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24/01/2009

Évolution exponentielle

Modeste Toulemonde cherche à comprendre :  Partie 7 :  Évolution exponentielle.  Parties précédentes :  (1) E=mc²  (2) Doù vient la vie ?  (3) Infini et Éternité  (4)  Les grands Initiés et le fondamental (5) Illusion et intelligence  (6) Darwin – Cohérence et déduction.

 

Arrivé à ce stade de mon cheminement dans la pensée humaine, je vais m’arrêter quelque peu à la plus performante de nos facultés mais aussi la plus dangereuse pour l’équilibre de notre planète : l’intelligence créatrice.

 

Elle a permis aux humains de mettre en place surtout depuis peu de temps (un petit siècle tout au plus) des avancées technologiques dont les résultats  bouleversent par leur gigantisme exponentiel, un équilibre naturel si péniblement construit sur notre terre pendant des millions d’années.

 

Avant d’aborder ce sujet de la progression dangereuse de notre espèce qui va inévitablement saturer son habitat,  j’aimerais rappeler les étapes d’une évolution due autant au hasard qu’aux accidents, nous amenant à subir ce futur périlleux, cependant confortable pour nos descendants (bien que cela reste à voir) .

 

Les paléoanthropologues se perdent en conjectures tellement l’évolution de l’homo est mosaïque, plurielle et buissonnante comme le prétend Pascal Picq sur la couverture de son livre « Au commencement était l’homme ».

 

Aussi, il m’a semblé utile de compléter mon étude par quelques données sur l’histoire de nos lointains ancêtres. °liste résumée d’un tableau des hominidés  tirée de Wikipédia°

 

LISTE DES HOMINIDÉS  se subdivisant en :

 

a)       Représentants du genre Pongo  (pongo pygmaeus)

b)       Représentants du genre Gorilla  (Gorille)

c)       Premiers hominins  dont Toumaï (-7 millions d’années à -4,4 millions d’années )

d)       Panina  (Pan troglodytes et paniscus)

e)       Hominina (4,4 millions à nos jours)

 

Groupe se subdivisant lui même en :

1. Kenyantropus platyops (-3,5 à -3,8 millions d’années)

2. Australopiphèques graciles dont « Lucy » et « Abel » (-4,2 à –2,6 million d’années) ;

3. Australopithèques robustes  (-2,7 à 1,5 millions d’années)

 

4. La mosaïque de tous les représentants du genre Homo :  (en millions d’années)

Rudolfensis (-2,4 à –1,8) Habilis (-2,4 à –1,6) Géorgicus – premier hors Afrique (-1,8 à –1,2) Ergaster (1,9 à 1) Antecessor (–1,2 à –à  0,700) Erectus, premier debout  (-1 à 0,300) Heidelbergensis (-0,600 à –0,200)  Néanderthalensis (-0,250 à –0,028) Sapiens idaltu (-0,195 à -154) Rhodesiensis (-0,300 à – 0,125) Floresiensis (-0,095 à - -0,012) Soloensis (-0,095 à –0,012) et Homo sapiens (-0,200 à nos jours)

 

A propos des origines communes à l'homme et au singe, Pascal Picq a dit lors d’un entretien à la Radio Française en 2002.

L'homme ne descend pas du singe. On sait que l'évolution n'a pas procédé par grades successifs. Les singes ont évolué en même temps que nous. Ils ne sont pas plus, pas moins évolués que nous. Les chimpanzés et les bonobos sont plus proches de nous que les gorilles. En terme de famille, cela veut dire que ce sont nos frères et que les gorilles sont nos cousins. Nous, les chimpanzés, les bonobos et les hommes, avons un dernier ancêtre commun à partir duquel nous nous sommes séparés en Afrique vers 6 ou 7 millions d'années. Si on fait le bilan de ce que l'on a observé depuis 30 ans chez les chimpanzés, on s'aperçoit que tout ce que l'on avait cru voir se manifester en termes d'adaptation uniquement chez les hommes c'est à dire la bipédie, l'outil, la chasse, le partage de la nourriture, la sexualité, les systèmes sociaux, le rire, la conscience, l'empathie, la sympathie, les chimpanzés le font aussi. Donc, soit ils ont tout acquis indépendamment, soit cela vient du dernier ancêtre commun, ce qui est plus plausible. Cela veut dire que déjà dans le monde des forêts, il y a 6 à 7 millions d'années, toutes ces caractéristiques que l'on a cru propres à l'homme existaient et font partie d'un bagage ancestral commun.  

Tiré du livre de Pascal Picq « Au commencement était l’homme », ed. Odile Jacob – page 232,  au dernier chapitre : L’évolution du genre humain et l’homme moderne

Entre  Homo ergaster et les hommes plus récents, la taille relative du cerveau passe de 900 cm³ à 1200 cm³.  On se dispute pour déterminer si cette tendance est graduelle ou connaît des sauts évolutifs.  Le peu de fossiles entre 1,5 et 0,5 millions d’années ne permet pas de valider l’une ou l’autre de ces hypothèses. … On note aussi l’acquisition de cerveaux relativement plus grands à partir de 500.000 ans, quelles que soit la population humaine. …  C’est vers cette époque que les hommes maîtrisent l’usage du feu.  Or la cuisson des aliments, surtout des végétaux, les rend plus facilement digestes.  L’énergie et les nutriments requis par le cerveau deviennent plus aisément disponibles et favorisent son développement.

 

L’homo sapiens est le « petit dernier » de l’histoire évolutive des « vivants ».  Il est bien moins corpulent et encéphalisé que ses ancêtres Cro-Magnon  A l’état adulte nous ressemblons à des adolescents tardifs de Cro-Magnon. °ibidem p.233°

 

Principales caractéristiques des Hominidae  °Wikipédia – hominidae° 

Le poids des adultes hominidés est généralement compris entre 50 et 250 kg. Ils sont caractérisés par une marche bipède (parfois imparfaite), une musculature robuste, un gros cerveau et une face prognathe. Tous sont d'excellents grimpeurs, à l'exception du gorille adulte, surtout les gros mâles dits « à dos argentés » dont le poids interdit d'escalader les arbres, ainsi que de l'humain. Les enfants gorilles escaladent parfaitement les branches des arbres.

Le régime alimentaire des hominidés est omnivore, principalement frugivore, mais la viande n'est pas absente.

La principale de leurs caractéristiques est leur comportement social très complexe avec des interactions très importantes entre individus du même groupe et une grande expressivité faciale permettant de manifester leurs émotions. Tous sont capables de communiquer de façon efficace et tous sont capables avec une éducation appropriée d'apprendre un langage rudimentaire et de manipuler des concepts abstraits. Les hominidés font également partie des rares animaux à avoir conscience d'eux-mêmes (ils se reconnaissent dans un miroir, contrairement au chat par exemple).

 

Quelques dates importantes de la préhistoire  °Wikipédia – préhistoire°

Paléolithique

Il y a 5 Ma2 : apparition des Australopithèques

Il y a 3 Ma : apparition d’Homo rudolfensis souvent considéré comme le premier représentant du genre humain 7

Il y a 400 000 ans : domestication du feu à Menez-Dregan et Vértesszőlős

Il y a 100 000 ans : premières sépultures au Proche-Orient

Il y a 30 000 ans : en Europe, Homo sapiens est la seule espèce humaine restante après la disparition de l’Homme de Néandertal

Il y a 20 000 ans : peintures de Lascaux.

Néolithique

Vers -10 000 : premiers villages (Çatal Hüyük en Turquie)

Vers -4 500 / -2 000 : mégalithisme (dolmens et menhirs)

Vers 3 300 av. J.-C. : invention de l’écriture en Égypte et Mésopotamie, fin de la Préhistoire.

 

 

 

Classification classique de l’Homo habilis  (Wikipédia)

Règne : Animalia ;  Embranchement :  Chordata ;  Sous-embranchement : Vertebrata ;  Classe : Mammalia ;  Ordre : Primates ;  Famille : Hominidae ; Sous-famille : Homininae ; Genre : Homo

 

Extrait du livre de Pascal Picq « Au commencement était l’homme » page 200/201 (édition Odile Jacob) – Des origines perdues entre des fossiles, des outils, des gènes et des langues.

Faire une synthèse entre la paléoanthropologie, la préhistoire, la génétique et la linguistique comparée ne  relève pas de la simplicité.  Les données des différentes disciplines convoquées autour des origines de l’homme soulignent l’importance de l’Afrique.  Pour autant, cela ne signifie pas que des populations et, surtout, que c’est l’espèce Homo sapiens qui s’installe au faîte des espèces en raison d’une quelconque supériorité.  Trop d’anthropologues se laissent égarer par des corrélations fallacieuses qui associent une population d’Homo sapiens avec de nouveaux modes de communication, l’invention d’un véritable langage symbolique, une organisation sociale plus efficace, de nouvelles technologies et l ‘émergence de l’art, autant d’affirmations qui ne sont pas vérifiables ou, quand on dispose de données assez précises, sont réfutées.  C’est le mythe du peuple élu revisité par d’autres mythes modernes comme le mirage du village  mondial porté par l’illusion technologique.  La terre des hommes a toujours été  marquée par la diversité des populations et des cultures.  Ce n’est pas une population d’une espèce qui supplante toutes les autres, mais des populations africaines qui contribuent plus que les autres au génome de notre espèce actuelle.  Il y  a eu remplacement dans certaines parties du monde et mélanges dans d’autres parties. Mais, quelle que soit la population actuelle, aucun ne s’enracine sur une lignée isolée, fiction parfois terrifiante d’une pureté originelle.  Enfin, il est complètement erroné d’affirmer que les populations migrantes sont plus modernes que celles évoluant plus localement.  L’origine de notre espèce remonte à plus de 160.000 ans et son évolution s’inscrit depuis dans une dynamique des populations humaines dont on entrevoit à peine la complexité.

 

Émergence des rites funéraires  °Données tirées de ibidem pages 156 à 161°

Les plus anciennes tombes connues sont celles des Proto-Cro-Magnon de Qafzeh et de Skhul, datée de 100.000 ans. 

° suivent une énumération de sépultures découvertes  sur différents sites°  Ces cimetières attestent du choix de lieux privilégiés pour enterrer les morts, mais qui pour autant sont aussi des lieux d’habitat.  Ces grottes sont occupées : successivement sur de longues périodes et on ne sait s’il s’agit de nécropoles ou de sanctuaires. Les sépultures individuelles sont également nombreuse. °ibidem°

 

… Les hommes du moustériens enterrent tous leur défunts quel que soit leur âge ou leur sexe.  Les corps sont couchés sur le côté (décubitus latéral) avec les jambes repliées … ° viennent ensuite différentes caractéristiques propres à certaines découvertes :  femme enterrée avec un enfant, ou enfant avec un fœtus … fosses rectangulaires avec éventuellement une litière … massacre d’animaux … présence d’outils, fleurs, humérus d’ours, mandibule de sanglier … °ibidem°

 

  On ne cesse de dire que les Néandertaliens seraient des hommes très archaïques.  On conteste leur aptitude au langage comme on met en doute qu’ils aient eu des sépultures et une symbolique, ou encore de chasser les grands animaux.  °Pascal Picq conteste tout cela en précisant que si on connaît si bien les Néandertaliens c’est parce qu’ils enterraient leurs morts°  … En effet, la plus ancienne sépulture connue  est celle de Qafzeh.  Elle renferme un proto-Cro-Magnon …  D’autre part, si les Néandertaliens ont adopté ce type de comportement, il faut admettre un mode de communication capable de diffuser une part  de sa signification et cela ne peu se faire sans le langage … °ibidem°

 

  Cette attitude culturelle, qui ouvre la voie vers une pensée abstraite et spirituelle, est plus ancienne.  Ses prémices se retrouvent dans la concentration  de squelettes de pré-Néandertaliens de La Sima de Los Huesos d’Atapuerca en Espagne datée de plus de 200.000 ans.  La concentration de plus d’une trentaine d’individus en cet endroit exige une intervention volontaire. Dans l’état actuel de nos connaissances, aucun élément ne permet d’instituer une différence culturelle fondamentale entre les Néerdantaliens et les proto-Cro-Magnon au cours du moustérien. °ibidem°

 

En ce qui concerne la disparition de l’homme du Neandertal, Stéphanie Thiebaut, directeur de recherche au CNRS (La science au présent 2007 -  page 105) précise : « Ainsi parmi les hypothèses concernant la disparition de l’homme du Neandertal et son remplacement par l’homme moderne, celle du changement  climatique est considéré comme plausible.  Ce changement s’effectue, il y a environ 30.000 ans, au moment où l’Europe subit un très fort refroidissement».

 

Il est intéressant aussi de signaler la découverte du site Néandertalien de Caours dans les tufs de la Somme qui met fin au débat entre les tenants d’une thèse qui prétendait que les Néandertaliens étaient inadaptés au climat tempéré océanique et à sa végétation pendant la période interglaciaire de 130.000 à 115.000 avant notre ère, période pendant laquelle on avait perdu sa trace.  A Caours, les tufs dépôts sédimentaires qui se forment pendant les interglaciaires, ont préservé de tels vestiges, sous la forme de cinq niveaux successifs d’occupation, qui fournissent des données uniques sur le comportement de subsistance de l’homme de Neandertal dans un environnement tempéré. (Découvertes d’outils tranchants en silex, ossements de grands herbivores d’un milieu de forêt tempérée où persistent des prairies – os fracturés pour récupéré la moelle – peut-être un site de boucherie ? ) °Tiré de : Le site Néandertalien de Caours (Somme) -  Jean-Luc Locht – La science au Présent 2007 – page 39°

 

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CANTATE DE L’EVOLUTION EXPONENTIELLE.

 

Des yeux avides d’horizons,

Des yeux affamés de ciels,

Des yeux écarquillés de désir,

Du désir de devenir.

 

C’est la rage des hommes,

La rage du savoir,

La rage de l’avoir,

La rage de la plénitude.

 

Et puis l’angoisse des incertitudes,

Celle du passé qui s’enfonce,

Celle de l’avenir qui s’effleure,

Celle du présent qui se meurt.

 

Dans des accords de violoncelle,

Un oiseau de neige s’est envolé

Porteur de  trêve et d’olivier

De vague à l’âme, de fleurs et de ciel.

 

Sur des mains pâles

Un cœur s’est refermé

Avec la vie, avec l’espoir

Avec le chant du bel été.

 

Ce sera l’azur des grandes orgues,

Ce sera la grandeur des passions,

Ce sera la ferveur de l’unisson,

Quand le rêve ne sera plus fiction !

 

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A ce stade de mes considérations, je trouve nécessaire de marquer un temps d’arrêt et de réflexion afin de me pencher sur les conditions actuelles d’existence de l’être humain privilégié qui a la chance de se « trouver du bon côté de la barrière ». 

 

Nous avons atteint un degré incroyable de confort, de sécurité et de jouissance des choses matérielles.  Rien, si ce n’est un cataclysme, ne devrait arrêter cette marche du progrès dans le domaine du confort.

 

Cependant, notre biotope changera nécessairement, se modifiant considérablement, et nul n’est capable d’en prévoir valablement le processus, ni ses conséquences. 

 

Qu’en est-il des variations climatiques pendant notre ère ?

Au cours du premier millénaire de notre ère, s’il apparaît que les IVème et Vème siècle connaissent des périodes de relative stabilité des paysage, il semble que, de la fin du Vème  au VIIème, de nouveaux déréglements biologiques soient responsables de la méconnaissance que nous avons de cette époque (période d’inondations dévastatrices, précédée par celle la plus chaude des deux millénaires aux environs de 500) – l’Europe connut l’optimum climatique médiéval entre 1000 et 1400 avec de généreuses récoltes (La vigne poussait en Angleterre, en Normandie et en Picardie), mais qui fut suivi du « petit âge glaciaire » qui a duré  jusqu’en 1850. °tiré de «Vers quel réchauffement climatique ?» -  Stéphanie Thibaut – La Science au présent 2007 -  page 106 °

 

En ce qui concerne l’avenir, le même auteur dans le même article écrit : « Si les hypothèses les plus récentes suggèrent que le réchauffement de la planète pourrait avoir pour conséquence paradoxale un refroidissement rapide du climat dans l’hémisphère Nord autour de l’océan Atlantique, à cause de la perturbation des grands courants océaniques et la disparition du Gulf Stream et si les simulations numériques montrent qu’une transition brusque est possible, la date et les conditions de cet événement sont toujours inconnues. »

               

De plus, nous serons confrontés à des problèmes d’environnement difficiles et dangereux tels que ceux que nous connaissons actuellement (couche d’ozone, pollution marine, sida ou autres infections virales, vaches folles, fièvre aphteuse, peste aviaire etc.…) ; d’autres nous attendent sans doute et attendent nos descendants.

 

Cependant, les performances des scientifiques et des techniciens permettent  les plus grands espoirs quant à cet avenir qui est loin d’être compromis, tant l’explosion des découvertes humaines, dont « l’exponentialité » ne fait plus de doute,  se constate de jour en jour.

 

A l’appui de cette affirmation, il n’est pas inutile de rappeler quelques avancées scientifiques ou technologiques spectaculaires récentes  : décodage du génome humain, clonage des cellules vivantes, téléphonie et Internet, reconnaissance vocale et, en informatique, l’augmentation de la rapidité de réponse et de la capacité de mémoire tout en diminuant le volume du matériel utilisé,  etc. … etc.…

 

A ce stade de ma réflexion, je me suis posé la question de savoir quelle attitude l’homme conscient de ses responsabilités devrait prendre pour réussir un futur pourtant aléatoire.

 

Il semble évident que, dans notre contexte de culture occidentale d’origine et d’inspiration chrétienne,  nous devrons encourager toute action élévatrice des valeurs morales d’altruisme.

 

Cependant prôner ce type de philosophie n’est pas facile, tant les avantages immédiats sont difficiles à démontrer, car nous sommes ainsi faits que nous privilégions surtout les actions qui nous apportent un résultat égoïste immédiat et concret.

 

Aussi à ce stade de ma « dissection morale », à la recherche d’une attitude suffisamment alléchante pour être adoptée, je vais m’efforcer d’apporter des arguments suffisamment  réalistes pour celui dont l’idéal n’est pas « monnayé » par la promesse d’un avenir bienheureux dans l’au-delà.

 

Tout homme normalement équilibré, va s’efforcer d’assurer à sa descendance ou à celle de ses proches un futur valable et suffisant.  Cette démarche au bénéfice de l’avenir de son entourage immédiat,  aura pour objet essentiel la constitution d’un environnement confortable et sécurisé (maison, biens meubles, fortune).

 

Cette «courte vue », naturellement égoïste, n’est pas facile à combattre.  Comment, en effet, convaincre quiconque de l’intérêt « supérieur » de chacun, si ce n’est en lui faisant valoir le «devoir intellectuel » de tout être humain vis à vis de sa descendance.

 

Ce «devoir intellectuel » de l’homme est à prôner et encourager de toutes les manières possibles, la meilleure restant le développement de ce que j’appellerai le « sens familial élargi ».

 

Pourquoi « sens familial élargi » ?  Parce qu’il ne doit pas aboutir à la formation du « clan familial » qui est la plus néfaste des dérives de l’individualisme et du grégarisme.  Le clan est la première expression animale du regroupement.  Il  a permis à certaines espèces de survivre et de se développer en formant des meutes, hardes, colonies, troupeaux.

 

Le clan a permis à nos ancêtres des savanes de survivre avec le développement dont nous bénéficions actuellement. Cet instinct grégaire a suscité l’éclosion de groupes organisés en tribus d’abord, états et nations ensuite, avec à leur tête des chefs, guides et leaders.

 

A notre époque de regroupement des états en entités plus continentales (Usa, marché commun européen avec parlement et monnaie et les tentatives de regroupement africain et asiatique…),  il est nécessaire d’adopter une philosophie de progrès allant dans le sens de la mondialisation des esprits.

 

Cette attitude doit prendre le pas sur tout «esprit de clocher » qui ne peut plus être de mise à ce tournant de l’histoire de l’humanité.  C’est donc un devoir de l’être humain actuel d’opter pour toute démarche répondant de la solidarité universelle.

 

Il est donc important de souligner ici ce que nous entendons quand nous parlons de «sens familial élargi »,… élargi à toute l’humanité… si ce n’est peut-être qu’un rêve !

 

Nous entendons par  « sens familial élargi »  toute attitude ou action en faveur du bien-être de l’être humain quel qu’il soit.  Dans la mesure de ses moyens et de sa disponibilité, il est souhaitable que tout homme conscient de ses responsabilités, pose des actes allant dans ce sens.

 

Heureusement, l’époque actuelle voit ses leaders mondiaux œuvrer dans cette optique, depuis la dernière guerre mondiale ;  mais il faut rester vigilant, les vieux démons de l’isolationnisme sont loin d’être morts et gagnent du terrain devant la concurrence de la main-d’œuvre des pays pauvres qui suscite les outrances de l’extrême droite xénophobe.

 

En toutes choses, il faut raison garder, il n’est donc pas sain de tomber dans un militantisme outrancier, prôné par certains « souleveurs de montagnes », idéalistes fort sympathiques au demeurant, mais très peu réalistes. 

 

La sagesse fera privilégier, dans la vie de tous les jours, les actions individuelles de bon sens et de solidarité,  grandies par une maîtrise de soi communicative et chaleureuse profitable à tout un chacun.

 

Une mise en garde est sans doute nécessaire aussi contre la déviance égocentrique de certains écologistes qui sous prétexte de défendre l’environnement prônent une idéologie « capitaliste » de repli sur soi sans égards pour les moins bien nantis du globe. 

 

L’écologie ne se conçoit  que dans une entente universelle de restriction des moyens développés pour augmenter notre confort, si ceux-ci mettent en péril l’avenir de notre environnement.  Cependant comment faire comprendre aux pays en développement et à nous-même que le confort et le plaisir de la consommation ne seraient plus permis ou devraient être réduits  ? (Un milliard trois cents millions de Chinois et plus d’un milliard d’Indiens se convertissent progressivement et sans restriction à notre système économique et vont mettre en péril la plupart des formules écologiques. )

 

La conclusion de l’octogénaire que je suis qui a vécu son existence dans la période la plus diversifiée et la plus riche de l’histoire quant à ses bouleversements scientifiques et économique et subi en 40-45, la plus grande catastrophe guerrière de tous les temps, sera de transmettre à ses proches plus jeunes, ses enfants et petits-enfants surtout, un message axé sur la tolérance et l’ouverture d’esprit dont la teneur sera la promotion des valeurs fondamentales d’idéal chrétien de fraternité (aimez-vous les uns les autres) de nos civilisations occidentales qui me semblent le mieux convenir au progrès et à l’avenir heureux de l’humanité. 

Ces valeurs altruistes devront impérativement s’aligner sur les conséquences de l’accroissement démentiel des populations sur la surface limitée de notre globe, au détriment d’une qualité de vie matérielle qui devrait régresser, mais qui s’enrichirait de la paix du cœur et des armes dans la solidarité universelle.

 

 

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07/01/2009

Darwin - Cohérence et déduction

Modeste Toulemonde cherche à comprendre : Partie 6 :  Darwin - Cohérence et Déduction.  Parties précédentes :  (1) E=mc²  (2) D’où vient la vie ?  (3) Infini et  Éternité  (4) Les grands Initiés et le fondamental  (5)  Illusion et  Intelligence.

 

Dans la partie précédente, nous avons abordé ce « long  calvaire des êtres vivants » pour en arriver à ces quelques descendants de « l’homo sapiens »  bénéficiant des avantages des «privilégiés» de civilisations avancées que nous sommes.

 

Nous avons disserté sur « la pensée ».  Comment s’est-elle laborieusement développée chez l’homme pour aboutir aux prouesses intellectuelles des grands penseurs, découvreurs et autres génies du genre humain ?

 

.Une fois de plus, nous nous sommes interrogés sur l’origine de ce processus de construction intellectuelle :  est-elle d’origine divine , « l’Être Supérieur » que révèle toutes les religions ou tout simplement une faculté dominante développée par l’être humain ?

 

Nous allons célébrer le 12 février 2009 la date anniversaire de la naissance, il y a deux cents ans, du génial Darwin.  A cette occasion, le monde intellectuel va s’interroger sur la portée de ses découvertes qui ont apporté une réponse scientifique indiscutable quant aux origines de la vie sur notre planète.

 

Darwin vécut dans un environnement scientifique privilégié :  père médecin intelligent et grand père naturaliste.  D’abord croyant, bien que d’un milieu en majorité non conformiste (père, grand-père et frère libre-penseur) il ne doutait pas de la vérité littérale de la Bible et commencera la théologie anglicane à Cambridge.

 

Cependant, ce furent les observations retirées de son célèbre voyage de cinq ans sur le « Beagle », parti pour cartographier la côte d’Amérique du sud, qui révolutionnèrent ses conceptions philosophiques.

 

Ce voyage lui permit d’étudier les fossiles et la faune de ces régions, notamment ceux des grands tatous (diminution de la taille de l’espèce, première hypothèse évolutionniste).  Ensuite en 1835, aux îles Galapagos, il constatera que plusieurs espèces présentaient des différences importantes suivant leur lieu d’habitat comme la forme du bec des pinsons adaptée à la nourriture suivant le type de graine trouvé, plus tendre ou plus dure.

 

Revenu au pays en 1836, Darwin devint une célébrité scientifique grâce surtout à son père qui rassembla les fonds lui permettant de devenir un homme de science indépendant.  Pendant cette période précédant la publication de son célèbre ouvrage « Origine des espèces », il rassembla une abondante documentation et des arguments scientifiquement probants étayant sa thèse, bouleversant celles des créationnistes majoritaires à l’époque.

 

 Les milieux religieux s’élevant avec vigueur contre ses théories, il subira avec courage leurs sarcasmes et les caricatures de la presse qui le présentaient sous la forme d’un singe. Il était cependant soutenu par les milieux scientifiques.  Tolérant, il laissera à sa propre épouse, anglicane très croyante,  la liberté de ses choix philosophiques. 

 

Darwin exposera dans l’introduction de son fameux livre « Origine des espèces », publié le 22 novembre 1859 une longue argumentation défendant sa théorie de l’évolution.  Prudent, étant donné le « tollé » que sa théorie suscitait dans les milieux croyants,  il évita d’utiliser le mot « évolution » dans son texte de présentation qu’il rédigea habilement comme suit :

 

« Comme il naît beaucoup plus d'individus de chaque espèce qu'il n'en peut survivre, et que, par conséquent, il se produit souvent une lutte pour la vie, il s'ensuit que tout être, s'il varie, même légèrement, d'une manière qui lui est profitable, dans les conditions complexes et quelquefois variables de la vie, aura une meilleure chance pour survivre et ainsi se retrouvera choisi d'une façon naturelle. En raison du principe dominant de l'hérédité, toute variété ainsi choisie aura tendance à se multiplier sous sa forme nouvelle et modifiée. »

 

A titre documentaire, voici quelques exemples d’indices morphologiques de parenté entre les espèces (extrait de Wikipédia - évolution) :

 

- Les baleines, animaux adaptés à la vie aquatique gardent une trace de leurs ancêtres quadrupèdes par la présence d'os vestigials correspondant au bassin(ceinture pelvienne) ;

- Il y a des vestiges de pattes chez certains serpents (boas);

- En observant l'aile d'un oiseau ou d'une chauve-souris, on retrouve aisément la structure osseuse du membre antérieur de tout tétrapode ;

- les défenses à croissance continue des éléphants sont en fait homologues des incisives des autres mammifères, dont l'homme ;

- les appendices masticateurs des arthropodes sont à l'origine des appendices locomoteurs réduits (il en va de même apparemment pour les Onychophores) ;

-  les membres des tétrapodes proviennent des nageoires de poissons ;

- dans le monde végétal, la présence d'une double membrane autour des plastes et la présence d'un ADN circulaire à l'intérieur de ceux ci trahissent une origine endosymbiotique procaryote.

 

Il est intéressant aussi de reproduire un exemple d’évolution à l’échelle du temps humain que des scientifiques ont permis de réaliser : le lézard Podarcis sicula. (extrait de Wikipédia - évolution)

 

Introduit en 1971 par l'équipe du professeur Eviatar Nevo sur l'île dalmate de Prod Mrcaru en mer Adriatique, le lézard Podarcis sicula connu en France sous le nom de « lézard des ruines », y a été abandonné à lui-même durant près de quatre décennies, l'accès à l'île ayant été interdit par les autorités yougoslaves, puis par les conflits liés à l'éclatement de ce pays. En 2004, une équipe scientifique dirigée par Duncan Irschick et Anthony Herrel put revenir sur l'île et découvrit que Podarcis sicula avait évolué en 36 ans, soit environ trente générations, de façon très significative. Le lézard a grandi, sa mâchoire est devenue plus puissante, et surtout il a changé de régime alimentaire : d'insectivore il est devenu herbivore, et des valves sécales sont apparues au niveau des intestins, ce qui lui permet de digérer les herbes... Cette découverte confirme, s'il en était encore besoin, que l'évolution n'est pas une théorie parmi d'autres, mais un phénomène biologique concrètement observable, et pas seulement chez les virus, les bactéries ou les espèces domestiquées.

 

Voir aussi sur la toile : TPE : la théorie de l’évolution, synthèse intelligemment construite par des élèves d’un établissement de Bordeaux, donnant une vue radiographique, spectaculaire et convaincante, de la ressemblance d’un membre antérieur de mammifères aussi différents que ne le sont l’humain, le chat, la baleine (membre inutilisé) ou la chauve-souris.

 

D’autre part, ces mêmes auteurs signalent que Darwin a choisi d’invoquer la sélection artificielle pour illustrer la puissance de la sélection en tant que force évolutive, c’est-à-dire l’élevage par les Humains. Au fil des générations, les Humains ont modifié certaines espèces en sélectionnant des géniteurs ayant  les caractères souhaités. Les plantes et les animaux dont nous nous servons pour nous nourrir n’ont que très peu de ressemblances avec leurs ancêtres sauvages. Les animaux de compagnie montrent particulièrement bien les effets de la sélection naturelle, en effet ceux-ci ayant été élevés pour des raisons plus proches de la fantaisie que de l’utilité. (Darwin lui-même consacra la première partie d’un grand livre – deux volumes publiés – non terminé, cette première partie étant consacrée à « La variation des animaux et des plantes sous l’action de la domestication »)

 

S’avançant plus loin dans ses conclusions, il développa des idées selon lesquelles chez l’homme l’esprit et les cultures ont été élaborés  par la sélection naturelle et sexuelle

 

Aujourd’hui, le darwinisme est admis par toute la communauté scientifique, même si certains détails de la sélection naturelle font encore l’objet de débats. Depuis Darwin, les découvertes en biologie moléculaire ou embryologie ont totalement corroboré les intuitions géniales de Darwin. °Guy Duplat – Libre Belgique du 27/28 décembre 2008°

 

Il y a trente ans, Jacques Monod, en écrivant  « Le hasard et la nécessité » expliquait par les dernières découvertes de la biologie moléculaire l’évolution des espèces et le rôle du hasard dans leurs transformations. °ibidem°

 

Suivant le mot de Laplace, la science n’avait pas besoin de l’hypothèse de Dieu pour expliquer la variété du vivant, y compris l’homme.  °ibidem°

 

Presque chaque jour, on peut voir une des preuves du darwinisme dans la manière avec laquelle les virus et les microbes mutant au hasard, s’adaptent pour mieux résister aux antibiotiques. °ibidem° (surtout dans les hôpitaux).

 

Teilhard de Chardin dont on ne peut douter de la foi chrétienne profonde disait à propos de la théorie de l’évolution qu’elle n’est pas un système  ou une hypothèse mais elle est  « bien plus que cela, une condition générale à la quelle doivent se plier et satisfaire désormais, pour être pensables et vrais, toutes les théories, toutes les hypothèses, tous les systèmes » (rapporté par Guy Duplat de La Libre Belgique tiré d’un entretien avec Jacques Reisse professeur émérite de l’Université libre de Bruxelles et membre de l’Académie Royale de Belgique).

 

On ne peut s’empêcher de noter l’embarras des scientifiques chrétiens et notamment de Bernard Feltz, biologiste, docteur en philosophie et doyen de la faculté de philosophie à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve qui lors d’un entretien avec Guy Duplat de la Libre Belgique plaidait  que

 « l’athéisme méthodologique de la démarche scientifique est parfaitement compatible avec une position théiste éventuelle sur le plan des significations. On peut être scientifique et croyant pour peu qu’on respecte la frontière entre le registre du savoir et celui des significations. »

 

Pour le « Monsieur Toulemonde » que je suis, qui ne s’embarrasse pas de ces subtilités « jésuitiques », les évidences multiples dont je n’ai fait qu’évoquer certains aspects, me suffisent pour affirmer  un athéisme de conviction.

 

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Nous avons vu que « l’être humain », péniblement de génération en génération, a amélioré son intelligence jusqu’à atteindre les performances de ses cerveaux les plus brillants.

 

L’intelligence a franchi des étapes longues et ardues avant de se développer et de parvenir à des niveaux insoupçonnés surtout depuis que les découvreurs n’agissent plus seuls et sont en permanence en contact les uns avec les autres par tous les moyens de transmission dont Internet et la toile.

 

Il est vraisemblable qu’un phénomène de mutation (vraisemblablement accidentel par la voie du hasard) a eu lieu, il y a peut-être plusieurs centaines de milliers d’années, apportant à l’homme en puissance la possibilité de développer son cerveau.

 

Cet accident aussi aléatoire que ne le fut la vie a donné à l’être humain existant actuellement sur notre planète, le potentiel cérébral nécessaire pour atteindre, en tous cas dans sa descendances, les plus hautes performances cérébrales.

 

Le Boshiman est un chasseur-ceuilleur qui est quasiment resté au stade primitif des premiers humanoïdes.  Transféré dans un milieu jouissant de la culture d’une civilisation avancée, il développera tôt ou tard par nécessité le potentiel d’intelligence, non utilisé dans son environnement antérieur.

 

Cette faculté semble tellement inhérente à notre entité humaine, que nous en oublions le « lent et accidentel processus d’évolution » qui a amené certains humains à développer l’outil précieux de l’intelligence dont les limites sont incommensurables.

 

Dans le chant qui suit, j’ai tenu à marquer un  temps d’arrêt pour mieux souligner cette importante faculté de cohérence et de déduction que tout homme cultivé utilise instinctivement d’une manière performante dès qu’il se trouve face à un problème quelconque, sans réaliser la prouesse cérébrale qu’il accomplit.

 

 

HARMONIE DE LA COHERENCE ET DE LA DEDUCTION.

 

Des brumes lourdes noyant ta pensée

Surgissent les timides lucioles

De tes premiers chants et de tes paroles

Que tu lançais le soir, à la veillée.

 

A la gloire des dieux que tu implores,

Tu créeras des tracés bénéfiques

Pour te garder du prédit maléfique

Qui annonçait ton destin et ta mort.

 

Tes refrains se sont alanguis au cœur

Des poètes pour bien chanter l’amour.

Ta raison, chaleureuse douce sœur

Des âmes tristes, s’est bercée de jour.

 

Du grand livre des mondes infinis

Une page de temps s’est échappée

En gémissant sa triste mélopée

D’invocations pour cœurs démunis.

 

Lancinant murmure de la logique,

Lente incantation mathématique,

Ballet des formes et projections,

Refrain de signes et des relations

 

 

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La cohérence est par définition le rapport logique entre des idées.  Il ne suffit donc pas que l’intelligence émette des idées, crée des concepts,  il faut encore que ceux-ci provoquent un développement logique. D’où l’importance de la cohérence dans une construction qui se veut progressive.

 

Pour être cohérente, une pensée doit être le résultat d’un processus résultant de la connaissance.  Cette connaissance comporte un apprentissage antérieur aboutissant au langage, transmis ensuite par l’écriture. 

 

De rudimentaire, celui-ci devient très élaboré afin d’exprimer des nuances qui permettront de pousser au plus loin une faculté qui s’est particulièrement développée chez l’être intellectuel : le raisonnement.

 

Le raisonnement doit être bien structuré pour être cohérent.  Il s’agit d’un mécanisme mis en place par l’éducation, l’instruction et l’expérience.  L’être humain a généralement besoin d’une petite vingtaine d’années pour maîtriser valablement cette faculté.

 

La déduction est une fonction de l’intelligence.  La déduction déclenche le raisonnement et le raisonnement déclenche la déduction.  Le raisonnement est un processus complexe de l’intelligence qui cherche à construire par la pensée la solution à un problème posé.

 

Comment la déduction et le raisonnement se sont-ils développés dans le cerveau humain ?  On peut affirmer que les plantes ne raisonnent pas et  les animaux non plus. Ils posent cependant des actes et se comportent comme des êtres intelligents.

 

On pourrait dire qu’ils déduisent mécaniquement comme un ordinateur programmé : ils n’inventent pas individuellement comme l’homme. S’ils le font, c’est par accident fortuit qui peut s’inscrire dans leur mémoire génétique et celle de leurs descendants et avec la patience du temps être à la base d’une modification de comportement ou préparer une mutation.

 

Certains animaux placés dans des contextes particuliers ont des comportements intelligents.  Les animaux domestiques, surtout ceux qui vivent en symbiose avec l’être humain, comme le cheval, le chien et le chat ont des comportements dit intelligents : ils arrivent à déduire, à prendre des options « intelligentes » ou « embryonnairement  intelligentes ».  Tout observateur attentif du comportement des animaux domestiques a pu vérifier par lui-même ce phénomène.

 

Que penser de tout cela ?  Nous nous permettrons de développer une théorie en portant notre réflexion sur le long processus de développement du cerveau humain vers l’intelligence qui nous amènera à conclure que l’intelligence est un aboutissement logique du phénomène évolutif de l’ « homo sapiens » placé dans son contexte environnemental. 

 

Elle est en puissance dans la matière comme la cellule, l’atome, les quarks et l’énergie, comme est présente également la vie.  Mais ce n’est pas parce qu’elle est en puissance qu’immanquablement elle se manifestera car l’éclosion de l’intelligence est soumise à  des conditions aussi ténues que celles qui ont présidé à l’éclosion de la vie. 

 

Comment l’être humain est-il devenu intelligent ?  Essayons de remonter aux sources de ce long processus.  Cela a dû commencer quand le premier primate (ou son ancêtre) s’est servi de ses pattes avant pour cueillir un fruit au lieu de le ramasser ou de l’attraper avec la gueule. 

 

Ses descendants ont perfectionné le système en développant leurs doigts pour en faire des outils préhensiles, et puis de mutation en mutation sont devenus d’agiles escaladeurs  de grands arbres.  Ils ont développé de grands et longs bras, des mains et des doigts puissants et habiles :  ils se préparaient  à devenir les ancêtres des humains. 

 

Rappelons nos propos précédents : les grands changements climatiques dus à la fracture du Rift Valley, la désertification des forêts sahariennes et autres misères dont furent gratifiés nos ancêtres arboricoles ont complètement modifié leur biotope :  les arbres sont devenus rares et la savane s’est développée,  les laissant à la merci des grands fauves. (Voir plus loin théorie contestée)

 

Modification aussi des habitudes alimentaires : de frugivores ils deviennent  carnivores, disons plutôt charognards car ils furent d’abord incapables de chasser et de tuer.  Les malheureux  se contentaient des restes abandonnés par les fauves, du moins dans un premier temps ;   par la suite, les plus évolués se sont groupés en bandes d’un certain nombre d’individus, pas plus de vingt à trente pour être efficace.  Ces groupes ont commencé à chasser, les animaux blessés ou les jeunes d’abord  et puis ceux qu’ils attrapaient par ruse et par traque. 

 

C’est donc ce groupe de misérables qui s’est trouvé séparé de son milieu  normal qui deviendra  l’ancêtre probable du  maître absolu de sa planète parce que les circonstances l’ont poussé à l’adaptation pour survivre. 

 

L’ancêtre de l’homme a probablement adopté la position debout parce qu’il avait besoin de ses membres avant pour transporter les morceaux qu’il dérobait aux charognards, mieux outillés  (crocs ou becs et serres) que lui pour arracher les morceaux aux nombreux concurrents qui lui disputaient les restes.

 

La position debout et l’utilisation des bras fut pour l’être humain le début de son évolution vers l’intelligence.  L’étape suivante fut l’association des individus pour traquer les animaux blessés. Certains auteurs pensent aussi que la position debout met davantage le corps à l’abri des rayons du soleil.

 

Les bras, les mains et les doigts devinrent des auxiliaires précieux que les hommes perfectionnèrent de génération en génération.  Le développement de l’intelligence allait de pair avec l’habileté manuelle.

 

L’être humain était tellement fragile que ce fut vraiment par miracle qu’il put résister à un environnement aussi hostile. Il n’en fallut sans doute que quelques-uns qui se cachèrent et vécurent misérablement, adaptant leur digestion et leur organisme aux nourritures les plus diverses et les plus difficiles.  Ce long calvaire fut la meilleure école de l’homme qui n’avait que sa ruse naissante comme seule arme.

 

Les solitaires, même les plus forts, disparurent vraisemblablement.  Seules les bandes qui s’organisèrent furent mieux armées pour affronter les aléas d’un milieu particulièrement inadapté à leur condition. Difficilement, ces bandes affrontèrent les innombrables dangers qui les environnaient et les guettaient.  Plus que jamais, l’homme utilisait ses deux bras qui devenaient les outils indispensables à sa survie.

 

La première manifestation intelligente de l’homme fut sans doute l’utilisation d’un auxiliaire matériel : d’abord un bout de bois pour prolonger le bras.  Comme dans toutes les évolutions de la vie, tout se passa avec lenteur, patiemment, difficilement.  Le geste fut d’abord accidentel, puis se répandit de groupe en groupe, de génération en génération. 

 

Ces premiers balbutiements de l’intelligence furent sans doute suivis d’autres qui apportèrent à l’homme les moyens de compenser sa vulnérabilité.  Cet animal au corps fragile, sans aucune défense, sans armes ni protections naturelles, vécut un pénible et long parcours, se cachant le jour, dérobant quelques piètres nourritures la nuit.

 

Si je me suis étendu si longuement au risque de lasser,  c’est dans le but intentionnel de marquer et d’insister sur la longue, l’impitoyable et indomptable persévérance du temps grâce à laquelle nous sommes là. 

 

 

D’autre part, il est important de signaler que la théorie que je viens de développer a été mise à mal par la découverte en 2002 de Toumaï à 2500 km. à l’ouest du Rift, dans le désert du Djourab au Tchad.  Cependant, le modèle que je me suis plu à développer en m’inspirant de la théorie défendue par Yves Coppens reste valable quant aux effets de l’isolement de petits groupes et l’apparition de la bipédie.

 

Que mon patient lecteur m’excuse de ces détours et redites,  mais je tenais à souligner l’événement important que fut, pour nous, cette mutation du quadrupède frugivore arboricole au bipède omnivore intelligent que nous sommes devenus.

 

Les survivants de ce long calvaire ne durent leur salut qu’au développement d’une adresse manuelle que leur intelligence naissante rendait toujours plus efficace. 

 

C’est ici qu’il faut introduire l’événement le plus important qui s’est produit sur notre planète après la vie, il y a probablement plusieurs centaines de milliers d’années : l’émergence de l’intelligence raisonnée.

 

Cette faculté fut d’abord cérébrale, pensée en image.  Elle fut ensuite traduite en parole grâce à la précision d’un vocabulaire qui se créa dans les groupes pour transmettre des informations, mais aussi des concepts, primaires d’abord, de plus en plus évolués ensuite.   Ces « trouvailles » transmises entre individus favoriseront le dialogue et la contestation, facteurs du progrès.

 

Il est important aussi de souligner que l’homme est avant tout solidaire.  Si la déduction fut d’abord le fait d’un penseur qui agira seul d’une manière  raisonnée, il transmettra ensuite son savoir à des disciples, des écoles, voire maintenant à l’humanité entière par la voie des publications, les chaires des universités et même vulgarisée par transmission hertzienne ou câblée (radio-télévision-internet) .

 

 

 

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