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30/03/2010

Ch. 22 l - Belgique et Congo (LES AMIS D'AILLEURS)

&qu

 

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)

 

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire des pays mis à jour :

 

22l – La Belgique{13}

 

Terre de mes ancêtres,

Limon de mes aïeux,

Ô, toi qui m’a vu naître

Au jour voulu des cieux

 

J’ai clamé ma foi,

Penché sur tes marbres.

J’ai touché du doigt

Le cœur de tes arbres.

 

J’ai sonné l’olifant

Pour appeler ma mie.

J’ai chanté à l’enfant,

J’ai souri à l’amie.

 

J’ai tant aimé ton sol

Et tes fleurs et tes champs,

Tes grands oiseaux en vol

Et ton soleil couchant.

 

J’ai écouté le vent

Qui chantait dans tes branches,

Sifflait dans tes auvents,

Semait la neige blanche.

 

Terre de mes enfants,

Dans un jour triomphant,

Tu m’auras apporté

Joies et paternité.

 

 

{13} Le 22 février 1985, à la demande de nombreux habitués de nos rencontres, nous nous risquâmes de présenter notre pays, la Belgique, à nos amis étrangers avec le concours des Belges de la salle.


Au programme : « Belle comme Bel(le)gique » avec le concours de la Force Aérienne, commentaires composés et lus par Maurice Carême. (La Belgique vue d’en haut à basse altitude comme on ne l’a jamais vue.) et « Côté jardins » les villes les plus importantes de Belgique avec leurs cours, jardins et parcs.

 

Ce fut l’occasion pour nous de montrer fièrement notre pays en soulignant son caractère fleuri et verdoyant dans un climat habituellement maussade et d’étaler les coloris délicats et la fraîcheur intime de nos petites villes et bourgades qui s’échelonnent tout au long des cours d’eau de Flandre depuis Bruges en passant par Bruxelles, ses parcs et espaces verts, pour finalement franchir les collines de Wallonie jusqu’aux envoûtantes et mystérieuses forêts ardennaises.


Durant les deux millénaires qui nous précèdent, la région aujourd'hui couverte par la Belgique a été le théâtre de nombreux bouleversements démographiques, politiques et culturels.


Les premières traces de civilisation bien développées remontent à l'invasion de la région par l'Empire Romain au Ier siècle av. J.-C. Selon Jules César[ ] (57 avant J-C) «Horum omnium fortissimi sunt Belgæ- De tous les peuples de la Gaule, les belges sont les plus braves ».


La traduction de « fortis » est parfois contestée. Si je consulte mon dictionnaire latin Hatier[ , le premier sens est robuste, vigoureux puis violent, impétueux et, seulement en troisième lieu brave, courageux…accepté par la plupart des traducteurs, probablement en raison des difficultés énormes que César rencontra pour soumettre les tribus belges. Il n’y arriva que péniblement grâce surtout à l’appui de troupes fraîches qu’il réclama de Rome.


En effet, en relisant attentivement les derniers chapitres de la traduction du célèbre ouvrage sur lequel ont séché tant de potaches, j’y ai relevé ce qui suit : derline;">Ambiorix et les Éburons, Boduognat et les Nerviens furent héroïques forçant l’admiration de Jules César.

 


Au VIIIe siècle, ]les Francs établirent le Royaume mérovingien, qui devint l'Empire carolingien.


Au Moyen Âge, les Pays-Bas étaient divisés en une multitude d'États féodaux qui occupaient la région. La plupart furent unifiés aux XIVe et XVe siècles par les bourguignons. Ces États gagnèrent une certaine indépendance au XVe siècle et se nommaient les dix-sept Provinces.


L'histoire de la Belgique se distingue de celle des Pays-Bas à partir du XVIe siècle. Une guerre civile divisa les dix-sept provinces en deux ; dans le Nord, les Provinces Unies et, dans le Sud, les Pays-Bas du Sud. La partie sud fut administrée successivement par les Habsbourg espagnols puis autrichiens. Jusqu'à l'indépendance, les Pays-Bas du Sud furent convoités par de nombreux conquérants français et furent le théâtre de plusieurs batailles franco-espagnoles ou franco-autrichiennes. Après la Révolution française, la région intégra la France, ce qui mit fin aux ambitions des Espagnols et des Autrichiens. La réunification des Pays-Bas eut lieu à la fin du Premier Empire français en 1815.


Composée de l'ancienne partie méridionale des Pays-Bas espagnols, puis autrichiens, et de l'ancienne Principauté de Liège, la Belgique devint indépendante en 1830 lorsque ses habitants, en majorité catholiques, firent sécession des Pays-Bas à majorité protestante.


Elle fut occupée par l'Allemagne pendant les Première et Seconde Guerres mondiales. Depuis, le pays a prospéré et est devenu l'un des pays les plus modernes d'Europe. La Belgique qui a adhéré à l'OTAN, fut l'un des fondateurs de l'Union européenne et à ce titre est compris dans la zone Euro. Son histoire contemporaine est dominée par l’évolutions de plus en plus autonomes de ses deux communautés principales, la Communauté française de Belgique et la Communauté flamande.


Voir ci-après des dates intéressantes ou « amusantes » de l’histoire de la Belgique, tirées (et complétées par nous) de l’excellent travail de « l’Internaute ».

°www.linternaute.com/histoire/histoire-de-la-Belgique.shtml°


1er siècle avt J-C. Conquête de la Gaule par les romains et création de la Franque germanique (flamands) et des francs (wallons) villes : Tournai et Tongres.

 

843 : Traité de Verdun : partage entre Franquie (Flandre – Charles le Chauve) et Lotharingie (Wallonie – Lothaire 1er, plus tard : Saint Empire romain germanique).

 

1240 : Les pères de l’abbaye de Leffe rachètent une brasserie et fabriquent une bière de haute fermentation. (Au Moyen-Age, il y avait des guildes de brasseurs dans les Pays-Bas, notamment à Liège, Bruxelles et Louvain. La bière était une boisson répandue dans les monastères et les villes médiévales avaient leurs corporations. Cette boisson alcoolisée était aussi un moyen de se prémunir des épidémies dues à la pollution des eaux dans les villes.)

 

1302 : Mâtines Brugeoises : révolte contre les Français et massacre de la garnison avec le célèbre mot de passe « Schield en vriend », « bouclier et ami » qu’il fallait prononcer avec l’accent.

 

1384 : La Flandre devient bourguignonne sous le duc Philippe le Hardi qui annexera aussi le comté de Namur, le duché de Brabant-Limbourg, les comtés de Hainaut, la Zeelande, la Hollande, la Frise et plus tard les duchés de Luxembourg et la principauté de Liège.

 

1477 : Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire, épouse Maximilien de Habsbourg, qui héritera des Pays-Bas. Par la suite (en 1581) Charles Quint y ajoutera des territoires pour former les Dix-Sept Provinces unies (Franche-Comté, Flandre, Artois, Malines, Anvers, Hainaut, Namur, Brabant, Limbourg, Luxembourg, Hollande, Zélande, Gueldre (avec Zutphen), Utrecht, Over-Yssel, Frise, Groningue (avec Drenthe) et plus tard Cambrai s’y ajouta)

 

1579 : Division des Pays-Bas sous Philippe II d’Espagne, successeur de Charles Quint qui s’oppose à la réforme en regroupant (union d’Arras)) les provinces catholiques du sud sous autorité espagnole qui délimiteront grossièrement la future Belgique, de même qu’un peu plus tard, l’union d’Utrecht regroupera les provinces du nord, futurs Pays-Bas.

 

1702 : Malbrough s’en va t’en guerre, mironton, mirontaine…Chanson populaire française qui rendit célèbre le général anglais John Marlborough qui s’empare de Liège appartenant aux Espagnols (guerre de succession d’Espagne).

 

1713 : Les Pays-Bas espagnols passent à l’Autriche ; (dynastie des Habsbourgs) : traité d’Utrecht. La Belgique comprend les duchés de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg, de Gueldre (Pays-Bas) ainsi que les comtés de Hainaut, de Flandre, le marquisat de Namur et, enfin les villes de Tournai et de Malines.

 

1792 Bataille de Jemmapes : 40.000 volontaires révolutionnaires français remportent une éclatante victoire contre l’Autriche à Jemmapes et le général français Dumouriez prend possession du pays au nom de la France.

 

1793 : Bataille de Neerwinden : le 18 mars, le général français Dumouriez se fait battre à Neerwinden et l’Autriche reprend possession du territoire, cependant à la bataille de Fleurus, en 1794, la France récupérera son bien.

 

1815 : Waterloo, morne plaine, comme une onde qui bout dans une urne trop pleine, pleurait Victor Hugo pour évoquer la défaite française. C’est le 18 juin que les troupes britanniques de Wellington et les prussiennes de Blücher écrasent l’armée de Napoléon qui avait réussi à s’échapper de l’île d’Elbe et à reconstituer ses forces armées.

 

1830 : Révolution du 25 août - Au départ du théâtre de la Monnaie à Bruxelles, les Belges se révoltent contre les Pays-Bas et réussissent à faire reconnaître leur indépendance par les grandes nations réunies à Londres

 

1831 : Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha est proclamé roi des Belges, sous le nom de Léopold 1er et prêtera serment le 21 juillet qui deviendra la fête nationale du pays.

 

1867 : Le journaliste américain Henry Norton Stanley retrouve dans le bassin inférieur du fleuve Congo, le Docteur Livingstone, célèbre explorateur, qui avait disparu depuis plusieurs années et qui pensait avoir retrouvé le bassin du Haut Nil.

 

Après avoir continué un périple qui l’amena au Stanley Pool (actuellement le Pool Malebo -lac du fleuve Congo de 35 x 23 km sur lequel sont situées les actuelles villes de Kinshasa et Brazzaville), Stanley effectua un long détour pour atteindre le port de Boma afin d’éviter les régions impénétrables des cascades. Quand il revint en Europe, bien que diminué physiquement, il s’employa à intéresser les puissances coloniales à la colonisation de cette immense contrée.

 

C’est ainsi qu’il s’entendit avec Léopold II qui cherchait depuis longtemps à accroître l’importance de la Belgique en la dotant de colonies. Aux réticences du gouvernement belge qui fut effrayé du gigantisme de l’entreprise pour un petit pays, Léopold II, audacieux, en 1885, l’entreprit à son nom en utilisant le droit de propriété dont il jouissait en tant que citoyen belge.

 

Il en tirera d’importants profits en bénéficiant de l’exploitation du caoutchouc pour les pneus des automobiles en pleine expansion. La récolte sur des arbres sauvages dans les forêts se faisait par des indigènes sous la contrainte d’aventuriers armés qui les exploitaient et les brutalisaient.

 

Le Congo est un territoire couvrant principalement la plus grande partie du bassin du fleuve Congo, le second du monde par son débit après le fleuve Brésilien de l’Amazone.

 

Il semblerait que les Bantous venant d’Afrique occidentale auraient été les premiers à s’installer sur les côtes et les plateaux. L’empire Kongo existerait depuis le quatrième siècle en s’étendant sur les deux Congo actuels et une partie de l’Angola. On reconnaît à ces primitifs un savoir-faire évolué : transmission de messages par tam-tam, vaccin à partir de plantes, tracé de voies de communication par sentiers, matière textile à partir de feuilles de bambou….

 

Au seizième au siècle, une autre ethnie, les Balubas, venant du Katanga ont créé un grand État entre la rivière Kasai et le lac Tanganika. Ils étaient dirigés par des rois qui régnaient sur des chefferies de villages.

 

L’empire Lunda quant à lui s’étendait sur l’extrême sud du Katanga, ses habitants adoraient un dieu unique et l’eau était le symbole de la vie. Toute cette population fut malheureusement réduite par la traite des noirs vendus comme esclaves tant aux colons portugais du Brésil qu’aux arabes du Yemen, d’Oman et d’Arabie Saoudite.

 

En dehors de ces groupes ethniques, il faut également citer les « Kuba » du Rwanda, petit groupe dont il reste actuellement une centaine de milliers d’individus et les « Garangeza » créés par un certain M`Siri.

 

Il faut signaler également que les négociants arabo-swahili dévastaient l’est du Congo (les actuels Kivu et province orientale) et que le commerçant esclavagiste Tippu Tip, s’était taillé un fief dans l’est en 1885..

 

La cuvette centrale du Congo, couverte par la forêt équatoriale et peu peuplée, restera longtemps le domaine des peuples chasseurs, et notamment des Pygmées Twa.

 

1875 : Verlaine qui s’était réfugié en Belgique avec son amant Arthur Rimbaud, sort de prison où il a purgé une peine de deux ans pour avoir tiré sur son partenaire de débauche et va le retrouver à Stuttgart où ce dernier travaille comme précepteur.

 

1878 : Dans la mine de Bernissart, des mineurs découvrent 29 squelettes d’iguanodons d’environ une dizaine de mètres de long en parfait état, à 322 mètres de profondeur.

 

1880 : Depuis 1880, l’exploitation du territoire congolais est réalisée en se servant du réseau hydrographique du fleuve Congo. Entre Matadi et Kinshasa, le fleuve n’était pas navigable à cause des nombreuses chutes qui se succèdent sur 300 kilomètres et qu’il fallait contourner par un portage meurtrier et peu efficient, en utilisant la main-d’œuvre locale. Aussi, Stanley insista-t-il fortement pour que fut construite une voie ferrée qui éviterait les chutes et les gorges du fleuve. La ligne fut construite de 1890 à 1898 et des aménagements furent entrepris de 1923 à 1931 (Cette ligne coûtera la vie à près de 9000 êtres humains.

 

1880 Louis Pasteur découvre l’existence de cellules de levure spécifiques à la bonne transformation des sucres en alcool, ainsi qu’en chauffant le « brassin » à 70° (pasteurisation) pour tuer tous les micro-organismes nocifs, ce qui donnera un essor nouveau à l’industrie de la bière.

 

1908 : Le roi des Belges, Léopold II qui possédait le Congo en propriété personnelle depuis 1885 en tant qu’État indépendant, en fait don à la Belgique. L’enrichissement de Léopold II (par son exploitation du Congo) lui permettra de construire à ses frais les serres royales, le musée de Tervueren, ainsi que d’autres ouvrages…

 

28/6/1914 : Assassinat de L’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie et de sa femme en visite à Sarajévo, en Bosnie-Herzégovine, par le nationaliste serbe de 19 ans, Gavrilo Princip. Cette action mettra le feu à l’Europe, alors divisée entre la Triple-Alliance (Autriche-Hongie, Allemagne et Italie) et la Triple Entente (Russie, France et Grande-Bretagne) et fut une des causes de la première guerre mondiale.

 

28/7/1914 : L’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie et le conflit se généralise entre les deux alliances, déclenchant la première guerre mondiale qui dura quatre ans et fit huit millions de morts.

 

Août 1914 : Le 1er août, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie, le 3 août à la France et le 4 août, malgré la neutralité de la Belgique, franchit les frontières belges dans le cadre du plan Schlieffen élaboré suite à l’alliance entre la France et la Russie.

 

L’armée des envahisseurs espère ainsi contourner les zones françaises et éviter un combat frontal. L’armée belge, dirigée par le roi Albert qui prit d’importantes initiatives stratégiques (évacuer le port d’Anvers pour éviter l’encerclement et inonder la côte belge) résista héroïquement mais n’empêcha pas une occupation d’une grande partie du territoire.

 

En effet, suite à la suggestion d’un éclusier, les écluses de lYser furent fermées ce qui provoqua l’inondation de toute la région et stoppa l’avance allemande. Les deux camps se cantonnèrent alors dans des tranchées (guerre des tranchées) avec combats sporadiques infructueux dont ceux célèbres du « boyau de la mort » (seule tranchée qui rejoignait celle de l’ennemi mettant les adversaires face à face).

 

La Belgique, sous le règne de ce « Roi Soldat » connut d’importantes réalisations, malgré la crise économique de 1929 : instauration du suffrage universel en 1918, reconstruction rapide du pays après la guerre, creusement du canal Albert, reliant Liège au port d’Anvers qui est agrandi (1930), vote de la loi des huit heures et de la semaine des quarante heures en 1921, création, en 1928, du fonds national de la recherche scientifique (FNRS), flamandisation de l’université de Gand en 1930 et unilinguisme des deux parties du pays en 1932.

 

1915 : L’infirmière anglaise Edith Cavel est exécutée en Belgique par les Allemands ; elle travaillait dans une grande clinique bruxelloise.

 

22/4/1915 : première utilisation des gaz asphyxiants à Ypres (Belgique) qui tuèrent entre 1915 et 1916 près de 100.000 soldats, malgré les masques respiratoires qu’ils portaient. Cette pratique est contraire à la déclaration de la Haye de 1899. Depuis, le protocole de Genève de 1925 et la résolution des Nations Unies de 1969 en proscriront l’emploi.

 

1917 : Le pilote français Guynemer ( « l’as des as » : 53 victoires, fut descendu sept fois) est abattu près d’Ypres, en Belgique. Son corps ne sera jamais retrouvé.

 

6/4/1917 :Les États-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne et débarq uent à Boulogne le 15 juin.

 

28/6/1919 : Traité de Versailles impose à l’Allemagne de restituer l’Alsace et la Lorraine à la France, à la Belgique Eupen, Malmédy et Moresnet, à la Pologne la Posnamie et une partie de la Prusse-Occidentale et lui donner un accès à la mer, de perdre ses colonies au profit des alliés, de se démilitariser, de payer des dommages de guerre et d’internationaliser la plupart de ses voies d’eau …

 

1920 : Anvers est désigné pour accueillir les jeux olympiques en hommage aux souffrances endurées par sa population pendant la guerre. Création du drapeau aux cinq anneaux et premier serment olympique, engageant l’esprit sportif de la part des participants.

 

1926 : Mariage du prince Léopold avec Astrid (troisième fille de la princesse Ingebord et du prince Carl, frère cadet du roi Gustave V de Suède.) De cette union naîtront : le 11/10/1927, Joséphine-Charlotte, le 7 septembre 1030, Baudouin et le 6 juin 1934, Albert.

 

1929/1930 : En 1929, première aventure de Tintin créée et dessinée par Georges Rémy (Hergé) dans le supplément du « Vingtième siècle » appelé le « Petit Vingtième » qui fut suivie par « Tintin au pays des soviets » et en 1930, de « Quick et Flupke ».

 

17/2/1934 : Mort accidentelle du roi Albert en faisant de l’alpinisme à Marche-les-Dames, son fils, Léopold III, lui succède.

 

29/8/1935 : La reine Astrid meurt dans un accident de voiture à Küssnacht en Suisse, elle allait avoir trente ans. Ce fut une grande perte pour le pays. Elle venait de déclencher, au début de 1935, dans son « Appel de la Reine » un immense élan de solidarité en faveur des plus démunis frappés par la crise économique qui frappait le monde entier, tout en s’investissant elle-même.

 

24/11/1936 : Pacte anti-kominterm (contre la Troisième internationale communiste) entre le Japon qui se heurte aux conquêtes de l’armée soviétique et l’Allemagne nazie anticommuniste. Ils seront rejoints un an plus tard par l’Italie fasciste de Mussolini pour constituer les forces de « l’axe ».

 

1938 : Naissance du journal de Spirou (écureuil en wallon), histoire d’un groom d’hôtel, facétieux et débrouillard, publiée en première page du journal (éditeur Jean Dupuis).

 

1/9/1939 : La Wehrmarcht (armée allemande) envahit la Pologne pour se créer de « l’espace vital », après avoir signé un pacte de non-agression de dix ans (qui fut rompu par Hitler le 22/6/1941) avec l’URSS qui en profitera pour attaquer la Finlande, annexer les pays baltes et envahir la Roumanie. Deux jours après l’invasion de la Pologne, l’Angleterre et la France déclarent la guerre à l’Allemagne. C’est la seconde guerre mondiale qui fit plus de 50 millions de morts et ne s’achèvera qu’en 1945.

 

10/5/1940 : Hitler envahit la Belgique, la France et la Hollande. En quelques jours, 8 à 10 millions de Belges et de Français se retrouvent sur les routes, mitraillés par les avions « stukas » des Allemands. Le gouvernement belge capitule le 15 et les Néerlandais le 27. Les Allemands entrent dans Paris le 14 juin et le maréchal Pétain signe l’armistice le 22 juin.

 

28/5/1940 : Le roi des Belges, Léopold III capitule sans armistice et est retenu prisonnier au château de Laeken, tandis que le gouvernement Pierlot s’exile à Londres. En 1944, le souverain sera emmené en Autriche pour ne revenir en Belgique avec sa famille qu’en 1950, à la suite d’un conflit qui s’est créé dans la population entre ses partisans et ses adversaires.

 

La majorité catholique du pays (surtout flamande) se prononcera pour son retour à 57,68 % des voix, lors d’un plébiscite organisé le 12 mars 1950. Cependant une fracture apparaît entre les Flamands favorables à son retour (72,2 %) et les Wallons qui y seront opposés (58 %) ainsi que Bruxelles (52 %) ; Les provinces du Luxembourg et de Namur sont favorables à respectivement 65 % et 58 %, tandis que le Hainaut s’y oppose à 64 % et Liège à 58 %. Le prince Charles, frère du roi, avait assuré la régence du pays pendant l’absence de celui-ci.

 

Juin 1950 : Aux élections de juin 1950, le Parti Social-Chrétien qui seul a soutenu le roi, obtient la majorité absolue (plus de 50 %) surtout à cause des femmes qui votent pour la première fois, à cette époque traditionnellement chrétiennes (surtout celles qui sont au foyer).

 

Le roi rentre le 22 juillet ; mais la reprise de son règne sera de courte durée en raison de l’agitation populaire fomentée par la gauche socialiste et communiste, principalement agissante dans la partie wallonne de la Belgique. Des émeutes s’ensuivront jusqu’aux incidents de Grâce-Berleur (cité industrielle du bassin liégeois) du 30 juillet, causant la mort de quatre ouvriers émeutiers abattus par la gendarmerie. Socialistes et communistes veulent marcher sur Bruxelles.

 

A la suite de ces graves incidents, le roi Léopold transmettra ses pouvoirs à son fils Baudouin qui sera Lieutenant général du Royaume le 11 août 1950 en attendant sa majorité. Il deviendra le cinquième roi des belges le 17 juillet 1951.

 

17/4 au 19/10/1958 : Expo 1958 - Thème : pour un monde plus humain. Première exposition depuis la fin de la dernière guerre mondiale. (Voir pages (18)15 à (18)23.

 

1951/1958 : Conflit scolaire : Le Parti Social Chrétien avait profité de sa victoire, lui donnant la majorité absolue à l’affaire royale, pour subsidier largement l’enseignement libre (catholique). Aussi quand aux élections suivantes le gouvernement socialiste-libéral d’Achille Van Acker (1954-1958) vint au pouvoir, celui-ci s’empressa de supprimer ces avantages, mais l’opinion publique ne l’entendit pas de cette oreille, déclenchant la « guerre scolaire » ce qui permit au Parti Social Chrétien de gagner les élections de 1958. De guerre lasse, les présidents des trois grands partis signeront le « Pacte scolaire » le 29 mai 1959..

 

30/6/1960 : Indépendance du Congo qui fut accordée très rapidement sous la pression étrangère et l’agitation qui avait gagné ce pays. Le roi des Belges, Baudouin 1er, le président congolais Joseph Kasavubu et son premier ministre Patrice Lumumba, célèbrent l’indépendance du Congo à Léopoldville (Kinshasa). La nouvelle nation prendra le nom de République démocratique du Congo.

 

1960-1965 : La crise congolaise : ce fut une période de trouble qui débuta avec l’opposition à la tutelle belge et l’indépendance du Congo et qui se termina avec la prise du pouvoir par Joseph Mobutu. Cette période trouble fut marquée par des événements douloureux, souvent dangereux pour la paix internationale : mutinerie de la force publique contre ses officiers blancs, le 5 juillet 1960, pillages et viols s’ensuivirent provoquant la panique chez les 10.000 Européens qui seront rapatriés en catastrophe.

 

Moïse Tshombe, le dirigeant de la riche province du Katanga (mines d’or, d’uranium et de cuivre) fait sécession, le 11 juillet 1960, soutenu par les compagnies industrielles qui craignent que Patrice Lumumba passé au communisme ne nationalise les mines, c’est aussi la raison pour laquelle le président Joseph Kasavubu, mettra son premier ministre en résidence surveillée.

 

Lumumba s’échappera mais sera rattrapé par les soldats du colonel Joseph Mobutu qui a pris le commandement de l’armée ; celui-ci le livrera à Tshombé qui, suivant certaines sources historiques actuelles l’aurait fait assassiner avec la complicité d’officiers belges couverts par les autorités internationales anticommunistes, quant à la version officielle, elle accréditera son assassinat par des villageois lors d’une évasion. Afin de contrer l’action de sécession de Tshombé, on offrit à celui-ci la présidence du pays jusqu’à la prise du pouvoir par Mobutu en octobre 1965.

 

1965-1997 : Fin 1965, Mobutu devient chef de l’État avec l’accord des occidentaux qui voyait en lui un rempart contre le communisme et l’influence russe en Afrique. Pendant 30 ans, Mobutu fut à la tête de l’un des régimes africains les plus durs, les plus corrompus et les plus dictatoriaux. Malgré les richesses en ressources naturelles, la population du pays, en dehors des privilégiés du régime, continua à vivre dans la pauvreté.

 

Mobutu quant à lui amassa une fortune personnelle qui pourrait être estimée à 5 milliards de dollars et réussit à éliminer tous ses opposants, dont Tshombé, réfugié à l’étranger.

 

Ce fut finalement un adversaire de la première heure, Laurent-Désiré Kabila, qui l’avait déjà combattu en 1965, qui le fera tomber en reconquérant progressivement (1996-1997) tout le pays aidé d’abord de la milice Tutsi, réfugiée de l’autre côté de la frontière rwandaise et par toutes les milices rivales qui sévissaient un peu partout .

 

Kabila, en 1965, avait été rejoint dans son action par le fameux révolutionnaire cubain Guevara (dit Le Ché), compagnon de Fidel Castro et son ministre de l’Industrie de 1961 à 1965. Il quitta Kabila, en 1967, pour s’engager dans le maquis boliviens où il se fit abattre par l’armée régulière.

 

10 juin 1979 : Première élection du parlement européen - Les citoyens de neuf États membres de la Communauté européenne (Le Benelux, la France, l’Italie, La République Fédérale Allemande, le Danemark, le Royaume-Uni et l’Irlande) élisent pour la première fois les députés du Parlement Européen au suffrage universel direct. La plus forte participation est celle de la Belgique avec 88% et la plus faible, celle de la Grande Bretagne avec 31%. En France, elle s’élève à 60%. Viendront s’y ajouter en 1981, la Grèce, en 1986, l’Espagne et le Portugal , en 1995, la Finlande, la Suède et l’Autriche en 2004, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la république Tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Slovénie, Chypre et Malte et en 2007, la Roumanie et la Bulgarie (Total 27). Demandeurs : Turquie, Croatie et Macédoine.

 

Le Parlement, dont le siège est à Strasbourg a un rôle consultatif. Mais il est compétent pour légiférer aux côtés du Conseil des ministres et exerce un contrôle sur la Commission de Bruxelles.

 

29/5/1985 : Lors de la finale de la coupe d’Europe des clubs champions, retransmise en direct dans toute l’Europe, les tribunes du stade du Heysel (Bruxelles) se transforment en champs de bataille mortels. Les affrontements entre les supporters de Liverpool et ceux de la Juventus de Turin feront 39 morts.

 

29/3/1990 : La chambre des députés approuve la loi sur la dépénalisation de l’avortement à 126 voix contre 69 et 12 abstentions. Le roi des Belges, Baudouin, déclare que sa conscience ne lui permet pas de signer. Il abdique pendant 36 heures en accord avec l’article 82 de la Constitution qui invoque « l’impossibilité de régner ».

 

1998-2002 : Période noire du Congo qui se traduisit par le génocide congolais, estimé à 4.500.000 de morts par famine et maladies ainsi que des millions de déplacés de leurs terres. A l’heure actuelle, des conflits continuent dans l’est du pays (Sud-Kivu et Nord –Katanga)

 

20/10/1996 : Marche blanche en Belgique pour protester contre les dysfonctionnements judiciaires et policiers liés à l’affaire Dutroux qui rassemblera 300.000 personnes. Marc Dutroux , accusé de viols et meurtres sur des enfants et adolescentes sera condamné en 2004 à perpétuité et le pays connaîtra d’importantes réformes judiciaires suite à la mise en place d’une commission parlementaire d’enquête.

 

juin 1999 : De la dioxine est découverte dans les graisses animales destinées à l’alimentation de bêtes d’élevage. Ces produits seront retirés du marché dans toute l’Europe affectant fortement l’économie de la Belgique et provoquant la démission des ministres de la santé et de l’agriculture.

 

23/9/2002 : Sous le gouvernement Guy Verhofstadt qui allia en 1999 six partis (libéraux, socialistes et écologistes des deux régions du pays) une loi est adoptée autorisant l’euthanasie suivant des conditions très strictes de sujétion à des souffrances psychiques et physiques insupportables et de la constatation médicale de situation sans issue.

 

30/1/2003 : Le gouvernement belge adopte la loi autorisant les couples de même sexe à s’unir par les liens du mariage, sans possibilité d’adopter et interdiction de filiation . (un projet modifiant ces interdictions voit le jour en 2005).


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Cette soirée reçut un franc succès, les Belges furent enchantés de parler et de souligner la beauté de leur pays. Les étrangers venus en nombre posèrent de nombreuses questions ce qui créa dans la salle une grande animation. Les interrogations fusaient de toute part et les Belges y répondaient avec entrain, chacun y allant de ses connaissances culturelles, traditionnelles, familiales ou régionales. On parla de Bruxelles, des avatars de la grand Place incendiée et reconstruite, de Manekenpis et de ses origines, de T’Serclaes et de la tradition de caresser son genou, de Waterloo et des bottresses de Liège qui collaborèrent à élever la butte du Lion, des marionnettes Tchantchès à Liége et de Toone à Bruxelles, du folklore… des Gilles de Binche, du Doudou de Mons, de la procession du Saint-Sang, de l’Ommegang et de tant d’autres manifestations qui font la célébrité de nos régions dans le monde.

 

Nous terminerons la soirée autour d’un thé à la belge, en dégustant des spécialités que plusieurs de nos amis s’étaient ingéniés à préparer. Nous continuerons très tard à prolonger un état de grâce, de convivialité et d’intérêt culturel qui s’installera entre nous et nos amis « d’ailleurs » .

 

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26/03/2010

Ch. 22 j/k - Cambodge et Pologne (LES AMIS D'AILLEURS)

 

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)

 

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour  :

 

 

22j. – Le Cambodge {11}

 

Ankor Vat,

« Ville qui est temple »,

Refuge au pied des cieux,

Multiples bras des dieux

En forêt d’exubérance.

 

Le corps de tes déesses.

Le phallus de tes éphèbes

S’érigent en hommage

A ta trinité bouddhique.

 

Ankor Vat

Dans un ciel de laideur

Quand sévit Pol Pot

Et gémissent

Ceux qui meurent

 

Ankor Vat

Sihanouk usé.

Pol Pot, au sort

Du million de morts

Pol Pot, la haine

D’un peuple en peine.

 

Ankor Vat

Dernières voix du passé,

De tes soupirs angoissés

Tu couvriras la terre

Et rempliras les mers :

Tu hanteras tes temples,

De voix qui assemblent

Tes peuples torturés.

 

{11} La séance suivante, le 30 novembre 1984, nous marquera davantage encore : notre conférencière vietnamienne Ohan Trin nous avait mis en relation avec une voisine de rue, Yin Sovanna, Cambodgienne active comme elle dans l’action d’aide à ses compatriotes.

 

Yin Sovanna était accompagnée d’un représentant des réfugiés du Cambodge auprès du Benelux ; rappelons qu’à cette époque, le pays était tiraillé entre les idéologies capitalistes et communistes qui s’affrontaient sur son territoire.

 

Ce délégué du camp occidental nous procura deux très beaux films, l’un sur les richesses artistiques (dont le fameux site d’Ankor) et sur le patrimoine culturel du pays, l’autre fut présenté par Yin Sovanna et traitait du Cambodge d’aujourd’hui ainsi que du Bouddhisme.

 

Il est important de signaler qu’à l’époque de cette rencontre, en 1984, les belligérants de la région se trouvaient en pleine usure d’un conflit qui avait atrocement éprouvé une population pas du tout guerrière quoi qu’on en pense. Déjà, au début de l’année, le prince Sihanouk, monarque normalement en place, avait avancé l’idée d’une solution politique basée sur la constitution d’un gouvernement quadripartite (deux de chaque côté), afin de ramener tout le monde autour d’une table de réconciliation.

 

Pour bien comprendre l’ambiguïté politique de la situation, il est intéressant d’en faire le rétroacte suivant :

 

Pendant l’époque de la guerre 40-45, le prince Norodom Sihanouk, âgé de dix-huit ans, avait succédé en 1941 au roi Monivonk, alors que la France de Vichy autorisait le Japon à stationner des troupes au Cambodge leur facilitant ainsi leur conquête de la Birmanie et de la Malaisie.


L’armée japonaise s’empressa d’éliminer l’administration française favorisant ainsi l’indépendance du pays avec à sa tête un homme à eux, Son Ngoc Thanh. qui fut arrêté à la capitulation du Japon en septembre 1945 par le général français Leclerc lui-même.

 

Le roi Sihanouk s’efforça alors de renégocier l’indépendance du royaume avec les Français qui ne lui accorderont qu’un pouvoir interne dans une fédération indochinoise.

 

La France ne reconnut le Cambodge comme État indépendant que le 8 novembre 1949 dans le cadre toutefois de l’Union française, gardant ainsi un pouvoir considérable.

 

Les années qui suivirent furent particulièrement difficiles (1950-1954) et le roi Sihanouk éprouva les plus grandes difficultés à pacifier démocratiquement la région de plus en plus aux prises avec de nombreuses factions, le pays ne retrouvant une relative tranquillité qu’à la suite de la conférence de Genève de juillet 1954.

 

Les Français et le Vietminh évacueront le pays qui acquiert une indépendance totale le 31 décembre 1954.


Vint alors une période dangereuse pour Sihanouk tiraillé entre les deux blocs politiques (occident et communisme) qui tentaient de s’implanter, les USA s’efforçant de lui faire rallier le bloc anti-chinois.

 

Prudemment, Sihanouk qui avait habilement mis son père, Suramarit, à la tête de l’État en abdiquant en sa faveur, choisira la neutralité en septembre 1957, tout en jouant sur les deux tableaux en acceptant l’aide des Chinois et des Russes.

 

A la mort de son père, en avril 1960, poussé par la pression populaire, il prit la tête de l’État, alors qu’il n’avait cessé d’être aux prises avec toutes les factions rivales soutenues par l’extérieur (Thaïlandais, Sud-vietnamiens, Américains) ce qui le plaçait en position délicate pour régner.


De 1956 à 1969, le pays connut une relative prospérité avec le développement de son infrastructure économique aidé par de nombreux pays comme la France, la Chine, L’Union soviétique et la Tchécoslovaquie.


Pendant cette période cependant, divers événements marquèrent l’histoire de la région, dont l’intervention des USA, en mars 1965, contre le Nord Vietnam suite au développement de l’insurrection communiste au Sud Vietnam, mais surtout à la suite du célèbre discours du Général de Gaulle de Phnom Penn, le 1er septembre 1966, qui appuyait le prince.

 

S’ensuivit alors une période extrêmement troublée aux tractations et fortunes diverses où l’on vit les adversaires se retrouver dans des camps différents. Sihanouk ayant de plus en plus de difficulté à maintenir la neutralité n’aura d’autre choix que de se poser finalement en ennemi du communisme.

 

Le 18 mars 1970, Sihanouk sera renversé et condamné à mort par contumace par Lon Nol qui, surtout depuis 1966, jouera un rôle important dans la politique du pays, d’abord allié ensuite adversaire du prince.


Vint ensuite la période génocidaire de 1975 à 1978 qui fit plus d’un million de morts par malnutrition, épuisement et exécution sous la conduite du communiste Pol Pot que l’histoire rangera parmi les criminels de guerre, bien que en ce qui le concerne cette appellation soit contestée parce qu’elle ne représente pas l’extermination d’un groupe ethnique ou philosophique.

 

Il sera mis en déroute, début 1979, par un front communiste de salut national constitué par ses opposants appuyés par l’armée vietnamienne qui le condamnèrent à mort par contumace.

 

En 1989, la république populaire du Kampuchea instaurée lors de la chute de Pol Pot, deviendra l’État du Cambodge avec le retrait des troupes vietnamiennes et en 1991, sous les auspices de l’ONU, sera signé un traité international de paix avec le retour de Sihanouk (14 novembre 1991).


Après pas mal de difficultés en 1992 et 1993 avec intervention de l’ONU des élections libres auront lieu en mars 1993 et la monarchie sous le règne de Norodom Sihanouk, sera rétablie le 21 septembre 1993.


Les dix dernières années seront toujours aussi chaotiques avec de nombreux réveils de factions communistes polpotistes et luttes intestines, interventions de l’ONU assistée de la France et de nombreux pays.

 

En 2004, Norodom Sihanouk, âgé de 81 ans, abdiquera à la surprise de tous en faveur de son fils Sihamoni, chorégraphe qui a fréquenté des écoles de danse à Paris après avoir fait des études à l’académie des arts à Prague, représentant de son pays à l’UNESCO, peu connu des Cambodgiens, mais qui au dire des connaisseurs, pourrait faire le poids face au Premier ministre Hun Sen, ancien Khmer rouge en place depuis vingt ans.

 

L’économie du Cambodge est fragile : elle dépend de l’ aide internationale (un tiers du budget en 2001). Les Khmers rouges avaient tout détruit et désorganisé et malheureusement des trafiquants sévissent en grand nombre souvent soutenus par une armée en partie corrompue.

 

Depuis quelque temps, deux secteurs fonctionnent bien, apportant un viatique de devises : le tourisme et les chaînes de confection « prêt à porter » utilisant une main d’œuvre habile et bon marché.

 

On ne peut pas parler du Cambodge sans parler des temples d’Angkor. Cette région fut occupée dès le premier millénaire avant notre ère, toutefois les constructions ne dateraient que de la période s’étendant du septième au dixième siècle après J.C.


Les lieux du culte à Civa et ceux voués à Vishnou avoisineront, les adeptes de l’un considérant l’autre comme secondaire. Ces religions venues de l’Inde ont, comme dans la plupart des pays d’Extrême-Orient, intégré dans leurs rites les croyances indigènes, surtout en pratiquant le culte des ancêtres et en donnant une place prépondérante au roi dont la royauté serait accordée par le dieu Siva.


Le summum de l’architecture Khmère est l’ « Angkor vat » (La ville qui est un temple) avec, datant du douzième siècle, le sanctuaire cruciforme très vaste, 1500 sur 1200 mètres, impressionnant qui domine le site. Ce temple pyramidal en trois gradins, ceinturés de galeries avec quatre tours d’angle est abondamment sculpté de décorations d’une grande finesse, représentant des divinités féminines souriantes. On y accède par la célèbre chaussée bordée de naga-balustrades (naga = cobra polycéphales).

 

Vient ensuite l’ « Anghor Thom » (la grande ville), quadrilatère de trois kilomètres de côté avec murailles de huit mètres de haut et entourée d’une douve de cent mètres de large avec en son centre le « Bàyon », temple de 47 tours, garni de 177 visages souriants monumentaux.

 

Du seizième siècle date l’achèvement des bas-reliefs et le grand Buddha de Tep Pranam, alors que dans la moitié du treizième siècle, une réaction des adeptes de Civa favorise la retaille de la plupart des images créées au règne précédent pour les remplacer par des « linga » (membre viril symbolisé par une pierre dressée, signe du dieu Shiva)) ou des ascètes en prière.

 

Quant au bouddhisme que Yin Sovanna, notre conférencière, aborda avec beaucoup de talent, il nous fut révélé dans sa vision khmère, œcuménique avant l’âge, en ce sens qu’elle associait à la religion bouddhique les diverses croyances ancestrales dans les divinités à tel point qu’au douzième siècle, Jayavarman VII, roi bouddhiste créa la trinité bouddhique.

 

A Bouddha, il associa son père devenu « Lokecvara », le Bouddha compatissant, dieu de bonté pour tous, représenté souvent avec plusieurs bras. Quant à sa mère, elle devint « Prajnaparamita » la troisième personne de la trinité, mère spirituelle de tous les Bouddhas.



Actuellement le secteur touristique et le textile (présence de grandes chaînes de prêt à porter internationales) sont les principaux pourvoyeurs de devises du pays.


Cette intéressante soirée, se termina par un débat où les questions fusèrent de partout, acculant parfois le représentant cambodgien et Yin Sovanna à se cantonner dans la prudente réserve qu’imposait leur statut de réfugié politique. Nous terminerons la soirée en sirotant un thé et en grignotant des spécialités préparées et servies par nos hôtes.


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22k – La Pologne {12}


Pologne de Dieu,

De Walesa et son pape

A genoux, bras en croix,

En prières désespérées

Pour sa foi piétinée.

 

Pologne de Dieu,

Terre de l’holocauste,

Livrée aux tyrans,

Aux voisins sans âme,

Tu implores ta Vierge noire

De chasser leur haine

De calmer ta peur

D’accueillir tes morts.


Pologne de Dieu,

Terre de souffrance

Aux champs de démence,

En des cieux de misère,

Pour des peuples amers.

 

Pologne de Dieu,

Éperdue de foi,

A la traîne du monde,

Quand trouveras-tu

L’apaisement et le bonheur ?

 

{12} Madame du Bois d’Aische, polonaise d’origine, assistait régulièrement à nos séances. Elle nous proposa de présenter son pays. Nous fûmes intéressés car nous allions présenter pour la première fois un pays européen et, qui plus est, nous donnait l’occasion de lever légèrement le « rideau de fer » à l’époque toujours existant.

 

Ainsi donc, le 25 janvier 1985, nous présentâmes ce pays, martyr de l’histoire comme tous ceux d’ailleurs que nous proposâmes précédemment, bousculés et torturés, eux aussi, par les régimes et les grandes puissances.

 

Notre projecteur se chargea d’ouvrir les fenêtres du grand écran sur des paysages et des lieux historiques uniques que nous présentèrent deux très beaux films : « Cartes postales » nous ravira les yeux à la vue des plus beaux coins de Pologne, reconstruits depuis la dernière guerre mondiale, scrupuleusement reconstitués à l’identique et « Les trésors de Jasna Gora », monastère élevé sur les hauteurs de la ville de Czestochowa, nous révélera, dans son écrin, les œuvres-témoins de 600 ans de ferveur religieuse chrétienne.

 

D’époque médiévale, l’image byzantine miraculeuse de la Vierge à l’Enfant fut apportée en 1382 par le duc Ladislas qui fit construire sur les hauteurs de Czestochowa une église et un monastère. L’église fut reconstruite en basilique de style baroque après l’incendie qui la détruisit en 1690.

 

L’icône fut souvent en danger, même volée, suite aux nombreux troubles, invasions et pillages qui ne cessèrent de la menacer. Le visage de la Madone porte encore les traces de deux coups de sabre donnés en 1430 pendant les guerres hussites (guerres contre Jan Hus, réformateur religieux tchèque, fondateur du protestantisme allemand, qui sera brûlé vif par ses opposants).

 

Cette icône pieuse est mondialement vénérée et considérée par les autorités religieuses comme miraculeuse, ainsi d’ailleurs que quelques célèbres reproductions parmi les quelque 350 qui sont un objet de culte dans le monde.

 

Cette vénération a donné lieu à un courant mondial de pèlerinage annuel fréquenté par 4 à 5 millions de personnes venant de 80 pays, dont plus de deux cent mille à pied. (les plus longs voyages faisan jusqu’à 600 kilomètres pour une durée de 20 jours)

 

La tradition locale voudrait que ce soit Saint Luc, l’évangéliste, qui aurait peint l’icône sur un morceau de table en bois de cyprès en provenance de la « Sainte Famille », Marie ayant posé pour le portrait.

 

Aux antipodes de ce mouvement de ferveur religieuse pour une divine madone et son enfant, entachant gravement la mémoire des hommes, on déplorera de trouver Auschwitz, le plus célèbre lieu d’extermination de « races humaines inférieures », situé en haute Silésie, près de la petite ville polonaise d’Osjewice.

 

Madame du Bois d’Aiche évitera, par délicatesse pour notre salle de s’étendre sur cette période criminelle de l’histoire. Cependant, par devoir de justice, je me permettrai de révéler dans leur sinistre réalité les faits et les chiffres qui noirciront à jamais la conscience de l’humanité.

 

Rappelons que le 1er septembre 1939, les Allemands envahiront la Pologne, atteignant Varsovie en 7 jours (première guerre éclair ou blietzkrieg). Ce fut la cause et le début de la deuxième guerre mondiale. Les Russes feront de même le 17 septembre et le pays sera partagé entre les deux puissances, un pacte de non-agression ayant été conclu avec Staline. Mais en En juin 1941, les allemands du troisième Reich déclarent la guerre à la Russie, mettant fin à deux années d’entente tacite entre les deux nations.

 

Ce fut le début d’un génocide gigantesque perpétré par les nazis (6 millions de Polonais, dont 3 millions de juifs).

 

Le premier camp d’extermination d’Auschwitz de 45 km², ouvert le 14 juin 1940, fut à l’origine destiné aux prisonniers politiques polonais qui servaient de main-d’œuvre gratuite à une usine de caoutchouc synthétique implantée sur place.

 

Par la suite, les « SS » à la tête du camp extermineront trois millions de Polonais, de juifs et même de prisonniers de guerre russes, par fusillade, chambre à gaz ou épuisement. C’est là aussi que se fournissait le professeur Hirt en sujets pour ses expériences sur les êtres humains vivants, dans son institut d’anatomie de Strasbourg.

 

Ce génocide juif (6 millions), vilenie de notre époque contemporaine, viendra alourdir la tache ignoble de l’antisémitisme qui enlaidit l’histoire de l’occident depuis le début de notre ère. Nous ne pourrons sans doute jamais effacer ce « crime énorme » de notre passé chrétien. Il a fallu attendre Jean-Paul II pour le reconnaître et implorer le pardon. Aussi restera-t-il pour nous, en piètre réparation, un vigilant devoir de mémoire à transmettre aux générations futures.


Les monstruosités d’Auschwitz font douter de l’humanité et de la civilisation occidentale : victimes nues en file devant des fosses énormes pour être abattues comme du bétail ou alignées au fond du trou et exécutées d’une balle dans la tête pour s’écrouler sur le cadavre des autres.

 

Pour épargner les bourreaux, eux-mêmes dépassés par l’horreur, leurs dirigeants imaginèrent les « chambres à gaz », sorte de salles de douche d’une centaine de personnes, où les malheureuses victimes étaient asphyxiées par des émanations mortelles d’acide cyanhydrique qui leur était envoyées dans des locaux hermétiquement clos ; ou encore, trouvaille sinistrement ingénieuse autant qu’économique : retourner les tuyaux d’échappement des camions dans l’espace où étaient confinés les condamnés, ainsi mortellement asphyxiés pendant le trajet vers les fours de crémation.

 

L’ancienne Pologne eut le triste privilège de réunir sur son territoire les six camps d’extermination du Reich : (entre parenthèses le nombre de milliers de morts)  Auschwitz (1.100/1.500), Chelmno (340),.Belzec (600), Sobibor (250), Treblinka (800), Stutthof (85)).

 

A ces camps de « nettoyage ethnique »,il faut ajouter tous les autres dit de concentration (entre parenthèses le nombre de milliers de morts)  : En Allemagne, Berchen-Belsen (70), Buchenwald (56), Dachau (30), Dora-Mittlau (20), Flossenburg (30), Neuengame (55), Ravensbrück (90), Sachsenhausen (100) ; en Belgique : Breendonck (0,391) ; en France :Natzweiler-Struthof (25), en Pologne : Gross-Rosen (40), Majdanek (230) ; en Autriche : Mauthausen (95) ; en République Tchèque : Tserensienstadt (35)

 

La Pologne est une république intégrée à l’Union européenne depuis le 1er mai 2004, dont le chef d’État est un président, élu au suffrage universel direct pour cinq ans. Il nomme le chef du gouvernement et dispose du droit de veto qui ne peut être levé que par la chambre basse (la Diète ou Sejm – 460 membres)) à la majorité des deux tiers, le sénat lui comporte 100 sièges. °tiré de Wikipédia°


Fondée au Xe siècle sur le territoire des Polanes, la Pologne devient au Moyen Âge une puissance incontournable en Europe centrale. Son premier souverain est Mieszko Ier, fondateur de la dynastie des Piast, qui règne sur la Pologne de 966 à 1370. La capitale est alors Gniezno, à l'Est de Poznań. °ibidem°


Poste avancé de l'Occident catholique romain face aux mondes orthodoxe (russe, biélorusse, ukrainien), païen (balte), et musulman (turco-mongol), elle est aussi confrontée au Drang nach Osten (poussée germanique vers l'est), qu'il vienne du Saint Empire ou des Chevaliers teutoniques. Située au carrefour de plusieurs mondes, et dépourvue de frontières naturelles, la Pologne est extrêmement exposée aux invasions. Celles-ci, particulièrement au XIIIe siècle, ruineront le pays (invasions de la Horde d'Or mongole de 1248 à 1275). °ibidem°

Casimir III le Grand, dernier roi de la dynastie des Piast unifie la Pologne. Elle atteindra son apogée aux XVe et XVIe siècles, sous la dynastie lituanienne des Jagellon, avec Ladislas II. °ibidem°


La Rzeczpospolita Obojga Narodów (res publica de deux nations) résultant de l'union du Royaume de Pologne et du Grand-Duché de Lituanie (l'Union de Lublin - 1569), couvre alors un territoire qui « allait de la Baltique à la mer noire » et jusqu'aux portes de Moscou. La capitale était alors Cracovie, en Petite Pologne. Casimir IV réunit même pour une petite période les couronnes de Bohème (1471) et de Hongrie (1490) à celle de Pologne. °ibidem°


La Rzeczpospolita se dota par ailleurs d'un système politique inédit depuis la Rome Antique, l'Aristocratie. Le Roi y était en effet élu, et non héréditaire. Certes, cette "république" ne donnait le droit de vote qu'aux seuls nobles. Cela représentait toutefois presque 10 % de la population et plus encore autour de Varsovie, devenue capitale au XVIIe siècle. Les nobles obligèrent le roi à céder de ses prérogatives, notamment en ce qui concernait les impôts, l'armée et la justice. °ibidem°


Ainsi, le monarque polonais, à l'époque où les monarchies européennes (France, Espagne, Autriche, Prusse) "s'absolutisaient", était au contraire affaibli. °ibidem°


La tolérance religieuse était une autre caractéristique majeure de la Rzeczpospolita. Si la majeure partie des paysans était restée catholique, de nombreux nobles s'étaient convertis au protestantisme, luthérien mais surtout calviniste. °ibidem°

Par ailleurs, la Pologne avait donné abri (en particulier dans la ville de Leszno) aux "Frères tchèques" (Hussites) qui voulaient échapper à la re-catholicisation de la Bohême entreprise par les Habsbourg. Enfin, la Rzeczpospolita comptait une très importante population juive (5 à 10 % de la population totale), en particulier dans les villes et surtout dans la partie orientale du pays. °ibidem°


En 1570, l'Accord de Sandomierz prônait la coexistence pacifique des religions. Il fut renforcé en 1572 par la Confédération de Varsovie. La tolérance était si grande que la noblesse polonaise contraignit Henri de Valois (1572-1574, futur Henri III en France), pour être élu roi de Pologne, à accorder plus de libertés aux protestants français. Mais cette tolérance se réduisit progressivement au XVIIe siècle, en particulier après 1655, quand la Suède protestante envahit la Pologne et fut arrêtée à Częstochowa, devant le sanctuaire marial de Jasna Góra. °ibidem°


En 1683, Jean III Sobieski, arrête une offensive turque de grande ampleur sous les murs de Vienne. Malgré cet exploit, la Rzeczpospolita est peu à peu victime d'un long déclin, du fait de son système politique anarchique, et des nombreuses invasions (suédoises, russes, turques, prussiennes). À la fin du XVIIIe siècle, la Pologne perd son indépendance, partagée trois fois successivement entre ses voisins (1772, 1793 et 1795). La première division de la Pologne, en 1772, conduisit à un sursaut civique. Ce sursaut amena en 1791 à la proclamation d'une Constitution, nettement moins « révolutionnaire » que celle de la France, mais néanmoins perçue comme trop dangereuse pour ses voisins. °ibidem°


Tout au long du XIXe siècle, la Pologne se vit écartelée, partagée entre la Russie, la Prusse (puis l'Allemagne), et l'Autriche (puis l'Autriche-Hongrie). Elle ne recouvre son indépendance qu'en novembre 1918. °ibidem°


Comme la plupart des pays d'Europe du Centre-Est, à l'exception de la Tchécoslovaquie, les idéaux démocratiques des premiers temps ne durèrent pas. Le régime devint rapidement autoritaire, notamment sous l'influence de Józef Piłsudski. °ibidem°


L'invasion allemande du 1er septembre 1939 déclenche la Seconde Guerre mondiale. La Wehrmacht atteint Varsovie en 7 jours grâce à sa stratégie du « blitzkrieg » et à sa supériorité technologique (la capitulation de Varsovie : le 28 septembre 1939). À l'est, l'invasion soviétique du 17 septembre anéantit tout espoir de résistance. Le pays est à nouveau partagé, cette fois-ci entre l'Allemagne nazie et l'Union Soviétique. °ibidem°


À la fin du 2e conflit mondial, les Soviétiques conservent la partie orientale du pays, annexée en 1939, et la Pologne « glisse » vers l'ouest, en absorbant le sud de la Prusse Orientale, la Poméranie et la Silésie, allemandes depuis plusieurs siècles mais dont la population est chassée. Elle devient une république populaire inféodée à Moscou, et membre du Pacte de Varsovie. °ibidem°


Premier pays du Pacte à se libérer de l'emprise soviétique en 1989, et à former un gouvernement non communiste et non lié au bloc soviétique. La Pologne fait partie, depuis 1999, de l'OTAN. En 2003, les USA lui attribuent le commandement d'une zone d'occupation en Irak. °ibidem°


Madame du Bois d’Aische réalisa une présentation chaleureuse et raffinée de son pays en soulignant sa richesse culturelle et sa grandeur, martyre du passé, souffrant de l’injustice et de la cruauté de voisins qui ne cessèrent de l’opprimer et de la spolier.


Elle nous servit elle-même, un Bortsch ou Barszcz, sorte de bouillon de betteraves qui ont fermenté trois jours, relevé d’épices, oignons, cumin : breuvage absolument délicieux, servi bien chaud, ce qui était fort agréable en cette fin de janvier rigoureux.

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23/03/2010

Ch 22 h/i - Bolivie et Vietnam (LES AMIS D'AILLEURS)

 

 

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)

 

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour  :

 

 

22h. – La Bolivie {9}

 

Ô toi, damné de la terre

Aux horizons de galère,

Triste victime du sort,

Sans autre espoir que la mort.

 

Dans l’antre, tu te tapis,

Dos contre un mur, accroupi,

Pour un ciel dur de famine

Dans ce triste sort des mines.

 

Une longue faim t’étripe

A toi, tes enfants s’agrippent,

Avec ton épouse en pleurs

Du jour sans pain qui se meurt.

 

«Ô, damnés de la terre ».

 

{9} La famille Parent est connue pour son action en faveur des misérables de l’Aliplano en Bolivie qui besognent dans les tristement célèbres mines d’argent de Potosi.

 

Un de nos habitués nous mit en relation avec l’un de ceux-ci, professeur dans un institut de la région, afin d’organiser une séance avec projection d’un film sur l’action de son frère, missionnaire là-bas et de sa sœur, assistante bénévole, qui, tous deux, se dévouent à améliorer le sort des malheureux qui y survivent misérablement, détruit par la coca dont ils mâchent les feuilles pour tromper une faim qui les tenaille.

 

Le 30 mars 1984, notre salle, comble, accueillit donc un prolixe et enthousiaste conférencier qui exposa avec un rare talent les conditions de vie épouvantables et inhumaines de ces populations.

 

Bouleversés, nous l’écoutâmes décrire l’enfer des mines d’argent, quasi épuisées, difficilement rentables, à peine étançonnées, prêtes à s’effondrer, sans aération valable pour assainir une atmosphère irrespirable. Dans ces lieux dantesques, de pauvres diables risquaient leur peau et raccourcissaient leur vie pour quelques misérables Boliviano ou Bob (monnaie du pays depuis).

 

Les Espagnols avaient découvert, à leur arrivée au seizième siècle, ce métal précieux en abondance dans les montagnes de Potosi et en avaient organisé l’exploitation la plus rentable, forcément rudimentaire, mais dangereuse et insalubre.

 

Dès 1545, l’exploitation intensive de ces mines, poussa les envahisseurs à déporter et réduire à l’esclavage des millions d’êtres humains. A elles seules, les mines de Potosi firent périr de froid et d’épuisement, depuis le début de leur mise en valeur, près de six millions d’ « indios ».

 

De tout temps, les peuples conquérants ou les classes dominantes assurèrent leur confort et leur richesse en asservissant la main-d’œuvre disponible qu’ils réduisait à l’état d’outils à rentabiliser pour une production maximale.

 

A ces époques d’esclavagisme social, la vie et la souffrance ne valaient pas plus que celles des animaux, le confort des dominants étant à ce prix.

 

Ce ne sera qu’à partir de la moitié du vingtième siècle que les nations qui se sont voulues civilisées, se donneront une morale d’égalité sociale en reconnaissant la valeur du travail pour n’en venir par la suite que très difficilement à l’égalité des sexes.

 

L’Altiplano est un ensemble de hautes plaines, situées entre 3.600 et 4.200 mètres sur les territoires de la Bolivie et de la Colombie, qui s’étendent sur 1000 kilomètres.

 

Froid et vents dominent, la température moyenne est en dessous de 10 à 12 degrés et les populations indiennes qui s’y sont établies, vivent misérablement de l’élevage de quelques bovins et moutons et de la culture d’un peu d’orge et de pommes de terre.

 

t;>Les alentours gt;du lac Titicaca, (le plus haut lac navigable du monde) bénéficient cependant d’un micro-climat clément dû à l’étendue d’eau. Ils seront d’ailleurs le berceau de la civilisation Tiwanaku ou Tiahuanaco (Xème – XIIIème siècle) qui fit partie de l’empire Inca jusqu’à la conquête espagnole en 1538.

 

La république de Bolivie compte 8.857.870 habitants (évaluation juillet 2005) sur une superficie de 1.098.581 km² (deux fois la France). Capitale administrative et politique : La Paz et constitutionnelle : Sucre.

 

Deux régions géographiques : l’occidentale traversée par deux cordillères qui bordent un vaste plateau (l’Altiplano) avec une altitude moyenne de 3.800 mètres et les villes de La Paz, Oruro et Potosi et, d’autre part, les plaines alluviales orientales au climat tropical qui couvrent l’autre moitié du territoire.

 

L’Indépendance leur a été accordée en 1925 par les Espagnols dont la langue est restée l’officielle du pays. Elle était obligatoirement enseignée et utilisée en parallèle avec plus de 40 langues amérindiennes.

 

La récente constitution de 1994 ne précise pas de langue officielle, et proclame dans trois articles le principe de non-discrimination, notamment dans l’emploi des langues.

 

Ainsi l’art. 6 reconnaît les droits de la personne sans distinction de race, de sexe, de langue, de religion, opinion politique ou autre caractère ethnique, origine, condition économique ou sociale… tandis que l’art. 116 impose au pouvoir judiciaire l’obligation d’assurer la gratuité de la défense juridique avec l’éventuelle assistance d’un interprète et enfin l’art. 171 reconnaît, respecte et protège les droits sociaux, économiques et culturels des peuples indigènes en leur garantissant l’utilisation et l’usage des ressources naturelles ainsi que leur identité, valeurs, langues, coutumes et institutions.

 

Il n’en reste pas moins que sur le terrain, le bilinguisme reste la règle pour les autochtones, les Espagnols se contentant de n’utiliser que leur langue. Ceux-ci ainsi que les « assimilés » ou étrangers, ceux qu’on nomme, sans s’occuper de la couleur de leur peau, « les blancs » (15% de la population) forment un groupe oppresseur avec la complicité des « métis » (30%) méprisant la classe des « indigènes amérindiens » (55%).

 

Si bien que ce pays d’une très grande richesse, avec un des sous-sols les plus généreux de la planète, exportateur de zinc, étain, pétrole et gaz naturel, argent, antimoine et à certaines époques de quinine (1830-1850), de guano et salpêtre (1868-1878), de gomme (1895-1915), producteur agricole (50% de la population active) de maïs, pomme de terre, coton, café et en contrebande de coca (importante ressource, en raison du prix élevé obtenu par les planteurs) est toujours un des pays les plus pauvres du continent américain avec une population misérable qui vit en dessous du seuil de la pauvreté : Amérindiens discriminés, sous-alimentés, mortalité infantile avant deux ans de 20%, chômage, analphabétisme de plus de la moitié de la population qui ne disposent, de plus, ni d’électricité, ni d’eau courante.

 

Historiquement, ce fut l’espagnol Francisco Pizarro (1475-1541), sous Charles Quint, qui fut le premier « conquistador ». De nombreuses villes furent fondées ensuite : Sucre ( Chuquisaca), Potosi,, La Paz, et Cochahamba.

 

La guerre de libération, en 1825, amena Bolivar et Sucre son lieutenant à créer la république de Bolivie qui à cette époque couvrait un partie du Chili et du Paraguay. Les guerres de 1879-1894 leur firent perdre la portion maritime au bénéfice du Chili et celle de 1935, le Chaco, à l’avantage du Paraguay.

 

Une tentative de confédérer le Pérou et le Bolivie fut aussi entreprise par le général Santa Cruz ce qui en aurait fait un État puissant., mais qui se heurta à des adversaires, tant péruviens que boliviens, chiliens et argentins.

 

De 1825 (conquête espagnole) à nos jours, ce ne fut que coups d’État, nationalisations, dictatures militaires, guérillas (la plus médiatique, anéantie en 1967, fut celle du  « Ché » - Ché Guévara – qui y fut tué : il avait rallié les maquisards boliviens, après avoir gagné avec Fidel Castro, son lieutenant, la révolution communiste de Cuba. Il fut rejoint plus tard et soutenu par l’intellectuel français Régis Debray.

 

Il y eut aussi, dernièrement, la guerre de l’eau du 11 janvier 2005 dans l’Altiplano qui aboutit à l’expulsion de la compagnie Suez-Lyonnaise des eaux pour prix exorbitant et mépris des classes pauvres. (rentabilité basée sur une exploitation « capitaliste » d’une ressource naturelle, bien maîtrisée, mais peu accessible aux populations indigentes.)

 

Notre conférencier décrivit les conditions de vie des habitants de ces régions et leurs difficultés avec passion, nous faisant réaliser l’ampleur de la misère de ceux que le capitalisme exploitait honteusement et que son frère et sa sœur tentaient d’adoucir avec de faibles moyens.

 

Espoir peut-être, (ose-t-on y croire) pour le futur, avec le changement de régime et les élections législatives du 4 décembre 2005 et le référendum du 2 juin 2006 pour donner aux départements de Bolivie une plus grande autonomie avec la décentralisation qui était réclamée depuis 2005 et nationalisation des réserves de gaz et pétrole exploitées par les occidentaux

 

A l’époque, nous récupérâmes le confort de nos foyers, habités d’un sentiment de révolte contre un monde injuste que nous étions impuissants à changer par indifférence coupable et manque de mobilisation devant l’ampleur de la tâche…. Pourtant …. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » dit un proverbe chinois.

 

Nous nous en sommes préoccupés tout en prenant le thé avec notre conférencier Albert Parent, ce passionné du monde andain qui s’évertue à mobiliser des « petits » moyens pour aider son frère et sa sœur, perdus dans les plateaux montagneux de « l’altiplano ».

 

°°°°°

 

22i. – Le Vietnam {10}

 

Folie des hommes,

Peuples martyrs,

Taches d’histoire,

Dien Bien Phu,

Vietmin et Vietcong .

 

Qu’est devenu

Le chant des rizières

Dans la colère des canons ?


Qu’est devenu

L’appel des bonzes

Quand les yeux sont de crime ?


Qu’est devenue

La voix des femmes

Quand les homme sèment la mort ?

 

La longue plaine

Et les lents cours d’eau

Se sont salis

Du sang des larmes,

Du sang des chants tristes,

Du sang des cœurs ouverts

Et du sang de la longue haine.

 

{10} A la séance suivante, le 28 octobre 1984,Ohan Trin, une Vietnamienne habitant une rue voisine de la nôtre, très gentille et très active dans l’aide à ses compatriotes, nous présenta son pauvre pays, le Vietnam, si bouleversé par des conflits qui le gangrènent.

 

Sur une superficie de 329.560 km² se débrouille actuellement (2003) une population de 81.300.000 individus avec Hanoi comme capitale.

 

Limitrophe du Cambodge, du Laos, et de la Chine, c’est une longue bande côtière bordant le Golfe du Tonkin et la mer de Chine méridionale qui groupait, en 1884, l’Annam, la Cochinchine et le Tonkin.

 

Ces colonies faisaient partie de l’ancienne Indochine française avec le Laos et le Cambodge. Elles ont acquis leur indépendance officieuse en 1945 à la fin de la seconde guerre mondiale (reconnaissance officielle en 1954 après la chute de Dien Bien Phu).

 

Sa monnaie est le dong, sa langue, le vietnamien (ou viêt) parlé par 70% de la population bien que le pays compta 74 ethnies et 54 langues.

 

République socialiste reconnue depuis 1975, avec un président (Chef de l’État), un parlement de 450 députés renouvelé tous les 5 ans, et un premier ministre, chef du gouvernement, elle est divisée en soixante provinces et cinq municipalités avec conseil populaire à élection directe et un exécutif (comité populaire). Les municipalités sont Hô Chi Minh Ville (5,4 millions d’habitants.), Can Tho (1,1million), Da Nang (0,72 million), Haiphong (1,71 million), Ha Noi (2,15 millions).

 

Les archéologues déterminent la formation du peuple vietnamien au Néolithique, dans le delta du fleuve Rouge (Song Cai) par mélange mélanésien, indonésien et des éléments mongoliques venus du Nord .

 

En Asie du Sud-Est, ils sont les seuls de civilisation chinoise, introduite au deuxième siècle avant J-C. pour un millier d’années, dont ils garderont certaines traditions et coutumes (fléau d’épaule, riziculture intensive avec digues et rizières inondées autorisant jusqu’à deux récoltes annuelles, maison « à terre » (au raz du sol), avec toit lourd sur colonnes et murs en torchis, écriture et thèmes littéraires et artistiques, syncrétisme religieux avec mélange d’animisme, de bouddhisme et de confucianisme, fête du nouvel an chinois (le Têt) que les expatriés célèbrent encore chez nous entre le 20 janvier et le19 février suivant le calendrier lunaire ).

 

Le Bouddhisme y pénétra par l’Inde au deuxième siècle après J.C. et gagna les masses populaires tandis que le confucianisme des Chinois se réserva les classes dirigeantes. Cependant, le culte des ancêtres et des esprits n’en restera pas moins la croyance de base.

 

L’histoire de ce pays fut, pendant les trois millénaires précédant notre ère et les deux suivants, particulièrement chaotique, marquée par de multiples changements de régimes. Massacres et malheurs ne cesseront d’accabler une population martyre.

 

Signalons, sans être exhaustif et d’une manière succincte, les périodes et faits suivants, depuis la dynastie légendaire des Hùng, régnant sur le Van Lang (2879-258 av. J-C), le royaume de Au-Lac (257-208 av. J-C), en 208 av. J.C la fondation du Nam –Viet par Zhao Tuo,  l’invasion des Han (Chinois) en 111 av. J-C jusqu’au protectorat général d’Annam (679-868) en 938, la révolte de Ngo Quyen qui fondera un État indépendant et en 968, la création se l’empire unifié du Bai Co Viet suite à la victoire de Dinh Bô Linh sur les douze seigneurs ….

 

Viendront ensuite la dynastie des Ly (1110-1225), des Tran (1226-1400) des Hô et l’invasion par la Chine des Song (1400-1407), la guerre de libération de Lê Loi (1418-1426, un des héros de l’histoire vietnamienne), suivie de la dynastie des Lê (1428-1788).

 

L’actuel territoire vietnamien connut diverses partitions ou extensions notamment avec le royaume du Champâ, la dynastie des Mac (1527-1592), le partage nord-sud en 1600, la révolte des frères Tay Son en 1771 pour en arriver à proclamer empereur un des frères (Quang Trung).

 

Les bouleversements idéologiques provoqués par l’occupation française au dix-huitième siècle, les révolutions et les guerres qui suivirent la seconde guerre mondiale, ont complètement modifié le tissu philosophique et religieux du pays.

 

L’influence française se manifesta déjà en 1627 avec Alexandre de Rhodes qui introduisit le premier catéchisme et l’écriture romanisée de la langue vietnamienne, le quoc ngu, mais surtout en 1784 à la suite de la démarche d’un missionnaire français, Mgr Pigneau de Béhaine qui, en 1789, aida le prince Nguyen Anh, héritier des Nguyen, à bouter les Chinois et leurs partisans dehors en levant des troupes de volontaires et en armant des navires pour pallier la carence de l’entourage de Louis XVI qui n’avait pas jugé opportun d’entreprendre cette opération que le souverain français soutenait pourtant.

 

L’aide des troupes du prélat qui ne restèrent pas longtemps dans le pays, fut surtout précieuse pour instruire et équiper à l’européenne celle du Vietnam en artillerie, génie et marine et leur donner une puissance telle qu’en moins de trois ans (de 1799 à 1802) l’unité du pays fut reconstituée et la dynastie des Nguyên s’imposa suite à la victoire, en 1802, de Gia long contre les Tay Son.

 

C’est en 1858 que les Français débarquèrent à Da Nang et en 1865, fondèrent la colonie de la Cochinchine ainsi qu’en 1884, le protectorat sur le Tonkin


Quant au parti communiste qui finit par triompher, il s’introduisit en 1930 et créera le Viêt-minh en 1941.


Pendant la seconde guerre mondiale, les Japonais occupèrent le pays, humilieront les Français et inciteront les Vietnamiens à réclamer leur indépendance.


En 1945, l’empereur Bao Dai, descendant des Nguyên, partisan des Français et de l’occident, abdiquera et l’indépendance du pays sera proclamée par le communiste Hô Chi Minh.

 

Ce fut ensuite l’atroce guerre d’Indochine (1946-1954) avec la défaite française de Diên Biên Phu (7 mai 1954), les accords de Genève et la partition du pays à hauteur du 17ème parallèle  et enfin l’incroyable guerre du Vietnam (1964-1975) qui causa la mort de près de 58.000 Américains et directement ou indirectement (mines, famines, maladies, défoliants) d’environ un million de combattants communistes et quatre millions de civils, tandis que le Sud perdait 255.000 militaires et 430.000 civils.

 

L’erreur des Français à Diên Biên Phu aurait été d’avoir ignoré l’artillerie ennemie qui « noya » sous un flot d’obus les positions françaises établies dans une plaine protégée par les montagnes escarpées qui l’entouraient, en supposant que l’ennemi ne pourrait y monter son matériel lourd.

 

C’était sans compter sur l’opiniâtreté de fourmi de leur ennemi qui avait acheminé son artillerie en pièces détachées sur des bicyclettes ou à dos d’homme. La bataille causa 1750 tués, 10.863 prisonniers dont près de 7.500 morts en captivité chez les Français et près de dix mille chez les Vietnamiens.

 

Pendant la guerre froide, les occidentaux s’efforcèrent de protéger l’Asie du Sud-Est contre le communisme qui l’envahissait, aussi mobiliseront-ils de 1965 à 1973 des forces considérables pour l’endiguer (550.000 américains en 1968 et 1.500.000 vietnamiens appuyés par une aide économique massive), de plus, les forces américaines n’hésitèrent pas à utiliser l’arme chimique pour détruire avec des défoliants les forêts et le couvert végétal qui camouflaient leurs adversaires.

 

Malgré les bombardements massifs détruisant villes, complexes industriels, réseaux de transport et voies de communication, le front intérieur du F.N.L. « front national de libération » tint bon, grâce à sa discipline, sa dispersion, sa détermination, ses sacrifices, reconstruisant l’essentiel pour l’effort de guerre tout en étant aidé puissamment par l’U.R.S.S. et la Chine, à tel point que pour en finir, début 1968, à la fête du Têt (entre le 20 janvier et le 19 février, qui célèbre la nouvelle année), les communistes n’hésitèrent pas à lancer une vaste offensive qui força leurs adversaires à plier le genou.

 

L’opinion publique mondiale, soutenue par celle des U.S.A. désapprouvant ses dirigeants, fit pression sur les belligérants pour les forcer à trouver le compromis qui mettrait fin à une guerre qui en fin de compte dura trente ans (1945-1975).

 

Une vaste opération de reconversion et de réconciliation, sans le bain de sang prévu par les occidentaux, fut mise en place. Malheureusement, les difficultés inhérentes au démarrage économique d’un pays livré à lui-même, aggravé par la sécheresse de 1977 et les inondations de 1978 plongent le pays dans une pénurie alimentaire permanente et grave.


Viendront ensuite (en 1977) les périodes confuses des conflits avec les voisins communistes cambodgiens du Kmer rouge Pol Pot soutenus par les Chinois ">. ce qui poussa les Vietnamiens à se faire aider par la Russie et amènera les Vietnamiens à lancer une offensive victorieuse contre son voisin cambodgien en profitant de la dissidence d’une partie des troupes de Pol Pot.

 

Ces événements réduisirent les populations à une lente extermination et acculèrent certains à chercher asile sous des cieux moins hostiles dans des conditions effarantes : ce fut l’époque des tristement célèbres « boat peoples ».

 

A cette époque, les marins d’un des pétroliers de Petrofina recueillirent en plein océan une de ces embarcations en perdition, avec des naufragés au bord de la noyade. Très humainement, Adolphe Demeure, alors président, ordonna à ses filiales de trouver de l’emploi à ces malheureux. Notre département administratif confia à l’un de ceux-ci des tâches simples de messagerie tandis qu’un autre assista des laborantins. Ils finiront tous par faire carrière dans le groupe.

 

Depuis 2003, l’économie vietnamienne est une des plus dynamique de l’Asie du Sud-Est, son problème principal restant son énorme endettement. Ses rapports avec ses anciens adversaires et les « Grands » sont très positifs voire amicaux – visite de Clinton (2000), Vladimir Poutine (2001), le président chinois Jiang Zemin (2002) et visite officielle en France du président vietnamien Trân Duc Luong en 2002. –


Ohan Trin, alors en Belgique depuis douze ans et ses amis du groupe « Lac-Viet » se dépensèrent sans compter pour sensibiliser notre auditoire aux souffrances de leurs concitoyens, mais aussi nous faire prendre conscience des difficultés d’adaptation à notre civilisation occidentale que les expatriés forcés qu’ils étaient tous, rencontraient chaque jour ainsi que leur désarroi profond.


Aussi pour concrétiser leurs propos, projetèrent-ils en première vision un montage audio-visuel interpellant dans lequel les situations seraient inversées : certains d’entre nous ayant subi chez nous, les mêmes persécutions, les mêmes épreuves, les mêmes malheurs se seraient réfugiés dans un Vietnam opulent et insouciant dans lequel ils éprouveraient les plus grandes difficultés à s’adapter à un environnement qui nous demanderait une culture et des moyens que nous n’aurions pas.

 

Ce film dérangeant nous interpella et un certain malaise, peut-être réprobateur de cette démarche moralisatrice, gagna la salle, comme quoi nous nous débarrassons difficilement de notre supériorité confortable de bien nanti et détestons qu’on le rappelle à notre conscience.

 

Une projection de dias très réussies sur les richesses artistiques et historiques de ce très ancien pays et une démonstration de danses folkloriques nous ont distraits suffisamment pour terminer la soirée dans une insouciance gênée que nos amis vietnamiens ont dû ressentir pendant qu’ils nous servaient gentiment un thé de leur pays accompagné de spécialités locales.

 

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19/03/2010

Ch. 22 f/g - Chine et Indonésie (LES AMIS D'AILLEURS) -

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour  :

 

 

22f. - La Chine {7}

 

Ô multitude racée

Comme un flot de sang immense

S'écoulant toujours intense

Sur nos terres épouvantées.


Ô grand peuple jaune en marche

Comme les vagues de l'arche

Qui s'enroulent en très longs flots

De la mer toute en sanglot.


Ô multitude gigantesque,

De plénitude « myrmiesque »,

Si vieux peuple du fond des âges,

Vous amassez  les noirs nuages

De votre grande immensité

Sur notre monde épouvanté

.-----

 

{7} Le 27 janvier 1984, nous avons eu la grande chance de bénéficier d'un conférencier de choix en la personne du Chinois Edmond Tang, collaborateur et chercheur à Lumen Vitae (Centre international d'étude et de formation religieuse).

 

Il était de toute évidence l'ambassadeur idéal pour présenter la Chine, cet immense pays : orateur routinier et cultivé, maîtrisant parfaitement notre langue, il percevait avec une grande ouverture d'esprit toutes les contradictions de deux cultures d'autant plus éloignées l'une de l'autre qu'elles se compliquent aujourd'hui de l'opposition entre libéralisme et totalitarisme.


Avec grande finesse et diplomatie, il parvint à mettre l'accent sur tous les éléments de symbiose à exploiter  pour  rapprocher deux philosophies aussi contradictoires.

 

Nous fûmes conquis ... La salle était accrochée à des lèvres qui chantaient le parfum de tièdes rizières, les petites rues sous le soleil,  le friselis des sandales sur la terre battue des ouvriers, artisans et paysans, en bleu du labeur ... et le murmure feutré des vestes de femmes ondulant sur un pantalon de toile « Mao »,  plus à la gloire de la révolution que de leurs charmes ... Et surtout, survolant tout cela dans les ruelles, l'insouciance éternelle des cris d'enfants heureux ...


Notre conférencier, avec talent, nous révéla deux faces peu connues de la Chine actuelle dont on ne présente généralement que la fourmilière industrielle, citadine ou ... militaire. Le pays profond est tout autre : moins gagné par le communisme, il reste attaché à ses traditions ancestrales.

 

Originaire de ces régions éloignées des centres urbains, Edmond Tang nous fit pénétrer dans un monde attachant de gens simples que le communisme effleurait sans trop le déformer.

 

Personne n'ignore, surtout maintenant, depuis son ouverture à notre monde occidental, que cet immense pays d'une superficie valant à peu près celle du continent européen (9.596.960 km2), habitée par environ un milliard trois cent vingt-cinq millions d'habitants (un homme sur quatre à cinq est chinois), recherche désespérément le compromis qui lui permettrait d'intégrer dans son système totalitaire la libre entreprise qui nous réussit si bien.

 

Sa préhistoire remonte très loin dans celle de l'humanité.  Il semble que les premiers humains qui pratiquèrent l'agriculture plutôt que la chasse, la pèche ou l'élevage, proviendraient des plaines fertiles des bassins du fleuve jaune. Certains auteurs pensent que les premiers chasseurs-cueilleurs et éleveurs de l'humanité se seraient sédentarisés dans cette région fertile en y pratiquant  la culture du sol associée à l'élevage.

 

Ce pas en avant énorme de l'homo sapiens-sapiens fut à l'origine d'un grégarisme de masse favorisant une agglomération de population avec l'éclosion de « Grands Chefs » à la tête d' « États » puissants, succédant aux bandes ou petits groupes d'individus nomades existant jusqu'alors.

 

Ce phénomène de regroupement sous une autorité suprême fut une des caractéristiques des populations chinoises qui dès le Néolithique se rassemblèrent en entité à caractère national (empires, États militaires pour défendre les frontières) avec un leader devenu rapidement potentat avec pouvoir de vie et de mort sur ses sujets.

 

Les frontières actuelles de la Chine ont parfois reculé jusqu'à la Corée et le Vietnam et son influence s'est ressentie, à certaines époques, jusqu'au Japon, à la Mongolie, au Tibet, à l'Iran, à l'Inde, ainsi qu'à l'Asie centrale et du Sud-Est (Indonésie, Philippines, Indochine) en s'approchant suffisamment du monde hellénique et plus tard islamique pour expliquer certaines concordances avec les croyances judéo-islamiques ou chrétiennes.

 

Il semblerait qu'on peut remonter à la fin du troisième millénaire (avant la civilisation du bronze) pour retrouver déjà des traces sérieuses d'une dynastie néolithique du nom de Xia.


Des vestiges de civilisations autocratiques existent datant de la seconde moitié du deuxième millénaire avant  J.C.  Les fouilles des sites Shang ont révélé des techniques avancées comme l'attelage de deux chevaux, les bases de l'écriture chinoise, une économie agricole complétée par l'élevage tandis que les seigneurs se réservaient la chasse. Cette civilisation était du type seigneurial avec un roi et sa parenté qui s'attribuaient les fonctions nobles (activités militaires, économiques ou religieuses limitées au culte des ancêtres du roi).

 

Comme partout ailleurs, le pouvoir religieux se développa en suscitant l'éclosion des premières activités culturelles dont l'écriture et les arts entraînant ipso facto le développement d'une élite intellectuelle influente manipulant l'autorité en place.


La défense des frontières de ces populations établies devint une priorité à cause de la menace permanente des tribus nomades de Mongolie ou autres voisins qui cherchaient à s'emparer de biens dont la sédentarité favorisait  l'accumulation et le développement.  Ces hordes de pillards étaient d'autant plus dangereuses qu'elles se dotèrent très tôt de cavalerie qui se déplaçait rapidement et combattait efficacement.

 

C'est une des raisons qui poussa les autochtones à se protéger de ces incursions équestres dévastatrices en élevant dès 500 avant J.C. une muraille d'abord primitive faite de talus de terre et de fossés, puis plus tard de briques et de pierre de taille enserrant un mélange de terre et de pierrailles élevé en murs épais, avec chemin de ronde au sommet.

 

Sa longueur dépasse 5.000 kilomètres, si on tient compte qu'elle suit les accidents du terrain et que son tracé a parfois été modifié et doublé au cours des siècles.  Il est large d'environ cinq mètres, pour permettre d'y ménager à son sommet une voie de circulation permettant sa surveillance, son entretien et même son usage en tant que voie de passage.  Il est doté de tours de guet, de créneaux, de bastions pour abriter la garde, et ... de tour à fumée d'alarme d'avertissement en cas d'attaque ...

 

L'édification d'un ouvrage aussi important nécessita un effort considérable  de la population chinoise asservie par les régimes féodaux de certaines grandes dynasties (Qin, Han, Sui, Ming)

 

Les menaces extérieures de voisins agressifs, dangereux, mobiles, organisés en hordes efficaces furent les plus importants facteurs d'unité de la Chine qui  connut cependant une interruption de près de deux siècles dans la pérennité de son histoire lors de l'invasion mongole de Temudjin (devenu, en 1206, Gengis Kan ou le Khan universel) et de ses successeurs qui se répandirent sur une bonne partie de l'Asie centrale et de l'Asie mineure jusqu'aux confins de l'Europe qu'ils menacèrent dangereusement.

 

Une dynastie mongole s'implanta, marquée des événements suivants : mort de Gengis khan en 1222 - élection de son fils Ögödeï en 1229, de ses petits-fils Batu en 1242 et Kubilai en  1274.

 

Quant à leurs conquêtes, signalons : Pékin et la Manchourie en 1215 - les bords de l'Indus en 1221, l'Iran en 1231, Moscou en 1238,  Kiev en 1240, Anatolie (Turquie d'Asie) en 1243, l'Irak en 1258, mais échec contre les Mamelouks d'Egypte en 1260 et le Japon en 1274.


Les Mongols s'implantèrent, dès 1279, en Chine en conquérants et ce ne fut qu'en 1368 qu'un rebelle parvint à les renverser provoquant l'éclosion de la dynastie des Ming,


Pour bien situer l'époque, rappelons que l'Europe était déchirée par les  problèmes religieux qui la divisaient et affaiblie par la peste noire (apparue, dès 1331, dans une Chine diminuée par les pillages mongols, puis dans toute l'Europe et une partie de l'Asie ainsi que dans le bassin méditerranéen)

 

Evoquons également l'incursion asiatique du père et de l'oncle de Marco Polo qui fréquentèrent la cour de Kubilai en 1265 et en ramenèrent une lettre pour le pape. Ils y retournèrent, en 1275, avec Marco Polo qui les accompagna pour dix-sept ans de service à la cour du khan.

 

De son séjour en Chine, Marco Polo écrira un livre resté célèbre « Le livre des merveilles », tellement dithyrambique de la vie à Pékin, que ses contemporains le considérèrent plus comme une belle œuvre de fiction que comme un récit authentique.

 

Marco Polo s'étendit davantage sur le confort, surprenant pour l'époque, qu'il retirait d'une ville bien organisée (poste, pompiers, voirie, hôtels, papier-monnaie, marchés) tout en profitant des plaisirs d'une cour fastueuseCependant, par souci de vérité historique, il faut rappeler que ce luxe citadin et de cour était subordonné au résultat de la pression exercée sur des régions surpeuplées et pauvres que les hordes mongoles saccageaient et opprimaient régulièrement.

 

On ne peut évoquer la pensée chinoise sans parler de Confucius qui vécut peut-être aux environs des années cinq cents avant J.C (s'il a vraiment existé). En fin de compte, il ne reste actuellement qu'un salmigondis de propos et de textes, qu'il n'est pas facile de lui attribuer ni d'en trouver l'origine.

 

Cependant, son nom et les effets de son rayonnement marquèrent profondément la Chine et certains de ses voisins (Japon, Corée, Vietnam...) par la propagation d'une certaine philosophie humaniste privilégiant un modèle de morale personnelle dite « junzi » qui se détache de celle dictée par la naissance et l'éducation pour se tourner vers ce qu'inspirent le cœur et  l'esprit.

 

Cette évocation,  trop succincte, ne cerne que de très loin ce que représente le personnage, ainsi que la philosophie, les écoles, disciples, et littérature qui se sont bâties sur et autour de lui.   Monsieur Tang s'efforcera de mieux cibler ce courant de pensée religieuse dans l'exposé sur le bouddhisme qu'il nous donnera plus tard, le 25 octobre 1985.

 

Enfin, pour être complet, ajoutons qu'il semblerait, d'après certains auteurs, que Confucius aurait réuni dans le « Shu » (le livre) une centaine de documents qu'il aurait retenus de la compulsation des trois plus anciens livres qui faisaient autorité dans l'antiquité  (Shu jing, Shi jing, Yi Jing). La vérité historique restera difficile à établir, en raison des nombreuses persécutions, destructions, incendies qui firent disparaître la plus grande partie des écrits.

 

Comme pour tout maître à l'origine des grands principes de la pensée humaine, des disciples, des écoles et des branches foisonnèrent et prétendirent étoffer ou continuer son enseignement tels Mencius, idéaliste (-372-289), Xunzi, matérialiste et rigoriste (-300-220), Yang Zhu, égoïste sans morale (vers -350)...pour ne citer que les plus proches de cette époque.

 

On ne peut se pencher sur l'histoire de la Chine sans évoquer le célèbre empereur Qin Shi Huangdi (259-210 av. J-C.) fondateur de la première dynastie impériale et son armée en terre cuiteUnificateur de l'empire, mais impitoyable tyran (il fit exécuter les lettrés, détruire les livres et exiler 125.000 familles aristocratiques, provoquant la fin définitive de la féodalité chinoise)


Il instaura un pouvoir autocratique centralisateur (administration impériale tyrannique, suppression des murailles intérieures au profit de la « grande muraille » en maçonnerie, unification de l'écriture et des poids et mesures, division de l'État en 26 « jun » administrés par un préfet et un gouverneur militaire surveillés par un surintendant dépendant de l'empereur, système pénal impitoyable etc.


C'est en mars 1974 que des paysans découvrirent enfouie dans le sol une armée de 6.000 guerriers en terre cuite peinte.  Ils avaient été placés là en ordre de bataille comme pour défendre le mausolée.  Dés 1925, des statues et des débris de celles-ci avaient été retrouvés çà et là autour du tumulus.  Il semblerait qu'aucune tête ne soit identique afin d'assurer une plus grande vérité à leur représentation.  Suivant certains auteurs anciens plus de 700.000 hommes furent « mobilisés » et certains « éliminés » pour réaliser l'ensemble du site.

 

Edmond Tang et son épouse           étaient accompagnés de leur ravissante petite fille :  famille souriante, simple, chaleureuse d'idéal élevé de partage ; ils  nous firent percevoir la valeur élevée de l'âme chinoise et la profondeur cachée d'une population réduite au silence (à cette époque) par un régime qui s'efforçait au moyen d'un communisme rigoureux à la dure et d'une politique sévère de limitation des naissances de maîtriser sa surpopulation et son manque de ressources.

 

L'incompétence des politiques de l'époque à gérer la production agricole conduisit à l'échec les premières tentatives d'augmenter le rendement en négligeant les règles élémentaires d'assolement des sols, ce qui ne fit qu'aggraver la situation et plongea le pays dans la plus profonde misère malgré l'aide de son voisin soviétique.

 

Notre conférencier, avec dignité, s'efforça de les passer sous silence, s'attachant surtout à bien nous pénétrer de la vie simple, subtile et intelligente d'un peuple que l'histoire n'a jamais épargné.

 

Il nous parla de deux villages ou bourgades d'où il provenait : l'un agricole et l'autre élevant le ver à soie.

 

Nous avons suivi les hommes et les femmes dans les champs qu'ils cultivaient avec les moyens archaïques que leur industrie naissante n'avait pas encore été capable de remplacer.

 

Les diapos nous révélèrent des enfants peu nombreux et propres, des bœufs arc-boutés sur des charrues primitives, des dos arrondis dans des champs étroits et maigres cultivés par une population laborieuse,  fataliste et soumise...

 

L'autre vision toute aussi surprenante nous fit découvrir une petite cité  artisanale produisant de la soie, avec ses petites entreprises familiales d'élevage du « bombyx mori » et de la culture du mûrier, dont les feuilles sont la seule nourriture de cet insecte.

 

Notre amie coréenne Agnès nous a raconté qu'au début de son mariage, elle avait logé chez ses beaux-parents, propriétaires terriens, gros sériciculteurs et les nuits blanches qu'elle avait endurées tellement le bruit des mandibules de milliers de chenilles, rangées sur des claies, rongeant des feuilles de mûrier était lancinant, immense et angoissant.  Elle a gardé de ces souvenirs une telle terreur que la simple vue de vers quels qu'ils soient la fait fuir avec de grands cris de terreur, ce qui nous amusait beaucoup quand elle nous aidait dans notre jardin de Meux.

 

Autre détail pittoresque à relever, révélateur de la valeur intellectuelle d'une certaine Chine profonde, sera celui de grands tournois d'échec opposant les champions du coin que des assistants reproduisent sur un grand échiquier peint sur le pignon de la plus haute maison et qui est tenu à jour au moyen de figurines accrochées représentant les pièces en jeu déplacées au fur et à mesure des coups. Ces joutes sont suivies avec passion par tout le village et chacun ira de son commentaire sur la tactique à développer.

 

La famille Tang obtint un très grand succès et fut la meilleure ambassadrice qui soit auprès de notre public conquis et convaincu de l'avenir fantastique de cette immense nation, grâce à sa politique actuelle de rationalisation et de discipline culturelle.

 

Nous avons terminé la soirée ave c le devenu traditionnel thé, au jasmin pour l'occasion, ce qui permit la formation de petits groupes animés partageant l'unanimité de leur enthousiasme pour ce monde tellement méconnu et décrié.

 

°°°°°

 

22g. - L'Indonésie {8}

 

Tu es le berceau des hommes

Aux silences du passé :

Pithécanthrope trouvé

Bien loin d'Adam et la pomme.

 

De tes îles éruptives

Sans cesse bourgeonnantes

Les mers sorties captives

Des entrailles grondantes,

Déchireront  le ciel,

De malheur et de fiel.


 

Grand peuple de misère,

Attaché à ses mers,

Implore toujours tes dieux

Pour qu'ils t'épargnent bien mieux.

 

{8} Notre ami Michel qui, on s'en souvient, préparait un doctorat en anglais à l'université néerlandophone de Bruxelles, nous avait présenté son « maître de thèse », Josèphe Hus, directeur du centre météorologique de Dourbes dans les Ardennes, qui se lia d'amitié avec notre famille. Intéressé par notre démarche, il devint un des plus enthousiastes participants à nos réunions,  dénichant parmi ses étudiants étrangers des présentateurs de qualité.

 

C'est ainsi qu'il nous mit en relation avec Condradus  Danisworo, qui présenta le 24 février 1984, son pays : l'Indonésie.

 

L'Indonésie est le plus grand archipel du monde.  De 1.919.440 km² de surface (avec la Nouvelle Guinée occidentale qui fait partie du continent australien), elle est constituée de 17.508 îles dont environ 6.000 ne sont pas habitées et comptait 222.600.000 habitants en 2004 (quatrième pays le plus peuplé du monde après le Chine, l'Inde et les USA).  Capitale et plus grande ville : Jakarta.

 

C'est la zone volcanique la plus active du globe (130 volcans en activité) : tremblements de terre et  tsunamis fréquents (celui du 26 décembre 2004 a fait près de 200.000 morts).

 

C'est un gros producteurs de riz, après la Chine et l'Inde, mais, en période de sécheresse, comme c'est la principale nourriture de ses habitants, il est forcé d'en importer.

 

Cette graminée produite essentiellement en Asie exige un énorme labeur humain, beaucoup de chaleur et d'eau, et n'est rentable que dans des contrées à forte densité de main-d'œuvre bon marché.


Elle présente aussi le gros avantage de ne pas exiger d'assolement (alternance de culture) comme le blé : on peut cultiver le riz en rizières inondées sans discontinuer jusqu'à obtenir deux récoltes annuelles pendant des décennies (même des siècles) sans appauvrissement des sols.

 

Le riz blanc que nous consommons est d'un rendement faible de 50 à 60 kilos pour 100 kilos de grains bruts ou « paddy ».  Son faible prix dans nos régions est dû au coût misérable de la main-d'œuvre locale, sinon cette denrée serait un luxe sur nos tables.

 

Les îles principales de cet archipel sont : Java et ses satellites Madura et Bali, ensuite Sumatra et enfin le groupe des  îles de Bornéo, Célèbes, Moluques et l'ouest de la Nouvelle Guinée qui fait partie du continent australien.

 

Java est devenu célèbre, en 1891, suite à la découverte à Trinil par le paléontologue néerlandais Eugène Dubois d'un fragment de crâne qui devait appartenir à un de nos ancêtres, qu'il nomma Pithecantropus erectus et   que l'on considéra comme le « chaînon » manquant entre les Primates et l'Homo sapiens.

 

L'archipel indonésien regroupe un grand nombre d'autochtones de races, de cultures et de langues différentes. Comme souvent, c'est la colonisation qui fait l'unité d'un pays et en l'occurrence celle des Hollandais, surtout au dix-septième siècle, dans un but principalement commercial (c'était l'époque de l'enrichissement par les épices : un gramme de clou de girofle valait plus qu'un gramme d'or).


Ce n'est qu'à la suite de la faillite de la Compagnies des Indes Orientales, au dix-neuvième siècle, lors du « puputan » (suicide collectif) de 1910 et du livre révélateur de Vicky Baum « Sang et volupté à Bali », que le gouvernement hollandais d'abord et puis la Couronne batave s'efforcèrent d'imposer une politique sociale et éducative plus humaine, interrompue malheureusement par la seconde guerre mondiale.


Autre fait marquant à signaler, l'influence de l'Islam qui s'y introduisit en douceur en s'adaptant harmonieusement aux coutumes, imité par la suite  par les bouddhistes chinois. A la fin du treizième siècle, Marco Polo signalera déjà l'émergence de régions islamisées dans le nord de Sumatra. Et dès le quinzième siècle, on relèvera la création des premiers États musulmans à Java, avant leur expansion générale au seizième siècle

 

Les Portugais avec Vasco de Gama en 1498 apparaîtront en Inde avec la prise de Goa en 1510 ainsi qu'en Indonésie, la même année, avec la conquête de Malaka.  Il est intéressant aussi de signaler l'arrivée de Magellan aux Philippines en 1521.

 

Cependant l'incursion des Portugais fut de courte durée et profita aux musulmans déjà bien implantés : cette « conquête chrétienne » dérangeante  favorisa l'expansion de l'Islam mieux intégré et bien adapté aux coutumes locales tout en symbolisant l'opposition à l'envahisseur portugais.

 

De nos jours, cette population considérée habituellement comme musulmane (officiellement 87%) ne l'est que superficiellement . Confrontée à une quantité de croyances de toutes sortes, en raison de la multiplicité des races et des cultures qui s'y rencontrent, elle a trouvé plus habile et plus sage de se donner une constitution de « compromis déiste » appelée « Pancasila » où il n'y a pas de place pour l'athéisme, chacun vénérant le ou les dieux qu'il veut dans une pratique et une tradition musulmanes.

 

Les Hollandais, grands commerçants et grands voyageurs s'étaient introduits dès 1600 pour y installer des « comptoirs » dont la célèbre « Compagnie des Indes orientales ». Anglais, Français et Japonais firent de même.

 

Cependant les agents de la compagnie hollandaise bien organisés et habiles finirent par s'implanter en tirant adroitement profit des conflits qui ne cessaient d'opposer princes, seigneurs, sultans et manants du coin.

 

S'appuyant sur les autorités locales, ils créèrent un réseau bien organisé de cellules villageoises avec chef de village élu par les paysans ou d'entités citadines surtout portuaires de marchands et commis prospères.


L'unification  religieuse, linguistique et administrative d'une population aussi  hétéroclite  ne put se réaliser qu'à la faveur de facteurs liés à la montée d'un Islam bien intégré, tolérant et adapté aux coutumes locales, comme déjà signalé,  mais aussi d'une extension  linguistique du malais (à la base de l'actuel indonésien) qui sera imposé dans les écoles, le tout étant couronné par une gestion administrative dure des Néerlandais.

 

De la Révolution à l'Empire, l'Europe connaîtra des bouleversements de régime suivis de nombreux changements de monarque et modifications de frontières. Louis Bonaparte deviendra roi des Pays-Bas (1808) et les Anglais, maîtres des mers, opèreront un blocus de l'île.  En 1811, ils rattacheront le comptoir néerlandais au  gouvernement général des Indes anglaises pour le restituer en 1814, après la chute de Napoléon, sous certaines conditions dont le maintien de Singapour sous la bannière britannique.

 

Dès 1830, les Pays-Bas revenus dans leur ancienne colonie imposent un régime sévère de colonisateur avec le « kultuurstelsel » ou régime des cultures : contrôle par les autorités de l'exploitation des produits d'exportation et abandon au gouvernement d'un cinquième des terres et d'un cinquième du temps de travail de chacun.

 

La création du canal de Suez réduira les distances et les colons néerlandais afflueront (ils seront près de 75.000 en 1900) avec des fortunes diverses en raisons des aléas inhérents à ce genre d'exploitation (maladies, chute des cours de matières premières, modernisation des installations).

 

Pressée par l'opinion publique mondiale, la Hollande accordera l'indépendance au pays le 17 août 1945, mais ne sera effective qu'en 1949 avec Soekarno comme premier président du pays. Il s'efforcera de maintenir l'unité du pays menacée par le conflit entre religieux et communistes.

 

Elle éclatera cependant en 1965, lors de la révolution du commandant la garde de Sukarno, Untung, qui prétendit déjouer un coup d'État. Le général Soeharto, commandant les réserves générales de l'armée, écrasera cette tentative de prise de pouvoir des communistes en leur faisant une chasse génocidaire (500.000 à 1.000.000 de morts) alimentée par la haine des musulmans pour les athées rouges.  Soeharto force Soekarno à lui transférer le pouvoir.

 

Avril 1997, crise financière asiatique et crise économique.  Les émeutes à Jakarta, en 1998, provoquent la démission de Soeharto.

 

Comme si ça ne suffisait pas, ce douloureux pays fut encore victime d'attentats perpétrés par des musulmans fanatiques inspirés d'Al-Qaïda qui frappèrent Bali, surtout le 12 octobre 2002 dans la ville de Kuta, en y faisant 202 morts et 209 blessés dont  une majorité d'Australiens.

 

Cependant espoir quand même avec les premières élections démocratiques en 1999 et la première élection présidentielle au suffrage universel en 2004.

 

Notre conférencier, Contradus Danisworo, était un maître-danseur, art subtil et raffiné très en vogue dans les milieux cultivés des « Îles ». Il nous fit une démonstration étonnante et pleine de charme de son talent, accompagné de quelques musiciens recrutés par l'ambassade d'Indonésie.

 

Monsieur Tobing, ministre plénipotentiaire d'Indonésie, répondit aux questions qui fusaient de partout, montrant l'intérêt et l'attachement que notre public apportait à ce grand et valeureux pays.

 

Les employés de l'ambassade nous gâtèrent en nous présentant un film magnifique « L'aurore du monde », superbe document sur l'histoire de « l'homo » que révèle l'île de Bali et en nous servant ensuite un thé indonésien accompagné de « tchata »  (sorte de biscuit).

 

 

°°°°°°°

 

 

 

 

16/03/2010

Ch. 22 d/e - Le Liban et le Maroc (LES AMIS D'AILLEURS)

&quo

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)

 

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour  :

 

22d. - Le Liban n> {5}

 

Liban des Phéniciens,

Navigateurs anciens,

Fondateurs de Carthage,

La patrie d'Hannibal.


Liban des cèdres antiques

Enfouissant leurs racines

Dans le sable des portiques

De luttes intestines.


Grand peuple voyageur

Qui proclame au prétoire

Les souvenirs vengeurs

De ses plaies d'histoire.


Dans le passé lointain,

Au creuset des humains,

Sommeillent toujours les traces

De l'éveil de nos races.


 

{5} Quand nous avons commencé nos rencontres, nous avions prévu de nous en tenir à cinq séances par an, en saison d'hiver, les derniers vendredis des mois d'octobre et de novembre, ainsi que de janvier, février et mars.

 

La saison prit donc fin avec la réunion de mars et ne recommença que le 28 octobre 1984,  avec notre ami libanais, Oussama, étudiant en médecine qui habitait avec ses frères juste en face de chez nous, au quatrième étage d'un complexe de huit appartements.

 

Garçon d'une grande maturité, due aux épreuves subies dans un pays exsangue et déchiré par les conflits entre Israël et ses voisins, il nous avait conquis ainsi que nos fils qui l'interpellaient par les fenêtres de nos deux immeubles se faisant face dans la rue.

 

Devenu vite un habitué de la maison, en avons-nous passé de moments agréables en conversations-confidences sur les grands problèmes et déchirements de cette région-clef, berceau de nos civilisations, abcès toujours virulent, inguérissable, de nos conflits philosophiques et religieux !


Nous interpellant, il expliquera pourquoi lui, chrétien maronite, s'était converti à l'Islam, alors que ses frères et ses parents restaient fidèles à la religion de leur milieu.  Il nous avait convaincus du bien-fondé de ses arguments, dans un contexte de lieu et de circonstances.  Idéaliste pur, il défendait ses convictions avec une chaleur enthousiasmante, attendrissante aussi.

 

Quel étonnant pays que ce Liban,  étroit territoire de la taille d'un grand département français ; mouvante destinée que celle de cette petite nation, lieu des origines de l'histoire du monde hébraïque, islamique et chrétien, que des courants politiques divergents ont bouleversé depuis 1975, et qui se trouve sous la menace permanente d'une dislocation proche de l'anéantissement.

 

Pauvre petit coin de terre que des voisinages agressifs et turbulents ont perturbé depuis toujours en l'occupant et l'asservissant, qui ne dut son salut qu'à l'étonnante faculté d'adaptation et de délocalisation qui a toujours caractérisé son peuple, contraint de subir et mourir ou s'éloigner pour revenir.

 

Avec sa foi de néophyte d'un Islam pur, notre ami Oussama aurait aimé faire comprendre à des chrétiens le bien-fondé d'un autre message aussi valable que le sien quand il est compris dans son sens fondamental.

 

Cependant, par délicatesse et respectueux de la sensibilité de son auditoire, il s'en abstiendra et se contentera de commenter les images merveilleuses d'un film primé à un festival du film du tourisme français.

 

Un autre film aussi surprenant, intitulé « Liban, terre des hommes », mettra en valeur toute la richesse culturelle d'une région de plateaux, montagnes et vallées que l'histoire a privilégiée,  véritable creuset d'échange culturel entre les grandes confessions monothéistes du monde.

 

Belle région au climat de côte d'azur dans beaucoup d'endroits avec culture de la vigne, de l'olivier, des bananiers et  des orangers mais aussi du blé et des pommiers dans la Beqaa (plaine de 120 km. de long sur 8 à 15 de large, entre 500 et 800 mètres d'altitude, très fertile mais très disputée par les belligérants depuis 1975.)

 

Ses riches voisins arabes, surtout à partir de 1968 jusqu'au conflit de 1975,  apprécieront la douceur et le pittoresque de ses plateaux montagneux en y venant nombreux, touristes avides de fraîcheur, contribuant ainsi à sa grande prospérité.

 

Rappelons aussi ce que nos livres d'histoire nous ont enseigné sur Baalbek, (Baal Beqaa = le seigneur de la Beqaa) ancienne Héliopolis, en bordure de la Beqaa dans laquelle vivaient les adorateurs de Baal et où Salomon aurait construit un temple

 

Le Liban est un des endroits du monde dont le voisinage multiculturel est des plus variés et des plus spectaculaires qui soit.  Avant 1975, il y avait 17 communautés religieuses : des maronites ( sous l'autorité du patriarche d'Antioche, rite d'influence latine, reconnaissant le pape ; ils sont environ 700.000 actuellement au Liban avec le syriaque comme langue liturgique) ; des grecs orthodoxes et catholiques ; des arméniens orthodoxes, catholiques et protestants ; des syriens orthodoxes ou jacobites, des syriens catholiques ou syriaques ; des chaldéens catholiques uniates (reconnaissant le pape, mais conservant leurs rites et organisation), orthodoxes ou nestoriens (de l'hérétique Nestorius) ; des latins, chrétiens arabes  rattachés à Rome ; des musulmans (surtout chiites, ensuite sunnites, druzes, alaouites, ismaéliens (Syrie) et enfin des israélites à Beyrouth.

 

En ce qui concerne les orthodoxes, rappelons qu'ils se sont séparés de Rome dès avant le schisme d'Orient de 1054.  Leur désaccord porte sur trois pointsl'infaillibilité du pape et son autorité, l'immaculée conception de la Vierge qui est considérée comme une innovation doctrinale inutile  et un désaccord « Byzantin » sur la trinité appelé le filioque (et du fils), l'Esprit saint procédant du Père et du Fils selon Rome et non du Père par le Fils selon les orthodoxes (sic).  Rappelons aussi qu'ils admettent le divorce des civils et le mariage des prêtres, s'il a eu lieu avant le diaconat (dernière étape avant la prêtrise).

 

Depuis 1975, le pays fut ravagé, déchiré par les nombreux conflits qui n'ont pas cessé de l'appauvrir et de le désorganiser, provoquant l'exode (surtout des chrétiens)  vers tous les pays du monde.  Les musulmans en resteront les plus nombreux (60 %)


A l'époque où  Oussama fit son exposé, des événements politiques graves déchiraient son pays-martyr.  En 1982, les forces israéliennes (opération Paix en Galilée) avaient occupé une partie du Liban pour repousser les Palestiniens avec lesquelles ils étaient et restent en conflit permanent,  les forçant à s'opposer aux alliés syriens de ceux-ci. Le 21 août 1982, une force multinationale viendra au secours des Libanais en s'efforçant de pacifier la région au détriment des israéliens qui s'étaient interposés.

 

En 1983, s'ouvriront des négociations israélo-libanaises, sans concertation avec la Syrie, aboutissant au traité de Naqoura (17 mai 1983) qui fut dénoncé par la suite (en février 1984) sous la pression d'une fraction libanaise partisane de la Syrie, si bien que l'opération « Paix en Galilée » fut inutile pour les Israéliens qui par la suite durent se replier jusqu'à une bande de sécurité.

 

La FINUL (Force Interimaire des Nations Unies au Liban) a été créée en mars 1978 par les résolutions 425 et 426 des Nations Unies. Elle comprenait 4.000 hommes au départ et devrait en compter 15.000 dans l'avenir dont la moitié d'EuropéensSa mission consistera à appuyer les 15.000 soldats de l'armée libanaise pour former une zone tampon entre le Liban et Israël.

 

Tout cela réveille en mon souvenir les conversations intéressantes (en confidence) que nous avons eues avec Oussama sur cet abcès de la politique mondiale et sur ce traité de Naqoura (entre Israël et le Liban) et le président chrétien libanais Gemayel qui l'avait conclu... Très gentil et idéaliste, notre ami tentait de minimiser les tensions et d'expliquer le bien-fondé de toutes les positions...

 

Il nous dira aussi le drame de sa famille, deux de ses frères que nous connaissions bien, partageaient l'appartement avec lui, alors que ses parents et le plus jeune des fils restaient au Liban.  Il se souciait beaucoup de l'avenir de ce jeune frère, presque analphabète, qui n'avait pu faire d'études dans cet environnement perpétuellement bouleversé par les conflits.

Nous terminerons la soirée, en conversations animées autour d'un thé libanais, délicieusement sucré, accompagné de « makroun » et « awamat », spécialités de son pays que sa maman, en séjour chez lui à cette époque, avait préparées à cette occasion.

 

°°°°°°°

 

22e. - Le Maroc {6}

 

Magrib al aqsa,

Qu'un djinn  embrassa

En soupirant de ferveur

Pour ses beaux sables rêveurs.


Maroc, prosterné, tout en chant

Vers Allah, au soleil couchant,

Après l'appel des muezzins

Qui sortent des hauteurs voisines.


L'Africain, bâtisseur d'empires

Entouré de chefs qui conspirent

Offrit à la France un joyau

De gloire et de rois  conquérants,

Devant lui comme des agneaux

Malgré la fierté de leur rang.

 

Et toi, désert saharien,

Peuplé des seuls bédouins,

Trop grande immensité brûlante,

Aux caravanes nonchalantes,

Tes oasis, ouvertes aux cieux

Sont fraîcheur et cadeau des dieux.

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{6} Notre fils Patrick, après son cycle du secondaire, avait entrepris des études d’optométrie (partie de l’optique qui concerne la correction de la vision). Il s’était lié d’amitié avec un condisciple d’origine marocaine, Abdel, qui ne tarda pas à devenir un ami de la maison.

 

Bel athlète, souriant, serviable et gentil, il nous accompagnait pratiquement tous les week-ends dans notre propriété de la campagne, où il nous aidait à terminer la grande « véranda » qui couvrait la piscine et ses abords.

 

C’était un de ces jeunes venus dans notre pays rejoindre son frère, tentés tous deux par « l’eldorado » européen, et qui s’était arrangé pour obtenir une bourse d’étude des autorités belges.

 

Très jovial et ami de mon fils, il eut l’art de s’insérer adroitement dans notre « tribu » d’une douzaine de personnes (lui, Agnès, Michel et leurs enfants, ma mère, nous deux, nos filles et l’un ou l’autre de nos fils et neveu quand ils n’étaient pas occupés ailleurs).

 

Fort d’un équipage de deux voitures dont un «break version familiale » avec remorque, nous émigrions, chaque week-end et congés, vers cet éden qu’était devenu notre havre de Meux,

 

Mon épouse régentait tout cela avec son habituelle maîtrise, sa gentillesse et un don de l’organisation qui l’a toujours caractérisée.

 

Considérées avec le recul du temps, nous devons avouer que nos relations avec Abdel sont difficiles à analyser avec objectivité. Fut-il sincère dans son amitié ? Ne profita-t-il pas des idéalistes « bonasses » que nous étions malgré nous ?

 

En confidence, ne suggéra-t-il pas à Agnès d’en « profiter » ce qui, pour le moins, manquait « d’élégance » à notre égard !

 

Et puis surtout, il y a cet étonnant incident du prétendu décès de sa mère qu’il nous annonça avec un réel chagrin dans la voix. Nous compatîmes et le soutînmes affectueusement.

 

Plus tard, mon épouse rencontra son frère que nous ne connaissions pas, qui, scandalisé, déclara : « Ma mère vit toujours, il raconte n’importe quoi pour se faire remarquer».

 

Devant mon clavier, je pense à lui et n’arrive pas à lui en vouloir. Je revois sa bonne tête bouclée de méditerranéen, son sourire si franc pourtant et me rappelle les bons moments que nous avons eus ensemble. J’en avais fait un ami qui m’aidait beaucoup dans nos travaux d’aménagement de notre véranda-piscine et d’entretien d’une propriété de près d’un hectare.

 

Pourquoi avait-il raconté cette histoire ridicule de la mort de sa mère, alors qu’il savait que nous finirions par rencontrer son frère qui habitait la région ? Était-il mythomane ou mendiait-il tellement l’affection qu’il en « inventa » ce drame pour trouver une intimité affectueuse qu’il ne connaissait pas et qu’il « enviait » quand nous la prodiguions à notre entourage familial ?

 

Quand nous lui proposâmes de présenter le Maroc, le 25 novembre 1983, il paniqua, ne se sentant pas assez cultivé pour se défendre lors des questions que ne manquerait pas de lui poser son auditoire.

 

Je le rassurai en lui suggérant de l’aider en posant moi-même de nombreuses questions dont nous conviendrions des réponses à l’avance.

 

Nous préparâmes un certain nombre de sujets que nous répétâmes ensemble. Ce fut parfait, il se débrouilla en vrai conférencier. Cependant, à une question que je lui tendais en perche salvatrice d’une toute simple venant de la salle, il fut pris de panique, ne se souvenant plus de son texte. Il me regarda avec des yeux désespérés, comme s’il voulait que je lui souffle la réponse …

 

Et puis, ça lui revint … et toujours en me regardant : « Ah, oui … » comme le potache qui se rappelle un texte. Je dus me pincer le nez pour ne pas rire. C’était cocasse, le subterfuge était dévoilé. … Mais attendri et indulgent, personne n’en souffla mot.

 

Le Maroc, pays du soleil couchant, (Magrib al-‘aqsa) s’est, selon les meilleurs auteurs, développé progressivement à partir de colonies phéniciennes qui y établirent des comptoirs dès la moitié du cinquième siècle avant Jésus-Christ.

 

t;FR">Dangereusement menacée par Carthage lors des guerres puniques (souvenons-nous d’Hannibal qui avait franchi les Alpes avec des éléphants), Rome s’imposera finalement ainsi que dans le reste de l’Afrique du nord, > contribuant au développement de la partie méditerranéenne du pays qui s’étendra progressivement à l’intérieur du continent africain.

 

A la fin du troisième siècle de notre ère, Rome en crise perdit son hégémonie et la région entra dans une période noire, abandonnée à la domination de ses chefs berbères.


Du VIIème au XVème siècle, l’Islam s’imposa progressivement en soumettant et convertissant les tribus berbères qu’ils enrôlèrent dans leurs armées parties à la conquête de l’Espagne, victoires et défaites se succédant (ainsi Tolède fut reprise en 1085 par les chrétiens).


Pendant tout le quinzième siècle, les troupes ibériques (Espagnols et Portugais) ne cesseront de harceler les Arabes avec des fortunes diverses ce qui ne fit qu’augmenter le sentiment religieux qui favorisait l’unité et l’opposition à l’étranger. Ce mysticisme suscita des débordements de foi allant jusqu’au maraboutisme, (vénération d’anachorètes considérés comme des saints).

 

De 1912 à 1925, le Maréchal Lyautey, un des grands hommes français, celui qu'on appela "Lyautey, l'Africain" et le "bâtisseur d'Empire", réussira à imposer son pays malgré l'opposition de ses voisins espagnols et portugais et l'action du rebelle Abd-el-Krim dans le rif.

 

Je me souviens que tout gamin, nos maîtres parlaient du grand Français à nous petits Belges comme d'un personnage de légende qui avait été un des plus précieux artisans de la francophonie méditerranéenne.

 

Son action déclencha un puissant mouvement d’émigration de 40.000 de ses compatriotes (de 1919 à 1922). Par la suite, la politique de la France connut des fortunes diverses en colonisant les régions rurales où s’installèrent des « Européens » avec des méthodes de conquêtes militaires qui mécontentèrent les populations locales.

 

En novembre 1942, les Américains débarquèrent dans le pays pour appuyer les alliés. Roosevelt rencontra le sultan du Maroc (en 1943 à Anfa) et encouragea le nationalisme marocain. C’est ainsi que la France se retrouva seule pour défendre sa position aux Nations Unies, face à l’Espagne et aux états arabes et asiatiques musulmans qui encourageaient son indépendance.

 

Acculé par la guerre d’Indochine (mai 1954) et l’insurrection algérienne (1er novembre 1954), le gouvernement français fut forcé d’accorder l’indépendance au Maroc (2 mars 1956) tout en se réservant difficilement quelques privilèges.

 

Sa population atteint maintenant 30 millions d’habitants, avec une extension urbaine mettant en danger son équilibre démographique (trois cents agglomérations urbaines et 13 millions de citadins dont trois millions à Casablanca et un million à Rabat, capitale politique et administrative )

 

L’émigration (un million deux cent mille résidents à l’étranger) est un phénomène important qui conditionne l’économie du pays par l’apport de devises et les échanges culturels qu’elle génère.

 

Les richesses naturelles ne sont pas très importantes, en dehors du phosphate dont le sous-sol contient les plus riches réserves du monde.

 

L’histoire du Maroc sera marquée par la personnalité de ses souverains qui oeuvrèrent magistralement à sa démocratisation et son indépendance : Mohammed V (1909-1961) sultan de 1927 à 1953 et grand allié de la France en 40-45, déposé par elle de 1953 à 1955 parce qu’il réclamait l’indépendance que, réhabilité, il obtint en 1956 (il fut proclamé roi en 1957) ; Hassan II (1929-1999) lui succédera en 1961 ; il sera un artisan de l’unité autour du trône en combattant le front Polisario qui cherchait à rendre le Sahara indépendant.

 

Le 30 juillet 1981, après les émeutes tragiques de juin, le roi Hassan II s’engagera à modifier la constitution en réduisant les pouvoirs de la monarchie en la rendant plus constitutionnelle (sous-entendu moins théologique de droit divin).

 

Son fils aîné, Mohammed VI, né en 1963, qui lui succèdera en 1999 à sa mort, se fera remarquer, dès le début de son règne, par de nombreuses mesures de réconciliation avec l’opposition (libération du cheikh islamiste Yassine, retour de l’opposant Serfati et des enfants de Ben Barka, indemnisation des victimes de tortures, écartement du dur ministre de l’intérieur Basri). Il parviendra en outre à rallier le monde extérieur à sa politique d’assainissement et de développement tout en affaiblissant l’opposition du front Polisario.

 

Ce mouvement restera toujours la grande pierre d’achoppement à la politique d’unification du territoire défendue par tous les monarques et dirigeants du Maroc à l’encontre de ce front de plus en plus puissant qui milite pour une reconnaissance internationale du territoire saharien en une seule nation la « République arabe sahraouie démocratique »


Son action déclencha un puissant mouvement d’émigration de 40.000 de ses compatriotes (de 1919 à 1922). Par la suite, la politique de la France connut des fortunes diverses en colonisant les régions rurales où s’installèrent des « Européens » avec des méthodes de conquêtes militaires qui mécontentèrent les populations locales.

 

En novembre 1942, les Américains débarquèrent dans le pays pour appuyer les alliés. Roosevelt rencontra le sultan du Maroc (en 1943 à Anfa) et encouragea le nationalisme marocain. C’est ainsi que la France se retrouva seule pour défendre sa position aux Nations Unies, face à l’Espagne et aux états arabes et asiatiques musulmans qui encourageaient son indépendance.

 

Acculé par la guerre d’Indochine (mai 1954) et l’insurrection algérienne (1er novembre 1954), le gouvernement français fut forcé d’accorder l’indépendance au Maroc (2 mars 1956) tout en se réservant difficilement quelques privilèges.

 

Sa population atteint maintenant 30 millions d’habitants, avec une extension urbaine mettant en danger son équilibre démographique (trois cents agglomérations urbaines et 13 millions de citadins dont trois millions à Casablanca et un million à Rabat, capitale politique et administrative )

 

L’émigration (un million deux cent mille résidents à l’étranger) est un phénomène important qui conditionne l’économie du pays par l’apport de devises et les échanges culturels qu’elle génère.

 

Les richesses naturelles ne sont pas très importantes, en dehors du phosphate dont le sous-sol contient les plus riches réserves du monde.

 

L’histoire du Maroc sera marquée par la personnalité de ses souverains qui oeuvrèrent magistralement à sa démocratisation et son indépendance : Mohammed V (1909-1961) sultan de 1927 à 1953 et grand allié de la France en 40-45, déposé par elle de 1953 à 1955 parce qu’il réclamait l’indépendance que, réhabilité, il obtint en 1956 (il fut proclamé roi en 1957) ; Hassan II (1929-1999) lui succédera en 1961 ; il sera un artisan de l’unité autour du trône en combattant le front Polisario qui cherchait à rendre le Sahara indépendant.

 

Le 30 juillet 1981, après les émeutes tragiques de juin, le roi Hassan II s’engagera à modifier la constitution en réduisant les pouvoirs de la monarchie en la rendant plus constitutionnelle (sous-entendu moins théologique de droit divin).

 

Son fils aîné, Mohammed VI, né en 1963, qui lui succèdera en 1999 à sa mort, se fera remarquer, dès le début de son règne, par de nombreuses mesures de réconciliation avec l’opposition (libération du cheikh islamiste Yassine, retour de l’opposant Serfati et des enfants de Ben Barka, indemnisation des victimes de tortures, écartement du dur ministre de l’intérieur Basri). Il parviendra en outre à rallier le monde extérieur à sa politique d’assainissement et de développement tout en affaiblissant l’opposition du front Polisario.

 

Ce mouvement restera toujours la grande pierre d’achoppement à la politique d’unification du territoire défendue par tous les monarques et dirigeants du Maroc à l’encontre de ce front de plus en plus puissant qui milite pour une reconnaissance internationale du territoire saharien en une seule nation la « République arabe sahraouie démocratique »

 

Le Sahara, morcelé lors des colonisations, sera toujours âprement disputé par le Front Polisario qui lutte, depuis 1966, pour l’indépendance du territoire et sa réunification en une seule entité saharienne.

 

Rappelons que le désert saharien s’étend sur dix millions de km² et comprend dix États (Algérie, Egypte, Libye, Niger, Mali, Maroc, Mauritanie, Soudan, Tchad, Tunisie) qu’il n’est peuplé que de bédouins nomades autour des oasis sur un territoire dont le point le plus élevé est situé à 3415 mètres ; quant au Maroc, il comprend de nombreux sommets au-dessus de 4.000 mètres, avec le point culminant de l’Afrique du nord, le djebel Toukbai à 4165 mètres.

 

Après de nombreuses interventions guerrières aux fortunes diverses, affaiblissant les deux parties, L’ONU parviendra à établir un plan de paix en août 1988, le Polisario étant contraint de reconnaître la supériorité militaire et la puissance de l’organisation territoriale des autorités marocaines.

 

Nous avions pu nous procurer pour cette séance deux films vraiment intéressants sur un pays dont l’histoire remonte très loin dans l’antiquité phénicienne, romaine ou carthaginoise.

 

L’un, « Villes Impériales » fut un délire de mosquées, minarets, palais de sultan, ciselures, arabesques et couleurs à couper le souffle que beaucoup connaissent maintenant avec la démocratisation des voyages et les documentaires de haute qualité diffusés à satiété par nos téléviseurs.

 

L’autre, « le Grand Sud vu du ciel », impressionnant de vues grandioses dans ses couleurs sahariennes, nous offrit, par le miracle du montage aérien, la vision sereine et majestueuse d’un spectacle réservé aux grands rapaces qui la survolent en planant lentement.

 

Notre public fut particulièrement chaleureux lors de cette réunion et le manifesta lors du thé marocain que mon épouse et mes filles leur servirent accompagnés de « mharka », délicieux gâteaux marocains que nous avions confectionnés selon une recette que la maman d’Abdel avait transmise à son fils.

 

 

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12/03/2010

Ch. 22b/c - Inde et Bengladesh (LES AMIS D'AILLEURS)

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour  : {22b et c) L'inde et le Bengladesh.


22b - Les amis venus d'ailleurs : L'Inde {3}


Un enfant au bord du Gange,

C’est un joyau dans la fange.

 

Un enfant en rue à Delhi,

C’est un oiseau tombé du nid.

 

Un enfant dans les grands yeux noirs

De sa mère indienne,

C’est une perle dans le soir,

Les fleurs qui reviennent.

 

Un enfant, dans le temple des dieux,

Est la prière qui monte aux cieux.

 

{3} Le 25 février 1983, un mois plus tard, notre rencontre aborda une Inde troublante et déconcertante. Un ancien équipier de Frères des Hommes, qui avait œuvré là-bas de longues années, y avait épousé une gentille Indienne, Mathilda, qui nous conquit d’emblée.

 

Ils habitaient à quelques rues de chez nous : les épouses et les enfants ne tardèrent pas à se fréquenter. C’était pour nos rencontres, un relais idéal à nos amis coréens.

 

L’ambassade nous fournira un très beau film qui permit à l’assistance de s’émerveiller de sites enchanteurs, mais aussi de l’insolente richesse des temples et palais de maharadjah ; aussi, le film suivant, réalisé par Frères des Hommes, nous ramena-t-il à une réalité plus dure, celle d’un monde rural très pauvre, mal développé et tirant de son environnement à peine de quoi subsister.

 

Depuis, j’ai découvert (maintenant que les moyens audiovisuels - Internet et chaînes spécialisées en voyages et histoire - sont une fenêtre ouverte sur le monde permettant la vision de reportages d’une vérité dure et crue - ) l’étonnant pouvoir d’adaptation de la population citadine, grouillante dans son monde « d’asticot », qui survit de presque rien dans un engluement de ville intolérable pour nous ; à tel point que certains touristes n’en supporteront pas la promiscuité dérangeante, atteints qu’ils seront d’un mal grave, appelé syndrome du voyageur, à soigner en clinique avec rapatriement d’urgence.

 

Un de ces films m’a révulsé à en être malade alors que j’étais confortablement installé dans mon fauteuil. Avec le cameraman, on subissait le fourmillement intense des rues, misérable microbe dans l’angoisse égocentrique de la multitude des autres. C’est réduisant … humiliant … frustrant … mais surtout terrifiant Même réfugié dans un véhicule, on étouffe, englué dans une masse qui s’écoule par spasme.

 

Pourtant, mon écran ne me communiquait ni la touffeur moite et fétide de l’air, ni l’ampleur du bruit et en tout cas m’évitait l’anxiété du claustrophobe que je suis.

 

Vision surréaliste aussi que ce Gange, charriant dans son eau boueuse toute la misère animale (nous y compris) d’un monde surpeuplé d’êtres vivants, dans une promiscuité où se côtoient riches et pauvres pour des ablutions sacrées, alors que brûlent sur les berges les restes des corps qu’on vient d’amener en grande pompe pour un autodafé rituel.


L’Inde, étonnant conglomérat de plus d’un milliard d’êtres humains, regroupés en castes des plus riches et puissantes aux plus misérables,… jusqu’aux parias,ceux qui n’ont pas le droit, eux, d’être « un humain », ceux qu’on désigne du vocable révoltant d’« intouchables », … qu’on écrabouille sans souci de leur sort … impurs par hérédité et pour toujours dans l’indifférence générale des autres.

 

Bien que la République de l’Inde l’ait aboli, en 1947, sous la pression du Mahatma Gandhi et du pandit Nehru, cette discrimination reste toujours effective dans les faits et les mœurs.

 

Au sommet de cette pyramide sociale déconcertante se trouvent les brahmanes, prêtres détenteurs des textes fondamentaux, sur lesquelles aucune puissance terrestre n’a autorité. Entre ces « élus » privilégiés et les parias exclus, il y a toute la gamme des autres, de toutes conditions depuis les plus misérables jusqu’aux plus riches - les maharadjahs et les industriels de l’inde moderne - comme dans toutes les sociétés du monde.

 

Datant de près de trois millénaires avant notre ère, l’Inde fut peut-être la première grande civilisation qui s’inscrira en tant que telle dans l’histoire, sa caractéristique principale étant son appartenance religieuse brahmanique qui au fil des temps s’incrustera dans le tissu profond de la mentalité indienne faite de l’esprit des castes et la philosophie de la prédestination.

 

Aucun pouvoir ni personnalités politiques de grand charisme n’arriveront à renverser cette tendance, même au prix de leur vie, tel le Mahatma Gandhi, père de l’indépendance (assassiné en 1948), ainsi que le Pandhit Nehru, premier ministre, sur proposition de Gandhi pendant 17 ans (de 1947 jusqu’à son assassinat en 1964), intellectuel agnostique qui mena le pays avec doigté et intelligence en politique respecté et écouté, reconnu dans le monde entier, de même que sa fille Indira Gandhi (du nom de son époux, un fidèle du Mahatma dont l’identité de nom est fortuite) qui sera une première-ministre démocratique soutenue par les plus misérables, mais aussi combattue par les plus riches et les religieux (assassinée en 1984 par un fanatique) et enfin, Rajij, son fils qui lui succédera jusqu’en 1989, assassiné lui aussi en 1991, lors d’élections qui devaient lui faire retrouver un poste qu’il avait perdu bien que n’en ayant pas démérité.

 

Avec beaucoup de doigté et de finesse, notre conférencier s’ingéniera à n’aborder ces questions qu’avec grande diplomatie, mettant surtout l’accent sur le charisme des différents dirigeants qui se sacrifièrent depuis cinquante ans pour faire de l’Inde une grande nation libre, s’efforçant surtout de nous sensibiliser à cette culture indienne faite de philosophie profonde et de pensée intelligente, respectable malgré l’injustice des castes.

 

Mathilda, son épouse indienne, était attendrissante, féerique tant elle semblait sortir d’un livre d’images, princesse d’un monde coloré de maharadjahs enturbannés avec de gros rubis et saphirs aux doigts. Sa grâce racée faisait supposer qu’elle ne pouvait provenir que d’un monde de seigneurs ; elle n’était pourtant que la cendrillon des régions pauvres qui n’avait jamais connu de palais.

 

Un jour, elle nous fit une demande bouleversante, révélatrice d’une logique difficile à comprendre pour des occidentaux engoncés dans leurs préjugés et leur conception étriquée de la psychologie familiale.

 

Nous lui avions fait part du désir d’adopter un enfant que formulait une célibataire de notre entourage professionnel. Spontanément, avec une logique qui n’est pas la nôtre, Mathilda nous proposa un enfant de sa sœur qui comme tous ceux de sa famille vivaient très misérablement mais avec la grande dignité des vrais démunis.

 

Interloqués et surpris, nous avons reculé ainsi que notre amie devant l’incongruité d’une telle situation à nos yeux étroits d’occidentaux.

 

Cette jeune collègue adoptera quelques années plus tard un petit sénégalais orphelin, adolescent maintenant fort heureux. Avec le recul, on pourrait imaginer les choses autrement et penser à l’opportunité qui aurait pu se présenter pour elle d’une ouverture sur un monde de grande profondeur malgré les contraintes de la misère, avec l’avantage de l’approche d’une société tellement intéressante et d’une culture déconcertante.

 

Cette conception de la société et de ses valeurs affectives ou morales par d’autres civilisations nous interpellera durement comme nous le serons par ces autres géants de l’Asie, le Japon, quand nous nous y rendrons plus tard pour le mariage de notre fils et la Chine que nos amis Tang nous présenteront quelques temps après.

 

Par la suite, nos autres amis du quartier « venus d’ailleurs » nous feront découvrir leur pays. C’est autour d’une bonne table ou d’une boisson conviviale, chez eux ou chez nous, que nous échangerons des valeurs, enrichies de confidences et considérations suscitées par ces rencontres.

 

Autrement qu’un voyage d’agrément touristique « dirigé » par des professionnels ne livrant qu’une vision édulcorée ou fausse de sites sélectionnés en spectacle, ce sera l’occasion pour notre public de percevoir la sensibilité profonde de nos nouveaux « amis » qui leur parleront avec leur cœur et leurs tripes de leur région ou de leur pays.

 

Quel plaisir pour nous de voir les yeux de l’assistance s’allumer à l’écoute de nos conférenciers improvisés qui évoquaient leurs terres lointaines, le charme de leur rue ou de leur village, de leurs champs de riz ou de blé, la beauté et le mystère des temples et des dieux, les ciels chauds, lourds ou d’acier bleu, leurs hommes et leurs femmes inclinés dans le soleil couchant.

 

C’était cette ferveur-là que ces « somptueux  ambassadeurs » nous transmettaient quand nous préparions les réunions et c’était cette « religion-là » que nous avions l’ambition de communiquer à ceux qui participaient à nos soirées.

 

Aussi ce sera dans cette atmosphère particulièrement fervente et amicale que nous clôturerons la soirée en servant un thé indien « chaï » accompagné d’une sorte de biscuit appelé « Tchata ».

 

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22c - Les amis venus d'ailleurs - Le Bengladesh {4}

 

Ils ont chanté le Gange,

Dansé dans les rizières.

Ils ont planté le riz,

Récolté la misère.

 

Alors qu’ils rêvaient

De blés ensoleillés

Et de récoltes blondes,

Ils ont cauchemardé

De typhons, de noyés,

Et de la fin du monde.

 

Comme des grains de sable

Refoulés par la mer,

Ils reculent ou avancent,

Abrutis de souffrance,

Multitude anonyme,

En quête du bonheur.

 

 

{4} Pour la réunion suivante du 24 mars 1984, nous avons profité de l’opportunité que la secrétaire paroissiale qui dactylographiait notre feuille d’invitation avait épousé un Bangladeshi et revenait justement d’un grand voyage au pays de son mari. Ils en avaient ramené de nombreuses diapositives dont ils firent un montage très réussi.

 

L’ambassadeur du Bengladesh assistait à la réunion et se chargea de l’introduction. A notre demande, il la fit avec grande discrétion, évitant d’aborder les points chauds de la politique et de la religion.

 

Le Bengladesh est devenu une région très pauvre depuis son indépendance, son niveau de vie est un des plus bas de l’Asie. Les raisons en sont multiples : pillage et mauvaise gestion des colonisateurs britanniques qui l’avaient mal gérée, mais surtout démographie galopante (environ 130 millions d’habitants majoritairement musulmans, avec 12 % d’Hindous, harmonieusement intégrés).

 

Aussi, dès 1960, sera mise en place une politique sérieuse de contraception à laquelle les religieux de l’Islam ne s’opposeront pas, rappelons qu’en général ceux-ci la tolère (certains théologiens l’admettaient déjà au XIème siècle).

 

En outre, ce qui n’arrange rien, ce pays connaîtra les plus grands cataclysmes de la planète ( famine et inondations en 1975 et en avril 1991, cyclone sur les côtes – 125.000 morts, 10 millions sans abris, 1,78 milliards de $ de dégâts).

 

En 1947, lors de la décision prise par les Anglais de transformer l’empire britannique hérité de l’époque victorienne en États souverains en regroupant les anciens dominions, protectorats et colonies dans l’entité associative du « Commonwealth of Nations », les deux Pakistans (pourtant éloignés géographiquement dont les anciens colonisateurs n’avaient fait qu’une seule nation) n’arriveront pas à s’entendre pour former un État cohérent, aucune affinité ne se trouvant en dehors de la religion musulmane. Leur seule motivation à la formation d’un État hybride fait de des deux entités sera de rester indépendante de l’Inde qui les séparent géographiquement.

 

C’est la raison pour laquelle fin 1971, après insurrection, déplacement de population et misères de tous genres, les Pakistanais de l’est capitulèrent et un nouvel État, le Bengladesh, très appauvri et surpeuplé, sera reconnu par les grandes puissances.

 

Le pouvoir politique de ce nouveau pays, souvent corrompu, ne sera pas à la hauteur d’un redressement valable, bien que soutenu par les grandes nations sans doute pour éviter des débordements préjudiciables à l’équilibre des forces dans cette partie du monde.

 

La moitié de la population active s’emploie à l’agriculture qui est mal équipée et continuellement anéantie par les cataclysmes naturels.

 

En 1947, lors de la dislocation de l’empire britannique, le futur Bengladesh, ne disposait que de très peu d’industries (le jute produit était transformé en produits finis à Calcutta, en Inde).

 

L’industrie cotonnière cependant et celle de l’habillement se développèrent. Plusieurs milliers d’entreprises gérées surtout par des Coréens, exploitent des « petites mains » bon marché (95 % de jeunes femmes).Cependant la matière première est produite ailleurs, la précarité de sa culture n’en autorisant pas le développement.

 

Ces points chauds et délicats seront évités par les conférenciers qui s’eff orceront surtout de nous faire apprécier la richesse de la culture artistique d’une population raffinée, souriante et courageuse dont quelques représentants talentueux nous firent une démonstration de chants et danses avec costumes et accompagnement instrumental.

 

Dans la bonne ambiance de notre petite salle, régna très vite un courant de chaude affection envers ces jeunes qui s’efforçaient, loin de chez eux, de nous transmettre toute la ferveur qu’ils ressentaient pour leur coin de terre déshérité qui leur collait tant au cœur.

 

Aussi les avons-nous chaleureusement applaudis, entourés, remerciés, encouragés en sirotant un thé délicieux et de petites friandises qu’ils nous servirent avec tant de gentillesse et de grâce.

 

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09/03/2010

Ch. 22a - La Corée (LES AMIS D'AILLEURS)

&

&

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)

 

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour  : {22.2} La Corée du Sud (nos amis Agnès et Michel Lee) -

 

 

Chap. 22a - LES AMIS D’AILLEURS : La Corée du Sud.

 

Mon pays est un village

Et la terre est ma patrie

Disait le poète.

 

Mon frère habite ma rue,

Mais aussi la ville voisine

Et encore bien plus loin,

Tellement loin

Que c’est trop loin

Pour y aller.

 

Cependant,

Quand j’entends le vent,

C’est son chant qu’il m’apporte,

Et la nuit,

C’est sur les mêmes étoiles

Que nos yeux vont se chercher.

 

Mon frère est si loin

Que c’est trop loin pour y aller.

 

Mais, lui, peut-être, un jour,

Il sera devant ma porte,

Fatigué du long voyage.

Mais peut-être qu’alors, en lui

Je ne verrai qu’un « étranger ».

 

 

{1} Ainsi qu’évoqué plus avant, dans le cadre d’une action d’ouverture à d’autres cultures, nous avions proposé à la paroisse de nous charger de l’organisation de réunions de quartier centrées sur l’accueil des réfugiés qui s’y établissent en leur donnant l’occasion de parler de leur pays et de leur culture.

 

La rencontre merveilleuse de Noël tombait à pic. Non seulement nous avions une première famille à faire connaître et à intégrer dans nos quartiers, mais aussi c’était une raison supplémentaire de nous en rapprocher.

 

Aussi le 28 janvier 1983, nous inaugurerons dans la salle paroissiale une rencontre « inter-culture » qui sera la première d’une série d’une petite vingtaine d’autres qui s’échelonneront tout au long des années 1983 à 1986.

 

Nous serons forcés de les interrompre à la suite d’ennuis de santé provoqués par le stress de ma profession, mais aussi d’infirmité visuelle et problèmes cérébraux me contraignant à suspendre mes activités professionnelles et faire opérer un cœur défaillant, ainsi qu’abondamment décrit par ailleurs. Malgré tous nos efforts, nous n’arriverons jamais à transmettre le flambeau, faute de relais sérieux.

 

Une feuille d’invitation attrayante intitulée : « Des habitants du quartier présentent leur pays » annonçait nos séances. Nous la distribuions dans la plupart des boîtes aux lettres de la région, tandis que la feuille paroissiale, de son côté, l’évoquait dans son édition mensuelle.

 

Il m’a semblé utile dans l’intérêt de ces pays de mettre à jour la partie historique des textes qui relatent ces rencontres en puisant aux meilleures sources : Encyclopédia Universalis, Wikipédia (après vérifications logiques), Jacques Leclerc, Encarta et les sites des ambassades. Les références de ces sources seront reprises en appendice alphabétique du livre.

 

Si cette initiative pouvait amener un regard intéressé sur ces populations malmenées, nous en serions ravis, mon épouse et moi, prolongeant dans le temps une action que nous n’avons pu continuer.

 

Cette actualisation fut un travail considérable de recherches, consultations et rédaction pour fournir la relation la plus objective, la plus complète tout en la faisant succincte, de la destinée douloureuse de ces pays que nos civilisations ont sacrifiés sur l’autel de leur confort et de leur progrès depuis toujours.

 

Il y en a d’autres dont Israël que nous avions préparé et que les circonstances évoquées plus avant ne nous ont pas per mis de présenter (Je terminerai cependant ce chapitre par une étude-plaidoyer en faveur de ce peuple, à l’origine de nos civilisations, afin de contrecarrer tant d’idées préconçues) ainsi que tous ceux d’Afrique, d’Amérique Centrale et du Sud (sauf la Bolivie et Haïti) ou d’ailleurs…..

 

Nous nous efforcerons dans ces rencontres de ne blesser personne et d’observer une neutralité politique et religieuse rigoureuse. En accord avec les autorités de la paroisse qui mettait à notre disposition son infrastructure (salle, secrétariat, feuille paroissiale mensuelle de contact…) ces rencontres devaient être une ouverture vers les autres venant « d’ailleurs » dans un grand esprit de fraternité en dehors de toute démarche de récupération religieuse.

 

Ce fut une grande aventure qui nous mobilisa tous : mon épouse prenait les contacts, rassemblait le matériel, organisait la réception de fin de séance, préparant et fournissant souvent les boissons et accompagnements du « drink », et terminait la séance avec quelques mots de clôture et d’invite à la dégustations des mets et boissons (préparations du pays concerné)  ; mes fils Patrick et Benoit s’occupaient d’organiser la salle, se chargeaient des projections (matériel loué, souvent difficile à adapter et dont l’utilisation tenait de l’aventure) ; nos filles en hôtesses souriantes et affables se chargeaient de l’accueil et faisaient équipe avec mon épouse ; quant à moi je préparais les textes, la feuille d’invitation ainsi qu’une courte introduction et animais ou suscitais les questions des débats (Patrick me remplaça quelques fois surtout lors de l’accident cérébral qui m’handicapa momentanément).

 

{2} Au programme de la première séance réservée à la Corée du Sud, terre de nos amis avec la projection de trois films, un sur le pays moderne et industrielle qu’il est devenu, un autre sur ses traditions et un troisième sur les religions qui y sont pratiquées (Chamanisme, Bouddhisme et Christianisme).

 

Avant d’en parler, je tiens à donner un bref aperçu de l’histoire tourmentée de ce peuple, brimé d’abord par ses grands voisins la Chine et le Japon et ensuite victime de l’affrontement est-ouest entre le communisme et le capitalisme qui caractérisa la seconde moitié du vingtième siècle. Nous nous garderons bien d’en toucher mot dans nos séances publiques pour éviter à nos amis des problèmes auprès de leurs autorités consulaires.

 

Aussi, maintenant que j’écris ces « mémoires », je me sens un devoir de faire justice à ce petit peuple intelligent (dont, rappelons-le, proviennent nos deux filles) qui fut toujours victime de ses grands voisins, la Chine et le Japon et qui fut sacrifié, après la guerre de 40-45, sur l’autel de l’entente américano-soviétique qui reniera les accords pris au Caire en novembre 1943, par Roosevelt, Churchill et Tchiang Kai-Chek (Chine Nationaliste) de créer enfin une Corée libre et indépendante.

 

Malheureusement les événements qui suivirent se passèrent à son détriment quand à Yalta, en février 1945, les quatre grandes puissances ( les Etats-Unis, l’Angleterre, la Russie et la Chine de Tchiang Kai-Check) décidèrent que la Corée (possession japonaise depuis 1910) serait partagée en deux zones d’occupation situées de part et d’autre du 38e parallèle, dévolues aux USA pour la partie sud et à la Russie pour la partie nord.

 

Finalement en 1948, après de nombreuses altercations et confrontations entre le bloc communiste et les pays « libres », les deux Corées se donnèrent des constitutions, sous l’appellation de République Populaire Démocratique de Corée (R.P.D.C.) d’un côté et de République de Corée de l’autre, ce qui amena les Américains et les Russes à évacuer leur zone d’occupation en 1949.

 

C’est ainsi que ce petit pays qui avait souffert depuis toujours des grands conflits internationaux fut entraîné malgré lui dans les camps opposés du communisme et du capitalisme, pour subir le paroxysme de la haine et de l’agressivité lors des douloureux affrontements de juin 1950 à juillet 1953 qui opposèrent aux pays occidentaux la Corée du Nord, armée par les Russes puis appuyée par la Chine communiste.

 

En effet, le 25 juin 1950, la Corée du Nord envahira le sud avec dix divisions de soldats équipés par les Russes en chars et avions. Le sud, avec ses huit divisions mal armées sans appui terrestre lourd, ni matériel aérien, s’écroula et se trouva rapidement envahie, au bord de la défaite.

 

Le 27 juin, l’ONU fut saisie de l’affaire et vota (sans l’URSS mais avec la Chine nationaliste de Formose, la Chine communiste de Pékin n’étant pas reconnue par les occidentaux)


Le 16 juillet, fut constituée une armée à laquelle participèrent seize nations : c’est-à-dire, outre les Sud-Coréens, les contingents australiens, belges, luxembourgeois, canadiens, colombiens, éthiopiens, français, britanniques, grecs, hollandais, néo-zélandais, philippins, sud-africains, thaïlandais et turcs plus les unités médicales danoises, indiennes et suédoises. Leur commandant était l’américain Douglas Mac Arthur.

 

Le 15 septembre, les armées de l’ONU débarquent près de Séoul, la libèrent le 28 et les Sud-coréens envahissent le nord le 30, appuyés par l’ONU le 7 octobre.

 

Les Chinois se prétendent menacés et envoient le 25 octobre une armée, dite de volontaires, forte de 850.000 hommes d’où renversement de la situation et repli des forces coalisées. Séoul est repris le 4 janvier 1951 par les communistes. Le Président américain Truman annonce que le recours à la bombe atomique est à l’étude.

 

Après une difficile contre-offensive des troupes de l’ONU et de la Corée du sud qui essuient de lourdes pertes, les coalisés reprennent Séoul le 14 mars 1951 et franchissent à nouveau le 38ème parallèle. Le général américain Mac Arthur qui commande les troupes veut continuer jusqu’en Mandchourie, mais le président Truman s’y oppose et lui enlève le commandement (Ce fut peut-être l’erreur qui empêchera la réunification de la Corée….)

 

Le conflit s’éternisera jusqu’au 27 juillet 1953, avec quelques escarmouches sur un front stabilisé au 38ème parallèle. Les pertes en vies humaines dans ce conflit furent considérables : 2.415.600 suivant l’ONU dont deux tiers de civils.

 

Finalement, les accords de Genève de 1954 couperont définitivement le pays en deux nations situées de part et d’autre du 38ème parallèle. On sait qu’actuellement, la Corée du Nord est toujours sous dictature communiste avec un « potentat » cruel, tandis que la Corée du Sud jouit des avantages de notre « système capitaliste».

 

La Corée fut toujours dominée par ses voisins chinois et japonais qui ne cessèrent de l’envahir et de se la disputer, comme la Belgique le fut par ses voisins français, hollandais et allemands. Cette similitude de situation historique fut un facteur supplémentaire d’affinité et de sensibilité nous rapprochant de nos amis coréens.

 

De tout temps, les Coréens serviront de plaque tournante assurant le relais des cultures et des techniques entre le Japon, la Chine et la Mandchourie que celles-ci proviennent des Chinois de l’époque des Hans (IVe s. av. J.C.) et ensuite des Mongols et Mandchous jusqu’au XVIIe siècle ou encore à la suite d’incursions de barbares venus par la mer.

 

Dès 1592, les Japonais s’attaqueront à la Chine en passant par la Corée mais seront repoussés grâce aux combats héroïques que leur livrèrent les Coréens aidés des Chinois. Ces incursions dont celle de 1636 qui réduisit le prince héritier coréen à la vassalité envers l’empereur nippon, permirent aux Japonais de profiter des techniques avancées de la Corée dont celle, dont ils furent les inventeurs, de l’imprimerie avec caractères mobiles.

 

Très éclectiques, les érudits coréens s’intéressèrent aux connaissances de leur voisin chinois (école Kao-tcheng-hio) et un certain nombre se convertit même au catholicisme pour mieux approcher les sciences occidentales jusqu’à ce qu’ils furent persécutés et interdits par le pouvoir japonais en 1786.

 

En 1813, la famine atteignit deux millions et demi de paysans coréens (un tiers de la population) avec soulèvement et appel à l’étranger (à la France en premier lieu) ce qui poussa le Japon qui se sentait menacé à s’isoler et conclure des traités d’amitié avec les occidentaux.

 

La Chine, le Japon et la Russie se disputèrent l’hégémonie de ce malheureux petit pays, pendant tout le 19ème siècle. Le Japon, puissant guerrier, remporta la guerre sino-japonaise de 1894-1895 et se défit des Russes lors du conflit de 1904-1905.

 

Le 29 août 1910, le peuple coréen fut envahi et brimé par les Japonais : interdiction d’association, de réunion, recensement des terres et distribution de celles dont la propriété n’avait pu être prouvée, notamment celles de l’ancienne royauté, à des colons japonais ou à des « locataires » coréens.

 

De 1937 à 1940, les Coréens furent vraiment asservis. Le mot n’est pas trop fort : les Japonais imposèrent aux écoliers coréens leur langue et leur histoire en s’efforçant de faire disparaître toute trace du passé ; livres, revues et journaux coréens furent interdits ; leur identité fut bafouée en les forçant à porter des noms japonais ; ils furent obligés de vénérer les kamis ou divinités du Shintoïsme, croyance animiste du Japon, ce qui les ulcéra profondément ; des jeunes coréens furent engagés de force dans l’armée japonaise et près de cent mille très jeunes filles des écoles secondaires durent servir de « femme à soldat » pour les militaires japonais en guerre.

 

Toutes les grandes nations qui ont « construit » l’histoire du monde, ont été un jour dominées par des bourreaux  impitoyables qui  martyrisèrent, écrasèrent, réduisirent ceux qu’ils voulaient soumettre ; toutes ces nations se sont enrichies du savoir et des biens qu’ils leur volaient pour finalement, outrecuidance suprême, transformer en pages de gloire, écrites cependant en lettres de sang, un passé de conquête réalisé à force de pillage, brimade, avilissement et esclavage de ceux qu’ils avaient vaincus.

 

Que ce soit chez nous, en Europe - depuis l’agressive Albion asservissant les nations du Dominion (un tiers du monde sous Victoria), la France napoléonienne, l’Allemagne des deux guerres mondiales, l’Espagne des Conquistadors, l’Italie des empereurs jusqu’à nos voisins bataves, oppresseurs des Indes Néerlandaises et nous-mêmes, cruels négriers, sous Léopold II, et tous les conquérants qui de tout temps, ailleurs dans le monde, se sont rendus coupables des mêmes impitoyables exactions.

 

Ce fut la raison pour laquelle, lors de notre séance du 28 janvier 1983, nous n’effleurerons pas ces sujets pénibles par souci de ménager les sensibilités politiques. Positivement, nous nous efforcerons de démontrer à un public vraiment conquis toute la richesse culturelle de ce valeureux pays, traversé d’un courant permanent de savoir et de traditions, construisant malgré les épreuves sa propre culture originale avec sa langue et son écriture.

 

Aussi l’écran de notre salle nous révéla-t-il toute la beauté naturelle d’un pays riche en paysages d’une grande finesse de lignes et de couleurs aux versants ensoleillés où des chercheurs de Ginseng (racines aux vertus médicinales et aphrodisiaques) dénichent très difficilement leur récolte. On la cultive maintenant cette racine qui épuise tellement le sol qu’il faut vingt ans de mise en jachères avant de la replanter.

 

Beauté également des paysages, la caméra s’attardant longuement sur des printemps aux collines parées d’azalées en fleurs, sur les ciels lourds de la paresse des automnes fruités et sur l’éclat des hivers tout en neige vaporeuse sur fond de métal bleu dur.

 

Révélation aussi du génie d’un peuple méconnu fécond en découvertes que s’approprieront les voisins, conquérants sans scrupules. On nous enseigne que c’est Gutenberg qui inventa les caractères typographiques mobiles et l’imprimerie (entre 1397 et 1400) alors qu’il est certain que les Coréens avaient fabriqué des planches gravées près de deux cents ans avant lui (nous en avons détenu au début de notre commerce d’antiquités coréennes de très belles, sans doute moins anciennes), de même que les caractères interchangeables en métal.

 

il est aussi prouvé que sous le règne du roi coréen Taï-Djong (au 14 ème siècle) non seulement fut utilisée l’imprimerie à caractères mobiles mais également l’alphabet coréen qui simplifiait l’enseignement de la langue et son impression en remplaçant les difficiles écritures idéographiques chinoises ou japonaises.

 

L’alphabet coréen ou Hangul, 19 consonnes et 21 voyelles, peut être considéré comme un des systèmes d’écriture les plus rationnels qui soit et qui sert à toute la population (99 %) .

 

Cette homogénéité de l’écriture utilisée, simple et rationnelle, contribua à élever le pays au rang des nations les plus alphabétisées (presque 100 %) avec le coréen comme langue véhiculaire et, dès l’age de 12 ans, l’anglais comme langue secondaire (six à sept heures par semaine, quasi au même rang que la langue nationale et les mathématiques) et, à partir du lycée (les trois dernières anées du secondaire chez nous), le choix d’une troisième langue, le chinois, le japonais, le français, l’allemand ou l’espagnol.

 

Ces langues supplémentaires seront approfondies parallèlement aux études supérieures (4 ans et un doctorat) dans des écoles privées qui foisonnent et pour lesquelles sont recrutés des autochtones étrangers. Ce sera la première activité que notre amie Agnès créera à son retour d’Europe et dans laquelle elle embrigada notre fils aîné Patrick.

 

Autre trouvaille, le céladon, cette merveille de la poterie d’art que des artisans coréens poussèrent au summum de sa perfection en glacis vert-eau et dont les Chinois jalousaient déjà la facture au début du douzième siècle. Nous en avons également vendu de très beaux pas aussi vieux, ni aussi précieux.

 

Ingéniosité aussi de cette race subtile qui inventa le chauffage par conduction en installant dans le sol des gaines en briques qui transmettaient la chaleur d’un foyer creusé en dessous, alimenté en combustible difficile à utiliser directement, comme la tourbe, le brai de houille ou autres se trouvant en abondance dans le pays.

 

Une particularité typique de ces gens, rappelant ceux du midi de la France, est la forte odeur d’ail provoquée par la consommation abondante de « Kimchi », préparation condimentaire qui accompagne tous leurs repas.

 

Il s’agit d’une mixture à base de légumes (surtout des choux-chinois passés un quart d’heure à l’eau bouillante), champignons, huîtres (elles sont aussi abondantes que les moules chez nous) et herbes diverses où l’ail domine (il y a autant de recettes que de familles, chacun trouvant la sienne en fonction des opportunités légumières du moment ou de la région).

 

Les divers composants sont tassés dans des jarres de terre cuite par couches successives des ingrédients emballés dans des feuilles de choux-chinois largement farcies de pili-pili.

 

Le tout est ensuite couvert d’un gros poids afin de bien le comprimer et enterré à ras du sol pour y subir les gelées des hivers coréens rigoureux (15 à 20 degrés en dessous de zéro).

 

Le mélange est détonant ; nous l’avons « dégusté » souvent, il accompagne admirablement la cuisine coréenne où les légumes presque crus et les lanières de viandes cuites à la flamme au travers d’un « wok » (sorte de cône métallique à petits trous) dominent. On transpire abondamment, on s’éponge, mais on ingurgite et on ingurgite sans discontinuer tous les plats, au travers d’un estomac « troué » en « s’arrosant » de rosé bien frais ou de soju apaisant (thé coréen d’orge torréfié).

 

Mes fils et mon filleul Bruno finirent par se mesurer en joutes « kimchïennes » avec notre ami coréen Michel, pourtant recordman en la matière. Pendant les cinq ans que dura le séjour de nos amis, en avons-nous apprécié de ces repas joyeux, chaleureux de grande amitié dans lesquelles nos épouses se surpassèrent en préparations et qui nous lieront tellement fort que ces ripailles mémorables rivaliseront avec nos plus chaudes retrouvailles familiales.

 

Nous terminerons cette première réunion de « quartier » en offrant des kimbabs, amuse-bouche fait de riz collant, farci de lamelles d’œufs durs, carottes et légumes verts, puis coupés en tronçons de deux à trois centimètres, après avoir été entourés de feuilles d’algue cueillies au fond de la mer par des plongeuses coréennes spécialisées.

 

Disposés en pyramide sur un plat, c’est très joli : les feuilles d’algue conservées sous vide qu’on se procure aisément maintenant, enveloppent d’un noir brillant de jolis cylindres de riz asiatique, avec en leur centre le bouquet coloré rouge et vert des légumes ainsi que le blanc et jaune des œufs durs. Accompagnés du thé soju ou de rosé, c’est très agréable à l’apéritif en « amuse-gueule ». (La mode d'en consommer s'implante chez nous depuis quelques temps).

 

°°°°°°°°°°

 


05/03/2010

Ch. 21b - Nous pleurons, les autres réveillonnent.

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

-------

 

Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

__

Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

__

 

(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)

 

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté  de pensée avec l'athéisme comme hypothèse de réflexion.


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TABLE DES REPÈRES : {21.5} Dramatique réveillon de Nouvel An : mon père décède brutalement au sortir d’un office religieux - {21.6} Meux est devenu un « havre de bonheur » pour tous, depuis nos activités d’ouverture aux autres cultures (voir chapitre suivant) jusqu’à recueillir (sans le savoir) deux jeunes gens qui fuyaient la justice -– {21.7} Participations aux activités de la paroisse : épouse catéchiste, réunion d’études religieuses et théologiques, mais surtout organisation de rencontres « inter-cultures », sans orientation religieuse dans la salle paroissiale, destinées à bien intégrer les « réfugiés » des pays opprimés - {21.8} Découverte de celle qui deviendra notre petite sœur coréenne, ainsi que son mari et ses deux enfants à la messe de minuit de Noël 1980


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{5} Le réveillon du « Nouvel An » 1972 fut dramatique pour nous.   Le dimanche, situé entre les deux fêtes de fin d'année, mes parents s'étaient rendus à l'église pour y suivre l'office dominical.

 

Pendant sa célébration, mon père fut pris de violentes douleurs thoraciques.  Au bras de son épouse qui le soutint comme elle put, il abandonna l'édifice religieux pour demander secours dans une épicerie voisine.

 

A peine fut-il entré qu'il prononça ce qui furent  ses dernières paroles : « Je faiblis »... Il s'écroula devant ma mère et les clients épouvantés...  C'était la rupture d'anévrisme dans toute son horreur brutale...

 

Comment n'avait-on pas décelé cette anomalie artérielle lors des examens que de nombreux avatars de santé (problèmes hépatiques, gastriques et circulatoires) avaient nécessités ?

 

Cela entrera dans le domaine de l'incertitude médicale et de ses possibles erreurs. Quelques années auparavant, la « Faculté » se permit même un diagnostic erroné de cancer de la rate, en ne lui laissant que quelques semaines de sursis.

 

Par ailleurs, un moral fragile, héritage congénital, ne lui permettait pas d'affronter les aléas de la vie, aussi déprimait-il facilement, ce qui le contraignait à un suivi médical régulier.

 

Il faut cependant rappeler, comme en témoignent les souvenirs relatés plus avant dans ce livre, que son existence fut particulièrement éprouvée par des problèmes professionnels, les crises et la guerre, la maladie grave de deux de ses enfants, suivie surtout du décès de l'un des deux : un papa de trente-cinq ans.

 

Il était bon, fidèle et dévoué à tout son entourage.  Nous l'aimions  énormément et ses petits-enfants l'adoraient.  Il avait l'art d'endormir les plus turbulents, comme Benoit, dans des bras protecteurs doucement refermés : il les coiffait alors de sa casquette qu'il enfonçait jusqu'aux oreilles sur leurs yeux soyeux et les calmait en leur fredonnant quelques douces chansonnettes.

 

Appelé d'urgence à la morgue de l'hôpital où l'ambulance l'avait conduit, je l'ai retrouvé livide, perdu dans son manteau d'hiver qu'on avait, à la hâte, mal boutonné.

 

Sa tête paraissait si pâle dans l'ouverture béante du vêtement dans laquelle elle flottait comme sortant d'un sac de patates...  et ses lunettes paraissaient si grandes, si grandes pour une tête devenue soudain si émaciée,...perdue, insignifiante ...

 

Pourquoi  regardes-tu si loin

Petit papa aux yeux tristes ?

Pourquoi ton regard inquiet ?

Pourquoi cette peur du ciel ?


Petit papa, écarte ce nuage

Qui étire ton visage ;

Perds-toi dans ces rêves d'azur

Que tu sortais d'un regard pur.


 

Tes yeux se baignaient de pastel

Ton âme chantait la couleur

Tu aimais les fleurs des champs

Petit papa pour cœur d'enfant.


 

Tes genoux comme asile,

Tes bras de douce chaleur,

Ton cœur est comme une île

Qu'on retrouve avec ferveur.


 

Quand tu regardes très, très fort,

Pour revoir ton enfant qui dort,

Que tu appelais petit Pierre,

Alors tu bois le vin amer

Du souvenir de ses yeux morts :

Petit papa tu pleures encor.

 

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{6} A l'évocation des moments de tristesse qui entourent ces séparations cruelles, on pourrait éprouver scrupule et gêne à évoquer les moments de bonheur qui suivront et qui viendront embellir l'existence en nous gonflant la poitrine comme les alpinistes qui atteignent  les sommets après une douloureuse ascension.  La mémoire du souvenir est ainsi faite qu'elle écarte le malheur pour réserver toute sa place au bonheur.

 

Aussi c'est avec un attendrissement heureux que je me remémore ces promenades en famille, par temps ensoleillé, Béatrice-koala sur mon bras et Patrick, très indépendant, près de son cousin Bruno qui vivait avec nous,  depuis la mort de son papa, tandis que mon épouse se chargeait de Christine, dans une poussette ou à la main, et que tous nous surveillions Benoit qui ne ratait aucune occasion de s'éclipser.

 

Notre écrin de verdure champêtre dans les campagnes namuroises devint alors un havre édénique dans lequel pouvait s'ébattre ce petit monde, le week-end et les vacances.

 

Les petits nains avaient enfin trouvé leurs petites sœurs et avaient grandi, aussi les protégeaient-ils en vrais grand frères.  Goulinouf  toujours aussi horrible et méchante avait maintenant fort à faire avec ces petits bonshommes de plus en plus malins.  Et les trois filles s'entendaient si bien pour jouer des tours aux garçons.

 

Dans cet espace privilégié que nous avions bien agrandi, notre petit monde s'ébattait joyeusement.  Les saules s'étaient développés et offraient leurs branches pour des espaces de jeu pittoresques.

 

J'avais bien sûr contribué à l'aménagement de l'ensemble en fixant aux deux plus beaux arbres une échelle que j'avais trouvée dans la grange, ce qui en faisait un passage aérien merveilleux pour de jeunes aventuriers.

 

Ses échelons constituaient de plus d'excellents agrès pour balançoires, anneaux, échelle de corde, trapèzes et autres engins d'exercice physique.  Evidement, les garçons eurent tôt fait d'aménager cabanes aériennes et observatoires dans les fourches des arbres.

 

Un paradis ne le serait plus s'il n'était accueillant et notre cœur était si chaleureux que nombreux étaient ceux qui voulaient s'y réfugier. Aussi fut-il ouvert à tous ceux que nous côtoierons, amis de nos fils ou amis étrangers que nous avions l'ambition d'intégrer dans notre quartier.

 

Et ils ne manquèrent pas, tellement nous fûmes sollicités de toutes parts, et tellement notre naïveté d'idéalistes nous livra à l'appétit de certains profiteurs qui ne manquèrent pas de sauter sur l'aubaine.

 

Ce fut ainsi le cas pour deux aventuriers, rencontre interlope que notre fils Patrick ramena d'un soir de guindaille et qui furent bien aises de trouver abri et couvert dans notre paradis perdu au milieu des champs.

 

Généreux et peu curieux, nous les y avons gardés un bon mois à l'abri des créanciers et de ceux qui les poursuivaient.

 

En plus du gîte, nous leur offrîmes l'amitié que l'un des deux trompa sans scrupule en chapardant quelques affaires de peu de valeur, l'autre heureusement se confia, nous révélant la vérité de leur situation et (sans garantie de véracité) le drame de son histoire.

 

Lors de son départ pour des cieux sud-américains moins dangereux, reconnaissant, il nous laissa un beau dessin au pastel de notre fermette dans son décor champêtre qu'il avait assez talentueusement exécuté pendant son séjour. Nous le fîmes encadrer pour l'accrocher au mur de notre hall de Bruxelles.

 

Quand nous entrons ou sortons de chez nous, ce pastel nous remet en mémoire cette belle époque de rêve où enivrés de l'aubade des alouettes, de la vie des champs et du murmure lointain des moissonneuses, nous nous trouvions en si grande harmonie avec les moutons et les agneaux, les enfants et les fleurs, les amis et ceux qui cherchaient asile.

 

Une table et le bonheur attendaient ceux qui entraient, sans souci de ce qui encombrait leur âme, sans crainte de l'envie ni de la méchanceté qui rôde.

 

Cet état d'esprit fit de nous des « victimes » idéales pour les « œuvres », notamment celles de la paroisse qui nous embrigadèrent dans leur action. On nous invita à des réunions de travail où, repérant notre bonne volonté, on nous transforma très vite en exécutants entreprenants.

 

{7} Ma chérie fut chargée de former les jeunes enfants à la vie d'adultes pratiquants.  Intégrée dans une équipe de catéchistes, elle s'efforcera de donner à de nombreux jeunes adolescents des valeurs de vie correspondant à notre idéal de solidarité et d'ouverture aux autres.

 

C'est-à-dire un sens élevé de morale naturelle avec le moins possible de bondieuseries, enrichi de lyrisme et d'idéal qui ne pouvait qu'être bénéfique à des jeunes souvent en mal de réponses à des contradictions religieuses évidentes.

 

L'équipe de catéchistes à laquelle elle collabora, était constituée de personnes très ouvertes et très libres, désireuses surtout d'apporter à des jeunes enfants d'une douzaine d'années les principes essentiels de la morale chrétienne actuelle, à savoir la solidarité et l'amour des autres, sans trop s'encombrer des problèmes liés aux domaines dogmatiques,  philosophiques, historiques ou liturgiques.

 

A leur tête, une personne remarquable, femme de grande culture, férue d'histoire du peuple juif et très avertie en langue hébraïque.  Sous sa conduite et avec la qualité des participants, leurs réunions de préparation étaient, aux dires de mon épouse, un régal de découvertes dans de nombreux domaines, allant de la philosophie à la théologie et à l'histoire du peuple hébreu.

 

Mon épouse fera équipe avec une dame très cultivée, universitaire, qui deviendra sa grande amie et avec laquelle elle organisera dans le cadre de leur action paroissiale des manifestations à caractère culturel et religieux de qualité.

 

Son mari, enseignant très croyant, était un homme agréable avec qui j'eus d'intéressantes conversations lors de nombreuses rencontres que nous eûmes dans leur appartement à la côte belge ou lors de séjours que nous fîmes ensemble à l'abbaye d'Orval.

 

Nos discussions auxquelles participaient nos épouses prenaient vite une orientation à connotation religieuse.

 

Très en recherche, nous étions à l'affût de toute démarche qui pourrait étayer ou remettre en question une croyance reçue de nos « pères ».

 

Intellectuellement honnêtes tous les deux et avides de vérité, nous avions l'espoir de trouver, à force d'enquêtes, une réponse valable à notre questionnement.

 

Nous réalisions aussi que nous n'atteindrions jamais la vérité absolue et profonde, pas plus que quiconque d'ailleurs, mais avions  l'ambition de trouver une « quasi-certitude » qui répondrait bien à notre attente.

 

A la longue, il faut dire que ces actions nous placeront vis-à-vis de notre entourage dans des positions « inconfortables », en porte-à-faux de notre milieu très croyant.

 

C'est pourquoi mon épouse, par délicatesse envers son amie « catéchiste », s'en est éloignée cruellement dans le souci de ne pas ébranler une foi à laquelle elle et son mari tiennent beaucoup.

 

Je me suis trouvé dans une position analogue vis-à-vis de mes amis George et Christian, qui sont décédés maintenant, depuis que je leur avais soumis les pages qui précèdent et je m'inquiétais de leur en livrer la suite tellement j'appréhendais de les atteindre dans ce qui avait été la raison de toute leur vie, d'autant plus qu'ils étaient tous les deux fragilisés par une condition physique très déficiente.

 

Cette investigation métaphysique nous a poussés à participer ou assister à de nombreux cours et conférences dans de multiples domaines.

 

Dans cet ordre d'idées furent organisées par la paroisse des réunions-débats axées sur l'étude de « cahiers » rédigés par des moines-théologiens à l'intention de ceux qui désiraient étayer plus intellectuellement leur foi religieuse.

 

Ces cahiers étaient fort bien faits, mais entraînaient le lecteur dans des considérations théologiques que seul un croyant convaincu pouvait partager.

 

En fait, c'était un approfondissement de la foi religieuse.  Il fallait s'en tenir aux vérités révélées par la tradition, les « Pères » de l'Eglise et les diktats du Vatican.  Les dogmes, bien sûr, n'étaient pas discutables même s'ils pouvaient être contredits par la science et l'histoire.

 

Tous les chrétiens en recherche et de bonne foi sont ébranlés par ces contradictions et sont forcés d'isoler leur démarche religieuse du contexte rationnel dans lequel ils aimeraient placer leurs interrogations.

 

Nous connaissons ces déchirements occasionnés par des positions que la loyauté ne nous permet pas de cacher et souffrons de l'isolement que nous nous sommes imposé par respect pour la foi qui habite encore la plupart de nos amis et parents.

 

Un jour, un paroissien, intellectuel croyant que j'interrogeais à ce sujet, eut cette réponse révélatrice de l'état d'esprit de beaucoup : « Il y a des domaines que j'ai écartés... et ajoutait-il, ... je m'abstiens surtout d'aller y voir ».

 

Nous restons pourtant très attachés au système lui-même : nous avons beaucoup d'admiration pour le clergé en général qui est sublime d'abnégation et de courage dans un environnement devenu indifférent ou hostile.

 

Nous éprouvons la plus grande estime pour les pratiquants convaincus qui s'efforcent de sauver ce qui peut encore l'être, tout en regrettant l'obstination papale dans des domaines aussi douloureux que la contraception, le célibat des prêtres et autres problèmes inhérents à notre époque de grande amélioration du confort et de la condition humaine.

 

Ce besoin de sortir des sentiers battus, de libération de notre pensée et d'ouverture vers d'autres options philosophiques, trouvera concrétisation grâce à une initiative que nous nous sommes permis d'introduire, dans le cadre d'une action paroissiale d'ouverture vers les étrangers établis dans nos quartiers.

 

Acteurs privilégiés par notre composante familiale, nous recherchions les contacts avec toute forme d'entité culturelle ou familiale, hors de nos frontières philosophiques.

 

{8} La messe de minuit de Noël 1980 sera marquée par une rencontre heureuse qui changera fondamentalement notre vie et celle de nos enfants et fut le début d'une aventure merveilleuse d'ouverture et de découverte profonde  d'autres cultures telles que nous les recherchions.

 

La cérémonie avait été réalisée avec le faste habituel d'une paroisse aisée, très active et bien organisée.  Nous y avions participé avec nos deux filles qui furent très attentives malgré la longueur du service religieux.

 

Les instants qui suivirent, mémorables à plus d'un titre, se révélèrent très vite les prémices d'un véritable conte de fées...

 

Après l'office, mon épouse et moi descendions l'allée centrale, nos deux filles à nos côtés quand, soudain, nous aperçûmes, se préparant à sortir, dans le halo enchanteur des lumières de Noël, un couple merveilleux : une belle jeune femme coréenne ravissante dans une robe traditionnelle de son pays, très colorée et superbement brodée de fil d'or.

 

Les yeux rieurs et vifs, elle était  accompagnée de son mari et de deux adorables enfants, un  garçonnet bien sage et une charmante fillette souriante et mystérieuse.

 

Spontanée et ravie, mon épouse se précipita vers eux en leur tendant les bras : elle avait réalisé que c'était la famille coréenne dont une jeune voisine, impliquée dans les mouvements paroissiaux, lui avait signalé l'arrivée toute récente.

 

Ce fut fait avec un tel élan affectif et une telle ferveur que seuls peuvent l'expliquer l'endroit, le moment privilégié et le désir de communiquer malgré le fossé d'une culture et d'un langage différents.

 

Avec beaucoup de gestes et de rires de part et d'autre, nous nous précipitâmes dans notre maison toute proche, nos deux filles qui avaient à l'époque une dizaine d'années, s'occupant des deux enfants avec lesquels des liens chaleureux s'établirent spontanément.

 

Nous avons appris par la suite que c'était un couple de Coréens chrétiens récemment venus à Bruxelles pour permettre au mari, déjà docteur en géologie de  Séoul, d'acquérir un doctorat supplémentaire à l'université néerlandophone de Bruxelles, sa thèse pouvant être défendue en anglais.

 

Son épouse, une ravissante et primesautière jeune femme, elle-même universitaire, l'accompagnait avec ses deux enfants.  Avec le peu d'anglais que je baragouinais, nous parvînmes à nous entendre pour nous retrouver le soir du nouvel an et réveillonner avec eux.

 

Cette nuit de la Saint Sylvestre fut émaillée d'instants merveilleux de bonheur et de joie partagée.  Nous nous sentîmes en symbiose de sentiments  si profonds qu'il n'est pas facile de les expliquer.

 

Quelques jours après, ma toujours attentive et attentionnée épouse,  s'étant enquise de leur adresse, se rendit chez eux. Stupéfaite, elle les trouva au lit, grippés,  dans un « garni-taudis » que des gens peu scrupuleux avaient eu la malhonnêteté de louer à un étudiant étranger trop confiant.

 

Aussi, scandalisés, nous prîmes les choses en main, cassâmes le contrat qui les liait et découvrîmes dans une rue voisine un logement à de bonnes conditions que nous nous chargeâmes de meubler avec ce je pus récupérer dans une réserve de mobiliers déclassés qui étaient stockés à Labofina.

 

Quant aux appareils, frigos et autres accessoires de ménage, nous dénichâmes facilement dans la famille et autour de nous des « doubles emplois» pour les équiper confortablement.

 

D'autre part, le hasard voulut que le propriétaire soit représenté par l'archevêché de Malines gérant le bien au nom du cardinal Suenens qui l'avait reçu en héritage, et que l'employé qui en avait la charge administrative, conquis par l'histoire, nous loua aux meilleures conditions en nous autorisant à emprunter dans le grenier tout ce qui pourrait servir. Nous y trouvâmes des quantités de choses utiles et indispensables qu'un locataire précédent y avait laissées.

 

Quand ils allèrent avec mon épouse à l'archevêché signer le contrat de location, adorable, notre nouvelle amie s'est écriée avec quelques mots sortis de son dictionnaire : « Maintenant, printemps de Belgique ! ».

 

Une grande affinité liera étroitement nos deux foyers, surtout les épouses et les enfants.  Chrétiens, ils avaient un prénom de baptême occidental : Agnès et Michel et les petits, Gabriel et Julia.  Mon affectueuse compagne fera d'Agnès sa petite sœur et nous restons toujours intimement liés, malgré la distance et la séparation. Nous allons avoir le plaisir de la revoir dans quelques mois quand elle viendra en Belgique avec sa fille et son beau-fils.

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02/03/2010

Ch. 21a - Les plus beaux yeux venus du ciel

 

Récit détaillé d'un long cheminement de recherche

d'une vérité sur la motivation d'exister

et la valeur de nos croyances

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (légère en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

 

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Propos d'un octogénaire provenant

d'un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s'écouler à

s'interroger sur les motivations d'exister

et la valeur des croyances.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)


AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion,  ne s'étonne pas d'un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d'apporter de l'espoir à ceux qui sont  « un genou à terre » parce qu'écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir,  en leur communiquant l'enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante du rêve. Il a permis à l'auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu'il l'a perdu, malgré les avatars d'une vie particulièrement douloureuse et  difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s'ils sont encore en vie. D'autre part, cette « impudeur »  des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu'il ne demande à personne de partager : il s'avoue agnostique par loyauté de pensée avec l'athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

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Chapitre 21a : Les plus beaux yeux venus du ciel

TABLE DES REPÈRES : {21.1}  Complémentarité : instinct fondamental  comblé par la venue de deux petites filles aux yeux noirs et aux teint de soleil couchant  -  {21.2} Mes voisines de table à Labofina deviennent marraines de nos filles : histoire d'une profonde et durable amitié  - {21.3} Drame vécu par un autre « commensal » père d'un enfant aveugle-né,  licencié dramatiquement   - {21.4}  Nous abandonnons la « bonbonnière » pour une maison de six chambres, située près des étangs de Woluwe,  pour faire face à l'arrivée de nos filles et de Bruno  -

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{1} La complémentarité est une condition essentielle à la pérennité de la vie telle que nous la connaissons.  La multiplication des cellules se fit d'abord par division  jusqu'à ce que le temps et le hasard inventent la méiose.  Cette trouvaille de la « nature » imposait l'existence de deux êtres complémentaires.  Deux êtres qui s'emboîteraient l'un dans l'autre : le Yin et le Yang du taoïsme chinois, si bien figuré dans le drapeau coréen.

 

Il faut croire que cette loi d'équilibre des sexes sourdait lentement au tréfonds de mon subconscient ou  remontait par atavisme du plus loin de mes origines, toujours est-il que j'étais hanté par un sentiment d'incomplet dans mon microcosme familial, d'un déficit d'apport féminin qui sans me tourmenter plus que de raison, me laissait insatisfait  depuis bien longtemps.

 

Je n'ai pas eu de sœur et je n'avais pas de fille : ça me manquait..., cependant il fallait toute la subtilité d'une compagne attentive pour le percevoir. Toujours soucieuse de mon bonheur, qu'elle ambitionnait de rendre complet, elle suggéra d'introduire dans notre foyer la composante qui lui manquait et donner aux deux frères,  deux sœurs à choyer.

 

Comme nos fils, elles naîtront d'abord dans notre cœur et comme eux nous les porterons dans notre âme et dans notre chair en les attendant, puis comme eux nous les serrerons bien fort dans nos bras, et comme eux nous les regarderons longuement le soir quand nous les prendrons dans notre lit, sans pouvoir dormir.

 

Je garderai toujours présent au fond du cœur ce sentiment d'intense plénitude qui me gonfla la poitrine lors du premier sourire, de la première caresse, du premier regard d'amour de l'enfant pour sa maman et surtout, je n'oublierai jamais cet aura de bonheur qui monte doucement alors et que j'aurais tant voulu éterniser.

 

Une année les sépare, mais de cœur elles sont jumelles... : Elles ne sont jamais l'une sans l'autre...,  complémentaires elles trouvent toujours dans  le cœur ou le regard de l'autre ce qu'elles cherchent ... : l'identité et le réconfort d'une même histoire.

 

L'une est vive, primesautière et aimante, l'autre douce et pensive, profonde et mystérieuse, si attachante. Elles seront les grillons du foyer, porte-bonheur de notre famille, accomplissement de nos rêves d'harmonie.

 

Béatrice vint la première, le 31 août 1971, jour de mon anniversaire.  Son  premier geste fut de caresser la joue de sa maman et je sentis alors que mon cœur éclatait et qu'un sanglot de bonheur me grimpait dans la gorge.

 

Intelligente, elle fera de bonnes études.  Aimante et altruiste, elle pensait faire carrière en médecine, mais elle préféra se trouver au chevet de ceux qui souffrent pour leur apporter le réconfort et la présence souriante de l'infirmière.  Mieux, elle se spécialisa en psychiatrie, attirée par le travail de proximité, de chaleur humaine, de patience et d'intuition que cette discipline comporte pour tous ces malheureux qui s'enfoncent dans le gouffre du désespoir.

 

Elle sera la sœur de tous, qui unit, qui apaise, qui pardonne, celle qui explique.  Quand elle est passée, les conflits se meurent, les nuages s'effacent et le sourire revient...

 

Quand elle était petite, je la portais beaucoup sur un bras.  Elle se blottissait alors, sa tête tiède enfouie entre mon cou et mon épaule,... elle avait tellement besoin de tendresse...  Mon filleul Bruno l'appelait koala... Maintenant encore, elle aime exprimer son affection envers tout son entourage, en manifestations spontanées, si chaleureuses et si réconfortantes.

 

Sonnet du bonheur


Tu es plus belle que le plus bel oiseau des nues

Qui déposa sur mon cœur ton si chaud sourire.

Tu es plus douce que le vent des avenues

Que j'arpentais le soir en quête de ton rire.


Le front sur la colonne soutenant ton ciel

J'ai pleuré, j'ai pleuré ma joie d'être le père

D'une petite fille plus tendre que miel

Qui tendait ses jolis bras à la terre entière.

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Tu seras aussi douce que le vent des anges

Qui enivre la terre du parfum des fleurs,

Tu seras le chaud refuge des cœurs qui pleurent.


De tous ceux qui souffrent, tu seras la louange,

De ton chaud sourire, ils feront leur bonheur

Et dans tes yeux, ils endormiront leur malheur.

 

Christine vint un an après, le 8 septembre 1972.... De grands et profonds yeux qui demandaient tendresse et affection... Je me souviendrai toujours d'un premier regard, interrogateur, mais déjà inquiet... : que se passait-il dans cette petite tête, découvrant notre monde ?...   Que se passait-il derrière ces beaux yeux sombres,... révèleront-ils un jour leur mystère ?...

 

Et puis soudain, si précieux, viendra son rire, son beau rire qui éclate en cascade comme un carillon un matin de printemps... Son ciel alors devient très bleu, les nuages sont passés, les oiseaux chantent,... son cœur chante dans ses yeux,... : c'est du bonheur qui perle comme du cristal de source.

 

Travailleuse et tenace, elle brillera dans ses études, comme sa sœur, se pointant aux premières places. Douée pour les langues, elle obtiendra facilement la licence en traduction anglaise et espagnole et acquerra l'agrégation pour l'enseignement supérieur.  Parallèlement à ses études, elle apprendra d'autres langues qui en feront une polyglotte performante :  anglais, espagnol, français couramment ;  néerlandais, suédois très valablement ;  japonais, italien, arabe suffisamment pour tenir une conversation.

 

Ce sera la petite dernière qu'on ne voyait pas grandir, trop modeste et un peu timide, qui évolue, inquiète et studieuse, dans l'ombre de sa sœur.  Mais quelle joie pour nous quand elle nous ouvre son cœur et nous révèle tant de choses profondes auxquelles elle a mûrement réfléchi et qui interrogent !


Sonnet du bonheur (suite).

 

Ma si  douce chérie aux longs cheveux soyeux

Venue un jour du ciel sur un bel oiseau bleu,

Tes beaux yeux me disent tout le profond mystère

D'un pays si lointain aux îles et aux rizières.


Une fille pour un père ce sont les fleurs

Du printemps qui s'éveillent, les chants de la source

Et au fond de l'âme une grande fraîcheur

Comme celle des nuits quand brille la grande ourse.

 

Ton rire est cascade comme l'eau des glaciers

Qui fuit les montagnes pour renaître sans cesse

Mais qui  sans cesse se perle d'éclats d'acier.

 

Je vieillirai heureux en te voyant grandir

Toute belle et si fière, telle la princesse

Qu'au soir je te contais avant de t'endormir.

 

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{2} Comme groupe de haut standing, Petrofina tenait à fournir à son personnel et à celui de ses filiales confort et avantages sociaux performants.  Aussi ses sociétés disposaient-elles de restaurants d'entreprise de grande classe.

 

A Labofina,  une surface agréable et confortablement aménagée avait  été prévue pour servir deux services de repas chauds en milieu de journée.  En dehors d'un plat du jour, différentes possibilités de composer son menu étaient prévues, ce qui ne pouvait que satisfaire les plus difficiles.

 

Pendant une vingtaine d'années, le service se fit à table par un personnel adéquat fourni par le traiteur qui avait entrepris d'assurer cette charge à partir d'une cuisine supérieurement équipée.

 

Comme responsable administratif, il m'incombait d'établir les rapports avec ce fournisseur de service et comme chef du personnel de me charger de la surveillance et de l'organisation de cette période de détente importante dans la journée.

 

Avec le temps, je me liai d'amitié avec ce traiteur qui devint un des plus gros fournisseurs de ce genre en Belgique.  C'était un ancien routier-scout : il avait débuté en procurant des repas de cantine à une organisation de jeunesse  (Jeunesse ouvrière chrétienne) qui avait installé un important complexe d'accueil pour jeunes au centre de la ville.

 

Au restaurant de la société, nous avions chacun nos places, ce qui facilitait le service à table. Anecdote amusante : le premier jour de mon transfert de Petrofina, je me suis présenté à ce « mess » comme on dit aussi et ayant repéré une place apparemment libre, j'ai demandé à la personne qui deviendrait mon voisin de table habituel et obligé si je pouvais disposer de la place vacante.

 

Avec un grand éclat de rire, peut-être un peu surprise d'un culot bien involontaire, elle me répondit : « Il faudra bien ».  Depuis, pour la taquiner, je ne manque pas de rappeler cette accueillante entrée en matière.

 

C'était une chimiste licenciée en sciences récemment engagée.  Très ouverte et spontanée, suisse par son père et belge par sa mère, Jacqueline sera une agréable voisine de table, très cultivée, avec laquelle c'était un plaisir de deviser.

 

Peu de temps après, nous avons accueilli une autre chimiste licenciée, Francine, son amie de classe, engagée en même temps qu'elle. Discrète et réservée, très gentille et serviable, elle sera toujours fort appréciée par son entourage professionnel.

 

Dés que j'exprimai mon intention d'agrandir ma famille, spontanément elles se proposèrent, toutes les deux, de devenir marraines de nos deux filles.

 

Depuis, elles participent à toutes nos réjouissances familiales. Très liés, nous partagerons les deuils et les peines qui atteindront nos entourages respectifs.

 

Mieux que des amies, elles sont devenues d'authentiques parentes qui ne manquent pas de se manifester à chaque occasion, témoins et souvent actrices de tant de moments précieux qui s'inscriront en lettres d'or sur les pages de mon livre aux souvenirs.

 

{3} Commensal de notre table de quatre, s'y trouvait également un chimiste spécialisé en graisses lubrifiantes (Guy Van Doorne) qui venait du Canada où il avait commencé une carrière dans le domaine.

 

Son épouse ne s'y plaisant pas, nostalgique de sa Flandre natale, notre société l'avait facilement débauché pour créer chez nous un service des graisses minérales.

 

Nous nous retrouvions ainsi chaque jour, devisant agréablement, joyeux dans nos propos où nous rivalisions d'espiègleries.  Mais le drame guettait l'un de nous.

 

Nous nous étions réjouis avec ce compagnon des retrouvailles méridiennes de la venue d'un quatrième et magnifique garçon qui compléterait si bien le carré d'enfants de cette belle famille nombreuse, comme on dit en Belgique.

Un jour, nous avons pressenti le drame, car contrairement à son habitude, il était sombre, la mâchoire contractée, une larme perlant de temps à autre. Discrètement, nous respections sa peine.

 

Finalement dans un sanglot  étouffé, inhumain, que j'entends encore, il prononça ces mots durs : «Mon fils est aveugle».

 

Il était à côté de moi et j'ai vu les yeux des deux femmes devant moi s'agrandir d'angoisse.  Il s'est sauvé, la tête dans les mains.  Silencieux, nous restions abasourdis devant nos assiettes restées pleines.

 

Son destin devenait tragique.  Son fils sera beau, intelligent et fort, mais il ne verra jamais.  Notre malheureux ami, son épouse et ses enfants devront assumer la lourde charge de l'éducation d'un aveugle et de son insertion dans notre si cruelle société.

 

Plus loin dans ce livre, je raconterai la suite de ce drame dans lequel mes fonctions me forcèrent à m'impliquer douloureusement et cruellement.

 

Toi qui regardes ton ciel,

Père malheureux,

Ton ciel qui fut si bleu

Toi qui pleures des yeux morts,

Des yeux de soir noir,

Des yeux creux.


Des yeux du vide

Pour le cœur d'un enfant,

Des yeux du vide

Pour l'âme de l'adolescent,

Des yeux du vide

Pour les jours de l'homme,

Des yeux du vide

Pour la nuit du vieillard.

 

ô, ami,

Martyr du destin,

Compagnon d'une dure route

Retrouveras-tu jamais

Un reste de bonheur ?

 

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La vie injuste pour certains est un long chemin triste et pentu qu'ils doivent gravir courageusement.  Ce fut le cas pour notre voisin de table qui en parlera le moins possible.

 

Digne dans son malheur, il gardera sa plainte terrée au fond de l'âme.  Seul son regard parfois deviendra sombre et lointain, trahissant l'angoisse du lendemain et l'impuissance à ouvrir des fenêtres sur la beauté du monde.

 

Mais il y aura, surtout, annuellement, ce jour si cruel pour lui :  celui où nous avions autorisé un délégué de la ligue Braille (œuvre qui en Belgique vient en aide aux non-voyants) de vendre dans nos locaux les billets de loterie de l'œuvre.

 

Le vendeur, aveugle lui-même, terminait sa visite au restaurant où il s'installait en plein centre, évocation poignante et misérable de la détresse de ce monde d'exclus.

 

Digne et droit sur sa chaise adossée à une colonne, il avait les traits inexpressifs et vides de celui qui ne connaît pas son propre visage qu'il n'a jamais vu dans un miroir, ni dans les yeux d'un autre.

 

Ce jour-là, il planait dans notre établissement une retenue respectueuse pour ces parias d'un environnement plus que jamais voué à l'image et à la couleur.

 

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{4} Comme je l'ai déjà signalé plus avant, mes parents nous avaient rejoints dans cet îlot de fraîcheur et de bonheur adossé à la forêt de Soignes. Ils y vivaient heureux de joies simples.

 

Mon père s'occupait bénévolement de la comptabilité d'une œuvre (S.O.S-P.G.) qui récoltait médicaments, vivres non périssables et vêtements pour les envoyer un peu partout dans le monde à de courageux et remarquables hommes s'efforçant de soulager si peu que ce soit la misère de tant d'exclus de notre civilisation du bien-être.

 

D'autre part, s'étant découvert des talents picturaux, il se plaisait à réaliser de très jolies aquarelles, pastels, dessins ou autres essais d'artiste débutant.

 

Nos garçons avançaient dans les études primaires (environ six ans en Belgique) : Patrick allait entrer en quatrième année et Benoit en deuxième.

 

Nous rêvions de leur donner la meilleure éducation qui soit et la possibilité de fréquenter de prestigieuses écoles.  A l'époque, il était notoire que pour les garçons, c'était l'institut Saint Michel des pères jésuites dans l'enseignement libre, et les athénées Cateau et Jacqmain dans l'enseignement officiel qui pouvaient se targuer d'une telle réputation.  Compte tenu de ce critère, dans notre milieu chrétien, seul Saint Michel pouvait être retenu.

 

Notre coin de « paradis », situé très en dehors de Bruxelles, à l'époque en tout cas,  nous posait des problèmes de communication. Aussi nous efforçâmes-nous de les améliorer en nous rapprochant davantage de la ville.

 

Ce fut d'abord l'intermède très court et un peu ridicule de l'essai de l'appartement grand standing dans une grande avenue et dans un quartier « chic » (peut-être aussi pour sacrifier à une vogue de l'époque) pas très loin de notre bonbonnière.

 

Nos turbulents garçons s'y trouvèrent très vite fort à l'étroit aussi déguerpîmes-nous avec soulagement dans une rue moins prestigieuse mais idéalement située près des parcs et des célèbres étangs de Woluwé bien connus et fréquentés par tout bon Bruxellois.

 

Nous y trouvions l'avantage de ne pas trop nous enfoncer dans un tissu urbain fort peuplé et surtout de bien nous rapprocher des établissements scolaires que nous rêvions donner à nos enfants.

 

Nous y avions loué une de ces grandes maisons « bel étage » qui fleurissaient un peu partout à l'époque.  De vastes caves en sous-sol, un beau garage, deux chambres et un coquet hall d'entrée au rez-de-chaussée, un vaste « living » avec cuisine attenante à ce qu'il était convenu d'appeler le « bel étage » et  au-dessus trois chambres et salle de bain.

 

De quoi combler nos attentes, surtout depuis que nous avions décidé d'agrandir notre foyer des deux petites filles qui ne tarderont pas à pépier dans une grande volière de bonheur en petits oiseaux joyeux et heureux.

 

Comme nos moyens devenus confortables nous permettaient un second véhicule pour conduire les enfants dans leurs écoles, leur éloignement ne posait pas de problèmes.

 

Anecdote incroyable que je ne peux m'empêcher de raconter :  le premier locataire de cette maison avait été la famille Tshombé avec laquelle le propriétaire avait cru faire une excellente affaire vu le loyer important qui avait été conclu.

 

Grande fut sa stupeur quand vinrent s'y établir « les » femmes et enfants du célèbre Katangais qui n'avait pas réussi à faire sécession de sa province si riche en minerais rares ou précieux.

 

Non seulement ils (sur)peuplèrent une habitation qui venait d'être construite, la dégradant innocemment en s'y comportant comme en pleine brousse : éviers, lavabos, baignoires et tuyaux bouchés à la suite d'utilisations surprenantes (on y retrouvera de tout : des os, des cuillères, des amulettes et autres gris-gris).

 

En de nombreux endroits le parquet fut brûlé, à croire qu'on cuisinait à même le sol...  A l'arrière, la cour qui précédait un jardin, était, au dire des voisins et du propriétaire, recouverte d'une  couche de plusieurs centimètres de détritus divers en provenance des fenêtres d'où ils étaient jetés... Les dédommagements que le propriétaire exigea ne suffirent pas à couvrir les frais de restauration.

 

Autre histoire, tragi-comique celle-là : Comme je le relaterai plus loin, nous ne resterons pas très longtemps dans cette maison qui devint vite trop exiguë (sic).  Aucun bassin d'orage n'avait été prévu dans notre rue, située dans un fond, pas loin de grands étangs.

 

Aussi voyait-elle ses égouts se saturer à l'occasion des fortes pluies, tandis que les regards des caves renvoyaient de nauséabondes vomissures ponctuées de peu ragoûtants borborygmes.  Nous avions, dès les premiers orages de canicule, constaté et enduré l'épreuve à coups de torchons, de seaux et de pince à linge sur le nez.

 

Devenu bricoleur ou « débrouillard », je trouvai une solution aussi simple qu'idiote : visser les taques de visite dans leur emplacement.  Avec une bonne foreuse et des vis taraudeuses qui forment le pas dans un trou préalablement foré, je parvins à sceller les ouvertures suffisamment pour supporter la pression momentanée créée par des pluies diluviennes.

 

Nous n'avons plus jamais eu de problèmes, si bien que j'oubliai l'incident et  négligeai de le signaler aux occupants suivants qui avaient acheté le bien et qui, l'ayant fait examiné par un plombier, s'étaient bien gaussés avec lui d'une idée aussi saugrenue que de bloquer des regards de cave.

 

Je ne vous décrirai pas la stupeur affolée de la nouvelle propriétaire quand nous lui révélerons les raisons « profondes » et « désespérées » de notre bricolage.

 

Je crois que le plombier qui avait tout fait sauter à coup de burin et de jurons, n'oubliera pas de sitôt les hurlements terrifiés de la pauvre dame.  Aussi fut-il bien aise de s'en tirer à bon compte en revissant humblement tout le bazar, après avoir foré de nouveaux trous.

 

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