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30/04/2010

Ch. 23 c - Passé perdu et présent trompé.

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère à la fin de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 10 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

(Ceux qui désirent consulter la table complète des matières

et des repères cliqueront sur DOSSIERS (à droite – La table des matières est en dessous).

 

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments ont été imposés à l'auteur par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui ont permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.


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Ch. 23 c - Le présent trompé.

 

La situation la plus dure, la plus révoltante, la plus injuste qui soit est celle qui résulte du présent trompé par l'enfouissement dans les brumes du passé d'actions et de qualités qui l'ont valorisé alors, pour n'offrir au regard du présent que l'apparence trompeuse de l'amoindrissement que l'âge et la maladie réservent à tant de ceux qui nous entourent.

 

Nombreux sont-ils à subir ce sort peu enviable !  Leurs contemporains, comme moi, souffrent avec nostalgie de les voir dévalorisés, méprisés et même raillés par ceux qui ne les ont pas connus autrement.

 

Ainsi fut-elle, la fin triste d'un grand monsieur, Robert Gillerotfondateur de notre Centre de Recherches, et longtemps président de son conseil d'administration, homme d'une qualité rare sur tous les plans, tant humain que professionnel et culturel.  J'avais pour lui la plus grande admiration, d'autant plus que j'avais souvent l'occasion d'apprécier sa culture et sa dialectique raffinée.

 

Je l'ai plusieurs fois rencontré plus tard en promenade dans les environs de mon quartier.  Au décès de son épouse, il s'était réfugié dans une « seigneurie » à quelques pas de là où il bénéficiait d'un petit appartement.

 

L'homme affable et disert que j'avais connu était devenu sombre et absent, mais toujours digne, il écourtait gentiment toute conversation comme si son cerveau ne voulait plus ou n'était  plus capable de cet effort de pensée.

 

Je le quittais alors, habité d'un sentiment de malaise angoissé en me rappelant ce qu'il était et au souvenir des entretiens animés dont m'honorait ce patron cultivé.

 

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Une cousine avait épousé un brillant officier, Albert Staf, ingénieur militaire, qui sera colonel commandant la place de Brasschaat, connue comme une des plus performantes en artillerie.

 

Lui aussi, doucement avec l'âge, sombra lentement dans l'absence.  Lui aussi, si cultivé, ne s'autorisait plus que de banales conversations sans intérêt.

 

Le plus navrant, c'est que l'environnement familial s'accommode mal de cette situation et perd lentement la considération dont il était l'objet.  Il deviendra celui dont on parle à mots couverts, avec des petits signes de connivence...

 

L'entourage est cruel et de plus, je crois, entretient inconsciemment cet état. En tant qu'observateur occasionnel, je fus révolté de pareille situation, car les quelques fois que j'eus l'occasion de m'entretenir avec lui, je pus obtenir une conversation aussi équilibrée et intéressante que par le passé.  Mais je l'avais abordé avec toute la considération que j'avais toujours eue pour lui : là était sans doute toute la différence !

 

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Une situation que j'ai tant à cœur de relater aussi et que je mettrais volontiers en exergue, tellement elle fut dramatique et injuste pour celle qui  la subit et que la destinée priva du fruit de ses mérites est celle dans laquelle se trouvera, à la fin de son existence, ma belle-mère, Française du Nord d'origine, ce qui lui donnera cette culture de langage que nous apprécions tant chez nos voisins.

 

Une santé considérablement fragilisée par une importante insuffisance cardiaque qui limitait considérablement son activité physique et un cerveau un peu embrumé par l'artériosclérose avait rendu la maman de mon épouse peu heureuse et nostalgique de son passé dynamique.

 

Comme toutes les femmes de son époque,  (elle était née avec le siècle en 1900) elle fut, à vingt et un an, embarquée tôt dans le mariage. Ce fut le début d'une existence difficile que les épreuves n'épargnèrent jamais.

 

A peine mariée, elle contracta la fièvre typhoïde qui s'était déclarée dans le Nord de la France, atteignant la plupart de ses proches et causant la mort de sa mère qui avait soigné tout le monde.  A l'époque, ce mal était tellement épidémique,  que l'entourage familial et médical gardait les distances et que ce fut mon beau-père, en quarantaine, qui la soigna avec un tel dévouement qu'elle s'en débarrassa rapidement.  Maintenant, la pharmacopée a enrayé ce fléau, incubé sournoisement dans les « miasmes » de la guerre des tranchées.

 

Mais les épreuves guettaient le jeune ménage.  Les méthodes contraceptives étaient alors rudimentaires et interdites dans les ménages chrétiens.  Aussi, dès que la maman fut remise de sa maladie grave, la naissance d'un petit garçon s'annonça-t-elle, le 4 juillet 1922.

 

Il était beau, bien vivant et annonciateur d'une période ensoleillée de bonheur pour le jeune couple.  Mais la cruelle destinée en décida autrement : après deux mois d'une trop courte vie, le bébé fut emporté par une dysenterie des nourrissons que la médecine de l'époque ne contrôlait pas encore.

 

Heureusement une courte accalmie se présenta l'année suivante avec la naissance en septembre d'un beau garçon qui reçut le prénom de Willy en souvenir du héros des ciels, Willy Coppens, qui émerveillait mon beau-père dans sa tranchée, en narguant insolemment les Allemands, les mitraillant de son avion.

 

Le plus dur les attendait encore.  Une ravissante petite fille vint au monde le 6 juin 1925.  Elle reçut le doux nom de Marie-Thérèse.  A dix mois, elle commençait à babiller délicieusement quand elle fut atteinte par une maladie d'enfant qu'on domine facilement maintenant, la coqueluche.

 

A l'époque, ce mal se compliquait facilement de broncho-pneumonie.  Ce fut ce qui l'emporta malgré tous les soins dont les parents affolés l'entourèrent.  Ce sera un deuxième petit cercueil blanc que mon beau-père portera dans ses bras en pleurant derrière un corbillard vide.

 

A la libération de Bruxelles, en septembre 1944, une lie populacière de bas étage se manifesta pour désigner à la vindicte générale les soi-disant « collaborateurs » ou partisans de l'occupant.  Ce fut le cas de la voisine de mes beaux-parents qui avait eu le « tort » d'accepter du travail en Allemagne.

 

Le feu fut mis au mobilier et affaires jetés dans la rue. Les flammes montèrent très haut menaçant les maisons.  Ce spectacle provoqua la naissance accidentelle d'un petit garçon que portait alors la maman de mon épouse.

 

Une accoucheuse voisine ne parvint à l'aider à mettre au monde qu'un petit corps sans vie qui avait subi avec sa mère le choc d'une indicible terreur.

 

Le destin douloureux de cette femme, remarquable d'altruisme, ne l'empêcha pas de participer activement aux nombreuses activités de son quartier, tout en élevant les quatre enfants qui lui restaient.  Dynamique et organisée,  elle se créait des disponibilités suffisantes pour collaborer activement aux actions de son entourage paroissial.

 

Pendant la guerre, elle eut avec son époux l'audace et le courage de cacher des petits enfants juifs qu'elle camouflait parmi les siens. C'était extrêmement dangereux, les occupants étant sans pitié pour ces actions et son mari risquant la déportation en Allemagne, souvent synonyme de mort.

 

Ce fut encore elle qui s'activa pour acquérir en 1939, donc juste avant  les hostilités hitlériennes, la « bonbonnière » située à quelques pas de la nôtre. C'était très risqué et audacieux, la guerre venait d'être déclarée opposant Anglais et Français aux Allemands.

 

Ce « coup de poker » lui réussit, la dévaluation importante de l'argent  que le conflit avait provoquée, allégea la dette mensuelle d'emprunt qui grevait le budget familial.

 

Pour moi ce n'était pas du tout la « belle-mère » des dessins humoristiques qu'on caricaturait à plaisir, brandissant l'éternel rouleau à pâtisserie.  Elle m'aimait bien et m'appréciait beaucoup.  Je regrette maintenant de ne pas le lui avoir rendu assez.

 

Après le décès de mon beau-père, elle éprouva des difficultés à se débrouiller seule dans sa maison de Woluwé bien que mon épouse l'aida quasi journellement.

 

Un matin que nous l'avions gardée à loger, nous l'avons trouvée paralysée, elle ne pouvait plus prononcer le moindre mot : c'était l'accident cérébral vasculaire dans toute son horreur.  Elle fut transférée en clinique, pauvre épave que la vie avait injustement maltraitée.

 

Cela n'a pas duré longtemps, deux jours tout au plus, nous allions la voir et nous garderons toujours comme dans un cauchemar la vision insoutenable d'un regard fixe et d'un front dur de révolte.

 

Sa fin fut terrible,... je n'oublierai jamais ses yeux amers, fixes et lourds qui semblaient nous regarder tous l'un après l'autre, enfants et beaux-enfants, comme pour nous interpeller.

 

Ô Mère courageuse,

Que la vie ne respecta,

Ô Mère courageuse,

Que le souvenir oublia.

 

Ô Femme audacieuse,

Qui affrontait les nuages gris,

Ô Femme audacieuse,

Qui, sous sa robe,

Cachait le petit des maudits.

 

Fière fille de France,

Digne des barricades,

Qui se levait à l'aube

Pour soigner ses enfants,

Et ceux des autres.

 

Noble maman de notre terre,

Tu portes sur tes épaules,

Avec tes sœurs, les autres mères

Toute la charge de l'espoir

D'un avenir meilleur

Pour les humains.

 

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Toi qui me suis dans ce poignant parcours, toi qui m'as rejoint dans l'admiration que j'éprouve pour la grandeur de ces titans de l'adversité, écoute maintenant avec respect la complainte triste du désespoir et le cri inhumain de la folie.

 

Il s'appelait Désiré Griffon. Il était grand, il était fort...une sorte de géant impressionnant ;  son épouse était toute menue, trottinant comme une souris.

 

Ils avaient été les premiers concierges de notre établissement, tâche qui fut lourde de responsabilité avant l'instauration de services de garde et d'équipes de nuit.

 

A la suite des problèmes de santé de l'un des deux, pour alléger leurs prestations, ils furent reconvertis, lui en laborantin et elle en assistante du magasinier.

 

Ils étaient touchants de tendresse. Par beau temps, on les retrouvait à la pause méridienne, main dans la main, assis sur le banc qu'avec attendrissement les promeneurs  leur laissaient sur la surface arborée et fleurie qui agrémentait les abords de nos installations.

 

Une fois encore, c'est ce robuste gaillard qu'insidieusement ce fléau des temps modernes choisit comme proie de son infâme appétit.

 

Son grand coffre de solide gaillard se consumait lentement, rongé par le feu intérieur qu'avait provoqué la fumée de ses cigarettes.

 

Il subira longuement une lente dégradation que son incroyable constitution  prolongea  indéfiniment. C'était insoutenable à subir,  j'allais le voir autant que je le pouvais :... son image de torturé m'obsédait.

 

Il me regardait avec des yeux de haine, comme si j'étais responsable de quelque chose,... peut-être parce que je représentais le pouvoir,... la solution de tous les problèmes que, depuis toujours, notre société paternaliste l'avait habitué à résoudre pour lui.

 

J'en cauchemardais dans un sommeil agité quand, en rêve,  il me transperçait de son rictus de souffrance.

 

Entre deux piqûres de morphine dont l'effet n'était que passager,  il me hurlait son agonie avec ses mots que j'entendrai toujours :  « Qui va me crever... ».  Il ne disait pas me faire crever, ...c'était encore plus pathétique...

 

Cela finira par arriver et sur son lit de mort, il ne restera plus qu'un souvenir qu'évoquait un costume démesuré... creusé d'absences, avec dans un col affaissé la pauvre tête décharnée d'un supplicié révolté.

 

Je l'ai regardé longuement, l'âme ulcérée, le cœur sec,... et un immense dégoût du monde.

 

A ses obsèques, nous tînmes à lui faire grand honneur. Nous étions deux directeurs et une quinzaine de techniciens et employés qui formèrent un groupe imposant qui se plaça directement après la famille dans le cortège qui le mena à l'église et au cimetière.  Les gens de sa région furent impressionnés par l'imposant bloc que nous formions derrière lui.

 

Pendant tout ce temps de misère, son épouse me suivait, son épouse me suppliait...son épouse se traînait dans mon sillage, accrochée à ce que je représentais... l'impuissance alors vide moralement, la charge qu'elle sous-tend interpelle...

 

Elle devint la pauvre veuve qui s'abîmait dans son misérable destin, tantôt  absente, tantôt douloureuse et pathétique, tantôt d'une exubérance aux portes de la folie...

 

Elle le fut ainsi, un jour, qu'elle nous arriva tôt le matin, presque avant tout le monde quand les caprices de l'horaire flottant n'avaient pas encore animé  les couloirs.

 

Coutumier de prestations matinales, je m'en occupai avec attendrissement, elle me paraissait si menue, si frêle et fragile.

 

Son excitation m'inquiétait bien un peu :  elle n'arrêtait pas de babiller comme une enfant... et de chanter toutes sortes d'airs de sa jeunesse.

 

Elle finit par accompagner mon premier visiteur que son joyeux badinage avait allumé dans les yeux et étiré, aux coins des lèvres, un discret sourire.

 

Elle s'est ainsi trimballée toute la journée d'un laboratoire ou d'un bureau à l'autre.   Par ma porte entr'ouverte,  je pouvais localiser l'endroit où elle se produisait, tellement ses chants et son discours suscitaient des rires et des applaudissements.

 

Au restaurant, une cour « amusée » se groupa à sa table, ce qui l'excita beaucoup,...  nous avons tous fini par l'écouter : jamais dans sa modeste vie elle n'avait connu autant de succès.

 

Peu de temps après, on m'annonça qu'elle s'était pendue à une poutre de son grenier....

 

Aux portes de l'enfer

Ils  sont agenouillés.

Ils ouvrent les yeux amers

Des lâchés d'un Dieu absent.

 

Condamnés car innocents,

Ils crient vengeance au monde

Qui les a abandonnés.


Ils traînent en désespoir

Un cœur balourd et sourd.

 

Ils abominent les jours,

Ils exècrent les nuits :

Ils ont perdu l'amour.

 

Ils ont vu la haine

Au seuil de leur folie.

Ils ont jeté l'eau sale

De leur vaste étang mort.

 

Ils se sont enfoncés

Dans un ciel de soupirs,

Ils ont croisé des oiseaux  noirs

Et se sont couchés pour un dernier soir.

 

 

Les lignes qui précèdent interpellent douloureusement.  Des nausées de révolte montent du plus profond de l'être sensible.  Pour peu qu'ils aient un peu de sens humain, des hurlements d'impuissance raclent le fond de la gorge des plus indifférents.  Si l'existence a un sens, quelle explication donner à cette fin de vie dans la torture ?

 

Aucune, vraisemblablement !  Toutes les croyances s'efforcent de justifier la souffrance physique  (ne parlons pas de la souffrance morale ou psychique qui est un réflexe ou une conséquence de l'intelligence)  qui, pour certaines, serait la punition d'une prétendue première faute d'orgueil, sanctionnée impitoyablement jusqu'à la fin de l'humanité et qui ne serait pas levée malgré son rachat par un Dieu fait homme.

 

Pour donner un sens à cet état, adversaire du bonheur, les religions inventeront la « résignation » .

 

 

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27/04/2010

Ch. 23 b - Les nouveaux martyrs.

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère à la fin de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur DOSSIERS (à droite).  La tables des matières avec repères est à la fin de la liste.

 

Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui ont permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

 

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Ch 23 b - les nouveaux martyrs

 

J'aimerais, ami lecteur qui m'accompagne encore, maintenant que je m'enfonce dans un chapitre essentiel de mes souvenirs,... j'aimerais te raconter des histoires tristes, des moments durs voire insoutenables, révoltants parce qu'injustes, inexplicables sans l'excuse du hasard ... !

 

J'ai assisté, bras ballants, à la fin  d'êtres sensibles, réussites  de l'évolution des humains, modèle d'une civilisation d'amour rêvée par certains, exemple d'abnégation ou de « sacrifice »... qui  subiront devant mes yeux atterrés le sort le plus injuste et le plus atroce qui soit et la torture morale et physique que le plus coupable et plus immonde des assassins sadiques ne mériterait pas.

 

« Les desseins de Dieu sont impénétrables » disait-on dans mon catéchisme, tellement ajouterai-je maintenant qu'ils en deviennent absurdes.

 

Il y en avait deux qui l'aimaient ce Dieu, qui y croyaient avec grande intelligence, qui méritaient son amour, qui étaient digne d'être de ses élus privilégiés ... !

 

Lui se prénommait Jacques et son nom c'était André.  Jacques et André, des apôtres que Jésus de Nazareth aimait bien.  Elle portait le lumineux prénom de Claire.

 

Il était enthousiaste, une vision de lumière, une conviction de zélateur.... Brillant docteur en science, il était écouté, respecté par tous ses collègues qui s'inclinaient devant la pertinence de propos qu'il défendait avec une chaleur et une conviction que soutenaient des yeux que seul un chrétien comme lui pouvait faire briller.

 

Elle a consacré sa vie aux enfants sourds. Elle a la voix chaude de celle qui adoucit la souffrance comme un baume.  Quand elle parle de « ses » enfants perdus dans leur monde vide de sons, le monde du silence, sans chant d'oiseaux, sans murmure des sources, sans accords profonds sortis de grandes orgues.... sa voix se couvre mais s'anime, elle devient vibrante mais dure...  c'est un appel vers une aide lointaine...  c'est un cri qui vous saigne le cœur...

 

C'est elle que le « destin » a  « choisi ».  C'est elle qui assistera, impuissante et résignée, mais courageuse, à la lente dégradation de ce cerveau magnifique, c'est elle qui lui tiendra les mains, avec le courage de ses beaux yeux d'espoir accrochés à ce regard d'oiseau qui meurt.

 

Ami lecteur, viens avec moi, dans cette maison du bonheur, écoute pépier leurs deux enfants dans cette villa de « poupée » !  Viens ouvrir des volets sur un décor de carte postale !

 

A la chambre de l'étage, dans la cretonne bleue et le vert de l'espoir, deux cœurs sont enlacés, l'un se meurt avec le courage du martyr qui va retrouver ce Dieu qui lui est dû, l'autre va reprendre sa route, ses deux petits à la main vers  « ses » enfants du  « silence » qui mendient son sourire comme seule mélodie.

 

Le ciel était trop bleu

Le ciel était dur,

Il n'aimait pas les amoureux.


Le ciel se voulait pur et sans tache

Mais il crachait sur ses dieux,

Le ciel n'aimait pas les nuages lourds

Mais les traînait dans ses lieux.


Le ciel était plus atroce

Que les gnomes et la sorcière,

Car les âmes des enfants tristes

Au ciel, hurlaient leur prière.


Le ciel était d'aigles amers,

De vautours et de corbeaux :

Le ciel était trop bleu,

Le ciel était dur,

Il n'aimait pas les amoureux.

 

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Une des missions les plus difficiles et les plus délicates que doit jouer le responsable du personnel est incontestablement celle qui consiste à accompagner  humainement ceux que le destin plonge dans la maladie grave et la mort et ensuite celle d'assurer un relais digne et discret avec sa famille.

 

Je me suis efforcé de le faire avec les petits moyens de ma formation disparate d'autodidacte.  Cet accompagnement pèse sur les épaules,  il burine les traits, il voûte le dos... ;  on en gardera toujours les traces comme d'une très vilaine blessure mal cicatrisée.

 

Les trois « histoires tristes » qui vont suivre seront celles du courage héroïque,  du sublime de la volonté, de l'espoir impossible, de la dignité absolue...  On serait glorieux d'être de cette trempe-là...

 

A Labofina, Henri Debus, était le « Patron » du département Raffinage.  C'était un flamand solide et intelligent.  Ouvert et souriant, il était apprécié de tous, collègues comme inférieurs.

 

Un destin tragique le guettait, un cancer des os qui le rongera lentement et le tuera sûrement... : trop long calvaire d'un homme courageux qui ne se plaindra jamais et qui luttera toujours, atrocement conscient d'une fin qu'il savait inéluctable.

 

Comme tous les damnés d'un désordre cellulaire qui atteint surtout les organismes vigoureux, il subira les lents traitements de prolongation qui ralentissent un mal sans le guérir, tout en anémiant les constitutions les plus robustes.

 

On ne peut s'empêcher de penser aux torturés de l'histoire pour leur foi ou leurs convictions qu'on maltraitait cruellement tout en les maintenant suffisamment en vie pour obtenir des reniements ou des aveux ; les cancéreux du vingtième siècle, entre les mains de leurs involontaires bourreaux, eux, n'auront pas la gloire des héros du passé.

 

Ce sera ce terrible sort que subira ce malheureux collègue. Rien ne lui sera épargné.  Bagarreur, son corps soutenu par sa volonté dure de lutteur,  endurera les plus terribles amputations.

 

On ne réalise pas l'importance d'un talon absent parce que le mal l'a rongé :  il est essentiel à l'équilibre.  Il faut lentement, patiemment et difficilement,  réapprendre à marcher, si c'est encore possible.

 

Pauvre ami courageux, dont j'entends encore la béquille scander un pas incertain dans un couloir atrocement sonore.  Sublime collègue, qui s'effondrait en souriant sur un siège devant ma table de travail.... et qui avait la dignité de ne jamais se plaindre.

 

Il a tenu ce qu'il a pu... ;  son absence ensuite se prolongea...  J'allais le voir et soutenir une famille courageuse.... : une épouse et des enfants qu'il galvanisera jusqu'au dernier jour....

 

Cette histoire grave et courageuse, je tiens à l'enserrer avec respect dans l'écrin du plus important chapitre de mon livre pour en retrouver deux autres aussi dures, aussi courageuses, aussi navrantes...

 

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Rien ne pouvait préparer, André Meynaerts, ce petit chimiste discret, fumeur de pipe acharné, à subir un sort aussi épouvantable.  On aimait sa bonne tête de cheveux en bataille, sa moustache à la Brassens et sa bouffarde à la Sherlock Holmes éternellement pendue au coin des lèvres... ;  je le rencontrais souvent dans les couloirs, promenant un nonchalant mais gentil sourire, étiré par la pipe.

 

Célibataire endurci, il m'annonça pourtant son mariage de quadragénaire soudain ensorcelé par une très agréable personne qu'il me présenta avec fierté.

 

Aussi ces deux-là me semblèrent-ils si bien destinés au petit ménage « coco » qui écoulerait une vie sans autres problèmes que de meubler de plantureux loisirs.

 

Mais il fallait compter avec cette satanée destinée qui s'était réservé un mets de choix.  Pour donner à son sourire tout l'éclat que méritaient les yeux de sa dulcinée, il se fit restaurer une denture qui présentait de nombreux absents et quelques chicots noirâtres.

 

Les praticiens firent des merveilles et notre ami fut méconnaissable : des dents d'une blancheur que lorgnerait une marque de dentifrice qu'il agrémenta d'une belle coupe de cheveux et d'une moustache à l'avenant.

 

L'appareillage que les orthodontistes s'ingénièrent à lui placer précipita une prolifération anarchique des tissus buccaux que les résidus carbonisés des bouffées de sa pipe avaient suscité :  le cancer de la langue et de la gorge avait pris insidieusement ses quartiers de conquête et se déclara avec fracas quelques mois après son mariage.

 

J'ai assisté au long calvaire de ce pauvre garçon qui pourtant ne perdra jamais ce discret sourire qui me plaisait tant. On lui coupera la langue, torture moyenâgeuse,  on lui ouvrira la gorge pour supprimer le larynx et peut-être une partie du pharynx,  je ne sais plus...

 

Ce qui en restait était dur à voir : à son chevet, je tenais une main qui me pressait,...  je m'accrochais à des yeux qui quémandaient de l'aide.... jamais je n'ai autant éprouvé un tel besoin de soulager... ;  je crois que  jamais plus, je ne ressentirai cet élan d'amour pour  l'être qui souffre, cette soif avide de le soulager... de l'arracher à son supplice...

 

Lui, cependant, restait digne,... Il n'était pas l'épave qu'un tel sort aurait pu laisser,... dans ses yeux aucune colère,... son sourire, son pauvre sourire lointain,... était déjà d'un autre monde.

 

Dans ces moments-là, on réalise l'importance de la démarche des religieuses et religieux, des infirmières et médecins qui tendent des bras de sollicitude à l'ultime calvaire de ceux qu'ils nommeront  « leur frère » ou « leur malade », qui ressentent cet élan « d'amour » et de chaleur affective pour l'être qui se débat au fond de sa souffrance et de son désespoir infini.

 

Son épouse qui l'avait si peu connu fut sublime, entretenant sa mémoire avec une émouvante fidélité.  La suite de cette histoire sera poignante et bouleversante, aussi je ne pourrai  que clamer mon admiration pour cette pauvre femme aimante et douce qui connaîtra si peu le bonheur et qui n'aura d'autres consolations pour accompagner ses jours que des yeux très doux de martyr et un pauvre sourire lointain, ... aussi  lointain que s'il venait d'un autre monde....

 

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Le hasard a voulu que les acteurs de ce florilège d'actes héroïques qui illuminent de leur éclat ces passages de mon récit en soient les plus représentatifs de notre société actuelle :  patrons ou managers, employés et techniciens de tous niveaux ou encore simples exécutants, telle pour terminer, la relation de la douloureuse fin de ce spécialiste de la mécanique des moteurs à explosion ou compression qui en connaissait tous les secrets.

 

Willy Van Steenberghe faisait partie de l'équipe qui surveillait le bon déroulement des essais sur banc d'engins de tout genre dans lesquels notre société testait ses produits (carburants et lubrifiants) en les mettant au point, les démontant et remontant sans cesse pour en réserver les pièces témoins.

 

Il était beau, grand et fort, un vrai physique de play-boy  : une chevelure naturellement frisée avantageait des traits à la Jean Marais.  C'est sur ce bel athlète que l'infâme rongeuse se jeta avec un appétit que justifiait la qualité remarquable de ses tissus cellulaires.

 

Mais il se défendit bien, le pauvre, avec l'énergie physique du costaud.  Ce fut atroce, j'en ai encore froid dans le dos.

 

On l'avait enfermé dans un lit-cage capitonné pour l'empêcher de s'échapper et de se blesser  ; il en avait tordu les barreaux à force de s'y agripper comme un animal pris au piège. Je n'oublierai jamais ces yeux de titan qui lutte dans sa fosse contre la bête immonde.

 

Pas de désespoir dans son regard, rien qu'une détermination de lutteur avec pourtant au fond de la gorge, une souffrance infinie qu'il maintenait, les dents serrées, le visage tendu et qu'il manifestait de temps à autre par un court, mais puissant râle.

 

C'est ce taureau dans l'arène qui accrochait mon regard de ses yeux voilés d'animal terrassé, c'est ce beau et souriant garçon, si aimable et gentil qui maintenant gisait dans sa cage, recroquevillé comme pour se défendre...et qui attendait de moi qui représentait le pouvoir, je ne sais trop quel miracle...

 

C'est ce joyeux compère d'une bande de copains qui faisait la renommée de son département « Moteurs » que le malheur avait choisi comme cible... et que moi je regardais, les bras pendants, avec au ventre une angoisse infinie d'impuissance.

 

Son supplice fut de courte durée, le mal eut raison de sa constitution vigoureuse.  Il abandonnait une famille désemparée mais une veuve courageuse qui défia son destin avec des moyens insuffisants qu'elle s'efforça de palier avec courage et détermination.

 

-----


Je tiens beaucoup à terminer ce passage douloureux de mon livre par un hymne à la gloire de ces êtres que le « destin » à livrés au bourreau, à leur patiente détermination dans un combat inutile, mais aussi à la bravoure des veuves qui continueront après eux ce difficile combat contre l'adversité.

 

 

HYMNE AUX SUPPLICIES DE LA VIE.

 

Leurs yeux buvaient le jour

Leur âme chantait l'hirondelle.

Leur cœur rêvait d'amour

Le soir, quand brûlait la chandelle.

 

Tous les loups du mal,

Hyènes et chacals

Charognards et vautours

Ont flambé des yeux lourds,

Pour hurler la mort,

La mort tirée au sort.

 

L'hydre aux cruelles têtes

Se  fit rongeuse de vie

Et de chair, tout en quête,

Comblera ses envies.

 

Les suppliciés du sort

Se tordent dans la mort,

Les héros du courage

Défient leur ciel de rage.

 

L'épouse est à leurs pieds,

Les deux poignets liés.

L'épouse a les yeux lourds

De ses sommeils trop courts.

 

Son cœur déchiré meurt,

Ses yeux sont vides au soir,

Car la nuit, son corps pleure :

Son âme prend le noir.

 

Douloureuse terre des hommes

Qui ne peut sortir de son somme

Pour aller crever ses nuages

Et inonder ses tristes plages

Du baume de paix que les dieux

Ont dit se trouver dans leurs cieux.

-----

 

 

 

 

23/04/2010

Ch. 23 a - Bonheur, souffrance et fin

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

__

Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère à la fin de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.


Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui ont permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

__

 

Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.


(Ceux qui désirent consulter la table complète des matières et des repères

cliqueront sur DOSSIERS (à droite – La table des matières est à la fin de la liste).


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(23 a)  BONHEUR, SOUFFRANCE ET FIN DE VIE.


{1} Bonheur et souffrance qu'on considère comme antagoniques sont pourtant intimement liés. Dès les premiers instants de son existence, l'être vivant livre un combat pour la vie qui élimine les plus faibles au profit des plus forts.

 

Cette bagarre dans un milieu hostile ne va pas sans inconfort physique subi à des degrés divers de tolérance.  C'est la « souffrance » prise dans son sens étymologique strict, du latin  sub(sous) et ferre(porter) avec le même sens que supporter qui vient de sub et portare.

 

Il semblerait que, pendant sa portée, la mère des mammifères neutralise cette réaction de « douleur »  chez son petit en l'encaissant à sa place, grâce au milieu amniotique dans lequel elle l'a placé, sollicitude qu'on ne retrouverait pas chez les ovipares et même les ovovivipares (éclosion  interne de l'œuf, comme chez la vipère).

 

Dès que l'être vivant, quel qu'il soit, pénètre dans son milieu « naturel » par sa naissance, il est environné d'agresseurs de tous genres, évolués ou si besoin en est, adaptés à coup de mutations.

 

Chez certains, surtout, semble-t-il, les êtres à sang chaud qui la subissent à des degrés extrêmes, ce combat ne va pas sans l'inconfort physique de la souffrance qui devient donc un phénomène primordial conditionnant leur existence. La souffrance physique a été inventée par la nature pour servir d'avertisseur d'atteinte à l'intégrité physique et ainsi protéger l'organe menacé.  La souffrance morale sera "inventée" par l'homme dès que son cerveau développera la conscience de son individualité suscitant l'insatisfaction résultant de l'appréciation de son sort.

 

Antinomique ou contradictoire de cet état, le bonheur, quant à lui, sera l'aboutissement d'une quête obsessionnelle de « non-souffrance », de parenthèse fugace dans notre cheminement  douloureux pour subsister dans un milieu hostile et peu propice à réaliser les aspirations que notre "intelligence" nous révèle.

 

Que sommes-nous donc, nous,  ces êtres à sang chaud, vertébrés supérieurs et mammifères évolués, de l'ordre des primates dans le sous-ordre des anthropoïdes et de la classe des  hominiens ?

 

Fragiles et vulnérables, nos petits sont portés en gestation et naissent incomplètement formés.

 

Nos ancêtres, les primates, et parmi eux ceux qui furent isolés suite à la fracture du Rift Valley ou pour d'autres raisons, se sont redressés sur les pattes arrières pour voir le danger au-dessus des savanes déboisées ou maintenir dans leurs bras la charogne qu'ils chapardaient aux prédateurs.

 

Devenue habituelle,  cette position les amènera à la marche et à la course, mais n'autorisera pas un agrandissement suffisant du bassin féminin, pour laisser passer la tête du fœtus à terme, qui avait pris de l'importance suite au grossissement du cerveau développant l'intelligence.

 

C'est, semble-t-il, ce qui a forcé nos ancêtres parturientes à mettre au monde des prématurés, compromis sans doute dangereux pour sa progéniture, alors que son cerveau  n'est pas encore complètement formé.

 

Dès la conception, nous nous trouverons à l'origine du lent processus de maturation physique et psychique de notre moi qui bénéficiera ensuite du bain de l'environnement éducatif  propre au milieu de nos géniteurs, nous permettant ainsi de construire notre personnalité. Il faudra quinze à vingt ans pour y parvenir dans notre contexte occidental.

 

Pendant cette lente « gestation », nous allons « apprendre » le bonheur....  Mais oui, le bonheur ça s'apprend, ça se cultive, c'est un art...difficile... très difficile même. Il est tellement fugace que certains ne le perçoivent jamais... et le cherchent vainement.

 

Il est tellement précieux et fragile qu'il faut le ménager, le protéger des fantaisies du destin et de la méchanceté des autres, de l'envie de ceux qui n'ont pas pu ni su le garder ou le trouver.

 

Nous le rechercherons dans un autre monde ou il serait éternel et complet, auprès d'un Dieu que nous inventerons s'Il n'existe pas.

 

L'intelligence que nous avons développée refuse désespérément que notre pensée ne soit qu'un mécanisme performant que l'évolution a patiemment mis au point en lui donnant les moyens d'être exprimée d'abord par la parole et par la suite transmise par l'écriture, le livre ou d'autres supports artificiels.

 

Nous refusons que les réalisations de l'être humain, ce descendant de l'homo sapiens, si subtiles et raffinées, si géniales dans leur complexité et leur diversité ne soient que le résultat d'un mécanisme cellulaire performant dont l'origine se situerait dans « la nuit des temps » et qui ne nous soit parvenu qu'à force d'échecs, d'erreurs, de cataclysmes,  de misères, de souffrances, de recommencements....

 

Nous n'acceptons pas que tout cela n'ait été obtenu qu'avec la patience du temps, du hasard et de la « chance » de la vie, à coup de millions et de millions d'années « d'existence » au seuil de l'anéantissement.

 

Nous avons inventé l'âme : cette image de Dieu. Celle qui, indépendante de notre corps, irait Le rejoindre dans la « plénitude céleste ».  Cette âme connaîtrait le bonheur éternel dans sa  « contemplation » du « Très Haut », alors que l'absence de cette « Béatitude » constituerait l'enfer du malheur éternel.

 

Tout ce que je viens de développer m'a hanté depuis toujours..., comme me tourmente en me harcelant l'angoisse des vivants à la pensée du destin douloureux qui les attend et qui attend ceux qu'ils aiment ... ?

 

Comment comprendre, justifier la souffrance, la séparation...et surtout : LA MORT..... ?  Et le problème métaphysique que celle-ci posera toujours :    est-elle la fin de notre existence ?

 

Dans les lignes qui suivront, je vais progressivement aborder, à la lumière de l'expérience que j'en ai, tous les aspects du bonheur et de la souffrance et de cette fin d'exister des humains, mais aussi oser certaines considérations sans doute discutables qui me sont venues à l'esprit.

 

Elles interpelleront d'autant plus qu'elles seront étayées par la relation de belles histoires vécues, sublimes, dures, héroïques ou insoutenables qui m'ont marqué l'âme au fer rouge.

 

Dans mon existence, comme chacun, j'ai été marqué par la disparition de certains proches avec lesquels  j'avais de grandes affinités.  Je leur réserverai cette première partie en témoignage de l'affection que je leur ai toujours portée.

 

Je commencerai avec bonheur par la belle histoire d'un homme que j'ai beaucoup aimé parce qu'il était simple, beau et clair comme les oiseaux, ses amis.

 

Il se penchait sur les fleurs et les roses, ses mains burinées les caressant doucement.  Il sifflotait, un éternel mégot éteint collé à la lèvre. Les fleurs le connaissaient bien et se laissaient cajoler en sirotant lentement du soleil.

 

Les oiseaux l'entouraient, vifs et graciles, surtout les mésanges qui aimaient le voir travailler : elles l'observaient d'un œil de côté, tout en guettant le fer de sa bêche qui leur dénichait de succulents vermisseaux.

 

C'était le prince des fleurs ; elles lui faisaient une cour empressée en lui offrant leurs plus belles collerettes. Penché sur leurs parterres, il leur jetait un regard attendri en ameublissant leur sol de ses doigts enfoncés tout en rangeant doucement leurs radicelles.

 

Aux chantres du ciel, il construira dans son jardin de grands palais-volières où ils s'ébattront en faisant vibrer l'azur de leurs trilles passionnés.

 

Il leur chuchotait à l'oreille de gentilles choses en glissant dans leurs barreaux-fenêtres toutes sortes de friandises : carottes, plantain, séneçon, graines de millet et pour les insectivores des petits vers de farine.

 

Il enchantait de sa présence heureuse notre écrin champêtre, nous accompagnant à toute occasion.  Nous aimions sa silhouette inclinée, se découpant à l'horizon des champs, dans une pause habituelle : coude gauche appuyé sur un genou pour soulager le dos, main droite experte et habile sarclant, nettoyant, binant cette matière merveilleuse de vie nutritive faite de terreau, d'humus, d'engrais et autres substrats que, avant lui, des jardiniers avaient patiemment et amoureusement constituée au fil du temps.

 

Tout lecteur attentif à la relation précédente de mon histoire aura bien vite compris que ce poète des fleurs et des oiseaux ne pouvait être que mon beau-père que j'aimais avec attendrissement et qui a transmis à mon épouse son amour des plantes et des beaux jardins.

 

Octogénaire depuis cinq ans, on le croyait capable de défier le temps malgré une angine de poitrine qu'il dominait sans se plaindre.  Il entra en clinique pour soigner un problème bénin de prostate et subir une intervention chirurgicale assez légère.

 

Tout se passa très bien, l'intervention fut une réussite et son séjour ne devait être que de courte durée.  Il avait retrouvé l'atmosphère de chambrée qu'il avait si bien connue pendant les huit ans que durèrent son service militaire, la guerre des tranchées de 14/18 et l'occupation de l'Allemagne.  Aussi, quand on allait le voir, l'entendait-on de loin blaguer ses compagnons de lit et d'infortune !

 

Est-ce cette excitation et cette exubérance qui brisa son cœur ?  Toujours est-il qu'il s'est endormi joyeux, la nuit du douze novembre 1977, pour ne plus se réveiller, comme s'il avait, la veille, trop fêté l'anniversaire de l'armistice.

 

Nous avons tous pleuré cette séparation qui nous sembla si cruelle et brutale.   Mais nous cultivons avec émotion sa mémoire en nous rappelant tant et tant de souvenirs attendris.

 

Les fleurs se mirent à chanter,

Les oiseaux se mirent à fleurir,

Le ciel se pâmait de couleurs,

Les champs se doraient d'été.

 

L'ombre de l'ami des fleurs

Caressa les plumes des oiseaux,

Les oiseaux se mirent à chanter

Les fleurs se mirent à rêver.

 

L'ombre de l'ami des oiseaux

S'étendit sur les jardins,

Les fleurs l'ont embrassée

Les oiseaux se sont endormis.

 

Le rêve de l'ami des fleurs

Flottera encore longtemps

Parmi les branches et les parterres,

Avant de monter très haut

Dans les nuages et dans le ciel.

 

-----

 

Il était grand, il était fort, il était beau, c'était un passionné de ciel, un frère de Mermoz et de Saint-Exupéry. Au baptême, il avait reçu le nom de Joseph, en souvenir de son oncle tué à la guerre de 1914, mais tout le monde l'appelait « Jo ». Jeune homme, il avait combattu dans la résistance et dès la libération s'était engagé dans la célèbre Royal Air Force (RAF) qui contribua si efficacement à la défaite allemande.

 

Dans son «spitfire » si réputé avion de chasse de l'époque, il se rendit célèbre dans sa région en démonstrations de cabrioles et figures aériennes, à l'insu souvent de ses supérieurs.

 

Alors que son « team » de chasse était caserné non loin de la ville de Diest, en Campine limbourgeoise, célèbre par sa bière, il s'éprit d'une bien jolie jeune fille, Lily Gemoet, qu'il épousa.

 

Durant la guerre 40-45, héroïque, cette jeune personne se distingua en servant dans la « Résistance » (groupe clandestin de lutte armée contre les Allemands).  Son frère aîné en était l'un des chefs et fut malheureusement dénoncé dans les derniers jours de l'occupation par des traîtres à leur pays, « collaborateurs » des envahisseurs, puis fusillé par l'occupant.

 

Une haine féroce s'était établie entre les deux camps, divisant les familles dans un climat de drames et outrances shakespeariennes : dénonciation, vengeance, meurtre... !

 

Son père fut emmené en captivité à Buchenwald puis à Dora, ces tristement célèbres camp de la mort d'où il ne sortira qu'amoindri et malade.  Son plus jeune frère qui n'avait alors qu'une douzaine d'années ne se remettra jamais des scènes auxquelles il assista, ni aux sévices qu'il subit lors des fréquentes fouilles que sa famille dut endurer.

 

Elle-même, héroïne d'une geste de cette époque, parvint à camoufler lors d'une perquisition, un document compromettant qu'elle avait pu arracher de sa machine à écrire.

 

Malgré la libération du pays par les troupes alliées, elle ne connaîtra pas de répit et dut s'éloigner de la région, pour échapper à la haine meurtrière qui animait certains collaborateurs.

 

Cette épopée dure, authentique et douloureuse nous fut racontée pour la première fois, il n'y a pas bien longtemps, un soir d'été, dans la petite maison en torchis de Mesnil-Eglise, berceau de mes ancêtres maternels, vieille de plusieurs siècles, qu'elle avait rachetée en mémoire de celui qui fut son héros et qui mourut accidentellement à la suite d'une mauvaise chute de vélo qui lui fracassa le crâne.

 

Ainsi va la destinée, il avait évité tous les dangers qu'encourait le pilote audacieux qu'il fut toujours.  La malchance, la fatalité : une distraction lors de la traversée d'un passage à niveau, des rails de chemin de fer qui coincent une roue avant, une chute sur la tête que n'a pu parer une main malencontreusement prisonnière d'une poche revolver qui allait le ravitailler en sucre et ce fut le drame...

 

Ma courageuse cousine, une fois de plus, releva la tête, surmonta de graves problèmes de santé qu'elle dut subir ensuite, et, sublime dans l'adversité,  fit de ce témoin de l'histoire de ma famille maternelle, la maison-souvenir de celui qui fut son héros des ciels.

 

Les liens familiaux qui existaient entre nos deux couples furent toujours privilégiés que ce soit par la grande affinité de cœur qui s'y manifestait concrétisée par le parrainage de nos enfants : la cadette chez eux et notre premier-né, Patrick, chez nous.

 

Ces sentiments partagés nous poussèrent à nous rapprocher ;  c'est ainsi que nous leur trouvâmes pas bien loin de notre « bonbonnière » une grande maison confortable que notre propriétaire venait de libérer.

 

Ce voisinage et le parrainage de nos enfants nous amenèrent à les rencontrer souvent et partager avec eux les joies des grandes fêtes de famille.

 

A ce propos, je me souviendrai toujours de la communion de ma filleule Anita pendant laquelle, au cours d'une cérémonie religieuse (le salut) de tradition à l'époque qui survenait après un repas de fête et que, pour fêter çà, j'avais bien arrosé avec mon cousin, je dus me cramponner à ma chaise d'église pour empêcher le plafond et les saints de nous basculer sur la tête.  Je regagnai voitures et logis en me demandant comment les marins s'en tiraient pour maîtriser tangage et roulis.

 

C'est dire aussi combien de moments précieux de bonheur simple nous échangeâmes dans la douceur de rencontres paisibles et dans l'ambiance tiède de nos foyers,  les deux cousins s'affrontant en joutes épiques de jeu d'échecs (j'étais toujours battu, tellement il était fort) pendant que les épouses, en parfaite harmonie de goût, d'ouverture intellectuelle et d'aspirations familiales partageaient leurs impressions.

 

Tel l'albatros, il dominait les nues,

Elle se cachait dans l'ombre de la nuit,

Quand lui défiait le soleil qui luit,

Pendant qu'il survolait les avenues.

 

Elle avait tremblé des regards cachés,

Des cris des soudards et des bruits de bottes,

Pour lui c'était l'ivresse en rase-mottes,

L'angoisse au ventre entre deux clochers.

 

Elle adorait son maquisard

Dévalant les champs et les bois,

Et rêvait de ce grand gaillard

Qui dans le ciel narguait les toits.

 

Il s'est enfui dans les nuages

Pour mieux lutiner les oiseaux,

Puis s'est réfugié dans les roseaux

De son paradis pour enfants sages

 

-----


C'était un beau dernier week-end du mois d'août 1979.  Radieux, le temps s'était endimanché et la campagne souriait aux blés d'or qu'un léger souffle de fraîcheur berçait doucement.

 

Mon beau-frère Gérard rentrait de vacances et s'était  annoncé, accompagné de son épouse et de sa fille.  Tous les ingrédients étaient donc réunis pour se mitonner une très agréable journée dans la détente d'une fin de congé qui avait permis à tout le monde de recharger les accus.

 

Gérard était particulièrement joyeux et se plaisait à taquiner mes enfants qui l'adoraient. Il les aimait beaucoup, les enfants et les jeunes dont il s'était toujours fort occupé en tant que dynamique dirigeant d'un mouvement de jeunesse.

 

Très boute-en-train, il savait animer les groupes en chantant d'une très belle voix des rengaines pour jeunes ou à la mode, en les accompagnant d'une guitare qu'il grattait agréablement.

 

En fin de journée, je ne sais trop pour quelle raison, il s'éloigna de l'endroit où nous étions tous réunis.  Ne le voyant pas revenir, je partis à sa recherche et le trouvai pensif dans la grange.

 

La porte était grande ouverte et il fixait le lointain, très loin la-bas dans les campagnes.  Discrètement, je ne me manifestai pas et me tins à l'écart.

 

Je devinais son regard devenu triste, je percevais ses épaules alourdies par je ne savais trop quelle angoisse. Il fixait le ciel comme pour le transpercer d'inassouvi.   Je crus bon d'intervenir :

 

-          Tu es triste, Gérard !

-          Mais non, mais non... Il se défila et portant son regard vers l'intérieur de la grange, il m'interrogea :

-          A quoi sert cette poutre que tu as placée pas loin de la porte ?

-          A supporter un plancher qui donnera accès à de nouvelles chambres.

 

Je n'avais pas osé insister, respectant sa pudeur.  Il était très secret et ne se confiait pas facilement.   Pourtant, dans le passé, nous avions partagé certaines confidences à une époque où, ainsi que je le racontai par ailleurs, nous profitions de la proximité qui existait entre nos lieux de travail et le club de jeunes que nous fréquentions, pour nous y rendre directement.

 

Nous arrivions ainsi beaucoup trop tôt avant l'ouverture, ce qui nous  donna l'occasion de copiner, de nous découvrir de nombreuses affinités et de devenir de vrais amis.

 

Quand, plus tard, je m'épris de sa sœur, il s'en est bien sûr réjoui, mais ne put s'empêcher de dire : « J'ai gagné un beau-frère, mais j'ai perdu un ami ».

 

Je ne sais pas pourquoi, mais il m'a semblé, ce jour-là, que son âme étouffait, qu'il éprouvait un besoin d'inaccessible et peut-être lui aussi de voler très haut comme « Jo » mon cousin l'aviateur.

 

Pourtant les dieux l'avaient comblé de l'amour le plus passionné, le plus exclusif qui soit, cet amour surdimensionné de celle qui l'a placé dans les nuages de ses rêves et que ses yeux ne cesseront de rappeler.

 

Il l'avait découverte lors de ce « fameux » voyage aux Baléares où « Eros » en pleine forme s'était déchaîné en décochant ses meilleures flèches en plein cœur de deux frères et d'une sœur innocemment partis en vacances.

 

De plus, une petite fille, intelligente, spontanée et vive comme un pinson, s'était pointée en 1961, fruit de cet amour, dans l'atmosphère lourde des problèmes qu'avait occasionnés l'indépendance du Congo.

 

Dans le « clan » de mon beau-frère, constitué d'une petite dizaine de parents et alliés sans enfant, elle sera la princesse que tous verront grandir et s'épanouir avec dévotion.

 

C'est dire qu'on ne pouvait imaginer contexte plus favorable au bonheur  que cette composante familiale, mais peut-être rêvait-il, dans cette grande solitude champêtre, pour sa femme et son enfant, aux  très grands espaces de ses idéaux de jeunesse.

 

Nous terminâmes cette journée dans une chaude ambiance de retrouvailles familiales et de particulière gaieté.

 

Le lendemain, il avait encore congé et il enfourcha sa bicyclette pour une balade, comme il le faisait depuis quelque temps.  En cours de route, pris de malaise, il se fit ramener chez lui en taxi.  Ensuite, il perdit connaissance et les médecins appelés d'urgence, après une tentative qui le ranima un peu, ne purent plus rien pour lui.

 

Lui aussi est mort sans le réaliser. On dit que c'est une belle mort.  Mais, quelle indescriptible souffrance, quel déchirement pour ses proches, surtout son épouse qui souffrira cruellement de cette absence irrémédiable, du vide de sa présence, du désarroi des premiers temps, de l'angoisse d'un souvenir  qui s'estompe, peut-être tempérée maintenant par la présence affectueuse des deux petits-enfants que sa fille lui confiera souvent.

 

Je tenais à raconter cette histoire en lui réservant la place qui lui revient dans ce livre.  C'est la si belle, mais pathétique histoire d'un amour exclusif et entier, aussi profond que l'éternité.  C'est la si grande, mais si tragique histoire d'une amante qui pleurera éternellement son Roméo.

 

Il était blond comme du soleil

Qui se couche dans les blés.

Elle aimait son sourire.

 

Elle se baignait dans ses  yeux bleus

Qui tendrement l'enveloppaient.

Elle aimait son sourire.

 

Elle se couvrait de ses fines mains

De ses longs doigts de musicien.

Elle aimait son sourire.

 

Elle écoutait chanter sa voix

Quand il l'accompagnait de sa guitare.

Elle aimait son sourire.

 

Elle aimait son sourire

Quand le soir, il l'endormait

Dans ses bras d'amant tendre,

Epris de grands espaces

Pour son cœur trop grand,

Trop grand de grand ciel bleu.

 

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20/04/2010

Ch. 22 r3 - Diaspora et Israël

 

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

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de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

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Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.


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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

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situés au début de certains paragraphes

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Ch. 22 r3 - Diaspora et Israël

 

La « Diaspora juive », débuta après que les Romains eurent maté les juifs de Palestine qui s'étaient révoltés en détruisant leur temple de Jérusalem et en les dispersant, en 70 après J-C, après avoir détruit leur temple.  Au paravent, une Diaspora avait eu lieu également au VI ème siècle avant J-C, lors de "l'Exil".

 

Les chrétiens ensuite persécutèrent ceux qui ne s'étaient pas convertis pour atteindre, à la dernière guerre, le paroxysme de l'extermination avec l'assassinat de plus de cinq millions de juifs par les nazis d'Hitler.


En réparation, les nations victorieuses aideront « ces maudits de l'histoire » à reprendre possession de la terre de leurs ancêtres, tout en créant, avec les problèmes de déplacements de populations palestiniennes, un chancre de l'histoire contemporaine difficilement guérissable.

 

Pendant des siècles, eut lieu ce que les juifs appelaient « l'aliyah religieuse ». Aliyah est un mot hébreux qui signifie ascension ou élévation spirituelleIl s'agit donc d'un acte d'immigration sainte en terre d'Israël, considérée comme Terre de Dieu (Jahvé).


Cette Aliyah ne fut d'abord qu'individuel ou par petits groupes :  en 1881, il y avait environ 25.000 juifs religieux dans les villes de Jérusalem, Safed, Tibériade et Hébron.

 

A partir de 1881, apparaît une nouvelle immigration de juifs laïcs (sionistes) dont le but sera de créer un état pour le peuple juif en Palestine.  Cette mouvance constituées d'émigrants fut difficilement tolérées par les gouvernements ottomans (jusqu'en 1918), ensuite par les britanniques (jusqu'en 1948), provoquant l'hostilité des populations locales.

 

Pendant la période ottomane, il y a eu deux Aliyah  la première (1881-1890) verra l'entrée d'une vague d'émigrés russes (10.000) et la création de l'Hébreu moderne (langue) par Eliezer Ben-Yehuda et pendant la seconde (1903-1914) 30 à 40.000 émigrants russes dont David Ben Gourion, fonderont  Tel-Aviv (1909) et les premiers Kibboutz (vie rurale et collective) au lac de Tibériade.

 

Pendant la période britannique eut lieu la troisième Aliyah (1919-1923) 35.000 émigrants est-européens ; la quatrième Aliyah (1924-1928) amène 80.000 émigrants polonais chassés par les mesures anti-juives du gouvernement de Varsovie, cependant une crise économique avec chômage important de 1926 à 1929 provoquera le départ de certains émigrants ; la cinquième Aliyah (1929-1939) verra l'afflux migratoire de 180.000 juifs d'Europe centrale orientale à régime antisémites (40.000 d'Allemagne et d'Autriche).

 

Entre 1939 et 1948, se produisit l'Aliyah de la seconde guerre mondiale avec environ 80.000 émigrants, surtout clandestins, principalement entre 1945 et 1948.  Création du  « Mossad Aliyah Beth » branche clandestine parce que interdite par les britanniques.

 

De 1948 à 1952, la population de l'état d'Israël double (700.000 juifs débarquent, survivants du génocide et en provenance des pays arabes, parfois dans le cadre d'opérations de transferts massifs du Yémen ou de l'Irak).

 

De 1956 à 1966, seconde vague de 500.000 personnes avec une majorité de juifs orientaux suite aux conséquences de la guerre israélo-arabe de 1956. 250.000 juifs nord-africains (la moitié de ceux de ces régions) fuient une vague anti-juive dans le Maghreb français après l'indépendance de la Tunisie, du Maroc et de l'Algérie.

 

De 1967 à 1969, petite vague de 50.000 personnes suite à la guerre des six jours en 1967 et de la défaite des armées arabes.


De 1970 à 1979, 400.000 soviétiques et aussi occidentaux, surtout des ultra-orthodoxes (karedim) ainsi que des sionistes religieux.

 

De 1982 à 1985, exode de juifs d'Ethiopie, d'Amérique et de France, dont beaucoup de religieux.

 

De 1990 à 2005, un million de juifs ex-soviétiques et le reste des Éthiopiens ainsi que des occidentaux souvent religieux.

 

En 2005, ces flux migratoires vont amener la population juive en Israël à presque 5.300.000 personnes.

 

Les juifs recensés sur la terre étaient en 1939 au nombre de 17 millions.  En 1945, il n'en restait plus que 11 millions.  Actuellement, ils sont au nombre de 13 à 14 millions dans le monde dont 5 à 6 millions en Israël et autant dans les seuls Etats-Unis.

 

Je ne peux m'empêcher de terminer cette longue démarche  de « justice rendue », sans relever une liste, cependant  succincte, incomplète, avec peut-être quelques cas douteux, des gens célèbres que cette race profonde et intelligente a donné à l'humanité :

 

Musiciens et chanteurs :  Michel Berger, Léonard Bernstein, Patrick Bruel, Charles-Élie Couture,  Bob Dylan ,  Serge Gainsbourg, George Gershwin, Jean-Jacques Goldman,  Benny  Goodman, Félix Gray, Elton  John, Enrico Macias, Gustav Mahler, Félix Mendelssohn-Bartholdy, Yehudi Menuhin, Milton Mezzrow, Elvis Presley (mère juive), Anton Rubinstein, Johann Strauss, Barbara Streisand....

Acteurs : Pierre Arditi, Lauren Bacall, Sarah Bernard, Richard Berry, Michel Boujnah, Patrick Bruel, Charlie Chaplin, Tony Curtis, Kirk Dougles, Peter Falk (Colombo), Gary Grant, Francis Huster, Yves Montand,  Paul Newman...

CinéastesWoody Allen, Milos Forman, Stanley Kubrick, Fritz Lang, Claude Lelouche, Roman Polanski, Steven Spielberg, Oliver Stone,

Écrivains, penseurs, philosophes : Henri Bergson, Gisèle Alimi, Martin Heidegger, Paul Huster, Franz Kafka, Joseph Kessel, Henri Kissinger, Bernard-Henri lévy, Karl Marx, Arthur et Henry Miller, Marcel Proust, Baruch Spinoza, Élie Wiesel, Stephan Zweig...

Scientifiques : Niels Bohr, Albert Einstein, Sigmund Freud, William Herschel, David Lee, Claude Lévi-Strauss, Isaac Newton, Robert Oppenheimer

Beaux-Art :  Marc Chagall, Max Jacob, Modigliani, Camille Pissarro, La mère de Léonard de Vinci aurait été juive....

Politique : Madelein Albright, Léon Blum, Cohn-Bendit, Laurent Fabius, Bernard Kouchner, Pierre Mendes-France, Dominique Strauss-Kahn, Léon Trotsky (Lev Davidovitch Bronstein) Simone Veil, Paul Wolkowitz (conseiller de G.W.Bush)

Divers : André Citroën, Michael Dell (ordinateurs Dell), James Goldsmith (pneus Goodyear), Houdini (magicien), Gary Gasparov (échecs) Baron de Rothschild (financier), Marcel Marceau (mime),

 

J'ai établi cette liste imparfaite, sujette sans doute à être retouchée, en puisant sur le site : « FORUM Alliance : Judaïsme : Juifs célèbres »

 

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C'est par ce retour aux sources de nos cultures, Israël et le Judaïsme, que se termina cette merveilleuse aventure intellectuelle, affective et enthousiasmante des rencontres inter-cultures qui nous permit de découvrir en profondeur la sensibilité des gens d'ailleurs que nous n'aurions sans doute jamais perçue autrement.

Mieux que leurs compatriotes restés au pays, ces messagers des autres mondes auront, au delà de leurs yeux brillants de ferveur, ce regard de nostalgie porté au lointain et cet enrouement de la voix qui s'étrangle aux souvenirs parfois estompés de ceux des leurs qu'ils évoquaient et qui paraissaient si loin.

Quel partage intense de l'émotion ressentie dans ces dialogues entre notre couple et le ou les présentateurs : nous, les écoutant avec attendrissement et grand respect, eux,  passionnés, intensément heureux, intarissables dans leur désir de nous convaincre que leur pays était le plus beau... le plus grand... le plus courageux... mais aussi le plus malheureux... !

S'ensuivirent d'autres contacts informels avec nos enfants, nos familles, nos amis et relations, suscitant un climat d'ouverture, d'accueil et de découverte particulièrement bénéfique à la culture de chacun.

Malheureusement, nous ne pourrons pas poursuivre cette passionnante initiative de réunions inter-cultures, à la suite des accidents de santé qui perturberont ma vie et celle des miens en cette période de mon existence.

Nous n'arriverons pas à trouver la relève qui reprendrait le flambeau malgré les efforts conjugués des gens de la paroisse et ceux de notre entourage, en difficulté de dénicher une équipe disponible qui présenta autant de cohésion familiale, de diversité de culture et d'ouverture d'esprit que la nôtre.

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16/04/2010

Ch. 22 r2 - La Bible

&

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère à la fin de « Dossiers » (colonne de droite) pour obtenir l’appel que j’ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des matière et des repères cliqueront sur DOSSIER (à droite - en dessous) : TABLE DES MATIÈRES ET REPÈRES.

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

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Ch.22 r2 - La Bible

 

Pour bien cerner l'objectif de mon étude, qui est centrée sur l'analyse objective des fondements historiques de nos croyances, j'ai cru nécessaire de rechercher les origines locales de celles-ci.

 

A cet effet, j'ai repris ci-après l'essentiel de ce que les paléontologues, minéralogistes, historiens et archéologues ont découvert concernant  l'histoire des humains dans ces régions (la Palestine), berceau de nos religions.

 

Les fouilles situent au « paléolithique inférieur » la première trace de l'hominidé dans la vallée du Jourdain, il y a plus d'un million d'année et sa fréquentation des grottes à « l'acheuléen supérieur » ; l'homme de Galilée datant d'environ 140.000 ans.

 

Entre le XIe et le IXe millénaire avant J.-C. se développe la civilisation  natoufienne (sans doute nomade) en deux groupes : les ancêtres des peuples de type eurafricain (Palestine, Irak, Iran et Anatolie) et l'ancêtre des proto-méditérranéens.

 

Au  IXe millénaire av. J.-C. des peuplades néolithiques domestiquent plantes et animaux et se sédentarisent en pratiquant agriculture et élevage (outillage en os et mobilier en pierre).

 

Dès le VIIIe millénaire, la ville de Jéricho constitue une des plus anciennes cités du monde. Au VIIe millénaire, apparition de la céramique et autres formes d'artisanat.

 

Le VIe et la première moitié du Ve millénaire sont mal connus. (Peut être dû à des déplacements de population pour raisons climatiques.)

 

A la fin du Ve millénaire et le IVe, apparition de la civilisation cananéenne organisée en cités-états (osmose entre agriculteurs sédentaires et pasteurs semi-nomades). Les techniques de la métallurgie et du travail de l'ivoire arrivent du nord.  Influence de l'Égypte à travers le désert du Sinaï (utilisation du bovidé comme animal de bât pour franchir les deux cents kilomètres qui séparent la région du delta du Nil).

 

Vient alors la période cananéenne que les historiens situent du début du IIIe millénaire avant J.-C. à la fin du XXIIIe siècle avant J.-C.


Au sortir du IIIe millénaire av. J.-C. des populations semi-nomades franchissent le Jourdain et pénètrent en Palestine, provoquant l'effondrement de la structure socio-économique élevage-agriculture pour n'en revenir qu'à l'élevage.


Pendant cette période ont lieu d'intenses déplacements depuis la Mésopotamie et l'Égypte et agitation interne en prélude à l'invasion Hyksos de l'Égypte (Sémites cananéen et Amorrites de Palestine, éleveurs et marchands pilleurs nomades qui atteindront un niveau de civilisation remarquable sous l'autorité de roitelets sans cesse en guerre les uns contre les autres - on a retrouvé des vestiges de spacieuses demeures, ainsi que des poteries noires lustrées serties de décor en pâte de calcaire blanche, bijoux et armes ainsi que la création de la teinture pourpre)

 

Vers 1850 av. J.-C. Ascalon est capitale d'un royaume cananéen avec un port sur la mer méditerranée.  Le pharaon Amosis, fondateur de la XVIIIe dynastie s'empara d'Avaris, capitale des Hyksos qu'il  pourchassa jusqu'en Asie (les  Égyptiens domineront la Palestine pendant trois siècles et demi)


Âge du bronze récent - 1550 à - 1200 av.  J.-C.

 

Effondrement de la civilisation cananéenne vers  -1200 et avènement de l'âge du fer (les données archéologiques brossent un tableau radicalement différent du récit biblique sur beaucoup de points.  On n'y retrouve pas certains éléments familiers (la monarchie unie de David et Salomon par exemple, ou la guerre de David contre les Philistins)

 

A ce sujet, il est intéressant de relever quelques points de désaccord ou d'anachronisme signalés par les historiens.  Je me suis référé pour cela aux études trouvées sur le site de Wikipédia et principalement celle intitulée « La Bible dévoilée - Les nouvelles révélations de l'archéologie » qui ouvre à la controverse les assertions des israéliens, Israël Finkelstein et Asher Silberman, deux scientifiques reconnus (Bayard, 432 pages, 2002),  ouvrage qui a été suivi d'un autre sur David et Salomon « les rois sacrés de la Bible »  (Bayard 2006)  qui ont eu un grand retentissement à tel point qu'un film fut produit et diffusé sur Arte et France 2 (éditions Montparnasse - février 2006). J'ai moi-même procédé à de longues investigations dans toute la documentation que je possède et ai rassemblée depuis 50 ans.

 

J'y ai  relevé les quelques point suivants qui interpellent :

- L'histoire des Patriarches parlent de chameaux transportant des marchandises alors que leur domestication date de beaucoup plus tard.

- Selon le récit biblique,  600.000 juifs se seraient enfuis d'Égypte dont la population, à cette époque est estimée à 2.800.000 personnes.  Pareil départ (si le chiffre de 600.000 est vraisemblable) aurait dû être évoqué dans l'histoire égyptienne.

- Il n'existe pas de traces archéologiques de Moïse, ni d'allusion à son existence, en dehors du récit biblique que ce soit en Égypte ou en Palestine, alors que l'on parle abondamment des principaux notables de l'entourage des pharaons.

- Les indications données par le récit biblique permet d'estimer l'Exode aux alentours de 1450 av. J.-C. ; or à cette date la Palestine est sous le contrôle militaire égyptien avec garnisons ce qui rend impossible la conquête de Canaan par les Hébreux, ainsi que le relate la Bible.  Cette domination égyptienne ne disparaîtra que 150 ans plus tard et la première mention d'Israélites n'apparaîtra que 100 ans après sur la stèle de Mérenptah dont la date est confirmée par l'archéologie égyptienne.  D'autre part, il n'est nulle part question des Hébreux avant cette célèbre stèle ; or  il existe de nombreux écrits égyptiens (scarabées commémoratifs et correspondance diplomatique) qui décrivent Canaan.  Il est à signaler que la TOB (Traduction œcuménique de la Bible) dans ses commentaires situe prudemment cet exode vers 1200 av. J.-C.

- Les Sémites (ne pas confondre avec juif) sont originaires d'Asie occidentale : ils sont représentés avec une barbiche en pointe (Il y en a en Égypte qui servent de main-d'œuvre avec les mêmes droits que les Égyptiens -  voir le célèbre dessin relevé par Champollion montrant des ouvriers sémites fabriquant des briques et élevant des murs avec des Égyptiens. Pourquoi seraient-ils partis en si grand nombre et pourchassés alors qu'ils étaient estimés pour leur savoir-faire et nullement persécutés ?)

 

Il est fort probable que l'histoire a été inventée de toute pièce pour donner une assise valable à une religion monothéiste avec Moïse : davantage qu'un prophète, il serait le porte-parole du Dieu unique tout puissant, édictant ses lois, comme le Mahomet des musulmans..

 

Il est intéressant aussi de signaler que Moïse figure parmi les 25 prophètes de l'Islam. soit les 18 de l'Ancien Testament - Adam, Hénoch, Noé, Abraham, Loth, Ismaël, Isaac, Jacob, Joseph, Job, Moïse, Aaron, Ézéchiel, David, Salomon, Élie, Élisée, Jonas, - les 3 du Nouveau Testament (Jean-Baptiste, Zacharie et Jésus) et les quatre de l'Islam (Hûd, Sâlith,  Jethro et Mahomet).

 

En parallèle de ces constatations, il est utile de relever l'essentiel de ce qui est écrit dans la Bible au sujet de la période fondamentale des religions dites du « Livre », c'est-à-dire celle dont parle l'ancien testament des chrétiens cinq livres (la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome) sous la dénomination de « Pentateuque » ( la Torah pour les juifs) appelés aussi ceux de Moïse, considéré comme le législateur, celui qui a transmis les lois à imposer à Israël et le fondement moral de toute les religions dites du « Livre ».

 

C'est dans l'un de ces cinq livres que sont transcrits les dix commandements que Dieu aurait dictés à Moïse lors de sa rencontre au mont Sinaï pour qu'il les grava sur les « tables de la Loi ».

 

Dieu s'est   alors révélé comme étant « l'Inexprimable », « Celui que je suis », « Celui qui est » - la traduction grecque de ce passage ouvrira la porte à une interprétation d'ordre métaphysique : « Je suis l'étant ».

 

Moïse resta la-haut, pendant quarante jours « sans manger de pain ni boire de l'eau ». Cependant, à son retour, constatant que les Hébreux adoraient un veau d'or, en colère,  il brisa les tables ce qui le força à retourner au sommet du mont et y séjourner pendant quarante nouveaux jours sans manger, ni boire pour en recommencer une autre (TOB.Deutéronome.chap. 9 et 10).

 

Pour le judaïsme et dans la Bible, le décalogue (les dix commandements ou les dix paroles) sont repris dans les 613 commandements prescrits aux juifs et il en est question dans l'Exode.34.28 : « Et il écrivit sur les tables les paroles de l'alliance, les dix paroles » ainsi que dans le Deutéronome 4.13 : « Il vous a communiqué son alliance, les dix paroles ».

 

On retrouve l'énumération de ce « décalogue » à deux endroits du Pentateuque : d'une part dans l'Exode 20. versets 1 à 17, avec la particularité que ce « décalogue » comporte 13 commandements, ce qui a embarrassé certains puristes religieux, et d'autre part dans le Deutéronome 5 versets 6 à 21.

 

Ce seront ces dix commandements du Deutéronome que Flavius Joseph, l'historien du Judaïsme, reprendra succinctement au début de notre ère dans son histoire du peuple juif : « La première parole nous enseigne que Dieu est, qu'il ne faut vénérer que lui seul.  La deuxième nous commande de ne faire aucune image d'animal pour l'adorer.  La troisième de ne pas invoquer Dieu en vain .  La quatrième d'observer chaque septième jour en nous abstenant de tout travail.  La cinquième d'honorer nos parents. La sixième de nous garder du meurtre. La septième de ne point commettre d'adultère.  La huitième de ne point voler.  La neuvième de ne pas rendre de faux témoignage.  La dixième de ne rien convoiter qui appartienne à autrui.

 

Après le deuxième concile de Vatican II, (1962-1965), le pape Jean-Paul II convoqua un synode des évêques en 1985 pour réfléchir avec le recul du temps aux conséquences du concile.  Dans leur rapport, les Pères du synode demandèrent que soit rédigé un catéchisme de la doctrine catholique tant sur la foi que sur la morale qui serait un texte de référence pour les enseignants des divers pays.

 

Il actualiserait le catéchisme de Trente (1545-1563) qui avait défini la foi catholique par rapport à la « réforme » des protestants ainsi que les sacrements, le rôle du prêtre et la primauté du pape. Il est utile de signaler qu'un seul concile, celui de 1869-1870, appelé 1er concile du Vatican, décrétant le dogme de l'infaillibilité papale,  ne se tiendra avant celui de Vatican II.

 

Dans un imposant document catéchistique de référence destiné à ceux qui enseignent leurs ouailles, reprenant le maximum de références aux textes de l'Ancien et du Nouveau Testament, l'Église catholique romaine publiera un document officiel de catéchisme, dans lequel seront détaillés les dix commandements dans la deuxième section de la troisième partie intitulée : La vie dans le Christ. °voir Internet catéchisme de l'Église catholique - Intra text°

 

Pour être succinct et clair quant à l'essentiel, je reprendrai ci-après les dix commandements du cours d'éducation religieuse du l'abbé français Lucien Arène destiné aux jeunes, qui a bénéficié de la vérification de l'autorité romaine actuelle mandatée en la matière : Tu adoreras Dieu seul et l'aimeras plus que tout  - Tu ne prononceras le nom de Dieu qu'avec respect - Tu sanctifieras le jour du Seigneur (dimanche pour les chrétiens) - Tu honoreras tes parents - Tu ne tueras pas  - Tu ne feras pas d'impureté - Tu n'auras pas de désir impur volontaire - Tu ne voleras pas - Tu ne désireras pas injustement le bien des autres - Tu ne mentiras pas.

 

De la même source, voici les six commandements que l'Église de nos régions impose à ses fidèles  : Tu sanctifieras le jour du Seigneur (dimanche) et les fêtes d'obligation (Noël, naissance de J.-C. ; Pâques, sa résurrection ; Pentecôte, Esprit-Saint sur les apôtres et Ascension, élévation au ciel) - Tu assisteras au Saint Sacrifice de la Messe les dimanches et fêtes d'obligation  - Tu te confesseras au moins une fois l'an (au temps pascal, cinquante jours entre Pâques et Pentecôte)  - Tu communieras pendant le temps pascal  -  Tu jeûneras les Mercredi des Cendres et Vendredi Saint  -  Tu t'abstiendras de viande les Mercredi des Cendres et vendredis du Carême.

 

Quant au catéchisme officiel « romain », ces dix commandements, dits de l'Église, sont les suivants : le premier, assister à la messe le dimanche et les jours de fêtes liturgiques et s'abstenir de travaux empêchant la sanctification de ces jours ; le  second, l'obligation de se confesser une fois par an ; le troisième, de communier au moins une fois à Pâques ; le quatrième, au jour de pénitence fixé par l'Église s'abstenir de viande et observer le jeûne ; le cinquième, subvenir aux nécessités matérielles de l'Église selon ses possibilités, chaque conférence épiscopale pouvant établir d'autres préceptes pour leur territoire.

 

Il est intéressant de mentionner que Pâques rappelle deux événements religieux qui sont en relation l'un avec l'autre : le jour de la résurrection de J.-C. pour les chrétiens qui se situe d'après les évangiles le dimanche de la période de sept jours pendant laquelle les juifs célèbrent la commémoration de leur sortie d'Égypte, début de l'Exode.

 

Le calcul de la fête de Pâques a été décrété au concile de Nicée (325 de notre ère) de la manière suivante : Pâque tombe le premier dimanche qui suit ou coïncide avec la première pleine lune après le 21 mars (début du printemps), sans doute pour profiter de l'éclairage de la lune pendant les offices nocturnes de la semaine sainte.

 

Malheureusement, ce calcul simple devint compliqué parce que l'âge de la lune utilisé ne sera pas celui de son âge astronomique qui varie certaines années dans le calendrier (décalage d'un jour ou deux), mais bien celui de la date du 21 mars, si bien que cette date «parfois erronée » de la pleine lune peut se situer par construction au plus tôt le 22 mars et au plus tard le 25 avril.

 

Ce qui est important dans la vie de nos contemporains,  c'est que cette date de la fête de Pâques conditionne la fixation de certains jours fériés importants (lundi de Pâques, lundi de Pentecôte et jeudi de l'ascension) et jours de fêtes en usage dans la plupart des pays occidentaux.

 

Il m'a paru intéressant de signaler ci-après ces jours de fêtes ou dates qui furent en usage ou le sont encore dans les traditions religieuses ou le folklore de certaines régions, qu'elles soient  mobiles ou fixes :

 

Dates mobiles : leur calcul appelé « comput », dépend de la date de Pâques  (entre crochets le nombre de jours avant ou après cette date de Pâques).

[-47]  Mardi gras - précède le début du  carême [-46] Mercredi des cendres - début du carême - période de privation et de jeune se terminant à Pâques - les prêtres marquent les fidèles au front d'une croix faite des cendres résultant de la combustion des rameaux de buis bénis du dimanche des Rameaux de l'année précédente pour leur rappeler qu'ils ne sont que poussière et qu'ils retourneront à la poussière [ -7]  Dimanche des Rameaux - procession des rameaux rappelant l'entrée de Jésus à Jérusalem - début de la semaine Sainte avec le Triduum ( le jeudi saint célébrant l'eucharistie, le vendredi saint, la mort de Jésus sur la croix et sa résurrection le dimanche de Pâques) [+1] lundi de Pâques en général férié [+36] début des trois jours de rogations qui suivent le dimanche des rogations et qui précèdent le jeudi de l'ascension marquant, avant Vatican II, une période de trois semaines pendant laquelle la célébration des mariages était interdite - dans les campagnes on bénissait les cultures en procession [+39] jeudi de l'ascension qui tombe dix jours avant la Pentecôte - Jésus monte au ciel [+49] dimanche de la Pentecôte qui tombe sept semaines après Pâques - Le Saint-Esprit descend éclairer les apôtres quant à leur mission [+50]  jour férié, dans certain pays, du lundi de la Pentecôte [+56] fête de la Trinité : trois personnes en Dieu, célébrée le dimanche qui suit la Pentecôte  - avant Vatican II, il était interdit de se marier pendant trois semaines avant cette date [+60  Fête-Dieu ou fête du Saint-Sacrement, commémore l'institution du sacrement de l'Eucharistie, appelé actuellement :  « Solennité du corps et du sang du Christ » - origine 1246 et première manifestation dans le diocèse de Liège sous l'impulsion de Julienne de Cornillon - procession publique avec l'Hostie Sainte portée en grande pompe à travers les rues.

Dates fixes : [6/1] Épiphanie - les rois mages adorent l'enfant Jésus dans la crèche  [2/2] Chandeleur :  présentation de Jésus au temple et purification de Marie (coutume juive) [25/3] Annonciation à la Vierge par l'archange Gabriel qu'elle serait la mère de Jésus  [6/8] Transfiguration - métamorphose lumineuse de Jésus révélant sa nature divine à ses diciples  [15/8]  Assomption :  Marie monte au ciel - jour férié dans certains pays [8/9] Nativité de la Vierge Marie [1/11] Toussaint - fête de tous les saints, jour férié dans certains pays  [2/11] Commémoration des fidèles défunts, appelé jour des morts [8/12] Immaculée Conception - anniversaire du dogme décrété par Pie IX en 1854 : Marie est conçue sans la faute originelle, lavée par le baptême [25/12] Noël : naissance de Jésus dans une crèche.

En revenant sur l’essentiel de ce qui est relaté dans le « Pentateuque » de la TOB et dans les études innombrables qui s’en sont suivies, je relève les faits saillants suivants :

- Moïse avait 80 ans au moment de l’Exode ; les juifs ayant erré dans le désert pendant quarante ans en sanction de leur manque de foi, il avait 120 ans, et pourtant : sa vue n’avait pas baissé et sa vitalité ne l’avait pas quittée (TOB Deutéronome 34.7) quand il est mort avant d’entrer dans la « terre promise ». Il fut cependant autorisé à contempler cette terre du haut du mont Nébo où il mourra. (TOB Deutéronome 34.1 à 7)

- Et le Deutéronome de continuer : « Plus jamais en Israël ne s’est levé un prophète comme Moïse, lui que le Seigneur connaissait face à face, lui que le seigneur avait envoyé accomplir tous ces signes et tous ces prodiges dans le pays d’Égypte devant le Pharaon, tous ses serviteurs et tout son pays, ce Moïse qui avait agi avec toute la puissance de sa main, en suscitant toute cette grande terreur, sous les yeux de tout Israël. (TOB Deutéronome 10 à 12).

- Ce Dieu « impitoyable » qui avait puni Moïse, frappa aussi les Égyptiens des « dix plaies d’Égypte » pour les forcer à laissé partir les Hébreux (Nil couleur du sang ; invasion de grenouilles ; mouches et moustiques attaquent les gens ; vermines ; peste du bétail ; furoncles aux humains ; la grêle détruit les récoltes ; des sauterelles détruisent la végétation ; ténèbres pendant trois jours ; les premiers-nés égyptiens meurent (TOB Exode 7 à 11).

 

Je ne peux pas terminer ces quelques pages sur Israël sans évoquer succinctement le long martyrologe de ce peuple persécuté depuis toujours par tous ceux qui enviaient leur richesse ou étaient gênés par leur cohésion.

 

Cette hostilité envers les Juifs et les persécutions qu’ils eurent à subir depuis que leurs religieux leur ont donné Moïse et ses lois résultent de la cohésion monolithique que cet enseignement d’un Dieu unique et suprême leur a donné qui s’opposait au paganisme polythéiste pratiqué par ceux qui les ont combattus depuis les Romains.

 

Le Christianisme et l’Islamisme issus totalement ou partiellement du même enseignement n’ont fait que prolonger ce monothéisme avec, pour l’un, la venue du Messie, une des trois personnes d’un Dieu unique et, pour l’autre, par la révélation du Coran (les lois divines) dicté par l’archange Gabriel, messager de ce même Dieu unique à Mahomet, son prophète.

 

Sous Constantin, au troisième siècle de notre ère, le christianisme supplanta les dieux. Les juifs qui ne considéraient pas Jésus comme le Messie de leurs écritures furent rejetés et honnis. Précédemment, les Romains s’étaient chargés de mater ceux de Palestine qui s’étaient révoltés en détruisant leur Temple de Jérusalem et en les dispersant.

 

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13/04/2010

CH. 22 r1 - Les Juifs et les Chrétiens

&qu

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Cliquer sur le repère à la fin de "Dossiers" (colonne de droite) pour obtenir l'appel que j'ai lancé antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

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22.r1. - Israël - Les Juifs {19}

 

Peuple de Dieu,

Saint peuple du Livre,

Tu seras maudit

Par tes propres descendants.


Peuple de la Torah

S'élevant en prière

Vers ce sublime

Qui lui est révélé.


Peuple du Livre

De Moïse et ses lois

D'Abraham et Noé

Des lévites et du Temple.


Peuple des « Grands »,

Orgueil  du monde,

D'Einstein et Newton

De Marx et de Freud.


Peuple d'errance,

Chassé de ses terres,

Multitude misérable

Aux yeux de misère,

Livré à la haine

Des autres du Livre.


Peuple torturé,

Des siècles maudits,

Martyr de l'Histoire,

Toujours debout,

Toujours fidèle

A ce Dieu d'Israël

Qui a tant exigé

Mais n'a rien donné.

 

{19} Le mois suivant, en mars 1986, nous avions prévu de présenter Israël et bénéficiions de la chance de trouver en la personne du docteur Jancu un présentateur de choix, très préoccupé des problèmes inhérents à cette région artificiellement recomposée à la suite des accords entre occidentaux qui espéraient ainsi se dédouaner de leur culpabilité dans le génocide des Juifs.


Nous devrons abandonner ce projet et la poursuite de nos réunions inter-cultures pour raisons de santé et absence de relève valable.

 

Je tiens pourtant à terminer cet important chapitre sur les « amis d'ailleurs » par un exposé-étude de cet important courant de pensée qui est à l'origine de notre civilisation  « judéo-chrétienne ».

 

Notre histoire retrouve celle des juifs dans  « l'ancien testament » (l'ancien témoignage) rapporté en grande partie par transmission orale avec toutes les erreurs et manipulations qu'une telle démarche peut comporter.

 

« Le nouveau Testament »  viendra, au dire des chrétiens, apporter le message du « Messie » attendu par les Juifs.  Il sera transcrit par les « Évangélistes », Mathieu, Marc, Luc et Jean, dans les « Évangiles ».

 

Les juifs qui ne reconnurent pas le messie des chrétiens « Jésus de Nazareth » furent honnis et bannis de tous temps par les chrétiens qui leur reprochaient de l'avoir torturé et crucifié, alors qu'en fait ils ne faisaient « qu'accomplir les écritures ».

 

La civilisation occidentale « chrétienne » persécutera traditionnellement les juifs pour cette raison et pour s'emparer de « l'or » qu'ils avaient gagné en exerçant le négoce, et le prêt numéraire, activités méprisées au moyen-âge par les seigneurs.

 

Périodiquement, des persécutions  eurent lieu pour exterminer et récupérer les biens que les juifs avaient amassés.  Une haine atavique injustifiée s'installa dans les populations occidentales pour atteindre son paroxysme dans l' «Holocauste » dont le régime hitlérien se rendit coupable

 

Après les horreurs nazies, ce sera dans un premier geste de « réparation » et de justice que le 29 novembre 1947, un plan de partage de la Palestine (rejeté par les Palestiniens) sera présenté à l'ONU, apportant ainsi à la communauté israélite un territoire et sa reconnaissance en tant que nation.

 

On appellera, par la suite : « israélien », tout habitant de ce territoire quelles que soient ses convictions philosophiques de croyant ou d'athée.

 

Le 14 mai 1948, le mandat britannique sur la Palestine s'achève et l'état d'Israël est proclamé. Rappelons que la première guerre mondiale avait provoqué la fin du démembrement de l'Empire ottoman (fondé par les Turcs en 1299) et que la « Société des Nations » avait placé la Palestine sous protectorat britannique : accord secret entre les premiers ministres Sykes de Grande-Bretagne et Picot de France sur le partage de certaines possessions ottomanes ( Palestine, Syrie, Liban, Irak, Arabie) en dehors de la Turquie.


Rappelons également qu'en 1683, à son apogée, outre ces régions, cet immense empire (ottoman) comprenait les côtes de la méditerranée sans le Maroc, une partie de l'Égypte et la péninsule balkanique (Grèce, Albanie, Bulgarie, ex-Yougoslavie, et Turquie d'Europe) dont la possession ou la recherche d'influence alimentèrent les conflits et traités qui ne cesseront de défrayer l'histoire de ces régions de 1854 à 1920.


Ce conflit israélo-arabe, remporté par Israël, provoqua l'émigration de plus de 700.000 réfugiés palestiniens vers la bande de Gaza, la Cisjordanie, le Liban, la Syrie et la Jordanie

 

En 1967, eut lieu la fameuse réussite israélienne de la « guerre des  six jours ». L'Egypte, la Syrie et la Jor danie attaquent l'état hébreu qui riposte victorieusement dirigé par le célèbre général borgne Moshé Dayan (l'aviation israélienne avait préventivement attaqué, le 5 juin 1967, l'aviation égyptienne qu'elle cloua au sol détruisant 309 de leurs 340 avions) Ce fut la débâcle et la victoire écrasante d'Israël en « six jours ».

 

En 1968, Le Fatah (groupe de résistance palestinien) est la cible d'une attaque de l'armée israélienne à Karameh sans résultat utile.

 

En 1969, Yasser Arafat est nommé président du comité exécutif de l'OLP « l'Organisation de libération de la Palestine »

 

En 1970, Yasser Arafat tente de renverser en Jordanie le roi Hussein de la monarchie hachémite qui riposte violemment et fait massacrer de nombreux Palestiniens et « fedayins ».  Ce sera le « septembre noir » et la fuite de Yasser Arafat au Liban.

 

En 1972, le 4 septembre, onze athlètes israéliens sont assassinés aux Jeux Olympiques de Munich.


En 1973, le 6 octobre, guerre du Kippour. L'Égypte et la Syrie lancent une attaque par surprise du plateau du Golan et du Sinaï.  Le général Sharon parvient à couper les envahisseurs de leur ravitaillement et contraindre les égyptiens  à la reddition, les Syriens ne réussissent pas mieux alors que l'ONU pousse les belligérants à un cessez-le-feu immédiat et à des négociations de paix.  Les pays arabes augmentent le prix du pétrole et cessent leurs exportations  vers les pays qui ont soutenu Israël (Choc pétrolier de 1973).

 

En 1975, début de la guerre civile au Liban.  Le 10 novembre, l'Onu vote une résolution assimilant le sionisme à une forme de racisme, mais l'abrogera dans sa résolution du 16 décembre 1991.

 

En 1976, du 27 juin au 4 juillet, opération Entebe (47 otages juifs et israéliens capturés par un commando terroriste à bord d'un avion et fait prisonnier sont délivrés par un raid de l'armée de l'air israélienne.)

 

En 1977, le président égyptien Anouar-el-Sadate met fin à 30 ans d'hostilités avec Israël et propose une paix juste et durable et en septembre 1978, le président américain Jimmy Carter négocie les accords de paix de « camp David » avec Menahem Begin, ce qui leur vaudra le prix Nobel de la paix.


En 1981, le 6 octobre, assassinat du président Anouar-el-Sadate.


En 1987, début de « l'Intifada » guerre de pierres (jets de pierres sur l'occupant, principalement par des jeunes).

 

En 1988, Déclaration d'indépendance de la Palestine par Yasser Arafat qui se fait élire président de l'état  par le « Conseil national palestinien ».


En novembre 1989, chute du mur de Berlin et début de « l'aliyah » (acte d'émigration d'un juif en terre sainte)

 

En 1991, le 30 octobre, conférence de la paix à Madrid, parrainée par Moscou et Washington.

 

En 1993, accord d'Oslo.   Signature à la « Maison Blanche » sous l'égide de Bill Clinton d'un accord de paixCélèbre poignée de main entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin.


En 1994, Yasser Arafat et l'Autorité palestinienne s'installent à Gaza.  Suite aux accords d'Oslo, Yasser Arafat, Yitzhak Rabin et Shimon Peres reçoivent le prix Nobel de la paix.

 

Le 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin est assassiné par un extrémiste juif qui lui reproche la rétrocession des terres juives.  Il est remplacé pendant six mois par le travailliste Shimon Peres puis par un politicien de droite Benjamin Netanyaou.

 

En 1996, le Hezbollah envoie des « roquettes » sur Israël depuis le Liban sud. Riposte israélienne par « l'opération raisins de la colère » (1100 raids de l'aviation israélienne pendant 16 jours, une installation de l'ONU est touchée par les tirs israéliens)

 

En janvier 1997, l'armée israélienne quitte la ville de Hébron qui passe sous autorité palestinienne.

 

De 1994 à 2000, l'économie palestinienne et les investissements  ont augmenté d'une manière importante mais cette croissance ne profite pas au peuple à cause du coût économique et social exorbitant de la lutte contre Israël et de la corruption des dirigeants palestiniens.

 

En 1999, Ehud Barak est nommé Premier ministre.

 

Septembre 2000, seconde « Intifada ou Intifada al-Aqsa » plus violente que la précédente qui tourne rapidement à la guerre religieuse (martyrs du Jihad islamique). Le Hamas crée une infrastructure d'aide sociale qui lui permet d'apporter de l'aide à la population palestinienne et de s'assurer de son soutien.

 

De 2002 à 2005, construction d'un mur anti-terroriste de protection des territoires israéliens qui subira de nombreuses modifications sous diverses pressions (palestinienne, européennes et même la cour de justice israélienne).

 

En 2004, le 11 novembre, décès de Yasser Arafat.


En 2005, Ariel Sharon tente de décoloniser la bande de Gaza mais se heurte à l'opposition des habitants des « colonies israéliennes » qui s'y sont installés.  On tente de créer une zone tampon à Gaza avec déploiement d'une force égyptienne. Des désaccords entre les partis israéliens (le Likoud de Benyamin Netanyahou, le parti travailliste de d'Amir Peretz et le Kadima  d'Ariel Sharon) ce qui provoquera une crise du régime.


En 2006, la Knesset est dissoute et le Kadima remportera les élections de mars.  Ehud Olmer sera porté à la tête du gouvernement.  S'ensuivent de nombreuses altercations entre les activistes palestiniens et le Tsahal (Forces de défense israélienne regroupant tous les corps d'armée).

 

En 2007, Moshe Katsav, président de l'État d'Israël est accusé de viol d'une subordonnée, il démissionne et est remplacé par Shimon Pérès le 15 juillet 2007.

 

En 2008, Ehud Olmer, premier ministre, est accusé de corruption et doit démissionner.  Il continue les affaire courantes jusqu'aux élections anticipées prévues en 2009.  Le 5 novembre, raid israélien contre les tunnels de ravitaillement du Hamas et tirs le 18 décembre vers Israël et riposte sur les infrastructures du Hamas le 27 décembre, appelée "plomb fondu".

 

En 2009, incursion d'Israël dans la bande de Gaza (1300 morts du Hamas). Le 10 février, élection anticipé

 

Si je me suis permis cette longue énumération d'événements qui créèrent ce « chancre » de notre temps, c'est que je me suis efforcé de rassembler les faits les plus marquants de ce martyrologe contemporain des gens d'Israël depuis que le monde occidental voulut estomper la tache immonde des persécutions religieuses subies par les descendants de ceux que les romains, les premiers, dispersèrent et persécutèrent pendant les deux premiers siècles de notre ère.

 

Nous, les civilisations s'inspirant de la Bible, (chrétiens et musulmans)  avons ce devoir de reconnaître notre «culpabilité historique » envers les descendants d'Israël.  Nous sommes coupable du crime de la diaspora des juifs depuis les persécutions commencées par les Romains et poursuivies ensuite cruellement par le monde occidental jusqu'à nos jours, maculant nos histoires de taches immondes.  Espérons que les générations à venir ne tomberont plus dans de telles abominations.

 

Devant le mur des lamentations de Jérusalem, Jean-Paul II implora le pardon des juifs pour les crimes et les massacres que les chrétiens ont perpétré dans un passé de persécutions religieuses. On ne peut qu'être bouleversé et admiratif devant cette démarche pleine d'humilité, accomplie par un vieil homme, au dos rond, et la main tremblante qui confia sa canne d'infirme à un suivant, et écrivit sur un bout de papier une demande de pardon pour les crimes du passé qu'il glissa humblement dans une fente du mur.


Tardivement, ce monde chrétien,  dans une action du pape Benoît 16 et de notre archevêque de Belgique, s'efforce maintenant de réparer une autre faute de son passé : le silence coupable qui camouflait les agissements abominables de prêtres pédophiles.  A 16 ans, j'ai été moi-même, quand j'étais soigné en Suisse dans un établissement tenus par des religieux,  victime de tentatives d'attouchements de la part d'un prêtre allemand que j'ai pu écarter et dénoncer ce qui ne provoqua cependant aucunes suites.

 

Cet idéal de justice et de respect de la personne humaine auquel chacun rêve est-il pour demain ?  Il est impératif pour l'avenir de l'humanité que le monde que nous allons construire soit animé par des leaders religieux et politiques prêchant la paix, la tolérance, l'amour, le respect de l'enfance et le partage des moyens que nos découvreurs ont rendu surabondants et suffisants pour le bonheur matériel de toute l'humanité.


Timidement maintenant, se dessine un courant de "tolérance religieuse", en Occident, chez  les leaders des grandes religions augurant peut-être d'un changement d'attitude dans leur sectarisme outrancier.


L'analphabétisme n'est pas seul en cause car les « intellectuels » religieux sont pénétrés d'un dogmatisme irrationnel dévié de sa source et je ne peux m'empêcher de « souffrir » quand je les entends dispenser avec conviction un enseignement plus « littéraire » et « technique » que fondamental pour une réalisation harmonieuse de la personne humaine.

 

Je suis avec attention et notations toutes les émissions religieuses et laïques que nos chaînes françaises et belges dispensent abondamment et j'en retire le sentiment d'être en présence d'un immense dialogue de sourd entre des gens qui sont convaincus de leur vérité, accrochés désespérément à de «fausses vérités » ou des enseignements que leurs prédécesseurs ont de bonne foi « gravés dans le bronze » d'un dogmatisme irréversible.

 

Leur interprétation des « messages » est aussi disparate qu'irrationnelle ou invraisemblable à l'éclairage des connaissances actuelles.


A croire que le cerveau humain se compartimente, en fonction du milieu éducatif « philosophique »  dans lequel il est plongé dès sa naissance, en zone de la pensée rationnelle qui lui est autorisée et celle, irrationnelle, de la  « foi ancestrale» (celle du « charbonnier ») avec les erreurs commises et le dogmatisme qui lui sont imposés !

 

A quelles prouesses de casuistique, les théologiens et religieux, enseignants de ces milieux, doivent-ils se livrer en se tordant les méninges pour  fournir les éléments d'un discours cohérent qui tienne tant bien que mal dans le contexte actuel de la connaissance !

 

Quant à ma position, elle se confine à l'évidence, la seule qui résulte d'une analyse systématique des croyances qui ont abouti aux phénomènes de la religiosité : aucunes ne résistent à leur vraisemblance élémentaire.

 

Pour ce qui concerne Israël, il sera important de se pencher avec attendrissement et respect sur son passé et son histoire « transmise », celle qui a enchanté  notre enfance de croyants, en s'attachant à son côté épique, à son merveilleux, ses héros, ses épopées et ses malheurs...

 

Cependant, à la lumière des études historiques les plus sérieuses, il ne reste pas grand chose de tout cela, si ce n'est que bribes et morceaux.  Les scientifiques autorisés sont habilités à confirmer ou infirmer ce que la tradition nous a transmis grâce aux moyens techniques dont ils disposent en matière de datation, de reconstitution de vestiges aussi minimes soient-ils appuyés par les techniques nouvelles en informatique qui permettent des prouesses inouïes en analyse interprétative d'échantillons ou d'empreintes et traces que les fouilles archéologiques découvrent tous les jours.

 

Je continuerai cette intéressante étude en abordant dans le prochain sous-chapitre la relation commentée de ces données historiques ou pseudo-historiques, révélées par la tradition "orale", transmises de bonne foi ou dans des buts d'oppression par les "meneurs religieux" ou les potentats qui ont fait "l'Histoire"

 

09/04/2010

Ch. 22 q - L'hindouisme (LES AMIS D'AILLEURS)

 

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour  :

 

22q - Hindouisme{18}

 

Brahmâ,

Créateur d’univers

D’étoiles et de vie,

D’ordre dans le chaos,

De vivants et d’âmes,

D’homme et de sages.

 

Brahma

Source des choses

Au cœur du cosmos

Comme un feu du ciel,

Qui surgit des ténèbres,

Éclatant de mondes.

 

Vérité dharmique,

Celle des hommes sages

Qui, de vie en vie,

Rejoignent Brahmâ

En son ciel de Dieu,

En sa plénitude suprême.

 

Rig-Véda révélé,

Saint livre védique

Écrit par les dieux,

Samhita des rites,

Upanishad de vérité

Au « soi » individuel.

 

°°°°

 

{18} Le 28 février 1986, Jacques Scheuer de le Compagnie de Jésus, professeur d’histoire des Religions, nous présenta l’hindouisme, en illustrant son exposé de diapositives de très belle qualité et très explicites.


Les remarques que j’avais exprimées in fine de la partie consacrée au Bouddhisme valent également pour l’hindouisme. Je m’efforcerai également pour être utile à mon lecteur de lui donner en quelques pages un condensé forcément succinct d’une religion-philosophie qui demanderait un développement long et savamment construit pour être bien cernée.

 

C’est en puisant dans Wikipédia que je me suis attelé à tirer la structure la plus ramassée de cet important courant de pensée indienne dont l’origine pourrait remonter selon certaines sources à 8.000 années avant notre ère.

 

Que le père Scheuer veuille bien m’excuser des écarts de son exposé que j’ai osé faire qui était tellement bien réalisé mais difficile à résumer sans l’appui de la documentation qu’il projetait sur l’écran et qu’il distribua largement dans la salle, enrichissant son propos de passages puisés dans de nombreux textes (Véda – Upanisads – Purana - Rigveda Samhitâ – Baghavad-gîta ).

 

Depuis cette séance, nous avons, mon épouse et moi, suivi attentivement les cours et conférences sur l’hindouisme que ce brillant spécialiste donnait dans le cadre de ses activités . J’ai donc consulté abondamment les notes que j’ai prises alors pour bien me pénétrer de ce courant de pensée tellement difficile à déchiffrer dans l’écheveau de ses multiples courants, en m'efforçant de bien les intégrer dans le texte.

 

L’Hindouisme (Sanâta Dharma) ou dharma éternel. est plus une façon de vivre et de penser qu’une religion organisée.

 

D'une manière générale, on peut dire que les hindous croient en la réincarnation.   L'âme revient sur terre après la mort dans un corps différent, autant de fois qu'il le faut, jusqu'à ce qu'il atteigne la libération de son cycle de naissance qui l'amène au bonheur suprême. L'amélioration de son potentiel d'existence dans ses nouvelles vies dépend des progrès réalisés lors de ses comportements antérieurs.

 

Il n’y a pas d’équivalent de l’expression « dharma éternel » dans notre langue. : on peut dire que ce qui supporte le monde et la société est « dharmique » soit cohérence, support … c’est aussi ce qui favorise, préserve ou recrée l’ordre du tout.

 

Après la colonisation britannique, le terme a été employé pour indiquer un ensemble flou de faits religieux et en 1966, la cour suprême de l’Inde a défini le cadre de la foi hindoue articulée de la manière suivante :

 

1. L’acceptation respectueuse des Veda ( à l’origine « çruti » soit l’écoute et le savoir transmis par les penseurs et philosophes hindous.

2. L’esprit de tolérance et de bonne volonté pour comprendre et apprécier le point de vue de l’adversaire (révélation : la vérité comporte plusieurs apparences)

3. L’acceptation des six systèmes de philosophie indoue d’un rythme du monde qui connaît des périodes de création, d’entretien et de destruction qui se succèdent sans fin (Yuga ou âges – il existe toute une métrique du temps : au départ de la mesure de l’intervalle normal entre deux clignements d’yeux (4 secondes) comme unité fondamentale, il y aurait quatre yugas (mahâyuga) correspondant au total à 4.320.000 années solaires ; ensuite un manvatara (71 mahâyugas) au total 306.720.000 années solaires ; viennent ensuite un Sandhi Kala de 1.728.000 années solaires puis un « kalpa » de 4.320.000.000 années solaires, deux « kalpa » (un jour et une nuit ) sont un jour de Brahmâ, son cycle de vie étant de cent années de 360 kalpas soit 311.040 milliards d’années (un Maha-Kalpa). Certains verront dans cette conception de la mesure du temps, une approche des concepts scientifiques du « Big bang » et du « Big crunch ».

4. L’acceptation par tous les systèmes de la philosophie hindoue de la croyance à la renaissance et à la pré-existence.

5. L’identification du fait que les moyens ou les manières d’accéder au salut sont multiples.

6. La réalisation de la vérité que, aussi grand que puisse être le nombre des divinités à adorer, on peut cependant être hindou et ne pas croire qu’il faille les adorer.

7. A la différence d’autres religions, ou croyances, la religion hindoue n’est pas liée à un ensemble défini de concepts philosophiques.

 

En dehors de cette définition officielle, admise par le plus grand nombre, il existe une foule d’autres interprétations des écriture religieuses anciennes, basée surtout sur le concept que la vraie nature de l’homme est divine, Dieu existant dans chaque être vivant. Toute cette philosophie viendrait des « Veda ou savoir » qui sont vraisemblablement les écritures religieuses les plus anciennes du monde.

 

Le « Védanta » reconnaît comme valide toutes les approches différentes de Dieu, ainsi que toutes démarches spirituelles en vue de la réalisation de soi, aussi reconnaît-elle les autres religions majeures.

 

Le concept de « Dieu » ou de « l’Être suprême » n’est pas facile à définir dans l’enseignement hindouiste : d’une part, on parle d’un Être absolu, indéfinissable, supérieur et de l’autre, d’une multitude de divinités le représentant ou le personnifiant avec tous les travers et les faiblesses des humains. L’Être suprême devient indéfinissable comme étant l’absolu composé de tous les êtres vivants.

 

A l’époque védique, le cosmos comportait trois régions différentes : (1) le ciel des dieux (Deva), (2) la terre des hommes et (3) le monde intermédiaire des esprits

 

Dans le « fatras » de concepts hindouistes qui proviennent de sources aussi fiables qu’intéressantes, il m’a semblé important de sortir quelques éléments qui m’ont paru représenter les grandes lignes de force de ce courant de pensée religieuse qui traverse une bonne partie du monde asiatique.

 

Ainsi, je crois utile de parler des avatars (avatâra) ou incarnation de la divinité suprême sur terre (Vishnu). (Le mot « avatar » habituellement employé dans la langue française comme malheur, mésaventure est différente de sa définition religieuse originale puisque celle-ci en fait le principe de la divinité suprême Vishnou (seconde des trois divinités : Brahmâ, Vishnou, Civa) qui est l’harmonie, le conservateur de l’Univers.

 

Chaque fois que le désordre cosmique apparaît dans le monde, la divinité se manifeste pour rétablir l’ordre en s’incarnant pour imposer « les avatars » ou manifestations figurées à valeur symbolique qui s’opposent à ce déséquilibre.

 

Selon la tradition la plus généralisée, ils seraient au nombre de dix (dashavatârâs = dix avatars) ; cependant suivant certains textes, on en dénombrera 12 dans le Matsya Purâna, 22 dans la Garuda Purâna et 39 dans l’Ahirbudhnya Amhita.

 

Suivant Universalis (Anne-Marie Esnoul), la version de dix « avatâras » la plus répandue est constituée des suivants :

 

1.- Matsya, le poisson, se rattache au thème du déluge. L'identité du poisson et de Visnu n'est pas attestée dans les Brahmana, mais seulement dans l'Épopée.

2.- Ku, la tortue, ramène du fond de l'océan les bijoux perdus lors du déluge ; l'attribution à Visnu de cette légende apparaît dans le Ramayana. Matsya comme Kurma sont représentés avec une tête humaine et un corps d'animal.

3.- Varaha, le sanglier, plonge lui aussi au profond des eaux pour en retirer la terre que le poids des démons y faisait enfoncer. On le représente souvent sous la forme d'un géant à tête de sanglier, portant sur le bras la petite déesse Terre qu'il vient de sauver.

4.- Narasimha, l'homme-lion, jailli d'un pilier, au crépuscule, a le bas du corps d'un homme, la tête et l'avant-corps d'un lion ; ainsi abat-il un démon à qui le dieu Brahma avait promis qu'il ne serait tué ni de jour ni de nuit, par aucun être vivant, dieu, homme ou animal.

5.- Vamana, le nain, fait transition entre les incarnations animales et la série des héros divinisés des avatara 6 à 9. Sous cet aspect, abuse le démon Bali, qui lui accorde en toute propriété l'espace qu'il peut couvrir en trois pas. Alors le dieu se change en géant qui de trois enjambées parcourt le ciel, la terre et le monde souterrain&nb sp;; dans ce dernier, il précipite Bali. Ce mythe est en rapport avec ceux qui concernent la course du soleil.

6.- Parasurama, « Rama à la hache », apparaît pour la destruction non plus d'un démon, mais de la caste des guerriers (ksatriya), en révolte contre les brahmanes. Mais, comme l'équilibre entre les deux pouvoirs - le laïc et le religieux - est nécessaire au maintien de l'ordre (dharma), par la suite, la classe exterminée renaîtra d'enfants engendrés par les brahmanes aux veuves des guerriers.

7.- Rama, le héros du Ramayana, appartient à la race solaire qui règne à Adyodhya (Oudh). Il doit exterminer le démon Ravana, roi usurpateur de Ceylan. Dans les parties les plus anciennes du Ramayana, Rama est seulement un demi-dieu, son identification à Visnu se fait plus tard.

8.- Krsna apparaît dans la Bhagavad-Gita, épisode du Mahabharata, comme le Seigneur suprême, Bhagavant : dans d'autres parties de l'Épopée, son rôle traditionnel de tueur de démons est illustré par sa lutte avec le mauvais roi Kamsa.

9.- L'Inde brahmanique a toujours eu tendance à accueillir favorablement les saints personnages d'origines les plus diverses. C'est ainsi que beaucoup de listes citent le Buddha comme neuvième avatara. La raison donnée à cette descente du dieu est particulière : on dit qu'elle a lieu « pour tromper les méchants par de fausses doctrines ».

10.- Le dernier avatara appartient à l'avenir : c'est Kalkin, le cavalier ou l'homme à tête de cheval, qui doit venir à la fin de cette période cosmique.

 

Krisna, le huitième avatar, est une incarnation de Vishnou et aurait rédigé le Rig-Veda. Il serait le seul à être considéré comme un avatar complet de Vishnou en tant que principe ultime, les autres ne seraient que des incarnations partielles ou des manifestations de certains aspect du divin.

 

Il aurait vécu avant Bouddha, sa mère serait la déesse Devaki. Prince pour certains, dieu pour d’autres, son nom signifie noir bleuâtre à cause du teint de sa peau.

 

Contrairement à Bouddha, ce n’est pas un non-violent, il s’opposait aux brahmanes éventuellement par la force.

 

Suivant des sources fiables, il y a lieu de faire une distinction de fond entre la philosophie indienne et la religion indienne : des courants différents les animent, les éloignant de leurs concepts de base.

 

Cette philosophie religieuse est très différente de celle qui provient des « religions du Livre » (Judaïsme, christianisme et islamisme) puisque le rapport de l’homme au monde est défini pour ces croyances-là par la soumission à un Dieu unique qui transmet son message dogmatique à ses créatures par l’intermédiaire de « prophètes-messagers ».  (Moïse et Mahomet) et de fils de Dieu (Jésus).

 

Les philosophies indiennes sont différentes parce qu’elles ne transmettent pas aux hommes la révélation de dogmes ou d’écritures (de textes) auxquels ceux-ci doivent se soumettre.

 

Ces impératifs de « foi » et de « révélation » sont remplacés par une vision de l’homme victime de son ignorance, mais qui peut se défaire de sa condition subalterne pour atteindre le divin même dans le monde de son existence.

 

Au lieu de l’acceptation de « vérités révélées », il est important pour les hindous de s’affranchir de l’ignorance, de l’illusion (la mâya) par une réflexion sur le monde qui passe soit par la réalisation de soi, soit par l’amour du divin : deux voies qui ne sont d’ailleurs pas incompatibles.

 

Ces philosophies offrent ainsi une vision d’un homme libre, bien plus que ne le sera la créature des « religions du Livre », celle d’un homme victime d’une ignorance dont il peut, au bout du compte, se défaire. Cette vision grandit parfois l’homme au point d’en faire, non pas une créature subalterne, création du divin, mais au contraire une véritable partie de celui-ci qui s’étant libéré de l’ignorance, rejoint le divin dans ce monde même.

 

Ces absences de dogmatisme et de concept de révélation prophétique au profit de la recherche d’une vérité du monde explique la singulière négation de la notion d’hérésie et la grande tolérance religieuse dans le monde hindous, tout au moins jusqu’à l’influence musulmane qui y imposera son intransigeance sectaire.

 

Le paroxysme de cette philosophie est atteint par les sâdhu (homme de bien, saint homme) qui ont choisi une vie de renoncement et de sainteté ; Ces hommes existeraient depuis la préhistoire, s’apparentant aux chamans. Au cinquième siècle avant J.-C. le Bouddha les rejoignit un moment dans sa recherche de l’illumination.

 

Il est important de ne pas confondre Brahman (L’être suprême et la source de toute énergie) et Brahmâ (le créateur de notre univers particulier). Cette démarche profonde et subtile de différenciation, prônée par six écoles hindouistes reste le privilège d’une élite intellectuelle restreinte, le croyant populaire mélangeant facilement tous les courants qui le traversent.

 

Suivant certains auteurs, il faut faire une distinction entre les entités célestes (dévas) peut être mal traduits en français par dieux. Il serait préférable de leur accorder la qualité de « demi-dieux », divinités, esprits célestes voire « anges »  Ce sont ces « dévas » qui donnent à l’occident une image d’un hindouisme polythéiste.

 

Peut-on faire un parallèle entre la Trimurti (trinité hindoue : Brahmâ, Vishnou, et Shiva) et la trinité chrétienne ? Il semble que non, la trinité hindoue étant « l’unité » que chaque être vivant a la possibilité d’atteindre au cours de sa vie ou de ses réincarnations, alors que la trinité chrétienne est « un seul Dieu » en trois personnes ».

 

Pour terminer, il est sage d’attirer l’attention de chacun sur le danger résultant de la dérive des sectes qui foisonnent autour de ces diverses croyances introduites en occident dans un but mercantile ou d’embrigadement d’esprits fragiles. Voir à ce sujet le site de Wikipédia très à jour et complet sur les sectes ainsi que le rapport du 12 décembre 2006 de l’Assemblée Nationale Française sur les sectes et la protection de la santé mentale des mineurs.

 

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06/04/2010

Ch. 22 o/p - Corée du Sud et Bouddhisme (LES AMIS D'AILLEURS)

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des matières et des repères cliqueront sur DOSSIERS (à droite – La table des matières est à la fin de la liste).


 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Cette « impudeur » des sentiments lui ont été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental et historique qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour  :

 

22m. La Corée du Sud {14}

 

Petite goutte de rosée

Venue à nous des matins calmes,

Tu nous es apparue

Dans la joie de Noël

Comme la première fleur

Qui appelle le printemps.

 

Tu étais le bonheur

Éclairant le ciel

Et les yeux de tes enfants,

Mais aussi la fierté

Au cœur de ton grand savant.

 

Tu étais pour nous,

Dans ta robe d’or et de soie

Couverte de blancs ibis,

L’annonce d’un conte

Des mille et une nuits

Que nous évoquerons

Encore et toujours

Jusqu’à la fin des jours.

 

 

{14} Ce texte-poème m’est sorti du fond du cœur, tellement ce moment fut d’une douceur infinie et porteur d’un grand bonheur quand, accompagnés des chants de voix d’anges dans la magie féerique d’une nuit de Noël, nous quittâmes une église lumineuse et somptueusement garnie de sapin artificiellement enneigés, et qu’une famille aux longs yeux de nos fille, s’avança : deux petits enfants et un couple d’Asie avec une coréenne lumineuse en robe brodée d’or, garnie d’oiseaux blancs.

 

Le 22 mars 1985, encouragés par le succès de la rencontre chaleureuse entre les Belges de nos quartiers et les « amis d’ailleurs », avec lesquels s’étaient établis tant d’échanges, nous trouvâmes opportun de profiter du retour au pays de notre petite sœur coréenne et de sa famille, après un séjour de quatre ans, pour organiser une séance d’adieux à leur intention.

 

L’adorable Agnès, entourée de ses enfants, assistée de son mari qui venait d’obtenir son doctorat en géologie à la VUB (Université libre néerlandophone de Bruxelles) accueillit un public chaleureux venu manifester toute la sympathie que cette petite famille avait pu susciter dans nos quartiers.

 

Maîtrisant beaucoup mieux notre langue, ils nous commentèrent deux très beaux films spécialement sélectionnés par l’ambassade.

 

Le premier présentait une belle synthèse des réalisations industrielles d’un pays de haute technologie et de grande productivité notamment dans le domaine de l’industrie navale, de la télécommunication et de l’informatique en les associant habilement aux traditions ancestrales de régions dont l’histoire remonte loin dans le passé de l’Asie, et qui contribueront largement à l’enrichissement et l’épanouissement des cultures chinoises et japonaises.

 

Le second film sur l’île de Jeju, fut largement commenté par Michel Lee qui est devenu un spécialiste de la géologie de cette île. Il y a consacré ses thèses de doctorat de Séoul et de Bruxelles, devenant un des grands spécialistes en pétrographie de cet endroit unique au monde.

 

Voir ou revoir aux études précédentes, les textes qui concernent ce pays et ses habitants, notre seconde patrie puisque nos filles en proviennent et y ont vu le jour.

 

Dans l’ambiance de la séance précédente, notre public se montra de plus en plus chaleureux et enthousiaste, renforcé par les nombreux amis qui tenaient à manifester leur sympathie à une famille tellement dynamique et chaleureuse.

 

Avec ses amies coréennes, Agnès s’était ingéniée à préparer une quantité « d’amuse-bouche » comme seuls les Coréens savent en faire, que nous avons accompagnés d’un agréable et parfumé soju (boisson désaltérante à base d’orge torréfié) pour terminer une soirée conviviale particulièrement réussie.

 

°°°°°

 

22n. – Le Bouddhisme. {15}

Ô, toi Bouddha, l’éveillé

Dans l’extase de ton Nirvana

Tu médites l’éternité

Dans un profond recueillement.

 

Tes fidèles suspendent

Leurs bandelettes

En pressantes supplications.

 

Et les moines extatiques,

Aux longues mains tendues,

Élèvent en douces prières

De lancinantes évocations.

 

Les moulins tournent,

Les chapelets s’égrainent,

Les chants se murmurent

En vagues monocordes

Telles des volutes d’encens

Au Bouddha souriant.

 

{15} On se souviendra d’Edmond Tang qui avait présenté la Chine et plus particulièrement deux familles et deux villages en mettant surtout l’accent sur la vie de tous les jours de deux entités de la Chine profonde aux activités aussi différentes que la culture agricole et l’élevage du ver à soie.

 

Edmond Tang est un chercheur attaché à «Pro Mundi Vita », spécialisé en christologie dans le contexte des religions chinoises, japonaises et coréennes.

 

Il nous fit un exposé très clair et pragmatique du Bouddhisme, cette démarche à connotation philosophico-religieuse n’est de toute évidence pas aisée de cerner. Nous avons eu la grande chance de trouver en lui un chercheur très éclectique dont une des principales tâches est de trouver des carrefours de croyance propres à unir les hommes dans leur recherche d’une vérité fondamentale quant à leur destinée.

 

Le bouddhisme est un des grands systèmes de pensée orientale, né en Inde au sixième siècle avant Jésus-Christ. On le considère plus comme une philosophie qu’une religion. Elle est assise sur trois bases, appelées les trois joyaux : le Bouddha (le fondateur), le Dharma (sa doctrine), le Sangha (communauté des fidèles ou ordre monastique suivant certains).

 

Le Bouddha, l’éveillé en sanscrit, est celui qui a réalisé l’éveil et atteint le « Nirvana ». La vie du Bouddha est riche en légendes relatant des miracles et des apparitions divines. Il semblerait cependant qu’un certain Siddhartha Gautama aurait existé qui serait né vers 624 avant Jésus-Christ et serait le Bouddha. Il connaîtra d’abord une vie de palais avant d’en partir à la recherche d’une solution à la souffrance. Il pratiqua d’abord l’ascétisme à tel point qu’il faillit mourir et chercha une autre voie. C’est ainsi qu’il atteignit ce qu’il nomma « l’éveil » et fut suivi par de nombreux disciples.

 

Le Bouddhisme serait né en 543, c’est-à-dire 81 ans plus tard. Ce ne sera qu’un millier d’années après que l’enseignement et les paroles du Bouddha commenceront à se donner et à se pratiquer.

 

Le Bouddha tel qu’il est révélé par les maîtres de son enseignement n’est ni un dieu, ni le messager d’un dieu. Son système de pensée n’a pas d’origine divine et est plutôt axé sur la compréhension de la nature de l’esprit humain, lequel pourrait être redécouvert par toute personne, par ses propres moyens et par l’expérience ; le bouddhisme des origines niait même la création du monde par les dieux, ainsi que la rédemption ou la révélation.

 

Il existe un bouddhisme chinois, un indien, un japonais, un tibétain pour parler des plus importants, mais aussi népalais, mongolien, cambodgien, coréen, laotien, birman, thaïlandais, vietnamien, bhoutanais…et même occidental.

 

Il est important de se pénétrer en profondeur de cette pratique qui tient autant de la religion que de la philosophie. A l’origine le bouddhisme était plus une philosophie qu’une religion, cependant très rapidement les pratiques religieuses propres aux régions compléteront son enseignement.

 

Le Dharma ou les préceptes fondamentaux de l’enseignement du Bouddha sont constitués de « quatre nobles vérités » :

 

  1. Toute vie implique la souffrance et l’insatisfaction.
  2. L’origine de la souffrance se trouve dans le désir et les attachements.
  3. La fin de la souffrance est possible.
  4. La voie moyenne mène à la fin de la souffrance.

 

La voie moyenne est un critère de sagesse, ainsi la méditation mène à la concentration et permet d’atteindre la sérénité, mais ce n’est pas le seul moyen, il y en a d’autres.

 

La voie moyenne est la quatrième des nobles vérités d’où part le « noble sentier octuple ». Le Bouddha a découvert le noble sentier qui donne la vision et la connaissance, conduit au calme, à la vision profonde, au nirvana.

 

Ce sentier comporte huit membres regroupés en trois parties :

 

La sagesse (prajna)

1/ compréhension juste ou vision de la réalité (samma ditthi)

2/ pensée ou émotion juste – dénuée de haine, avidité, violence

(samma samkappa)

La moralité, discipline, éthique (shila)

3/ parole juste – ne pas mentir ni semer la discorde par ses paroles, ne

pas bavarder oisivement ou parler abusivement. (samma vaca)

4/ action juste, respectant les 5 préceptes (samma kammanta)

5/ moyens d’existence juste (samma ajiva)

La méditation ou la concentration (samadhi)

6/ effort juste – surmonter ce qui est défavorable et entreprendre ce qui

est favorable. (samma vayama)

7/ attention ou prise de conscience juste – des choses, de soi, de son

corps, de ses émotions, ses pensées, des autres, de la réalité

(samma sati)

8/ Concentration juste : établissement de l’être dans l’éveil (samma samadhi

 

D’une manière générale les écoles distinguent trois caractéristiques de l’existence : (Wikipédia)

 

« Tout phénomène conditionné est insatisfaisant, tout phénomène conditionné est éphémère et toute chose est sans soi »

Le non-soi : de l’atome à l’univers en passant par les êtres humains et leur état d’esprit, il n’y a rien qui ait une existence indépendante et réelle par lui-même.

L’impermanence : tout est constamment changeant, tout est flux, rien n’est figé une fois pour toute.

La souffrance : ou insatisfaction : ce n’est pas que la souffrance physique ; du fait de l’impermanence des choses, rien ne peut nous satisfaire de manière ultime et définitive.


Les trois racines du mal ou les trois poisons sont : l’avidité, la colère, l’ignorance ou l’indifférence.

 

Le bien et le mal n’existent pas dans le Bouddhisme ; l’action est favorable ou défavorable.

 

Il y a une dizaine de préceptes progressant selon leur degré de raffinement que l’on retrouve dans plusieurs écoles :

 

S’efforcer :

· De ne pas nuire aux êtres vivants, ni retirer la vie,

· De ne pas prendre ce qui n’est pas donné,

· De ne pas avoir une conduite sexuelle incorrecte – garder la maîtrise de ses sens,

· De ne pas user de paroles fausses ou mensongères,

· De s’abstenir de paroles dures,

· De s’abstenir de paroles inutiles,

· De s’abstenir de paroles calomnieuses,

· De s’abstenir d’animosité,

· De s’abstenir de vues fausses.

 

Sous leur forme positive ce sont :

· Avec des actions bienveillantes, je purifie mon âme,

· Avec une générosité sans réserve, je purifie mon corps,

· Avec calme, simplicité et contentement, je purifie mon corps,

· Avec une communication véritable, je purifie ma parole,

· Avec des paroles salutaires et harmonieuses, je purifie ma parole,

· Avec des mots bienveillants et gracieux, je purifie ma parole,

· Abandonnant la convoitise pour la tranquillité, je purifie mon esprit,

· Changeant la haine en compassion, je purifie mon esprit,

· Transformant l’ignorance en sagesse, je purifie mon esprit.

 

(Dans ces formules positives, les 6ème et 7ème préceptes  négatifs sont regroupés en un seul).

 

Ces préceptes ne sont pas des règles absolues mais des guides de comportement éthique et ils varient suivant les traditions.

 

D’autre part, il y a aussi ce qui est appelé « les quatre incommensurables » ou demeures de Brahma, qui pourrait amener tous les êtres à la libération ultime et les conduire à une renaissance dans le monde céleste de Brahma et aux émotions positives puissantes développées par des pratiques appropriées :

 

- La bienveillance universelle développée par la méditation (metta bhavana)

- La compassion, née de la rencontre de la bienveillance et de la souffrance d’autrui, développée par la méditation (Karuna bhavana)

- La joie sympathique qui consiste à se réjouir du bonheur d’autrui (mudita bhavana).

- L’équanimité ou tranquillité qui va au-delà de la compassion et de la joie sympathique est un état de paix face à toute circonstance, heureuse, triste ou indifférente (uppeka bahavana)

 

Quant à l’éveil, (Bodhi) pour les theravadins, c’est la compréhension parfaite et la réalisation des quatre vérités (se réveiller des renaissances successives) et de faire jaillir la vérité. Pour les adeptes du Mahayana, l’éveil a plus à voir avec la sagesse et la prise de conscience de sa propre nature de Bouddha.

 

L’éveil permet à l’homme d’entrer dans le nirvana, puis d’atteindre à sa mort le parinirvana (extinction complète). Le cycle karmique est donc brisé à jamais. Là où le bouddhisme theravada insiste sur l’extinction complète et irréversible du sansara, le mahayana laisse aux bodhisattvas la possibilité de s’y maintenir (sans toutefois produire de karma), par compassion pour les êtres vivants, qu’ils vont alors guider vers l’éveil.

 

Dans le theravada, la vacuité (état de ce qui est vide) est proche du concept d’anatta (le monde est vide en soi). Il existe une attention portée à la vacuité ainsi qu’une contemplation de cette vacuité.

 

Quant aux trois corps (ou kayas) de Bouddha, le canon pâli (ancienne langue, principalement religieuse, de l’Inde méridionale et de Ceylan) désigne trois corps de Gautama Bouddha :

 

° Son corps fait de quatre éléments, soit le corps historique de Gautama.

° Le corps mental par lequel Gautama se rendait dans les royaumes divins.

° Le corps de la doctrine, l’ensemble des enseignements, qui demeurent un

certain temps après la mort de Gautama.

 

Dans le Mahayana, les trois corps d’un Bouddha sont trois plans d’expression de l’éveil :

 

° Le corps absolu : la dimension de vacuité de l’éveil. C’est un corps sans

forme ;

° Le corps de jouissance : c’est le premier des corps formels, visible par les

grands Bodhisattvas. Il est caractérisé par cinq perfections ;

° Le corps d’apparition, émanation illusoire se manifestant dans les mon-

des du sansara par compassion pour les êtres animés.

 

Certains ont voulu y voir un parallèle avec la Sainte Trinité chrétienne.

 

Afin de donner un « condensé » aussi actualisé que possible de cette importante matière, je me suis autorisé pour développer ce qui précède à reprendre dans les toutes dernières versions de Wikipédia les éléments essentiels qu’il m’a semblé utile de fournir à un lecteur qui comme moi cherche à se faire une idée générale de cette philosophie-religion.

 

Notre conférencier, à l’époque, s’était surtout efforcé de nous donner un exposé très spécialisé que nous avons écouté avec beaucoup d’attention, mais qu’il est difficile pour moi de résumer en quelques pages. J’ai donc préféré continuer la présentation actualisée et schématique adoptée depuis le début de ce chapitre.

 

Ce fut autour d’un thé parfumé que nous avons terminé une soirée tellement intéressante et instructive, tout en écoutant notre conférencier qui répondait aux nombreuses questions que certains n’ont pas manqué de lui poser.

 

 

°°°°°

09:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bouddhisme, corée du sud | |

02/04/2010

Ch. 22 m/n - Rwanda et Haïti (LES AMIS D'AILLEURS)

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

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situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)

 

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

 

Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour  :


22o. – Le Rwanda{16}

 

Terre de pasteurs paisibles

Aux épouses au cœur sensible

Et de troupeaux nonchalants

Paissant au soleil couchant.

 

Pays des mille collines

De sentes et de ravines

Où coulent des fleuves noirs

Toujours noirs de leur sang noir.

 

Terre de vertes prairies

De seigneurs et d’artisans,

De cadavres et de vies.

Terre de la haine et des chants.

 

Terre d’enfants et de vieux

Se traînant vers la mort

Avec les yeux aux cieux,

Pour la fin de leur sort.

 

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{16} Aimable Mouniourangabo nous présenta le 29 novembre 1985 son malheureux pays, le Rwanda, le pays des mille collines, et nous fit toucher du doigt toute la grandeur de l’âme rwandaise et sa qualité de vie malgré les malheurs qui n’ont cessé de l’accabler..

 

Avec son voisin le Burundi, il est un des plus petits États d’Afrique, sa population est extrêmement dense (8.387.000 en 2003 - 320 habitants au Km³ pour 342 à la Belgique qui est un des plus denses d’Europe). La langue du pays est le Kinyarwanda.

 

Ce pays est confronté à des problèmes économiques graves qui ne feront que s’accroître dans l’avenir : il est très éloigné des mers (plus de 1000 km) – il est surpeuplé et sa natalité est galopante (plus de 60% de la population a moins de 20 ans) – deux ethnies (Tutsis et Hutus) se livrent à un génocide permanent – surtout pasteurs et agriculteurs, ils ont un avenir industriel fort limité.

 

Les Tutsis sont des pasteurs d’origine nord-africaine (peut-être Éthiopie) aux traits raffinés, à la taille élevée (1m80). Les Hutus, principalement agriculteurs, plus petits d’une dizaine de centimètres, ont toujours été traités en race subalterne par les Tutsis, sous l’autorité de roitelets que dirigeait un mwami (roi) Tutsi, considéré comme un descendant des divinités locales.

 

Il y a aussi un pour cent de pygmées, les Batwas (1,50m), chasseurs, considérés comme race inférieure par la société rwandaise. Ils sont potiers, bouffons, danseurs…. Ils pourraient être les premiers habitants de la région.

 

Les vaches du royaume représentaient dans la passé la richesse du pays et appartenaient au roi qui les confiait à la garde de ses sujets Tutsis ; ceux-ci estimant que seul l’élevage était une tâche noble, ne se nourrissaient que de ses produits : lait caillé, sang prélevé par saignée et viande.

 

Ils considéraient la nourriture des Hutus (haricots, pois, millet, maïs, patates douces et le sorgho qui est une sorte de gros millet) inférieure à leur condition, mais la prélevaient pour compléter leur alimentation insuffisante (Les vaches, mauvaises laitières, produisaient peu de lait et de sang et n’étaient abattues pour la viande que parcimonieusement parce qu’elles représentaient la richesse et le pouvoir)

 

L’armée, constituée uniquement de jeunes Tutsis qui y recevaient une éducation sévère mais assortie d’un programme raffiné de conversation, poésie et danse, était aussi entretenue par les Hutus et les Batwas qui de plus devaient l’impôt au roi, sa famille et les chefs militaires.

 

L’exogamie (mariage entre des clans différents est une particularité propre à ce genre d’ethnie, de même que la polygamie afin de former  la « maison »  ou « inzu », sorte de noyau familial provenant des hommes. Les Tutsis n’hésitent pas à y introduire des épouses Hutus et même Twas.

 

Dès la fin du 19ème siècle, le Rwanda fut sous tutelle allemande et ouvert aux missions religieuses européennes. En 1916, les troupes belges l’envahissent dans le cadre de leur guerre contre les Allemands et en 1919, le traité de Versailles attribuera la gestion de ces régions à la Belgique, un mandat de tutelle lui étant confié en 1926 par la Société des Nations.

 

Les Belges renforceront le pouvoir Tutsi et contrôleront les Hutus en se servant de moyens administratifs et fiscaux inspirés de ceux en vigueur dans leur pays et au Congo.

 

Les Tutsis très minoritaires (10 à 15 %) perdront de plus en plus de leur pouvoir au profit des Hutus encouragés et soutenus par l’Église avec comme conséquence la destitution en 1931 du mwami Musinga qui ne s’était pas converti au catholicisme : son fils, l’ayant fait, lui succédera.

 

Pendant la seconde guerre mondiale, une famine provoquée par la sécheresse causa la mort de près de 300.000 victimes sur une population à l’époque de 2.000.000 d’habitants.

 

En 1959, l’Église s’en prend violemment au mwami contestant son pouvoir dictatorial et divin. Peu après, celui-ci décèdera en clinique dans des conditions jugées par certains anormales.

 

Des élections communales auront lieu en 1960 avec la victoire du parti hutu de Grégoire Kayibanda de même qu’en 1961 aux élections législatives avec un score de 78% des voix.

 

La Belgique accordera l’indépendance au pays le 1er juillet 1962 et Kayibanda sera le premier président de la République rwandaise.

 

De 1959 à 1963 la moitié des Tutsis se réfugient dans les pays voisins (Ouganda, Burundi, Congo-Zaïre et Tanzanie). En 1963, ils reviendront chez eux en guerriers redoutables, forts de leurs traditions militaires ancestrales.

 

Ce fut le début d’un des génocides les plus graves du siècle dernier dont les causes ne sont pas faciles à déterminer. Les Hutus, les Tutsis et les Twas parlent la même langue, ont les mêmes coutumes, se marient de la même manière entre groupes ethniques, ont la même foi en un Dieu unique (Imana) et ont toujours vécu ensemble sur tout le territoire.

 

Il apparaîtrait que suivant décision royale, un agriculteur hutu pouvait devenir éleveur et, comme signalé plus haut, des Tutsis pouvaient prendre pour femme une Hutu.

 

Peut-être y a-t-il eu erreur de la part des colonisateurs belges qui se baseront sur des critères de mesures morphologiques pour les classer suivant des stéréotypes raciaux classiques à l’époque (les Tutsis, grands et minces, et les Hutus, petits et trapus).

 

Certains prétendront que la différence de taille entre les deux groupes provient plus de la nourriture d’origine bovine (lait, sang et viande) chez les éleveurs, alors qu’elle est végétarienne chez les agriculteurs, particularité que l’on rencontre également dans les populations américaines ou de l’Europe du Nord, grands consommateurs de produits laitiers et de viande de bœuf.

 

D’ailleurs, cette distinction était loin d’être tellement évidente puisque l’identité ethnique sera officiellement décrétée en 1931 par le port d’une carte d’identité ethnique. (Lors des massacres du génocide on a retrouvé ces cartes avec les cadavres)

 

L’Église catholique sera très embarrassée de n’avoir pu contrer ces violences et cette haine entre deux groupes « sociaux », favorisant d’abord les intellectuels Tutsis majoritaires pour ensuite les abandonner quand ils devinrent trop « libéraux » et que la démocratisation des institutions les représentera très minoritairement (10 à15 % de la population).

 

Pourtant Jean-Paul II après sa suggestion d’un dialogue avec les exilés en 1990, sera parmi les premiers à dénoncer le génocide à l’ONU dès le 27 avril 1994 et déclara en 1996 que si des représentants de l’Église étaient coupables, ils devaient être jugés.

 

Il n’empêche que l’attitude de l’Église locale fut très ambiguë. Deux religieuses rwandaises furent condamnées par la justice belge à 15 et 12 ans de réclusion pour avoir livré des familles tutsies réfugiées dans leur couvent.

 

On s’interroge aussi sur la responsabilité du père blanc Guy Theunis, qui a vécu au Rwanda de 1970 à 1994, directeur de revues catholiques, sans doute injustement accusé de partialité dans le génocide, ce qui suscita l’indignation de « Reporters sans frontières » qui le défendit.

 

Il est accusé d’avoir reproduit des extraits d’articles incitant au génocide en 1994 dans un magazine dont il était un des responsables. D’après « Reporters sans frontières » si le père a repris des passages extrémistes d’un journal, c’était pour mieux en dénoncer la haine et l’intolérance.

 

Il fut incarcéré le 5 septembre 2005 à la prison de Kigali pendant deux mois et demi puis transféré le 20 novembre 2005 en Belgique, suite à l’intervention du ministre de la justice belge, sans escorte policière en tant qu’homme libre, pour y être jugé en Belgique (celle-ci jugera-t-elle les faits suffisamment avérés pour le faire ?).

 

On ne peut évoquer ces périodes troublées sans parler de la mort des dix casques bleus belges le 7 avril 1994. Ils assuraient l’escorte du premier ministre de l’époque, Agathe Uwilingiyimana qui fut abattue avec les dix casques bleus par des soldats de l’armée régulière rwandaise.

 

Les familles des dix victimes belges accusent le général canadien Dallaire, qui dirigeait la mission d’assistance des Nations Unies au Rwanda (Minuar), d’être passé sans intervenir non loin de l’endroit où les paras se faisaient assassiner.

 

Le général Dallaire, a admis, début 2004, alors retraité, sa responsabilité dans la mort des casques bleus belges, tout en invoquant les nombreuses restrictions des mandats de cette force et les responsabilités de pays influents dont la Belgique.

 

Un procès a eu lieu le 19 avril 2007 devant la cour d’assises de Bruxelles sous la présidence de Karin Gérard (habituée des débats télévisés belges) où comparaîtra Bernard Ntuyahaga (54 ans) accusé de génocide. Il sera condamné le 5 juillet à 20 ans de prison.

 

Ce sera le troisième jugé en vertu de la loi de compétence universelle inscrite dans la législation belge (en 1993, modifiée en 2003) qui permet de juger des crimes de droit international même s’ils sont commis en dehors du territoire.

 

Le génocide avait été provoqué suite à l’attentat, le 6 avril 1994, par un tir de missile contre l’avion de Juvénal Habyarimana (président dictateur depuis 1961) qui a causé sa mort ainsi que celle du président burundais qui l’accompagnait. La responsabilité de cet assassinat politique n’a jamais pu être établie avec certitude.

 

Toujours est-il que cet événement contribua à déclencher un des plus grands génocides du siècle (près de 800.000 à 1.000.000 de morts), les extrémistes hutus éliminant à la machette les Tutsis et les Hutus modérés.

 

Il semble que la France et plus particulièrement le président Mitterrand ait toujours entretenu des relations privilégiées avec le président assassiné, les fils des deux présidents se rencontrant régulièrement, celui du président français, responsable de la cellule africaine de l’Élysée et ombre n/javascript/tinymce/plugins/blogspirit/langs/fr.js?20090525" type="text/javascript"> de son père, étant ine;">surnommé par les Rwandais « Papamadi » (Papa m’a dit).

 

On pense également que la France ne voyait pas d’un très bon oeil le soutien des anciennes colonies britanniques (Ouganda et Tanzanie) aux Tutsis qui s’y étaient réfugiés et qui risquaient de mettre en péril son hégémonie, de là son évidente complaisance envers les Hutus et un certain laxisme à défendre les Tutsis.

 

Actuellement les Tutsis survivants sont majoritairement rentrés et sont principalement installés dans les villes où ils exercent des professions libérales ou intellectuelles aux côtés des Hutus évolués.

 

Depuis peu une nouvelle loi foncière oblige les propriétaires à exploiter leurs terres de manière rationnelle (notamment par protection de l’érosion) sous peine de réquisition au profit d’un autre exploitant qui devra exposer son plan de rentabilité, sinon confiscation par l’État.

 

A la suite du génocide, il y a beaucoup plus de femmes que d’hommes. (un tiers des ménages est dirigés par une femme ou même un enfant) Elles deviennent un élément essentiel de la productivité, elles peuvent maintenant hériter des terres et les exploiter.

 

Dans les campagnes, les exploitants agricoles étaient établis au milieu de leurs terres, aussi un gros effort de rationalisation est entrepris pour créer des villages avec des moyens communs produits en collectivité (électricité, conduites d’eau et installations agricoles).

 

Pour compléter mon étude, il m’a semblé utile de donner un court aperçu du pays voisin, le Burundi, tellement il est semblable au Ruanda tant économiquement que politiquement.

 

L’histoire du Burundi est pareille à celle de son voisin : mêmes origines, avec système féodal et prédominance des Tutsis sur les Hutus, même colonisateurs (Allemands et Belges) et même indépendance en juillet 1962.

 

Depuis lors, ce pays connaîtra les mêmes événements douloureux, mais de moins grande ampleur : mêmes massacres entre Tutsis, élites et agriculteurs Hutus, l’un et l’autre opposés et appuyés extérieurement tantôt par les hommes de Laurent-Désiré Kabila, (futur président du Congo, assassiné le 16 janvier 2001, auquel son fils Joseph succédera) tantôt par la Tanzanie. Le génocide burundais moins important coûtera cependant la vie à 200.000 personnes.

 

Aimable Mouniourangabo ne nous parla pas de tout cela. A l’époque, les événements dramatiques n’avaient pas encore atteint leur paroxysme, engendrant un des génocides les plus graves de l’histoire du siècle passé.

 

Signalons cependant que déjà l’offensive des Tutsis en 1963 causa la mort de 10.000 d’entre eux et que l’insurrection hutue du Burundi en 1972, fit 100.000 victimes.

 

Notre conférencier est un homme doux et très cultivé dont nous appréciions beaucoup la valeur morale : il nous présenta son pays avec beaucoup de finesse et un remarquable sens de la grandeur.

 

Maintenant que je viens de relater avec tristesse des événements atroces qui font douter de l’humanité, je ne peux m’empêcher de penser que les hommes les meilleurs sont bien près de l’infamie.

 

J’ai vu, en reportage de l’époque, des Rwandais en tuer d’autres à coups de machettes longuement avec acharnement jusqu’à ce qu’ils ne bougent plus comme on élimine une bête malfaisante…. C’est bouleversant et interpellant…..

 

A l’époque de nos rencontres, en 1985, on ignorait tout cela. Nous étions conquis par une population qui semblait avoir atteint un degré de civilisation et d’organisation remarquable, incapable semblait-il d’en venir à de tels débordements comme l’avaient fait, dans le passé, les sans-culottes, les nazis, les colonisateurs, négriers ou autres tortionnaires de l’histoire.

 

Cette inconscience nous a permis de prendre le traditionnel « drink » dans une ambiance détendue et amicale en évoquant la beauté, le climat et le pittoresque d’une région qui aurait dû être un paradis.

 

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22p - Haïti{17}

 

Battons notre coulpe,

Nous,

Les arrogants seigneurs,

Civilisés de Dieu

Gorgés de sang noir,

Devant la misère

D’un peuple d’esclaves

Agenouillés devant nous.

 

Nous,

Les bâtisseurs d’empire,

Qu’avons nous fait

Du chant de l’Afrique

Plus grand que les rapides

Plus fort que les baobabs.

 

Nous,

Les esclavagistes sans pitié,

Spoliateurs de civilisations,

Osons-nous encor

Contempler notre or

Et nos cathédrales

Sans avoir au front

Le rouge de la honte.

 

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{17} Le 24 janvier 1986, Antoine Dubois et sa ravissante épouse voulurent bien nous commenter une très belle série de diapositives que notre ami, Monsieur Godin, paroissien grand voyageur et talentueux photographe avait sélectionnées dans les 20.000 qu’il réalisa en parcourant le monde.

 

Ce fut un festival coloré et tapageur malgré l’absence de son, tant le soleil illuminait l’écran et l’objectif donnait vie à une population joyeuse et palpitante, cependant si misérable.

 

Haïti est un État d’Amérique du Nord, situé à l’ouest de l’île baptisée Hispaniola (petite Espagne) par Christophe Colomb quand il la découvrit en décembre 1492. L’Est est occupé maintenant par la République dominicaine. La population autochtone (100.000) était amérindienne (Arawaks, Caraïbes et Taïnos).

 

Les hommes de Colomb furent chassés ou exterminés et une seconde colonie sous la conduite des Dominicains sera fondée peu après pour y exploiter l’or tandis que l’île était rebaptisée Santo Domingo.

 

La population indigène sera décimée en quelques décennies (esclavage dans les mines d’or, maladies infectieuses apportées par les colons, malnutrition et mauvais traitements). Pour les remplacer dans les mines et dans les plantations Charles Quint autorisa, dès 1517, la déportation d’esclaves noirs d’Afrique.

 

L’ouest de l’île fut négligée par les Espagnols et les « boucaniers français » s’y établirent. C’étaient des Normands qui y vivaient de la viande des bœufs sauvages en abondance dans l’île, qu’ils chassaient et boucanaient (fumer sur gril) pour la vendre en Europe. Par la suite, par extension, le nom de *boucanier* fut donné à tous les pirates qui écumaient les mers du Nouveau Monde.

 

Des colons s’y répandirent également pour exploiter la canne à sucre, le coton et plus tard, le café dont les cultures exigeaient une importante main d’œuvre d’esclaves noirs ( à la veille de la révolution française, il y avait un demi-million* d’esclaves noirs* et 30.000 colons blancs)).

 

Les esclaves se soulèveront régulièrement au XVIIIe siècle et incités par le succès de la révolution française, le 4 août 1791, réussirent à s’imposer sous la direction d’un régisseur noir affranchi, Toussaint Louverture qui se proclamera gouverneur de l’île.

 

Cependant en 1802, Napoléon Ier enverra des troupes françaises pour rétablir l’esclavage afin de mieux contraindre les travailleurs noirs. Toussaint Louverture sera capturé et envoyé en France, il y mourra l’année suivante.

 

Ses lieutenants, Jean-Jacques Dessalines et Henri Christophe reprendront l’insurrection, triompheront de l’armée française, élimineront les blancs et le 1erjanvier 1804, proclameront la première république noire du monde en lui restituant son ancien nom : Haïti.

 

C’est la raison pour laquelle la quasi-totalité des habitants (7.500.000) descendent des esclaves noirs et parlent le créole haïtien qui deviendra la plus importante des langues créoles parlées à base lexicale française : 7.500.000 sur 9.000.000 de l ocuteurs, les autres étant 1.000.000 à île Maurice, 600.000 à la Réunion, 380.000 à la Martinique, 425.000 à la Guadeloupe et 70.000 aux Seychelles ; on le parle également en Guyane, en Acadie, en Louisiane et à l’île Rodrigue.

 

Rappelons que le mot créole désignait anciennement un blanc né dans une ancienne colonie européenne, mais également les langues issues du parler régional, influencé par les métissages afro-européen ou afro-asio-européen venant des anciennes colonies et qui n’ont rien à voir avec le type physique : c’est ainsi qu’il en existe à base lexicale allemande, anglaise, espagnole, française, néerlandaise et portugaise.

 

Le sort de Jean-Jacques Dessalines qui avait succédé à Toussaint Louverture ne fut guère plus heureux car il fut assassiné deux ans plus tard et le pays scindé en deux : Haïti et Saint Domingue (annexé à l’Espagne jusqu’à la révolution de 1865 et son indépendance reconnue par la France, le Saint-Siège et les États-Unis.)

 

Pour Haïti, ce fut le début d’une période de troubles et de révolutions, car entre 1804 et 1957, il y eut 38 chefs d’État, dont 36 seront renversés ou assassinés. En 1915, les Américains occupèrent militairement l’île et échouèrent dans leur tentative d’y rétablir l’ordre malgré une répression dure.

 

Finalement, en 1957, François Duvalier, « Papa Doc » fut élu président avec le soutien de la population noire. Impitoyable dictateur, il s’imposa appuyé par une milice personnelle « les tontons macoutes » qui parvinrent à maîtriser l’armée et à juguler toute résistance dans le pays (près de deux mille exécutions en 1967).

 

Son fils de 19 ans, Jean-Claude Duvalier (Bébé Doc) lui succédera à sa mort en 1971, exerçant une dictature aussi dure que celle de son père. Il sera cependant renversé en 1986 par la population, tellement il fut incapable, dépravé et tombé dans la corruption. Il ira dilapider ses biens dans le midi de la France.

 

Ce pathétique pays est incontestablement incapable de se gérer démocratiquement. Sa population, crédule et versatile, s’emballe dès qu’un « dictateur » se présente qui crie fort, s’entoure de fidèles et, en fin de compte, impose sa loi.

 

C’est ainsi qu’après Duvalier, un militaire, le général Henri Namphy s’empara du pouvoir en 1986 et un autre coup d’État le remplacera par le général Prosper Avril de 1988 à 1990.

 

En mars 1990, des élections furent imposées sous contrôle international avec un gouvernement civil de transition présidé par Madame Ertha Trouillot. En décembre 1990, un prêtre catholique, Jean-Bertrand Aristide fut élu président, mais le pauvre fut renversé par une junte militaire en septembre 1991. Il se réfugia aux États-Unis pendant trois ans.

 

La situation du pays se détériorant, les États-Unis une fois de plus décidèrent d’intervenir militairement le 19 septembre 1994 et de rétablir le président Aristide qui céda ses fonctions à l’ancien Premier ministre René Préval, la constitution ne l’autorisant pas exercer un second mandat consécutivement au premier.

 

Il s’ensuivit une nouvelle période de troubles et d’assassinats politiques jusqu’à ce que René Préval parvint à une entente avec les cinq partis d’opposition pour former un gouvernement stable.

 

La capitale du pays est Port-au-Prince et sa population comptait 7.527.817 habitants en 2003. Elle est indépendante depuis 1804 et son actuel président est André Préval. Monnaie : la Gourde.

 

Nous avons connu de nombreux Haïtiens, surtout des étudiantes infirmières, la paroisse leur procurant un appartement dans un de ses immeubles situés presque en face de chez nous.

 

Très aimables et discrètes, ces personnes nous rendirent de nombreux services, surtout l’une d’elle s’étant retrouvée d ans la même institution d’étude que notre fille Béatrice.

 

Aussi, ce sera dans une ambiance de chaude sympathie que nous terminerons la soirée autour d’un thé haïtien tellement agréable tout en échangeant quelques propos sur une région si belle mais si misérable.

 

 

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