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29/01/2010

HAïTI : un octogénaire réveille les consciences

 

Allumer une chandelle dans l’obscurité, vaut mieux que maudire l’obscurité (Confucius)

Appel à ceux qui lisent ce billet de bien vouloir le transmettre, dans toute la francophonie, à leur entourage et leurs relations,  afin de provoquer un effet « Boule de Neige » dans le but d’amplifier l’action.

 

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Nous, les Blancs, riches héritiers de ceux qui ont exploité les Noirs, main d’œuvre humaine traitée comme des bêtes de somme, nous trouvons maintenant face à un devoir de réparation des torts du passé, en aidant leurs descendants,  survivants d’un cataclysme apocalyptique, à retrouver le simple droit de vivre décemment.

 

Nul n’ignore que ces Noirs, survivants de ceux qui ont été capturés dans leurs forêts natales pour être entassés dans les fonds de cale de ces « coquilles de noix » qu’étaient les voiliers de l’époque, terminaient  leur long calvaire enchaînés  jusqu’au lieu de leur esclavage, destiné  à produire ce qui améliorait le confort des Blancs.

 

N’oublions pas que c’est déjà Charles Quint qui autorisa, en 1517, la déportation d’esclaves noirs d’Afrique et qu’en 1802, Napoléon Ier enverra des troupes françaises pour rétablir l’esclavage, aboli par la « Révolution » afin de mieux contraindre les travailleurs noirs.

 

Devant le gigantisme de la tâche de sauvetage et de reconstruction d’Haïti, capitale d’un pays de  descendants de ces esclaves,  il est heureux de constater que les grandes nations et tous les organismes financiers se mobilisent pour rassembler des fonds énormes, mais qui resteront vraisemblablement insuffisants pour couvrir la reconstruction d’une grande ville suivant des normes de sécurité répondant à l’instabilité du sous-sol, comme le font les Japonais.

 

L’appel du vieil homme que je suis veut réveiller nos consciences en « suggérant » un tout petit effort, à peine perceptible pour la plupart d’entre nous, en s’(impôt)sant une contribution mensuelle régulière en faveur des ONG (Organisations Non Gouvernementales) avec l’avantage d’être déductible à l’impôt.  Ce sera une manière facile de soutenir ces organismes qui sont partout dans le monde pour venir en aide aux peuples malheureux.

 

Il suffit pour cela de donner des instructions à votre organisme financier qui se chargera de l’opération (que vous interromprez quand vous voudrez).  De plus si vous dépassez un certain plafond annuel (en Belgique 30 euros, en France 60 euros, en Suisse 100 CHF)  une ristourne fiscale vous sera accordée allégeant ainsi votre effort (en Belgique déductible à 100% de la déclaration fiscale au même titre que des frais professionnels, en France 75%  et en Suisse 100%) L’économie d’impôt réalisée sera égale à 100 % ou 75 % de la libéralité déclarée,  multiplié par le taux de la dernière tranche d’imposition des revenus du contribuable.

 

Voici la liste des organismes bénéficiaires sérieux et reconnus qui sont sur place avec des équipes aguerries et entraînées : Pour les Belges, je rappelle les numéros de compte, précédés de huit zéros : Médecins sans frontières (MSF) 60.60 ; Croix-Rouge 16.16 et compte commun des grands organismes « Haïti-Lavi » 12.12 (dont : Caritas International, Handicap International, Oxfam Solidarité, Médecins du Monde, Unicef Belgique qui sont sur place)

Pour les Français : Fondation de France (recommandé par Coumarine) envoyer chèque bancaire à BP 22 – 75008 Paris et  MSF (Médecins Sans Frontières) instructions sur  (clic ou ctrl +clic) :

https://don.secure.msf.fr/netful-presentation-association...

Pour la Suisse: MSF Suisse (CP 12-100-2) et Médecin du Monde Suisse : (Banque Cantonale Neuchâteloise A.1488.40.07)

 

L’effort minime qui nous est demandé par sa fréquence mensuelle, viendra appuyer une force qui atteindrait d’après mes sources  à peu près la moitié de la contribution des États, ce qui est considérable et encourageant.

Les ONG sont souvent critiquées, on les accuse de « détourner des fonds » d’avoir des frais généraux trop lourds … c’est une excuse facile à l’indifférence … Qu’on les juge par leurs actes que les médias ne cessent de nous montrer et de nous prouver  … Ils ont  des équipes efficaces sur place … Ce sont eux qui sont intervenus dans l’urgence … C’est grâce à nos dons qu’ils réalisent tout cela … Le reste est sans importance et maudits soient  « les goujats », s’il y en a,  qui « se servent » …

 

Ne croyons pas que notre « carrure décisionnelle » est trop petite et trop étroite pour éradiquer toute la misère du monde en abandonnant à nos pouvoirs politiques le soin de s’en occuper en prélevant sur notre capacité contributive.

 

Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, alimentons ce grand fleuve de générosité et de devoir occidental que sont les ONG : elles sont les forces vives,  généreuses et motivées qui sont sur place.  Elles sont indispensables mais  ne peuvent rien faire sans nous.

 

Prélever un peu de notre confort pour s’en prendre à ces « chancres » de notre planète devient un devoir humanitaire…  Le temps presse, l’avenir est en péril … N’attendons pas d’y être forcé … : Si ce n’est pas nous, ce seront nos enfants … Ce qui se passe en Haïti  est un avertissement planétaire  … Tous les grands prévisionnistes de la planète sont d’accord à ce sujet : plus nous attendrons, plus ce sera difficile … Agissons nombreux  avec  la force du nombre pour pallier notre faiblesse…  « Mieux vaut allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius

 

Et puis, il y aura la reconstruction qui sera d’autant plus couteuse que cette région est menacée par les effets de glissement des plaques tectoniques sur lesquelles elle se situe …  Il sera nécessaire de s’inspirer de l’expérience des Japonais qui se sont adapté au problème, tant dans ses constructions que dans la formation de sa population, mais c’est extrêmement couteux … !

 

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HISTOIRE D’UN PEUPLE D’ESCLAVES.

 

Dans le cadre d’une action de quartier d’ouverture à d’autres cultures, nous organisions mensuellement, mon épouse et moi,  des réunions de rencontres « inter-culture » centrées sur l’accueil des réfugiés étrangers qui s’établissaient dans notre environnement, en leur donnant  l’occasion de parler de leur pays et de leur culture et ainsi d’être mieux acceptés.

 

La première de ces réunions nous permit de faire connaître des amis coréens qui avaient sympathisé, attirés par nos deux filles qui provenaient de ce pays. Nous espérions ainsi attirer l’attention sur ces populations malmenées chez eux, à l’époque, suite à la rivalité entre les blogs « capitalistes » et « communistes » et la guerre cruelle qui s’en est suivie.

 

Une feuille d’invitation attrayante intitulée : « Des habitants du quartier présentent leur pays »annonçait nos séances.  Nous la distribuions dans la plupart des boîtes aux lettres de la région, tandis que la feuille paroissiale, de son côté, l’évoquait dans son édition  mensuelle.

 

Dans le cadre ce cette action, nous avons présenté Haïti.  C’était la 13ème  réunion, après la Corée du Sud, L’Inde, le Bengladesh, Le Liban, Le Maroc, la Chine, L’Indonésie, la Bolivie, le Vietnam, le Cambodge, la Pologne, le Bouddhisme et  le Rwanda.

 

Ce fut ainsi que Antoine Dubois et sa ravissante épouse nous ont commenté une très belle série de diapositives que notre ami, Monsieur Godin, paroissien grand voyageur et talentueux photographe avait sélectionnées dans les 20.000 qu’il réalisa en parcourant le monde.

 

Ce fut un festival coloré tant le soleil illuminait l’écran et tapageur malgré l’absence de son, tant l’objectif donnait vie à une population joyeuse et palpitante,  cependant si misérable.

 

Avant de donner les grandes lignes de son histoire, je vous livre un poème qui exprime mieux les sentiments que tout homme digne de ce nom devrait ressentir :

 

Battons notre coulpe,

Nous,

Arrogants seigneurs,

Civilisés de Dieu

Gorgés de sang noir,

Méprisant la misère

Du  peuple d’esclaves

Agenouillés devant nous.

 

Nous,

Bâtisseurs d’empire,

Qu’avons nous fait

Du chant de l’Afrique

Plus haut que les rapides

Plus fort que les baobabs.

 

Nous,

Esclavagistes cruels,

Tueurs de civilisations,

Osons-nous encore

Contempler notre or

Et nos cathédrales

Sans avoir au front

Le feu de la honte.

°°°°°

 

 

Haïti est un État d’Amérique du Nord, situé à l’ouest de l’île baptisée Hispaniola (petite Espagne) par Christophe Colomb quand il la découvrit en décembre 1492. L’Est est occupé maintenant par la République dominicaine.  La population autochtone (100.000) était amérindienne (Arawak, Caraïbes et Tainos).

 

Les hommes de Colomb furent chassés ou exterminés et une seconde colonie sous la conduite des Dominicains sera fondée peu après pour y exploiter l’or tandis que  l’île était rebaptisée Santo Domingo.

 

La  population indigène sera décimée en quelques décennies (esclavage dans les mines d’or,  maladies infectieuses apportées par les colons, malnutrition et mauvais traitements). Pour les remplacer dans les mines et dans les plantations Charles Quint autorisa, dès 1517, la déportation d’esclaves noirs d’Afrique.

 

L’ouest de l’île fut négligé par les Espagnols et les « boucaniers français » s’y établirent.  C’étaient des Normands qui y vivaient de la viande des bœufs sauvages en abondance dans l’île, qu’ils chassaient et boucanaient (fumer sur gril) pour la vendre en Europe.  Par la suite, par extension, le nom de *boucanier* fut donné à tous les pirates qui écumaient les mers du « Nouveau Monde ».

 

Des colons s’y répandirent également pour exploiter la canne à sucre, le coton et plus tard, le café dont les cultures exigeaient une importante main d’œuvre d’esclaves noirs (à la veille de la révolution française, il y avait un demi-million* d’esclaves noirs* et 30.000 colons blancs).

 

Les esclaves se soulèveront régulièrement au XVIIIe siècle et incités par le succès de la révolution française, le 4 août 1791, réussirent à s’imposer sous la direction d’un régisseur noir affranchi, Toussaint Louverture qui se proclamera gouverneur de l’île avec l’accord des Français

 

Cependant en 1802, Napoléon Ier enverra des troupes françaises  pour rétablir l’esclavage afin de mieux contraindre les travailleurs noirs. Toussaint Louverture que la « révolution française », après avoir aboli l’esclavage,  avait nommé gouverneur sera capturé et envoyé en France, il y mourra l’année suivante.

 

Ses lieutenants, Jean-Jacques Dessalines et Henri Christophe reprendront l’insurrection, triompheront de l’armée française, élimineront les blancs et le 1er janvier 1804,  proclameront la première république noire du monde en lui restituant son ancien nom : Haïti.


C’est la raison pour laquelle la quasi-totalité des habitants (10.072.492 en 2009) descendent des esclaves noirs et parlent le créole haïtien qui deviendra la  plus importante des langues créoles parlées à base lexicale française (chiffres de 2003) : 7.500.000 sur 9.000.000 de locuteurs, les autres étant 1.000.000 à île Maurice, 600.000 à la Réunion, 380.000 à la Martinique, 425.000 à la Guadeloupe et 70.000 aux Seychelles ; on le parle également en Guyane, en Acadie, en Louisiane et à l’île Rodrigue.

 

Rappelons que le mot créole désignait anciennement un blanc né dans une ancienne colonie européenne, mais également les langues issues du parler régional, influencé par les métissages afro-européen ou afro-asio-européen venant des anciennes colonies et qui n’ont rien à voir avec le type physique : c’est ainsi qu’il en existe à base lexicale allemande, anglaise, espagnole, française, néerlandaise et  portugaise.

 

Le sort de Jean-Jacques Dessalines qui avait succédé à Toussaint Louverture ne fut guère plus heureux car il fut assassiné deux ans plus tard et le pays scindé en deux : Haïti et Saint Domingue (annexé à l’Espagne jusqu’à la révolution de 1865 et son indépendance reconnue par la France, le Saint-Siège et les États-Unis.)

 

Pour Haïti, ce fut le début d’une période de troubles et de révolutions, car entre 1804 et 1957, il y eut 38 chefs d’État, dont 36 seront renversés ou assassinés. En 1915, les Américains occupèrent militairement l’île et échouèrent dans leur tentative d’y rétablir l’ordre malgré une répression dure.

 

Finalement, en 1957, François Duvalier, « Papa Doc » fut élu président avec le soutien de la population noire. Impitoyable dictateur, il s’imposa appuyé par une milice personnelle « les tontons macoutes » qui parvinrent à maîtriser l’armée et à juguler toute résistance dans le pays (près de deux mille exécutions en 1967).

 

Son fils de 19 ans, Jean-Claude Duvalier (Bébé Doc) lui succédera à sa mort en 1971, exerçant une dictature aussi dure que celle de son père.  Il sera cependant renversé en 1986 par la population, tellement il fut incapable, dépravé et tombé dans la corruption.  Il ira dilapider ses biens dans le midi de la France.

 

Ce pathétique pays est incontestablement incapable de se gérer démocratiquement.  Sa population, crédule et versatile, s’emballe dès qu’un « dictateur » se présente qui crie fort, s’entoure de fidèles et, en fin de compte, impose sa loi.

 

C’est ainsi qu’après Duvalier, un militaire, le général Henri Namphy s’empara du pouvoir en 1986 et un autre coup d’État le remplacera par le général Prosper Avril de 1988 à 1990.

 

En mars 1990, des élections furent imposées sous contrôle international avec un gouvernement civil de transition présidé par Madame Ertha Trouillot. En décembre 1990, un prêtre catholique, Jean-Bertrand Aristide fut élu président,  mais le pauvre fut renversé par une junte militaire en septembre 1991.  Il se réfugia aux États-Unis pendant trois ans.

 

La situation du pays se détériorant, les États-Unis une fois de plus décidèrent d’intervenir militairement le 19 septembre 1994 et de rétablir le président Aristide qui céda ses fonctions à l’ancien Premier ministre René Préval, la constitution ne l’autorisant pas exercer un second mandat consécutivement au premier.

 

Il s’ensuivit une nouvelle période de troubles et d’assassinats politiques jusqu’à ce que René Préval parvienne à une entente avec les cinq partis d’opposition pour former un gouvernement stable. En février 2006, suite à des élections truquées, mais avec l’appui de manifestations populaires il sera réélu.

 

La capitale du pays est Port-au-Prince et sa population comptait 7.527.817 habitants en 2003.  Elle est indépendante depuis 1804 et son actuel président est André Préval. Monnaie : la Gourde.

 

Nous avons connu de nombreux Haïtiens, surtout des étudiantes infirmières, la paroisse leur procurant un appartement dans un de ses immeubles situés presque en face de chez nous.

 

Très aimables et discrètes, ces personnes nous rendirent de nombreux services, surtout l’une d’elle s’étant retrouvée dans la même institution d’étude que notre fille Béatrice.

 

Aussi, ce sera dans une ambiance de chaude sympathie que nous terminerons la soirée autour d’un thé haïtien tellement agréable tout en échangeant quelques propos sur une région si belle mais si misérable. Ainsi se termina une réunion chaleureuse devant un public très nombreux, très sensible au sort misérable de ces descendants d’une main d’œuvre noire déportées par nos ancêtres pour un esclavage honteux.

 

 

 

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Commentaires

Je remets un lien vers ton appel demain sur mon blog, et vers ce rappel historique utile.

Écrit par : Tania | 29/01/2010

Merci beaucoup, Tania, pour ta collaboration "efficace"

Écrit par : doulidelle | 29/01/2010

Ce long billet est passionnant, profond, chaleureux et utile
Bravo pour votre action et à bientôt le plaisir de vous lire encore

Écrit par : Dominique | 30/01/2010

Merci, Dominique, pour l'encouragement ... Je pense que le monde devient conscient de ses responsabilités et de la force du nombre : les petits ruisseaux font les grandes rivières et les fleuves ... qui iront dans l'océan des besoins ...

Écrit par : doulidelle | 30/01/2010

La collaboration des citoyens espagnols est omniprésente, ça fait chaud au coeur.
Merci pour tous ces rappels historiques, ce témoignage chaleureux.

Écrit par : colo | 31/01/2010

Merci, Colo, et cordial salut aux citoyens espagnols si généreux, enthousiastes et spontanés qui, malheureusement vont subir durement les effets de la crise ...

Écrit par : doulidelle | 31/01/2010

Les commentaires sont fermés.