ai vécu et dans lequel je baigne toujours est très imprégné du culte de la Vierge renforcé par ses apparitions. En dehors de Beauraing, proche des berceaux de nos familles, nos églises et nos maisons étaient abondamment pourvues de reproductions ou statues des Vierges se manifestant dans la chrétienté belge ou limitrophe, tels outre Beauraing  :

 

Lourdes : dans les Pyrénées, voyante Bernadette Soubirous (née en 1844, décédée en 1879) - 18 apparitions à l’âge de 14 ans du 11/2/1858 au 16/7/1858.

Fatima : d’avril à octobre 1915 au Portugal : trois voyants ; François Marto 7 ans (né en 1908 décédé en 1919 de la grippe dite espagnole – déclaré Bienheureux par le pape Jean-Paul II en 2000) ; Jacinthe Marto, (5 ans (née en 1910, décédée en 1920, également de la grippe espagnole - déclarée Bienheureuse avec son frère par Jean-Paul II en 2000) ; Lucia Dos Santos, 8 ans, leur cousine (née en 1907, décédée au Carmel en 2005). L’Église détient la révélation d’un secret qui a été communiqué récemment précautionneusement entouré de commentaires.

Banneux : Du 15/1/1933 au 2/3/1933, (soit 12 jours après la dernière apparition de Beauraing) 8 apparitions à Banneux près de Verviers en Belgique à Mariette Béco, 12 ans, (née le 25/3/1921) qui vit toujours, retirée non loin de là. Sa vie ne fut pas plus que pour ceux de Beauraing marquée par une existence particulièrement remarquable du point de vue religieux. A ma connaissance, elle a tenu un débit de boisson et de vente de souvenirs pour les pèlerins près du lieu des apparitions avant sa retraite.

 

{21} J’ai relevé sur le site « spiritualité-chrétienne.com », de l’Église catholique romaine, les informations intéressantes suivantes :

 

Qu’est-ce qu’une apparition ? La réponse donnée se réfère d’abord à l’Ancien Testament - prophète Joël 3-1  : « Je répandrai mon esprit sur toute chair. Vos fils et vos filles prophétiseront, vos anciens auront des songes, vos jeunes gens, des visions. »

 

D’autre part, ce site de l’Église reprend de l’Encyclopédie catholique de M. Centini le passage suivant : « Étant donné que la vue et le toucher sont les deux sens qui rendent compte de la façon la plus directe de la réalité objective, il se produit, dans l’apparition ce que les théologiens appellent « le sentiment de la présence ». En fait, la personne témoin d’une apparition est convaincue d’être en contact immédiat avec l’objet qui est manifesté à elle, et non pas d’en subir une influence quelconque ou de se trouver face à une image, à une reproduction de cet objet »

 

Plus loin l’Église relate un avis autorisé de Benoit XV, pape de 1914 à 1922 : « Il faut savoir que l’approbation par l’Église à une révélation privée n’est pas autre chose que la permission accordée, après examen attentif, de faire connaître cette révélation pour instruction et le bien des fidèles. A de telles révélations, même approuvées par l’Église, on ne doit pas et on ne peut pas accorder un assentiment de foi ; il faut seulement, selon les lois de la prudence, leur donner l’assentiment de la croyance humaine, pour autant que de telles révélations soient probables et croyables pour la piété [….] ».

 

Ce qui veut bien dire que l’Église, elle-même, ne reconnaît pas les apparitions comme manifestation réelle de Jésus-Christ, de la Vierge ou des saints.

 

Toujours selon les mêmes sources (spiritualité-chrétienne.com), les experts de la 42ème semaine mariale à Saragosse en 1986 ont dénombré au moins 21.000 apparitions mariales depuis l’an 1000, mais l’Église n’en a authentifié officiellement qu’une quinzaine (dont Lourdes, Fatima, Beauraing et Banneux, reconnus par les Évêques des diocèses concernés)

 

Il est important aussi de signaler que la reconnaissance par l’Église d’une apparition comme digne de culte est de l’autorité de l’évêque du lieu en vertu de sa mission de chef de l’Église locale.

 

{22} En ce qui concerne les apparitions de Beauraing, j’ai cherché à trouver le maximum de réponses aux éléments qui m’ont interpellé lorsque j’ai pris connaissance des écrits de l’oncle de Vonêche. J’ai analysé particulièrement les premières pages de son livre, celles qui décrivent le début des « apparitions »

 

Le premier jour, la vision est aperçue au-dessus d’une grotte artificielle reproduisant celle de Lourdes que les sœurs ont fait construire dans le talus qui soutient une voie de communication qui en enjambe une autre pour permettre aux réseaux routiers et ferroviaires de se croiser sans passage à niveau, la voie de chemin de fer surplombant l’autre.

 

Les enseignantes de l’institut que fréquente une des voyantes, Gilberte Voisin, appartiennent à l’ordre des Sœurs de la Doctrine Chrétienne de Nancy,  fondée en 1716, par le chanoine Jean-Baptiste Vatelot pour scolariser les filles des campagnes. Ces religieuses ont une formation spécifique d’institutrice de village en vue d’éduquer les mères de famille du milieu agricole aux fonctions ménagères.

 

C’est le gar çon de 11 ans qui signale aux autres qu’il aperçoit la Vierge de la grotte qui bouge (il y a plusieurs versions, mais je retiens celle de l’oncle dont la source est Madame Degeimbre, ancienne paroissienne et mère de deux voyants) ; la sœur du gamin voit à son tour quelque chose, en sortant du pensionnat, et s’exclame : « Qu’est-ce que c’est çà là-bas ». D’autres versions selon l’oncle rapportent que la petite n’aurait rien dit alors.

 

Effrayés, les enfants se sauvent sans se retourner sauf, peut-être suivant certaines sources fiables, deux d’entre eux qui voient encore une forme lumineuse qui se déplace sur le pont et qui a l’apparence d’une dame.

 

Les enfants, c’est-à-dire, outre le garçon Albert Voisin (11 ans), ses sœurs Fernande (15 ans) et Gilberte (13 ans) ainsi que leurs amies Andrée Degeimbre (14 ans) et sa sœur Gilberte (9 ans) sont effrayés.

 

Il est probable que la forme humaine qu’ils ont cru voir alors, fut la transposition d’une source lumineuse allant et venant le long de la voie ferrée sur le pont du chemin de fer.

 

Peut-être un véhicule de service ou plutôt un ouvrier avec une « lanterne- tempête » comme on en utilisait alors à la recherche d’une anomalie urgente à contrôler…. ou réparer …?

 

De l’endroit où les enfants ont aperçu cette forme lumineuse, il se pourrait qu’au travers des branches, elle ait donné l’impression qu’il s’agissait d’une forme humaine qui dans le contexte de piété du moment (proximité du 8 décembre fête de l’Immaculée Conception et de la Noël) se soit transposée en Vierge de la grotte se déplaçant suivant les mouvements d’allées et venues de quelque chose sur le pont.

 

D’ailleurs, l’oncle mentionne plus loin dans son livre que la sœur portière lui avait rapporté que les enfants affirmaient avoir vu la Vierge de la grotte marcher sur le pont et qu’elle les avait traités de petits sots.

 

Plus loin dans son récit (noté à la date de juillet 1933), l’oncle signale qu’ayant interrogé les voyants à cette époque-là pour obtenir certaines précisions, il aurait reçu la réponse suivante : « Le premier jour, nous avons bien vu l’apparition, de forme humaine, mais pas les rayons, ni les reflets. C’est le jeudi, près du houx que nous l’avons vue avec des rayons et reflets bleus sur sa robe ».

 

Le lendemain à la même heure vers 18 heures trente, les enfants retournent « à la grotte », naïvement persuadés que c’est l’heure de prédilection de la vision ; ils sont effrayés et se cachent les yeux. Quand ils en reviennent, excités, ils racontent qu’une « dame » leur était apparue au même endroit que la veille : elle a les mains jointes et semble se promener dans l’espace au-dessus de la grotte. Les parents les grondent et ne veulent rien entendre de leurs « sottises ».

 

Il est probable que c’est pendant ces deux jours que le phénomène de transposition du réel au surnaturel s’est installé dans le cerveau et le subconscient des « voyants ». Ils vont se convaincre mutuellement d’avoir vu la Vierge, préparés mentalement par leurs enseignants qui ne vont pas manquer de leur parler de la fête de l’Immaculée Conception toute proche.

 

Les voyants vivent dans un environnement scolaire de piété, renforcé par l’approche de la Noël et de la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre. Ce dogme, décrété par Pie IX, le 8 décembre 1854, signifie que Marie, mère de Jésus-Christ, fut conçue exempte du péché originel. (Faute d’orgueil du premier homme dans le paradis terrestre qui, pour un chrétien, est effacée par le baptême).

 

Ce culte marial frappa les esprits de l’époque, rappelons que la vision de Lourdes se passa quatre ans après la proclamation de ce dogme, en 1858 et que Bernadette Soubirous, qualifia celle qui lui était apparue d’Immaculée Conception, appellation reprise également par Lucia Dos Santos la voyante de Fatima, ceux de Beauraing la simplifieront dans le vocable de « Vierge Immaculée » qui provient peut-être du vocabulaire utilisé par leurs enseignants.

 

Les visionnaires de Beauraing, se trouvaient vraisemblablement placés dans un contexte favorable au déclenchement du phénomène : les écoles catholiques et plus particulièrement celle que fréquente la petite Gilberte de 13 ans sont très préoccupées d’inculquer le culte marial à leurs élèves, concrétisé d’ailleurs par la représentation de la grotte de Lourdes dans leur propriété.

 

Le 1er décembre, troisième jour des apparitions, Madame Degeimbre et cinq personnes de son entourage accompagnent les enfants pour mettre les choses au clair. Madame Degeimbre s’est munie d’un bâton « à vache » pour casser la « gueule » au mauvais plaisant. La vision apparaît aux enfants partis en avant, non loin de la grille, alors que le groupe n’avait même pas atteint la grotte et l’aubépine qui la surmonte. La dame aurait frôlé le sol pas loin d’eux, souri, joint les mains et ouvert les bras avant de disparaître.

 

Ce jour-là, vers vingt heures, suivant le livre de l’oncle, madame Degeimbre décide de retourner « à la grotte » avec quelques amis et seulement trois des « voyants », les deux « Gilberte » ayant été trop impressionnées. Les adultes vont en avant et recommandent aux enfants de ne pas crier et de dire plutôt une prière qui les protégera.

 

Le groupe approchait de la grille quand soudain les enfants s’écrient « La voilà », ils tombent à genoux et récitent des «ave Maria » (courte prière à la Vierge). Madame Degeimbre se porte en avant pour fouiller les buissons avec sa lampe de poche et son bâton, quand Andrée s’écrie : « Arrête, Maman, tu es dessus ».

 

Les adultes inspectent encore les lieux sans rien trouver et décident d’aviser le Doyen qui les reçoit avec sagesse et bonhomie, mais sceptique, leur recommande de rester discret et que si c’est la Vierge, rien ne leur arrivera de fâcheux.

 

Dès le 2 décembre, les sœurs ferment les grilles de leur établissement le soir et lâchent deux chiens. Cependant les cinq enfants voient « l’apparition » au travers de la grille et tombent simultanément à genoux. Ce sera à partir de ce jour que les voyants se précipiteront ensemble sur les genoux et réciteront des « ave maria » pendant l’apparition.

 

Des témoins crédibles racontent que les enfants tombent simultanément au moment de l’événement, sans se blesser et sans connivence possible surtout quand ils sont séparés et contrôlés par des adultes ayant autorité sur eux. Á peu de choses près, ils semblent bénéficier d’une vision identique.

 

Ce phénomène de comportement collectif (même réduit à cinq personnes) est à rapprocher de celui que l’on constate chez les êtres vivants grégaires, comme les poissons en bancs, les criquets, les moutons… les étourneaux et autres lemmings…

 

Quant à la communication entre des êtres vivants quelle que soit la distance qui les sépare, on peut citer le phénomène du pigeon voyageur qui retrouve le colombier de son couple après avoir parcouru de très grandes distances (Il y a des lâchers de Barcelone à Bruxelles).

 

Les célèbres artistes de music hall, Myr et Myroska, Édouard et Sarah, ont-ils un truc ou n’est-ce tout simplement qu’un phénomène de transmission de pensée ou de vision ? (Ils parviennent à se communiquer des détails aussi difficiles à transmettre que des renseignements précis figurant sur des documents sortis d’un portefeuille…ou inconnus du comparse, mais révélés en pensée par le cerveau du propriétaire interrogé.)

 

Il y a également les « hallucinations collectives » qui se produisent chez les humains lors de manifestations politiques ou religieuses, lorsqu’ils sont placés dans un contexte d’exaltation des masses en « transes ». (manifestations politiques violentes de tous genres au mépris de la mort et des suites catastrophiques ; manifestations idolâtres pour des vedettes ; exaltations religieuses envers des symboles pieux ; débordements de ferveur dans des lieux sacrés comme La Mecque et Rome – j’en fus moi-même acteur et témoin - Voir chapitre sur Rome et Florence : canonisation de Nicolas de Flue.

 

Tout observateur attentif aux comportements de ces groupes doit constater que le cerveau de chaque individu est « télécommandé» extérieurement par les circonstances ou la proximité d’un danger. Ainsi j’ai pu constater à la vision d’un reportage sur le dressage de chien de troupeau que l’important groupe de moutons réagissait simultanément et unanimement aux menaces des chiens. Il semble donc qu’il y ait une inter-communicabilité extérieure qui se manifeste dans ces groupes les faisant agir comme une individualité, comme le ferait un banc de poissons.

 

Chez les humains interviendront aussi la parole et la pensée : ainsi pour Beauraing, ce sera la première fois, le troisième jour, que les enfants interrogeront l’apparition et qu’ils recevront des réponses, approximativement ceci : « Etes-vous la Vierge Immaculée », réponse par un signe de tête affirmatif « Que nous voulez-vous ? » réponse : « d’être bien sage »

 

Les questions ont été posées par le garçon et entendues par tous y compris les réponses fournies par la vision. Il est peut-être intéressant de noter que, dans le premier temps, c’est toujours le garçon qui prend les initiatives. (C’est lui qui est à l’origine de l’événement).

 

Un témoin suggère d’envoyer son garçon de onze ans qui n’a pas assisté aux apparitions en espérant qu’il verrait lui aussi. Ils y retournent tous et la vision réapparaît, mais pas au petit de onze ans. Il est évident qu’il n’avait pas la préparation psychologique des autres.

 

A ce stade-ci de nos constatations, on doit reconnaître qu’il se produit les phénomènes suivants qui posent question :

 

- Les enfants ont simultanément une vision identique de l’apparition et entendent dans presque tous les cas les mêmes paroles. Il y a donc interconnexion extérieure des cerveaux, un « cerveau-maître », au début celui du garçon conduisant les autres.

- L’apparition se déplace, agit en ouvrant les bras, lève les yeux et entretient avec les enfants une conversation logique dans le contexte du moment et de l’état d’esprit religieux des « voyants ».

- Le « cerveau-maître » inconsciemment transmet sa vision et son dialogue aux autres qui vraisemblablement construisent avec lui, intervenant pour apporter des particularités propres à leur personnalité.

 

Le samedi 3 décembre, les parents parvinrent à empêcher les voyants de se rendre « à la grotte », la petite Gilberte étant reconduite à son domicile par une religieuse (il y avait école le samedi à cette époque).

 

Le dimanche 4 décembre, vers 19 heures, les enfants reviennent à la grotte, emmenant avec eux un petit ami paralytique de 9 ans et un aveugle de 30 ans, oncle de Gilberte et Andrée. Albert, toujours lui, demande à la vision de les guérir. La dame sourit et ne répond pas ; Albert continue : « Quel jour faudra-t-il venir ? » réponse : « Le jour de L’Immaculée Conception ». Fernande alors demandera : « Faut-il vous construire une chapelle » à la suite de sa réponse affirmative, la vision disparaît.

 

L’oncle aveugle de Gilberte Voisin prétendra avoir « vu » quelque chose, la description qu’il donne rappelle Notre Dame de Lourdes.

 

Le 5 décembre, poussé par sa mère, Albert demande à la vision qu’elle fasse tous les miracles qu’elle peut en plein jour, pour prouver qui elle est : pas de réponse puis elle disparaît pour revenir plus tard… Je suppose que leur subconscient réaliste recule devant l’énormité de tel événement….

 

Voici la description de la vision rapportée entre guillemets par l’oncle, sans doute rédigée par un adulte sur instructions des enfants ; cette image s’est installée progressivement dans leur petit cerveau à partir du 5 décembre, jour où la vision s’est imposée dans leur subconscient pour se préciser sans doute davantage par la suite :

 

« La dame est blanche et brille comme le soleil, mais d’une lumière qui ne fait pas mal. Des rayons d’or, en nombre infini, entourent la tête d’une teinte indescriptible. Les yeux sont bleus et lumineux, les lèvres rouges, le teint rosé. Un voile blanc couvre le front, encadre le visage, cache le sommet des épaules et retombe derrière les coudes. La robe est droite avec de nombreux plis de haut en bas, et des reflets obliques bleus partent de l’épaule gauche. Les pieds et le bas de la robe sont enveloppés d’un nuage qui festonne le bas du vêtement et sur lequel la vision semble se tenir. Les mains sont jointes et reposent sur la poitrine. La dame est plutôt petite de la taille des enfants ; elle regarde tantôt le ciel, tantôt les enfants à qui parfois elle sourit. »

 

Il est surtout intéressant de rapprocher cette description de celle rapportée par l’oncle et qu’il a entendue avec l’abbé Pestiaux, curé du village voisin, qui l’avait accompagné (Je l'ai bien connu, il était mon confesseur car je ne tenais pas à raconter mes "méfaits" à l'oncle qui, à l'inverse de lui, était un homme jovial, au rire sonore violant les murs). En voici la relation in extenso :

 

« Mardi 6 décembre, je me suis rendu en voiture avec L’abbé Pestiaux, curé de Froidfontaine, nous avons rendu visite à Madame Degeimbre et j’ai eu l’avantage de voir et interroger Gilberte, sa fille cadette (9 ans), Andrée sa sœur aînée était chez son oncle pour faire diversion. Gilberte vient de rentrer de classe : elle est en petites bottes et bonnet de laine. Avec aisance et sans hésitation, Gilberte nous raconte les premières apparitions.

 

« Qu’as-tu vu dans la cour des religieuses ? » « La vierge Immaculée »

« Comment est-elle ? » (Je résume la réponse de l ‘enfant) « Elle est belle – jeune – plutôt petite ( 1m25 à 1m50). Elle est vêtue d’une robe blanche avec des reflets bleus qui obliquent de gauche à droite. La tête est entourée de rayons dorés. Les pieds et le bas de robe sont cachés par une sorte de nuage qui forme des festons. Elle a un voile sur la tête ; il descend derrière les épaules. Les mains sont jointes et s’ouvrent quand la Vierge disparaît »

« Gilberte unit le geste à la parole – « Est-il vrai que l’apparition a promis un miracle le jour de sa fête » « Oh ! la sainte Vierge n’a pas dit ça, nous avons demandé de guérir notre petit camarade Degourdenne et mon oncle (l’aveugle) » ; elle n’a pas répondu et elle a dit « Venez le jour de l’Immaculée Conception ».

 

« Nous avons aussi demandé « Faites tous les miracles que vous pourrez en plein jour (pour qu’on les voie bien) ajouta l’enfant » - elle n’a pas répondu. Puis nous avons dit quand alors, réponse : « Le soir ».

 

« La fillette nous raconte ensuite que les deux premiers jours, ils l’avaient vue au-dessus de la grotte ; le troisième jour du côté du nouveau bâtiment « On aurait dit qu’elle se promenait en nous attendant. »

 

Par la suite, mais bien plus tard, certains voyants ajouteront à la description deux éléments importants : un cœur d’or au milieu de la poitrine et un chapelet pendu au bras qui n’a semble-t-il pas de crucifix, à moins qu’il ne soit caché par les plis de la robe.

 

Si je me suis permis cette relation détaillée des premiers jours, c’est que je tenais à bien transcrire les éléments essentiels que j’ai tirés du récit de l’oncle, que je considère comme absolument véridiques et non tendancieux en raison d’une honnêteté intellectuelle que son entourage ne lui contestera jamais.

 

Comme dans les apparitions de Lourdes et Fatima, vénérées par les Belges chrétiens, la mystérieuse dame confie aux voyants un ou plusieurs secrets.

 

En ce qui concerne les révélations confidentielles faites à Beauraing, les avis divergent notamment dans leur évocation par le site de la ville elle-même et du clergé qui parle de trois voyants qui en auraient bénéficié, alors que l’oncle dans son manuscrit est convaincu qu’ils en sont tous détenteurs.

 

Lui qui a entendu les voyants après les révélations du dernier jour, relate dans son « cahier-registre » que son beau-frère (un autre oncle), Georges Hubert, instituteur de Mesnil-Église (village voisin), a posé quelques questions devant lui aux enfants au sujet de ces fameux secrets.

 

Voici la transcription fidèle du récit de cet interrogatoire rapporté par l’oncle curé :

 

L’instituteur pose alors quelques questions. A Albert : « Ton secret est-il triste ou gai » « Pas triste pour moi mais pour mes parents… ». A Gilberte Voisin, même question, réponse : « Ni triste, ni gai ». A Gilberte Degeimbre, même question, Gilberte reste muette, Monsieur Hubert dit alors à Gilberte Degeimbre : « Si ton secret était le même pour Albert et Gilberte Voisin, serais-tu contente ? » Gilberte sursaute et dit « Oh, oui très contente ». Le curé de Vonêche alors, gêné de cet interrogatoire inquisiteur, l’arrêta.

 

S’entretenant entre eux, les enfants se mirent chacun à compter les mots qui composaient leur secret et en révélèrent le nombre aux quelques personnes présentes, mais aucune ne se souviendra des chiffres et l’oncle qui les avait notés ne les retrouvera plus.

 

Á la lecture de ce qui précède, on constate que tous les enfants ont retenu quelque chose de particulier qui ne devait pas être bien long puisqu’ils en comptaient les mots de mémoire, mais qui les troublait cependant. Il se peut qu’avec l’âge, ils ont réalisé le caractère enfantin et naïf de leur contenu. On ne sait si Jean-Paul II qui a entendu en privé trois des voyants a eu révélation de ces fameux secrets.

 

L’oncle relate aussi que, ce soir-là, Madame Degeimbre aurait dit subitement à sa fille Gilberte : « Quand tu seras couchée, tu me diras ton secret ? » (Elle dormait avec sa mère). La petite se serait redressée et aurait répliqué : « Pas même au Pape »….

 

Questions qu’on peut se poser ? Pourquoi le privilège d’un secret confié à des enfants qui ne peut être révélé « même pas au Pape »… ?

 

Quant aux paroles essentielles de la Vierge de Beauraing, elles sont inspirées de celles que les enfants ont entendues dans leurs écoles pendant cette période intense de culte marial précédent le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception.

 

D’ailleurs, ce jour-là, suivant les témoins, les enfants tombent « en extase » un quart d’heure, la vision leur paraissant plus belle que jamais. Il y avait une foule immense, la nouvelle s’étend répandue qu’un miracle serait peut-être accompli.

 

A cette époque, le culte marial était très fervent et les religieuses n’ont certainement pas manqué de préparer leurs élèves à cette fête importante pour elles en insistant sur certaines phrases propres à cette dévotion.

 

Ces phrases vont se retrouver parmi celles que les enfants ont cru entendre :

Le 2 décembre : « être bien sage » ; le 17, elle demande une chapelle, comme dans les apparitions de Lourdes et Fatima ; le 21, à la question : « Dites-nous qui vous êtes », elle répond : « Je suis la Vierge Immaculée » sans doute «l’ Immaculée Conception » de Lourdes tronqué ; Les phrases des 30 décembre et trois janvier sont typiques de l’enseignement religieux et marial : « Priez beaucoup, priez toujours » ; « Je convertirai les pécheurs » ; « Je suis la Mère de Dieu, la Reine des cieux » ; « Aimez-vous mon fils, m’aimez-vous » ; « Sacrifiez-vous pour moi ».

 

Je reste convaincu que les enfants sont sincères : ils ont vu et entendu ensemble ce qu’ils rapportent, ils n’inventent rien : ils répètent ce que leur subconscient leur dicte. Dans un contexte d’époque, de lieux et de circonstances (des « ave Maria » dans des nuits glacées de décembre repris par une foule de plus en plus dense et fervente), ils se sont trouvés en état de transe avec simultanéité de mouvement, de pensée, de vision dans un bain progressif de foi collective apportée par des croyants fervents de plus en plus nombreux.

 

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