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23/03/2010

Ch 22 h/i - Bolivie et Vietnam (LES AMIS D'AILLEURS)

 

 

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)

 

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour  :

 

 

22h. – La Bolivie {9}

 

Ô toi, damné de la terre

Aux horizons de galère,

Triste victime du sort,

Sans autre espoir que la mort.

 

Dans l’antre, tu te tapis,

Dos contre un mur, accroupi,

Pour un ciel dur de famine

Dans ce triste sort des mines.

 

Une longue faim t’étripe

A toi, tes enfants s’agrippent,

Avec ton épouse en pleurs

Du jour sans pain qui se meurt.

 

«Ô, damnés de la terre ».

 

{9} La famille Parent est connue pour son action en faveur des misérables de l’Aliplano en Bolivie qui besognent dans les tristement célèbres mines d’argent de Potosi.

 

Un de nos habitués nous mit en relation avec l’un de ceux-ci, professeur dans un institut de la région, afin d’organiser une séance avec projection d’un film sur l’action de son frère, missionnaire là-bas et de sa sœur, assistante bénévole, qui, tous deux, se dévouent à améliorer le sort des malheureux qui y survivent misérablement, détruit par la coca dont ils mâchent les feuilles pour tromper une faim qui les tenaille.

 

Le 30 mars 1984, notre salle, comble, accueillit donc un prolixe et enthousiaste conférencier qui exposa avec un rare talent les conditions de vie épouvantables et inhumaines de ces populations.

 

Bouleversés, nous l’écoutâmes décrire l’enfer des mines d’argent, quasi épuisées, difficilement rentables, à peine étançonnées, prêtes à s’effondrer, sans aération valable pour assainir une atmosphère irrespirable. Dans ces lieux dantesques, de pauvres diables risquaient leur peau et raccourcissaient leur vie pour quelques misérables Boliviano ou Bob (monnaie du pays depuis).

 

Les Espagnols avaient découvert, à leur arrivée au seizième siècle, ce métal précieux en abondance dans les montagnes de Potosi et en avaient organisé l’exploitation la plus rentable, forcément rudimentaire, mais dangereuse et insalubre.

 

Dès 1545, l’exploitation intensive de ces mines, poussa les envahisseurs à déporter et réduire à l’esclavage des millions d’êtres humains. A elles seules, les mines de Potosi firent périr de froid et d’épuisement, depuis le début de leur mise en valeur, près de six millions d’ « indios ».

 

De tout temps, les peuples conquérants ou les classes dominantes assurèrent leur confort et leur richesse en asservissant la main-d’œuvre disponible qu’ils réduisait à l’état d’outils à rentabiliser pour une production maximale.

 

A ces époques d’esclavagisme social, la vie et la souffrance ne valaient pas plus que celles des animaux, le confort des dominants étant à ce prix.

 

Ce ne sera qu’à partir de la moitié du vingtième siècle que les nations qui se sont voulues civilisées, se donneront une morale d’égalité sociale en reconnaissant la valeur du travail pour n’en venir par la suite que très difficilement à l’égalité des sexes.

 

L’Altiplano est un ensemble de hautes plaines, situées entre 3.600 et 4.200 mètres sur les territoires de la Bolivie et de la Colombie, qui s’étendent sur 1000 kilomètres.

 

Froid et vents dominent, la température moyenne est en dessous de 10 à 12 degrés et les populations indiennes qui s’y sont établies, vivent misérablement de l’élevage de quelques bovins et moutons et de la culture d’un peu d’orge et de pommes de terre.

 

t;>Les alentours gt;du lac Titicaca, (le plus haut lac navigable du monde) bénéficient cependant d’un micro-climat clément dû à l’étendue d’eau. Ils seront d’ailleurs le berceau de la civilisation Tiwanaku ou Tiahuanaco (Xème – XIIIème siècle) qui fit partie de l’empire Inca jusqu’à la conquête espagnole en 1538.

 

La république de Bolivie compte 8.857.870 habitants (évaluation juillet 2005) sur une superficie de 1.098.581 km² (deux fois la France). Capitale administrative et politique : La Paz et constitutionnelle : Sucre.

 

Deux régions géographiques : l’occidentale traversée par deux cordillères qui bordent un vaste plateau (l’Altiplano) avec une altitude moyenne de 3.800 mètres et les villes de La Paz, Oruro et Potosi et, d’autre part, les plaines alluviales orientales au climat tropical qui couvrent l’autre moitié du territoire.

 

L’Indépendance leur a été accordée en 1925 par les Espagnols dont la langue est restée l’officielle du pays. Elle était obligatoirement enseignée et utilisée en parallèle avec plus de 40 langues amérindiennes.

 

La récente constitution de 1994 ne précise pas de langue officielle, et proclame dans trois articles le principe de non-discrimination, notamment dans l’emploi des langues.

 

Ainsi l’art. 6 reconnaît les droits de la personne sans distinction de race, de sexe, de langue, de religion, opinion politique ou autre caractère ethnique, origine, condition économique ou sociale… tandis que l’art. 116 impose au pouvoir judiciaire l’obligation d’assurer la gratuité de la défense juridique avec l’éventuelle assistance d’un interprète et enfin l’art. 171 reconnaît, respecte et protège les droits sociaux, économiques et culturels des peuples indigènes en leur garantissant l’utilisation et l’usage des ressources naturelles ainsi que leur identité, valeurs, langues, coutumes et institutions.

 

Il n’en reste pas moins que sur le terrain, le bilinguisme reste la règle pour les autochtones, les Espagnols se contentant de n’utiliser que leur langue. Ceux-ci ainsi que les « assimilés » ou étrangers, ceux qu’on nomme, sans s’occuper de la couleur de leur peau, « les blancs » (15% de la population) forment un groupe oppresseur avec la complicité des « métis » (30%) méprisant la classe des « indigènes amérindiens » (55%).

 

Si bien que ce pays d’une très grande richesse, avec un des sous-sols les plus généreux de la planète, exportateur de zinc, étain, pétrole et gaz naturel, argent, antimoine et à certaines époques de quinine (1830-1850), de guano et salpêtre (1868-1878), de gomme (1895-1915), producteur agricole (50% de la population active) de maïs, pomme de terre, coton, café et en contrebande de coca (importante ressource, en raison du prix élevé obtenu par les planteurs) est toujours un des pays les plus pauvres du continent américain avec une population misérable qui vit en dessous du seuil de la pauvreté : Amérindiens discriminés, sous-alimentés, mortalité infantile avant deux ans de 20%, chômage, analphabétisme de plus de la moitié de la population qui ne disposent, de plus, ni d’électricité, ni d’eau courante.

 

Historiquement, ce fut l’espagnol Francisco Pizarro (1475-1541), sous Charles Quint, qui fut le premier « conquistador ». De nombreuses villes furent fondées ensuite : Sucre ( Chuquisaca), Potosi,, La Paz, et Cochahamba.

 

La guerre de libération, en 1825, amena Bolivar et Sucre son lieutenant à créer la république de Bolivie qui à cette époque couvrait un partie du Chili et du Paraguay. Les guerres de 1879-1894 leur firent perdre la portion maritime au bénéfice du Chili et celle de 1935, le Chaco, à l’avantage du Paraguay.

 

Une tentative de confédérer le Pérou et le Bolivie fut aussi entreprise par le général Santa Cruz ce qui en aurait fait un État puissant., mais qui se heurta à des adversaires, tant péruviens que boliviens, chiliens et argentins.

 

De 1825 (conquête espagnole) à nos jours, ce ne fut que coups d’État, nationalisations, dictatures militaires, guérillas (la plus médiatique, anéantie en 1967, fut celle du  « Ché » - Ché Guévara – qui y fut tué : il avait rallié les maquisards boliviens, après avoir gagné avec Fidel Castro, son lieutenant, la révolution communiste de Cuba. Il fut rejoint plus tard et soutenu par l’intellectuel français Régis Debray.

 

Il y eut aussi, dernièrement, la guerre de l’eau du 11 janvier 2005 dans l’Altiplano qui aboutit à l’expulsion de la compagnie Suez-Lyonnaise des eaux pour prix exorbitant et mépris des classes pauvres. (rentabilité basée sur une exploitation « capitaliste » d’une ressource naturelle, bien maîtrisée, mais peu accessible aux populations indigentes.)

 

Notre conférencier décrivit les conditions de vie des habitants de ces régions et leurs difficultés avec passion, nous faisant réaliser l’ampleur de la misère de ceux que le capitalisme exploitait honteusement et que son frère et sa sœur tentaient d’adoucir avec de faibles moyens.

 

Espoir peut-être, (ose-t-on y croire) pour le futur, avec le changement de régime et les élections législatives du 4 décembre 2005 et le référendum du 2 juin 2006 pour donner aux départements de Bolivie une plus grande autonomie avec la décentralisation qui était réclamée depuis 2005 et nationalisation des réserves de gaz et pétrole exploitées par les occidentaux

 

A l’époque, nous récupérâmes le confort de nos foyers, habités d’un sentiment de révolte contre un monde injuste que nous étions impuissants à changer par indifférence coupable et manque de mobilisation devant l’ampleur de la tâche…. Pourtant …. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » dit un proverbe chinois.

 

Nous nous en sommes préoccupés tout en prenant le thé avec notre conférencier Albert Parent, ce passionné du monde andain qui s’évertue à mobiliser des « petits » moyens pour aider son frère et sa sœur, perdus dans les plateaux montagneux de « l’altiplano ».

 

°°°°°

 

22i. – Le Vietnam {10}

 

Folie des hommes,

Peuples martyrs,

Taches d’histoire,

Dien Bien Phu,

Vietmin et Vietcong .

 

Qu’est devenu

Le chant des rizières

Dans la colère des canons ?


Qu’est devenu

L’appel des bonzes

Quand les yeux sont de crime ?


Qu’est devenue

La voix des femmes

Quand les homme sèment la mort ?

 

La longue plaine

Et les lents cours d’eau

Se sont salis

Du sang des larmes,

Du sang des chants tristes,

Du sang des cœurs ouverts

Et du sang de la longue haine.

 

{10} A la séance suivante, le 28 octobre 1984,Ohan Trin, une Vietnamienne habitant une rue voisine de la nôtre, très gentille et très active dans l’aide à ses compatriotes, nous présenta son pauvre pays, le Vietnam, si bouleversé par des conflits qui le gangrènent.

 

Sur une superficie de 329.560 km² se débrouille actuellement (2003) une population de 81.300.000 individus avec Hanoi comme capitale.

 

Limitrophe du Cambodge, du Laos, et de la Chine, c’est une longue bande côtière bordant le Golfe du Tonkin et la mer de Chine méridionale qui groupait, en 1884, l’Annam, la Cochinchine et le Tonkin.

 

Ces colonies faisaient partie de l’ancienne Indochine française avec le Laos et le Cambodge. Elles ont acquis leur indépendance officieuse en 1945 à la fin de la seconde guerre mondiale (reconnaissance officielle en 1954 après la chute de Dien Bien Phu).

 

Sa monnaie est le dong, sa langue, le vietnamien (ou viêt) parlé par 70% de la population bien que le pays compta 74 ethnies et 54 langues.

 

République socialiste reconnue depuis 1975, avec un président (Chef de l’État), un parlement de 450 députés renouvelé tous les 5 ans, et un premier ministre, chef du gouvernement, elle est divisée en soixante provinces et cinq municipalités avec conseil populaire à élection directe et un exécutif (comité populaire). Les municipalités sont Hô Chi Minh Ville (5,4 millions d’habitants.), Can Tho (1,1million), Da Nang (0,72 million), Haiphong (1,71 million), Ha Noi (2,15 millions).

 

Les archéologues déterminent la formation du peuple vietnamien au Néolithique, dans le delta du fleuve Rouge (Song Cai) par mélange mélanésien, indonésien et des éléments mongoliques venus du Nord .

 

En Asie du Sud-Est, ils sont les seuls de civilisation chinoise, introduite au deuxième siècle avant J-C. pour un millier d’années, dont ils garderont certaines traditions et coutumes (fléau d’épaule, riziculture intensive avec digues et rizières inondées autorisant jusqu’à deux récoltes annuelles, maison « à terre » (au raz du sol), avec toit lourd sur colonnes et murs en torchis, écriture et thèmes littéraires et artistiques, syncrétisme religieux avec mélange d’animisme, de bouddhisme et de confucianisme, fête du nouvel an chinois (le Têt) que les expatriés célèbrent encore chez nous entre le 20 janvier et le19 février suivant le calendrier lunaire ).

 

Le Bouddhisme y pénétra par l’Inde au deuxième siècle après J.C. et gagna les masses populaires tandis que le confucianisme des Chinois se réserva les classes dirigeantes. Cependant, le culte des ancêtres et des esprits n’en restera pas moins la croyance de base.

 

L’histoire de ce pays fut, pendant les trois millénaires précédant notre ère et les deux suivants, particulièrement chaotique, marquée par de multiples changements de régimes. Massacres et malheurs ne cesseront d’accabler une population martyre.

 

Signalons, sans être exhaustif et d’une manière succincte, les périodes et faits suivants, depuis la dynastie légendaire des Hùng, régnant sur le Van Lang (2879-258 av. J-C), le royaume de Au-Lac (257-208 av. J-C), en 208 av. J.C la fondation du Nam –Viet par Zhao Tuo,  l’invasion des Han (Chinois) en 111 av. J-C jusqu’au protectorat général d’Annam (679-868) en 938, la révolte de Ngo Quyen qui fondera un État indépendant et en 968, la création se l’empire unifié du Bai Co Viet suite à la victoire de Dinh Bô Linh sur les douze seigneurs ….

 

Viendront ensuite la dynastie des Ly (1110-1225), des Tran (1226-1400) des Hô et l’invasion par la Chine des Song (1400-1407), la guerre de libération de Lê Loi (1418-1426, un des héros de l’histoire vietnamienne), suivie de la dynastie des Lê (1428-1788).

 

L’actuel territoire vietnamien connut diverses partitions ou extensions notamment avec le royaume du Champâ, la dynastie des Mac (1527-1592), le partage nord-sud en 1600, la révolte des frères Tay Son en 1771 pour en arriver à proclamer empereur un des frères (Quang Trung).

 

Les bouleversements idéologiques provoqués par l’occupation française au dix-huitième siècle, les révolutions et les guerres qui suivirent la seconde guerre mondiale, ont complètement modifié le tissu philosophique et religieux du pays.

 

L’influence française se manifesta déjà en 1627 avec Alexandre de Rhodes qui introduisit le premier catéchisme et l’écriture romanisée de la langue vietnamienne, le quoc ngu, mais surtout en 1784 à la suite de la démarche d’un missionnaire français, Mgr Pigneau de Béhaine qui, en 1789, aida le prince Nguyen Anh, héritier des Nguyen, à bouter les Chinois et leurs partisans dehors en levant des troupes de volontaires et en armant des navires pour pallier la carence de l’entourage de Louis XVI qui n’avait pas jugé opportun d’entreprendre cette opération que le souverain français soutenait pourtant.

 

L’aide des troupes du prélat qui ne restèrent pas longtemps dans le pays, fut surtout précieuse pour instruire et équiper à l’européenne celle du Vietnam en artillerie, génie et marine et leur donner une puissance telle qu’en moins de trois ans (de 1799 à 1802) l’unité du pays fut reconstituée et la dynastie des Nguyên s’imposa suite à la victoire, en 1802, de Gia long contre les Tay Son.

 

C’est en 1858 que les Français débarquèrent à Da Nang et en 1865, fondèrent la colonie de la Cochinchine ainsi qu’en 1884, le protectorat sur le Tonkin


Quant au parti communiste qui finit par triompher, il s’introduisit en 1930 et créera le Viêt-minh en 1941.


Pendant la seconde guerre mondiale, les Japonais occupèrent le pays, humilieront les Français et inciteront les Vietnamiens à réclamer leur indépendance.


En 1945, l’empereur Bao Dai, descendant des Nguyên, partisan des Français et de l’occident, abdiquera et l’indépendance du pays sera proclamée par le communiste Hô Chi Minh.

 

Ce fut ensuite l’atroce guerre d’Indochine (1946-1954) avec la défaite française de Diên Biên Phu (7 mai 1954), les accords de Genève et la partition du pays à hauteur du 17ème parallèle  et enfin l’incroyable guerre du Vietnam (1964-1975) qui causa la mort de près de 58.000 Américains et directement ou indirectement (mines, famines, maladies, défoliants) d’environ un million de combattants communistes et quatre millions de civils, tandis que le Sud perdait 255.000 militaires et 430.000 civils.

 

L’erreur des Français à Diên Biên Phu aurait été d’avoir ignoré l’artillerie ennemie qui « noya » sous un flot d’obus les positions françaises établies dans une plaine protégée par les montagnes escarpées qui l’entouraient, en supposant que l’ennemi ne pourrait y monter son matériel lourd.

 

C’était sans compter sur l’opiniâtreté de fourmi de leur ennemi qui avait acheminé son artillerie en pièces détachées sur des bicyclettes ou à dos d’homme. La bataille causa 1750 tués, 10.863 prisonniers dont près de 7.500 morts en captivité chez les Français et près de dix mille chez les Vietnamiens.

 

Pendant la guerre froide, les occidentaux s’efforcèrent de protéger l’Asie du Sud-Est contre le communisme qui l’envahissait, aussi mobiliseront-ils de 1965 à 1973 des forces considérables pour l’endiguer (550.000 américains en 1968 et 1.500.000 vietnamiens appuyés par une aide économique massive), de plus, les forces américaines n’hésitèrent pas à utiliser l’arme chimique pour détruire avec des défoliants les forêts et le couvert végétal qui camouflaient leurs adversaires.

 

Malgré les bombardements massifs détruisant villes, complexes industriels, réseaux de transport et voies de communication, le front intérieur du F.N.L. « front national de libération » tint bon, grâce à sa discipline, sa dispersion, sa détermination, ses sacrifices, reconstruisant l’essentiel pour l’effort de guerre tout en étant aidé puissamment par l’U.R.S.S. et la Chine, à tel point que pour en finir, début 1968, à la fête du Têt (entre le 20 janvier et le 19 février, qui célèbre la nouvelle année), les communistes n’hésitèrent pas à lancer une vaste offensive qui força leurs adversaires à plier le genou.

 

L’opinion publique mondiale, soutenue par celle des U.S.A. désapprouvant ses dirigeants, fit pression sur les belligérants pour les forcer à trouver le compromis qui mettrait fin à une guerre qui en fin de compte dura trente ans (1945-1975).

 

Une vaste opération de reconversion et de réconciliation, sans le bain de sang prévu par les occidentaux, fut mise en place. Malheureusement, les difficultés inhérentes au démarrage économique d’un pays livré à lui-même, aggravé par la sécheresse de 1977 et les inondations de 1978 plongent le pays dans une pénurie alimentaire permanente et grave.


Viendront ensuite (en 1977) les périodes confuses des conflits avec les voisins communistes cambodgiens du Kmer rouge Pol Pot soutenus par les Chinois ">. ce qui poussa les Vietnamiens à se faire aider par la Russie et amènera les Vietnamiens à lancer une offensive victorieuse contre son voisin cambodgien en profitant de la dissidence d’une partie des troupes de Pol Pot.

 

Ces événements réduisirent les populations à une lente extermination et acculèrent certains à chercher asile sous des cieux moins hostiles dans des conditions effarantes : ce fut l’époque des tristement célèbres « boat peoples ».

 

A cette époque, les marins d’un des pétroliers de Petrofina recueillirent en plein océan une de ces embarcations en perdition, avec des naufragés au bord de la noyade. Très humainement, Adolphe Demeure, alors président, ordonna à ses filiales de trouver de l’emploi à ces malheureux. Notre département administratif confia à l’un de ceux-ci des tâches simples de messagerie tandis qu’un autre assista des laborantins. Ils finiront tous par faire carrière dans le groupe.

 

Depuis 2003, l’économie vietnamienne est une des plus dynamique de l’Asie du Sud-Est, son problème principal restant son énorme endettement. Ses rapports avec ses anciens adversaires et les « Grands » sont très positifs voire amicaux – visite de Clinton (2000), Vladimir Poutine (2001), le président chinois Jiang Zemin (2002) et visite officielle en France du président vietnamien Trân Duc Luong en 2002. –


Ohan Trin, alors en Belgique depuis douze ans et ses amis du groupe « Lac-Viet » se dépensèrent sans compter pour sensibiliser notre auditoire aux souffrances de leurs concitoyens, mais aussi nous faire prendre conscience des difficultés d’adaptation à notre civilisation occidentale que les expatriés forcés qu’ils étaient tous, rencontraient chaque jour ainsi que leur désarroi profond.


Aussi pour concrétiser leurs propos, projetèrent-ils en première vision un montage audio-visuel interpellant dans lequel les situations seraient inversées : certains d’entre nous ayant subi chez nous, les mêmes persécutions, les mêmes épreuves, les mêmes malheurs se seraient réfugiés dans un Vietnam opulent et insouciant dans lequel ils éprouveraient les plus grandes difficultés à s’adapter à un environnement qui nous demanderait une culture et des moyens que nous n’aurions pas.

 

Ce film dérangeant nous interpella et un certain malaise, peut-être réprobateur de cette démarche moralisatrice, gagna la salle, comme quoi nous nous débarrassons difficilement de notre supériorité confortable de bien nanti et détestons qu’on le rappelle à notre conscience.

 

Une projection de dias très réussies sur les richesses artistiques et historiques de ce très ancien pays et une démonstration de danses folkloriques nous ont distraits suffisamment pour terminer la soirée dans une insouciance gênée que nos amis vietnamiens ont dû ressentir pendant qu’ils nous servaient gentiment un thé de leur pays accompagné de spécialités locales.

 

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