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22/08/2008

PROPOS, DÉFINITIONS, APHORISMES INCOHÉRENTS

LES DOIGTS

Porte-main digital

Avec des arabesques en dessous

Pour servir d’empreinte.

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CIGARETTE.

Perchoir à volutes

Dans un trait de lèvres.

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CERCUEIL.

Étui à ombre

Qui colle aux os.

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VOITURES DE LA MORT.

Éclairs sur roues,

Zébrant des routes avides,

Qui s’attendent au croisement

Ou tournant du hasard.

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L’ASSIETTE.

Le discobole est à table,

Son rire est grinçant

Sous la fourchette aux dents longues.

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DOSSIER.

Cercueil à idées

Qui pourrit dans une armoire.

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TABLE D’ENNUI.

Ce quadrupède lourdaud

Vous use les coudes.

Vous avez les yeux vides

Et les joues aux poings.

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LES GUEUX.

Faucheux poussiéreux

Qui traquent le destin

Qui pend à leurs basques.

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BÉDOUIN.

Petit sablé

Qu’on retrouve au désert.

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FÉTICHE.

Nargue le destin

Qui s’en moque.

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CÉSARIENNE.

Descente aux entrailles

Pour libérer la vie.

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BILLARD.

Table des chirurgiens

Qui frappent les billes du destin pour sortir en loterie.

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CHATOUILLEMENT.

Dermato-névrose aiguë

Préhistérico-comique.

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FLEURS.

Pétales écartés,

Elles s’offrent aux amants bourdonnants.

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LUNE.

Voyeuse inassouvie

Qui envoie un clin d’œil entendu aux étoiles.

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SOURCE ALPINE.

Une eau de perles

S’agglutine en mousse :

La roche en bave de plaisir.

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SOMBRE INCOGNITO.

Pâle dans le noir,

Méconnu inconnu,

Effacé comme son ombre,

Il a toujours inutilement...

Inexisté.

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BRIN D’HERBE.

En bouche,

Ce sont les vacances,

Dans les cheveux,

C’est l’amour au soleil.

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LA SAGA DES MARSUPIAUX.

Ils dansent la java des pieds plats,

Les mains en poche

Avec une casquette de voyou

Sur leur long nez.

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TENTURE POURPRE EN SCÈNE.

Elles implorent des dieux hilares

En tendant leurs mains plissées aux cimaises.

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FONDS MARINS DE PIÉTÉ.

Dans la grotte marine,

Bernard l’ermite médite,

Le bénitier tout ouvert,

A ses pieds s’encoquille.

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LUNETTES ET PINCE-NEZ.

Elles font la paire

Au nez des hommes

Pour ne pas être monocle.

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PAIN DORE DU MATIN.

Bien et tôt levé,

Blond de blé en croûte,

Blanc de mie dedans,

Avec encore la fièvre

De son four de braise.

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FORUM DU MÉPRIS.

Ça dégouline de sérieux,

Ça sent le crâne chauve des tombes,

Ça ricane de haine et braille,

Ça discutaille et vociféraille,

Ça bétisaille à cœur fermé,

C'est fangeux dégueulassement.

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PAPILLON DE FEU.

Des feuilles de soleil s’envolent

Pour découper le bleu du ciel.

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PUNCH DU LUNCH.

A loger au creux de l’estomac

En plein midi.

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PETIT MATIN AU BOIS.

Épeire, l’araignée,

Fileuse des bois,

Goutte de lune

Sur clair de rosée.

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LUCIOLES DES SOIRS D’ÉTÉ.

L’amour griffe d’étoiles filantes

Son ciel de fièvre.

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BERGÈRE LOUIS XVI.

Frivole marquise des poètes,

Des prés et des bois,

Qui siège au salon.

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GRIMACE NÉGATIVE.

Rictus du faciès,

Enfant de la haine.

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AMBIGUÏTÉ DU CRAYON.

Il a bonne mine quand il n’écrit plus,

Il devrait alors

Avoir mauvaise mine...

Puisqu’il n’a plus de mine du tout.

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CENDRES.

Flammes mortes

Qui font grise mine au foyer.

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LETTRE D’AMOUR.

Elles rêvent sur un cœur

Ou sommeillent dans un tiroir

Toutes roses de faveur.

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EN CAGE OU EN PRISON.

Qu’on soit dedans ou dehors,

Le plus important...

Ce sont les barreaux qui séparent.

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PARADOXE DU MILITAIRE.

Il rêve de paix en temps de guerre,

Et de guerre en temps de paix.

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OREILLER BAVARD.

On dit qu’il suscite les confidences…

Pourtant, il a tant de plumes pour les raconter.

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GRAIN DE SABLE SACRÉ.

Dans un bâillement de nacre,

L’huître étale sa pulpe :

Une perle y est née.

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LE TEMPS.

On veut en gagner beaucoup,

Mais on en perd toujours

Si bien qu’on n’en a plus.

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GARDE-MEUBLE.

Promiscuité des meubles,

Gémissant la poussière de l’abandon.

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GRIMACE POSITIVE.

Sourire raté

Qui déclenche le rire.

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FEUILLAGE CADUC.

Contradictoire manteau des arbres

Qui les couvre en été

Et les découvre en hiver.

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NOS PLAGES INCONNUES.

Son eau de vagues

Coule entre les doigts

Des rêves de sable fin.

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LE DE A COUDRE.

De fil en aiguille,

Il coiffe un bout de doigt.

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NUAGES.

Ils passent toujours,

Mais sans eux

Le ciel serait lassant.

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ARC-EN-CIEL.

Dieu s’attendrit

Et pleure du soleil.

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NUAGES.

Ouate en flocons, flocons d’ouate

Qui n’attendent qu’un mot du ciel

Pour fondre en larmes.

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ESPACE D’OTARIES.

Mappemonde sur le nez,

Elles se tordent le cou

Pour empêcher les hommes de tomber.

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LE TEMPS.

Il attend le jour

Pour y mettre la nuit.

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JET D’EAU AU SOLEIL.

Des jets de ciel

Éclatent en flots d’étincelles.

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NOCTURNE SANS FIN.

Du temps sans nuit, baille...

Le jour dort à poing fermé.

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GUILLOTINE.

On a la tête froide

Quand on la perd

Dans un éclair de couperet ?

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SÉCHERESSE.

L’eau est absente.

Elle s’occupe

D’inondations ailleurs.

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LES PAGES D’UN LIVRE.

Fines tranches d’histoire

Qu’on sert

Jusqu’à la faim.

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DESTIN.

Défi lancé à l’homme

Qui est toujours obligé de le relever.

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Philippe Mailleux

       

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