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21/12/2008

Illusion et Intelligence

 

 

 

Modeste Toulemonde cherche à comprendre : Partie 5 : Illusion et Intelligence.

Parties précédentes : (1) E=mc²  (2) D’où vient la vie ?  (3) Infini et Eternité  (4) Les grands initiés et le fondamental

 

A propos de l’illusion, rappelons l’énoncé du  cybernéticien Heinz von Foerster  (1911-2002) cité dans la partie 4 de mon exposé :

 

« Notre faculté de voir dépend de la rétine qui absorbe la lumière du monde extérieur, puis transmet des signaux au cerveau.  Ce même schéma s’applique d’ailleurs à toutes nos perceptions sensorielles. La rétine ne perçoit pas la couleur, elle est  aveugle à la qualité de la stimulation et n’est sensible qu’à sa quantité. Cela ne devrait  pas constituer une surprise, ajoute Von Foerster, car en fait il n’y a ni lumière ni couleur en soi : il y a seulement des ondes électromagnétiques.  De  même, il n’y a ni sons ni musique : seulement des variations momentanées de la pression de l’air sur nos tympans.  Il n’y a pas de chaud, pas de froid : seulement des molécules en mouvement avec plus ou moins d’énergie cinétique, et ainsi de suite. »

 

En réalité ce que l’on croit être là, n’est véritablement pas là

°Tiré de J.Guitton, I&G.Bogdanov – Dieu et la science – p.179/180° 

 

 

MELODIE DE L’ILLUSION.

 

Le réel est en conflit

Dans son duel de l’espace

Avec celui de son lit

Qui lui cédera sa place.

 

Le réel épris de temps

S’est bercé d’émotion

A la faveur du printemps

Qui portait son action.

 

Le réel n’est pas fidèle,

C’est l’amant aux fleurs fanées

Recueilli devant la stèle

Des passions délaissées.

 

Le réel se joue de nous,

Car il nous promet le ciel

Quand nous sommes à genoux,

Attendant son arc-en-ciel.

 

Le réel c’est l’illusion

Qui nous trompe depuis toujours

Quand on fait miroiter l’amour,

En fruit de nos évasions.

 

Le réel c’est l’illusion

Des âmes tronquées d’espoir

Qui épient dans un miroir

Leur ferveur en éclosion.

 

°°°°°°°°

 

Qu'est-ce qu'une illusion ?

 

L'interprétation erronée d'une donnée sensorielle. (Larousse) ; erreur qui semble se jouer de nos sens, les tromper. (Littré) ; erreur de perception causée par une fausse apparence (Robert) ; perception erronée due à une apparence trompeuse (Hachette).

 

Nos sens nous permettent de percevoir toutes les données de notre environnement.

 

Le crayon que je tiens dans ma main et que j’ai posé sur sa pointe existe parce que mes doigts par le toucher en perçoive la forme et le volume et que mes yeux transmettent à mon cerveau son image et en décodant la longueur d’onde exprimée en nanomètres (milliardième partie du mètres) véhiculant l’énergie particulière d’une couleur, me permet de distinguer la nuance voulue par son fabricant .

 

En effet, c’est depuis 1920 qu’on sait que la lumière est une particule qu’on a appelée photon et que la différence entre les couleurs provient de la quantité d’énergie que celui-ci véhicule.

 

Cette énergie s’exprime par une onde dont la longueur peut se mesurer en nanomètres (la milliardième partie du mètre).  Ainsi le rouge mesure 700 nanomètres et le bleu au bas de l’échelle 480.

 

Nos yeux, par l’apprentissage qui augmente les fonctions cérébrales surtout pendant les vingt à vingt-cinq premières années de la vie, sont capables de distinguer  une dizaine de millions de nuances…( sic !)

 

Cette faculté est un des avantages de l’homme civilisé qui a développé au maximum les nuances grâce à ses progrès dans la chimie des couleurs et dans le domaine des spectrographes - appareil servant à étudier la décomposition (spectre) d’un rayonnement.

 

Mais revenons-en à mon crayon, sa fonction consiste à servir d'intermédiaire par le tracé de l’écriture entre ma pensée et un support papier qui va la recevoir.

 

L'écriture est conventionnellement formée de signes imaginés par l'être humain pour traduire son langage et garder ou capter sa pensée.

 

Mon entité indépendante va créer des «textes» qui seront éventuellement transmis et qui peut-être persisteront dans le temps.

 

L’essai que j’écris, quant à lui, fait appel à des concepts immatériels de pensée qui sont purement cérébraux puisqu’ils proviennent de supputations personnelles, elle-même inspirées de notes ou connaissances antérieures.

 

Cependant sa pérennité est subordonnée à la durée d’une part de son support matériel (le papier) ou peut-être d’une volonté de divulgation plus large par reproduction (journal, revues, livres, supports magnétiques, la toile d’Internet etc.)

 

Si je me suis permis cette analyse d’un acte de création de « pensées » individuelles, c’est pour mieux remonter aux sources d’une évolution qui a amené « l’homo sapiens » à créer un savoir écrit et transmis ou conservés dans les archives, les bibliothèques et maintenant sur « la toile ».

 

Ces références éparses, mais de plus en plus accessibles permettent  d’alimenter les « nouveaux découvreurs », surtout maintenant que l’accès, le stockage et le triage en sont facilités par des outils performant à la portée des spécialistes et même d’à peu prés tout le monde.

 

Maintenant, avec réalisme, considérons ce que nous sommes et nos moyens d’exprimer l’intelligence.

 

Nous sommes un produit du cycle du carbone et rien d’autre. Nous sommes le résultat d’un processus commencé il  y a quelques millions d’années.

 

Une roche de 70 kilos a exactement le même nombre de particules qu’un homme du même poids, leur différence provient uniquement de la manière dont leurs particules sont agencées.

 

La roche est le résultat d’une évolution primaire, alors que nous sommes l’aboutissement d’un long processus biologique aux branches multiples.

 

Nos 70 kilos de particules bien agencées font de nous un être bénéficiant d’une certaine indépendance, capable seul ou collectivement de créer, d’inventer, de découvrir mais surtout de maîtriser son environnement planétaire actuellement, mais peut-être de plus en plus spatial dans le futur.

 

Ces  70 kilos de particules réalisent ces performances grâce à une intelligence contenue dans environ 1500 grammes de matière cérébrale avec l’assistance essentielle de moyens visuels, auditifs, sensitifs, tactiles, moteurs, énergétiques et autres dont est dotée l’entité humaine.

 

On pourrait supposer que cette intelligence résultant de l’aventure humaine se trouve en puissance dans chaque particule de l’univers, rejoignant en cela Teilhard de Chardin.

 

Des manifestations intelligentes peuvent donc se produire partout dans l’univers.

 

Cependant, elles ne sont sans doute pas structurées comme nous, d’où l’impossibilité de communiquer.  La complexité des combinaisons qui font ce que nous sommes, laisse peu de place à l’hypothèse d’une répétition de cet « accident ».

 

Avec beaucoup d’humilité, je m’alignerai aussi sur les conclusions du prix Nobel de médecine Christian de Duve quand il pense que nous ne sommes qu’une des innombrables possibilités de manifestations intelligentes qui existent dans l’univers (mais qui ne se réalisent qu’exceptionnellement), ces manifestations intelligentes étant toujours l’aboutissement d’un processus évolutif étroit qui mène à la vie et peut-être à l’intelligence. 

 

Peut-on concevoir une présence intelligente en dehors de l’espace-temps ?  Cette présence intelligente, forcément statique, a-t-elle sa raison d’être ?  Nos connaissances et les questions que nous nous posons, résultent de processus de réflexion inconcevables en dehors du temps et même de l’espace.

 

Si on admet l’existence d’un Dieu suprême, on le situe à l’origine de tout, voire la raison de tout : l’intelligence supérieure.  Il a la connaissance suprême. 

 

La connaissance suprême de quoi ?  La connaissance de ce que nous ignorons en dehors de l’espace-temps, à condition de découvrir tout ce qui s’y trouve.

 

Les philosophes religieux prétendront qu’il s’agit d’un état subtil qui apporte à l’être « pensée » la plénitude de la connaissance et que cet état « privilégié» nous reviendrait après notre existence temporelle,  nous replaçant dans l’espace-temps puisque ce bonheur éternel devrait être personnel, individuel, débutant depuis notre naissance et se perpétuant après notre existence terrestre. 

 

L’univers est comme un cœur qui bat avec ses flux et reflux.  Acceptons l’insignifiance de notre petite centaine d’années de vie en regard des milliards d’années que dure l’univers que nous connaissons et qui est lui-même insignifiant, par rapport à l’infini.  C’est en méditant cette évidence que nous nous mettons à douter de sa vraisemblance !  Est-ce aussi un réflexe anthropocentrique ?

 

Notre intelligence n’est que référentielle, c’est important de le souligner! 

 

Notre type d’existence est basé sur un mécanisme de sélection par élimination des moins adaptés et des plus faibles. L’espace (terrestre) étant limité, toute prolifération doit être soit  contenue par un prédateur local, soit exporté dans les limites terrestres ou éventuellement, pourquoi pas, extra terrestres pour les  humains.  

 

Comment et quand survient ce prédateur, par quelle mutation ? 

 

Ainsi que nous l’avons évoqué plus avant, par prolifération, une espèce sature à un moment donné un espace limité, d’où élimination des plus faibles, les plus forts résistent, s’adaptent et continuent à se multiplier jusqu’à nouvelle saturation. 

 

Une mutation lente et progressive se produit : l’herbivore digère d’abord la charogne en temps de sécheresse pour devenir ensuite carnassier.  Par mutation et  avec la patience du temps, il deviendra un carnivore performant.

 

La fonction crée l’organe, disait Lamarck et le milieu modifie le patrimoine génétique.  Ces mutations peuvent prendre des centaines de milliers d’années, voire des millions d’années. Il faut dire, également, que les mutations importantes sont le résultat « d’accidents » rares mais aux conséquences fondamentales (la plante mutant vers l’herbivore et celui-ci vers le carnivore par passage obligé ou non dans le milieu marin).

 

Ces mutations longues, impitoyables et cruelles aboutissent à des nouveaux êtres vivants adaptés aux problèmes spécifiques de surpopulation. Il est à remarquer que ces phénomènes d’adaptation sont d’abord locaux, en vase clos, puis se répandent, à la faveur d’événements climatiques, sismiques, océanographiques ou autres. 

 

C’est ainsi qu’aux transformateurs de sels minéraux, de photons et d’énergie qu’étaient les premiers unicellulaires, ont succédé les transformateurs de ceux-ci jusqu’à une algue ou un végétal marin qui a dissocié l’oxygène de l’eau et ensuite ceux qui lui ont succédé jusqu’aux transformateurs de planctons et de végétaux que sont les poissons non piscivores suivis de leurs propres prédateurs et enfin les herbivores terrestres, eux-mêmes consommés et assimilés en bout de chaîne par les carnivores.

 

 

Cantate de l’illusoire

(Notre part de rêves)

 

Illusion,… illusion

Tout n’est-il qu’illusion ?

Temps et espace

Quelle est votre place ?

 

Les dieux du hasard

Ont jetés les dés,

Les dés des avatars

D’un monde organisé.

 

Cogito ergo sum

Je pense, donc je suis.

Mais aussi :

Je pense parce que je suis.

Et puis

Être ou ne pas être,

Là est la question.

 

Obsédantes mélopées

Aux frontières du réel ;

Primauté de l’être

Dans l’infini de l’existant.

 

Angoisse de l’esprit

Qui se sait seul,

Qui cherche des dieux,

Qu’il ne voit plus

Qui cherche des raisons,

De se trouver là,

Qui cherche son âme

Et qui ne trouve que fiel

Alors qu’il cherche le ciel.

 

°°°°°°°

 

 

Au lecteur qui me suit encore, je vais me hasarder maintenant à lui livrer mes cogitations (mot un tantinet péjoratif qui me rappelle cependant le « cogito ergo sum » de Descartes)  :

 

Le mot réel désigne ce qui existe vraiment par rapport à l'irréel qui lui serait illusoire parce qu’il appartient à l’inexplicable, provenant de l’illusion qui découle de l’amalgame de deux mondes incompatibles.

 

Notre réel est constitué des événements qui nous font prendre conscience de notre existence.  Poser un crayon sur sa pointe est un acte humain qui a deux sens :  celui qui résulte de l’acte physique et l’autre, intentionnel, qui déclenche une réflexion, en me situant dans l’espace et dans le temps.

 

Cette démarche fait démarrer un processus de pensée raisonnée provoqué par une recherche intellectuelle sur le sens de l’existence de l’être intelligent que nous sommes devenus. 

 

Serait-ce une péripétie des êtres vivants comme le fut celle des dinosaures ?  La pérennité de notre espèce est certes aussi fragile et aléatoire. 

 

A ce propos, il est intéressant de parler ici de ce que j’appelle le grand « SI » :

Si un astéroïde énorme n’était pas tombé sur la terre, il y a environ soixante millions d’années, provoquant le nuage opaque qui plongea celle-ci dans  la quasi-obscurité et le froid, les dinosaures et la végétation primaire qui les nourrissait auraient continué à évoluer dans leur démesure, poursuivant une évolution antérieure de cent cinquante millions d’années et nous ne serions pas là.  C’est trois fois plus que la durée actuelle des mammifères et que sont à cet égard les quelques milliers d’années de l’émergence de nos ancêtres qui en proviennent ?  °tiré du livre de Gordon Kane intitulé Super-symétrie - page 232                     

 

Qu’est-ce que notre réel ?   Il n’a de sens que parce qu’il est situé dans l’espace et dans le temps.  Hors de ce contexte-là, il n’existe pas.  Nous devons en tenir compte dans une réflexion plus poussée dans laquelle nous ignorerions le réel :  il n’existerait pas hors de l’espace-temps. On pourrait en déduire logiquement que le réel est alors illusoire dans ce contexte général.

 

Partant de ce postulat, nous pourrions avancer que notre évolution dans le contexte espace-temps a deux dimensions :  une dimension fixe et immuable qui serait  fondamentale et réelle (exister) et une dimension évolutive qui serait du domaine de « l’illusoire » dans l’absolu parce que nous appartiendrions à un mécanisme de « forces » qui régit tout l’univers (ou un univers-bourgeon dans l’hypothèse d’un univers-total – voir in fine partie 1 ).

 

Cette théorie donne à l'espace-temps une dimension différente de celle que notre intelligence conçoit et perçoit parce que cette dimension est située dans un contexte d’espace qui n’a rien à voir avec le nôtre.

 

Il est donc souhaitable qu'on fasse l'effort intellectuel de s’en débarrasser, et de tenter la restructuration des données que l'on va traiter non plus dans leur contexte habituel mais dans un contexte ex-anthropique et hors espace-temps.

 

L'hypothèse la plus valable est que l'infini n'existe pas dans l’absolu.  Si nous supposons qu'il existe, c'est parce que nous nous trouvons dans ce contexte de limite et d'origine, ce qui nous amène à penser qu'en dehors de lui, on ne peut trouver que l'infini soumis lui aussi à l’espace et au temps, alors que c’est impossible. Einstein l’avait bien compris lui qui inventa le concept d’espace-temps.

 

Probablement qu'il s'agit là d’anthropomorphisme, d’une erreur de l’homme confiné dans son univers étroit.  Nous devons donc nous écarter de ces notions d'infini pour nous en tenir aux éléments de notre environnement que nous allons tenter d’approfondir.

 

Si nous cherchons le sens de l’existence, nous ne pourrons le faire qu’en utilisant l’outil de base qu’est la pensée, elle-même étant l'expression des phénomènes suscités par ce que nous appelons l'intelligence.

 

Ceci étant dit, nous sommes forcés de nous interroger sur cette faculté qui nous singularise des autres êtres vivants : le développement de l’intelligence suscitant la pensée, laquelle se prolonge dans la cohérence et la déduction pour s’épanouir dans les  créations cérébrales de l’invention et de l’imagination.

 

Afin d’en arriver à une conclusion, je crois nécessaire de procéder à une étude systématique du matériel dont nous disposons et de son fonctionnement, tout en laissant au lecteur le soin de disserter sur  la logique de son développement.

 

Je vais m’efforcer d’évoquer ce matériel en mélodies qui se succéderont dans une structure progressive en abordant les sujets suivants :

 

1. La pensée est l’aboutissement du travail cérébral de l’animal intelligent qu’est devenu l’être humain.

 

2. La cohérence (rapport logique entre des idées) est la charpente d’une réflexion intelligemment élaborée par cet être humain et la déduction en découle et lui est concomitante.

 

3. La création cérébrale  en est le produit. 

 

Elle-même exaltée par 4. le sublime qui résulte de l’élévation de la pensée construite en dehors du matériel.

 

L’ensemble de ces démarches provoquant 5. l'évolution exponentielle, résultant des actions posées dans l’infini futur de l’évolution exponentielle.

 

En guise de 6. conclusion, je me permettrai de disserter sur le sens de la pensée humaine : est-elle un mécanisme dû au développement cérébral ou est-elle le support d’un message à décrypter ?

 

 

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MELODIE DE LA PENSEE.

 

Rogue est le cri des mâles

Dans les herbes des savanes,

Long est leur chant de traque

Leur appel au gibier.

 

Un  grognement glauque

 de ventres repus

Se mêle aux voix rauques

Des chants de grâce

Aux dieux de la chasse 

 

La parole leur est venue

Pour moduler les sons.

La parole leur est venue

En si belle chanson.

 

Le mot s’est aligné

Dans son besoin de superbe

Le mot s’est aligné

Pour  la grande gloire du verbe.

 

 Du ciel, la pensée est venue

Donner au cœur ses vagues azurs.

Le rêve s’est envolé aux  nues

Pour murmurer à l’âme

Ses secrets de mélodie pure.

 

°°°°°°°°°

 

 

Définir la pensée n’est pas chose facile… !

 

Jusqu’à preuve du contraire, nous pouvons tout au plus affirmer qu’il s’agit d’une faculté propre à l’être humain, les autres êtres vivants n’en étant  pas ou à peine pourvus.  Cette faculté n’est pour eux qu’accessoire alors que chez l’homme elle est essentielle et indispensable.

 

Si nous remontons à l’australopithèque, nous retrouverons vraisemblablement l’origine d’un processus  qui a amené l’espèce humaine à développer une qualité qui lui a permis de survivre. 

 

Rappelons encore cette implacable sélection qui l’a placée devant des choix de survie successifs.  Les forêts tropicales étaient son milieu naturel.  Des bouleversements climatiques, en Afrique vraisemblablement (fracture du Rift Valley, entre autres) a placé ses descendants devant des choix de survie qui par adaptation et mutation les ont transformés en bipèdes d’abord et omnivores ensuite (principalement carnassiers-charognards).

 

Dans un processus de  sélection, la tribu d’une trentaine d’individus a réussi, là où le solitaire ou le grand troupeau ont échoué.  Contrairement aux herbivores, nos ancêtres étaient de piètres coureurs, comme les gazelles et autres antilopes et n’étaient pas protégés par un cuir de pachyderme.

 

L’extrême vulnérabilité de cet être frêle et sans défense l’a forcé à développer une faculté en puissance chez tout être vivant : l’intelligence.   Acculé, ce qui fut sa faiblesse devint sa force.  L’intelligence se développa dans le plus misérable et le plus inadapté des quadrupèdes et le sauva ; mais combien a-t-il fallu de déviations stériles pour aboutir à ce que nous sommes ?

 

Quand nous considérons n’importe quel survivant actuel de cette « implacable sélection », nous constatons que l’homme est celui qui s’est le mieux adapté en améliorant son intelligence naissante.  Les autres survivants ont développé d’autres qualités spécifiques suffisantes pour survivre mais non pas pour régner en maître, dominant ou éliminant les autres espèces, contrôlant et modifiant la planète.

 

Cette « implacable sélection » au bénéfice des facultés intelligentes, jouera aussi entre les humains par prédominance des races intellectuelles au détriment des autres qui seront asservies et dépendantes (les sous-développés de nos jours).

 

Pour mieux sensibiliser celui qui me suit, je reviens avec beaucoup d’émotion sur cette passionnante aventure des humanoïdes :

 

A la lumière des connaissances actuelles sur nos origines, nous savons que les descendants ou cousins de l’australopithèque se sont trouvés atrocement démunis et terriblement vulnérables lors du grand chambardement climatique de refroidissement qui s’est produit dont, entre autres, celui résultant de l’effondrement géologique du Rift Valley africain, il y a, parait-il,  sept millions d’années. 

 

 

Cette théorie a été mise à mal par la découverte en 2002 de de Toumaï à 2500 km. à l’ouest du Rift, dans le désert du Djourab au Tchad. Cependant, le modèle que je me suis plu à développer en m’inspirant de la théorie défendue par Yves Coppens jusqu’à la découverte de Toumaî, reste valable quant aux effets de l’isolement de petits groupes et l’apparition de la bipédie.

 

Pour logique et attachante que soit cette version contestée, à juste titre, elle n’en reste pas moins probable pour ceux du Rift et si d’autres de nos ancêtres reconnus ont vécu des histoires différentes, ils n’en n’ont pas moins subi des conditions analogues pour parvenir jusqu’à nous.

 

Mais revenons à ceux du Rift. Le biotope général s’est profondément modifié.  Aux forêts luxuriantes dans lesquelles se prélassaient nos ancêtres arboricoles, ont succédé des savanes aux herbes hautes avec quelques arbres qui ont péniblement résisté à ce brutal changement.

 

Notre ancêtre commun remonterait même à neuf millions d’années suivant le Professeur Yves Coppens, théorie qu'il a revu avec le paléoanthropologue Pascal Picq pour celle, dite buissonnante :  de nombreuses branches d’ancêtres parties dans tous les sens, évoluant indépendamment les unes des autres, la plus connue de ces branches stériles étant celle de l’homme de Neandertal.  Il serait donc vain de rechercher un chemin dans ce labyrinthe.

 

Quoi qu’il en soit, la dure loi de la sélection et la chance des survivants se sont employées à imposer un tri implacable à ce fouillis, éliminant tous ceux qui ne s’adaptaient pas, tout en favorisant les autres. 

 

Les singes et autres frugivores et herbivores étaient une proie facile pour les carnivores qui se sont multipliés pour ensuite disparaître, faute de cette nourriture facile.  Seuls ont résisté les « grands singes » cousins du chimpanzé qui se sont adaptés à de nouveaux biotopes.

 

Déjà quand ils vivaient dans les immenses forêts telles qu’il en existe encore dans les régions tropicales ou équatoriales, ils se servaient de leurs mains plus adroites pour attraper leur nourriture et pour tenir la branche à laquelle ils se pendaient. Mains et bras se sont allongés et leur queue a disparu.

 

Dans la savane « les nouveaux primates » vécurent un long calvaire d’adaptation : leur nourriture se modifia ; de frugivores-insectivores, ils devinrent charognards.  On peut supposer que c’est ce qui les força à adopter la position debout qui leur permettait de garder dans les bras, en s’enfuyant, les morceaux qu’ils chapardaient aux grands carnassiers qu’ils surveillaient en tendant le cou au-dessus des hautes herbes des savanes.

 

Que ce soit pour cette raison ou pour une autre, cette modification de la position qui fut certainement longue et difficile et la nourriture carnée apportant l’avantage d’une digestion plus rapide et une plus grande activité, fut un grand pas vers l’intelligence. 

 

La sélection favorisa ceux qui en se groupant privilégièrent la chasse par traque des proies jeunes, faibles ou malades qui procurait une alimentation moins dépendante  et plus sûre (Il ne fallait pas la disputer aux autres prédateurs).

 

Les « grands singes » n’étaient pas adaptés à la chasse : pas de crocs acérés, pas de griffes, pas de vitesse à la course…  Cet handicap fut compensé par la ruse et la solidarité, d’où émergence de l’intelligence et de l’associativité. 

 

Celui que l’on a appelé l’homo sapiens-sapiens est finalement sorti de toutes ces tentatives d’adaptation et de survie qui est la caractéristique de l’évolution des espèces. 

 

L’homo a perfectionné le seul outil que sa condition misérable lui avait laissé : l’intelligence 

 

Grâce à elle, non seulement il a conquis sa place parmi les espèces survivantes, mais les a progressivement dominées, domestiquées et transformées, contrôlées et même exterminées.  Maître de la nature, avec laquelle il joue dangereusement, il s’en prend maintenant à la matière qu’il manipule audacieusement avec tous les risques d’endommager son propre biotope.

 

L’intelligence est le support de la pensée.  L’intelligence est une faculté propre à l’être humain.  Larousse la définit ainsi : Ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle.  Quant au Petit Robert : faculté de connaître, de comprendre. La pensée est le fruit ou la production de l’intelligence.

 

On peut prétendre qu’il y a deux types de pensée : la pensée concrète et la pensée abstraite.

 

La pensée concrète serait celle qui permet de réaliser, de mettre au point, de créer des choses concrètes qui donneront aux hommes  la possibilité d’augmenter leur pouvoir sur la vie et la matière. 

 

La pensée abstraite serait l’apanage des écrivains littéraires, des penseurs et  philosophes, des  poètes, artistes.  Elle fait appel à l’imagination,  aux jeux de l’esprit sans résultat matériel concret immédiat.

 

L’homme s’est découvert cette faculté dans les cavernes quand il s’est mis à graver ou tracer le récit de ses chasses sans doute dans un but incantatoire d’appel à des forces surnaturelles pour lui.  Il a ainsi pris conscience d’événements inexplicables pour son entendement et de l’existence possible de puissances occultes qu’il a placées dans un « au-delà ».  Il a divinisé ces forces et leur a attribué des pouvoirs : c’est ainsi qu’est née la pensée religieuse.

 

Dés qu’un individu émet une pensée abstraite, produit de ses fonctions mentales, il crée un concept nouveau qui portera en lui des possibilités de développement infinies.

 

La grande question est de savoir si cette création intelligente sert à autre chose qu’éventuellement demeurer dans la mémoire des hommes. 

 

Cette pensée produit d’une intelligence développée n’est-elle que l’aboutissement des performances d’un cerveau développé ou est-elle de nature « divine », l’intelligence étant l’apanage d’un être supérieur ce qui donne un sens religieux à  l’existence :  l’être supérieur étant l’auteur et le maître de l’existence et de la connaissance. 

 

 

°°°°°°°°°°

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

09/12/2008

Les Initiés et le Fondamental

 

Modeste Toulemonde cherche à comprendre – Partie 4 : Les Initiés et le Fondamental.

Parties précédentes : (1) E = mc²  (2) d’où vient la vie ? (3) Infini et éternité

 Monsieur Toulemonde « penseur en formation » poursuit son étude en abordant  le sujet bien délicat et tant controversé d’un élément  « fondamental » à la motivation d’exister : Avons-nous une raison supérieure d’exister ?  Faut-il trouver un sens à notre existence ?

 Sommes-nous autre chose qu’une cellule évoluée ?

 Il est indispensable dans le contexte du milieu occidental chrétien dans lequel nous évoluons d’écouter en premier lieu :

 

LA VOIX DES GRANDS INITIES

 

Ils étaient grands, ils étaient forts,

Les femelles offraient leur corps.

Ils étaient les maîtres du feu,

Ils éloignaient le fauve hargneux.

 

Ils étaient chefs, ils étaient beaux,

Les femelles autour en flambeaux

Les autres à leurs pieds les craignaient,

Et couchés,  ces autres attendaient.

 

Ils étaient guides, ils étaient science

Les autres en foule les suivaient

Ils apportaient la connaissance

Les autres en masse les vénéraient.

 

Ils leur ont donné Dieu

Pour supporter leurs souffrances

Ils leur ont donné Dieu

Pour  combler leurs espérances

 

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Notre univers est-il référentiel, c’est-à-dire que c’est par rapport à des données connues et révélées, « des références », que nous construisons notre réel ?  Par éducation religieuse,  je me pose souvent cette question,… et je cherche la réponse…

 

Ce serait par rapport à des références qui nous sont, ou nous ont été édictées et transmises que nous concevons et structurons l’espace dans lequel nous évoluons

 

Toutes nos connaissances seraient relatives à ces références qui seraient une manière d’appréhender l’ensemble des connaissances universelles à peine effleurées par nous, les humains. 

 

Ces connaissances seraient transmises par des « initiés » qui seraient doués de capacités de perception particulières : ce sont ceux qu’on nommera grands initiés, c’est-à-dire : Bouddha, Jésus, Mahomet, Confucius, Lao-Tseu, Moïse,  etc. … 

 

Cette théorie ferait la part belle aux créations artistiques, littéraires et musicales, ainsi qu’aux écrits révélés qu’ils soient bibliques, coraniques, bouddhiques ou autres qui feraient partie du savoir suprême que des « Initiés » pourraient transmetttre.

 

Dans cette hypothèse, nous devrions admettre avec beaucoup d’humilité que notre monde intelligent n’est qu’une infime partie de ce tout de la connaissance, essentiellement structurée statique, éternelle et infinie.

 

L’être supérieur existerait en tant que tel, soit en tant que celui qu’on a appelé Dieu, au-dessus de tout, maître de tout.  Il existerait en tant qu’infini dans lequel nous trouvons une place évolutive et en ce qui nous concerne dépendant de l’espace-temps,… à moins qu’un autre espace ne nous soit réservé après notre mort physique, dans lequel nous serait accordé le bonheur suprême que nous recherchons…

 

Cet autre espace n’aurait ni passé, ni présent, ni futur.  Il serait hors du temps.  Il n’aurait pas d’espace non plus : nous l’occuperions totalement. Nous rejoindrions Dieu dans la « béatitude de son éternité « statique ».

 

Dans ma tentative de recherche fondamentale de ma raison d’exister, je me pose la question de savoir le pourquoi de ce qui est.  « Etre ou ne pas être, là est la question » disait Hamlet, un crâne dans les mains.  Nous pourrions compléter et préciser :  être un être intelligent inspiré ou non, là est la question !

 

C’est la pensée, le raisonnement, étayés par la connaissance qui donnent un sens à notre monde, mais jusqu’à preuve du contraire à notre monde terrestre seul. Nos religions nous poussent à croire que nous sommes le centre de l’univers et qu’il n’existe que pour nous : c’est ce qu’on appelle de l’anthropocentrisme.

 

Dans ce cul-de-sac de mes pensées, je me suis retranché derrière la seule théorie que ma logique voulait bien admettre : L’univers (ou l’univers-total) obéit à une seule loi qui est d’ailleurs celle de tous ses composants bien définie par Einstein  (E=mc²).   L’univers c’est avant tout de l’énergie en perpétuel mouvement.

 

Quand je place mon crayon sur sa pointe, je pose un acte de début – donc de création de temps – mais en même temps, c’est un acte de début d’espace – du point partent des droites infinies développées dans des plan géométriques et volumétriques dont je suis le centre.   Ces actes posés supposent une origine et une volonté de créer cette origine (en l’occurrence, c’est moi qui ai décidé de placer mon crayon sur sa pointe).  Pour les religions, c’est l’être supérieur qui est à l’origine de l’espace-temps.  Dans la genèse des croyants « du livre » Dieu ou Allah n’a pas de début ni de fin, il est « éternel » : il existe dans son temps éternel et occupe tout l’espace. (Dieu est partout disait-on dans mon enfance.)

 

On peut aussi avancer l’hypothèse d’un Grand Concepteur qui tournerait en boucle.  (comme en informatique)

 

Notre système évolutif résulterait de l’action d’un Grands Concepteur qui en  quelque sorte tournerait en boucle éternellement, canevas des événements possibles.

 

Notre système proviendrait d’une sortie de boucle décidée par Le Grand Concepteur.

 

En cybernétique, la boucle est une suite de relations de cause à effet telle que le dernier effet réagisse sur la première cause et en informatique, la boucle peut être infinie,  la sortie de boucle créant l’événement (celui que le programme provoque).  

 

Si j’ai choisi cet exemple, c’est que, bien qu’imparfait, il est une bonne représentation de ce que je veux expliquer :  la boucle, dans mon exemple, est une droite qui ne fuit pas infiniment de part et d’autre d’un point donné, mais qui est infinie dans son recommencement puisqu’elle tourne en cercle. 

 

De plus, chaque boucle, aussi petite soit-elle, étant formée de points (en informatique de bits) qui peuvent avoir valeur d’origine, de chacun d’eux peuvent partir des droites et des volumes infinis (en informatique déclenchent, lorsqu’on le sollicite en interrompant la boucle, un programme qui permet d’atteindre le résultat recherché).  Comme en informatique la sortie de boucle créerait l’événement de l’espace-temps avec l’accident très aléatoire et momentané de la vie et de l’intelligence sur un déchet refroidi (notre terre) provenant d’une petite étoile : le soleil.

 

La boucle est infinie dans son recommencement dans l’attente d’un événement, peut être accidentel.

 

Cet événement est-il voulu par un Grand Concepteur ?

 

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Ma prospection m’a mené loin dans l’aventure, mais me pousse au cœur du problème à la lumière des connaissances actuelles, tellement nombreuses et éparses qu’il est difficile de les rassembler dans un tri qui se veut rationnel et que je me suis efforcé de rassembler pour tenter de cerner le « fondamental »

 

 

MELODIE DU FONDAMENTAL.

 

Équation des matières

Dans la donne du temps.

Équilibre des forces

Dans l’harmonie des souffles.

 

Confidence de l’espace

Dans des chants d’infini.

Les dieux sont au secret

Dans l’alcôve du néant.

 

L’inéquation du réel absolu

Est la vérité de notre monde

L’inéquation des forces

Est la vérité du temps.

 

Aberration de l’univers,

Inconfort de l’impuissance :

Tout semble illusion

Que sommes-nous vraiment ?

 

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En complément de la fin du vers, il est  intéressant de donner ici l’énoncé du cybernéticien  Heinz von Foerster (1911-2002) quant au mécanisme de notre perception : En réalité ce que l’on croit être là, n’est véritablement pas là °Tiré de J.Guitton, I&G.Bogdanov – Dieu et la science – p.179/180° :

 

« Notre faculté de voir dépend de la rétine qui absorbe la lumière du monde extérieur, puis transmet des signaux au cerveau.  Ce même schéma s’applique d’ailleurs à toutes nos perceptions sensorielles. La rétine ne perçoit pas la couleur, elle est  aveugle à la qualité de la stimulation et n’est sensible qu’à sa quantité. Cela ne devrait  pas constituer une surprise, ajoute Von Foerster, car en fait il n’y a ni lumière ni couleur en soi : il y a seulement des ondes électromagnétiques.  De  même, il n’y a ni sons ni musique : seulement des variations momentanées de la pression de l’air sur nos tympans.  Il n’y a pas de chaud, pas de froid : seulement des molécules en mouvement avec plus ou moins d’énergie cinétique, et ainsi de suite. »

 

On peut vraiment dire : « illusion, tout n’est qu’illusion,  dans le sens que son apparence n’est pas sa réalité physique.

 

C’est ce qui me pousse, à ce stade de mon cheminement dans l’inexplicable, à vouloir dépasser cet entendement.  Je voudrais  transcender la matière qui m’a organisé et qui m’a fait en me munissant d’un cerveau qui raisonne, qui pense, qui déduit, qui cherche, qui veut comprendre….  J’aimerais croire à cette « pensée », et la trouver hors de cette matière faite d’énergie qui a fabriqué mon intelligence.

 

J’aimerais m’échapper de cette prison de "l’espace-temps" pour trouver « l’Esprit » s’il existe et entrer en relation avec lui.  Mais je sais que c’est impossible même si les grands croyants prétendent le faire : ils restent prisonnier de leur condition humaine et d’un cerveau qui fonctionne avec les seules références qui proviennent des croyances de leur milieu.  

 

Si je me mets à raisonner, à penser, il m’est difficile de le faire d'une manière autre que dans un contexte de durée... Si je construis un raisonnement, il devra débuter et ensuite se poursuivre dans un contexte de temps. De même les hypothèses ne pourront être bâties que dans un contexte de situation dans l’espace.  Si nous définissons  le temps, nous ne pouvons le construire que dans l'espace.

 

Et on ne peut que les associer en «espace-temps » avec un début.  Aussi petit soit-il, l'espace a débuté et avec lui le temps. Si l’espace a débuté, il a créé un mouvement de durée, c’est-à-dire de temps.  L’espace et le temps sont progressifs : ils débutent et en principe finissent.

 

Mais alors, éternelle question : qu’y avait-il avant ?  La seule réponse  valable : rien !  Notre entendement humain devra se rendre à l’évidence.   Rien ou le néant absolu n’existe pas, si ce n’est dans notre vocabulaire….

 

Nous devrons dès lors admettre que quelque chose d’inexprimable existe qui occupe tout l’espace et tout le temps, que nous devons accepter sans comprendre parce qu’il ne répond à aucune de nos lois.  C’est vraisemblablement par anthropomorphisme que nous en avons fait un Dieu ou des dieux, soumis à certaines de nos lois spatio-temporelles. 

 

Bien qu’une hypothèse soit permise : celle d’un univers total de connaissance totale, absolument statique. Ce serait, en quelque sorte, le Dieu de la genèse. Mais alors le temps n’existerait pas et ne pourrait exister sauf si Dieu le créait. Pourquoi le créerait-il si c’est l’univers total de la connaissance totale et infinie ?

 

D’autre part,  si Dieu est la plénitude totale, que vient faire l’homme dans cet état ? Comment justifier que « Dieu a besoin des hommes » ?  Théoriquement la situation de Dieu ne nécessite rien, pas plus l’homme et son intelligence, puisque Dieu est total et surtout qu’ « Il » n’a pas à être accompli : c’est un raisonnement de « créature » qui suppose que le « créateur » a besoin de lui.

 

Pourquoi  « inventer » l’homme dans le temps et sa misérable intelligence ?   Pourquoi lui imposer un parcours qui dépend de sa « chance » et si peu de son mérite et de ses responsabilités ?  Pour de toute façon se retrouver dans cet espace total, cet absolu de tout que seul notre cerveau de mammifère intelligent a imaginé avec son mécanisme de pensée.

 

La plupart des scientifiques nous affirment que notre monde est né d’une aberration physique :  il y a autant de matière que d’antimatière,  l’une annihilant l’autre ; le « Big Bang » serait la résultante d’un déséquilibre inexplicable :

 

il ne serait resté qu’un peu de matière (ne fût-ce qu’une particule d’énergie) pour lancer « notre » univers et « notre » espace-temps…. 

 

Ceux qui croient à une intervention « divine » pourraient la situer alors.  Comment comprendre cependant cette soudaine « exception divine » de l’utilisation de l’espace et du temps ?  « Les desseins de Dieu sont impénétrables » seule réponse insatisfaisante des croyants !

 

Quelles qu’en soient les raisons, qu’était-elle cette fameuse microseconde ou parcelle de temps, ou cet accident de l’équilibre des forces ?  Cette théorie a-t-elle encore des défenseurs avec les nouvelles avancées dans le domaine ?  (Voir à ce sujet, la conclusion de la partie 1 – E = mc²)

 

Une autre hypothèse : l’univers total serait en perpétuel mouvement.  Il serait donc logique qu’après le Big bang, il y ait le Big crunch (c’est-à-dire l’effondrement total et l’annihilation, l’accident de la particule inexplicablement subsistante se reproduisant immanquablement dans un temps infini).  Dans l’infini, ce qui se produit se renouvellerait indéfiniment…  Le temps ne serait-il qu’un rouage d’un mécanisme universel ?

 

Cette théorie du « Big Crunch » est maintenant mise à mal  par la plupart des scientifiques qui lui préfèrent celle des «super- cordes »  qui présenterait le grand avantage de rendre compatible la théorie de la relativité d’Einstein valable aux grandes dimensions et celle des lois de la mécanique quantique pour les petites dimensions. °inspiré ou retiré des articles de Guy Duplat – La Libre 2/12/2005 qui conseille aussi de se référer au livre de Brian Greene (voir références dans les notes de la partie 1)°

 

L’espace serait constitué d’innombrables « branes » qui peupleraient l’univers.   Le nôtre d’univers, aussi immense soit-il, serait collé sur un de ces « branes ».  Le big-bang viendrait d’une collision entre deux « branes » provoquant une explosion d’une ampleur inouïe créant notre univers en un temps infiniment court. (A titre d’exemple si l’univers avait eu la taille de notre ADN au départ, il aurait atteint celle de la voie lactée en un milliardième de milliardième de seconde)  °ibidem°

 

Les cordes (10-33 cm.) se sont étirées d’un bout à l’autre de l’espace de notre univers pour l’occuper tout entier.  °ibidem°

 

Les particules élémentaires seraient nées des vibrations de cordes microscopiques. On parle aussi de sept dimensions (recroquevillées, invisibles) qui s’ajouteraient aux quatre connues (longueur, largeur, hauteur, temps). °ibidem°

 

Avec les satellites, libérés de la stratosphère qui les rendent moins performants, on possède maintenant des données précises sur les premiers instants de l’univers en analysant la lumière que l’espace envoie aux instruments (des outils utilisant des radio-éléments venant en complément des appareils optiques).  Il semblerait que 95 % de la masse de notre univers nous soit caché dans de mystérieuses matières et énergies noires dont le vide quantique.  °ibidem°

 

Le Big-Bang n’est plus le début de tout, mais se serait produit en « bourgeon » d’un univers-total ;  ce n’est plus qu’un phénomène accidentel qui s’est produit dans le mécanisme général.  (ce qui ne fait qu’augmenter notre insignifiance). Il nous faudrait utiliser un autre œil que le nôtre (ou un autre organe) par le truchement d’un instrument à inventer, pour voir ce qui s'y passe °ibidem°

 

Quant à la vie, comme elle n’est possible que dans un univers à trois dimensions d’espace permettant d’engendrer une physique et une chimie stables, un autre univers que le nôtre ne pourrait la porter.  °ibidem°