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19/03/2010

Ch. 22 f/g - Chine et Indonésie (LES AMIS D'AILLEURS) -

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

 

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour  :

 

 

22f. - La Chine {7}

 

Ô multitude racée

Comme un flot de sang immense

S'écoulant toujours intense

Sur nos terres épouvantées.


Ô grand peuple jaune en marche

Comme les vagues de l'arche

Qui s'enroulent en très longs flots

De la mer toute en sanglot.


Ô multitude gigantesque,

De plénitude « myrmiesque »,

Si vieux peuple du fond des âges,

Vous amassez  les noirs nuages

De votre grande immensité

Sur notre monde épouvanté

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{7} Le 27 janvier 1984, nous avons eu la grande chance de bénéficier d'un conférencier de choix en la personne du Chinois Edmond Tang, collaborateur et chercheur à Lumen Vitae (Centre international d'étude et de formation religieuse).

 

Il était de toute évidence l'ambassadeur idéal pour présenter la Chine, cet immense pays : orateur routinier et cultivé, maîtrisant parfaitement notre langue, il percevait avec une grande ouverture d'esprit toutes les contradictions de deux cultures d'autant plus éloignées l'une de l'autre qu'elles se compliquent aujourd'hui de l'opposition entre libéralisme et totalitarisme.


Avec grande finesse et diplomatie, il parvint à mettre l'accent sur tous les éléments de symbiose à exploiter  pour  rapprocher deux philosophies aussi contradictoires.

 

Nous fûmes conquis ... La salle était accrochée à des lèvres qui chantaient le parfum de tièdes rizières, les petites rues sous le soleil,  le friselis des sandales sur la terre battue des ouvriers, artisans et paysans, en bleu du labeur ... et le murmure feutré des vestes de femmes ondulant sur un pantalon de toile « Mao »,  plus à la gloire de la révolution que de leurs charmes ... Et surtout, survolant tout cela dans les ruelles, l'insouciance éternelle des cris d'enfants heureux ...


Notre conférencier, avec talent, nous révéla deux faces peu connues de la Chine actuelle dont on ne présente généralement que la fourmilière industrielle, citadine ou ... militaire. Le pays profond est tout autre : moins gagné par le communisme, il reste attaché à ses traditions ancestrales.

 

Originaire de ces régions éloignées des centres urbains, Edmond Tang nous fit pénétrer dans un monde attachant de gens simples que le communisme effleurait sans trop le déformer.

 

Personne n'ignore, surtout maintenant, depuis son ouverture à notre monde occidental, que cet immense pays d'une superficie valant à peu près celle du continent européen (9.596.960 km2), habitée par environ un milliard trois cent vingt-cinq millions d'habitants (un homme sur quatre à cinq est chinois), recherche désespérément le compromis qui lui permettrait d'intégrer dans son système totalitaire la libre entreprise qui nous réussit si bien.

 

Sa préhistoire remonte très loin dans celle de l'humanité.  Il semble que les premiers humains qui pratiquèrent l'agriculture plutôt que la chasse, la pèche ou l'élevage, proviendraient des plaines fertiles des bassins du fleuve jaune. Certains auteurs pensent que les premiers chasseurs-cueilleurs et éleveurs de l'humanité se seraient sédentarisés dans cette région fertile en y pratiquant  la culture du sol associée à l'élevage.

 

Ce pas en avant énorme de l'homo sapiens-sapiens fut à l'origine d'un grégarisme de masse favorisant une agglomération de population avec l'éclosion de « Grands Chefs » à la tête d' « États » puissants, succédant aux bandes ou petits groupes d'individus nomades existant jusqu'alors.

 

Ce phénomène de regroupement sous une autorité suprême fut une des caractéristiques des populations chinoises qui dès le Néolithique se rassemblèrent en entité à caractère national (empires, États militaires pour défendre les frontières) avec un leader devenu rapidement potentat avec pouvoir de vie et de mort sur ses sujets.

 

Les frontières actuelles de la Chine ont parfois reculé jusqu'à la Corée et le Vietnam et son influence s'est ressentie, à certaines époques, jusqu'au Japon, à la Mongolie, au Tibet, à l'Iran, à l'Inde, ainsi qu'à l'Asie centrale et du Sud-Est (Indonésie, Philippines, Indochine) en s'approchant suffisamment du monde hellénique et plus tard islamique pour expliquer certaines concordances avec les croyances judéo-islamiques ou chrétiennes.

 

Il semblerait qu'on peut remonter à la fin du troisième millénaire (avant la civilisation du bronze) pour retrouver déjà des traces sérieuses d'une dynastie néolithique du nom de Xia.


Des vestiges de civilisations autocratiques existent datant de la seconde moitié du deuxième millénaire avant  J.C.  Les fouilles des sites Shang ont révélé des techniques avancées comme l'attelage de deux chevaux, les bases de l'écriture chinoise, une économie agricole complétée par l'élevage tandis que les seigneurs se réservaient la chasse. Cette civilisation était du type seigneurial avec un roi et sa parenté qui s'attribuaient les fonctions nobles (activités militaires, économiques ou religieuses limitées au culte des ancêtres du roi).

 

Comme partout ailleurs, le pouvoir religieux se développa en suscitant l'éclosion des premières activités culturelles dont l'écriture et les arts entraînant ipso facto le développement d'une élite intellectuelle influente manipulant l'autorité en place.


La défense des frontières de ces populations établies devint une priorité à cause de la menace permanente des tribus nomades de Mongolie ou autres voisins qui cherchaient à s'emparer de biens dont la sédentarité favorisait  l'accumulation et le développement.  Ces hordes de pillards étaient d'autant plus dangereuses qu'elles se dotèrent très tôt de cavalerie qui se déplaçait rapidement et combattait efficacement.

 

C'est une des raisons qui poussa les autochtones à se protéger de ces incursions équestres dévastatrices en élevant dès 500 avant J.C. une muraille d'abord primitive faite de talus de terre et de fossés, puis plus tard de briques et de pierre de taille enserrant un mélange de terre et de pierrailles élevé en murs épais, avec chemin de ronde au sommet.

 

Sa longueur dépasse 5.000 kilomètres, si on tient compte qu'elle suit les accidents du terrain et que son tracé a parfois été modifié et doublé au cours des siècles.  Il est large d'environ cinq mètres, pour permettre d'y ménager à son sommet une voie de circulation permettant sa surveillance, son entretien et même son usage en tant que voie de passage.  Il est doté de tours de guet, de créneaux, de bastions pour abriter la garde, et ... de tour à fumée d'alarme d'avertissement en cas d'attaque ...

 

L'édification d'un ouvrage aussi important nécessita un effort considérable  de la population chinoise asservie par les régimes féodaux de certaines grandes dynasties (Qin, Han, Sui, Ming)

 

Les menaces extérieures de voisins agressifs, dangereux, mobiles, organisés en hordes efficaces furent les plus importants facteurs d'unité de la Chine qui  connut cependant une interruption de près de deux siècles dans la pérennité de son histoire lors de l'invasion mongole de Temudjin (devenu, en 1206, Gengis Kan ou le Khan universel) et de ses successeurs qui se répandirent sur une bonne partie de l'Asie centrale et de l'Asie mineure jusqu'aux confins de l'Europe qu'ils menacèrent dangereusement.

 

Une dynastie mongole s'implanta, marquée des événements suivants : mort de Gengis khan en 1222 - élection de son fils Ögödeï en 1229, de ses petits-fils Batu en 1242 et Kubilai en  1274.

 

Quant à leurs conquêtes, signalons : Pékin et la Manchourie en 1215 - les bords de l'Indus en 1221, l'Iran en 1231, Moscou en 1238,  Kiev en 1240, Anatolie (Turquie d'Asie) en 1243, l'Irak en 1258, mais échec contre les Mamelouks d'Egypte en 1260 et le Japon en 1274.


Les Mongols s'implantèrent, dès 1279, en Chine en conquérants et ce ne fut qu'en 1368 qu'un rebelle parvint à les renverser provoquant l'éclosion de la dynastie des Ming,


Pour bien situer l'époque, rappelons que l'Europe était déchirée par les  problèmes religieux qui la divisaient et affaiblie par la peste noire (apparue, dès 1331, dans une Chine diminuée par les pillages mongols, puis dans toute l'Europe et une partie de l'Asie ainsi que dans le bassin méditerranéen)

 

Evoquons également l'incursion asiatique du père et de l'oncle de Marco Polo qui fréquentèrent la cour de Kubilai en 1265 et en ramenèrent une lettre pour le pape. Ils y retournèrent, en 1275, avec Marco Polo qui les accompagna pour dix-sept ans de service à la cour du khan.

 

De son séjour en Chine, Marco Polo écrira un livre resté célèbre « Le livre des merveilles », tellement dithyrambique de la vie à Pékin, que ses contemporains le considérèrent plus comme une belle œuvre de fiction que comme un récit authentique.

 

Marco Polo s'étendit davantage sur le confort, surprenant pour l'époque, qu'il retirait d'une ville bien organisée (poste, pompiers, voirie, hôtels, papier-monnaie, marchés) tout en profitant des plaisirs d'une cour fastueuseCependant, par souci de vérité historique, il faut rappeler que ce luxe citadin et de cour était subordonné au résultat de la pression exercée sur des régions surpeuplées et pauvres que les hordes mongoles saccageaient et opprimaient régulièrement.

 

On ne peut évoquer la pensée chinoise sans parler de Confucius qui vécut peut-être aux environs des années cinq cents avant J.C (s'il a vraiment existé). En fin de compte, il ne reste actuellement qu'un salmigondis de propos et de textes, qu'il n'est pas facile de lui attribuer ni d'en trouver l'origine.

 

Cependant, son nom et les effets de son rayonnement marquèrent profondément la Chine et certains de ses voisins (Japon, Corée, Vietnam...) par la propagation d'une certaine philosophie humaniste privilégiant un modèle de morale personnelle dite « junzi » qui se détache de celle dictée par la naissance et l'éducation pour se tourner vers ce qu'inspirent le cœur et  l'esprit.

 

Cette évocation,  trop succincte, ne cerne que de très loin ce que représente le personnage, ainsi que la philosophie, les écoles, disciples, et littérature qui se sont bâties sur et autour de lui.   Monsieur Tang s'efforcera de mieux cibler ce courant de pensée religieuse dans l'exposé sur le bouddhisme qu'il nous donnera plus tard, le 25 octobre 1985.

 

Enfin, pour être complet, ajoutons qu'il semblerait, d'après certains auteurs, que Confucius aurait réuni dans le « Shu » (le livre) une centaine de documents qu'il aurait retenus de la compulsation des trois plus anciens livres qui faisaient autorité dans l'antiquité  (Shu jing, Shi jing, Yi Jing). La vérité historique restera difficile à établir, en raison des nombreuses persécutions, destructions, incendies qui firent disparaître la plus grande partie des écrits.

 

Comme pour tout maître à l'origine des grands principes de la pensée humaine, des disciples, des écoles et des branches foisonnèrent et prétendirent étoffer ou continuer son enseignement tels Mencius, idéaliste (-372-289), Xunzi, matérialiste et rigoriste (-300-220), Yang Zhu, égoïste sans morale (vers -350)...pour ne citer que les plus proches de cette époque.

 

On ne peut se pencher sur l'histoire de la Chine sans évoquer le célèbre empereur Qin Shi Huangdi (259-210 av. J-C.) fondateur de la première dynastie impériale et son armée en terre cuiteUnificateur de l'empire, mais impitoyable tyran (il fit exécuter les lettrés, détruire les livres et exiler 125.000 familles aristocratiques, provoquant la fin définitive de la féodalité chinoise)


Il instaura un pouvoir autocratique centralisateur (administration impériale tyrannique, suppression des murailles intérieures au profit de la « grande muraille » en maçonnerie, unification de l'écriture et des poids et mesures, division de l'État en 26 « jun » administrés par un préfet et un gouverneur militaire surveillés par un surintendant dépendant de l'empereur, système pénal impitoyable etc.


C'est en mars 1974 que des paysans découvrirent enfouie dans le sol une armée de 6.000 guerriers en terre cuite peinte.  Ils avaient été placés là en ordre de bataille comme pour défendre le mausolée.  Dés 1925, des statues et des débris de celles-ci avaient été retrouvés çà et là autour du tumulus.  Il semblerait qu'aucune tête ne soit identique afin d'assurer une plus grande vérité à leur représentation.  Suivant certains auteurs anciens plus de 700.000 hommes furent « mobilisés » et certains « éliminés » pour réaliser l'ensemble du site.

 

Edmond Tang et son épouse           étaient accompagnés de leur ravissante petite fille :  famille souriante, simple, chaleureuse d'idéal élevé de partage ; ils  nous firent percevoir la valeur élevée de l'âme chinoise et la profondeur cachée d'une population réduite au silence (à cette époque) par un régime qui s'efforçait au moyen d'un communisme rigoureux à la dure et d'une politique sévère de limitation des naissances de maîtriser sa surpopulation et son manque de ressources.

 

L'incompétence des politiques de l'époque à gérer la production agricole conduisit à l'échec les premières tentatives d'augmenter le rendement en négligeant les règles élémentaires d'assolement des sols, ce qui ne fit qu'aggraver la situation et plongea le pays dans la plus profonde misère malgré l'aide de son voisin soviétique.

 

Notre conférencier, avec dignité, s'efforça de les passer sous silence, s'attachant surtout à bien nous pénétrer de la vie simple, subtile et intelligente d'un peuple que l'histoire n'a jamais épargné.

 

Il nous parla de deux villages ou bourgades d'où il provenait : l'un agricole et l'autre élevant le ver à soie.

 

Nous avons suivi les hommes et les femmes dans les champs qu'ils cultivaient avec les moyens archaïques que leur industrie naissante n'avait pas encore été capable de remplacer.

 

Les diapos nous révélèrent des enfants peu nombreux et propres, des bœufs arc-boutés sur des charrues primitives, des dos arrondis dans des champs étroits et maigres cultivés par une population laborieuse,  fataliste et soumise...

 

L'autre vision toute aussi surprenante nous fit découvrir une petite cité  artisanale produisant de la soie, avec ses petites entreprises familiales d'élevage du « bombyx mori » et de la culture du mûrier, dont les feuilles sont la seule nourriture de cet insecte.

 

Notre amie coréenne Agnès nous a raconté qu'au début de son mariage, elle avait logé chez ses beaux-parents, propriétaires terriens, gros sériciculteurs et les nuits blanches qu'elle avait endurées tellement le bruit des mandibules de milliers de chenilles, rangées sur des claies, rongeant des feuilles de mûrier était lancinant, immense et angoissant.  Elle a gardé de ces souvenirs une telle terreur que la simple vue de vers quels qu'ils soient la fait fuir avec de grands cris de terreur, ce qui nous amusait beaucoup quand elle nous aidait dans notre jardin de Meux.

 

Autre détail pittoresque à relever, révélateur de la valeur intellectuelle d'une certaine Chine profonde, sera celui de grands tournois d'échec opposant les champions du coin que des assistants reproduisent sur un grand échiquier peint sur le pignon de la plus haute maison et qui est tenu à jour au moyen de figurines accrochées représentant les pièces en jeu déplacées au fur et à mesure des coups. Ces joutes sont suivies avec passion par tout le village et chacun ira de son commentaire sur la tactique à développer.

 

La famille Tang obtint un très grand succès et fut la meilleure ambassadrice qui soit auprès de notre public conquis et convaincu de l'avenir fantastique de cette immense nation, grâce à sa politique actuelle de rationalisation et de discipline culturelle.

 

Nous avons terminé la soirée ave c le devenu traditionnel thé, au jasmin pour l'occasion, ce qui permit la formation de petits groupes animés partageant l'unanimité de leur enthousiasme pour ce monde tellement méconnu et décrié.

 

°°°°°

 

22g. - L'Indonésie {8}

 

Tu es le berceau des hommes

Aux silences du passé :

Pithécanthrope trouvé

Bien loin d'Adam et la pomme.

 

De tes îles éruptives

Sans cesse bourgeonnantes

Les mers sorties captives

Des entrailles grondantes,

Déchireront  le ciel,

De malheur et de fiel.


 

Grand peuple de misère,

Attaché à ses mers,

Implore toujours tes dieux

Pour qu'ils t'épargnent bien mieux.

 

{8} Notre ami Michel qui, on s'en souvient, préparait un doctorat en anglais à l'université néerlandophone de Bruxelles, nous avait présenté son « maître de thèse », Josèphe Hus, directeur du centre météorologique de Dourbes dans les Ardennes, qui se lia d'amitié avec notre famille. Intéressé par notre démarche, il devint un des plus enthousiastes participants à nos réunions,  dénichant parmi ses étudiants étrangers des présentateurs de qualité.

 

C'est ainsi qu'il nous mit en relation avec Condradus  Danisworo, qui présenta le 24 février 1984, son pays : l'Indonésie.

 

L'Indonésie est le plus grand archipel du monde.  De 1.919.440 km² de surface (avec la Nouvelle Guinée occidentale qui fait partie du continent australien), elle est constituée de 17.508 îles dont environ 6.000 ne sont pas habitées et comptait 222.600.000 habitants en 2004 (quatrième pays le plus peuplé du monde après le Chine, l'Inde et les USA).  Capitale et plus grande ville : Jakarta.

 

C'est la zone volcanique la plus active du globe (130 volcans en activité) : tremblements de terre et  tsunamis fréquents (celui du 26 décembre 2004 a fait près de 200.000 morts).

 

C'est un gros producteurs de riz, après la Chine et l'Inde, mais, en période de sécheresse, comme c'est la principale nourriture de ses habitants, il est forcé d'en importer.

 

Cette graminée produite essentiellement en Asie exige un énorme labeur humain, beaucoup de chaleur et d'eau, et n'est rentable que dans des contrées à forte densité de main-d'œuvre bon marché.


Elle présente aussi le gros avantage de ne pas exiger d'assolement (alternance de culture) comme le blé : on peut cultiver le riz en rizières inondées sans discontinuer jusqu'à obtenir deux récoltes annuelles pendant des décennies (même des siècles) sans appauvrissement des sols.

 

Le riz blanc que nous consommons est d'un rendement faible de 50 à 60 kilos pour 100 kilos de grains bruts ou « paddy ».  Son faible prix dans nos régions est dû au coût misérable de la main-d'œuvre locale, sinon cette denrée serait un luxe sur nos tables.

 

Les îles principales de cet archipel sont : Java et ses satellites Madura et Bali, ensuite Sumatra et enfin le groupe des  îles de Bornéo, Célèbes, Moluques et l'ouest de la Nouvelle Guinée qui fait partie du continent australien.

 

Java est devenu célèbre, en 1891, suite à la découverte à Trinil par le paléontologue néerlandais Eugène Dubois d'un fragment de crâne qui devait appartenir à un de nos ancêtres, qu'il nomma Pithecantropus erectus et   que l'on considéra comme le « chaînon » manquant entre les Primates et l'Homo sapiens.

 

L'archipel indonésien regroupe un grand nombre d'autochtones de races, de cultures et de langues différentes. Comme souvent, c'est la colonisation qui fait l'unité d'un pays et en l'occurrence celle des Hollandais, surtout au dix-septième siècle, dans un but principalement commercial (c'était l'époque de l'enrichissement par les épices : un gramme de clou de girofle valait plus qu'un gramme d'or).


Ce n'est qu'à la suite de la faillite de la Compagnies des Indes Orientales, au dix-neuvième siècle, lors du « puputan » (suicide collectif) de 1910 et du livre révélateur de Vicky Baum « Sang et volupté à Bali », que le gouvernement hollandais d'abord et puis la Couronne batave s'efforcèrent d'imposer une politique sociale et éducative plus humaine, interrompue malheureusement par la seconde guerre mondiale.


Autre fait marquant à signaler, l'influence de l'Islam qui s'y introduisit en douceur en s'adaptant harmonieusement aux coutumes, imité par la suite  par les bouddhistes chinois. A la fin du treizième siècle, Marco Polo signalera déjà l'émergence de régions islamisées dans le nord de Sumatra. Et dès le quinzième siècle, on relèvera la création des premiers États musulmans à Java, avant leur expansion générale au seizième siècle

 

Les Portugais avec Vasco de Gama en 1498 apparaîtront en Inde avec la prise de Goa en 1510 ainsi qu'en Indonésie, la même année, avec la conquête de Malaka.  Il est intéressant aussi de signaler l'arrivée de Magellan aux Philippines en 1521.

 

Cependant l'incursion des Portugais fut de courte durée et profita aux musulmans déjà bien implantés : cette « conquête chrétienne » dérangeante  favorisa l'expansion de l'Islam mieux intégré et bien adapté aux coutumes locales tout en symbolisant l'opposition à l'envahisseur portugais.

 

De nos jours, cette population considérée habituellement comme musulmane (officiellement 87%) ne l'est que superficiellement . Confrontée à une quantité de croyances de toutes sortes, en raison de la multiplicité des races et des cultures qui s'y rencontrent, elle a trouvé plus habile et plus sage de se donner une constitution de « compromis déiste » appelée « Pancasila » où il n'y a pas de place pour l'athéisme, chacun vénérant le ou les dieux qu'il veut dans une pratique et une tradition musulmanes.

 

Les Hollandais, grands commerçants et grands voyageurs s'étaient introduits dès 1600 pour y installer des « comptoirs » dont la célèbre « Compagnie des Indes orientales ». Anglais, Français et Japonais firent de même.

 

Cependant les agents de la compagnie hollandaise bien organisés et habiles finirent par s'implanter en tirant adroitement profit des conflits qui ne cessaient d'opposer princes, seigneurs, sultans et manants du coin.

 

S'appuyant sur les autorités locales, ils créèrent un réseau bien organisé de cellules villageoises avec chef de village élu par les paysans ou d'entités citadines surtout portuaires de marchands et commis prospères.


L'unification  religieuse, linguistique et administrative d'une population aussi  hétéroclite  ne put se réaliser qu'à la faveur de facteurs liés à la montée d'un Islam bien intégré, tolérant et adapté aux coutumes locales, comme déjà signalé,  mais aussi d'une extension  linguistique du malais (à la base de l'actuel indonésien) qui sera imposé dans les écoles, le tout étant couronné par une gestion administrative dure des Néerlandais.

 

De la Révolution à l'Empire, l'Europe connaîtra des bouleversements de régime suivis de nombreux changements de monarque et modifications de frontières. Louis Bonaparte deviendra roi des Pays-Bas (1808) et les Anglais, maîtres des mers, opèreront un blocus de l'île.  En 1811, ils rattacheront le comptoir néerlandais au  gouvernement général des Indes anglaises pour le restituer en 1814, après la chute de Napoléon, sous certaines conditions dont le maintien de Singapour sous la bannière britannique.

 

Dès 1830, les Pays-Bas revenus dans leur ancienne colonie imposent un régime sévère de colonisateur avec le « kultuurstelsel » ou régime des cultures : contrôle par les autorités de l'exploitation des produits d'exportation et abandon au gouvernement d'un cinquième des terres et d'un cinquième du temps de travail de chacun.

 

La création du canal de Suez réduira les distances et les colons néerlandais afflueront (ils seront près de 75.000 en 1900) avec des fortunes diverses en raisons des aléas inhérents à ce genre d'exploitation (maladies, chute des cours de matières premières, modernisation des installations).

 

Pressée par l'opinion publique mondiale, la Hollande accordera l'indépendance au pays le 17 août 1945, mais ne sera effective qu'en 1949 avec Soekarno comme premier président du pays. Il s'efforcera de maintenir l'unité du pays menacée par le conflit entre religieux et communistes.

 

Elle éclatera cependant en 1965, lors de la révolution du commandant la garde de Sukarno, Untung, qui prétendit déjouer un coup d'État. Le général Soeharto, commandant les réserves générales de l'armée, écrasera cette tentative de prise de pouvoir des communistes en leur faisant une chasse génocidaire (500.000 à 1.000.000 de morts) alimentée par la haine des musulmans pour les athées rouges.  Soeharto force Soekarno à lui transférer le pouvoir.

 

Avril 1997, crise financière asiatique et crise économique.  Les émeutes à Jakarta, en 1998, provoquent la démission de Soeharto.

 

Comme si ça ne suffisait pas, ce douloureux pays fut encore victime d'attentats perpétrés par des musulmans fanatiques inspirés d'Al-Qaïda qui frappèrent Bali, surtout le 12 octobre 2002 dans la ville de Kuta, en y faisant 202 morts et 209 blessés dont  une majorité d'Australiens.

 

Cependant espoir quand même avec les premières élections démocratiques en 1999 et la première élection présidentielle au suffrage universel en 2004.

 

Notre conférencier, Contradus Danisworo, était un maître-danseur, art subtil et raffiné très en vogue dans les milieux cultivés des « Îles ». Il nous fit une démonstration étonnante et pleine de charme de son talent, accompagné de quelques musiciens recrutés par l'ambassade d'Indonésie.

 

Monsieur Tobing, ministre plénipotentiaire d'Indonésie, répondit aux questions qui fusaient de partout, montrant l'intérêt et l'attachement que notre public apportait à ce grand et valeureux pays.

 

Les employés de l'ambassade nous gâtèrent en nous présentant un film magnifique « L'aurore du monde », superbe document sur l'histoire de « l'homo » que révèle l'île de Bali et en nous servant ensuite un thé indonésien accompagné de « tchata »  (sorte de biscuit).

 

 

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