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12/03/2010

Ch. 22b/c - Inde et Bengladesh (LES AMIS D'AILLEURS)

 

Récit détaillé d’un long cheminement de recherche

d’une vérité sur la motivation d’exister

et la valeur de nos croyances

 

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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes

Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.

http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...

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Propos d’un octogénaire provenant

d’un milieu foncièrement chrétien,

élevé dans cette foi et en ayant bénéficié

de tous les avantages, mais subi les contraintes,

et qui a consacré les dix années

qui viennent de s’écouler à

s’interroger sur les motivations d’exister

et la valeur des croyances.

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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog

d'environ 25 pages, deux fois par semaine.

Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte

pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur

qui fera défiler les repères entre petites accolades  { }

situés au début de certains paragraphes

et ainsi trouver rapidement un passage

suivant les repères { } situés en début de chapitre.

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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)

 

AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.

 

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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour  : {22b et c) L'inde et le Bengladesh.


22b - Les amis venus d'ailleurs : L'Inde {3}


Un enfant au bord du Gange,

C’est un joyau dans la fange.

 

Un enfant en rue à Delhi,

C’est un oiseau tombé du nid.

 

Un enfant dans les grands yeux noirs

De sa mère indienne,

C’est une perle dans le soir,

Les fleurs qui reviennent.

 

Un enfant, dans le temple des dieux,

Est la prière qui monte aux cieux.

 

{3} Le 25 février 1983, un mois plus tard, notre rencontre aborda une Inde troublante et déconcertante. Un ancien équipier de Frères des Hommes, qui avait œuvré là-bas de longues années, y avait épousé une gentille Indienne, Mathilda, qui nous conquit d’emblée.

 

Ils habitaient à quelques rues de chez nous : les épouses et les enfants ne tardèrent pas à se fréquenter. C’était pour nos rencontres, un relais idéal à nos amis coréens.

 

L’ambassade nous fournira un très beau film qui permit à l’assistance de s’émerveiller de sites enchanteurs, mais aussi de l’insolente richesse des temples et palais de maharadjah ; aussi, le film suivant, réalisé par Frères des Hommes, nous ramena-t-il à une réalité plus dure, celle d’un monde rural très pauvre, mal développé et tirant de son environnement à peine de quoi subsister.

 

Depuis, j’ai découvert (maintenant que les moyens audiovisuels - Internet et chaînes spécialisées en voyages et histoire - sont une fenêtre ouverte sur le monde permettant la vision de reportages d’une vérité dure et crue - ) l’étonnant pouvoir d’adaptation de la population citadine, grouillante dans son monde « d’asticot », qui survit de presque rien dans un engluement de ville intolérable pour nous ; à tel point que certains touristes n’en supporteront pas la promiscuité dérangeante, atteints qu’ils seront d’un mal grave, appelé syndrome du voyageur, à soigner en clinique avec rapatriement d’urgence.

 

Un de ces films m’a révulsé à en être malade alors que j’étais confortablement installé dans mon fauteuil. Avec le cameraman, on subissait le fourmillement intense des rues, misérable microbe dans l’angoisse égocentrique de la multitude des autres. C’est réduisant … humiliant … frustrant … mais surtout terrifiant Même réfugié dans un véhicule, on étouffe, englué dans une masse qui s’écoule par spasme.

 

Pourtant, mon écran ne me communiquait ni la touffeur moite et fétide de l’air, ni l’ampleur du bruit et en tout cas m’évitait l’anxiété du claustrophobe que je suis.

 

Vision surréaliste aussi que ce Gange, charriant dans son eau boueuse toute la misère animale (nous y compris) d’un monde surpeuplé d’êtres vivants, dans une promiscuité où se côtoient riches et pauvres pour des ablutions sacrées, alors que brûlent sur les berges les restes des corps qu’on vient d’amener en grande pompe pour un autodafé rituel.


L’Inde, étonnant conglomérat de plus d’un milliard d’êtres humains, regroupés en castes des plus riches et puissantes aux plus misérables,… jusqu’aux parias,ceux qui n’ont pas le droit, eux, d’être « un humain », ceux qu’on désigne du vocable révoltant d’« intouchables », … qu’on écrabouille sans souci de leur sort … impurs par hérédité et pour toujours dans l’indifférence générale des autres.

 

Bien que la République de l’Inde l’ait aboli, en 1947, sous la pression du Mahatma Gandhi et du pandit Nehru, cette discrimination reste toujours effective dans les faits et les mœurs.

 

Au sommet de cette pyramide sociale déconcertante se trouvent les brahmanes, prêtres détenteurs des textes fondamentaux, sur lesquelles aucune puissance terrestre n’a autorité. Entre ces « élus » privilégiés et les parias exclus, il y a toute la gamme des autres, de toutes conditions depuis les plus misérables jusqu’aux plus riches - les maharadjahs et les industriels de l’inde moderne - comme dans toutes les sociétés du monde.

 

Datant de près de trois millénaires avant notre ère, l’Inde fut peut-être la première grande civilisation qui s’inscrira en tant que telle dans l’histoire, sa caractéristique principale étant son appartenance religieuse brahmanique qui au fil des temps s’incrustera dans le tissu profond de la mentalité indienne faite de l’esprit des castes et la philosophie de la prédestination.

 

Aucun pouvoir ni personnalités politiques de grand charisme n’arriveront à renverser cette tendance, même au prix de leur vie, tel le Mahatma Gandhi, père de l’indépendance (assassiné en 1948), ainsi que le Pandhit Nehru, premier ministre, sur proposition de Gandhi pendant 17 ans (de 1947 jusqu’à son assassinat en 1964), intellectuel agnostique qui mena le pays avec doigté et intelligence en politique respecté et écouté, reconnu dans le monde entier, de même que sa fille Indira Gandhi (du nom de son époux, un fidèle du Mahatma dont l’identité de nom est fortuite) qui sera une première-ministre démocratique soutenue par les plus misérables, mais aussi combattue par les plus riches et les religieux (assassinée en 1984 par un fanatique) et enfin, Rajij, son fils qui lui succédera jusqu’en 1989, assassiné lui aussi en 1991, lors d’élections qui devaient lui faire retrouver un poste qu’il avait perdu bien que n’en ayant pas démérité.

 

Avec beaucoup de doigté et de finesse, notre conférencier s’ingéniera à n’aborder ces questions qu’avec grande diplomatie, mettant surtout l’accent sur le charisme des différents dirigeants qui se sacrifièrent depuis cinquante ans pour faire de l’Inde une grande nation libre, s’efforçant surtout de nous sensibiliser à cette culture indienne faite de philosophie profonde et de pensée intelligente, respectable malgré l’injustice des castes.

 

Mathilda, son épouse indienne, était attendrissante, féerique tant elle semblait sortir d’un livre d’images, princesse d’un monde coloré de maharadjahs enturbannés avec de gros rubis et saphirs aux doigts. Sa grâce racée faisait supposer qu’elle ne pouvait provenir que d’un monde de seigneurs ; elle n’était pourtant que la cendrillon des régions pauvres qui n’avait jamais connu de palais.

 

Un jour, elle nous fit une demande bouleversante, révélatrice d’une logique difficile à comprendre pour des occidentaux engoncés dans leurs préjugés et leur conception étriquée de la psychologie familiale.

 

Nous lui avions fait part du désir d’adopter un enfant que formulait une célibataire de notre entourage professionnel. Spontanément, avec une logique qui n’est pas la nôtre, Mathilda nous proposa un enfant de sa sœur qui comme tous ceux de sa famille vivaient très misérablement mais avec la grande dignité des vrais démunis.

 

Interloqués et surpris, nous avons reculé ainsi que notre amie devant l’incongruité d’une telle situation à nos yeux étroits d’occidentaux.

 

Cette jeune collègue adoptera quelques années plus tard un petit sénégalais orphelin, adolescent maintenant fort heureux. Avec le recul, on pourrait imaginer les choses autrement et penser à l’opportunité qui aurait pu se présenter pour elle d’une ouverture sur un monde de grande profondeur malgré les contraintes de la misère, avec l’avantage de l’approche d’une société tellement intéressante et d’une culture déconcertante.

 

Cette conception de la société et de ses valeurs affectives ou morales par d’autres civilisations nous interpellera durement comme nous le serons par ces autres géants de l’Asie, le Japon, quand nous nous y rendrons plus tard pour le mariage de notre fils et la Chine que nos amis Tang nous présenteront quelques temps après.

 

Par la suite, nos autres amis du quartier « venus d’ailleurs » nous feront découvrir leur pays. C’est autour d’une bonne table ou d’une boisson conviviale, chez eux ou chez nous, que nous échangerons des valeurs, enrichies de confidences et considérations suscitées par ces rencontres.

 

Autrement qu’un voyage d’agrément touristique « dirigé » par des professionnels ne livrant qu’une vision édulcorée ou fausse de sites sélectionnés en spectacle, ce sera l’occasion pour notre public de percevoir la sensibilité profonde de nos nouveaux « amis » qui leur parleront avec leur cœur et leurs tripes de leur région ou de leur pays.

 

Quel plaisir pour nous de voir les yeux de l’assistance s’allumer à l’écoute de nos conférenciers improvisés qui évoquaient leurs terres lointaines, le charme de leur rue ou de leur village, de leurs champs de riz ou de blé, la beauté et le mystère des temples et des dieux, les ciels chauds, lourds ou d’acier bleu, leurs hommes et leurs femmes inclinés dans le soleil couchant.

 

C’était cette ferveur-là que ces « somptueux  ambassadeurs » nous transmettaient quand nous préparions les réunions et c’était cette « religion-là » que nous avions l’ambition de communiquer à ceux qui participaient à nos soirées.

 

Aussi ce sera dans cette atmosphère particulièrement fervente et amicale que nous clôturerons la soirée en servant un thé indien « chaï » accompagné d’une sorte de biscuit appelé « Tchata ».

 

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22c - Les amis venus d'ailleurs - Le Bengladesh {4}

 

Ils ont chanté le Gange,

Dansé dans les rizières.

Ils ont planté le riz,

Récolté la misère.

 

Alors qu’ils rêvaient

De blés ensoleillés

Et de récoltes blondes,

Ils ont cauchemardé

De typhons, de noyés,

Et de la fin du monde.

 

Comme des grains de sable

Refoulés par la mer,

Ils reculent ou avancent,

Abrutis de souffrance,

Multitude anonyme,

En quête du bonheur.

 

 

{4} Pour la réunion suivante du 24 mars 1984, nous avons profité de l’opportunité que la secrétaire paroissiale qui dactylographiait notre feuille d’invitation avait épousé un Bangladeshi et revenait justement d’un grand voyage au pays de son mari. Ils en avaient ramené de nombreuses diapositives dont ils firent un montage très réussi.

 

L’ambassadeur du Bengladesh assistait à la réunion et se chargea de l’introduction. A notre demande, il la fit avec grande discrétion, évitant d’aborder les points chauds de la politique et de la religion.

 

Le Bengladesh est devenu une région très pauvre depuis son indépendance, son niveau de vie est un des plus bas de l’Asie. Les raisons en sont multiples : pillage et mauvaise gestion des colonisateurs britanniques qui l’avaient mal gérée, mais surtout démographie galopante (environ 130 millions d’habitants majoritairement musulmans, avec 12 % d’Hindous, harmonieusement intégrés).

 

Aussi, dès 1960, sera mise en place une politique sérieuse de contraception à laquelle les religieux de l’Islam ne s’opposeront pas, rappelons qu’en général ceux-ci la tolère (certains théologiens l’admettaient déjà au XIème siècle).

 

En outre, ce qui n’arrange rien, ce pays connaîtra les plus grands cataclysmes de la planète ( famine et inondations en 1975 et en avril 1991, cyclone sur les côtes – 125.000 morts, 10 millions sans abris, 1,78 milliards de $ de dégâts).

 

En 1947, lors de la décision prise par les Anglais de transformer l’empire britannique hérité de l’époque victorienne en États souverains en regroupant les anciens dominions, protectorats et colonies dans l’entité associative du « Commonwealth of Nations », les deux Pakistans (pourtant éloignés géographiquement dont les anciens colonisateurs n’avaient fait qu’une seule nation) n’arriveront pas à s’entendre pour former un État cohérent, aucune affinité ne se trouvant en dehors de la religion musulmane. Leur seule motivation à la formation d’un État hybride fait de des deux entités sera de rester indépendante de l’Inde qui les séparent géographiquement.

 

C’est la raison pour laquelle fin 1971, après insurrection, déplacement de population et misères de tous genres, les Pakistanais de l’est capitulèrent et un nouvel État, le Bengladesh, très appauvri et surpeuplé, sera reconnu par les grandes puissances.

 

Le pouvoir politique de ce nouveau pays, souvent corrompu, ne sera pas à la hauteur d’un redressement valable, bien que soutenu par les grandes nations sans doute pour éviter des débordements préjudiciables à l’équilibre des forces dans cette partie du monde.

 

La moitié de la population active s’emploie à l’agriculture qui est mal équipée et continuellement anéantie par les cataclysmes naturels.

 

En 1947, lors de la dislocation de l’empire britannique, le futur Bengladesh, ne disposait que de très peu d’industries (le jute produit était transformé en produits finis à Calcutta, en Inde).

 

L’industrie cotonnière cependant et celle de l’habillement se développèrent. Plusieurs milliers d’entreprises gérées surtout par des Coréens, exploitent des « petites mains » bon marché (95 % de jeunes femmes).Cependant la matière première est produite ailleurs, la précarité de sa culture n’en autorisant pas le développement.

 

Ces points chauds et délicats seront évités par les conférenciers qui s’eff orceront surtout de nous faire apprécier la richesse de la culture artistique d’une population raffinée, souriante et courageuse dont quelques représentants talentueux nous firent une démonstration de chants et danses avec costumes et accompagnement instrumental.

 

Dans la bonne ambiance de notre petite salle, régna très vite un courant de chaude affection envers ces jeunes qui s’efforçaient, loin de chez eux, de nous transmettre toute la ferveur qu’ils ressentaient pour leur coin de terre déshérité qui leur collait tant au cœur.

 

Aussi les avons-nous chaleureusement applaudis, entourés, remerciés, encouragés en sirotant un thé délicieux et de petites friandises qu’ils nous servirent avec tant de gentillesse et de grâce.

 

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